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Blacksad Under the Skin : Nos impressions félines après une heure et demi d'enquête

Blacksad Under the Skin : Nos impressions félines après une heure et demi d'enquête

Par Thomas Pillon - publié le
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Depuis l'an 2000, la bonne vieille bande dessinée franco-belge que nous ne connaissons que trop bien est obligée de faire un peu de place sur ses étals pour accueillir un nouveau venu issu de la péninsule ibérique : le fort bien nommé John Blacksad. 

Et si part malheur vous ne vous êtes jamais délectés des plans cinématographiques de l'oeuvre co-signée par Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, rappelons brièvement qu'elle nous raconte avec un ton délicieusement acerbe les enquêtes du héros éponyme et passablement anthropomorphe dans l'Amérique tourmentée des années 1950. Pendulo, le studio à qui l'on doit notamment la série des Yesterday et surtout Runaway, aura donc la charge pas franchement évidente de porter à l'écran cet univers sombre dans lequel les auteurs se jouent des différences entre espèces pour croquer les travers d'une société encore embourbée dans son racisme ambiant.

Les QTE parfois punitifs gagneraient à être plus souples.

Mice Tyson 

Histoire de ne perdre personne en route, Blacksad : Under the Skin propose un scénario original qui ne nécessitera pas d'avoir consciencieusement révisé ses classiques pour profiter de son ambiance, bien que les fans sauront évidemment capter les évocations d'affaires précédentes et autres clins d'oeil qui vont bien. Le bureau du privé moustachu reste de toutes façons bien pensé, et permettra à travers quelques objets du passé explicités par les réactions du flegmatique matou de vite cerner le personnage. Under the Skin commence comme bien souvent par l'évocation de la dèche quasi-permanente dans laquelle se trouve l'ancien militaire : rappelé comme tant d'entre nous aux réalités matérielles de l'existence et autres instincts de survie, le voilà obligé d'accepter un contrat dont il se serait bien passé : la veille, une femme de ménage découvre en prenant son service le corps pendu à une corde de son patron, gérant d'un club de boxe local. L'écran-titre nous plonge d'ailleurs directement dans le bain en nous offrant une plongée sur le ring faisant macabrement figurer au premier plan le corps sans vie de l'entrepreneur. Ambiance. Et comme les emmerdes volent comme chacun sait en escadrille, son poulain Bobby Yale, censé combattre d'ici quelques jours, est introuvable. Voici donc comment la fille et repreneuse de l'affaire familiale aux prises avec la mafia mandate Blacksad, qui va autant devoir élucider ce suicide sorti de nulle part tout en remontant la piste de Yale.

Quoi qu'il arrive, surveillez votre grande gu...

Moi vouloir être chat

Ce premier dialogue permet rapidement d'illustrer la mécanique de choix qui structurera toute l'aventure : en fonction de vos réponses, vos interlocuteurs auront (ou pas) la rancune tenace, à l'image de ce rhinocéros infidèle qui pourrait par la suite ne pas vous refaire intégralement le portrait si son petit secret ne s'ébruite pas. Au-delà d'une simple arborescence de dialogues, ces choix modifieront réellement le cours de l'enquête, puisque les indices et témoignages dont vous disposerez dépendront de ces derniers. L'affaire est d'importance, puisque l'enquête vous obligera par moment à déduire seul une partie des éléments, dans un mini-jeu relativement simple qui consiste à relier plusieurs pistes dans l'esprit du félin. Loin de la mise en scène ou de la complexité d'un Ace Attorney ou d'un DanganRonpa, ces phases offrent tout de même la sensation de réellement participer à l'enquête. Les échanges verbaux respectent quant à eux le cahier des charges du jeu d'aventure, et s'avèrent assez proches du ton de la bande dessinée, offrant quelques échanges acerbes comme on les aime. Les versions françaises et anglaises s'en tirent relativement bien. En revanche, les amateurs de belles choses opteront pour la version originale en espagnol pour profiter de la seule synchronisation labiale digne de ce nom, bien que très mécaniques. Quel dommage que bon nombre de dialogues soient obligatoires et non zappables, même au dixième échange. 

Je n'ai que neuf vies

À l'image de son héros, Blacksad : Under the Skin a opté pour un tempo relativement posé, obligeant les joueurs pressés à marcher au pas, parfois de sénateur, du détective fauché. Au vu des nombreux aller-retours à effectuer, l'agacement face à une absence de course pourra finir par lasser. Malgré ces quelques petits soucis techniques, c'est véritablement l'ambiance de cette époque qui prend le dessus, les fumées de cigarettes et autres costumes d'alors jouant parfaitement leur rôle. Le milieu du jazz déjà traité dans l'oeuvre originale vient évidemment habiller l'intrigue de ses contrebasses rondes et ses cuivres en sourdine. Là où le bât blesse un peu plus, c'est lorsqu'un vulgaire QTE raté vient casser le rythme de l'aventure en vous obligeant à recommencer toute une séquence : pour peu que vous louiez le dernier input, affiché trop vite alors que vous marteliez la touche "A", il vous faudra refaire tout un combat. Dommage, surtout lorsque certaines actions nécessitent d'attendre une certaine zone sans que le jeu ne prenne la peine de l'expliquer...

ON L'ATTEND... POUR L'AMBIANCE !
Ce premier contact avec Blacksad : Under the Skin nous aura rassuré : l'esprit si particulier de la bande dessinée est véritablement respecté, et fidèlement retranscrit à l'écran. Entre musiques jazz et affaires mafieuses, il n'y a plus qu'à espérer que les quelques défauts techniques apparents soient corrigées d'ici la sortie du jeu, fixée au 26 septembre prochain. 

Galerie photo Blacksad : Under the Skin - 6 images (cliquez pour zoomer)

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