>
>
Ancestors The Humankind Odyssey : On y a joué et on a très envie d'évoluer

Ancestors The Humankind Odyssey : On y a joué et on a très envie d'évoluer

Par Gianni Molinaro - publié le
×

Annoncé pour la première fois en 2015, le nouveau projet de Patrice Desilets, papa de Prince of Persia : Les Sables du Temps et Assassin's Creed a enfin estimé qu'il était temps d'être pris en mains. Nous avons eu la chance de l'aborder pendant plusieurs heures. Et après avoir pris une leçon d'humilité, on peut vous dire que l'évolution selon Panache, ça ne rigole pas, mais ça s'annonce passionnant.

La jungle, l'Afrique, le Néogène, il y a 10 millions d'années. Les singes sont réunis en clan et tentent de s'adapter à un environnement hostile. Vous êtes un de leurs représentants et de vous dépend, sans que vous le sachiez, l'avenir du monde. Ancestors : The Humankind Odyssey n'a pas d'objectif à proprement parler. Juste un : évoluer. Comment ? C'est là toute la question, à laquelle une seule personne pourra trouver, peut-être, la réponse : vous. Mais il faudra beaucoup chercher.

N'attendez pas qu'on vous prenne par la main, qu'on vous explique une façon de procéder pour "avancer". Si vous avez bien deux choses à faire au tout début - secourir un petit singe de votre tribu et mettre la main sur son paternel, décédé, avant de rentrer -, et que l'on vous guide pour maîtriser les sens qu'il faudra mettre en éveil, en même temps que vos talents naturels à vous accrocher aux branches et escalader les arbres, la suite ne consistera qu'en un seul cri lancé à répétition par les 35 âmes qui conçoivent le jeu : démerdez-vous. La chose se tient. Vous pensez que nos ancêtres ont eu droit à un coup de pouce ? Bah voilà. À votre tour.

Suffer and retry

Comment passer d'un primate certes agile mais encore un peu limité à un un être qui se rapproche de l'homme ? En étant curieux, inventif. De fait, Ancestors vous glisse pleinement dans la peau du personnage, vous pousse à explorer et à subir pour mieux comprendre. Et vous le payez parfois très cher. Cette eau vous plait et semble répondre à vos besoins, tout comme ces baies rouges ? Mais ne vaut-il pas mieux inspecter au préalable ? Cet oeuf a l'air appétissant ? Vos intestins d'herbivore ne vont-ils pas vous le faire d'abord regretter ? Et que faire avec ces feuilles, ces cailloux, ces branches ? Démerdez-vous.

Pour progresser et transmettre dans les gênes des connaissances qui semblent basiques, il faut s'en remettre à ses capacités en grimpette - aucune difficulté de ce côté grâce à une prise en mains bien étudiée et qui semble héritée d'Assassin's Creed - et à ses sens. Lorsque l'on décide de prendre le temps d'analyser l'environnement, des icônes vides apparaissent. Un peu de concentration et on identifie. On s'approche. On empoigne s'il le faut et on regarde d'encore plus près. Mais, une fois de plus, aucune explication sur le ou les emplois. Tout ce qu'on sait, c'est qu'on n'a pas d'inventaire. Il faudra du temps pour se faire une arme à l'aide d'un branchage, savoir comment utiliser une pierre ou encore se confectionner un petit lit, indispensable pour reposer un corps qui, blessé par une mauvaise chute ou un autre animal, intoxiqué... Et démarrer sa progression.

L'histoire de la vie

Si vous accomplissez des actions "gratifiantes" et inédites, ce qui aura pour conséquence de maintenir votre jauge de dopamine à flot, et que vous avez un bambin sur le dos, vous engrangerez de l'énergie neuronale. Un petit somme et vous aurez alors accès à des progressions en termes de motricité ou encore de régime alimentaire - le chemin pour devenir omnivore est long. À vous alors la possibilité de tirer parti de vos deux mains, par exemple. Cela laisse imaginer une profondeur aussi vertigineuse qu'une chute maladroite de la cime d'un des plus hauts arbres du jeu. D'autant plus que d'autres paramètres sont à mesurer. Comme le fait de flipper à fond dans certaines zones hostiles (l'environnement devient sombre et des faciès de canidés ou félins enragés envahissent l'écran) jusqu'à surmonter sa peur. Comme l'éventualité de pouvoir appeler ses congénères à la rescousse. Celle d'avoir une descendance en épouillant délicatement quelqu'un du sexe opposé assez réceptif. De donner un coup de pouce à la génération suivante.

On imagine d'ores et déjà qu'au-delà des deux heures qui nous ont été allouées pour ce premier aperçu, une tonne de surprises nous attend. Après tout, à l'instar d'un Civilization, l'expérience s'étale sur une longue période. Plus de 8 millions d'années, ici. Et l'on perçoit déjà que l'on ne verra pas le temps passer. Avec une direction artistique de très bonne tenue - qui masque le fait que la technique, en dehors des effets de lumière, est bien celle d'un jeu conçu en petit comité - et une bande-son primitive plutôt inspirée, on peut dire que l'opération séduction est réussie. Il nous tarde maintenant de retourner dans cet univers qui demande patience et prudence, pour mieux s'en imprégner et, peut-être, découvrir comment le joueur et le singe peuvent, ensemble, devenir meilleurs.

ON L'ATTEND... À LA FOLIE !
Le premier contact est rude, mais donne salement envie. Ancestors : The Humankind Odyssey a tous les atouts pour devenir un de ces jeux chronophages dans lesquels on se plonge sans retenue aucune dès que l'on a du temps libre, avec la promesse d'une partie différente de la précédente à chaque fois. L'idée de laisser le joueur tenter le défi de l'évolution est parfaitement amenée avec des outils efficients. On découvre, on expérimente, on apprend, on gagne en expérience et en sagesse, avec certes pas mal de coups durs mais aussi beaucoup de bonheur. La profondeur du système de jeu est palpable. Le travail pour nous immerger impressionnant. On a hâte de se perdre dans le Néogène et découvrir autre chose que... l'humilité. Ce sera pour cette année sur PS4, Xbox One et PC.

Galerie photo Ancestors : The Humankind Odyssey - 9 images (cliquez pour zoomer)

La rédaction vous recommande

6 commentaires
  • Les plus récents
  • Les plus anciens
Tous les commentaires (6)