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Overwatch Contenders : Victime de harcèlement, Ellie quitte la ligue nord-américaine [MàJ]

Overwatch Contenders : Victime de harcèlement, Ellie quitte la ligue nord-américaine [MàJ]

Par Eva Martinello - publié le - mis à jour le
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Peu de temps après son recrutement chez Second Wind, une équipe en ligue nord-américaine sur Overwatch, la joueuse Ellie a décidé d'abandonner son poste après un mouvement de harcèlement qui l'a ciblée. 


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Le 22 décembre, la joueuse Ellie a rejoint l'équipe Second Wind, qui se trouve dans le haut du classement en ligue nord-américaine (Contenders North-America). Les réactions ont été nombreuses non seulement... car c'était une femme (eh oui on en est encore là), mais aussi car elle était inconnue de la communauté au moment de rejoindre l'équipe.

MAJ 05/01 : Un joueur a confirmé s'être fait passer pour Ellie. Il monte régulièrement le compte de joueuses et se fait ensuite passer pour elles. Les réseaux sociaux ont été créés par lui. L'équipe assure ne pas savoir cela au moment de son recrutement. Blizzard s'est entretenu avec l'équipe, et a déclaré à plusieurs médias le fait de régulièrement vérifier l'identité des joueurs en compétition.

Ellie est une joueuse qui est restée discrète et qui a récemment atteint le haut du Top 500, qui réunit les meilleurs joueurs d'Overwatch sur chaque serveur. Elle a rejoint Second Wind en tant que remplaçante, et non pas dans l'équipe principale. Pourtant, son recrutement a suscité de vives réactions. Des questions se sont rapidement posées sur la véracité de son genre et un groupe de joueurs a décidé de la "doxxer", c'est-à-dire de chercher les informations sur son identité pour les dévoiler sur Internet, dans le but de prouver qu'il s'agissait bien d'une femme. Sa structure a gardé son identité confidentielle.

Peu de temps après, des doutes ont émergé non plus seulement sur son sexe, mais aussi sur la véracité de son niveau de jeu. Des utilisateurs l'ont accusée de tricher en laissant son petit copain jouer à sa place, non seulement en parties classées, mais aussi dans les matchs d'entraînement avec son équipe. Alors qu'elle aurait prétendu jouer en communiquant avec l'équipe, c'eut été en réalité son petit copain qui était aux commandes. D'autres pensaient carrément que son compagnon avait monté son compte jusqu'au Top 500 à sa place.

Seulement une semaine après son recrutement, l'équipe a annoncé le départ de son unique joueuse féminine, en énonçant des "réactions inattendues". La joueuse a donc abandonné son rôle, après avoir été le centre de l'attention de la communauté Overwatch. Cette décision a été prise avant même qu'elle ne puisse jouer en Contenders avec son équipe.

Malheureusement, à cause de réactions inattendues, Ellie a décidé de quitter l'équipe. Nous espérons que vous continuerez à la soutenir dans son parcours sur Overwatch, tout comme nous le ferons.

Ellie s'est excusée d'avoir quitté l'équipe sur les réseaux sociaux, sans donner plus d'informations. Du côté de la communauté, les doutes subsistent sur Ellie. De nombreux utilisateurs assurent que les accusations ne sont pas basées sur son sexe, mais sur le fait qu'elle était inconnue de la communauté au moment de son recrutement. Aucune preuve n'a pu faire état de tricherie de sa part. Néanmoins, le problème n'est pas là : en effet, il n'est pas de savoir si la joueuse a réellement triché ou non, mais les moyens et la pression qui ont été exercés sur elle par la communauté. Plusieurs joueurs ont soutenu l'initiative de la doxxer et de poursuivre leurs accusations avant même qu'elle ne puisse jouer avec son équipe, jusqu'à ce qu'elle décide finalement de jeter l'éponge.

Pour rappel, l'Overwatch League ne compte qu'une seule joueuse en tout, ce qui représente moins de 1% de femmes ! Dans les ligues majeures des autres jeux eSportifs, elles sont tout aussi rares : Rainbow Six Siege ne compte qu'une seule joueuse, Goddess (en Amérique du Nord) et League of Legends ne compte aucune joueuse dans ses ligues régionales majeures. 

Le départ et les réactions concernant Ellie mettent en lumière des faits qui se répètent sur Overwatch. En 2017, la joueuse sud-coréenne Geguri avait été massivement accusée de triche après avoir atteint le Top 500. Les accusations ont été telles que des joueurs professionnels ont menacé de quitter le jeu si elle n'était pas bannie. Finalement, elle a été forcée de se montrer en direct et de jouer en filmant sa main pour prouver qu'elle ne trichait pas, mais qu'elle était tout simplement une très bonne joueuse. Après ce harcèlement, elle a continué à persévérer et est entrée dans la ligue sud-coréenne (Contenders Korea), puis en Overwatch League, chez Shanghai Dragons.

Actuellement, Ellie n'est pas la seule joueuse en ligue régionale sur Overwatch. La joueuse australienne babyporo a discrètement réagi sur l'affaire en annonçant subir du harcèlement depuis qu'elle joue dans la ligue australienne, révélant qu'elle est loin d'être un cas isolé.

Mais ce problème ne se limite pas à haut niveau : récemment, de nombreuses joueuses "casual" ont partagé de mauvaises expériences en jeu à cause de leur sexe. Certaines ont même révélé utiliser un logiciel de modification de voix pour jouer sans subir de harcèlement. De son côté, Blizzard n'a pas réagi sur l'affaire.

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