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Imperator Rome : Nos impressions sur la quintessence du jeu de stratégie par Paradox

Imperator Rome : Nos impressions sur la quintessence du jeu de stratégie par Paradox

Par Camille Allard - publié le

Imperator : Rome est le prochain gros jeu de Grande Stratégie du studio et éditeur suédois Paradox Interactive. C'est clairement le titre sur lequel les efforts sont concentrés et vers lequel les yeux de la communauté se tournent. Bonne nouvelle, nous avons pu y jouer pendant 7 heures. Une belle mise en bouche pour un type de jeu qui promet des centaines d'heures d'amusement avec une rejouabilité quasi-infinie.

Le dada de Paradox Interactive, c'est le jeu de stratégie à l'état pur comme on en trouve sur PC depuis des décennies. Parfois jugées comme destinées à une niche, les oeuvres des suédois autrefois réservées à une catégorie spécifique de joueurs s'ouvrent pourtant de plus en plus. Il suffit de jeter un oeil au succès de Crusader Kings II et du plus récent Europa Universalis IV. S'il représente l'inconnu pour un joueur console, le nom est synonyme de qualité aux oreilles d'un joueur PC. Car même celui qui n'a jamais osé franchir le pas, sait ou a entendu ce qui se raconte sur cette race de jeu si particulière qui a tendance à engloutir votre temps libre. Un peu tel un monument égyptien face aux affres du temps, Paradox a su rester intact et se démarquer. Et autant vous le dire tout de suite, Imperator n'y échappe pas.

Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu

Imperator Rome est ce que l'on appelle un jeu de Grande Stratégie. Pour faire simple et en quelques mots, vous devez faire prospérer un pays ou une nation d'une date à une autre. Libre à vous pour cela d'user de ce qui est à la portée d'un chef d'État : Diplomatie, Guerre, Économie... Comme son nom l'indique, Imperator : Rome se déroule pendant l'Antiquité Romaine. Le jeu débute plus précisément en 450 AUC (Ab urbe condita soit 450 ans après la fondation de Rome), ou plus simplement 303 avant Jésus Christ (les deux systèmes de datation sont disponibles en jeu). Il s'agit d'une époque où Rome n'est encore qu'une jeune République, au début des conquêtes de l'Italie et de sa domination sur le Latium.

Vae Victis

Pour le bien de cette preview nous avons joué les premières années d'une partie de Rome et l'autre celles de la Macédoine. Contrairement aux autres épisodes et toujours dans l'optique de séduire le néophyte, le jeu dispose cette fois d'un large tutoriel (d'une durée de 5 heures). Celui-ci permet de comprendre les rudiments du jeu et de se faire aux très nombreuses mécaniques dont il dispose. 

Sous l'emblême SPQR (Senatus Populusque Romanus, le Sénat et le Peuple romain), notre objectif est bien évidemment d'étendre notre territoire au delà du Latium, cette vaste zone prospère bordée par l'actuelle Toscane au nord et la Campanie au sud ;  régner en maître et prendre les devants face à la menace que représente Carthage au Nord de l'Afrique ; s'assurer que ses puissants voisins à l'Est comme la Phrygie (ancien empire d'Asie Mineure, aujourd'hui Turquie) ne puissent prétendre à une hégémonie sur la Méditerranée. Le contrôle des mers est obligatoire pour ne pas voir arriver débarquer sur nos côtes un jour, des milliers d'envahisseurs carthaginoise prêts à précipiter Rome dans sa chute. Un petit tour dans l'onglet diplomatique nous permet de jeter un oeil aux pays voisins et de connaitre leurs opinions à notre sujet.

Et puis on ne peut pas discuter avec Cléopâtre... Elle a un sale caractère, mais un si joli nez

L'Égypte, ventre du monde antique à cette époque grâce à ses vastes cultures, semble particulièrement nous porter en très haute estime. Ni une ni deux, en un clic, on envoie très simplement un diplomate proposer, dans un premier temps, un pacte de non agression, symbole d'une paix durable entre nos deux nations. Le but est de nouer une alliance sur le long terme pour avoir un contrôle total sur la Méditerranée tout en freinant la menace de monstres comme l'Empire Séleucide loin à l'Est.  Il s'agit tout bonnement d'un vestige de l'Empire D'Alexandre le grand. À sa mort, son immense patrimoine fut partagé et découpé entre plusieurs diadoques (entendez par là des "successeurs"). Et cela a donné naissance à plusieurs territoires, chacun se réclamant héritier légitime d'Alexandre et cherchant à tout prix à réunifier l'Empire. 

L'onglet diplomatique du jeu permet ainsi de connaitre les avis et opinions du monde Antique à notre sujet, pour savoir ce qu'il est possible d'entreprendre et de forger, ou au contraire de détruire. Car cela ne vous a sans doute pas échappé, ce que l'on appelle grossièrement l'Antiquité est faite de victoires et de défaites. Il s'agit d'un monde perpétuellement en guerre, ou presque. Pour cette raison tout ce qui touche aux conflits et à l'armée à reçu de belles améliorations par rapport à Europa Universalis IV. Nos légions (puisque nous contrôlons ici Rome) reçoivent une belle part de micro-management qui permettent aux choix d'être plutôt offensif ou défensif. Lorsque l'on joue une nation grecque, il est par exemple possible de tout miser sur la défense et sur la puissance des phalanges.  Des compétences comme la possibilité de forcer la marche pour nos troupes ne sont plus ici des technologies mais des fondements du fonctionnement de nos armées dès le début du jeu.

Justesse et précision

Toujours dans l'optique de traiter de l'Antiquité avec justesse, nos troupes possèdent un système de loyauté. En d'autres termes, si des armées restent trop longtemps sous le commandement d'un général (surtout loin de nos territoires), celles-ci peuvent lui être totalement loyales et lui jurer fidélité. Un général peut ainsi plus facilement se révolter et même pourquoi pas créer une guerre civile. Gros mélange entre Crusader Kings II et Europa Universalis IV, la gestion de nos personnages est donc ici très importante. Chacun d'eux possède une jauge de popularité, de corruption, de désirs et de santé. Un homme d'État qui plaît trop, surtout s'il est à la tête de forces militaires, peut s'avérer un danger pour la République Romaine (il suffit de voir le cas de Jules César). Il faut donc sans cesse surveiller ce qu'il en est et ne pas hésiter dans le pire des cas à retirer des fonctions, ou même pourquoi pas bannir un personnage qui représente une menace. Lorsque qu'un général accumule les victoires, il est alors bon ton de lui organiser un Triomphe (une cérémonie sous forme de défilé militaire dans lequel un général pavane en tête des troupes au sein d'une ville, majoritairement Rome). Mais trop de triomphes peuvent également monter à la tête d'un commandant en chef et provoquer sa déloyauté sur le long terme. Inversement un personnage qui ne sent pas assez reconnu pour ses actes, pourra aussi tenter des manigances contre le pouvoir. C'est donc un jeu permanent qu'il faut mener pour satisfaire tout le monde si l'on ne veut pas voir nos territoires sombrer dans le chaos.

Un onglet Gouvernement permet d'ailleurs de gérer la bonne tenue de notre République. Et outre le Consul qui représente notre pouvoir, le gouvernement est composé de nombreux hommes politiques tel un Censeur (magistrat), un Tribun militaire, etc. Évidemment, tout ceci sera différent selon la culture et la nation que l'on joue. Le jeu jouit en tout cas d'une belle palette de différents portraits, histoire qu'un personnage puisse être reconnaissable au premier coup d'oeil dans le menu du même nom. 

Une ode à l'Histoire

Tout les personnages, leaders, territoires, noms que l'on peut voir dans le jeu sont historiquement fidèles. Pour cette raison, comme ses prédécesseurs est une véritable ode à l'Histoire. L'amour de l'Antiquité transpire derrière chaque menu et derrière chaque aspect du jeu. Un gros travail est d'ailleurs réalisé pour en faire bien plus qu'un "jeu à tableaux". La carte du monde est somptueuse (celle-ci s'étend de la Gaule jusqu'à l'Inde), la bande-son se révèle grandiose et l'aspect artistique est globalement réussi.  Sachant que la version du jeu que l'on a pu voir est loin d'être définitive.

Notre partie avec la Macédoine fut aussi épique que celle avec Rome, et le plaisir de tenter de récréer l'Empire d'Alexandre fut particulièrement jouissif. L'occasion aussi de se rendre compte que Rome n'est pas la seule faction à avoir reçu une attention toute particulière en termes de recherches.

ON L'ATTEND... COMME LE MESSIE !
Imperator : Rome n'est pas un simple jeu. C'est un monument, et en tant que tel il vous promet de vous faire voyager dans le passé et de vous proposer des centaines et des centaines d'heures de jeu au bas mots. Tristesse, plaisir, pression, détente, voilà le genre de palette d'émotions qu'un jeu tel que celui-ci est capable de faire passer. Nous sommes bien loin du "jeu à tableau" d'il y a 10 ans. Désormais le wargame ne doit plus faire peur, il est un genre qui fait son possible pour séduire le néophyte, et Paradox Interactive compte le prouver une nouvelle fois de la plus belle des manières. Imperator Rome est une claque d'intelligence et une ode à l'Antiquité Gréco-Romaine, le ciment de notre civilisation actuelle. On a hâte de voir nos bonnes impressions confirmées à la sortie, en 2019 sur PC.

Galerie photo Imperator : Rome - 6 images (cliquez pour zoomer)

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