Tabula Rasoir ?

Richard Garriott se recycle dans la SF
Par Arnaud Chaudron - publié le

Tabula Rasa, c'est 7 ans de développement, une refonte totale du projet avec un wagon de personnes virées en 2004, et quelques millions de dollars engouffrés dans l'espoir que la science-fiction reste un univers sexy pour les joueurs. Le produit final ose un gameplay résolument différent de la concurrence... Le tout reste de savoir si le changement est si bénéfique que ça.

Première précision : non, ceci n'est pas un test. Pour la bonne et simple raison qu'un test, sanctionné d'une note précise, n'a pas de sens pour un MMO : il serait caduque dès le premier patch un peu violent. Les changements dans les MMO sont rarement anodins ; rien qu'aujourd'hui, un "petit" patch de 160 Mo vient de tomber... Alors voyez plutôt cet article comme un avis éclairé destiné à vous dire si là, maintenant, tout de suite, ce titre mérite votre attention et donc pratiquement 13 euros par mois en moins dans vos poches. Drame, il va falloir tout lire.

BOOOOM headshot. Ou pas.

Les humains contre-attaquent

Le scénario est relativement classique et à une importance notable : en science-fiction, les codes sont variables. L'auteur change à sa guise son univers alors que l'heroic-fantasy reste plus rigide (nains, elfes, gnomes débiles...). Et ici, l'auteur s'appelle Richard Garriott (qui passe pour l'occasion du pseudo "Lord British" à "General British"). Vu que le monsieur n'a pas été totalement ridicule ces 20 dernières années avec la série des Ultima, le scénario de Tabula Rasa est plus intéressant qu'on pourrait le penser de prime abord. Car oui, les aliens ont débarqué, collé une fessée monumentale à ces abrutis d'humains, dont les meilleurs éléments ont pourtant réussi à se mettre à l'abri dans une autre galaxie. Le tout grâce à une technologie avancée découverte sur Terre, techno qui nous vient d'une race mystérieuse (les Elohs) qui a visiblement des choses à se faire pardonner... Bref, vous incarnez un de ces survivants et vous allez découvrir un univers en guerre. Fini la glande, va falloir vous battre.

Service militaire

700 Mo de patch après l'installation du DVD de la jolie boite, vous allez pouvoir commencer votre nouvelle carrière. Oubliez vos habitudes, parce que Tabula Rasa n'a rien à voir avec les classiques du genre. La création du personnage donne cela dit dans le convenu : homme / femme, tenue de base, quelques visages, etc. Mais pas de classe à choisir. Comme dans beaucoup d'autres jeux de rôle, vous choisirez votre spécialisation à différents niveaux, le premier choix étant au level 5 (puis 15 et enfin 30). En revanche, choisissez bien votre nom de famille : c'est celui qu'on voit partout. Et comme vous pourrez cloner votre personnage principal, il restera toujours le même. Le but est de pouvoir choisir entre deux spécialisations, pensez donc à cloner juste avant de choisir ! Ce système permet de ne pas avoir à refaire un personnage de zéro pour tester un autre métier. Et si vous décidez tout de même de vous faire un alt, sachez qu'il aura forcément le même nom de famille, clone ou pas.

La mort n'est pas pénalisante. On revient à l'hosto le plus proche, il faut réparer le matos, et hop, on y retourne...

Faites-moi 100 pompes !

Après la zone "fermée" de départ, qui fait office de formation pour les nouveaux, on arrive dans la première vraie base. Le feeling est plutôt bon et l'ambiance guerrière définitivement là : les NPC crient, partent au front, les ennemis extra-terrestres (l'Engeance) débarquent par vaisseaux au lieu de simple repop débile... Côté emotes, on a un peu de tout mais inutile de rêver : on est loin d'Everquest II de ce côté-là, même si celle pour faire des pompes a beaucoup de succès. Trêve de bavardage, partons au combat... Tabula Rasa se manie comme un FPS. On ne verrouille pas sa cible comme dans la plupart des MMO, il faut viser, tirer, et espérer que le lag ne nous joue pas des tours. Honnêtement, le système fonctionne plutôt bien, même si personnellement je ne l'apprécie pas plus que ça. En revanche, on ne peut pas nier que les combats sont assez dynamiques : les monstres bougent vite et bien, certains vous décrochent des coups de pied pour vous faire valser, votre fusil à pompe peut (selon vos stats) projeter les aliens au loin... Ça change un peu. En revanche, impossible d'esquiver des tirs et il est parfois impossible de voir qui vous shoot, vu que pas mal d'attaques ne laissent pas de traînées. Revers de la médaille, les machines ont leurs limites : ça s'enraye, ça chauffe, bref, ça vous met parfois dans des situations délicates. Mais selon vos choix, vous aurez sûrement quelques pouvoirs paranormaux en stock pour vous défendre.

Impossible d'inspecter les persos un peu classieux. C'est très frustrant.

Starwars au pays du grind

Passée la découverte, après avoir pigé comment fonctionne l'interface (efficace, sans plus) et le système de combat, c'est la douche froide. Nous sommes à mille lieux des déclarations de Garriott sur sa vision d'un MMO sans levelling pénible, on se retrouve immédiatement dans une routine de quêtes / massacre de mob des plus classiques. Toi voir bidule, tuer 12 machins, rapporter 14 coeurs de salamandres moisies... A pleurer. Le scénario devient secondaire, la quête des 400 Logos (nécessaires pour certains pouvoirs) devient une tannée et, malgré un monde réellement immense, on déchante vite. Le titre est "propre", mais sans aucun charme. Graphiquement, ça se tient, mais le design est passable tout au plus, les textures sont fades et souvent grossières, les animations sont rigides malgré des détails sympa (roulade après un saut)... Points positifs tout de même : la version française est bonne (c'est assez rare pour être noté) et les musiques sont travaillées et agréables. Du coup, à moins de rentrer complètement dans le trip Starship Troopers, on se retrouve avec un produit qui aura franchement du mal à charmer ne serait-ce que les personnes neutres face à la SF.

Ça sent la peinture fraîche

Malgré de très bonnes idées, par exemple la téléportation pour voyager rapidement entre deux camps préalablement visités, il manque une tonne de choses à Tabula Rasa. Certaines sont prévues pour bientôt heureusement (système d'hôtel des ventes), mais il manque surtout un système courrier, un crafting qui soit économiquement viable et intéressant (il doit être entièrement revu bientôt), la possibilité de linker des objets dans le chat du jeu (qui est de toute façon assez mal fait), etc. Sans parler du fait qu'un MMO SF où l'on passe son temps à se battre à pied, ça fait un peu série Z. Pas de vaisseaux, pas de véhicules (peut-être en 2008...), c'est vraiment dommage. Et j'espère que vous avez une souris solide, car vu le gameplay, vous allez cliquer comme jamais dans un MMO. Je pourrais ajouter l'absence d'inspection des autres personnages, particulièrement frustrante, ou la difficulté de pouvoir parler à un autre joueur qui passe à côté de vous en courant. Le cibler pour lui adresser un message privé est plus difficile que de flinguer une escouade de l'Engeance...

Vite, Tabula 2.0 !

Loin d'offrir le feeling d'un vrai FPS ou même de ce bon vieux PlanetSide, Tabula Rasa offre pourtant des bases intéressantes mais loin d'être encore très convaincantes. Pour le moment, les joueurs assidus se composent surtout de fans de SF trop contents de ne pas avoir à se cogner des nains ou trolls et ravis de pouvoir défendre des bases qui risquent réellement de se faire capturer (temporairement) par des aliens agressifs. Si la bouffée d'air frais est réelle, la construction du jeu est loin d'être achevée. Comme souvent dans les MMO jeunes, malheureusement... Il reste du pain sur la planche à Destination Games pour en faire un produit solide qui ne termine pas dans le mur comme Auto Assault. Rien que le PvP mérite une refonte pour être intéressant et ne pas se limiter aux combats de clans. Reste à espérer pour les fans qu'ils seront assez nombreux à payer 13 euros par mois pendant que le titre continue de se développer. On peut en présager, vu le monde qui joue actuellement, mais il est toujours difficile de savoir si ça va durer...

Galerie photo Tabula Rasa - 20 images (cliquez pour zoomer)

BOOOOM headshot. Ou pas. La mort n'est pas pénalisante. On revient à l'hosto le plus proche, il faut réparer le matos, et hop, on y retourne... Impossible d'inspecter les persos un peu classieux. C'est très frustrant. Et un logo d'attrapé, un ! La feuille de personnage reste relativement classique. Les outils sociaux sont assez limités 400 logos à collectionner... Attrapez-les tous !  Pffffff... Le menu popup. Pénible et mal foutu, on s'en passe très bien, heureusement. Le choix des compétences reste toujours difficile Ho ! Un truc joli ! Si si... Le monde est grand. Très grand. Et disponible en plusieurs instances pour ne pas trop ramer...

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