Assassin's Creed : Syndicate sur PS4, le test de Moraw

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Moraw
7
Moraw PS4

Sauvetage d'une licence à l'agonie

Ici le nouvel opus initialement annoncé sous le titre de Victory, est censé redorer le blason de la licence après la déception et après l'accueil mitigé reçu par Assassin's Creed Unity. Assassin's Creed Syndicate s'impose donc comme le nouvel épisode pétrie de bonnes intentions pour regagner la confiance des fans. Des intentions partiellement réussies partiellement râtées.

 

Par rapport à son prédécésseur mal aimé, Assassin's Creed Unity, Syndicate nous laisse entendre d'y voir une volonté sincère d'admettre et de corriger les lourdes erreurs comises il y a une année de cela. Premier plan du jeu, première représentation de la promesse de faire mieux: voilà que l'un des deux Assassins jouables se montre, Evie Frye, dévoilant par la même occasion un gameplay ainsi que des graphismes relativements identiques ou presque à ceux de Unity. Difficile dès lors de ne pas avoir la facheuse pensée de s'être encore fait duper par Ubisoft avec une telle problématique, d’autant plus qu'il y a encore quelques mois nos écrans ont dévoilé des leaks qui laisser présager une nouvelle refonte radicale. Et pourtant dans toute la polémique soulevée par Syndicate, dans le maelström de bêtises qu’on peut lire çà et là sur divers forums, il serait question d’un jeu qui reprend effectivement les bases de Unity, tout en corrigeant réelement les défauts de celui-ci. Pour autant la ressemblance rend le public perplexe, ce qui n'est pas une réaction sans bases légitimes.

 

D’emblée, l'épisode cultive la caractérisation de personnages passionnants aux valeurs relativement contraires dans un contexte cependant simpliste. Comme le personnage d'Evie Frye possède une certaine valeur morale du Credo, tout en étant fascinée par la première civilisation, Ubisoft semble avoir voulu satisfaire la catégorie de fans réclamant un personnage charismatique, en la personne du frère jumeaux Jacob Frye. Si déjà, l'initiative d'offrir un personnage qui se complète dans la vision que nous avons d'un Assassin tout en proposant également un personnage plus rebelle dans ses convictions ainsi que ses agissements, reste salutaire. Ubisoft met en scène également les deux méthodes pour favoriser un scénario en deux parties pour un même objectif, accentuant ainsi la volonté de laisser le joueur analyser la méthode qui lui semble la plus juste, jouant avec les deux personnages de manière équitable. En mettant en scène une réflexion omniprésente sur la légitimité des actes de nos deux Assassins tout en offrant des quêtes relativements différentes, Syndicate impose sa vision de la Confrérie, briser une nouvelle fois l'image que les Assassins sont tous justes et exempt d'erreurs de jugements toutefois de manière nettement plus douce qu'Assassin's Creed Rogue. Il peut ainsi malheureusement finement tailler l’attentif portrait de l'Ordre des Templiers de Londres, cet Ordre devenu fade qui se retrouve une nouvelle fois encore dans le rôle des méchants de l'histoire, là où il n'y a pas encore si longtemps la série s'extirpait de son caractère manichéen. Et quelque part, derrière cette regression refléte la pénurie d'idées dont Ubisoft est en crise depuis des années.

Dans son obligation pour légitimer l'achat, Syndicate capte non seulement l'essence de la série avec un ½il frais et à la fois nostagique, mais se targue avant tout d'une volonté de centrer ses intérêts et enjeux ailleurs. C'est ainsi que le gameplay de Unity s'est mué en concrètement bien peu de chose. Reprenant en grande partie les bases du jeu en l'agrémentant de nouvelles fonctions futiles. La carte étant légèrement plus grande, Syndicate dévoile (presque) les premiers moyens de transport terrestre de la licence. Ici il est question de calèches avec une résistance digne d'un tank, passant sur tout obstable y compris des lampadaires ou encore des arbres.

Autre cadeau également, un grappin relativement intéressant dans le cas où le parcours peut véritablement être cassé à cause de la grande largeur des routes de l'époque, on regreterra néanmoins son utilisation peu réaliste. En gardant ces exemples à l'esprit, il est intéressant de constater que le jeu souffre du même problème que Unity, celui de se baser encore sur les acquis d'une série vraisemblement à l'agonie, au lieu de faire comme Assassin's Creed III en son temps, c'est-à-dire opter pour le changement radicale qu'une refonte intégrale procure, ce sentiment de ne pas jouer à un copier/coller de l'opus précédant. Dès lors, c’est justement une déconstruction de toute ce que la licence avait apportée jadis, des Assassin's Creed innovants pouvant être réelement enviés par les concurants. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fascination avec laquelle nous observions la série pétrie autrefois de péripéties extrêmement bien conçues, semble se muer en une déception sans égal, Syndicate même avec tout de même une nette volonté de faire mieux, se ridiculise aux yeux d'un grand nombre de fans réclammant une remise en question de la part de Ubisoft.

C’était à craindre, l’idée de créer un autre Assassin's Creed au beau milieu du chaos n'était sans doute pas la meilleure des solutions. Car si l’on ne doute pas de la constante envie de Ubisoft de penser quantité au lieu de qualité, Syndicate a rusé et enrichit la licence à sa manière du mieux qu’il le pouvait, peut-être était-il au maximum de ses capacités avec une méthode comme celle dont Ubisoft fait preuve à chaque nouvelle production. Les épisodes se multiplient et leur intérêt s’amenuise tant ils paraissent simplement survolés et les explications reléguées à plusieurs opus plus tard. Car si Syndicate parvient à avoir son propre intérêt, à savoir faire avancer l'intrigue de la méta-histoire en y apportant sa contribution, il faut rappeler l'évidence que c'est la fin d'Assassin's Creed III qui a apporté les derniers grands bouleversements, soit trois épisodes d'attentes pour enfin y revoir du concret, de pouvoir une nouvelle fois savourer une évolution. La série a donc cruellement besoin d'une remise en question et plus que cela, de temps pour offrir des Assassins' Creed comme Ubisoft pouvait en produire autrefois.

 

Malgré quelques tares, Syndicate s’apparente donc à un jeu passionnant à suivre. Mais rien à faire, rivé à notre fauteuil on ne peut toutefois que laisser la nostalgie nous envahir, partageant ainsi d'un côté le sentiment que la série cesse de stagner pour enfin évoluer dans sa narration de la méta-histoire, tout en déplorant l'inéficacité du jeu à véritablement extirper la série de la déception rancunière des fans malgrè cependant quelques bons essaies salutaires. Hypnotisant par l'histoire des jumeaux Frye, Il n’est pas rare que Assassin's Creed Syndicate manque de subtilité ou d’intérêt, le tout étant suffisament confus pour hésiter à le qualifier d'un bon Assassin's Creed, on lui donnera volontier cependant le statut de bon divertissement.

 

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