Prince of Persia sur Xbox 360, le test de SamPlay

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10
SamPlay X360

Reconversion réussie!

Après une première trilogie axée sur le temps, UBISOFT remet les pendules à l’heure et repart de zéro. Quitte à passer à la nouvelle génération autant complètement changer la série et apporter un nouveau souffle à une licence vieille de presque 20 ans. Mais ne perdons pas une minute et voyons si ce Prince of Persia est un passe-temps digne de ce nom.

Intéressons-nous d’abord au contexte de cette nouvelle trilogie, car, oui, c’est bien sur trois épisodes que l’histoire devrait se dérouler. Le titre Prince of Persia 4 n’est donc plus vraiment d’actualité. En effet, bon nombre de choses ont changé, à commencer par le héros. Celui n’a en réalité de « prince » que le nom. Véritable goujat sur pattes, sa classe n’a d’égale que sa surprenante décontraction qui ne plaira pas à tout le monde. Entre blagues douteuses et attitude très moderne, on est loin de la sobriété et des tourments de l’ancien prince. Une affaire de goûts. Autre surprise : la princesse Farah a disparu (enfin pas vraiment puisque l’âne du héros se nomme ainsi !) et est remplacé par la charmante Elika, qui se révélera par la suite magicienne mais aussi très « collante ».

Parlons un moment de l’univers et du scénario, même si ce dernier tient sur un timbre-poste. Vous incarnez un aventurier, un peu voleur, qui après avoir mis la main sur un bon paquet d’or va comme par hasard tomber dans un trou. C’est le début des ennuis pour lui. Etant chanceux, il va atterrir dans un royaume ou le bien et le mal luttent. Evidamment le mal va gagner et se sera à vous et à la princesse de rétablir le bien en purifiant diverses zones, à la manière d’Okami. Le scénario n’est donc pas le point fort du titre, mais la mise en scène et l’univers empêche le jeu de sombrer dans la banalité. On ne sait pas comment on en n’est arrivé là, mais on n’y est arrivé et on s’en fout parce que c’est bien. Sur le papier, donc, rien de bien original sauf que le talent de l’équipe d’UBI Montréal apporte poésie et beauté à ce voyage dépaysant.

Le charme de l’univers doit beaucoup à la patte graphique et artistique dont bénéficie le soft. Dés les premiers instants, l’on est séduit par les couleurs pastel, la finesse de l’ensemble et l’animation fluide et ultra classe. C’est un ravissement de tous les instants de parcourir le vaste royaume en exécutant d’improbables acrobaties. Le but étant de ramener la lumière et la beauté dans un monde noir et dévasté par la corruption (l’énergie maléfique du jeu), vous traverserez des décors tantôt sombre tantôt enchanteurs et magnifiques. Il n’est pas rare de s’arrêter et de contempler votre travail de purification, la larme à l’œil en voyant de tels panoramas. La distance d’affichage énorme aidant, vous pouvez voir le royaume entier de certains endroits. Un royaume que vous pouvez parcourir librement à la recherche de terres fertiles à purifier et d’orbes de lumière à récupérer.

Le déroulement de l’aventure est routinier : vous purifiez des zones corrompues pour faire apparaître des orbes qui vous permettront d’obtenir 4 pouvoirs différents. Ceux-ci vous donneront accès aux autres zones et ainsi de suite. Une fois que vous aurez purifié 4 zones d’une même partie du royaume, vous pourrez affronter un des 4 boss qui une fois vaincue vous ouvriront les portes du dénouement. Comme vous pourrez le constater le principe est plutôt simple et la comparaison avec Assassin’s Creed (du même éditeur) est facile à faire car la routine s’installe parfois. Heureusement, le dynamisme et la mise en scène parviennent à cacher admirablement ces redondances. Pourtant celles-ci sont nombreuses. A commencer par la séparation nette entre combats et plate-forme. L’alternance entre ces différentes phases amène encore un peu plus de routine au déroulement du jeu, tout comme les combats contre les boss. Il faudra, en effet, affronter le même ennemi un bon nombre de fois et toujours de la même manière. Usant. Heureusement que les affrontements sont rares et donc moins gavants qu’ils n’auraient pu l’être. Chaque boss a ces points faibles et son style de combat. Le guerrier, par exemple, est insensible aux attaques et devra être jeté dans le vide pour être mis K.O. La concubine, elle, est rapide et vous envoûte. Vous devrez donc varier vos coups pour espérer briser la garde de l’adversaire et enchaîner les combos. Car lorsque vous combattez les touches d’acrobaties se transforment en attaques, chacune liées à une touche. Prise avec votre gantelet, attaque à l’épée ou intervention d’Elika, les combats sont riches en possibilités et leurs mises en scènes est très classieuse, notamment grâce aux nombreux QTE. Au début assez simples à battre, les ennemis vont par la suite changer de forme et ne deviendrons sensibles qu’a un seul type d’attaque, ce qui est tout de suite plus compliqué, mais pas insurmontable, loin de là. Ce qui me permet de parler d’un aspect épineux de ce Prince of Persia ou plutôt d’un choix, pour les uns très discutable ou pour les autres très agréable.

Personnellement, je trouve que cette orientation grand public rend le jeu plus agréable qu’auparavant. Finie les Game-Over après s’être tapé une phase de plate-forme ardue ou une mort stupide à cause d’un mauvais timing. Ici le prince court automatiquement sur les murs et les mouvements les plus complexes deviennent assez simples à sortir avec un minimum de concentration. Elika est toujours là pour vous sauver d’une chute mortelle ou d’un ennemi un peu trop costaud. Elle est aussi là pour vous permettre de faire un double saut, souvent utilisé.

Mais n’allez pas croire que le jeu est facile ou que la notion de challenge est absente. Si la mort en elle-même est absente, les pénalités sont bien réelles. Louper un saut lors d’un long parcourt, vous ramènera automatiquement avant la difficulté, vous obligeant à recommencer jusqu'à y arriver. De même, dans un combat, si Elika vous sauve d’une mort certaine, l’ennemi reprendra de la vie. Dans cette optique, le choix de bannir la mort ou d’automatiser certaines choses est une bonne méthode pour fluidifié le jeu et empêcher toutes frustrations inutiles. Même si certain regretterons le fait de ne plus à devoir chercher son chemin au prix de sauts suicidaires et d’arrachage de cheveux, d’autre seront soulagés par l’option GPS d’Elika.

Au final ce Prince of Persia « new-gen » est une belle réussite et ce sont une dizaine d’heures de bonheur qui s’offrent à vous. Malgré les nombreux petits défauts, l’on arrive pas à décrocher et l’on veut toujours aller plus loin sans voir le temps passer. Beau, maniable, inventif, jouissif, passionnant, les adjectifs ne manquent pas. Frustrant aussi, à cause d’une fin exagérément ouverte qui laisse le joueur comme un con, à l’affût du moindre contenu téléchargeable qui pointera le bout de son pixel.

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