Corpse Party Book of Shadows sur PSP, le test de Kaminos

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Kaminos
8
Kaminos PSP

16 bits de pure flippe

Pas forcément connue à l’international, le jeu vidéo Japonais possède cependant une des plus grosses scènes du jeu indé. Un des fervents acteurs de celle-ci est la Team Grisgris, qui sort en 1996 sur le PC-98 de NEC un excellent sound novel, Corpse Party.

Le succès dans la sphère otaku japonaise est immédiat. Réédité d'abord sur PC puis sur PSP, Xseed nous a fait le plaisir de le sortir officiellement chez nous, à tout petit prix sur PSP via le PSN.

Créé entièrement via RPG Maker, petit moteur permettant de créer des jeux façon 16 bits, il est souvent classé dans la catégorie des Sound Novels : graphiquement désuet, toute son ambiance vient de son doublage, d’où la catégorie.

J’aime cependant à le classer dans la catégorie des jeux d’horreurs. Et vous savez quoi ? Corpse Party, c’est certainement le jeu le plus dérangeant de ces dernières années. Le tout avec 4 pixels et un bon casque sur les oreilles. La preuve.

 

Satoshi est, comme souvent dans les jeux Japonais, notre bon vieux random lycéen, dont la belle fille de la classe est secrètement amoureuse, qui a une petite sœur bien relou, qui est ami avec le délinquant au grand cœur, et qui, ne l’oublions pas, est l’élève d’une prof bien bangable.

Un soir, à la fin des cours, son petit groupe d’amis se réunit. Une des filles, branchée occulte, propose d’accomplir le rituel de Sachiko : en déchirant un bout de papier et en récitant une prière, ils deviendront de vrais BFF (Best Friend Forever, pour ceux qui ont plus de 13 ans et n’ont pas de Skyblog).

Pas de chance, le rituel foire, et le petit groupe, accompagné par la prof bien roulée, se retrouve éparpillé dans une autre dimension. Plus exactement, dans l’école primaire Tenjin (Divine), fermée, il y a plusieurs dizaines d’années suite à divers séries de meurtres commis en son sein.

Pas de chance pour eux, Satoshi et ses potos sont les prochains sur la liste. 

Avant toute chose : je ne pense pas que Corpse Party plairait à tout le monde. Il joue énormément sur beaucoup de clichés typiques de l’animation nippone, qui peuvent passablement énerver, même les joueurs les plus patients.

L’intrigue est entièrement ancrée dans le surnaturel, à base de fantômes, de malédictions, et tout le tintouin. Mais bien au-delà, Corpse Party s’intéresse allègrement à des domaines bien plus ragoutants, avec une passion pour le morbide, le sanguinolent et la torture à en faire pâlir Pyramid Head.

 

La progression du jeu se déroule en 5 chapitres, possédant chacun énigmes, phases de recherches, et surtout beaucoup de lecture. Les deux premiers sont réservés à de la mise en place des personnages, souvent intéressants, mais assez inégaux. Autant la plupart des gens apprécieront Yoshiki, le badboy pas si méchant, que je vous garantis que vous prendrez un malin plaisir à voir se faire tuer Yuka, la petite sœur du héros : à 9 ans, la gamine a pour seule préoccupation sa vessie, crier au secours  et à sauter dans les bras de son frère. Alors oui, quand on a la possibilité de lui percer les yeux à grand renfort de ciseaux rouillés, puis  de l’ensevelir vivante étouffée dans son urine après lui avoir coupé la langue, on le fait. Et même qu’on y prend goût.

Ha oui, car il faut le préciser : le jeu est parsemé de bad ends, dont les flags sont plus ou moins évidents. Il se révèlent cependant être le moyen le plus direct pour profiter du sadisme sans limite des développeurs. Et on flippe. D’une peur amenée par la dégueulasserie sans borne de certaines scènes, de l’ambiance malsaine de cette école, devant la tristesse du sort réservé au petit groupe de lycéens, auquel on finit par s’attacher, surtout dans les trois derniers chapitres, où l’horreur atteint des sommets.

Pourtant, le pari n’était pas gagné d’avance. Passablement moche avec ses graphismes touts droits sortis de la Super Nintendo, le jeu propose quelques images fixes plus agréables à l’œil pour les scènes fortes et peut compter sur sa traduction anglaise, d’excellente facture, même si sur-traduite à certains passages. Rien de bien grave toutefois.

 

Mais bien au-delà de l’aspect graphique ou de la traduction, c’est sur son ambiance sonore que Corpse Party fait des merveilles. Doublé de A à Z, Corpse Party propose parmi les meilleurs doublages de l’histoire du jeu vidéo. Rien que ça. Certains trouveront que certaines doubleuses sur-jouent un peu (et ils auront raison), mais l’ensemble impose avec force une immersion totale au joueur.

L’ingénieur du son ayant fait les prises de certaines scènes a dû faire de sacrés cauchemars devant les prestations des actrices, surtout lors des bad ends, tellement certains cris déchirent le coeur.

Corpse Party propose  de nombreux bonus : en sus des bad ends, souvent intéressantes pour le scénario, le joueur peut aussi chercher à débloquer tous les extra chapters, qui reviennent plus en détails sur certains personnages secondaires de l’intrigue.

De quoi bien rentabiliser les 12 euro demandés par le jeu sur le PSN. 

 

Corpse Party ne s’adresse pas  à tout le monde : aussi bien dans le thème abordé, qui ne parlera qu’aux férus de sous-culture japonaise, que dans sa traduction, uniquement en Anglais. On peut bien lui imputer sa fin en queue de poisson ou la présence de Yuka, la petite sœur débile, mais une chose est sûre : Corpse Party est la preuve par A + B que le jeu d’horreur existe encore, et qu’on est loin d’avoir tiré sur toutes les ficelles du genre en 2012. A découvrir, sur PSP ou même Vita.

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