Resident Evil 4 sur GameCube, le test de VengeurMasquay

Publiez votre test
Signaler
VengeurMasquay
10
VengeurMasquay GC

Un nouveau tournant qui fait du bien


Leon ! Help !

6 ans après la catastrophe de Raccoon City et les périples de Leon Scott Kennedy, nous retrouvons notre homme qui a changé d’affectation. Depuis la destruction de la ville par le gouvernement, Leon a quitté les S.T.A.R.S (unité spéciale de police) pour travailler au service du Président des Etats-Unis. Il se voit attribué une mission de la plus haute importance : retrouver la fille du Président kidnappée. Des sources fiables incitent notre héros à faire une excursion dans un village perdu espagnol pour tenter d’élucider l’affaire… plus complexe qu’elle n’y paraît.

Les bases sont posées et on retrouve un Leon en très grande forme qui semble avoir gagné en maturité. Quoi qu’il en soit, l’entraînement intensif des forces spéciales qu’il a subi fait ses preuves : souplesse, sang-froid, discrétion, nombreux sont les qualificatifs que l’on peut attribuer à Mister Kennedy. On tient là un personnage très charismatique qui occupe déjà une grande place dans le cœur des joueurs. Gueule d’ange en gros. Pourtant ce n’est pas mon genre d’aduler des héros de jeu vidéo, logiquement c’est réservé aux gros fanboys (SEFIROT ET SON EPEE KI KRASH DU FEU) mais là je dois avouer que Sir Scott Kennedy défonce à vue d’oeil tout le reste.

La prise de risque

Il aura finalement fallu attendre le 4ème épisode pour renverser complètement les mécanismes de la série. Premièrement, le temps des caméras fixes et angles de vue pervers est révolu. Léon évolue dans un environnement extérieur et qui reste dans sa globalité assez ouvert, la vue étant fixée à la troisième personne pour suivre Leon à la lettre dans tous ses mouvements. Ce système offre un confort de jeu optimal et change par la même occasion tout ce qui a fait le charme du gameplay rigide « survival-horror » de la série. Les puristes crieront peut-être au scandale mais les faits sont là : ce vent de fraîcheur est un vrai régal. Cette fois-ci, on vise où on veut par simple maintien de gâchette, l’accent étant mis sur la destruction d’ennemis plutôt que de les esquiver.

Une hérésie  pour la saga ? Non tout n’est pas perdu puisque Resident Evil 4 conserve bel et bien l’esprit old-school des opus précédents : par exemple, on est obligé de maintenir le bouton B pour courir, obligé d’être immobile pour tirer, etc. Notons qu’il est possible d’élargir le champ de vision par l’intermédiaire du stick C pour regarder sur les côtés ou voir ce qui se passe au dessus de notre tête. Lors de phases de tir, la caméra vient se coller au dessus de l’épaule du héros et un réticule rouge permet de réaliser facilement des headshots quelque soit l’arme. On l’aura compris, Resident Evil 4 privilégie l’action à l’instar d’un Third Person Shooter, d’une part pour le côté dynamique de l’aventure et d’autre part à cause des zombies qui se ramène le plus souvent par paquet de 5 (il est loin le temps du 1 vs 1). Pour plus d’immersion, il est possible d’exécuter beaucoup d’actions variées en fonction de la situation. Par exemple, dans le village au début du jeu, le bouton A sera sollicité très souvent pour escalader de petits murets, donner des coups de pieds à un villageois lorsque qu’il est étourdi, faire tomber une échelle avec une brochette d’assaillants en train de grimper ou même sortir d’une maison en brisant la fenêtre comme dans les blockbusters hollywoodiens digne de ce nom. Mieux encore, les Quick Time Events viennent renforcer le tout : attendez-vous clairement à vous faire surprendre par les cinématiques interactives où il faudra appuyer sur des boutons (souvent les gâchettes L et R) au bon moment sous peine de Game Over. D’ailleurs, les scènes de mort sont tellement diversifiées qu’on aurait presque envie de laisser Leon mourir pour voir le sort qui l’attend. Sadique n’est-ce pas ? Et mention spéciale au chapitre 5 qui laisse place à une longue scène de QTE dont vous me direz des nouvelles.

Outre l’aspect bourrin, Resident Evil 4 reste un soupçon stratégique de temps à autre. En effet, un peu plus tard dans l’aventure, un second personnage contrôlé par l’IA vous accompagnera et que vous devrez le protéger en lui des ordres (reste ici, suis-moi, donne la patte). Par la même occasion, il vous sera utile pour accéder à certains endroits où il sera nécessaire d’effectuer une coopération, comme faire la courte échelle pour atteindre l’objectif . Servez-lui à tout prix d’ange gardien pour éviter le Game Over fatal qui se traduit par une mort ou un enlèvement  par les pécores. Pour le côté solo, il ne sert à rien de foncer tête baissée sur les paysans, les armes ne sont pas au maximum de leur capacité donc par manque de puissance il faudra souvent se placer à grande distance des poursuivants ou bien jouer à chat autour d’une table afin de trouver la meilleur place pour se poser et shooter en paix.

Armé jusqu’aux dents.

Toujours de la partie, les objets de soin bien connus comme ces bonnes vieilles herbes vertes  pourront être combinées à d’autres herbes jaunes (augmenter la jauge maximale de vie) ou rouges (incrémenter l’effet de l’herbe verte).  On pourra également aussi acquérir trésors et gemmes qui pourront être assemblés et vendus auprès d’un marchand contre de l’argent.

Tous les objets de soin, les armes et les munitions seront stockés dans une mallette accessible depuis le menu qui devra être changée par la suite si vous ne voulez pas jeter des objets utiles par manque de place. Heureusement que des mallettes plus grandes seront disponibles chez ce même marchand. Par ailleurs, ce fameux bonhomme (dont le « Welcome ! » et le « What are you buying ? » sont devenus cultes pour les gamers) aussi étrange que précieux vous proposera principalement des armes contre les pesetas trouvés en cours de route. Armes qui pourront êtres améliorées en puissance de feu, temps de rechargement et d’autres caractéristiques pour devenir surpuissantes. Il sera vital de ne pas négliger la customisation dans l’optique où les adversaires seront de plus en plus résistants par la suite du jeu. Côté exploration, la progression à travers les niveaux reste relativement facile grâce à la traditionnelle carte toujours disponible en cas de besoin (bouton Z). Pour plus de facilité, les trésors à trouver sont visibles sous forme d’étoiles après avoir acheté une carte au trésor au marchand.

Touchons maintenant un mot sur le système de sauvegarde. Comme pour les précédents épisodes, vous devrez trouver une machine à écrire pour sauver votre progression mais cette fois plus besoin de faire le Picsou sur les rubans d’encre puisque qu’ils ont disparu. En même temps, qui s’en plaira pour un jeu d’action ?

Digne d’un Killer 7 (l’arme pas le jeu)

Finalement ce qui impressionne le plus, c’est que Resident Evil 4 se place au panthéon des plus beaux jeux 128 bits. Le résultat est grandiose : décors détaillés, modélisation des personnages au top, malgré la texture du sang qui fait un peu tâche.

Quasiment aucun autre reproche à faire de ce côté : du level-design à l’ambiance froide, c’est du tout bon. Et le meilleur ? Pas un pet de ralentissement. Resident Evil 4 gagne aussi le prix des plus belles cinématiques in-game avec un doublage américain convaincant et des sous-titrages bien synchronisés avec la scène pour ne pas en perdre une miette. Pour la difficulté, le jeu reste plus abordable que ses prédécesseurs. Les premiers épisodes étaient réputés pour la difficulté à progresser obligeant même certains à recommencer la partie à zéro pour quelles balles perdues. Axé aventure et action, on trouve maintenant des munitions assez facilement en achevant les Ganados. Donc même si Resident Evil 4 reste assez dur par moments, on apprécie le fait que la difficulté soit toujours bien dosée du début à la fin. Quant à l’IA, elle dépend du mode de difficulté que vous aurez choisi : plus il sera dur et plus les ennemis seront résistants et l’IA meilleure  (en mode Pro, ils se baisseront et zig-zageront pour esquiver vos tirs). D’ailleurs il est amusant de noter que l’aventure en mode Facile et un peu moins longue car sachez que quelques chemins seront inaccessibles comme le jardin dans le château.

Cerise sur le gâteau, le jeu possède une durée de vie assez importante. Divisée en 3 lieux et 5 gros chapitres, l’aventure tient sur 2 Mini-DVD. Elle est estimée à une bonne quizaine d’heures si vous prêtez  attention à fouiller les lieux dans les moindres détails. Une fois l’aventure terminée, il vous est possible de recommencer un « New Game+ » avec toutes vos armes et votre argent pour faciliter la progression. Deux autres modes qui en valent la peine viendront augmenter cette durée de vie avec le retour de The Mercenairies où le principe est d’exploser le hi-score en abattant une horde de Ganados pendant un temps limité. Le deuxième mode ? Une mini-aventure avec un protagoniste féminin, à vous de deviner qui. Les versions PS2, PC et Wii prolongent un peu plus l’histoire avec un mode Separate Ways (jouable avec la femme mystère) divisé en 6 mini-chapitres qui se déroulent quasiment en simultané avec Leon ce qui permet d’éclairer quelques zones d’ombres du scénario (du genre pourquoi la cloche sonne dans le village ? ). Petits malins.

La messe est dite, Capcom nous présente ici un jeu d’une qualité remarquable. Le jeu excelle dans tous les domaines et réussit son passage en tant que « shooter » . Cependant moins horrifiant que les premiers opus, Resident Evil 4 garde tout de même une ambiance stressante et angoissante pour vivre pleinement un jeu d’action jouissif du début à la fin. Les (rares) puristes pourront peut-être ne pas supporter le nouveau tournant de la série mais ce serait vraiment faire la fine bouche. Une claque tellement bonne qu’on en deviendrait presque masochiste.

 

Mis en forme pour plus de confort sur http://www.testandtroll.fr/resident-evil-4

 


Ajouter à mes favoris Commenter (10)

Vos tests de Resident Evil 4

tous les tests