Anarchy Reigns sur Xbox 360, le test de Sevadamska

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Sevadamska
6
Sevadamska X360

L'anarchie ne peut reigner.

Retrouvez ce test sur le site ou je sévis : http://www.gamerslive.fr/2013/01/30/anarchy-reigns-xbox-360/

Anarchy Reigns est un Brawler, un Beat them’ All plus lent et « statique » développé par Platinum Games, responsables de Mad World, Bayonetta, Vanquish ou encore du prochain jeux de la saga Metal Gear, Metal Gear Rising : Revengeance.

Qu’on aime ou pas le studio et son style «le jeu pour le jeu» au détriment d’autres éléments clés pour faire une expérience complète, force est de constater que PG possède un certain savoir faire en ce qui concerne le gameplay (parfois de manière old school peut-être) ,et qu’ils ont déjà poussés le Beat em’ All et le Third Person Shooter dans leurs retranchements avec Bayonetta et Vanquish, au moins en terme de nervosité.
Cette relecture de ce genre atypique est-elle à la hauteur de leur conception du jeu vidéo? Comment est la première incursion du studio dans le monde multijoueur ?

Un solo ou on se fait Anarchier.

Anarchy Reigns c’est un jeu avec un nom plus que loufoque et ironique, mais c’est aussi un solo, malgré l’orientation très online et compétitive (voire Co-op) du titre, comme il est aisé de le constater.
Certains vont dire qu’il ne faut pas juger le solo que tout l‘intérêt réside dans le multi, mais des ressources ont été placées dans son développement, du temps, les gens qui y ont bossé sont les même…et comment dire, ce mode solo, fait peine à voir
Que ce soit les personnages, tout à fait kitsch et clichés, la direction artistique discutable même si le design de certains personnages peut être classe (bien que peu originaux, on retrouve bien la patte Platinum Games, mais on est loin de l‘audace d‘un Madworld), desservie par une réalisation faiblarde indigne de 2012/2013 et même des précédents jeux du studio, ou encore ces héros à la localisation française horripilante, sans personnalité, vains et ridicules si on a vu ne serait-ce qu‘un mauvais shonen dans sa vie, la mise en scène too much, les cutscene d’un autre temps, l’histoire tellement débile qu’on y comprend pas grand-chose et les pathétiques tentatives d’installer de l’émotion dans un cadre qui s’y prête si peu…il n’y a pas grand-chose à garder.

Et non ca ne me semble pas voulu, c’est juste bâcler ou puant d'incompétence.
Si Platinum Games ne sont pas connus pour être doués dans ces champs là, ils livrent ici leur pire prestation. Et ce n’est pas fini.
Je reviendrai sur le gameplay plus tard, mais la structure de la campagne est déplaisante et répétitive : on est lâché dans de fausses grandes zones remplies de mobs, à faire des missions secondaires aussi inutiles les unes que les autres, car elles consistent toutes à se battre contre des vagues d’ennemis a un point ou ca en devient gerbant, et celles qui veulent varier le gameplay en proposant une course, un « bowling » grandeur nature ou autres sont totalement ratées car les sensations ne sont pas au rendez-vous et tout est approximatif. Sans oublier que ces missions « optionnelles » ne le sont pas du tout et qu’on est obligé de les faire, parfois plusieurs fois pour avancer dans l’histoire.
Les ennemis sont au final peu variés, et se séparent en deux catégories : ceux que vous défoncez en quelques coups et les Mutants qui vous demanderont plus d’endurance.
Les missions principales ne valent pas mieux mais parfois lorsqu’on se bat contre un boss, on peut percevoir la vraie nature de cet Anarchy Reigns : les duels et les combats avec aussi fort que soit, même si en mode normal, tout est assez facile et le challenge ne vient pas pimenter l‘ennui.
Il faut savoir que si vous voulez débloquer tous les personnages avant de vous lancer dans le multi il faudra obligatoirement faire entièrement le solo, ce qui demande beaucoup de patience et résilience, tant l’expérience est peu engageante. On met son cerveau sur off oui, mais surtout, son mode masochiste on!
Si cette campagne est censée être la découverte d’un gameplay riche et un prélude à l’amusement en multi, elle fait plutôt office d’épouvantail : ce n’est pas avec un mauvais didacticiel de 6-7 heures qui semblent durer une éternité qu’on a envie de se plonger dans le bain du online. Le solo, l’arbre mort qui cache la forêt luxuriante ?

Gameplay, Multijoueur, et moi, coeur d’Anarchichaut.

Heureusement qu’on nous donne la possibilité de s’entrainer dans des salles de réalité virtuelle ou on peut customiser certaines options comme l’IA etc…
Ainsi, on apprend à se familiariser avec le gameplay à la fois technique, abordable et assez carré. La courbe d’apprentissage est accessible mais les combats en ligne ne manquent pas de profondeurs.
On assène les coups normaux avec «X» et les coups forts avec«Y», ce qui permet de faire des combos classiques en variant les combinaisons, mais on peut aussi rendre les assauts plus subtils en faisant de petites pauses entre certains coups, histoire de prendre l’avantage en duel.
On peut faire une charge en maintenant «Y» ce qui permet de briser la garde de l’adversaire, on pare avec les gâchettes de droite, on esquive en appuyant sur «A» lorsque on est en parade. Sinon, «A» sert à sauter et on peut l’associer avec des coups, ascendants ou descendants. Ensuite vient la jauge de coups spéciaux qu’on utilise avec la gâchette de gauche (le lock étant «LB»), ils sont dévastateurs mais consomment des barres d’énergie, leur utilisation est donc limitée et il faudra apprendre à juger le bon moment pour frapper. En pressant «X» et «A», on part dans une animation qui sert à stopper les combos adverses, utile lorsque l’action devient trop brouillonne, tout comme la «chop» réalisée avec «B», un peu trop puissante d’ailleurs. Pour finir, on peut déclencher une furie en poussant les analogues, ce qui nous rend invincible et centuple la force de nos coups. Si deux adversaires ont déclenché leur furie et se tapent au même moments, cela donne une séquence de QTE assez difficile ou le vainqueur tuera presque automatiquement l’opposant. A part la caméra un peu trop proche qui ne plaira pas à tout le monde, il n’y a rien à redire, le style étant assumé.

Tous les personnages sont finement animés, leurs coups sont variés et spectaculaires, et leurs styles dépendent souvent de leur poids et silhouette. Chaque personnages se jouent donc de la même manière mais avec certains détails différents comme la vitesse, la lourdeur, la distance des coups qui viendront apporter de la variété et vous aider à trouver votre style favori.
Le Roaster du jeu est constitué d’une vingtaine de personnages (dont la sexy Bayonetta en DLC, j‘adore joué la sorcière avec ses attaques provocatrices, presque dénudée): du mécha, au taureau mécha, au Russe mécha, au ninja, au proxénète, en passant par le gros dur au bras cybernétique et les filles sexy de tous bords, le casting est haut en couleurs, et ici au moins, pas de prestations narratives risibles à rapporter : du fun, sans prise de tête, de la classe même. Une partie du casting est empruntée à l’univers de Madworld, ce qui plaira aux fans.
Un bon roaster, une certaine profondeur et une technicité old school qui ne demande qu’a être éprouvés en ligne : c’est parti ! Anarchy Reigns nous propose une quinzaine de modes de jeu. On a droit au death ball (jeu de sport ou on doit scorer), un mode horde, des match à morts, chacun pour soi, 1v1…bref, on retrouve tous les modes en ligne habituels, sans grande originalité, mais le plaisir est présent, surtout qu’on a plus l’habitude de se mettre sur la tronche de la sorte dans un marché noyé par les jeux de guerre.
C’est cette direction qui donne tout son intérêt au jeu, PG à taper juste : on se tue les doigts sur la manette, on «combote» et même si on atteint pas le niveau technique d’un jeu de baston, le délire est le même, c‘est rythmé, un peu bourrin, grisant…subsistent quelques frustrations car on ne sait pas vraiment quel coup a la priorité, la «chop» est sur certains persos bien trop abusives, les combats peuvent être chaotiques, peu lisibles et le jeu n’est pas exempt de petits bugs mais qu’importe : on a tout pour prendre son pied à plusieurs!
Je me suis vraiment exciter sur ma manette comme rarement cette génération en ligne, et ça fait du bien! On peut aussi débloquer les personnages via le levelling avec l’xp récupéré selon notre score.
Les arènes aux tailles différentes sont relativement variées, animées parfois par des évènements tels que le passage d’un train ou un bombardement, c’est déjà ça!
In fine, faire un kill est vraiment jouissif, se faire tabasser vraiment gonflant, les sensations sont bien réelles. Les gars de chez PG ont assuré à ce niveau et les parties sont stables, même si sur Xbox live, trouver du monde est beaucoup plus ardu que sur la console de Sony, jeu japonais oblige (qui est sorti il y a 6 mois là-bas).

Cela dit, on arrive a ce qui est pour moi le plus gros point noir du jeu : l’absence de splitscreen, hérésie! Platinum Games fait un jeu qui nous ramène à nos plus jeunes années, mais oublie l’élément principal de l’époque : on était tous assis ensemble, sur le canapé! On se foutait sur la gueule en vrai, plein de mauvaise foi, on poussait son pote, son cousin, son père, sa nana (en évitant d’y aller trop fort), quelle tristesse de ne pas retrouver ces sensations…

Conclusion : 6/10

Ah, qu’il est compliqué de noter cet Anarchy Reigns…le plaisir dépend tellement du degrés d’implication dans l’apprentissage des personnages et du temps passé en ligne ! Mais il faut dire qu’à part ca il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent : un solo totalement raté, un jeu techniquement passable et j’ajouterai qu’on ne sait combien de temps les serveurs seront ouverts, vu que le jeu a quand même fait un four international (et qu’il est publié par Sega)…au final je le conseillerai aux fans de Platinum Games mais aussi à ceux qui sont nostalgiques de ce genre de jeu avec une emphase sur le multijoueur, pleins de duels acharnés et de rires sadiques.
Moi-même je ne sais pas combien de temps je tâterai le online, mais pour l’instant, alors que je ne suis pas un gros fan de PG, je m’amuse bien tout en reconnaissant les défauts du jeu. Dommage que le trip n’est pas complet car le studio n’a pas joué la carte de la nostalgique et de l'old school jusqu’au bout, l’absence d’un mode splitscreen est une déception pire que celle de la campagne.

 

 

 

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