Mario Kart DS sur DS, le test de CaliKen

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CaliKen
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CaliKen DS

L'alchimie parfaite

Il y a quelque chose qui me refroidit rapidement, et pas que dans le jeu vidéo d'ailleurs (cinéma, littérature, gastronomie), c'est lorsque l'oeuvre se situe à mi-chemin entre deux univers, entre deux styles. Attention, je ne suis pas du tout contre le mélange des genres, bien au contraire, certains s'en sortent haut la main. Ce qui m'énerve, par contre, c'est quand on nous présente quelque chose qui nage entre deux eaux, et qui finalement prend tous les défauts des genres qu'il copie.

Pourquoi je vous parle de ça ? Tout simplement parce que Mario Kart DS est le contre-exemple type. Il marie à merveille plusieurs genres, ne surprendra pas les vieux routards fan de Mario Kart, s'ouvre parfaitement au nouveaux joueurs et aux débutants. Il offre de nouveaux circuits très bien foutus, mais permet également de jouer à pas mal d'anciens tout aussi bien choisis. Il est facile à prendre en main, et pourtant, et contrairement à beaucoup de Mario Kart, il peut devenir très hardcore si on se donne la peine de gratter un peu.

Un jeu qui m'a sauvé

Comme tu le sais, mes tests sont volontairement subjectifs. C'est ainsi, c'est comme ça. Chut. Il est vrai que beaucoup de jeux sont influencés par des éléments extérieurs. Mario Kart DS en fait partie. J'y ai joué au bon moment, au bon endroit, et il m'a sauvé la vie. Ou du moins, une bonne partie de ma soirée.

J'étais dans le train pour partir vers des régions inhospitalières, dans l'Est de la France. Pour des raisons économiques, ma chère et tendre et moi-même avions pris le pire des trains possibles : un train de nuit. Attention, je parle pas des trains couchettes dans lequels tu peux dormir et passer une bonne nuit, non, non... Je parle des trains de nuits. Tu passes ta nuit assis, dans un wagon mal éclairé, pour un trajet rallongé de trois heures. Bref, unvoyage improbable de 7 heures où le sommeil ne venait pas. Il me fallait m'occuper. Et là, Mario Kart DS, encore sous blister, vint me sauver.

Premier coup d'oeil

Découverte, prise en main, premiers sourires : c'est du Mario Kart à l'ancienne. Maniabilité nerveuse, loin du gameplay un peu "rond" des versions GameCube et Wii. Ici, tout répond au doigt et à l'oeil, notamment grâce à la présence de la croix multidirectionnelle. Pas de maniabilité bizarre avec l'écran tactile. Ici, on joue comme des hommes, t'entends jeune gaillard ? D'ailleurs, les fonctionnalités extrapower de la DS ne sont pas vraiment mises à contribution. Et c'est pas plus mal, diront certains. Hormis appuyer sur l'écran du bas pour passer d'un mode carte à un autre, ou bien dessiner un petit écusson personnalisé qui pourra être vue par les autres joueurs en mode multi... ou encore souffler sur sa DS pour gonfler son ballon en mode "BALLON". Le reste se joue à la sueur du pousse. Un bouton pour accélérer, un pour freiner (tu t'en serviras trois fois au cours de ta vie), un pour balancer les objets, et un autre pour déraper... et plus si affinité (nous y reviendrons plus tard).

Le reste n'est que poésie : quatre championnats de quatre courses, toutes vraiment bien réalisées et intéressantes à jouer, avec des raccourcis, des décors bien rigolos, et plutôt bien foutus pour de la DS. Et puis ensuite, on débloque quatre autre championnats rétro, avec quatre courses chacuns eux aussi, empruntant les meilleurs circuits des versions Super Nintendo, Game Boy Advance, Nintendo 64 et Game Cube. De quoi s'amuser longtemps, par exemple, dans un train de nuit, surtout qu'une fois qu'on a tout terminé en 50CC, il faut refaire en 100, puis en 150 (ça devient plus rapide bien entendu, et les ordis sont plus forts) et puis, enfin, le sacro saint mode miroir, histoire de tout refaire pareil, mais pas pareil (différent, mais un peu pareil. Bref, tu m'as compris). Ensuite, si tu es vraiment un acharné, tu peux essayer de finir les courses le plus rapidement possible, et de décrocher les trois étoiles à chaque championnat, dans chaque catégorie. Ceux qui débloquent les trois étoiles partout verront trois étoiles bien classieuses apparaître lors des parties multi-joueurs et pourront pérorer fièrement devant leurs autres copains.

Outre ce mode classique et classieux, il y a une sorte de mode défi, avec des petites missions bien particulières, avec un personnage préselectionné, de quoi se faire la main sur certaines techniques, et augmenter la durée de vie, avec plaisir et volupté. Là aussi, plusieurs niveaux à terminer pour chaque mission.

Multi, mon amour

Pourtant, malgré ce plaisir immense, j'étais loin de me douter que l'orgasme véritable n'arriverait que plus tard. Nous n'étions alors qu'aux préliminaires (et quels préliminaires ma chère Denise). C'est en intégrant les bancs de la fameuse DS in Paris que j'ai découvert le potentiel du jeu. S'affronter à 8 tout en jurant, s'envoyant des carapaces... tout un mode de douceur qui s'offre aux joueurs émerveillés. De plus, ici, pas d'écran splitté sur une télé plus ou moins grande, chacun sa console, chacun son univers, casque sur les oreilles ou pas. On apprend les subtilités des parcours, on se la pète avec ses trois étoiles ou pas, on regarde les écussons des autres joueurs qui ont dessiné des kékettes sur leur profil, on commence à regarder ses stats, on apprend à garder les carapaces ou les bananes dans son dos pour se protéger des attaques de derrière et puis, soudain, on tombe sur deux-trois joueurs qui vous apprennent la vie. Ils dérapent comme toi, mais utilise le turbo du démarage de façon outrancière. Ils ne prennent pas n'importe quels karts et semblent bénéficier de vitesses surhumaines. Sur les lignes droites, ils ondulent tels des serpents, si bien qu'on les appelle, les snakers.

Le troisième effet Kiss-Kool

Après la découverte des plaisirs solo puis les joies du multi, j'ai découvert le hardcore gaming sur Mario Kart. Défoncer un jeu dans tous les sens, je l'avais fait quand j'étais beaucoup plus jeune et que les cartouches SNIN ne se bousculaient pas au portillon (petite musique triste). Maintenant, avec l'avalanche de softs dispos, le fait d'avoir un salaire et tout le trintrin, je me contente de les terminer (et encore...). Mais là, en découvrant le snaking, Mario Kart DS a pris une nouvelle dimension. Je pouvais choisir un kart qui me convenait, m'entraîner à aller de plus en plus vite dans les circuits, les apprendre par coeur, avoir un tracé prédéfini pour chaque courses, savoir où et quand snaker comme un fou et puis, un jour, comme ça, tu évites ta première carapace bleue. Une petite accélération au bon moment et, hop, tu entends l'explosion derrière toi. Les gens ont hurlé "BLEEEEEEEEUE" et toi tu ricanes, tu les observes quelques instants, et ensuite, ils t'appellent Monsieur. Car oui, à partir de ce moment, le côté casual de Mario Kart disparait. L'époque où le premier ne le restait pas longtemps à cause des bonus abusés des derniers est révolu. Car le pouvoir est en toi. Si tu es un bon joueur, que tu gères ta course, tu as la possibilité de finir premier. On est bien sûr pas à l'abri d'un éclair, d'une carapace bleue qui arrive au mauvais moment, mais on se sent moins impuissant.

Alors, c'est l'escalade. On compte le nombre de victoire sur ses amis, on calcule ses stats, on cherche à aller encore plus vite sur les circuits et battre ses propres records, ceux de ses potes, s'approcher des records français, mondiaux... Et puis on y revient, toujours, car le temps a passé, et c'est devenu un grand classique.

Je regarde le compteur de mes victoires, bloqué à 9999. Je verse une petite larme. Ce jeu est formidouble.

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