Shadows of the Damned sur PlayStation 3, le test de Yohann26

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Yohann26
8
Yohann26 PS3

Le jeu jap est pas tout à fait mort

 

Shadows of The Damned raconte l'histoire incroyable de Garcia Hotspur, un hard rockeur latino, couvert de tatouages et chasseur de démon à ses heures perdues (un habile mélange dAntonio Banderas avec Dante de Devil May Cry). Il va voir sous ses yeux sa petite copine (très sexy bien sûr) se faire enlever par un démon, et conduire vers les enfers. Il va bien évidemment décider de partir immédiatement à sa recherche, dans une quête animée par l'amour qui a quelque chose de très classique sur le fond. Une quête influencée par l'Enfer de Dante, entre autres, mais qui sur la forme est totalement déjantée et très personnelle.

 

Je ne vais pas revenir sur le CV très riche des créateurs du jeu, mais sachez que ce petit trio « made in Japan » a tenu ses promesses de créativité non bridées. Pendant qu'on parle des personnages principaux, il est déjà important de rappeler que l'ami Garcia va être accompagné dans son périple par Johnson, une énigmatique tête de mort en or, ancien démon qui connaît plutôt bien les lieux, devenu par la suite le fidèle compagnon de route de notre chasseur de démon. Il contribue grandement à l'humour du jeu, avec son accent aristocrate British, son rôle de faire-valoir lui va comme un gant. Une encyclopédie des lieux qui va commenter vos rencontres et découvertes tantôt avec naïveté, peur ou encore cynisme. Il compense le côté rebelle, rentre dans le tas et très sûr de lui de Garcia pour former un duo de choc.

 

Loin de la vision trop sérieuse et religieuse des enfers qu'on nous sert la plupart du temps, Shadows Of The Damned propose une approche totalement rafraîchissante des lieux. Votre séjour commence dans une ville/ enfer avec un air londonien, la nuit avec le brouillard, ses ruelles sombres et mal famées, une architecture très 19ème siècle avec une influence gothique, des pubs ou les démons peuvent venir boire un coup. Vous visiterez ensuite d'autres lieux divers et variés, tout ceci respire le kitsch bien inspiré, avec un soupçon de Tarantino et de séries Z assumées et inspirées. Les environnements du jeu sont assez peu ouverts, mais par moment on profitera de quelques arrières plans ouverts très réussi, le sentiment d'être confiné dans un décor inquiétant est généralement ressenti de manière positive, et contribue à l'immersion.

 

Le bestiaire colle lui aussi tout à fait à l'esprit du jeu, à la limite entre l'effrayant et le grotesque, le côté théâtral des rencontres avec vos ennemis donne parfois l'impression d'être au cirque des horreurs ou sur un train fantôme.

 

La musique, signée par le compositeur de Silent Hill colle parfaitement aux influences du jeu, du rock'n'roll gras et sale, avec des airs plus latinos ou horrifiques, un régal.

 

Le gameplay, basé sur celui de Resident Evil 4, a été grandement assoupli pour se rapprocher de ce que peut proposer un titre comme Dead Space 2. Typiquement japonais dans l'esprit, la moitié du jeu sera composée de combats contre des mini ou des maxi boss, avec une variété intéressante. Malheureusement, la moitié d'entre eux ne s'avéreront pas être des challenges (je vous conseille de jouer en difficile directement). La seconde moitié du titre reste fidèle aux classiques du genre action/shooter. Nettoyer une zone de tous les monstres, passer à la suivante, effectuer une mini énigme, retourner shooter du démon. Là où ça devient plus original, c'est que le jeu propose un système de « ténèbres », un peu dans l'esprit d' Alan Wake, qui va influencer votre façon de jouer. Dans la pénombre, nos ennemis sont invisibles, et après quelques secondes, votre santé diminue graduellement. Vous devez donc soit trouver rapidement un moyen d'éclairer la zone, ou alors la traverser au plus vite s'il y a une sortie. Ces séquences ont tendances à dynamiser un gameplay déjà très nerveux, d'autant plus que la lumière peut s'éteindre par surprise à tout moment, si un démon décide d'essayer de vous piéger.

 

Le jeu ne réinvente donc rien, il n'est pas non plus une claque technique, mais il a le mérite de proposer une expérience unique, sans aucun tabou, et de laisser parler (et aussi une chance sur la scène internationale l’imagination débordante et le talent d'un studio japonais.

 

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