Mortal Kombat sur PlayStation 3, le test de Ink

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Ink
8
Ink PS3

Mortal Kombat

Mortal Kombat, c’est un des premiers jeux qui m’a fait perdre mes petites pièces dûment réclamés à papa et maman sur Arcade, il y a fort, fort longtemps. Outre le fait que je jouais à un jeu très violent quand j’étais pas en âge de savoir qu’il y a du sang dans le corps (mais oh, PEGI n’existait pas !), une seule chose me venait, et me vient toujours, en tête quand je pense à ces moments, c’est l’incroyable rebutante difficulté du jeu. Je m’étais acharné comme un sale geek, à m’en faire pleurer les yeux, juste pour sortir une fameuse Fatality (qui n’est en plus jamais sortie), jusqu’à abandonner. Ou à me soumettre au refus de mes parents de me prêter de l’argent. Grr, radins.

 

Mortal Kombat a connu plusieurs épisodes, de moins en moins glorieux. Mortal Kombat a oublié une chose essentielle dans les sagas : évoluer. Moi, à côté, j’ai grandi. J’ai commencé mes études en game-design même, revu mes goûts et mes attentes dans un jeu. Et aujourd’hui, Mortal Kombat revient sur consoles actuelles. Alors, mortel, ou chiant comme la mort ?

 

Plein la face, plein le Blu-Ray !

 

Commençons par les banalités. Le jeu est plutôt bien, sans pour autant être un référence. C'est surtout la patte Mortal Kombat qui fait mouche : personnages charismatiques et caricaturaux à souhait, décors glauques et effets spéciaux propres : nos yeux sont contents. Mention spéciale pour les X-Ray : des coups tout puissants qui font très, très mal, et qui tueraient n'importe quel individu, où l'on peut admirer les os de l'ennemi se briser en centaines de morceaux. Miam miam !

Très vite, je me suis rendu compte de quelque chose de très, très plaisant dans Mortal Kombat : son contenu. La vache, pour un jeu de combats (qui, d’habitude, se contente sur le multi), le contenu déblocable, pour la majeure partie des goodies, est juste ouf’ : artworks, sketchs, pour le plaisir des yeux, costumes et Fatalities, pour les personnages du jeu, dont certains doivent aussi être débloqués, nombreux modes de jeu, du célèbre « Ladder » où votre Kombattant devra botter le cul de 10 adversaires, au multi qui apporte un Tag mode très sympa, en passant par le mode Histoire dont nous parlerons juste après. Le plus étrange, c’est que tout, ou quasiment tout, se débloque en solo, grâce à des « koins » (oui, chez MK, on aime bien foutre des K partout, c’est pour le style), monnaie d’échange gagnée lors des combats.

 

Oh Dieux Anciens, racontez-moi une histoire !

 

Un multi mis à l’écart ? J’ai commencé à le penser, mais pas avec déplaisir. En effet, le mode Histoire de Mortal Kombat est simplement excellent ! On passe d’un personnage à un autre, en passant par plusieurs combats et cinématiques sympa, et le scénario, délicieusement kitsch, rappelle avec nostalgie les films (d’excellents nanars que je vous conseille de voir entre amis, dans des états plus que second !). Excellent car il s’assume à fond, les personnages se mettent sur la tronche, parce que c’est Mortal Kombat, ou parce que Sonya met un râteau à Johnny Cage ! Génial, sauf que…

 

Accessibilité – Difficulté – Frustration


Ne tournons pas autour du pot. Mortal Kombat est simplement dé-gueu-lasse au niveau de l’équilibrage. Et dégueulasse est un bien faible mot ! Mais faisons une petite a parte, histoire d’approcher et expliquer le plus gros défaut de ce titre.

 On a pu lire, moi compris, à droite à gauche, que ce MK nouveau était très accessible, bien plus qu’un Street Fighter par exemple. Certes : les combos sont plus simples et plus permissifs sur le timing, donc on peut dire qu’il est plus accessible.

La difficulté d’un jeu, ça représente le challenge proposé au joueur pour passer une épreuve. Les premiers Mortal Kombat sont difficiles : la difficulté du jeu est croissante, les combos sont inconnus au joueur, il doit véritablement recommencer plusieurs fois les parties pour réussir à sortir ses coups et battre ses ennemis (j’vous dis ça, de tête des versions arcades hein). Perso, j’aime les jeux difficiles, j’en ai mangé plusieurs, et n’ai rien contre l’envie d’m’en resservir !

Et, là où la confusion se fait rapidement, tant en ressenti qu’en orientation de game-design, c’est cette fameuse « Frustration ». On peut imaginer qu’un jeu trop dur frustre. C’est vrai, et dans ce cas le jeu doit alors s’assurer de montrer au joueur comment améliorer sa performance. Mortal Kombat, c’est tout l’inverse. Le jeu est frustrant, car les personnages sont complètement déséquilibrés. Pour faire simple, d’un round à un autre, la difficulté peut totalement varier : un coup le personnage ne répondra à aucun coup, et se laissera gentiment se faire démonter, et un coup il vous enchaînera votre race en vous sortant les meilleurs combos à 18 boutons trois fois de suite. Le genre de truc qui, perso, me laisse la manette à la main, avec l’envie de faire un Rage quit des familles. Mais, ce n’est pas le pire.

Le pire de cet équilibrage inexistant, est un Boss. On pourrait lui pardonner, car un Boss doit être dur à vaincre, normal quoi. Mais là non, car il est tout simplement immonde. Il s’agit de Shao Khan. C’est simple, avec ce boss, oubliez ce que vous avez appris dans les précédents combats en terme de contre, d’approche, etc.  Lui, c’est un jeu de plate-forme. Vous devez éviter les lances qu’il vous envoie, tenir une distance suffisante pour éviter son marteau, oublier le càc car il ne peut pas être contré ni stun, et lui décocher un coup à distance pour la sécurité ou un uppercut audacieux seulement quand il taunt, seul moment de faiblesse. Avec un coup spécial qui enlève 52% de votre vie, cette ereur est juste immonde. Le mec qui a eu cette idée aurait mieux fait de servir le café aux développeurs. Car ces différents problèmes de frustration sont très, très récurrents, et gâchent totalement le plaisir de jeu. D’autant plus dommage que le jeu offrait tout pour contenter les joueurs solos ! Déception !

 

Alors il faut des amis !

 

Finalement, et heureusement, c’est en multi qu’on s’amuse le plus. On s’affronte entre potes dans des combats véritablement sanglants à l’excès, et on jubile littéralement à sortir des Fatalities qui tranchent dans tous les sens les Kombattants. En duel, en tag à 2 ou 4 joueurs, il y a vraiment de quoi passer de longues heures en incarnant la grosse trentaine de persos. C’est finalement là où il y a le moins à dire que l’on trouve le plus gros fun du jeu.

 

En Konclusion

 

Mortal Kombat est revenu, et il est pas content. Mais nous si, même s’il est difficile de le comparer d’égal à égal avec des piliers qui s’appellent, par exemple, Street Fighter. Sauf que moi, Street Fighter, j’aime pas. Et aucun jeu de combat ne m’avait autant plu depuis… Tekken 3. Pouvr vous dire !

La série a envie de reprendre sa place, et c’est évident qu’elle n’hésitera pas à fataliser ses concurrentes avec classe pour y arriver. Ce ne sera possible cependant qu’avec un gros travail d’équilibrage, indispensable dans un jeu d combat, et se devant d’être d’une précision ultime. Tant que ce ne sera pas le cas, MK restera dans l’ombre, et finira par n’avoir comme seul argument son gore jubilatoire.

Notons, pour finir, que la version PS3 profite d'une exclu avec un Kombattant qui a totalement sa place dans cet univers : Kratos, le Dieu de la Guerre ! Personnage dégueu à jouer, il fait quand même plaisir, et donnera du moulin à gratter (hein ?) pour les 360 haterz. Moi j'trouve ça un peu déçu pour ceux qui n'ont qu'une XBox 360, mais bon, les lois cruelles du marketing...

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