Killzone 3 sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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8
BlackLabel PS3

La Guerre Chaude !

Je voulais mettre 3,5 comme note, mais on ne peut pas. Gameblog l'a compris, une étoile, ça ne se coupe pas en deux sinon ça explose. Me voilà donc face à un choix cornélien ; mettre ou ne pas mettre, telle est la question. Au final, je lui mets 4 pour le mode multijoueurs auquel on peut jouer seul et hors ligne, ce qui n'est pas courant sur cette gen.

Ça raconte quoi ?

C'est la guerre ! D'un côté les gentils soldats humains, héros poilus à grosses couilles qui ne nous épargnent aucun cliché du genre. Rebelles contre la hiérarchie, vrais couillus toujours prêts à sauver leur pote dans une mission suicide d'où ils se sortent in extremis (ou par la porte arrière), Rico et l'autre dont j'ai oublié le nom sont des personnages sans grand charisme, plutôt agaçants, mais crédibles. C'est du Die Hard futuriste de jeu vidéo, le danger et l'urgence sont à tous les carrefours. Bref, ça ne vole pas haut mais ça fonctionne particulièrement bien grâce à un doublage FR vraiment réussi, une modélisation très poussée avec des expressions faciales parlantes, et des cheveux ! Incroyable ! Les héros ont des cheveux sur cette gen ! Allez Louia !

En plus, chose rare dans le jeu vidéo, on aura aussi droit au point de vue du camp adverse. Ainsi nous serons au coeur du haut-commandement Helghast, et c'est un réjouissant festival de sales gueules ! Pour faire simple, ce sont des gars avec des physiques de russes, habillés comme des nazis, avec en plus le teint pâle et maladif. On les voit, on sait qu'ils sont méchants. Le nouveau dictateur c'est Staline avec une balafre, autour de la table y'a un Karl Marx (sacrée barbe !), on verra aussi le temps d'une ou deux secondes un espèce d'Hitler bouffi et vieillissant, plus quelques autres tout aussi magnifiques. Là en gros y'a un petit maigrichon à cheveux blancs qui se dispute avec Staline pour savoir qui va mener la guerre. Tout un programme.

On a donc un scénario action et grand spectacle très série B plutôt bien senti. Alors on ne sera pas surpris une seule seconde, mais c'est vachement bien joué, les dialogues sont solides pour le genre, les bonhommes sont vraiment bien faits. Très plaisant à suivre. On n'essayera pas de nous faire ressentir des émotions, de nous faire vivre une expérience. Ce n'est ni profond, ni poétique, ni mature, et surtout, ça ne tente pas de l'être. Non, c'est juste violent et bas du front, sans prétention aucune. Le. Pied.

À noter tout de même que toute la narration passe par des cinématiques, et ça nuit au rythme du jeu. Pas mal de passages auraient pu être du in-game, mais j'y reviendrai.

C'est beau ?

Plus plaisant que Killzone 2. Le 2 était très monotone. Ici y'a des couleurs, les décors sont beaucoup plus vivants. Le soleil brille même sur les ruines, et Killzone 3 l'a compris, contrairement à pas mal de jeux monochromes de cette gen. On aura droit parfois à des arrières-plans de folie, notamment vers la fin avec des gunfights sur fond de bataille spatiale.

La direction artistique ne fait pas dans la dentelle. C'est limite simpliste, et super efficace. Sur Helghan, la planète des méchants, même la jungle a l'air méchante ! Au fond Killzone 3 reste fidèle au 2 en faisant le contraire. Le 2 était monotone, ici les couleurs sont saturées, ce qui paradoxalement reste je trouve dans le ton brutal de la licence.

Les animations des ennemis, la façon dont ils meurent, les grosses gerbes de sang sombre quand on leur tire dessus, tout cela reste très réjouissant pour le poète en nous qui ne demande qu'à régresser avec la bave aux lèvres.

On s'amuse ?

C'est là où personnellement j'ai des reproches à faire. Le jeu ne souffre d'aucun gros défaut, par contre il en a plein de petits qui ternissent le plaisir, sans le gâcher cependant. Des cinématiques incessantes qui donnent l'impression que l'aventure est découpée en petites phases, alors que de la narration in-game aurait à plusieurs reprises permis des liens plus naturels et un bien meilleur rythme de jeu.

Trop de passages en véhicules, forcément des passages simplistes pour qu'on puisse adopter la maniabilité immédiatement. Certains sont sympas, notamment un robot façon Aliens ou encore le jetpack, d'autres trop lourdement scriptées pour qu'on y prenne vraiment plaisir. Par exemple à un moment on se retrouve sur une plateforme aérienne, nous on doit mitrailler les vilains plus bas. Il y a quelques années avec un passage de ce genre, le jeu attendait que tous les ennemis soient morts, puis on passait à la zone suivante. Ici la plateforme se déplace en continu, des fois on a le temps de mitrailler, d'autres fois même pas le temps de viser on est déjà ailleurs. De plus ces passages un peu trop fréquents nuisent également au rythme du jeu.

Pour finir sur les défauts, le début du jeu c'est du couloir très étriqué. Par la suite on aura droit à des arènes, ou tout simplement des gros couloirs. Mais le début, c'est très frontal, et pas toujours justifié par les décors. Dans un champ de bataille, suivre une tranchée, ok. Une jungle qui se résume à un couloir, c'est tout de suite moins crédible, ça fait très artificiel même avec des graphismes réussis.

Le reste c'est du bonheur. Le système de couverture par exemple ; dans le 2 il fallait maintenir la touche enfoncée, c'était très inconfortable. Corrigé, et d'ailleurs on pourra se passer régulièrement du système de couverture pour tout simplement attendre derrière un abri, ce qui rend le jeu plus dynamique. La visée était trop lourde, genre toutes les armes avaient l'air de peser trente kilos pour faire réaliste (tu parles d'un réalisme !). Corrigé. Je n'ai pas eu l'impression que Killzone 3 s'était CoD-isé, mais plutôt qu'il avait assoupli la formule du 2, un peu trop brute de mon avis. Le virage très action avec parfois des boss gigantesques m'a plu dans la mesure où l'on joue le fantassin, et m'a déplu lors des phases de rail-shooting.

Le mode monomultijoueurs

Pour les sans ami, les sans Internet, les misanthropes, ou encore les types qui détestent arriver au niveau 1 sur un jeu et se faire défoncer par des gars qui y passent toute leur vie, il y a le... BOTZONE ! Le botzone (ça sonne un peu ridicule) c'est le multijoueurs hors ligne, avec alliés et ennemis gérés par l'IA (donc des bots). On a le deatchmatch, un mode avec objectifs qui changent régulièrement, et un mode légèrement scénarisé où on doit remplir des objectifs, tandis que l'ennemi doit nous empêcher de le faire.

Personnellement je déteste jouer compétitif en ligne car là où dans les jeux de tir, on est censé être prudent, en ligne on joue comme des kamikazes frénétiques. Vu qu'on respawne, on s'en fout de mourir donc on court partout. Donc en hors ligne le gros avantage pour moi c'est que l'IA joue de manière censée. Mais surtout ça permet d'avoir un jeu offrant une expérience complète sans connexion Internet, ce qui est sacrément rare malgré l'avalanche d'opus proposant un mode multijoueurs. C'est donc le... botzone ! qui m'a fait pencher vers le 4 étoiles plutôt que le 3.

Killzone 3, c'est du jeu bas du front, mais du bas du front très bien fait, solide dans son genre, et sans défaut majeur. On regrettera une campagne solo inégale, avec un rythme saccadée, mais elle offre son lot de gros gunfights avec une maniabilité assouplie. Le scénario ne vole pas haut, mais l'interprétation est bonne et le défilé de sales gueules côté Helghast vaut le détour. Le multijoueurs n'invente rien, mais est disponible même hors ligne. Si les coco-mmunistes et les nazis étaient les grandes menaces du XXième siècle, contre des nazis extraterrestres au physique de ruskofs, il n'y a qu'une seule solution possible ; la guerre chaude !

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