Metal Gear Rising : Revengeance sur PlayStation 3, le test de Kaminos

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Kaminos
8
Kaminos PS3

Dépucelage en règle de Metal Gear

Une semaine après sa sortie japonaise, j’écoute le point d’orgue de Metal Gear Rising Revengeance.

J’aime Metal Gear. J’aime, dans le sens, j’aime bien. Ce n’est pas une de mes séries cultes, est loin de l’être, et j’avoue ne pas comprendre qu’on crie systématiquement au génie à chaque nouvelle sortie de Mr Kojima. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit hein. Ce sont de bons jeux, indéniablement. Mais pas mythiques selon moi, voilà tout.

A l’inverse, je me reconnais énormément dans les jeux de Platinum Games : que ce soit Infinite Space, Madworld, Bayonetta ou Vanquish (Anarchy Reigns ? De quoi me parlez-vous ?), j’adore le gameplay bien pensé et fignolé dans les moindres recoins, du WTF parfaitement mis-en-scène, du second degré plus qu’assumé, véritablement revendiqué comme fondation de game design.

 

Bref, Metal Gear Rising, c’était pour moi l’occasion d’apprécier pour de vrai un épisode, même s’il s’éloigne forcément des canons de la série. Et ma foi, si le constat n’est pas rose bonbon de bout en bout, je suis halluciné par le pipeline de production de Platinum Games. Comment, un moins d’un an, des types ont pu transformer un cuisant four (haha) en BTA d’une telle qualité ? Après on vient me dire que les Japonais n’ont pas su s’adapter à cette génération … Eh bah putain, qu’est-ce que ce serait s’ils y étaient habitués !!

 

Raiden, c’est le héros malaimé de MGS2. C’est le mec qui sert un peu à rien dans MGS4. En gros, jusqu’à aujourd’hui, c’était un peu le type que personne n’aimait. Mais là, il est en mode badass robocop, avec de l’électricité qui sort de son katana et un chien cyborg de compagnie. Dans le genre over the top, même Bayonetta, elle peut aller se rhabiller avec ses cheveux.

Et donc, il fait équipe avec une équipe de bons samaritains pour aller sauver de pauvres petits enfants, prisonniers d’une multi nationale ultra capitaliste, associée à une troupe de cyborg touts rouges, touts méchants, pour aller détruire le monde, gagner du fric et bien plus encore. Ouais, c’est de la super série Z. Comme je les aime.

 

Le scénario est assez simple et a le mérite de ne pas perdre le joueur, contrairement aux Metal Gear classiques. Et s’il est finalement assez niais, il n’hésite pas à instant à se moquer de lui-même, de ses personnages, afin de nous faire comprendre que « nous les gars, les scénarios, on s’en fout. On vous pond du gameplay. » Et MGR, c’est du gameplay à l’état pur. Message reçu.

 

Plus proche d’un Ninja Gaiden que d’un Bayonetta, le gameplay de MGR est assez classique, à deux exceptions près, et pas des moindres : au premier abord, pas de garde, et pas d’esquive. Oui, oui, dans un BTA, ni blocage ni esquive.

Enfin disons, pas comme on l’entend d’habitude : le blocage s’effectue à l’aide de la touche attaque + la direction dont provient l’attaque, à l’instant où vous voyez un éclair rouge à l’écran. Et si le timing est parfait, vous effectuerez, à la manière d’un Street Fighter 3, un parry (défense / counter). Oui, oui, une mécanique de jeu de baston hardcore dans un beat’em all. Ces gens sont fous. L’esquive quant s’obtient au cours du jeu, et s’effectue en effectuant une attaque vers l’arrière. Quand on n’y attend pas, ça fait un choc.

Ajoutez à cela le mode « blade », un ralenti permettant de découper ses ennemis dans tous les sens, et même de leur choper les entrailles pour se remonter la vie, et vous obtiendrez un BTA à l’originalité à la limite du déroutant.

La plus grosse erreur qu’on pourrait faire avec Metal Gear Rising (je l’ai faite, bien entendu), c’est de le considérer comme un Bayonetta-like. Il est à l’exact opposé. On n’attaque pas dans MGR : on apprend le pattern ennemi, attend calmement et riposte au moment opportun.

 

Cela n’empêche pas la mise en scène d’être elle très proche de Bayonetta, même si elle n’en atteint pas non plus ses sommets. L’intro commence sur les chapeaux de roues, et, à la manière d’un God Of War 3, retombe rapidement, et n’arrive que vers la fin à de nouveau atteindre un tel sommet de WTF. Qui plus est, après chaque grosse scène, Raiden passe de longue minutes sur son codec pour parler avec l’équipe du Maverick, l’aidant dans sa quête : mais comme un Gears of War ou Batman Arkham Asylum, Raiden se retrouve obligé de passer à la marche et ère dans le niveau sans pouvoir réellement avancer avant la fin de l’appel. L’occasion parfaite pour briser complètement le rythme, casser le suspension of disbelief énorme dans lequel le joueur était fier de foncer tête baissée, et présente aussi une belle occasion de venir faire l’imbécile avec le moteur du jeu, et remarquer qu’il n’est pas exempt de bugs. Incompréhension totale.

 

Mais si le jeu a un petit lot de bugs, notamment au niveau des objets qu’on peut découper dans tous les sens, cela ne l’empêche pas de mettre une belle claque au joueur, par instants. Coloré, aux environnements variés, MGR varie énormément les ambiances, passant sans aucun problème d’un immeuble en feu à un désert parcouru en Harley Davidson. Les séquences sont souvent entrecoupées de cinématiques somptueuses, et encore plus en 1080p sur PlayStation 3.

 

La bande-son est d’une qualité incroyable, et il s’agit là d’une claque à laquelle je ne m’attendais pas. Heavy Metal / Techno Transe cheloue / Dubstep aux amphétamines : difficile de mieux résumer l’OST, qui s’accorde parfaitement à l’ambiance du titre.

Ayant fait la version japonaise du titre, je n’ai pas eu accès aux doublages originaux (Anglais). Ceux en Japonais sont excellents, mais la synchronisation labiale est à mettre aux côtés d’Anarchy Reigns. C’est à dire pas très loin des toilettes.

 

Metal Gear Rising est indéniablement un très bon jeu, bien fignolé, conçu en un temps record, parfaitement calibré aussi bien pour les amateurs de jeux d’une manière générale que les fans de BTA hardcore, qui s’arracheront les cheveux de plaisir à découvrir tous les détails du gameplay. Il n’est pas court. A la manière d’un Vanquish, son intérêt sur la durée se cherche dans le challenge, et non dans le « ohlala, je l’ai fini en 6 heures en facile ! ». Les personnes souhaitant un tel BTA feraient mieux de se tourner avec un God Of War, qui le fait bien mieux que MGR. Mais ceux qui recherchent un jeu qui ne se prend pas au sérieux mais ne prend jamais pour un con, au gameplay original, à l’ambiance WTF-ment badass … Raiden vous ouvre grands les bras.

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