Army of Two : Le 40e Jour sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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BlackLabel PS3

Beauf'n roll attitude

J'ai aimé Army of Two two... D'ailleurs j'ai même acheté le premier par la suite, ce qui fut une erreur, mais en même temps ça me permettra de faire des parallèles. On m'avait pourtant prévenu pour Army of Two two (Upselo, si tu me lis...), mais un TPS, la famine... bref, j'ai fini par le prendre à petit prix. Pour être honnête, pour aimer ce jeu, il faut être fan de TPS, l'avoir acheté à petit prix, et être imperméable au scénario. Sinon, non.

The Expendables

On incarne au choix Rios ou Salem. Ces personnages sont tellement marquants et charismatiques que j'ai dû vérifier avant de faire le test (quel professionnalisme !) lequel était Rios et lequel était Salem...

Salem, c'est le petit. C'est plus ou moins le Jean-Claude Vandamme des années 90, le beau gosse arrogant et cool, qui n'oublie jamais d'être ringard. Il est musclé mais pas trop, il a des tatouages trop classes, et une nuque longue. La honte, quoi. Rios, c'est le gros chauve de deux mètres, avec une grosse cicatrice sur la joue et une voix grave qui laisse entendre que ses couilles pèsent deux kilos chacune.

Durant tout le jeu, ils vont s'échanger des répliques nazes et jamais drôles dignes des séries B de Chuck Norris. Alors bon, on pourra toujours se dire qu'on ne joue pas à ce genre de jeu pour le scénario. D'un autre côté, si on avait assumé le côté ringard et beauf à la manière de Resident Evil 4, le jeu aurait pu être vraiment amusant. Là c'est juste navrant, et dans le meilleur des cas on fait abstraction des personnages. Sinon on souffre.

11 septembre 2012

Rien ne va plus à Shanghaï, la ville à la mode dans les jeux vidéo next-gen. Des terroristes y déclenchent une sorte de 11 septembre façon 2012. Faire tomber deux tours, ça c'est juste bon pour les tapettes comme Ben Laden. Dans AoT, c'est carrément tous les immeubles qui s'écroulent.

Pourquoi les terroristes s'attaquent-ils à Shanghaï ?... Alors là, je n'en sais rien du tout. La raison en est assez simple ; la moitié des dialogues, lors des cinématiques, sont inaudibles. Pour mieux les entendre, il faut monter le volume, mais alors ça devient assourdissant dès qu'il y a des coups de feu ou des explosions. Mais des fois monter le volume ne suffit pas ; il y a d'ailleurs une séquence où je croyais que AoT s'essayait à des effets de style, quand on entend de la musique et que les personnages parlent tout en restant muets. Mais non, le son avait foiré, c'est tout.

Parfois on entend les dialogues, et là on comprend que c'est mieux quand on ne les entend pas. Il y a un passage en particulier, très drôle malgré lui, avec un enfant doublé avec un accent chinois, le genre qui parle du nez comme dans les films des années 80.

Malgré tout, il y a un aspect réussi du scénario, le système des choix moraux. Alors ça n'a rien d'exceptionnel, mais ils sont plutôt bien implantés. Là où dans Infamous, ça se résumait à "Soit je fais une bonne action et je gagne des points bonus, soit je fais mon bad guy et je gagne des pouvoirs bonus", ici les choix sont plus subtils, car la frontière entre le mauvais et le bon choix n'est pas forcément évidente. En fait il n'y a pas de mauvais choix. Ce sont des choix pratiques, même si on en devine l'issue. Par exemple, alors qu'on escorte un enfant, on peut lui demander de rester à couvert (le bon choix), ou de se faufiler dans un endroit étroit pour récupérer un fusil à lunettes, ce qui est l'équivalent du mauvais choix, mais qui ne fait pas de nos personnages des salauds pour autant. C'est plutôt une mauvaise décision.

L'autre système de choix moral concerne les civils, et lui aussi est plutôt réussi. En gros, lors de certaines séquences, on croise des civils tenus en respect par des terroristes. Si on parvient à les sauver, on gagne des bonus, argent ou munitions. Si on échoue, ou plus simplement si on n'essaye pas, ben on ne récolte rien. En somme, on ne cherche jamais à nous faire croire que ce sont de véritables choix moraux impliquant l'émotivité à fleur de peau de banane du joueur, on nous présente des situations qui collent avec l'univers du jeu, et on nous encourage à faire le bon choix en nous récompensant.

L'univers graphique

Le jeu est plutôt joli, autant techniquement qu'artistiquement. On n'échappe pas à l'aliasing, mais dans l'ensemble c'est tout à fait correct.

Je dirai que le principal problème vient du fait que dans certains endroits, le jeu a manqué d'ambition. Par exemple le zoo. On croise un éléphant mort, puis par la suite, on va de rhinocéros morts en hippopotames morts qui ont la grande qualité de nous servir de couverture... Mais c'est tout. Pourtant un zoo, c'est d'après moi l'endroit rêvé pour faire preuve d'un peu d'exotisme, mais là le jeu se contente du minimum.

Par la suite, vers la moitié du jeu environ, on souffre du problème Killzone 2. D'abord parce que les décors, à cause des multiples destructions, tirent vers le gris. Donc tout finit par se ressembler. Ensuite, parce que les terroristes se protègent toujours derrière les même barrières. En somme, malgré les lieux, on retrouve toujours le même équipement militaire, le même type de véhicules, ce qui a tendance encore une fois à tout uniformiser.

Puis on traverse des lieux vus et revus. Hôpital, port... On nous épargne le passage obligé au casino (ou alors dans le DLC ?). Reste que dans l'ensemble, le jeu n'est pas repoussant du tout.

Pour comprendre la guerre, il faut devenir la guerre

J'ai joué tout seul, et même seul ça passe très bien. Malgré tout je pense que le jeu aurait beaucoup gagné à se jouer seul. Au lieu d'avoir un coéquipier pour faire diversion, on aurait pu tout simplement avoir la possibilité de nous dérober au regard de l'ennemi comme dans Uncharted 2 ou le dernier Splinter Cell.

Le jeu d'ailleurs se présente comme Uncharted 2 sur pas mal d'aspects. Beaucoup d'ennemis de base, parfois des gars en armure armés d'un fusil à pompe qui n'ont pas peur d'avancer, et parfois aussi des gars blindés avec sulfateuse ou lance-grenade, qu'il faudra contourner obligatoirement afin de détruire leurs sacs de munitions.

Contrairement au premier Army of Two, l'IA de notre coéquipier est bonne. Il réagit bien aux ordres (qui ont la vertu d'être simples et efficaces), et si on est suffisamment intelligent pour ne pas attendre de lui des prouesses, ça fonctionne très bien. Alors oui, l'IA n'est pas parfaite, et des fois, alors qu'il devait rester en position, on le retrouve plus loin... Mais d'un autre côté, je me dis aussi que lorsqu'on joue avec quelqu'un, ce n'est jamais parfait non plus.

J'ai lu dans les tests que notre coéquipier, lorsque nous sommes blessé, nous tire sous le feu ennemi. C'est à relativiser. Lorsqu'on tombe à découvert, le coéquipier fait ce qu'il peut, et de toute façon il me semble normal de ne pas s'en sortir. Lorsqu'on se trouve derrière un abri, tout dépend de l'abri. S'il s'agit d'un lieu vraiment sûr, il nous remet sur pieds. S'il s'agit d'un simple pan de mur, les ennemis en profitent pour le canarder, nous déloger à la grenade, et j'imagine donc que l'IA cherche à nous emmener plus loin par simple logique. Donc en somme, je pense qu'on reproche un peu trop à l'IA des choses qui arrivent également en coop humaine.

En somme le jeu consiste à attirer l'attention sur soi ou sur son coéquipier, afin de pouvoir contourner l'ennemi, ce qui est parfois obligatoire pour pouvoir l'atteindre, comme les gars planqués derrière des tourelles. Pour cela, on a un système d'ordre agressif ou passif.

Le système de couverture est un des meilleurs du genre. Pas besoin d'appuyer sur un bouton quelconque, le gars s'y met tout seul, et s'en détache aussi tout seul. On n'a donc pas le fâcheux problème du bouton qui sert à plusieurs chose à la fois et nous fait faire des actions suicidaires au pire moment, ou encore celui du gars collé à sa couverture car on a appuyé deux fois par panique et la grenade explose...

Le moins bien

Reste que le jeu a quelques défauts. D'abord je n'aime pas la vue, qui coupe les chevilles de nos personnages. Dans le premier on le voyait au complet, et c'est beaucoup plus agréable. Le déplacement des personnages est plutôt lourd, ce qui est assez réaliste, mais manque un peu de dynamisme. Dans le un, encore une fois, ils couraient plus vite. On peut courir à la manière de Gears of War, mais perso je n'ai pas trop aimé.

Le jeu aurait pu avoir des boss. Hélico, tank, ça aurait très bien fonctionné avec le gameplay à base de diversion, et leur absence se fait sentir. Puis le jeu est trop court d'au moins un gros chapitre. Ce n'est pas une question de durée de vie (ça m'a pris sept heures), mais de consistance. Quatre heures sur Stranglehold, c'est largement suffisant. Là, on reste sur notre faim, en ayant l'impression de n'être qu'au trois quarts du jeu.

Pour finir, en dehors du mode Campagne, j'ai essayé le mode Extraction, et c'est très nul. Cartes minuscules, graphismes revus à la baisse, on se fait attaquer de tous les côtés alors que le déplacement lourd des personnages n'est pas adapté.

 

Army of Two, le quarantième jour (de quoi ?), c'est du gros FPS qui tache, et qui tache un peu trop. On peut tuner ses gros flingues et les peindre couleur or (la classe...), on porte des masques genre Slipnot pour avoir l'air méchant, on suit une aventure virile qui nous fait limite honte quand notre copine regarde à quoi on joue... Bref, à part si vous aimez tuer tout le monde, vous pouvez facilement passer à côté. Reste que le gameplay, sans être exceptionnel, remplit son contrat, et que graphiquement, encore une fois sans faire d'étincelle, le jeu propose des décors tout à fait décents.

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