Dante's Inferno sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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BlackLabel PS3

Peut largement mieux faire !

Pas besoin de revenir longtemps sur l'idée que Dante's Inferno est le God of War du pauvre. 5 fois moins beau que l'épisode 3, même pas aussi spectaculaire que l'épisode 1. Voilà, c'est dit, pour la millième fois. Maintenant, en ce qui concerne le jeu en lui-même...

Dante's Inferno n'est pas beau. D'abord, techniquement, c'est pas terrible. Des monstres censées être dégueulasses ont l'air d'être en plastique fondu, les textures sont souvent cheap, et le rendu global, sans être catastrophique, est tout juste convaincant.

Sur la partie artistique, y'a du bon, y'a du bof, et y'a du vraiment pas terrible. Certains démons, d'aspects classiques, sont plutôt pas mal, tout comme le Roi Minos, premier boss du jeu, qui a vraiment de la gueule. Parfois EA se laisse aussi aller à des solutions de facilité, pas méchantes visuellement, comme les bébés à bras-poignards. Mais il arrive aussi, surtout concernant les mini-boss, qu'on se retrouve face à des "trucs" (comment les appeler autrement ?) qui ne ressemblent absolument à rien, avec des excroissances partout, sorte de Tyrant sorti tout droit de Resident Evil, mais en version ratée.

On doit aussi se trimballer un héros qui est tout sauf charismatique. Pour essayer de le rendre cool (et c'est raté !), dès le début il se coud une croix de tissu sur le torse... Son casque de Croisé ressemble à une couronne d'épines, petites piques métalliques sûrement là, encore une fois, pour tenter de le rendre cool...

Au niveau des décors, ça passe bien. En fait on n'y fait pas attention. C'est l'enfer, avec un peu de lave par-ci, un peu de feu par-là. C'est convaincant sans forcément être très recherché ni éblouissant.

Côté gameplay, si les combats sont plutôt pas mal, avec des petites nouveautés appréciables par rapport au modèle, ce qui concerne la plateforme est très répétitif. On descend des kilomètres de colonnes comme les pompiers, on se balance à des kilomètres de lianes, du début à la fin. Parfois, certaines énigmes plutôt pas mal viennent nous rappeller que Dante's Inferno, avec un peu d'efforts, aurait pu être un bon jeu.

La durée de vie ne va pas au-delà de 7 heures. C'est court, mais en fait c'est pas le vrai problème. Le jeu est décevant, car on a l'impression d'à peine effleurer chaque cercle. Certains cercles se bouclent en une vingtaine de minutes, d'autres n'ont même pas d'ennemis propres. Au départ, je croyais naïvement que chaque cercle de l'Enfer aurait ses propres ennemis, que le bestiaire se renouvellerait à chaque fois, au moins en reskinage. Ce n'est pas le cas. Si on croise des bébés dans les limbes, on les recroisera jusqu'au bout du jeu. Pour certains ennemis, c'est parfois complètement hors contexte.

Le problème réside aussi dans le fait que s'il est facile d'imaginer des monstres pour la gourmandise ou la luxure, d'autres cercles comme la fraude sont beaucoup moins évidents, et que l'imagination des devs n'a pas été poussée très loin. Les devs ont été trop ambitieux en voulant illustrer l'Enfer de Dante, ils auraient mieux de s'en inspirer de loin, sans y faire référence directement, afin de pouvoir développer plus en profondeur leurs niveaux, et surtout leur bestiaire, surtout le bestiaire, car pour peu que vous ayez suivi les vidéos du développement du jeu, aucune surprise ne vous attend.

L'histoire est nulle. Dante, un templier (c'est très à la mode les templiers dernièrement... ), rentre chez lui tranquillos et sa femme est morte. Pas de bol. Il va donc la chercher en Enfer (normal, quoi), et là il se rend compte qu'il a commis tous les péchés possibles et imaginables, donc il doit buter des démons à la fois pour sauver sa princesse et pour le salut de son âme. Virgile, sorte de fantôme Jedi, est là pour lui donner des indications inutiles tout au long de la descente.
Le doublage FR est franchement correct, et les images de synthèse sublimes. Par contre, le recours au dessin animé moche, c'est tout de suite moins bien, surtout qu'EA aurait pu jouer avec un style enliminures du Moyen-Âge.


Dante's Inferno aurait pu être un bon jeu, voire même un très bon jeu. Ce n'est pas tout à fait le cas, à la fois car le projet était trop ambitieux, et les développeurs trop fainéants, autant sur l'aspect artistique que sur le gameplay. Ils possédaient la recette, n'avaient plus qu'à l'appliquer en l'adaptant à leur sauce. Ils n'ont fait qu'une photocopie. Peut-être le 2 sera-t-il, lui, à la hauteur.

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