Trine sur PlayStation 3, le test de Pedrof

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Pedrof
4
Pedrof PS3

Un jeu fait par des graphistes

Jeu terminé en normal (2/4, sachant que le mode 4/4 est débloqué seulement une fois le jeu fini) avec bien 90% des fioles d’expérience et trésors trouvés.

 

Trine est un jeu de plate-formes en 2D avec des graphismes 3D, ce qui fait que tous les objets sont modélisés en trois dimensions mais qu’on se déplace toujours sur un plan, de gauche à droite. Le monde est limité par la caméra à une représentation vue de côté, ce qui plafonne toujours à mon sens l’immersion.

 

Ce qui choque beaucoup dans un Deadlight, voulant faire croire à un univers réaliste, choque moins ici dans Trine où on baigne dans la fantasy et où l’ambition narrative est présente mais faible. Autant par le récit - une rencontre de légende exposée en cinématique puis une traversée basique de plusieurs environnements médiévaux fantastiques jusqu’à atteindre la tour du grand méchant - que par les dialogues qui récitent des stéréotypes.

 

Les personnages sont des clichés de jeu vidéo (le soldat, la voleuse et le magicien) mais servent la proposition ludique du jeu, à savoir la possibilité de sélectionner à tout moment l’un des trois pour exploiter ses atouts. La voleuse utilise un grappin qui la rend maîtresse de l’exploration des plafonds, le soldat n’a pas son pareil pour affronter des vagues d’ennemis au corps à corps et enfin le magicien matérialise des objets soit pour créer des plate-formes, soit pour interagir avec les mécanismes et rouages gigantesques qu’on trouve dans le jeu. Trine utilise le moteur physique Havok et clairement incarner le magicien ça revient à jouer avec la physique des objets et expérimenter beaucoup.

 

La proposition est originale et permet d’ailleurs de s’y essayer jusqu’à trois joueurs simultanément. En sachant qu’à deux, chacun est libre donc de sélectionner à tout moment l’un ou l’autre des personnages restants. Cependant j’aurais du mal à louer le mode multijoueurs car c’est un jeu où premièrement, la progression est ultra simple autant pour les “énigmes” (gros guillemets) que pour les combats. Donc pourquoi s’acharner à plusieurs ? Deuxièmement, si on cherche à récupérer tous les trésors et fioles - la vraie difficulté - alors on a besoin d’expérimenter avec chacun des persos et souvent soit zoner dans un coin avec le magicien, soit essayer d’atteindre les hauteurs avec la voleuse. Dans un cas on ennuie les autres, dans l’autre on leur tire la caméra vers le haut de l’écran : c’est tout pourri. Je déconseille le multi, en plus la fameuse prophétie ou sortilège qui fait que les trois persos fusionnent est annulée par le mode, donc l’histoire, si transparente soit-elle, n’a plus aucun sens.

 

Le vrai problème du jeu finalement c’est son manque de challenge. Les niveaux semblent avoir été faits par des graphistes et pas des Level Designers. Ils ont mis le paquet sur les effets de lumière pour qu’on s’exclame “féérie” et “enchanteur”, mais d’une part c’est une esthétique un peu niaise, d’autre part il n’y a aucune difficulté pour progresser.

 

Les points de passage existent dans les niveaux sous la forme de boules blanches qui nous régénèrent en passant dessus. Si on a des persos morts ils revivent. Et si tout le monde meurt, non seulement on revient indéfiniment à la dernière boule blanche, mais en plus, sauf erreur de ma part, on garde tous les objets ramassés entre temps. Trine est donc un jeu qui ne cherche même pas à nous résister. Bien souvent d’ailleurs, incarner la voleuse permet de passer très vite des passages en se balançant.

 

En parlant de balance, les sauts sont du genre lunaires et difficilement précis, comme dans LittleBigPlanet. Il y a une espèce d’inertie dans les contrôles, tandis que les animations des personnages semblent plus chercher à faire joli qu’à rendre lisible si oui ou non le prochain pas va nous faire tomber ou si on va bien atterrir sur cette branche en dessous de nous. Jeu de graphistes.

 

Le chevalier est un bourrin et pour vaincre les ennemis dans sa peau on martèle carré sans finesse. Le magicien déplace des objets avec la pensée : on se confronte à la physique du jeu, en pestant sur la fonction Sixaxis mal implémentée censée permettre la rotation des objets (soit l’objet ne bouge pas, soit il tourne sur lui-même comme une toupie sans s’arrêter, bonjour la précision).

 

Je ne garde donc pas grand chose de positif de Trine. Un autre jeu qui se laisse faire, une énième quête d’objets cachés à collectionner, planqués dans les différents recoins du décor.

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