Dead Island sur PlayStation 3, le test de KingTeDdY

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KingTeDdY
8
KingTeDdY PS3

Survival-Role-Playing-Horror Game in First Person View

Note: Depuis une mise-à-jour le niveau des ennemis est basé sur celui du joueur. Ainsi impossible de se retrouver avec son perso lvl 40 face à des zombies niveaux 12. La difficulté et les sensations sont donc tributaires du fait que vous activez ou non cette option. Mon test a été rédigé alors que j’ai fait le jeu avec ce système en fonctionnement.

A une époque on considérait qu’entre les deux grosses séries de football, FIFA et Pro Evolution Soccer (anciennement International Superstar Soccer), la démarcation se faisait par le fait que l’un était un jeu fun et plutôt accessible tandis que son concurrent était plus axé sur la simulation. J’ignore si c’était véridique et/ou si ça vaut encore pour aujourd’hui, néanmoins je peux vous dire qu’on serait tout à fait légitime à tenir les même propos si on devait comparer un Dead Rising à Dead Island.

 

Vacances sanglantes à Banoi Holiday Resort

Histoire de continuer sur le thème de la division en deux catégories, rappelons qu’il en va de même pour les histoires de zombies. Que ce soit au cinéma, en jeu vidéo, en bande-dessinée ou en littérature, il y a d’un côté les histoires sérieuses teintées d’horreur tentant avec plus ou moins de réussite de faire s’intéresser le spectateur/joueur au sort des personnages et il y a de l’autre côté les histoires totalement et volontairement nanardesques où le zombie est à la fois un prétexte à l’humour et au Grand-Guignol. (C’est toute la différence entre regarder Braindead et Night of the Living Dead)

Si Dead Island était un film, il serait de la première de ces catégories. Tout commence par le choix de notre personnage parmi quatre. (Et tous apparaissent dans les cutscenes) Je ne vais pas vous faire les détails de leurs biographies mais sachez que le ton est plutôt sérieux à ce niveau. Concernant le gameplay de ce quatuor, on distingue donc un tank spécialisé dans les armes contendantes, un type polyvalent très fort pour les armes de jet, une experte en arme blanche plutôt endurante et enfin une ex-flic assez douée avec les armes à feu.

L’île de Banoi en Papouasie-Nouvelle-Guinée sert de cadre à notre aventure. Alors que nous nous réveillons dans notre chambre d’hôtel (Alors que l’intro qui nous y conduit montre un personnage différent des quatre « héros » ?!), nous comprenons rapidement que durant la nuit Banoi Holiday Resort et peut être même toute l’île font l’objet d’une invasion de morts-vivants anthropophages comme on les aime.

Le hasard faisant, notre groupe est constitué des seuls individus du coin à être mystérieusement immunisés contre la morsure des zombies. On peut se faire dévorer, mais comme on ne risque pas de revenir au campement avec une saleté incurable mettant les autres survivants en péril nous sommes désignés d’office pour effectuer toute les tâches ingrates que nous impose la survie en territoire zombie.

Le scénario de Dead Island n’est pas extraordinairement travaillé, mais il reste dans la norme des histoires de zombies sérieuses. Ambiance pessimiste, méfiance entre les survivants, retournements de situation et événements dramatiques sont de la partie. Le seul vrai problème de ce scénario réside dans la qualité des cutscenes. Si le doublage est plutôt bon, les animations et la réalisation de ces séquences ne font pas honneur au jeu. En dehors de ça on aurait aimé avoir des personnages secondaires plus développés. Cependant sans vouloir spoiler, le "boss final" a le mérite d'être finalement quelqu'un d'humain et non un gros méchant stéréotypé.

Petit détail sympa : la Papouasie-Nouvelle-Guinée se trouvant près de l’Australie, les personnages ont un accent australien à quelques exceptions près. (J’imagine par ce que eux viennent d’ailleurs ^^)

Un point fort de Dead Island est son ambiance qui, grâce aux décors et à la très réussie bande-son, offre un climat franchement lugubre au jeu. Que ce soit sur la plage entre deux chaises longues couvertes de sang, en ville avec les voitures accidentées ou dans la jungle, le jeu ne veut pas nous faire rire et c’est tant mieux. Il est même tout à fait possible de sursauter par moment. (Je voudrais bien vous y voir vous à explorer un bâtiment totalement dans le noir avec juste un pied de biche et une lampe de poche quand ce saligaud décomposé décide de surgir sur vous depuis la pièce d’à côté !)

Entre cette ambiance et les quelques éléments que j’évoque plus bas, je ne serais franchement pas surpris si quelqu’un qualifiait le jeu de survival-horror.

 

Fulci would be proud

A première vue, Dead Island ne semble pas si différent de Dead Rising dans son gameplay. On se bat principalement au corps à corps et souvent à l’aide d’armes trouvées par terre voire bricolées par nos soins. La seule différence flagrante est que le jeu est à la première personne et qu’il se passe sur une île tropicale.

Ce serait cependant une grosse erreur si vous voulez mon avis. (Quoique si vous lisez ceci c’est que vous le voulez mon avis :P) En fait, Dead Island tient pas mal de Borderlands au sens où nous sommes libre d’aller à notre guise (ou presque) et que le jeu possède quelques traits de RPG. Mais à ça s’ajoute un sentiment constant de danger qui transforme le jeu en tentative de fuite permanente face aux zombies.

La dimension RPG du jeu se traduit d’abord par un bon vieux système de quêtes que vous pouvez accepter ou non et qui vous rapporteront récompenses et points d’expérience.

Vient ensuite notre armement, les caractéristiques de notre personnage et les compétences spéciales qu’on pourra débloquer à chaque nouveau niveau.

Côté macchabée, il y en a pour tous les goûts : Vous aimez le bon vieux zombie qui titube ? Il y en a. Vous êtes plutôt du genre à craindre les cadavres capables de taper un sprint en vous apercevant ? Il y en a. Votre grand kiff zombiesque ce sont les boss de Left 4 Dead ? Ils ont des potes domiciliés à Banoi.

Une chose très intéressante : les zombies vous remarquent. Bien sur la mécanique n’est pas très poussée mais elle fonctionne suffisamment bien pour renforcer le sentiment de danger. Quelques pas dans une zone et voila que vous attirez l’attention de deux vacanciers qui étaient en train de se faire un petit en-cas au bord de la piscine. Quelques pas supplémentaire et voila que feu le barman se relève de derrière son comptoir et se dirige lui aussi dans votre direction. De ce fait il n’est pas rare de se retrouver avec une dizaine de zombie à notre poursuite alors qu’on explore les lieux.

Aussi le zombie moyen est plutôt solide dans Dead Island et les dégâts sont entièrement localisés. La tête reste la zone à viser en priorité (Attention toutefois, il faudra plusieurs balles de pistolet en pleine tête contre une seule cartouche de fusil pour tuer instantanément un zombie) mais il est tout à fait possible d’estropier un mort-vivant en lui brisant les bras ou les jambes, le rendant donc déjà moins menaçant.

Les zombies ont deux jauges : l’une représente leur santé tandis que l’autre représente leur endurance. De même vos armes ont un attribut « dégât » qui vise à diminuer la santé adverse et un attribut « puissance » qui consiste à diminuer l’endurance des infectés. Lorsque l’endurance d’un zombie tombe à zéro, il chute et mettra un certain temps à se remettre debout pour vous attaquer.

Il faut bien garder cela en tête lorsqu’on en plein affrontement avec un groupe de zombies. Faute de pouvoir tous les abattre immédiatement, en forcer quelques uns à se coucher est très utile. Les armes à feu sont présentes mais en faible quantité, idem pour les munitions. Lorsque vous trouvez un revolver, vous le conservez pour une grande occasion.

Aussi, ces affrontements sont assez violents. Point de gerbes de sang exagérées comme dans d’autres jeux, même si ça saigne tout de même beaucoup, mais surtout des effets sonores et des animations rendant vraiment les combats violents. Le moteur du jeu permet d’afficher divers dégâts sur les zombies, que ce soit l’ablation d’un nez, une coupe au cuir chevelu ou le fait qu’il soit carbonisé sous vos yeux. Tout ça ajoute à l’aspect horrifique du jeu.

Nos armes de fortune disposent également d’un attribut « durabilité ». C’est en fait la résistance de notre arme avant qu’elle ne se casse et devienne inutile face à nos assaillants d’outre-tombe. Cependant contrairement à Dead Rising, casser son arme ne veut pas dire la perdre. On se retrouve juste avec une place d’inventaire prise par une arme inutile.

Heureusement des ateliers aux quatre coins de Banoi permettent de réparer, améliorer et créer des armes contre espèces sonnantes et trébuchantes. (Oui c’est l’apocalypse mais on continue à se faire de l’argent)

Histoire d’accentuer la sensation de danger, le jeu comporte plusieurs actions pouvant potentiellement mettre le joueur en danger. Une porte verrouillée devra être défoncée via une action contextuelle qu’on ne va pas forcément réussir du premier coup. S’ajoutent à ça le transport d’objets lourds et les interactions avec le décor demandant au joueur de maintenir la touche d’action le temps qu’une jauge se remplit, ce qui le rend vulnérable aux attaques.

L’aspect RPG se retrouve également dans un arbre de compétences. A chaque niveau nous pouvons débloquer ou améliorer une compétence librement. Elles sont classées en trois catégories : les compétences de rage, (Lorsque votre jauge de rage est pleine vous pouvez déclencher un état où vous êtes plus efficace. L’ex-flic, par exemple, brandira son arme à feu personnelle et enchaînera les headshots un court instant), les compétences liées à votre spécialité côté armements (faire plus de dégât avec des armes tranchantes par exemple) et enfin les compétences de survie.

En additionnant tous ces éléments, on obtient donc un jeu où le zombie est une véritable source de danger. Ici on ne va pas dessouder du mort-vivant par paquet de douze, au contraire s’ils sont trop nombreux on préfèrera fuir. (Me concernant j’ai eu le droit à pas mal de décès même en fin de campagne solo. Six zombies qui vous tombent dessus, ça ne pardonne pas) A ce titre, et même s’il y a toujours des clins d’œil et des éléments « délirants » comme certains armes customisées, (quoiqu’une machette électrique c’est moins choquant que deux tronçonneuses attachées à une pagaie non ?) Dead Island procure des sensations assez inédites et plus proches du véritable jeu de survie que du vulgaire jeu de chasse aux zombies. Une intention vraiment louable.

 

35 hours later

Côté rythme et quêtes secondaires il faut savoir que certaines de ces dernières demandent peuvent paraître redondantes. Si votre premier groupe de survivant vous demande de la nourriture régulièrement (quête en continu) ça ne va pas empêcher d’autres survivants dans une autre zone de faire pareil car justement ce ne sont pas les mêmes personnes et ce que vous avez accompli pour les uns ne compte pas pour les autres. Logique donc mais il n’est pas exclu que cela ennuie certains joueurs. (Mais ils peuvent toujours se contenter de la quête principale) Me concernant je n’ai pas vu le temps passé et ravitailler tout le monde ne m’a posé aucun soucis.

Pour ce qui est du contenu, le jeu est assez généreux. Bien sur il y a le grand nombre de quête mais également les armes qu’on peut trouver de façon assez random. Arrive ensuite la collection de cartes d’identification, de plans pour la modification d’armes, de journaux locaux (ils donnent des pistes pour l’origine des zombies) ainsi que les enregistrements audio d’un homme venu enquêter sur l’île il y a peu. Tout ceci se cumule pour les trophées alors n’ayez crainte vous n’allez pas devoir ratisser chaque centimètre carré de Banoi à la recherche d’une malheureuse carte.

D’ailleurs les trophées sont plutôt réussis, ni vraiment stupides (bien qu’on n’échappe pas aux classiques « Tuez X zombies avec une arme tranchante » etc…) ni surréalistes. Il y a même des vrais petits challenges comme celui d’enchaîner un certain nombre de décapitations à la suite ou le fait de tuer d’une certaine façon un zombie particulier. (Et ce n’est pas toujours évident)

Pour ceux qui veulent vraiment faire le jeu à fond, une liste de défis secondaire se renouvelant parfois jusque quatre fois est également disponible.

Détails très plaisant : la progression dans les trophées et défis est directement visible dans l’interface du jeu. C’est vraiment trop rare de nos jours !

Je ne sais pas comment a fait le type du test que j’ai lu récemment pour finir le jeu en quinze pauvres heures, mais moi sans me presser j’en suis arrivé au bout avec plus du double au compteur.

 

Jeu en décomposition

Visuellement, Dead Island est plutôt pas mal. Il ne provoque pas de claque visuelle mais les décors extérieurs sont enchanteurs. Les autres décors ne sont pas mal non plus, et plutôt glauques par-dessus le marché. (Cette jungle =))

En revanche le jeu a quelques bugs dont certains assez gênants. Il m’a été par exemple nécessaire de recharger ma partie car mon personnage était passé à travers le sol. Heureusement c’est assez rare et on rencontrera surtout des bugs d’affichage (textures mettant un temps avant d’être visibles, surtout après un écran de chargement), du clipping et quelques objets flottant dans les airs. De même certains visages reviennent chez les PNJ mineurs ce qui est assez dommage.

Comme déjà énoncé, les cutscenes souffrent d’un sérieux manque de peaufinage et les bugs y sont également présents.

Autre chose un peu regrettable : le jeu met tellement l’accent sur le corps-à-corps qu’au niveau des armes à feu ça manque un peu de sensation. Une bataille rangée au pistolet provoque moins d’enthousiasme qu’un bon vieux coup de hache. Heureusement le headshot permettra de couper court à ces phases de jeu.

Egalement on remarquera assez vite que le concept du jeu aurait pu être poussé beaucoup plus loin. Pour plus de détails à ce sujet je vous renvoie à mon article « Cinq idées pour rendre Dead Island plus intéressant ».

 

Survie organisée

Quelques mots sur le mode multijoueurs. Dead Island permet de jouer l’intégralité de sa campagne en coopération jusque quatre joueurs, que votre équipe soit composée de doublons ou de chacun des personnages disponibles.

S’il paraît vite évident que le jeu a été d’abord conçu dans ce sens, n’allez pas croire que jouer à quatre va vous faciliter grandement la vie. Les zombies correspondent à votre niveau, ce qui évite que les joueurs ayant déjà beaucoup d’heures de jeu derrière eux viennent massacrer les zombies du début de la campagne d’un petit nouveau ou qu’à l’inverse ce dernier aille faire du power-leveling en s’incrustrant dans la partie avancée de son pote. Non, ils ont votre niveau et même à quatre les morts ne sont pas rares.

Là où le jeu est plus simple en coop c’est pour les actions que j’évoquais plus tôt. Lorsque vous devez défoncer une porte ou charger une voiture avec des vivres, c’est plus confortable si un ami vous protège des zombies plutôt que de devoir tout faire tout seul.

S’il est possible de jouer avec n’importe qui n’importe quand, (Bonne interface d’ailleurs même si on aurait aimé pouvoir passer sa partie sur « privée » sans avoir à revenir au menu principale. Heureusement il suffit de mettre les places réservées au maximum et l’effet est le même) je vous recommande chaudement de vous trouver trois amis avec qui jouer les survivants de Banoi, de préférence avec chacun son personnage à lui et chacun avec un micro-casque.

De fait, Dead Island en coop c’est finalement un grand moment d’organisation. A va suivre C jusque la station service pour préparer un pick-up plein de carburant pour la planque tandis que D ramène gentiment une survivante à l’abri et que B fouille des bungalows à la recherche de l’insuline du pauvre bougre diabétique à deux doigts de rendre l’âme dans sa chambre.

Le jeu est open-world, ou presque. En fait il est constitué de plusieurs zones toutes très vastes (station balnéaire, ville, jungle etc…) en plus de quelques intérieurs comme des appartements. Et devinez quoi ? Tant que vous êtes tous dans la même zone et que personne ne tente d’en sortir chaque joueur peut se déplacer librement à des kilomètres virtuels de ses compagnons ! Ca nous change de Dead Rising et sa tonne d’écran de chargement forçant les joueurs à tous aller dans la même direction. En bref, dans les bonnes conditions, le coop de Dead Island est tout simplement grisant.

 

Il m’a été très difficile d’établir une note pour ce jeu. Même si les problèmes techniques ne m’ont pas tellement gêné, ils sont bien là et c’est vraiment dommage pour les cutscenes. Cependant malgré qu’il puisse aller plus loin, le jeu m’a procuré une expérience zombiesque assez inédite hors jeu indépendant. J’ai vraiment eu le sentiment d’avoir affaire à un jeu beaucoup plus axé sur la survie que les autres soft mettant en scène des zombies. De plus, un tel jeu avec en plus une véritable volonté de poser une ambiance sérieuse et morbide c’est vraiment que du bonheur.

Les gens qui ont beaucoup de mal à apprécier un jeu dés qu’il y a des bugs, du clipping etc… A leur place je mettrais 3.5/5 à Dead Island. Cependant comme je m’amuse quand même énormément avec et que je suis assez indulgent sur les bugs, j’arrondis à 4/5.

Mais faut vraiment qu’un Dead Island 2 soit mis en chantier fissa et avec un tas d’ajustements pour en faire le jeu de survie avec zombie ultime ! >___<

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