Clive Barker's Jericho sur Xbox 360, le test de SamPlay

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SamPlay
6
SamPlay X360

Des gueux lassent...

Un réalisateur à la source d'un jeu vidéo n'est pas quelque chose de très courant et on peut être tenté de penser que c'est un gage de qualité. En l'occurrence ici, on ne le remarque pas tellement. Clive Barker est un réalisateur de films tel que Hellraiser ou Candyman et aussi un écrivain. Donc a priori l'horreur c'est son dada... Et en effet coté trucs dégueulasse, on est servi! Mais vous verrez très vite que même en étant gore et torturé, le jeu ne décolle jamais et s'enlise dans des schémas super convenus et chiants. Désolé d'avoir spoilé le verdict final mais il faut mettre les choses au clair: le cinéma et le jeu sont deux choses différentes et on se rend vite compte que passer de l'un à l'autre n'est pas quelque chose que l'on faitfinger in the nose. 

Scénario:entre deux os  

Tout commence et fini à Al Khali, dans des ruines chelou au milieu du désert. Celles-ci contiennent un pouvoir diabolique et en effet puisque un gros méchant veut libérer le mal sur terre. Déjà, dés le début on se dit «ok, l'histoire est à chier mais comme d'hab' quoi...». Puis petit à petit, le jeu sauve les meubles et nous fait incarner toute une escouade de guerriers qui tuent la mort. Par une petite galipette scénaristique, l'on pourra par la suite tous les contrôler comme bon nous semble, ce qui, en soi, est une bonne idée. En soi seulement, puisque en fait tout ce qui se passe est prétexte à nous balader un peu partout pour on ne sait quoi. Ce que l'on comprend, c'est qu'on doit buter un «mec» super balèze qui va faire chier tout le monde d'ici peu et que donc c'est pour ça que l'on doit se coltiner des monstres, des cadavres et des sols recouvert de chair et de tripailles. La vraie bonne idée vient du fait que pour expier ce mal, il va falloir traverser différentes époques, synonyme de grands maux (moyen-age, empire romain, seconde guerre mondiale). Le scénario oscille donc entre l'ultra-classique et l'original avec tout de même une fin aussi inutile que bâclée.

Gameplay: un pour tous et tous contre les pourris 

Donc, comme je le disais plus haut, vous pourrez alterner entre 7 personnages qui vont de la gonzesse sexy, au bourrin de service, en passant par le prêtre tueur. Tous font dans le stéréotype bête et méchant mais chacun apporte ses capacités qui permettent de sortir du caca et des cas difficiles. Là encore, rien d'original, puisque en plus de leurs armes propres (enfin un peu sales quand même), nos joyeux botteur de cul dispose de pouvoir déjà vu mille fois mais qui font toujours leur petit effet. Ralenti, bouclier, soin, balles «dirigeable», tout ça c'est cool, mais le problème c'est que l'on utilise les pouvoirs de certain personnages que très rarement, car il ne servent à rien mis à part lors «d'énigmes» à deux balles. Le plus gros soucis du gameplay est en fait son dirigisme et son manque de variété et même les excellents QTE n'enlève pas cette curieuse impression de se faire chier. Enchainer les couloirs puis les vagues d'ennemies et enfin des séquences plus palpitantes ad vitam eternam finit par saouler. Il faut donc s'accrocher à son slip pour ne pas lâcher l'affaire et profiter de certaines séquences franchement réussies. Comme les boss, qui valent souvent le détour!

Graphisme: beauté macabre

Ça commence à devenir une habitude,Jericho oscille entre le bon et le moins bon. Les décors sont souvent vides, sombres et remplis de sang et de crasse qui n'arrivent pas à cacher le manque d'inspiration. C'est d'autant plus dommage que les époques traversées et le côté gore n'ont pas autant été exploités que ce que j'epérais. Les personnages et ennemis, eux, ont plutôt la classe malgré quelques déchets et un manque affligeant de variété. Encore une fois le constat est en demi-teinte.

Bande-son: le silence des lambeaux

Si vous aimez le silence, vous ne serez qu'a moitié comblé car si la musique est quasi-absente, pour laisser la place aux bruitages inquiétants à souhait, les coups de feu et autres râles, eux, sont omniprésents. L'ambiance est donc belle et bien là et même si les voix françaises ne cassent pas trois pattes à un canard cul-de-jatte, Jericho fait son boulot et nous offre en prime de bons dialogues.

Durée de vie: il faut prendre le mal en patience

On ne peut pas dire que l'on voudrait que le cauchemar se termine le plus vite possible mais il faut tout de même passer outre la répétitivité et le classicisme du titre. Un peu moins de 10 heures, c'est le temps que vous passerez à tirer sur tout ce qui bouge et coopérer tant bien que mal avec vos collègues pour atteindre un boss de fin, minable et décevant.

Je n'irais pas par quatre chemins étant donné qu'il n'y en a qu'un (bah ouais, même le test est dirigiste donc vous lirez ce que j'écris et puis c'est tout!). Si vous vous attendiez à un Doom-Like, dans tout les sens du terme, original, gore et flippant, je ne saurais trop vous conseiller de trouver ce Jericho pour trois fois rien (c'est à dire rien en fait...) car malgré ses quelques bonnes idées et son ambiance atypique, le jeu de Clive Baker est loin d'être un chef-d'œuvre et lorgne même plutôt vers le film de série B. Un bon auteur ne fait décidément pas tout...

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