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"Je regarde mes adversaires droit dans les yeux et je me dis que je vais les battre" : Notre interview d'Attila de Vitality

"Je regarde mes adversaires droit dans les yeux et je me dis que je vais les battre" : Notre interview d'Attila de Vitality

Par Eva Martinello - publié le
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Le 18 août, à l'occasion du Media Day des LCS EU à Berlin, la rédaction a pu discuter avec Attila, l'AD Carry très prometteur de la Team Vitality. Pendant la dernière semaine de Summer Split, l'équipe a gagné trois places en remportant tous ses matches, que ce soit contre Misfits, G2 ou Schalke 04. 

Attila est à sa toute première saison de LCS. Après avoir passé plusieurs années sur les scènes portugaise et française sous le pseudo Minitroupax, Amadeu "Attila" Carvalho a rejoint Team Vitality, en faisant passer au niveau supérieur sa carrière de joueur professionnel. Désormais, il est en route pour les playoffs du Summer Split. Interview.

Attila a mené son équipe à la victoire, avec son Draven contre Misfits.

Dernière semaine de Summer Split

Comment avez-vous abordé votre match contre Misfits ?

C'était un match contre l'une des équipes de niveau "top tier". Et depuis le Spring Split, nous avions perdu à chaque match contre Misfits... Alors au moment de jouer, c'était devenu une affaire personnelle de gagner contre eux, c'était une revanche. Au final, nous avons gagné et cette victoire a d'autant plus de valeur que c'est la dernière semaine du Summer Split, et nous voulions vraiment battre une équipe des playoffs avant qu'ils commencent.

Tu as pris Draven sur ce match, ce qui était une prise de risque... et encore plus contre Hans Sama, qui est très connu pour sa maîtrise du champion.

Je suis un joueur au style "ballsy" ; je ne fais pas vraiment attention aux champions contre lesquels je joue, ni contre qui je joue. Je suis vraiment confiant sur les champions que je choisis pour les matches, et pour celui-là, je me disais juste que Draven serait un bon pick pour snowball en early game et c'est finalement ce qu'il s'est passé.

Le pick était surprenant, est-ce que tu l'avais travaillé récemment dans des matches amicaux ?

Oui, nous avions joué plusieurs fois Draven en matches amicaux [scrims] ; c'est aussi un champion que je joue depuis très longtemps, notamment dans d'autres compétitions avant d'arriver en LCS. Je suis très à l'aise sur ce champion.

Pour les playoffs, quelles équipes vous inquiètent le plus ?

Je dirais que les équipes qui nous inquiètent le plus sont Fnatic et Schalke 04. Je pense que les deux sont très fortes, tout particulièrement en ce moment donc si nous devons les affronter en playoffs, ce sera difficile.

La dernière semaine, Vitality remportait ses matches contre Misfits et G2.

Selon toi, quelle est votre plus grande force en tant qu'équipe ?

Je pense qu'on prend les décisions rapidement et qu'on a un style de jeu "ballsy". Sans penser à qui on fait face, si on arrive à faire ce qu'on doit faire, on gagnera, même si c'est Fnatic ou Schalke 04 en face. Nous sommes des rookies et nous avons été inconstants au Spring Split, mais là, je pense que nous sommes beaucoup plus solides ; notre communication s'est beaucoup améliorée.

Au début, on criait beaucoup sur la scène mais maintenant, on est plus calmes en partie, et on est vraiment sur la même longueur d'ondes. Yamato, notre coach, nous aide beaucoup sur la communication. Pour nos early games, on écoute surtout Kikis, notre jungler, puisque contrairement à lui, on se focalise uniquement sur notre lane. Et ensuite, pour le mid game et le late game, ça dépend de chaque partie ; la personne qui dirige peut être celle qui aura la meilleure idée ou qui aura le lead dans la partie. En réalité, c'est souvent Cabochard qui prend le lead, car il a plus d'expérience que nous.

Qu'est-ce que tu penses du fait de jouer tous vos matches sur scène, plutôt qu'en ligne comme pour beaucoup de ligues ?

Déjà, j'adore ça ! Je pense que pour certains joueurs, c'est plus facile de jouer en ligne car le fait de jouer en face d'un public, et même le fait de voir les adversaires, met une toute autre pression sur nos épaules. Pour moi, c'est vraiment une force : je regarde mes adversaires droit dans les yeux et je me dis que je vais les battre.

Avant Vitality, Attila était chez Giants, aux Challenger Series.

Team Vitality, une équipe de rookies qui monte

Depuis décembre dernier, comment as-tu évolué ?

Ça a vraiment été un marathon pour moi. Avant les LCS, j'étais un rookie. J'étais plus sensible, je contrôlais moins mes émotions... ce n'est pas quelque chose de forcément négatif, mais il faut être capable de rester calme et décisif en match : aux LCS, j'ai dû changer en tant que joueur et en tant que personne. Ces deux splits m'ont beaucoup aidés là-dessus. Je ne suis pas vraiment nerveux quand je joue sur scène et je continue à m'améliorer chaque jour en jouant et en faisant des matches contre des équipes "top tier".

Est-ce que ça a été un avantage d'arriver chez Vitality avec des co-équipiers (Gilius, Jiizuke et Jactroll) ?

Oui, c'était un avantage clair. Nous étions vraiment forts et je pense qu'une équipe où on aime réellement jouer avec nos coéquipiers et où il y a une bonne atmosphère, peut s'améliorer plus vite que les autres. Mais même si nous étions plusieurs à nous connaître, le fait de bien s'entendre a été notre premier défi. Nous avions des egos forts et des idées bien arrêtées, mais en quelques semaines, c'est quelque chose qui s'est réglé. C'est désormais une force pour nous.

Choisir ses coéquipiers est d'ailleurs moins possible dans la scène professionnelle que dans la scène locale...

C'est sûr. Avant, je jouais dans les scènes portugaise et française ; je ne jouais vraiment qu'avec des coéquipiers qui étaient des amis pour moi, donc le fait de s'entendre n'était pas vraiment un problème. Maintenant, je dois jouer avec des personnes que je ne connais pas et avec qui je dois apprendre à m'entendre. Je suis très reconnaissant quand ça se fait facilement, mais dans le cas contraire, c'est un défi supplémentaire.

Est-ce que tu t'imaginais rejoindre les LCS cette année ?

Quand j'avais 18 ans, j'avais été interviewé par quelqu'un sur la scène locale et je lui avais dit que je serais le premier joueur portugais à avoir ma place aux LCS. Evidemment, il avait éclaté de rire. Mais ça a toujours été mon objectif et j'étais certain que ça arriverait un jour ou l'autre !

Trois équipes européennes peuvent participer aux Worlds.

Qu'est-ce que cela représenterait pour toi d'aller aux Championnats du Monde cette année ?

Wow... ça représenterait beaucoup. Il y a un an, j'étais chez moi et je ne jouais pas tant que ça : je regardais les LCS et ceux qui jouaient à un plus haut niveau que moi... Et là, cette année, je joue aux LCS avec ces joueurs au top et les meilleures équipes. Si j'allais aux Worlds, ce serait très important pour moi car je jouerais contre les joueurs que je regarde depuis tellement longtemps. J'en rêve depuis plusieurs années, alors ce serait génial.

Est-ce qu'il y a un joueur en particulier auquel tu aimerais faire face un jour ?

J'aimerais affronter Uzi.

Un dernier mot pour les français qui te suivent ?

La communauté française nous soutient beaucoup car nous faisons partie de Vitality, même si nous n'avons que Cabochard comme joueur français... Alors nous apprécions vraiment ce soutien, surtout que nous sommes des rookies encore inconnus ! J'espère ne pas les décevoir et atteindre les Worlds avec l'équipe.

Merci à Attila de nous avoir accordé de son temps ! Vitality jouera en demi-finale, le 31 août, contre Schalke 04 ou Splyce. Vous pouvez suivre son actualité sur Twitter.

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