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Edito #17 : A la recherche du point G

Edito #17 : A la recherche du point G

Autopsie d'un succès
Par Christophe Delpierre - publié le
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A la recherche du point G : autopsie d'un succès

Je me souviens d'un temps où les règles du jeu étaient simples : sauter au millimètre sur une plate-forme, éviter des myriades de tirs, battre le record du tour... Depuis, ces règles n'ont pas fondamentalement changé, mais est venu s'y greffer des "succès" dont la vacuité n'a d'égal que l'acharnement que certains joueurs mettent à les collecter. Une occupation qui tient pour moi du mystère. Anecdote : il y a de cela quelques années, alors que j'interviewais Randy Pitchford, le président de Gearbox Software, ce dernier me précise, au détour d'une question, qu'il a accumulé plus de 50 000 points de succès sur son compte Xbox Live. Un peu couillon, avec ma Xbox 360 sur laquelle devaient certainement se battre en duel quelques milliers de points, je réponds, avec l'assurance propre à un grand journaliste : "Mmh... Ok... Awesome...".

La vérité est qu'à l'époque, déjà, je ne comprenais pas bien l'intérêt de la chose. Un intérêt qui, semble-t-il, n'avait pas échappé à ce cher Randy, pour qu'il évoque ainsi la taille de son Gamerscore. Mais si l'idée derrière les succès est ingénieuse, dans les faits, elle pollue finalement davantage notre expérience de jeu plutôt qu'elle ne la transcende. Et pour cause : les succès vous invitent à faire des choses que vous n'auriez jamais tenté en temps normal - pour la bonne et simple raison qu'il n'y a, en réalité, pas de plaisir particulier à en tirer -, et qui n'ont d'autre intérêt que celui de voir s'afficher, un bref instant, un sibyllin message, la barre des "1000 G" faisant office de Saint Graal que seuls les plus valeureux sont susceptibles d'atteindre. Une façon de se distinguer, en quelque sorte, comme si le simple fait de voir défiler un générique de fin ne se suffisait pas à lui-même, et qu'il fallait prouver sa maîtrise totale, non seulement à soi-même, mais aussi, et surtout, aux yeux du monde. Si j'osais un parallèle teinté de religiosité, je dirais que cela ressemble furieusement à un péché capital : le péché d'orgueil. Un orgueil bien mal placé, en tout cas, quand on voit à quelles aberrations sont associés certains challenges, surtout lorsqu'ils sont liés au jeu en ligne : "Tuer 10 000 personnes en parties classées" (Gears of War), "Tuer 200 fois par jour en multijoueur, pendant 50 jours" (Unreal Tournament III), "Jouer 8 heures d'affilée en multijoueur" (Ghost Recon Advanced Warfighter)... À croire que si un succès demandait "Nous envoyer 50 euros et un mars", certains s'empresseraient de courir vers leur boîte aux lettres.

À l'opposé, un titre comme Deadly Premonitions débloque ses points quand vous terminez les différents chapitres du jeu, tout simplement, le seul succès annexe étant lié à certaines cartes que l'on peut collectionner. Sobre, et finalement, ce n'est pas plus mal, les succès manquants donnant la désagréable impression que l'on n'a pas terminé véritablement un titre, même lorsque l'on y a passé un temps non négligeable. J'en veux pour preuve mes quelques 68 heures de jeu sur GTA IV, associés à 305 malheureux "G"... Mais s'il est vrai que faire 5 tonneaux d'affilée dans un accident, ou effectuer une roue arrière sur 150 m, rapporte ici des points, investir des heures à surfer sur les sites Internet du jeu, fantastiques dans leur cynisme et leur diversité (le blog d'Alex Chilton est priceless), ou aller voir les spectacles du théâtre comique, tous plus hilarants les uns que les autres, n'en rapporte aucun. À chacun son échelle de valeur. Notez que je fais la différence entre les succès classiques, liés au profil, et les défis internes à certains jeux. Si certains se révèlent tout aussi artificiels (les pigeons de GTA IV), d'autres ont tout leur sens, et apportent un vrai plus à l'aventure (les épreuves de botaniste, grand chasseur, as de la gâchette et, surtout, chasseur de trésor de Red Dead Redemption). Quoi qu'il en soit, j'ai désormais trouvé la parade. En désactivant, dans les préférences, "Afficher les notifications"*, je n'ai désormais plus à subir l'affichage intempestif de ces succès divers dont je n'ai cure. Pour peu que l'on ne soit pas amoureux de son nombril, le sevrage est généralement sans douleur...

*Notez que l'on ne voit plus non plus, du coup, si quelqu'un se connecte, ou si l'on a reçu un message. Personnellement, je m'en fous, je n'ai pas d'amis.


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