De BriC et de BroC - Le BloG

Par Yaeck Blog créé le 11/10/17 Mis à jour le 11/05/19 à 23h52

Réflexions, avis et digressions sur ce que j'ai vu, lu ou joué
et qui mérite que j'en parle...
Bonne lecture!
:^)

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Édito

Ma première console en 1991 avec la NES. J'avais 10 ans (Oui je date de cette époque là). Depuis une console minimum par génération, sans jamais se débarrasser des précédentes...Je mesure ma chance aujourd'hui d'avoir pu conserver toutes ces reliques.
Ma ludothèque est composée comme suit:
- 2 NES (1 PAL & 1 US)
- GameBoy Color
- Megadrive
- Nintendo 64
- Saturn
- Dreamcast
- Gamecube
- Xbox
- Xbox 360
- WiiU
- PSP
- PS4
Toutes branchées, toutes opérationnelles et toutes qui servent régulièrement.

Pas de 'guerres des consoles' ici ou autres fadaises et polémiqes de Kevin des bacs à sable...
Je précise juste mon désintérêt total pour Nintendo désormais. Non pas qu'ils fassent de mauvais jeux mais tout simplement ceux-ci ne s'adressent pas à moi.
Le jeu vidéo n'est pas ma seule passion, c'est un loisir comme un autre noyé parmi mes nombreux passe-temps. Jouer m'est aussi indispensable que Lire,
Écrire, Mater des films/séries, monter des vidéos à l'arrache pour ma modeste chaîne et voyager au quatres coins du Monde quand les finances le permettent :^)

J'ai une chaîne Youtube de Let's Play avec intégrale de jeu non commenté (ou presque vu que l'enregistrement foire à chaque fois sur une session) . Je ne suis pas streameur ou caster ou que sais-je encore...Juste je partage les jeux vidéos qui me plaisent.
Je suis  - je pense qu'il faut le préciser - un bien piètre joueur. Tendance solitaire qui aime prendre le temps d'explorer ses jeux. Et qui n'a absolument pas le sens de la compétition, notion qui me passe très au dessus. D'où mon incompréhension totale de tout ce qui est speedrunning et autres phénomènes multijoueurs tel que le Battle Royal. Je suis aussi par conséquent complètement hermétique à l'eSport.
Très opposé au dématérialisé (et pas que dans le JV) même si c'est l'avenir (qui se fera sans moi)

Voilà pour mon portrait de Gamer.

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De BriC et de BroC - Le BloG
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Jeu vidéo (Jeu vidéo)
A jeu particulier, article particulier.
 
The Quiet Man est un jeu qui a eu c'est le moins que l'on puisse dire mauvaise presse. Jugé comme le nanar ultime 2018, raté sur tout les plans, incompréhensible, nul, chiant. C'est à la fois vrai...et faux. D'une certaine manière cet article sera peut-être le plus important de ce blog, car si il permet ne serait-ce qu'à un seul joueur(se) de passer par delà les préjugés et les défaillances techniques évidentes pour saisir complètement la proposition offerte, je serai satisfait.
Sa sortie qui eu lieu le 1er novembre 2018 et qui fut la version testé par tous pour leur verdict ne contenait en fait que la première partie du titre. Son premier 'run' pour être précis. Déstabilisant sur bien des points et surtout nimbé d'incompréhension. Beaucoup descendirent le jeu en flammes, pensant l'avoir fini.
La seconde partie sortie elle 8 jours plus tard, apportant son lot de réponses et permettant d'appréhender l'expérience dans son ensemble, de mieux comprendre où les développeurs voulaient en venir. Mais je pense qu'il était déjà trop tard. La plupart de ceux ayant fait leur première partie catastrophique n’ont jamais fait la seconde, pourtant indispensable pour réellement juger le soft. Pour certains cette 'seconde' moitié fut en fait 'patchée' pour corriger la mauvaise réception que The Quiet Man se pris sur la tronche...pour ma part je ne pense pas que cela fut 'improvisé'. C'était en fait prévu mais seuls ceux ayant réellement fait le jeu jusqu'au bout pourront le comprendre. J'en veux pour preuve ultime que le générique de fin se situe bel et bien quand on termine la seconde partie, avec une scène cachée qui conclue le scénario. Qui ne s'est pas tournée en une semaine...
 
 
Cet article sera donc découpé en deux parties distinctes. Chacune consacrée à une session de jeu. La première sur la découverte tant décriée qui ternie sa réputation à l'international et qui reviendra sur la frustration en tant que joueur. Et la seconde qui apportera les réponses, sera plus nuancée et analysera en fait l'intention cachée derrière le titre. Cette section révélera beaucoup d'aspect de The Quiet Man qui gâcheront votre éventuelle future partie, je conseillerai donc de la lire uniquement si vous avez fini le jeu ou si vous n'avez jamais l'intention de le faire mais souhaitez en savoir plus sur les dessous de cette affaire.
 
 
~THE QUIET MAN~
Le Monde Du Silence
 
La mauvaise réputation de The Quiet Man m'a toujours attirée. Ce n'est pas si souvent que nous avons réellement l'occasion de voir un 'vrai nanar' du jeu vidéo. Profitant d'une période de solde et d'un bon d'achat qui me permit de faire l'acquisition du titre pour littéralement rien je piaffai d'impatience à l'idée d'enfin commencer cet échec mondialement reconnu. Subir de mauvaises expériences permet de mieux apprécier les bonnes.
 
 
Dès l'écran d’accueil on sent le coté très épuré à l’½uvre ici. Aucun mot n'est présent à l'écran ou sur le menu en bas de l'écran. Uniquement des icônes qu'il faut déchiffrer, parfois décrypter.
Rapide tour dans les options puis on lance la partie en activant le bouton 'Play'. L'écran de présentation se révèle alors être le premier plan qui ouvre l'aventure. C'est assez stylé j'avoue (l'effet était le même dans le jeu Mad Max). On plonge dans Manhattan jusqu'à un jeune homme à capuche qui se ballade dans les rues de New-York. Au passage on note déjà sur ces quelques secondes d'ouvertures quelques erreurs de coupe et de montage. Car oui nous sommes devant des images 'live', comme devant une série qui se lancerait. Le jeune homme s'arrête devant un de ces marchands ambulants traditionnels de 'Big Apple' - le vendeur joue d'ailleurs comme un pied - et échange avec celui que l'on devine être notre héros. Il est important de préciser que ce dialogue et bel et bien sous-titré en bas de l'écran et que nous entendons parfaitement le vendeur parler (c'est important pour la suite). Le héros poursuit son chemin et consulte la serviette en papier que lui à confié le marchand, sur laquelle est indiqué un lieu tout proche. Et c'est là que commence la fameuse séquence qui fut dévoilée lors de l'E3 2018...
 
 
Trois loubards discutent sous une lumière blafarde d'une ruelle malfamée. On les entends parfaitement et les sous-titres sont affichés (c'est important pour la suite). Quand débarque le jeune homme visiblement de trop. Le 'chef' des malandrins le provoque et le héros indique à ce moment là sa surdité (c'est important pour la suite...heu...non c'est important à partir de maintenant car à partir de là TOUT LES SONS DU JEU SONT COUPÉS! Seuls subsistent les effets de vibrations des pas de notre personnage plus quelques autres sons que j'évoquerai plus loin) Une bagarre de rue s'enclenche et nous voilà aux commandes...après quelques secondes d'hésitations. Aucun menu ou HUD n'étant présent il faut saisir le moment où c'est à notre tour de jouer. Mais nous voilà parti, sans aucune phase de tutoriel ou plus de contexte que cela. Heureusement notre héros semble savoir se battre, et c'est avec un peu de tâtonnement que l'on apprends à maîtriser ses compétences et les différentes touches (le menu des commandes sert également, une fois qu'on a compris comment il fonctionne). Cela reste assez classique: coup de poings, coup de pieds, chope, charge, course.
 
 
Toutes les phases de jeu seront donc du Beat'm'All. Vous avancez, faites face à de nouveaux ennemis et les savatez pour passer à la suite. C'est fluide, assez rapide, simple à prendre en main...mais les collisions sont hasardeuses, il arrive fréquemment que les persos se traversent, parfois ils se bloquent dans les éléments de décors ou sont coincés à répéter un même mouvement à l'infini. Il ne doit pas y avoir plus de 10 modèles d'adversaires sur la totalité de l'aventure...qui ne dure de toute façon pas plus de 3 heures. Graphiquement par contre, même si ce n'est pas la révolution, c'est loin d'être ridicule. Le grain de peau des protagonistes est assez peu marqué et c'est bien le seul reproche que j'ai à faire en ce qui concerne l'aspect visuel. Rien de transcendant mais rien de honteux non plus.
Il existe donc trois phases distinctes dans The Quiet Man. Les cinématiques 'Live' avec les acteurs, les cinématiques en 'CGI' et les phases de jeu proprement dites. Donnez environ un tiers à chacune de ces parties pour avoir la totalité du titre. Donc oui, si vous calculez bien deux tiers du jeu vous feront regarder des vidéos...et c'est là que l'on s'approche du GROS problème.
 Un mystérieux individu menace la chanteuse vedette. De quoi? On ne le sera jamais...
 
Souvenez vous j'ai dit plus haut que le son était entièrement coupé dès lors que l'on apprends que notre héros est sourd...cela veut dire que de toutes les cinématiques, de tout les dialogues, de tout le bruitage, vous n'en entendrez RIEN. Nada. Zéro.
C'est un peu faux, il y a bien quelques sons mais si peu que je peux vous en faire la liste. Déjà d'une comme déjà évoqué on entends les bruits sourds des pas de notre personnage (et de ses coups par extension). Ensuite un léger vibrato cristallin quand un protagoniste parle. Puis une musique d'ambiance pour accompagner certaines séquences en mode pianissimo. Voilà c'est tout. ABSOLUMENT TOUT!
Imaginez vous devoir suivre durant des dizaines de minutes des scènes de dialogues auxquelles vous ne comprenez rien. Comme un film duquel vous auriez coupé le son. C'est très perturbant. Mais là où cela devient véritablement étrange, c'est que notre perso (dont on ignore jusqu'à son nom!) lui comprends parfaitement ce qu'on lui dit (à condition qu'on lui parle en face, il parle sur les lèvres). Ce qui donne un sentiment d'exclusion totale du joueur durant la majeure partie du jeu! Et par conséquent un sentiment profond d'ennui...
On se retrouve alors à devoir avancer dans un jeu obscur, auquel on ne comprends rien, à taper sur des types sans trop en comprendre la raison ou en devinant en fonction de ce que le jeu nous montre à travers ses flashbacks...on saisi alors que le héros bosse pour un voyou qui tient un cabaret et que ce dernier lui demande d'enquêter sur un mec mystérieux qui menace la chanteuse vedette des lieux (et qui est aussi la copine dudit voyou). Chanteuse qui ressemble très étrangement à la mère décédée de notre sourd personnage principal.
 
 
On nage en plein flou, cherchant désespérément à comprendre les tenants et les aboutissants, qui sont tout ces gens, quels sont leurs relations. Un sentiment de flottement nous habite en tant que joueur. On traverse The Quiet Man avec circonspection, dubitatif et assez distant finalement. La réalisation n'aide pas, étant au mieux hasardeuse. Plans trop longs ou mal cadrés (les visages sont systématiquement scalpés), jeu d'acteurs parfois limite, scène très gênantes par moments...In game la caméra est parfois foldingue, toujours avec ses problèmes de cadrages et certains passages jouables ne servent littéralement à rien comme la séquence dans la rue qui consiste uniquement à faire avancer notre perso sur trois mètres pour lancer la cinématique suivante...
Puis on fini par en voir le bout, environ trois heures après l'avoir lancé. Cela paraît beaucoup plus long. Surtout les phases de jeu contre les boss, très mal codées, très mal pensées.
Pour vaincre ses quelques chefs de fin de niveau il faut à chaque fois deviner quelle action ou quelle esquive effectuer pour pouvoir passer leur garde. Fort bien. Sauf que comme le jeu n'indique rien et qu'il n'est pas prévu pour les 'à-cotés', tout ce que le joueur va effectuer sur l'ennemi qui n'est pas prévu par celui-ci le fera traverser son adversaire. Par exemple si vous effectuer une 'super attaque' contre un boss que vous n'êtes pas sensé devoir toucher (car vous n'avez pas casser sa garde) soit l'attaque ne se déclenche pas soit elle se déclenche mais vous traversez l'antagoniste pour vous retrouvé derrière lui...Oui oui. Et cela arrive à chaque boss du jeu (quatre ou cinq au total). Incroyable et frustrant. Mais bon une fois que vous avez compris comment ça marche vous vous adaptez...mais une telle erreur de programmation en 2018 c'est juste dingue...
 
Et c'est donc ainsi que vous terminez The Quiet Man. Frustré et dépité. Vous n'avez rien compris, ou très peu. Le peu que vous avez saisi n'est pas cohérent, ou absurde. La femme est à la fois la mère et la copine du chef, tout en étant deux personnes distinctes. Elle se fait enlevé par un mystérieux individu qui se révèle être à la fois le flic, l'assassin de la mère, votre boss ou vous même, vous n'êtes pas sur. Du fantastique intervient vers la fin de l'aventure, sans là non plus aucune explication...est ce le masque qui possède un pouvoir, à la The Mask? Peut-être...Quelle est la relation du sourd au flic? Le fameux Quiet Man est il une vision représentative du mal tel que le perçoit notre héros, et que par conséquent il s'agit en fait de plusieurs personnes, celle qui à l'instant T représente la plus grande menace pour lui?
Pourquoi l'animation des ennemis est parfois taillée à la serpe, jusqu'à la caricature? Jusqu'à parfois leur donner une attitude étrange et dérangeante? Est-ce voulu? Ou pas?
Tout autant de question qui ne trouve pas de réponses quand se lance la séquence finale, seule moment ou là parole reprends ses droits, ou plutôt la chanson. Car c'est la fameuse chanteuse qui conclut cette expérience, achevant de donner un caractère éthéré à ce que l'on vient de vivre.
Nous sommes encore dans le flou quand on redécouvre en toute fin de jeu (après un générique final qui ne présente AUCUN NOM, c'est important pour la suite) quelques séquences mais cette fois-ci doublées (et sous-titrées). On comprends alors que l'on a vraiment rien compris. Que tout ce qu'on vient de vivre était une manipulation scénaristique que le twist final nous fait appréhender différemment. La chanson qui clame que les 'mots n'ont guère d'importance' est aussitôt désavouée, car dès que la parole reprends ses droits, on a une toute autre vision des événements. Et c'est là que l'on comprends qu'il faut refaire une partie, en connaissance de cause, pour saisir toute l'étendue de la supercherie.
 
 
 
Et c'est à ce moment là qu'un carton s'affiche, annonçant que vous venez de débloquez les dialogues du jeu...
~THE QUIET MAN ANSWERED~
Le Sens Des Mots
 
Je le répète afin d'être au clair avec chacun, cette seconde partie va largement revenir sur l'analyse et la description du jeu, et par là même en révéler l'intrigue et je dirai même jusqu'au concept fondateur. Je réitère donc ma mise en garde si vous voulez découvrir par vous même cette expérience, n'allez pas plus avant dans la lecture de cet article et lancez vous dans The Quiet Man, qui malgré sa technique défaillante mérite qu'on s'y attarde.
 
Le gang des méchants pas beaux qui parle hispanique, les SOL33. Si quelqu'un comprends la signification de ce nom, je vous en prie éclairez-moi

Une fois cela posé, nous revoilà partie pour un second Run...mais cette fois-ci avec le son. Pas seulement les dialogues mais bel et bien l'ensemble des bruitages. Et autant commencer par le message le plus évident (que beaucoup n'ont donc par perçu): The Quiet Man est une sensibilisation à la surdité. Une manière directe et sans doute un peu violente de faire comprendre à nous autres entendant l'importance des sons qui nous entourent, et qui nous permettent une compréhension du monde qui pour nous paraît évidente mais qui pour les sourds se révèle bien plus compliqué.
L'incompréhension totale et le sentiment d'être perdu lors de la première partie était un but recherché par les développeurs, un moyen de faire comprendre aux joueurs le point de vue quotidien des non-entendants. Cela n'excuse en rien la pauvreté technique mais donne à The Quiet Man une respectabilité qu'il serait malhonnête de ne pas mettre en avant. Quand on redécouvre le jeu avec l'ensemble de son environnement sonore, on saisi l'importance - et notre chance - de posséder le sens de l’ouïe et appréhendons mieux le handicap que cela génère chez les sourds. Et rien qu'en cela il m'est impossible de classer ce jeu parmi les plus honteux. Bien au contraire. Notre mépris envers The Quiet Man reflète en quelque sorte le mépris de la société envers le handicap (et en tant qu'handicapé, je sais de quoi je parle). Les valides bien dans leur peau aimeront se moquer de ce titre certes pas très bon au niveau du gameplay mais se garderont tout autant de mettre en avant son message profond. De toutes façons, combien ont refait le jeu une seconde fois pour saisir ces notions là. La réponse nous est donné par la PS4 elle même: 17% de ceux ayant commencé The Quiet Man l'on finit avec la 'vraie' fin.
Mais bon peu importe, je ne suis pas ici pour parler ce ce sujet bien trop complexe pour ma petite tête, concentrons nous sur le titre en lui-même.
Cette version 'doublée' est donc en fait absolument pas un correctif ou un quelconque Mea Culpa. C'était prévu depuis le départ, comme un roman policier auquel on aurait livré la seconde partie explicative un mois après la sortie du livre. Et en effet celle-ci explique beaucoup de choses!
Notamment le rôle du 'policier' qui se révèle donc bien le père de Dane - le prénom de notre bonhomme que l'on à découvert dans le dernier tiers de notre première partie, sur l'écran d'un smartphone. Cette simple information redonne tout un sens à l'histoire qui se déroule sous nos yeux. Le fait que l'homme parle à son fils sans que celui-ci ne le comprenne nous apparaît alors sous un jour nouveau, surtout quand on prends conscience de ce qu'il lui dit...vraiment des horreurs...un père qui rejette sur son enfant les pires erreurs possibles. La relation entre les deux va se révéler le c½ur du jeu, pour le pire et le meilleur.
Toute cette histoire d'enlèvement de Lala -le nom de la chanteuse - étant un coup monté du père pour qu'elle puisse s’échapper à cette vie qui la rends triste. Et de faire ressurgir des ténèbres de l'esprit de son fils le 'Taciturne', cet espèce d'esprit protecteur derrière lequel s'est réfugié l'handicapé depuis la mort de sa mère, pour s'en servir comme bouc émissaire de l'enlèvement. D'ailleurs au passage Lorraine (la mère) et Lala (la chanteuse de cabaret) sont donc interprété par la même actrice, la seconde étant en fait la sosie de la première, ce qui mettra Dane et Robert dans une certaine confusion de sentiment.
Mais également Taye, le fameux boss du Club Moonrise qui sort donc avec le portrait craché de la femme qu'il tua par accident dans son adolescence...drôle de manière de tenter de se racheter une conscience...De son coté on comprends son fort attachement à Dane mais aussi sa manipulation sur ce dernier depuis des années.
A noté que des plans supplémentaires sont ajouté dans cette seconde partie. Vraiment quelques-uns mais qui permettent de mieux unifier le récit. Et une toute nouvelle scène cachée se trouve également après le générique (avec les noms qui apparaissent cette fois, pour bien signifier que l'on est VRAIMENT devant la fin du jeu)
 
 
Tout cela est bien tortueux finalement et sans doute en rajoute t-il au coté bordélique et opaque de l'ensemble mais il me semble que toutes ces révélations et ce décryptage en règle fait entièrement parti de l'expérience. Ceux ayant fait le jeu qu'une seule fois n'auront donc pas été au bout du truc.
Cependant tout ne trouve pas de réponse non plus lors de cette seconde phase...surtout en ce qui concerne le 'paranormal' et les pouvoirs de Dane. Comment fait-il pour revenir d'entre les morts alors qu'il à reçu deux balles dont une en pleine tête en coup de grâce? Et d'où sortent ses pouvoirs lors de sa résurrection? Le 'Taciturne' est-il véritablement un 'protecteur', une sorte de démon à la The Crow? On en sait rien, le jeu n'explique à aucun moment ces choses-là. Je ne suis même pas sur que qui que ce soit possède une explication..
 
CONCLUSION:
 
Il m'est difficile d'apposer un avis tranché sur The Quiet Man. D'un point de vue purement ludique, c'est un zéro pointé. Il n'y a rien à sauver en terme de jeu vidéo là-dedans. Si vous voulez jouer à un jeu du genre avec les mêmes mécaniques et la 'même ambiance générale' je vous pousserez plus vers le jeu 'Watchmen' mettant en scène le Hibou et Rorsarch paru sur PS360. Il faut reconnaître cependant que graphiquement le jeu n'est pas vilain et à quelques chose à défendre de ce point de vue là...mais il n'y a rien d'original ou qui sorte du lot. Des couloirs de squat, des ruelles, un cabaret, ses coulisses, son toit. Voilà l'ensemble des décors que vous serez amené à traverser. Rien de bien folichon...
 
 
Mais l'essentiel du titre ne se trouve pas là. La première partie - sans le moindre son - est un passage douloureux, lent, long, lourd, incompréhensible...et délibéré. Le joueur est placé dans la situation d'un Sourd qui jouerait à un jeu vidéo non adapté pour lui. On ne capte rien, on enchaîne les niveaux bêtement, les enjeux nous échappent complètement...on devine - ou croit deviner - quelques situations et autres relations entre personnages mais une scène contredit toujours notre raisonnement...Cette opacité combiné au gameplay aux fraises lui couta sa réputation et fit de lui la risée du monde vidéoludique à sa sortie...
Et c'est là que se pointe la deuxième partie - avec le retour du son - qui éclaire sous un jour nouveau toute l'expérience. Alors certes le jeu n'en devient pas meilleur c'est sur mais il en devient moins pire par ses bonnes intentions et ses 'astuces' de récit qui surprennent quand on comprend enfin tout le contexte. J'ose une comparaison qui en surprendra plus d'un mais on est assez proche de ce que proposent des films comme Usual Suspect ou encore Memento dans la manière de raconter une histoire de manière non conventionnelle. Notre premier visionnage diffère grandement du second, une fois qu'on à les clés en main et certaines des réponses. Mais bon ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis, on est loin de ces deux chefs-d’½uvre du cinéma...c'est juste sur le principe narratif que je fais cette comparaison.
 
Voici l'intégralité de ma partie en 'Answered' (c'est à dire avec dialogues et sous-titres)
 
The Quiet Man est un jeu qui se parcourt donc deux fois. D'abord perdu dans un monde inaudible comme Dane le sourd le vit tout les jours puis une deuxième fois ou l'on tire leçons de ses expériences de notre premier run. Mettant alors en exergue à quel point il doit être difficile au quotidien pour les non-entendants de mettre un sens à ce qui les entourent. Sous ses atours imparfaits - pour ne pas dire ridicule - l'expérience produite par Fujinaga et écrite par Joe - 'Man of Action' le papa de Ben 10 - Kelly ne laisse pas indifférente et fait réfléchir sur la notion de handicap et de notre rapport à celui-ci (en l’occurrence la surdité).
 
Je m’attendais à un nanar(d) flamboyant, consternant de médiocrité et sans réel fond, sans rien à raconter. Je me trompai. The Quiet Man n'est certes pas un grand jeu en terme vidéoludique mais n'en reste pas moins une tentative (très maladroite) de mettre le joueur dans une situation nouvelle et perturbante. De le mettre dans la peau d'un sourd devant vivre et comprendre une situation donnée, sans aide, sans livret d'explication, sans rien...comme dans la vraie vie. Et en cela il mérite que l'on s'y attarde. Vraiment.
Passez les tests incendiaires et les a-priori néfastes et tentez l'expérience, car comme on dit: Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...
 
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Commentaires

Yaeck
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Yaeck
Merci pour ces charmants commentaires!
Fachewachewa
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Fachewachewa
Un peu de la même manière que la seule bonne idée de Quiet Man c'est les néons de son menu d'options, j'dois avouer que ton titre était pas mal.


Le fait que tu dise "c'est important pour la suite" à plusieurs reprise sans que ce soit au final important pour quoi que ce soit résume en tout cas bien le jeu.

C'est bien beau de dire qu'il faut avoir fait le 2ème run pour comprendre ou que c'est "une sensibilisation à la surdité" mais c'est juste n'importe quoi. Le jeu n'a aucune vision.
Les devs le disent clairement dans leur vidéo, ils pensent être des génies en nous mettant au même niveau qu'un héros sourd, mais c'est vrai dans aucun des deux run (l'un nous retirant des information, l'autre nous en donnant trop).

L'incompréhension elle est pas due à l'absence de mots mais à l'écriture du jeu. Oui c'était voulu, mais ils méritent pas le moindre respect pour ça. Un personnage sourd permet facilement de ne pas partager certaines informations à l'audience, mais au lieu de ça ils ont pondu un truc tordu avec un personnage débile qui des fois comprend des trucs qu'on lui dit en tournant la tête, et des fois comprends pas des trucs qu'on lui dit en face.

Bref, c'est ce jeu qui est méprisant. Et pas qu'envers les sourds, suffit de voir les adversaires du jeu.

Attaquer les critiques sur ce point est d'autant plus ridicule que les gens se sont pas contenté de critiquer le peu de gameplay présent. Et ne se sont pas non plus limités à un premier run comme tu le laisse entendre.


"Notre premier visionnage diffère grandement du second, une fois qu'on à les clés en main et certaines des réponses."
La principale différence, c'est que les films de tu cites ont mérité leurs twist. Là où des scénaristes compétents disséminent leurs "clés" un peu partout à travers leurs oeuvres - ce qui permet effectivement de comprendre de nouveaux trucs au second passage - Quiet Man a juste décidé de cacher ses clés. C'est comme un murder mystery ou le coupable serait un personnage qu'on n'a jamais vu avant, sans aucune possibilité de le deviner.
Bref non, le principe n'est pas similaire du tout.


Et finalement : non, il ne mérite absolument pas qu'on s'y attarde. Si ce qui vous intéresse c'est les jeux qui tentent des trucs, il y a des centaines de possibilités toutes meilleures les unes que les autres. Ici c'est juste un jeu de merde qui a eu droit à de la médiatisation parce que Squix l'a montré à l'E3.


PS : J'vais me répéter mais tu pourrais largement virer beaucoup de paragraphes qui servent à rien (tout le monde sait ce qu'est un BTA, et tu parles pas de jeux que personne ne connait..) pour en venir au cœur du sujet. Ici t'as fait presque 4000 (!!!) mots et quand le moment arrives enfin tu décides de ne pas approfondir parce-qu'il-ne-faudrait-quand-même-pas-en-arriver-à-réfléchir-hein !
Gounaiel
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Gounaiel
Alors franchement non, il ne faut inciter personne a jouer à cette purge et ton article ne m’a pas convaincu d’être passé à côté du sens du titre.
A la rigueur, pour un point de vue moins validiste sur la question de la surdité, il y a « Le pays des sourds », le documentaire de Nicolas Philibert.

Nul besoin de s’infliger -deux fois- cette purge.