Tokyopoke

Par pokepoke Blog créé le 19/12/09 Mis à jour le 19/10/12 à 11h26

De Tokyo, voici un extrait de milliers de pensées, élucubrations et stéréotypes faisandés, sous fond de reviews de jeux vidéo et de non-culture japonaise. Un beau voyage d'une jouissante tristesse au milieu de l'impopularité galactique.
Le mode d'emploi c'est ici: http://bit.ly/h13PaG !!!

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En direct du Japon
Je poste cette ancienne réflexion inspirée par mon apprentissage du Japonais, mon expérience, et quelques lectures...

...pour faire cesser certains "on-dit", et ABSOLUMENT avertir toutes personnes ayant entendu qu'apprendre le Japonais est facile; qu'à l'aide d'un bon livre, en trente leçons on peu se débrouiller pour acheter son sushi quotidien ; voir même que cette langue est plaisante a l'apprentissage...

Oui... mais non, en fait.

Apprendre le japonais est juste un défi impossible qui vous propulsera dans un torrent de souffrances, de tortures cérébrales, multipliant par dix votre moyenne de moments de honte en public par rapport à celle d'un étudiant en espagnol lambda, et divisant par dix votre acuité visuelle écorchée par les microscopiques détails composant l'écriture japonaise.

Si jamais l'idée vous vient de faire partie des innombrables victimes de ce langage maléfique, je vais tenter de vous en dissuader des maintenant.

Tout d'abord, il faut savoir que la langue japonaise a la bonne idée d'intégrer pour un maximum d'incompréhension, trois alphabets totalement différents dont l'utilisation varie hasardeusement en fonction des situations, du mot employé, du temps qu'il fait, de la couleur de votre culotte...
On retrouve alors les Hiragana « petites lettres biscornues » au nombre de 46, les Katakana « petites lettres anguleuses » encore au nombre de 46, et les Kanjis « assemblage aléatoire et pernicieux de milliers de petits traits » déclinables sur plusieurs milliers de formes. Somme toute, un paquet de raisons plus nombreuses que le nombre de cheveux possibles à arracher sur votre tête.

Dans les détails:

Les Hiragana :

Ils furent créés un soir de partie de Pikushonari (ancetre nippon du Pictionnary) royale à la cour de Kyoto. Les convives émechés s'adonnerent alors à de multiples tentatives et gribouillages insensés. L'histoire aurait pu se limiter à cette anecdote anodine, si le roi, le plus ivre de tous, n'avait pas décidé dans la foulée d'en faire l' alphabet utilisé pour écrire les mots d'origine japonaise, les Hiragana.
Chaque lettre correspond à une syllabe, ces mêmes lettres mises en groupe forment un mot, ce même mot pouvant avoir une vingtaine de sens différents.
N'imaginez donc pas vous faire comprendre avec les mots formés d'Hiragana, car personne ne peut en deviner le sens si vous ne leur associez pas un correspondant encore plus complexe, en Kanji.
Les Hiragana ne sont donc d'aucune utilité, même pour les Japonais, et vous seriez bien bêtes de les apprendre.

Hiraganas

"Hic ! ... Nous en feuuurrrons...hic ! notre Alphabet ..! Buuurrrp"


Les Katakana :

Abandonnez tout de suite l'ambition de différencier un katakana d'un autre, ces 46 lettres sont totalement identiques et ne demeurent que source de maux de tête douloureux.
L'alphabet Katakana fut initialement inventé à des fins militaires; une arme terrifiante dont le but initial était d'asservir toutes les langues étrangères, en s'appropriant leurs mots et expressions.
Ainsi en japonais, on transcrit un mot étranger en japonais par le katakana, ce qui lui fait perde automatiquement tout sens et identité. Le "mot" se retrouve dépeucé de toute âme.
La prononciation du mot est la région directement frappée par cette arme.
Une expression telle que « Merry Christmas » deviendra un incompréhensible « Meerii Kurisumasu » et « scarf » (écharpe en anglais) se dira abominablement « sukaafu »...
En bref, chacune de vos confrontations avec des katakana tournera au jeu de devinettes sordidement impossible, vous faisant douter sur les propres mots de votre langue maternelle. (s'en suit bien naturellement une crise identitaire doublé d'une réaction de repli sur sois même)

Heureusement, depuis l'abandon du Japon de sa politique de domination du monde, les katakana ne servent majoritairement plus que des causes inutiles, comme pour illustrer les enseignes de salons de thé, les slogans pubs racoleurs ou les marques de vêtement.
Ne pas savoir que vous prenez un verre au « café du Paris » ou encore que vous portez un tee-shirt «Du toi mon Honte» ne pourra que vous être bénéfique.

Alors un conseil, faite l'impasse sur cet alphabet.


Constat d'échec des Katakanas.

Les Kanji :

Le premier Kanji fut offert par l'empereur Chinois Xi Vuding (Urine Dorée) en guise de dote a l'empereur Japonais Sodomitsu (Cerise Odorante), a l'occasion d'un mariage arrangé sensé unifier les deux pays, mais qui tourna court pour cause, comme souvent en Asie, d'une dispute riz-ible..
Le reste des Kanji fut dérobé plus tard par les samouraïs Japonais, qui à chaque passage en Chine avaient pour coutume de violer quelques femmes et rapporter de nouveaux Kanji au Japon pour reconstituer l'ensemble de l'alphabet.
Le nombre de Kanji est aujourd'hui estimé à quelques trillions, dont une centaine de millions strictement interdits d'utilisation.

Un Kanji est un amas incommensurable de petits traits a l'orientation chaotique devant être tracés dans un ordre bien précis pour ne pas se retrouver envoûté sur l'instant par le malin pouvoir y étant renfermé.
Chaque Kanji a une signification propre comme « voiture» ou « enfant », et l'association de deux ou plusieurs en donne une nouvelle.
Ainsi en combinant le kanji «chien» avec le Kanji «rapide» vous obtenez «climatiseur».
Le kanji ne s'arrête pas la dans son processus de torture pour notre cervelle de gaijin (étranger au Japon), non non non.
En effet, la prononciation d'un même Kanji diffère d'une phrase a l'autre, varie selon des paramètres divers tel que votre âge, celui de votre interlocuteur, de votre inclinaison sexuelle, le taux d'ensoleillement, etc.

Rassurez-vous, il tellement impossible d'utiliser correctement les Kanji (« langage maudit » en Chinois), que même les Japonais ont fini par les délaisser au profit d'un système plus idiomatique réunissant Pokémons et jeux télévisés cruels.

 

Extrait de la liste des Kanji Interdits. Si vous les avez lus, vous ne le savez pas mais vous êtes déjà mort...


Construction syntaxique digne d'une oeuvre de S. Escher:

Le positionnement des mots dans une phrase japonaise défit une nouvelle fois toute logique existante. Une des meilleures techniques pour construire une phrase en Japonais reste de prendre tous les mots de celle souhaitée et de les lancer hasardeusement de la manière la plus improbable qu'elle puisse vous paraître. A raison d'une chance sur cinquante vous obtiendrez une phrase dotée de sens.

Je crois définitivement que les mots constituant le vocabulaire Japonais furent établit par des aveugles jouant aux fléchettes sur une cible ou chaque case représentait une syllabe. On trouve donc des combinaisons syllabiques invraisemblables, sans queue ni tête, et un nombre infini d'homonymes.

De ce fait, les Japonais ne savent jamais s'ils parlent du film qu'ils ont vu la veille ou de nourriture pour chat. Personne ne se comprend réellement ici, mais tout le monde essaye de deviner en fonction du contexte.
Si jamais un Japonais saisi le sens d'une de vos phrases, n'allez pas vous croire capable de comprendre la réponse sans être sous l'influence de violentes drogues, a part si vous êtes un élucubré extralucide champion de puzzle imaginaire.

Mic-mac dans l'interprétation des ordres du QG: des policiers se retrouvent à jouer là DS sur la scène du meurtre.


La politesse:

La difficulté ultime est si vous tentez d'être poli avec un Japonais. Moult niveaux de politesse vous obligeront à repenser deux fois à ce que vous allez dire, car encore une fois les mots et expressions varient du tout au tout selon votre position sociale, celle de l'interlocuteur, si vous êtes tout nu ou sur le point de mourir. Le moindre écart vous attirera moqueries mesquines des uns et colères des autres, sans que vous n'en ayez compris la cause.

Voici un exemple de vie :

pokepoke se rend chez le vendeur de sushi.
-Vendeur : « Bonjour ! »
-pokepoke : « Bonjour ! »
Tous les clients se retournent vers pokepoke pouffant de rire...

Analyse du pourquoi du comment :
Je suis étranger, le vendeur de sushi est plus vieux que moi mais moins riche. Pour exprimer la marque de politesse adéquate j'associe donc naturellement le kanji du « marin » a celui du « cheval » pour donner un « bonjour ! » aux allures d'un «salut mon brave » communément utilisé en France.
Or mon erreur est de ne pas avoir comptabilisé les faits que ce vendeur était gaucher contrarié et qu'on était un Lundi après midi...
J'aurais en fait du lui dire «perdrix » «chapeau », équivalent au banal « «salut ma biche ! » français pour le saluer... d'où le fou rire des clients Japonais présent dans le magasin. (puis les quelques coups de pied anonymes qui s'ensuivirent).

 

Un jeune francais se traine de honte après s'être trompé d'un degré de politesse.

 

Conclusion (ou pas):

Vous l'aurez compris, apprendre le Japonais ne vous attirera que des ennuis personnels, déclenchant des dépressions nerveuses chronique dont le seul échapatoire est un suicide "kamikaze".
A fortiori, il serait bien sage de laissez tomber tout de suite, voire même de ne jamais en envisager l'apprentissage.

De toutes façons vous ne serez que rarement enclin à utiliser du japonais au Japon, la population elle-même ayant lâché l'affaire, préférant communiquer par petits sons rythmés en entrechoquant des baguettes de bois, et élever des Pokémons pour d'adonner à des combats à morts.

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Commentaires

pokepoke
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pokepoke
Est-ce bien vrai ? hmmm...

En tout cas, pour ceux qui taffent le Jap, pour vous remotiver je dirais qu'il faut que vous repensiez au chevalier du Poenix qui revenant des enfers et devient plus fort, et plus beau aussi... ou pas :P
Kokoro
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Kokoro
J'ai rigolé du début à la fin! Mais franchement, tout cela est il vrai? =p (le coup du roi bourré, la traduction des noms du premier paragraphe des Kanji...). Très bon article en tout cas ^__^
SeeDreeks
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SeeDreeks
J'ai adoré lire ce texte... merci pour ce grand moment !
difdaf
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difdaf
j'arrive pas à poster un commentaire complet :/
cortec
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cortec
surtout la fin , bravo , j'ai adoré et tu m'a dissuader du coup xDD
kitsune
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kitsune
J'apprends le japonais ! Et j'ai beaucoup ri :lol:

Édito


Féru(e)s de litterature pixelisée, de stéréotypes sur le Japon, de chats et de chiens,
venez consulter les non-dits et non-écrits de Tokyopoke d'ores et déjà élu:

- Médaille d'or des consommateurs 2010
- Grand prix de l'odeur Automne 2010
- Meilleur espoir du phrasé 2010

Tokyopoke, c'est ici !!!

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