Après avoir réalisé ce debriefing, je me suis rendu compte qu'il était excessivement long et très indigeste. J'ai donc décidé de le couper en 2 parties pour un peu plus de clarté. Mais il reste quand même très indigeste. :x
Je ne vous cache pas que je l'ai attendu ce Dragon Age : Origins. Et pour une seul raison ! Selon Bioware il était le descendant spirituel du glorieux Baldur's Gate. Rien de moins. Au vue des racines qu'invoque son éditeur, on pouvait s'attendre à du lourd. Malheureusement, après avoir terminé le jeu, le constat est vraiment très mitigé par rapport aux attentes que j'en avais. Tout n'est pas à jeter mais disons qu'il y a tellement d'éléments mal intégrés ou mal pensés que le jeu en pâti lourdement. En tout cas c'est ce que j'ai ressenti en jouant à ce RPG made in Occident. A noter qu'il s'agit ici de la version PC.

Dragon Age en 2004. On peut dire que graphiquement ça ne fracassait pas des briques.
Il était une fois...
L'histoire de Dragon Age ne date pas d'hier. Le jeu avait été présenté pour la 1er fois en 2004 lors de l'E3, et à l'époque on ne savait pas encore grand chose de ce jeu si ce n'est qu'il semblait plus sombre que tout ce que Bioware nous avait présenté jusqu'à présent. Il avait été mentionné qu'on retrouverait les grands classiques du RPG occidental avec un univers remplis d'elfes, de nains, et autres créatures légendaires, et qu'on aurait à affronter un mal ancestral qui menace un royaume d'être enseveli sous les cendres. Bref, du grand classique. Après cette présentation lors du salon, plus rien. Blackout complet. Il faudra attendre 2008 pour réentendre parler du jeu. Et très honnêtement je soupçonne un développement chaotique qui a eu pour résultat de créer un jeu très moyen au final. L'impression que j'en ai, c'est que le développement a du être mis en pause ou totalement réorienté en cours de route pour être adapté à des machines plus récentes, à commencer par les nouvelles consoles de salon, comme la PS3 et la Xbox360 qui commençaient à poindre leur nez. Ce n'est pas tant scénaristiquement (même si le scénario est très classique), ou bien d'un point de vue "jeu de rôle" que ça bloque. Mais plutôt techniquement, et surtout le manque de peaufinage général du jeu. Et ça se ressent d'autant plus quand on joue à la version PC qui semble être une adaptation à peine rehaussé de la version console du jeu.
Dès la création du personnage, l'effet Kiss Cool commence à se faire sentir. A peine 3 races (humain, nain, elfe) autant de classes (guerrier, voleur, mage) et la possibilité de faire un choix d'origine qui servira d'introduction à votre personnage. Une fois mis le pied dans le jeu, on se rend compte qu'on a à faire à un univers très sombre tel que l'avait souhaité Bioware dès le départ. On trouve pêle-mêle des nains fascistes reclus sous terre, des elfes citadins vivant dans des taudis, enrôlés comme main d'oeuvre bon marché par les humains, et leurs cousins dalatiens qui vivent dans les forêt de Ferelden sans véritable foyer, ou encore des mages sous contrôle de la Chantrie (le christianisme locale) qui n'hésite pas à lobotomiser, voire carrément tuer, les plus dangereux d'entre eux. Si on rajoute à ça l'Engeance, une horde de créatures sanguinaires venue des Tréfonds de Thédas, et menée par un archidémon dont le seul objectif est de raser le monde, je crois qu'on peut dire qu'on a touché le gros lot.

La page de sorts d'un mage. La page de talents d'un guerrier ou d'un voleur a le même aspect.
Always look on the bright side of life...
Je commence par créer mon personnage, un mage humain, et je lance la partie. Me voilà propulsé dans la tour des mages pour mon scénario d'introduction. Ceux-ci ne durent généralement pas plus d'une heure et sont au total de 8. Ils sont là pour vous mettre dans le bain en servant de tutorial, et vous permettent d'en apprendre un peu plus sur la vie en Ferelden où tout ne semble pas rose. Mais dès cette courte introduction on voit que Bioware a poussé l'aspect "jeu de rôle" assez loin avec de multiples choix possibles (en fonction de votre alignement moral). Et ça sera comme ça tout au long du jeu où vous devrez prendre des décisions souvent pas si simple que ça. D'ailleurs en fin de partie, un compte rendu est fait en fonction des divers choix que vous aurez pris, et je me suis rendu compte que certains n'étaient pas forcément les plus pertinents que j'aurais pu prendre. On voit que Bioware a tenté de brouiller un peu les pistes et de faire en sorte que toute décision supposément bonne ne soit pas forcément la meilleure.
Bref, quoi qu'il en soit, l'aspect RPG de Dragon Age est le point fort du jeu. On regrettera néanmoins qu'on ne puisse pas jouer un vrai méchant, du au fait que vous devenez un Grey Warden (un Garde des Ombres en françois) qui est avant tout là pour défendre les terres de Ferelden contre l'Engeance. On peut faire le parallèle avec Mass Effect et son héros Shepard qui devient un Spectre. Il en résulte qu'au mieux vous pouvez jouer les enfoirés en prenant des décisions pragmatiques et expéditives, mais pas vraiment la possibilité de jouer un vrai méchant qui déciderait de tuer tout ceux qui se mettent en travers de son chemin. De toute manière le scénario ne vous le permet pas et en plus, contrairement à Baldur's Gate, il est impossible d'attaquer qui que se soit, tant qu'il n'est pas passé en mode agressif. Vous pouvez lancer une boule de feu au milieu d'un groupe de PNJ neutre, il ne se passera rien...
En parlant de Baldur's Gate, on retrouve certains éléments du jeu dans Dragon Age. A commencer par la fameuse "pause" qui permet de figer l'action afin de donner des ordres à son groupe. C'est toujours sympa de retrouver ce petit élément de gameplay qui apporte un peu de stratégie au jeu. Et je peux vous dire que vous en aurez besoin au vue de certains combats assez difficile. Autre élément de gameplay présent, la vue baldurienne qui permet de voir le jeu en vue isométrique. Ça a son charme mais malheureusement celle-ci semble avoir été implantée à la va vite, mais j'y reviendrai plus tard. Graphiquement, dans cette vue, on aurait presque l'impression de jouer à un vieux jeu en 2D de l'époque. Ce qui n'est pas pour me déplaire.
Nous avons la technologie !
D'ailleurs en parlant de graphisme, la qualité de la réalisation est à géométrie variable. Pour commencer, la plupart des personnages principaux ont reçu un traitement de faveur pour ne pas ressembler à un personnage lambda. Malgré ça, leurs expressions faciales sont quasi-inexistantes. On a l'impression par moment d'avoir à faire à des statues. Quant aux zones de villes/villages/donjons, elles sont assez décevantes dans la mesure où elles sentent bon le toolset. Beaucoup de lieux ont reçu un soin particulier pour ne ressembler à aucun autre, mais d'autre semblent vraiment basiques. On a l'impression que Bioware a tracé une route, mis 3 baraques... et en avant la musique. Le plus décevant sont les zones de transition lorsque vous vous déplacez sur la carte et que vous faites une rencontre impromptue. Ces zones sont des copier/coller avec juste 2~3 changements. Pas terrible pour l'immersion. Et enfin, d'une manière générale, les cartes sont généralement petites et couloirisées. Vous tombez rarement sur de larges zones ouvertes donnant un sentiment de liberté. Je crois bien que le comble, c'est que les zones les plus larges se trouvent dans les Tréfonds, qui est une zone souterraine. Par contre il faut avouer que les effets de sorts sont plus que bien réalisés, avec une profusion d'effets et de couleurs. A noter aussi les finish move des guerriers et voleurs qui sont du plus belle effet surtout quand c'est fait sur une grosse créature.

Les succubes ont une propension à s'habiller court. Très court.
En ce qui concerne les sorts et les coups spéciaux, Bioware a développé un système bien particulier de talents et de magie à débloquer (voir screenshot plus haut). A chaque niveau vous gagnez un point de talent que vous pouvez investir dans un sort pour les mages ou une technique spéciale pour les voleurs et les guerriers. Il est possible dans chaque classe de se spécialiser dans un domaine précis. Par exemple un guerrier pourra se spécialiser dans le combat d'arme à deux mains, dans le combat de deux armes à une main, dans le maniement du bouclier ou alors dans le combat à distance. Bref, dès le départ il est possible d'axer son personnage comme bon nous semble. Mais personnellement je pense que ce système pourrait être amélioré car il force un peu trop à être spécialisé dans un domaine précis pour être efficace sans donner la possibilité d'être un minimum polyvalent. Quant aux spécialisations, elles sont pour la plupart très largement dispensables. Là aussi il faudrait repenser le système.
Autrement élément similaire à Baldur's Gate, les compagnons de voyages. Vous rencontrerez au gré de vos pérégrinations certains personnages enrôlables pour venir vous prêtez main forte dans votre quête. Chaque personnage à son propre tempérament et sa propre histoire. Vous serez parfois amener à faire des quêtes pour leur compte et ainsi étoffer leur background. Certains sont peu bavards (spéciale dédicace à Sten), d'autres parlent beaucoup trop (spéciale dédicace à Léliana), et enfin certains m'ont bien fait rire (spéciale dédicace à Oghren). A chaque fois que vous débloquez un compagnon, il apparait dans le campement, une zone spéciale dans laquelle vous pouvez vous rendre à tout moment (en dehors des donjons), et qui contient en plus un vendeur qui vous permettra de vider votre inventaire. Vous pourrez discuter avec eux, remplacer leur équipement, leur faire passer un niveau, et même tenter de conclure une romance qui débouchera sur une vidéo des plus ridicules (c'est d'autant plus ridicule avec Morrigan qui se trimbale à moitié nue, et qui se retrouve avec un gros soutien-gorge et une grosse culotte de cheval...). Sur le principe, cette zone est sympa, mais on regrettera qu'elle soit toujours plongée dans le noir. Car oui, il faut le noter, il n'y a pas d'alternance jour/nuit dans DAO.
Enfin un autre bon point, l'équipement. Celui-ci est assez varié, et tout comme dans Baldur's Gate, vous trouverez certains objets légendaires avec des pouvoirs plus ou moins puissants. La particularité du matériel dans Dragon Age est qu'il est, d'une manière générale, souvent spécialisé dans un domaine précis. Vous trouverez des armes et armures avec des dégâts et des résistances spécifiques à certains effets ou certains monstres. Bon il faut quand même avoué qu'on trouve beaucoup d'armes ou d'armures lourdes pour guerrier. L'équipement pour voleur et surtout mage, se fait bien plus rare. Et puis surtout l'aspect des robes et armures de ces derniers ne sont pas super variés. Je crois que j'ai vu que 2 modèles de robe de mage (Oo). Et puis toujours concernant les mages et les voleurs, on peut dire qu'ils n'ont pas été gâtés avec leurs casques et capuches qui sont souvent d'un ridicule... (en particulier les capuches de mage).

Morrigan, la cochonne du groupe (quoi que Léliana est pas mal aussi dans son genre) qui tente de jouer la désapprobation. Powered by Actors Studio.