Dans l'oeil du Cyclone

Dans l'oeil du Cyclone

Par Sharn Blog créé le 02/07/12 Mis à jour le 23/11/13 à 11h29

Souviens-toi de Delilah.

Ajouter aux favoris

Catégorie : Ce qui est écrit

Signaler
Ce qui est écrit



J'ai d'immenses difficultés à écrire sur la Horde, à la présenter tout en lui donnant toute l'intensité qu'elle réclame. Et pourtant je vais en parler, mais comprenez que parler de la Horde c'est décrire avec des mots la force d'une explosion, avec beaucoup de talent on peut faire sentir ce qu'on a vécu mais dans bien des cas les mots ne seront pas assez forts ou justes pour exprimer tout le ressenti d'alors.

La Horde c'est ce groupe d'élite envoyé en Extrême-Amont voilà vingt-sept ans. Presque trente ans qu'elle contre, qu'elle remonde à pied une lande lavée à grands vents. Pourquoi remontez en Extrême-Amont ? Parce que l'Hordre et toute la bande du contre veulent savoir qu'elle est l'origine du vent, de ce vent qui ne cesse jamais de souffler vers l'Extrême-Aval, vers Aberlaas. Huit siècles que la question se pose et déjà trente-trois Hordes ont échoué. La 34ème est la meilleure de toute, elle trace direct selon la hargne de la lignée Golgoth. C'est le neuvième qui est à la tête de la Horde. Golgoth est plus qu'un homme, c'est le contre fait homme. Casque enfoncé jusqu'aux sourcils il tracte sa Horde. Le Fer en étai derrière lui, puis le Pack qui doit rien lâcher enfin les Crocs qui trimbalent tout le matériel. La Horde est plus que tous les individus qui la composent. Sans sa Horde derrière lui Golgoth aurait bien du mal à remonder, il pourrait le faire on n'en doute pas mais à quelle vitesse et quels risques ? Non il a besoin de la Horde comme la Horde a besoin de lui. Croc, artisan du bois, feuleuse, artisan du métal, braconnier du ciel, sourcière, soigneuse, aéromaitre, ailiers, oiselier-chasseur, éclaireur, fleuron, pilier, géomaitre, combattant-protecteur, scribe, prince et troubadour ils sont avec lui pour contrer jusqu'en Amont. Ils ont tous et toutes leur idée sur ce qu'est l'Extrême-Amont, ils la partagent comme ils partagent chaque moment de contre. Ils sont noués aux tripes pour cet unique voyage face aux dangers qui ne sont pas tous faits de vent.

Voilà le point de départ de la Horde ce groupe gigantesque de liens et de confiance. C'est le fond de la Horde du Contrevent, la forme est là, aussi. Tour à tour altière, vernaculaire, prosaïque voire vulgaire la langue, le mot, le vent fait son donne tout son impact à cette vie donnée pour le contre, le voyage, la Horde. La Horde ce sont des personnages plus vivants, plus éblouissants que la réalité. On s'attache à eux, on les voit vivre, pleurer, aimer, manger, jouer, chanter, conter. Et tout du long on se met à remonder avec eux pour savoir ce qui se cache là-bas au bout du monde.


Que Vent vous garde.

Ajouter à mes favoris Commenter (4)

Signaler
Ce qui est écrit

 

Qui est Chien du Heaume ? Son nom et par extension son identité c'est la recherche de Chien du Heaume. Pas de grande menace contre laquelle on combat pour le bien commun, pas d'intrigues politiques visant la domination du royaume, simplement une femme avec sa quête personnelle. Oui Chien du Heaume est une femme, une mercenaire dure comme on se doit de l'être dans cette période du Haut Moyen-Âge. Les temps sont durs pour ceux qui vivent par le fer ou la terre, les combats pour des bouts de pays sont partout et laissent leur trace dans la chair de ceux qui croisent Chien du Heaume.

Chien comme on l'appelle souvent n'est pas belle. Elle le sait et tout le monde le lui dit. On est pas là pour se jeter des galanteries. Chien est une femme mure avec ses 30 ans, sa vie est pleine comme son caractère. Elle dit ce qu'elle pense et fait ce que lui dicte sa conscience. Tous ces actes ne sont pas reluisants mais elle n'est plus mauvaise qu'un autre, en tout cas meilleure que beaucoup. La quête de Chien est le point de départ du récit mais tout ne repose pas là-dessus. Chien veut connaître son nom mais ce n'est pas une course contre la montre, son temps n'est pas compté et celui qu'elle passe dans le Castel de Broe tenu par le chevalier Bruec lui suffit. N'imaginer pas un beau château de conte de fée ni un grandiose chevalier à l'armure de plate. Le Castel et son propriétaire n'ont pas été bâtis pour l'agrément et le commerce mais pour la guerre. Bruec a combattu fer au poing et à trouver refuge avec son ost dans ce Castel de Broe. Il y fait bon vivre quand au-dehors souffle la bise mortelle de l'hiver.

Chien du Heaume c'est avant tout un beau récit à l'écriture soignée et incisive, aux personnages rudes mais attachants. Sous leur dehors de rustre et d'illettré se cache des êtres aux sentiments divers et aux réflexions intelligentes. Ils ne sont pas tenus à un seul caractère, un seul trait, ils sont multiples, vrais. Ils ont une consistance, une présence et on se plaît à les aimer ou à les haïr pour certains. Sans trop en dévoilé Chien du Heaume parle aussi de religion, non pas de la croyance mais de ce qu'elle impose aux autres. Ce que les prêtres font aux mentalités en les tordant dans le mauvais sens, en rendant les femmes dépendantes des hommes, en nous signifiant que le corps est impur qu'on doit le cacher et que les appétits d'en bas sont sales. Le texte est souvent rude, très beau mais peu joyeux. On a des moments plus heureux ou riants que d'autres mais ils sont vites rattrapés par des événement plus tristes. Le Haut Moyen-Âge ne connaît pas la magie, en tout cas pas celle de la fantasy classique à la Donjon et Dragons, c'est une magie des éléments, des chants et des instants passés. J'en dis peut-être trop sur ce récit qui m'a marqué dans le bon sens.

On pourrait peut-être classer Chien du Heaume dans le genre fantasy mais le faire reviendrait à admettre que ce genre n'offre que peu d'oeuvres de qualités plus de hachis que de réussite. Chien du Heaume est une réussite.

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Signaler
Ce qui est écrit

La Compagnie Noire (The Black Company dans la langue d'origine) est le premier tome d'une série de dix livres regroupés en trois grandes périodes écrits par Glen Cook: les Livres du Nord, les Livres du Sud et les Livres de la Pierre Scintillante. Si vous comptez les lire tranquillement chez vous prenez les grands formats aux éditions L'Atalante et illustrés de fort belle manière par Didier Graffet. Dans le cas contraire direction édition de poche.

La Compagnie Noire chargeant ses ennemis, par Didier Graffet

La Compagnie Noire c'est le point de vue d'un homme : Toubib. Médecin, historien et surtout annaliste de la Compagnie, il n'en est pas le chef, non mais transcris les victoires et les échecs de sa troupe, les nouveaux arrivants et ceux qui meurent. La Compagnie est ainsi, elle récupère qui veut se faire une nouvelle vie. On y rentre, on y vit et on y meurt. On meurt en soldat, en frère mais les annales sont là pour se souvenir. Cette troupe vieille de plusieurs siècles est notable à plus d'un titre ; son professionnalisme militaire, sa ruse et ses sorciers. Oui la Compagnie Noire évolue dans un monde de magie, seulement ne vous attendez pas à croiser des nains et des elfes au détour d'un chemin il n'y a ici que des hommes et d'autres choses...

Ce que nous raconte ce premier volume c'est le nouveau contrat que passe la Compagnie avec ce qui représente aux yeux d'une partie du monde une force du mal qui est la sorcière dénommée la Dame. Une sorcière qui a eu son heure de gloire au coté de son mari il y a plus de trois siècles jusqu'au moment de sa chute à cause de la Rose Blanche, le champion qui l'a vaincue mais pas tuée. Enfermée durant cette période, la Dame a été libérée à cause d'un mage trop curieux. La Dame a alors commencé à étendre un nouvel empire mais pas sans opposition. La Dame est en pleine campagne militaire contre les rebelles qui sont sous les ordres du Cercle : dix-huit mages qui s'opposent à elle. Pourtant la Dame n'est pas seule, aidée en cela par ses dix Asservis, de puissants sorciers assujettis à sa cause du temps de la Domination, l'empire de son mari. Malgré cela les armées de la Dame perdent du terrain, elle a besoin de plus de troupes et des troupes sures. C'est ainsi qu'elle jette son dévolu sur la Compagnie Noire connue pour ne jamais rompre un contrat. Toubib nous raconte alors cette guerre au service du mal. Il nous raconte surtout les événements notables mais nous parle aussi des moments de calme où la Compagnie ne fait rien à part attendre les ordres et jouer aux cartes. Ces moments où Toubib se demande bien s'ils sont du bon coté, comment est la Dame, quel est l'avenir de la Compagnie Noire. La vérité c'est que tout n'est pas simple, les rebelles semblent se battre pour la liberté, le bon droit, l'égalité mais en même temps le Cercle comme les Asservis sont capables des pires atrocités et la Compagnie Noire n'est pas des plus reluisante. Tout est gris rien n'est tout à fait blanc ou tout à fait noir. Tout est une question de point de vue, on se prend d'affection pour les frères de Toubib mais nous les voyons par ses yeux. Pas sur que les rebelles torturés par Qu'un-oeil, Gobelin, Silence et Tam-tam, les sorciers de la troupe, soient du même avis.

Ne vous attendez pas à des intrigues politiques très élaborées comme dans le Trône de Fer puisque Toubib ne se trouve pas dans les hautes sphères du pouvoir mais la Compagnie Noire connaît son lot de trahison et de coups de couteaux dans le dos. La narration est fluide sans grandes descriptions, Toubib est un narrateur assez terre à terre mais qui oublie bien souvent de tout nous expliquer. On s'en rend surtout compte dans le premier chapitre où on est littéralement bombarder sans information dans ce nouvel univers. Sans aucun point d'appui si ce n'est les petites informations que distille Toubib à travers le récit, ce qui a le don de nous perdre ou nous garder une part de mystère selon le point de vue. Loin du cliché classique de la fantasy à la Donjon et Dragons avec un élu adolescent et sa troupe de compagnons au coeur pur, la Compagnie Noire nous offre un récit un peu désabusé sur les hommes, leur motivation et leur but avec des personnages gris, durs et au caractère plus ou moins trempés. La dernière compagnie franche du Khatovar vous salue.

Ajouter à mes favoris Commenter (5)

Édito

Je ne sais pas de quoi ça parle et je ne sais toujours pas de quoi ça parlera.

Archives

Favoris