CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Réflexions


Je m'intéresse ici avant tout aux jeux un minimum scénarisés. De plus ce billet contient quelques spoilers sur les relations entre les personnages de Mass Effect (1 à 3), Heavy Rain, Bayonetta ou encore GTAIV...pliz bi quérefoule.

Régulièrement le sujet est soulevé ; dans le jeu vidéo, la place de la femme n'est pas des plus gratifiantes. Récemment, c'est l'article d'impressions de Joystick sur le prochain Tomb Raider qui a fait sensations en opposant ce qui me semble être un article d'un mauvais goût assez certain, à une féministe engagée (et un peu enragée) avec beaucoup d'arguments recevables. Pour ma part, je ne parlerais pas de la place de la joueuse, acheteuse, consommatrice de produit vidéoludique puisque je n'ai pas en ma possession de chiffres précis sur le sujet et que la statistique n'est pas la vérité absolue (prenez ça dans les dents, amis démographes). En revanche, je voudrais vous faire part d'une réflexion idiote mais qui désormais me semble une évidence cachée sous notre nez ; la femme de jeu vidéo est toujours un cadeau pour le stéréotype du joueur masculin, c'est-à-dire hétérosexuel. 

Combien y a-t-il d'héroïnes dans le jeu vidéo actuel ? Combien de personnages féminins peut-on incarner ? Lara Croft, Jill Valentine, Claire Redfield, Samus Aran, Jade, Bayonetta, Lightning, Madison Paige...on en trouve toujours qui réagissent à nos sollicitations par le biais de la manette. Si l'on ajoute aux quelques unes citées les bimbos de jeux de combats, la somme ne paraît pas si dérisoire, même si relativement à la production vidéoludique globale, elles ne forment qu'une petite minorité qui conforte l'ambiance entre hommes d'apparence du jeu vidéo. Pourtant, elles ont toutes une particularité en commun. Elles sont conçues avec comme finalité de simuler métaphoriquement une relation amoureuse, monogame (pour elle) et fidèle avec le joueur.

Fidèle depuis 1996.

Si l'on se place d'abord dans l'observation des héroïnes de jeu vidéo (je reviendrais sur les personnages secondaires après) on observe deux traits. Le premier, qui est souligné de manière systématique, c'est l'apparence physique très fantasmée. De longues jambes, une poitrine généreuse, pas un centimètre cube de cellulite et le plus souvent un visage dans les canons de beauté de l'ethnie choisie ; de grands yeux clairs, une peau blanche, avec des exceptions comme Sheva Alomar de Resident Evil 5 qui reste une beauté typée Zoé Saldana. Quoi qu'il en soit, les ''gueules'' (dans le sens Josianne Balasco ou Gérard Depardieu du terme) féminines dans le jeu vidéo sont tout simplement inexistantes, alors que l'on trouve des Marcus Phénix balafrés au dernier degré, des Niko Belic pas franchement glamours ou encore des Kratos pour le moins effrayants. Ceci étant dit, et même si je suis moi-même dans le constat de cette écrasante dictature de la beauté, on peut souligner qu'Alan Wake, Adam Jensen, le Commandant Shepard ou encore Nathan Drake ne sont eux-même pas des repoussoirs ambulant et forment également le club des personnages ''mâles alpha'' ; blanc, brun, mince (voire sportif) et la trentaine.

On est bien servi des deux côtés pour ce qui est de l'apparence physique. Par contre, le nombre écrasant de héros masculins permet une plus large diversité malgré tout. On ne joue pas forcément des apolons à chaque fois.

Pour moi, le traitement différentiel entre héroïnes et héros de jeu vidéo ne se fait donc pas vraiment sur l'apparence qui à mon sens est de toute manière biaisée par la puissance du « beau » (et surtout de sa norme). Même si Charlize Theron a remporté un oscar pour Monster, c'est avec Blanche Neige et le Chasseur qu'elle a rapporté une somme conséquente aux producteurs du film et je ne doute pas que son apparence de nouvelle Grace Kelly y soit pour quelque chose. Ce qui fait que le traitement différentiel homme/femme dans le jeu vidéo n'est pas sexuel (physique), mais genré (social). Ce n'est pas l'apparence physiologique des personnages qui différencient vraiment hommes et femmes puisque dans les deux camps on trouve des lignes de designs propres aux canons de la beauté, occidental majoritairement et donc globalisé. C'est le rôle social, de chaque genre qui n'est pas le même. Dans le jeu vidéo, le genre féminin des personnages est contraint par l'appartenance au joueur masculin hétérosexuel.

Pensez-y quelques secondes ; combien de femmes que vous avez pu incarner dans un jeu vidéo ont une vie sentimentale (quelque soit l'orientation sexuelle) ? La réponse est simple...très peu voire aucune. La raison à cela me semble évidente ; le personnage féminin, qu'il soit fort et confient comme une Lara Croft ou plus faible et fragile comme une Jennifer (de Rule of Rose), ce personnage doit être réservé, chasse gardé comme une petite amie fantasmée pour le joueur qui la manipule. Alors que le héros masculin est pensé comme un vecteur d'immersion, une incarnation du joueur, l'héroïne est vue automatiquement comme le personnage dont le joueur va se saisir pour y projeter une relation intime. Le joueur serait donc plus le confident et le chevalier servant de ce personnage, cherchant à éviter la mort virtuelle pas simplement pour le principe de jeu, mais aussi pour ne pas faire souffrir son héroïne.

Le début de l'histoire sous-entend que Bayonetta est maman, ce qui entre en contradiction avec son aspect érotique dédié au joueur. La fin du jeu nous apprend qu'en réalité cette petite n'est pas sa fille, rassurant ainsi le joueur qui peut de nouveau la voir comme un simple objet de fantasme qui lui appartient et qui n'est pas lié à un autre homme dans le champ extra-diégétique.

Comme il y a peut-être quelques exceptions, je vais prendre le temps de les chercher. On pourrait dire que notre cher David Cage a fait un pas dans la bonne direction avec son Heavy Rain. Fahrenheit nous proposait d'incarner tour à tour Lucas Kane, Carla Valenti et Tyler Miles ; alors que les deux héros étaient soit en concubinage, soit récemment séparée, Carla était célibataire, comme on pouvait s'y attendre. On pourra alors dire que Madison de Heavy Rain, malgré son apparence physique de mannequin, reste une avancée louable dans le genre, puisqu'elle est un personnage jouable et qu'elle a une relation amoureuse avec un personnage masculin ; mais ce serait omettre le fait que le personnage en question est Ethan Mars, qui est incarné par...le joueur. Elle lui reste donc métaphoriquement fidèle. On en revient à la même problématique. Dans la même veine, on pourrait citer Catwoman dans Batman : Arkham City, qui miaule pour la plus baraquée des chauve-souris et qui ne ''trompe'' pas vraiment le joueur, puisque cette drague est dirigée vers un personnage incarné par le joueur lui-même le reste du temps.

Madison Paige n'est pas loin de casser les codes. Le problème c'est que déjà sa relation avec un autre homme passe par une séquence de sexe qui n'a aucun sens. Surtout le personnage dont elle tombe amoureux est un personnage jouable. Elle ne fait que tomber amoureuse du joueur en quelque sorte.

Que l'on se comprenne bien, je ne dis pas que pour qu'une héroïne de jeu vidéo ne soit pas un appât pour le joueur, il faut qu'elle soit en relation avec un homme ou une femme ; ça reviendrait à dire qu'une femme pour être une femme doit être en interdépendance avec quelqu'un d'autre et c'est précisément là qu'est le problème de cette idée reçue. Ce que j'essaye de dire en revanche, c'est que bien que la romance soit le sujet le plus universel et diversifié au niveau des situations qu'on puisse trouver dans la littérature ou dans le cinéma, le jeu vidéo reste dans le carcan du fournisseur de petite amie virtuelle, toujours fidèle, d'une manière ou d'une autre. Le personnage féminin est pensé (consciemment ou pas) par rapport au public, supposément masculin et hétérosexuel. Comme pour l'apparence physique, on peut encore se livrer à un petit comparatif avec le pendant masculin pour voir si les héros sont aussi fidèles aux joueuses que les héroïnes le sont aux joueurs.

Nathan Drake est d'abord dans la séduction dans Uncharted, puis dans le classique triangle amoureux dans Uncharted 2, puis dans la relation monogame dans Uncharted 3. Alan Wake est marié dans son jeu éponyme. Chuck Green est veuf et père de famille au début de Dead Rising 2, tout comme Sam Fisher. John Marston est marié et père de famille. Le Commandant Shepard est potentiellement un maquereau spatial. Clairement il y a une diversité dans les situations matrimoniales des héros de jeu vidéo qui laisse songeur en comparaison des personnages féminins que l'on incarne qui sont soit célibataires, soit en relation avec un personnage incarné par le joueur à un autre moment. Clairement le héros, l'homme, n'est pas pensé en terme de relation affective avec la joueuse, mais bien comme un membre d'une histoire qui a son passé et qui ne tient pas compte de ce que la joueuse hétérosexuel ou le joueur homosexuel vont bien pouvoir en penser.

Des situations familiales variées commencent à pulluler pour la gent masculine. À quand la même attention aux background des héroïnes?

Heureusement, le jeu vidéo propose également des personnages qui ne seront pas dans les mains du joueurs ou alors de manière indirecte. Malheureusement, à mon sens, le constat n'est pas forcément plus glorieux. Les autres personnages féminins un peu forts du jeu vidéo sont encore une fois beaucoup versés dans le côté poupée gonflable. Je serais néanmoins beaucoup moins catégorique que pour les femmes que l'on peut incarner, pour une raison simple ; leur plus grand nombre fait qu'il y a beaucoup plus d'exceptions, c'est-à-dire de personnages féminins séduisants (ou pas d'ailleurs) qui vivent sans ce soucier du personnage que joue le joueur que cela soit dans l'aspect relationnel ou amoureux ou dans la quête que mène le joueur pour finir le jeu. Reste que la plupart du temps, c'est Nathan Drake qui laisse Chloé Frazer sur le carreau pour rester avec Elena Fisher...et non l'inverse.

Pour moi c'est vraiment un mode de pensé organisé sur la séduction. Il y a trop peu de jeu basé sur autre chose que la surpuissance du héros tout comme il y a trop peu de jeu qui propose que le joueur ne soit pas le centre complet de l'univers créé. Je ne me souviens, par exemple, que de Mass Effect 3 qui ait choisi de produire une relation où un personnage féminin (Tali) avec qui le joueur a pu entretenir une romance dans le volet précédent, finie par s'émanciper du joueur pour avoir une relation avec un autre personnage (Garrus)...et encore une fois cela fait suite à un choix du joueur qui l'aura ''abandonné'' au profit d'un autre personnage féminin (pour mon cas, il s'agit de Liara).

Je t'en collerais des calibrations...

Je vais maintenant faire l'ouverture finale qui est un classique de la conclusion d'exposé. Tout cela n'est qu'une partie d'un problème plus large du jeu vidéo. La femme n'est qu'un des vecteurs par lesquels on peut observer ce problème, celui de ne pas vouloir froisser le joueur, en l'occurrence donc le ''mâle alpha''. Pourquoi n'y a-t-il que dans GTAIV qu'une femme quitte le héros du jeu parce que ses agissements ne sont plus tolérables ? Pourquoi n'a-t-on jamais l'occasion d'incarner une femme mariée ou une mère de famille ? Pour moi ça n'est pas simplement une question de marketing. Ça ne coûterait pas grand chose de faire une héroïne qui, à l'instar de Sam Fisher, produit des choses extraordinaires pendant le gameplay mais qui dans le champ extra-diégétique a une vie de famille (mariée, divorcée, en concubinage qu'importe) sans que cela affecte ce que le joueur, dans le sens global du terme, pourra en penser. Alors dans un premier temps, il serait bon que nos chers développeurs aient un peu plus de couilles ou tout simplement de bon sens et voient que le joueur n'est pas systématiquement un homme, hétérosexuel, mais que tout type de relation est possible. S'ils en prennent conscience un jour, la narration prendra un bon gros coup de pied dans le cul vers l'avant et qui sait, le gameplay qui cajole le joueur aussi par la même occasion.

Voir aussi

Groupes : 
Tomb Raider, Mass Effect, Heavy Rain
Jeux : 
Dead Rising 2
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Commentaires

Pedrof
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Pedrof

Mais là, je reste convaincue qu'une relation entre femme guerrière et petit génie ça fonctionne moyen, amitié oui, amour non, et encore moins sur le long terme.


Bon pour moi là on parle de stéréotypes donc ça veut pas dire grand chose. Mais dans l'absolu, pourquoi ça serait pas possible (vraie question) ?
Pedrof
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Pedrof

Madison Paige n'est pas loin de casser les codes. Le problème c'est que déjà sa relation avec un autre homme passe par une séquence de sexe qui n'a aucun sens. Surtout le personnage dont elle tombe amoureux est un personnage jouable. Elle ne fait que tomber amoureuse du joueur en quelque sorte.


Je réagis sur le fait du personnage qui tombe amoureuse du joueur. Pour moi c'est pas une fatalité qu'on ait cette impression. Je veux dire c'est pas parce qu'un PNJ est amoureux du personnage qu'on dirige qu'il est amoureux du joueur. On doit avoir surtout cette impression j'imagine quand le personnage incarné s'efface derrière le joueur. Typiquement les jeux où le personnage est muet ou a peu de personnalité par exemple. Mais tu prends Xenosaga, tu diriges Shion une jeune femme, et il y a un autre gars qui est amoureux d'elle, et j'avais pas l'impression qu'il était amoureux de moi. Peut-être parce que ce qui fait qu'il est amoureux d'elle n'a rien à voir avec ce que je partage en tant que joueur des actions du personnage (en l'occurrence, les combats).
seblecaribou
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seblecaribou
@Hiummaa: Le problème aussi réside dans ce qu'est un héros ou une héroïne. Pour moi John Marston c'est un héros, un personnage principal qui se bat pour sa famille et du coup pour ceux qui pensent qu'une héroïne ne peut pas être mère de famille, je serais ravi de montrer Panic Room de David Finsher par exemple.

Sinon effectivement sur le féminisme comme pour tout, c'est le courant le plus bruyant et pas forcément le plus malin qui donne la couleur pour l'opinion générale. Je veux pas vraiment entrer dans le débat, mais je sais que mes cours de "genre et socialisation" étaient dispensé par une professeur féministe au sens commun du terme (un peu en mode "t'es une femme t'as que des inconvénient, t'es un homme t'as que des avantages") alors que dans un autre cours qui n'a rien à voir, on a parler de la socialisation masculine et du maintien de virilité (=hétérosexualité) dans la construction sociale à l'école. Il y a de tout dans le ce domaine.
BlackLabel
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Mais là, je reste convaincue qu'une relation entre femme guerrière et petit génie ça fonctionne moyen, amitié oui, amour non, et encore moins sur le long terme.


Ben si tu prends des personnages qui apprennent à respecter leurs différences, ça peut fonctionner et même donner quelque chose de très beau. Le courage c'est pas seulement physique. Évidemment ça reste un sujet délicat, surtout pour le jeu vidéo.
Hiummaa
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Hiummaa
Très chouette article !
Ça change des clichés évoqués sur le sujet (aussi bien les "les filles ne servent qu'à faire joli" dit par les obtus, que les "le jeu vidéo est un parangon de machisme qui ravale la femme au rang d'objet sans intérêt" de certaines féministes (le courant a beau être idéologiquement large, beaucoup pense que le féminisme se résume à "arrachons les couilles des mecs") ).

Pour ma part, je pense qu'une des raisons pour laquelle les héroïnes n'ont souvent que le status de célibataire, c'est que l'idée d'une femme mariée, ou pire encore, d'une mère, ça brise, pour beaucoup, l'essence même d'une héroïne. Elle n'est plus aussi "libre". Et je pense que pour beaucoup, l'idée d'une héroïne mariée, ou mère, est presque choquante dans l'inversement des rôles traditionnels. Même si ce n'est pas systématique, pas mal pense qu'une mère vit surtout pour ses enfants, alors la voir jouer des flingues, en escaladant une montagne, puis rentrer pour dire bonne nuit au petit dernier, c'est incongru. Mais c'est bien dommage !

J'espère quand même que l'augmentation de joueuses, et l'évolution du jeu jouera en faveur de plus d'héroïnes complexes.
Mais encore une fois, super article, et merci, de la part d'une joueuse un peu frustrée sur ce plan la :)
Kyalie
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Kyalie
Mais justement, si on peut imaginer un sidekick, on peut difficilement imaginer un personnage qui resterait à la maison (un peu comme Snow dans FF13-2 - qui n'a vraiment aucun intérêt).
D'ailleurs le fait du sidekick laisse la possibilité du développement d'une romance. Mais là, je reste convaincue qu'une relation entre femme guerrière et petit génie ça fonctionne moyen, amitié oui, amour non, et encore moins sur le long terme.
Enfin bref, je considère un couple héroïne/personnage secondaire vraiment difficile à réaliser, faut trouver un équilibre très délicat - à moins justement que l'héroïne ne soit pas particulièrement action woman, comme Serah. Mais honnêtement, difficile de savoir ce qu'elle trouve à Snow X)
BlackLabel
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Alors qu'on attendra d'un mec qu'il accompagne sa nana, parce que par nature il est quand même plus résistant que la "potiche" lambda


Ben ça dépend du profil du mec. Je pense des fois que les jeux solo ont trop tendance à tout faire faire par un seul perso, genre Nathan Drake flingue, escalade et résout des énigmes, alors que ça pourrait être partagé entre deux personnages, l'un s'occupant de l'action et l'autre de la réflexion (on jouerait les persos à tour de rôle). Y'a rien qui empêche la fille d'avoir le volet action, et le mec, scientifique ou autre, d'être dans la réflexion. À moins d'avoir de sérieux préjugés.
Jonah
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Jonah
@seb
Ah ben si tu parles des oeuvres littéraires, c'est autre chose ! :P J'en restais aux héros de jeux vidéo, et au héros "principal" (même si ça me chagrine de qualifier Dumbledore de personnage secondaire (et personnellement j'ai vu plus de gens contents que de caca scandale à la révélation ! moi j'étais ravie en tout cas, surtout que c'était pas un truc sorti comme ça, ça collait vraiment à l'histoire)).
seblecaribou
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seblecaribou
@Jonah: merci déjà d'avoir lu et commenté (et oui je suis hétéro XD). Pour ce qui est des héros homosexuels mais dont ça n'affecte en rien l'histoire qu'il le soit, je pense comme ça a Dumbledore de Harry Potter. En fait, il n'y a que quelques sous-entendus quand on évoque sa relation avec Grindewalde, et ce qui est "génial" c'est que quand JK Rowling, l'auteure a annoncé le truc à la fin de la saga (pendant la promo du 7ème je crois), beaucoup ont crié au scandale, alors qu'au final on s'en tamponne parce que ce n'est pas ce trait qui défini le personnage.
@kyalie: "Et j'ai quand même le sentiment qu'on a pas assez d'exemples d'héroïnes féminines pour en tirer des conclusions aussi marquées." c'est précisément parce qu'on en a pas assez qu'on peut en tirer des conclusions.
Jonah
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Jonah
@Kyalie
Effectivement, très bon exemple avec Ashe et Lulu.
Kyalie
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Kyalie
"Moi j'aimerais bien un jeu coop avec la femme qui flingue et le gars qui pirate les trucs ou autres"
C'est ce que je dis, faut que ça soit son égal à un certain niveau ; ce que je disais par rapport aux domaines masculins, c'est le domaine de la force, de "l'art de la guerre".

"Ça fonctionne déjà au cinéma avec des duos d'hommes aux antipodes l'un de l'autre, je vois pas pourquoi ça pourrait pas fonctionner."
Sauf qu'on attend pas d'eux qu'ils se trouvent attirants l'un l'autre (on les imagine pas gay quoi).

"le héros est affublé d'une potiche, c'est juste pas intéressant."
Y a quand même potiche et potiche, je te parle quand même d'un personnage envers lequel le joueur est susceptible de s'attacher, ou du moins pour lequel il comprend l'attachement. Sauf que elle aura l'excuse de ne pas aller "à la guerre", n'ayant pas les capacités de son homologue. Et au final c'est assez rare qu'on la trimballe.
Alors qu'on attendra d'un mec qu'il accompagne sa nana, parce que par nature il est quand même plus résistant que la "potiche" lambda (parce que ouai, pour m'être frittée avec des garçons dans ma prime jeunesse, dont mes frères, ils me mettaient quand même vite fait ma raclée).
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pourquoi s'encombrer d'un type qu'elle surpasse dans tous les domaines et particulièrement ceux prétendument masculins ? Perso je trouve que "ça ne marche pas".


Pour moi ça n'a rien à voir avec des domaines masculins ou non, ce que tu décris c'est pareil quand le héros est affublé d'une potiche, c'est juste pas intéressant.
Mais une femme forte dans un domaine dit masculin, et dont le compagnon n'est pas un mâle alpha, ça peut très bien fonctionner je pense.

Moi j'aimerais bien un jeu coop avec la femme qui flingue et le gars qui pirate les trucs ou autres, ça pourrait justement donner un couple amusant. Ça fonctionne déjà au cinéma avec des duos d'hommes aux antipodes l'un de l'autre, je vois pas pourquoi ça pourrait pas fonctionner.
Kyalie
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Kyalie
Il me semble que Bayonetta flirte quand même pas mal, non ?
Sinon y a Ashe dans FF12 qui est veuve, Freyja et Lulu aussi d'une certaine manière, Serah (FFXIII-2) est fiancée, Linoa et Aeris ont eu des histoires sentimentales (et faut voir avec qui ! mais bon mauvais exemple, elles s'en sont vite remises, surtout Linoa).
Y a aussi Arioch de Drakengard dans le genre cinglée et traumatisée par la perte de sa famille.
Alors oui c'est que du FF, et peu de personnages principaux.
Et j'ai quand même le sentiment qu'on a pas assez d'exemples d'héroïnes féminines pour en tirer des conclusions aussi marquées.
Jonah
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Jonah
Excellent article, dont la vérité me rend assez triste, alors pour le coup je ne vais pas prolonger l'argumentaire au risque de passer une journée à ruminer dans mon coin.

J'ajouterais juste que non seulement, comme tu dis, les développeurs devraient créer des héros au regard d'un public autre que le "joueur alpha hétérosexuel", mais que même si c'est ce public qu'ils visent, ça ne les empêche pas de créer différentes attentes.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il existe plein de joueurs hommes hétérosexuels qui seraient sûrement curieux de jouer une héroïne qui ne lui est pas destinée, voire même un héros homo, qui sait ? Warning: ne pas confondre "homosexuel" et "androgyne", je ne m'adresse pas à toi, seblecaribou, mais aux trop nombreuses personnes qui ne font pas la différence.
Combien de fois ai-je lu des joueurs traiter des héros qu'ils n'aimaient pas de "pédés" parce qu'ils ne correspondaient pas à leurs critères de héros masculin auquel ils s'identifient ? Certes ces joueurs existent, mais il y en a aussi des comme toi qui font preuve de plus d'intelligence d'ouverture d'esprit.

Tu es la preuve même qu'un joueur "alpha" (même si je prends un risque parce que je ne connais pas ton orientation sexuelle) est ouvert à plus de diversité et d'approches différentes, et en tant que femme je dois dire que ça me fait chaud au coeur.
seblecaribou
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seblecaribou
@Kyalie: "Perso je trouve que "ça ne marche pas". "...et c'est bien là qu'est le problème. C'est l'intériorisation des normes.

Pour ce qui est du propos, je parle pas forcément de protection. Je dis juste que c'est aberrant qu'on puisse avoir un Sam Fisher qui est veuf et père de famille sans que ça n'est AUCUN rapport avec le scénario du jeu (jusque dans Splinter Cell 3 au moins) mais que jamais on ne verra un autre statut matrimonial ou familiale pour une femme que célibataire que ça affecte ou pas le scénario. Pour moi ça c'est un problème.
Kyalie
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Kyalie
Mmh je pense pas que ce soit forcément du domaine du fantasme, mais peut-être aussi d'avoir quelqu'un à protéger ; et là, d'un coup, tu trouves peu de films où c'est la femme qui doit protéger son compagnon.
Et bizarrement je sais que personnellement ça passe plutôt mal quand c'est le cas, on en serait à souhaiter que la femme soit plutôt célibataire (je pense à deux films avec Geena Davis, "Au revoir à jamais" et "L'île aux pirates"). Car là autant j'adore la protagoniste (l'"Île aux pirates" était mon film préféré étant gamine, et revu récemment je le trouve encore excellent), autant je suis parfaitement insensible à sa problématique de couple/famille, voire même elle m'insupporte parce que je trouve le personnage masculin fade ou ridicule ; pourquoi s'encombrer d'un type qu'elle surpasse dans tous les domaines et particulièrement ceux prétendument masculins ? Perso je trouve que "ça ne marche pas".
Et je pense que ça joue, le fait de se dire qu'une femme forte n'est pas intéressée par la romance, parce que son compagnon ne pourrait qu'être son inférieur ce qui ne correspond pas à l'idée qu'on peut se faire d'un homme.
Ça ne pourrait marcher que s'il était son égal (je trouve à ce niveau que Mr & Mrs Smith fonctionne très bien, car même si Elle est meilleure que lui, Il est également très bon), mais dans un jeu vidéo où le joueur n'incarne qu'un personnage (l'héroïne) c'est très difficile, car le fait même du contrôle par le joueur signifie déjà en un sens une supériorité par rapport aux autres personnages.

Du coup, la seule façon dont une femme forte pourrait être en relation ce serait avec une femme ou fille qu'elle pourrait protéger, parce que la faible femme est quelque chose de plus *normal*, et c'est à mon avis dans cette cour que joue Bayonetta (et Fang et Lightning dans FF13...?) - on peut aussi penser à Utena (manga/anime).
....Et là tu ramènes sans le vouloir tous les libidineux qui fantasment sur les lesbiennes.
Natsumi
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Natsumi
Article très intéressant et malheureusement tellement vrai encore au 21ème siècle...

Pour ma part, les jeux que j'apprécie le plus sont les jeux où l'on peut choisir le sexe du personnage, ce qui met l'homme et la femme sur un pied d'égalité : Mass Effect, Dragon Age, les Elder Scrolls, Fable...
(Certes, il reste des exceptions avec des jeux met en scène des persos masculins hypercharismatique comme Uncharted, the Witcher ou Deux Ex : Human Revolution)

Je trouve que Bioware fait un effort particulier pour la parité dans ces jeux : que se soient dans ME ou DA, chaque héros/héroïne a un panel de compagnons romancables assez conséquents, où le personnage principal peut évoluer en fonction des jeux (rester fidèle ou tromper dans Mass Effect 2), ainsi que les coéquipiers (Tali et Garrus dans Mass Effect 3 ; Hawke et Fenris dans Dragon Age 2).

En tout cas, merci pour la réflexion !
Strife
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Strife
Un truc qui m'avait particulièrement gonflé dans Persona 3 c'est que la plupart des S-link avec des PNJ féminins se concrètisaient en relation amoureuses, obligeant le joueur à faire le maquereau s'il veut complèter le jeu à fond. Dans P4 on a la possibilité de rester potes, mais on n'a pas non plus de malus si on sort avec plusieurs nanas en même temps.
Par contre, bizzarement, dans P3 sur PSP l'option "rester amis" est dispo pour le PJ féminin ajouté, par contre aucun changement pour le PJ masculin.

Il semble donc naturel et encouragé, encore aujourd'hui, qu'un homme collectionne les conquètes sans être inquièté tandis qu'une femme doit rester fidèle. A gerber.

De même dans Uncharted on a la relation Drake/Fisher. Par contre dans le dernier Tomb Raider aucune romance pour Lara Croft. Je me demande ce que ça serait un Tomb Raider dans lequel Lara est assistée par son petit-ami. Déjà je suis sûr que les fans se sentiraient lèsés ("meurs, chienne infidèle!") mais à tous les coups le personnage secondaire se retrouverait mis en avant à sauver les miches de notre aventurière de choc toutes les 5mn au lieu du logique contraire...
Waldotarie
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Waldotarie
Je suis à peu près entièrement d'accord avec toi, y compris dans tes réponses aux commentaires ! ^^
Y compris pour dire que les hommes et les femmes ne sont différents que par construction sociale, chose que j'ai tellement rarement l'occasion de lire ! :) (Et thèse qui est défendue par Théodore Sturgeon dans "Vénus plus X")

Par contre, je ne suis pas très optimiste sur une amélioration future de tout cela, surtout sur les gros jeux américains, où ces clichés ont l'air encore plus répandu que chez nous.
Je crains qu'il ne nous faille nous contenter des productions indépendantes pendant un certain temps pour traiter correctement ces points là... A moins de l'émergence d'un équivalent à Tarantino ou James Cameron vidéoludique !
(Mais le problème est qu'il en faudrait plus d'un ou deux pour faire évoluer les mentalités...)
Critobulle
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Critobulle
Article très intéressant, notamment en ce qui concerne la notion de petite-amie fantasmée du joueur. Il me semble que Suda 51 en joue beaucoup avec Lollipop Chainsaw. Le joueur aura beau tout faire pour Juliet, l'héroïne n'en a que pour son petit copain Nick. Elle interdit même au joueur de voir sous sa jupe en jouant avec la caméra ! (enfin c'est ce que m'a dit mon pote du Canada...moi je n'ai jamais essayé de voir sous sa jupe :ph34r: )
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
QUOI ? 11 likes à peine sur un article qui devrait se retrouver en Home ?
Il y a quelque chose de pourri au royaume de Gameblog. :)

Tu soulèves un réel problème qui ne tient pas qu'au seul jeu vidéo, mais à tout type de produit fictionnel à ce jour. Ce qui tend à suggérer qu'il dépasse ce seul cadre pour s'ancrer directement dans l'inconscient collectif.

Un jeu où on prendrait les commandes d'une femme et où on se heurterait régulièrement aux avances graveleuses de "gros lourds" pourrait se révéler pédagogique, n'empêche...
BlackLabel
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BlackLabel
Leo : oui je suis d'accord en partie pour Heavy Rain, mais c'est aussi un jeu très rare et qui est assez pourri quand même. Plus de subtilité, le jeu aurait-il fonctionné ?
On peut aussi prendre le cas de Walking Dead super bien vendu mais surfant probablement sur le succès de la BD et de la série. Ou Le testament de Sherlock Holmes dont on peut prévoir facilement le bide commercial.

Après peut-être que je crois pas trop non plus à cette évolution car cette gen m'a beaucoup déçu, pour moi après la PS3 c'est fini (du moins j'achèterai pas de nouvelle console avant des années, marre d'acheter 15 jeux pour en trouver un seul à peine potable sur le lot).

Le problème pour moi c'est pas juste le public visé et les impératifs commerciaux, c'est aussi que les devs ont pas forcément le niveau pour faire mieux. Enfin ça c'est mon constat du moins.
Leobiwan
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Leobiwan
BlackLabel : Je crois pas non. Le public du jeu vidéo évolue. On est de plus en plus nombreu à vouloir quelque chose de plus recherché, et il y a une place pour un marché de jeux "matures". Heavy Rain, quoi qu'on en dise, c'est un jeu qui traite de thématiques matures. Et il a putain de bien marché. Preuve est faite.
BlackLabel
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BlackLabel

Le Commandant Shepard est potentiellement un maquereau spatial.


Si tu fais une femme ça renverse la vapeur pour une fois. C'est d'ailleurs probablement pour cette raison que j'ai fini par apprécier ma Shepardette, car c'était un vrai personnage féminin. Quand j'ai essayé de refaire une partie avec un gars ça m'a vite ennuyé (faut dire aussi que le mode de création est très pauvre, et qu'il y a un peu plus de possibilités de personnaliser une femme qu'un homme).

Pour ta conclusion par contre le refus des femmes est facilement et fatalement explicable ; c'est pas vendeur si elle est pas caricaturale. Sur GB à force de rester intelligents entre nous, on a tendance à oublier qu'une bonne part des joueurs sont des beaufs :D ou encore sont jeunes qui s'intéressent pas à ces subtilités-là.
Comme le jeu vidéo coûte de plus en plus cher, ça risque pas de s'améliorer, au contraire, ça va rester du domaine de l'exception.

Il faut voir que le jeu vidéo est un sous-genre culturel, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas de potentiel, mais que peu vont chercher à l'exploiter, et encore plus rares sont ceux qui vont réussir. Pour moi le jeu vidéo c'est un peu comme les films d'horreur ; ça pourrait être bien, des fois ça arrive à l'être, mais la plupart du temps c'est fait par des réalisateurs potaches pour d'autres potaches. Les persos sont insupportablement jeunes et débiles, les filles vont montrer du nichon ou alors on verra un gros plan sur leur cul en mouvement, on va essayer d'être dégueulasse dans les tortures et au final ce sera juste naze. Le public sait que c'est de la merde, mais il y est habitué et prend ça pour ce que c'est.

Scénaristiquement le jeu vidéo est pareil, y'a aucune ambition, ou alors quand il en a c'est tellement lamentable et à côté de la plaque qu'on préférerait qu'il en ait pas, genre "Lol Lara Croft elle va se faire violer"... Cette débilité... ;_; Mais c'est vendeur, car c'est Lara Croft, car c'est "mature", car le jeu repompe Lost et d'autres trucs pourraves mais à la mode.

Tout ça pour dire au final que personnellement, j'attends toujours ton test de Dishonored :lol:
Leobiwan
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Leobiwan
Spoilers : Maintenant que je pense au thème de la sexualité, au thème de la femme, voire au thème de la parentalité qui peut venir s'insinuer dans tout ça, Silent Hill 2, Silent Hill 3 et Silent Hill Shattered Memories (et Silent Hill 4 dans une moindre mesure) me viennent en tête. Avec leurs personnages féminins, ces Silent Hill jouent tous non pas sur l'"accessibilité" de la femme, ni sur son "inaccessibilité", mais justement sur l'ambiguïté qui peut exister entre les deux. On nous présente toujours ces femmes très sexuées, pour ensuite nous les rendre plus répulsives (Le fameux "I'm not your Mary" de Maria dans SH2, l'attachement presque obsessionnel de Heather à son père dans SH3, le trio malsain qui existe entre Heather, son père et Dahlia Gillespie dans SHSM, et les représentations effrayantes de la gonzesse dont j'ai oublié le nom dans SH4...). Putain, ces jeux sont en avance sur leur temps, mais d'une force...

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