
Enslaved est le faux jumeau de Majin and the Forsaken Kingdom, 2 jeux sortis en fin d'année dernière et distribués par Namco Bandai et qui proposent le même pitch : 2 êtres qui doivent coopérer dans un univers post-apocalyptique. Mais là s'arrêtent les similitudes. Là où Majin distille un certain esprit old school, Enslaved a quant à lui des vélléités de blockbuster occidental : studio occidental à la conception, script coécrit par Alex Garland (28 jours plus tard) et participation d'Andy Serkis (Gollum dans le Seigneur des Anneaux, César dans la Planète des Singes les Origines et futur Capitaine Haddock du Tintin de Spielberg). Une ambition mise à mal par de gros défauts ...

Enslaved est une réécriture de la fameuse histoire chinoise Saiyuki ("Le Voyage en Occident") qui raconte le voyage vers l'Inde d'un bonze (moine bouddhiste) qui est accompagné de créatures surnaturelles, dont le plus connu est le "Roi des Singes", Sun Wukong, plus connu en japonais sous le nom de ... Son Goku. Vous l'aurez compris, Toriyama s'est inspiré (très librement) de cette légende pour écrire Dragon Ball. Elle est également la base d'autres oeuvres.
L'inspiration est très libre, puisque le cadre est post-apocalyptique (on ne tarde pas à découvrir où on a atterri dès le prologue) mais étonnament vert et vide de toute vie, le moine remplacé par une très jolie rousse surnommée de Trip (le mot anglais pour "périple") et le "singe" un homme fortement charpenté simplement appelé Monkey (et auquel Andy Serkis prête ses traits et sa voix). Le voyage vers l'Inde est remplacé par le retour de Trip dans son village, pour lequel elle s'est "offert" les services de Monkey, en le soumettant par une "couronne de commandement" (dans l'histoire originelle, Sun Wukong est également contrôlé par le moine par ce biais).
Ce voyage est découpé en plusieurs chapitres et est donc très linéaire. Les environnements en 3D ne sont pas vraiment explorables, et les items à rechercher assez rares.
Le jeu est un mélange de plusieurs styles : séances de plateformes (où les chutes et les blessures sont très rares), puzzles très faciles et combats nerveux mais peu subtils (il n'y a pas vraiment d'enchaînements ni de compteurs de combos). Les 2 personnages sont complémentaires, même si on ne contrôlera que Monkey et que les ordres donnés à Trip sont assez sommaires.

Le jeu a de réelles ambitions cinématographiques, avec des décors vertigineux et une musique qui s'envole lors des moments épiques. Las ! Le jeu (du moins dans sa version PS3) souffre d'un framerate moins qu'optimal, d'un aliasing prononcé et de textures qui s'affichent d'un seul coup lors des cutscenes (qui se révèlent plutôt sympathiques bien que classiques). N'est pas Uncharted 2 ou God of War III qui veut !
Le jeu est assez répétitif, avec des derniers chapitres qui consistent essentiellement en des vagues d'ennemis. Dommage car le début du jeu est bien plus harmonieux dans la répartition exploration / baston. Mais le plus rédhibitoire pour moi sont ces écrans de chargement très peu subtils et qui interviennent à chaque nouvelle tentative en cas de mort, voire en plein niveau. Ou comment casser l'immersion !
J'ai joué sur une version anglaise du jeu, qui une fois n'est pas coutume, ne propose pas la localisation française. Cependant, j'ai pu constaté que de nombreuses scènes (dont la dernière) avaient le doublage français. Cela serait-il dû à la configuration de ma console en français ? C'est très bizarre en tout cas.

L'histoire est très classique et se termine de manière abrupte (encore la faute à un délai de développement précipité ?) et on en apprend pas vraiment sur les personnages (ce qu'ils font dans cet immense vaisseau au début du jeu par exemple). L'identité du grand méchant est assez étrange. La possibilité d'une suite semble compromise vu le bide commercial retentissant du jeu (il faut dire aussi que sa période de sortie l'a mis en concurrence directe avec des cadors)
La durée de vie est plutôt courte : 8 heures sans réelle rejouabilité (même si par rapport à la taille des niveaux j'ai du mal à croire que j'ai loupé tant d'items récoltables).

Enslaved est donc un voyage qui ne laissera pas grand souvenir, avec des merveilles un peu trop vantées par le "tour opérateur".
19/08/2011, 19:34
19/08/2011, 19:55
19/08/2011, 20:03
19/08/2011, 19:55
Il existe une démo, qui est d'ailleurs extrêmement prometteuse.
Extrêmement prometteuse je trouve pas, on retrouve tous les défauts que tu cites, plateforme assistée à mort et combat sans combo.
19/08/2011, 20:13
19/08/2011, 20:36
Je pense que le problème n'est pas le jeu en lui même mais plutôt le studio qui s'occupe comme dans HS trop de l'aspect cinématique au détriment du jeu.
19/08/2011, 21:52