Indé, Néo, Rétro...

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Par Retromag Blog créé le 28/10/11 Mis à jour le 04/07/15 à 10h26

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jeu video rétro
L'irruption de la 3D au beau milieu des années 90, bouleverse un paysage ludique ronflant. Les joueurs en ont semble-t-il assez de réciter leur gamme de jeux de plates-formes désespérément plats. L'ensemble de l'industrie se cherche un ambassadeur capable de la transporter dans une nouvelle ère technologique aux portes de l'an 2000. Avec un monstre de puissance appelé PlayStation, Sony sera unanimement plébiscitée. L'avalanche de jeux tridimensionnels tape-à-l'oeil suffit de convaincre les plus sceptiques qu'un passage de témoin historique est en train de se dérouler sous leurs yeux.
 
C'est le début d'une surenchère médiatique où superlatifs et cinématiques trompeuses (les éditeurs restent évasifs, la presse spé se fera le relai) plongent les acteurs dans une dangereuse spirale du "toujours plus". Les journalistes insatiables se mettent en quête de la perle rare. wipEout et Destruction Derby n'ont fait qu'exciter leur appétence. Jusqu'à cette rencontre...
 
 
Disruptor est un fps développé par le studio Insominac pour la première PlayStation. C'est le premier titre réalisé par ce jeune studio fondé en 1994. Ses apparitions dans les salons de l'E3 et de l'ECTS de 1995 sont remarquées par la presse spécialisée, avide de titres nouvelle génération. La plastique avant-gardiste de ce jeu est louée. Son concept en vue subjective effleuré sur Super Nintendo avec Doom gagne l'adhésion de tous grâce au pad Dual Shock. Évoluer dans ce genre d'univers devient une seconde nature, beaucoup plus plaisante que celui offert par Kileak the Blood.
 
 
Les standards techniques déjà élevés des premiers jeux sont bousculés. Disruptor annonce fièrement afficher entre 50 000  et 100 000 polygones à la seconde. Les couleurs sont riches, la fluidité exemplaire. Sa plastique est clairement un cran au-dessus de la moyenne des jeux PlayStation 1. Le titre rencontre un succès d'estime ce qui ne décourage nullement Interplay de planifier un portage sur la puissante M2. Cette technologie développée par 3DO et conçue pour succéder à la console éponyme, a été finalement vendue à Matsuhita. Le Japon restera encore une génération l'épicentre des constructeurs.
 
 
Les premiers kits de développement étaient disponibles dès 1996. Insommniac était tout excité à l'idée d'augmenter la qualité graphique de leur jeu. Plafonnée à une centaine de mille sur PSone, la version M2 affichait près d'un million de polygones à la seconde. La 32 bits de Sony ne pouvait donc supporter la comparaison. Les communicants de Matsushita clamaient haut et fort que la machine de guerre du conglomérat japonais rivalisait bon an mal an avec le haut de gamme des cartes d'arcade de Sega, le Model 3. Les premières démos techniques sont présentées à la presse du monde entier. Leur verdict est cinglant : une génération sépare la PSone du M2. L'ivresse gagne toute l'industrie de l'édition, des analystes pensaient que le M2 avait ouvertement les capacités de briser le formidable élan commercial de la 32bits de Sony. Le géant japonais restait de marbre alors que le petit monde du jeu vidéo était en ébullition autour de lui.
 
Pendant ce temps, le studio soigne Disruptor en dépit des problèmes techniques du kit de développement. Les programmeurs s'arrachaient les cheveux sur les nombreux bugs et pointaient du doigt la vacuité des services d'aide du conglomérat. Une période de flottement s'installait petit à petit pour finalement aboutir à l'interruption soudaine du projet M2 au milieu de l'année 1997. Diverses thèses circulent sur les raisons qui ont poussé un géant comme Matsushita (quatre fois la taille de Sony) à prendre cette lourde décision. Un marché verrouillé par Nintendo et Sony, l'arrivée de la Dreamcast en 1998 (annoncée comme trois fois plus puissantes que le M2) préfiguraient d'une âpre bataille pour laquelle la holding risquait de tout perdre.
 
Beaucoup de studios en seront pour leur frais, Disruptor ne sera porté sur aucune des nouvelles consoles entrantes (ni N64 ni DC). Après cette déconvenue, Insomniac relèvera tout de même la tête avec le succès de Spyro le Dragon commercialisé en 1998 sur... PSone.
 
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Commentaires

Retromag
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Retromag

peut être nous feras-tu un article sur le rapprochement de matsushita et nintendo pour le développement du projet dolphin, prochainement?


Il faut que je rende mes articles pour le magazine dans les temps, je ne sais pas si ce sera possible. ;)
izis7r
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izis7r
pour voir l’écart technologique entre la playstation (ou saturn) et la 3DO.
il suffit de voir la différence de clipping sur le jeu starfighter (3000 sur psx et saturn), c'est incroyable!
regarder sur youtube...

à l'instar de la néo géo pour les 16 bits, la 3DO était la "roll royce" des 32 bits.
le projet M2 s’annonçait pourtant grandiose... mais il n'est pas demeuré sans suite..!

peut être nous feras-tu un article sur le rapprochement de matsushita et nintendo pour le développement du projet dolphin, prochainement?
Conk3r
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Conk3r
Je connaissais la M2 avec le jeu de voiture IMSA Racing qui était assez impressionnant pour l'époque cependant je ne connaissais pas Disruptor. Dommage que la console ne soit jamais sorti dans le commerce :/
Masahiko666
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Masahiko666
Encore des informations pertinentes et intéressantes. Le problème avec les consoles, est qu'elle ne sont quasiment pas évolutives (mise à part les dernières et prochaines générations avec lesquelles on peut rajouter un HDD, à part la Xbox One). Donc, avec une Playstation, il faut faire avec les 2 MO de Ram, ce qui est vraiment ridicule à l'époque où les jeux utilisaient jusque 64 MO sur PC. Je sais que, pour le jeu Theme Hospital, les développeurs ont été ennuyés pour le portage sur la machine de Sony, car il fallait faire tenir un soft qui prenait 8 MO sur une ram de 2 MO...bien entendu, il a fallut faire des concessions de taille, comme les temps de chargements rallongés, les graphismes type 16 bits, et des possibilités de gameplay en moins. Mais au final, la sauce prend tout de même.
Il me semble aussi que, dès le premier bébé de Sony, les éditeurs présentaient des cinématiques pré-calculées comme étant les vraies images in-game.
ShootThemUp
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ShootThemUp
Finalement on ne peut pas dire que Disruptor ait bouleversé le monde des FPS ni ne se soit fait un nom comme les Doom, Quake 1 et 2 ou encore Turok pour la N64. Enfin ca n'empêche pas Insomniac d'avoir retenté longtemps après l'avanture des FPS avec un peu plus de succès, avec sa série ..Résistance! Celle ci non plus n'arrive pas à s'imposer comme l'une des légendes du FPS, mais elle est au moins connue des possesseurs de PS3 et un peu PS vita aussi...
Donald87
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Donald87
Je ne connaissais pas non plus ...
Retromag
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Retromag
à ton service ! ;)
Nimmegil
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Nimmegil
Je connaissais pas le projet M2, ni Disruptor d'ailleurs, merci pour le déterrage très intéressant de ces dossiers et anecdote parfois un peu oublié.

Édito

L'exercice est tellement délicat lorsqu'il s'agit d'écrire son premier édito ! Comme le nom l'indique, Retromag est une nouvelle publication sur le rétrogaming dont je suis le responsable. Je vous présenterai ici, le magazine en cours de création. J'espère de tout coeur vous savoir nombreux à me suivre et à partager vos (vieux) souvenirs !

 

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