Le Blog de Parker

Catégorie : Cinéma

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Cinéma

Certaines oeuvres doivent attendre bien des années avant de pouvoir être apprécié à leur juste valeur. Martin fait partie de ces oeuvres "maudites", flop commercial à la sortie,critiques acerbes et vite rangé au fond du tiroir. Voila ce qu'il se passe quand on fait un carton dans un style de film et que l'on tente quelque d'autre,d'expérimental. Voila le triste sort que l'on a réservé à Martin lors de sa sortie...

Il fallut attendre bien des années pour que l'on se rende compte que ce film est tout simplement un chef d'oeuvre. C'est ce que je vais tenter de vous prouver de suite ! 


 

Laissez moi donc vous amener dans l'univers sombre de Martin en vous contant tout d'abord son histoire...

Martin est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus banal, pourtant la nuit tombée, Martin se transforme en vampire. Un vampire assez particulier car il ne mord pas ses victimes mais récupère le sang en coupant sa victime avec un rasoir juste après l'avoir endormie. Martin sera au début du film recueilli par son oncle Cuda qui est persuadé que Martin est un descendant des Nosferatu et veut tout faire pour le "soigner".

 

Il est triste de voir que beaucoup ont considéré ce film comme le fait que Romero ne voulait que reprendre le mythe du vampire pour en faire une transposition actuelle. Peu ont cherché à voir au-delà de l'image vampirique. Il est toujours bon de se souvenir que quelque soit le film de Romero, l'élément fantastique,surnaturel n'est qu'un prétexte. Cet élément n'est présent que pour illustrer un problème, une thématique sociale. Prenons ces films de zombie par exemple, le zombie n'est au final que l'allégorie de la menace, une représentation de nos peurs, nos échecs. A cela vient s'ajouter tout un discours ou plutôt une colère sociale caractéristique du cinéma de Romero.

Mais revenons au film, Martin est-il un vampire ? 

Romero entretient le mystère durant tout son film. Possède t-il réellement des pouvoirs ? Il est impossible de répondre à cette question à la fin du film. Et au final cela ne nous intéresse peu.

Je tiens avant d'aborder mon analyse du film à vous parler des autres personnages.

l'oncle Cuda : Véritable figure chrétienne, Cuda est en quelque sorte ( si l'on prend le film d'un point de vue vampirique ) le Van Helsing de Martin. Celui qui veut sa perte, le sauver par la mort. Cet individu est extrêmement intéressant car il possède plusieurs niveaux de lecture. Je ne dévoilerai son deuxième niveau de lecture que plus tard dans mon analyse. 

Tata Cuda : On ne sait pas vraiment comment interpréter ce personnage, sorte de figure maternelle mais en même temps elle peut aussi être vue comme une "soeur". Elle joue un rôle assez important dans le film au niveau de l'évolution du personnage de Martin.

 

Beaucoup d'autres personnages évoluent avec Martin mais je voulais vous parler avant tout des deux individus qui vivent avec notre héros durant le film. 

Il est temps d'aborder mon analyse de ce film. Alors ? Film de vampire ou non ? 

A mon sens Martin est tout sauf un film de vampire. Martin est au même titre que Season of the witch, une critique violente de la société de l'époque.

Que représente Martin alors ? 

Martin n'est un vampire que de nom et au final il n'est que l'allégorie de la marginalité. Il représente ce qui dérange dans la société. On peut aussi voir Martin comme la représentation d'une jeunesse incomprise et qui refuse de se conformer à des règles d'un ancien temps. 

Et que représente Cuda ? 

Cuda est le symbole d'une génération dépassée, une génération qui refuse de s'adapter à la nouvelle. Cuda est un vieil homme qui vit avec des visions du passé, de plus il est très religieux, cela renforce encore plus ce sentiment "d'ancienne génération" 

Romero nous montre avec génie que la différence n'est pas accepté dans notre société, toute déviance est punie, la jeunesse ne trouve pas du tout sa place. 

Nous pouvons aussi ajouter une deuxième vision au film de Romero : 

Le film peut aussi être l'allégorie du passage à l'age adulte de Martin. Le film peut aussi représenter chaque étape de la vie d'un jeune homme. La découverte du sexe, la mort, les conflits avec l'ancienne génération ou avec une ancienne autorité. 

Revenons sur la thèse de la marginalité, Martin représente en quelque sorte cet anti-conformisme de la société. Il ne veut pas s'adapter ni rentrer dans un moule mais souhaite vivre comme il l'entend. Mais malheureusement la société ne laisse pas libre les gens qui dérangent. Vu pour certains comme démoniaque ( comme le montre le comportement de Cuda ) ou alors comme stupide. Romero nous peint une société refusant la différence et ne vivant que dans un faux semblant permanent. La société doit être lisse ou ne doit pas être...

 

Libre à chacun d'interpréter comme il l'entend le film de Romero. Chaque théorie semble tenir. Encore une fois Romero nous montre toute l'étendue de son talent et nous prouve encore une fois qu'il est capable de réaliser des chefs d'oeuvre hors films de zombies.


 

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Cinéma

 

Ceci est une réfléxion sur le film et non une critique simple du film, attendez vous donc à certaines révélations sur le scénario...

Cette fois-ci nous allons aborder le cas difficile de...Splice ( oui il n'y a pas d'effet de surprise, l'affiche est au dessus ! ) 

Qu'est-ce que Splice ? Pourquoi Splice ? Qui a fait Splice ?

Que de questions auxquelles je vais tenter de répondre pour ceux qui n'auraient pas vu le film. Je tiens aussi à preciser que n'ayant pas revu le film depuis sa sortie au cinéma, je vais tenter tant bien que mal de faire fonctionner ce que les gens appellent la mémoire ! 

Revenons tout d'abord sur le passé de monsieur Natali, il est le réalisateur de l'excellent Cube. Je ne reviendrai pas sur ses autres films car Cube et Splice sont les deux films de sa carrière que j'ai pu voir. Vous vous souvenez de Cube ? Mais si, ces jeunes gens se réveillant dans un cube gigantesque et cherchant à comprendre comment s'en sortir. Le film avait à l'époque le mérite d'avoir été fait avec peu de moyens ( le film se résumant à la même salle, les couleurs changeaient pour donner l'illusion de nouvelles salles) mais assurait une ambiance excellente et un synopsis vraiment sympa. Bref ! revenons à nos moutons génétiquement modifiés et parlons de Splice.

 

 

Le synopsis : 

Alors qu'ils sont a l'apogée de leur carrière après avoir réussi a combiner l'ADN de différentes espèces animales, le jeune couple de savants, Elsa et Clive, décide de passer à l'étape supérieur en combinant de l'ADN animal avec celui d'un humain.

L'histoire est assez simple et rappelle un peu tout le mythe de Frankenstein, l'homme décidant de jouer à Mère Nature. Seulement le film de Natali ne peut pas se résumer simplement à un énième film sur l'homme et la création ou en tout cas l'on ne peut pas le résumer juste comme ça. Car en effet ce thème est tout de même présent durant le film et fait partie d'un niveau de lecture possible. 

Mais recentrons tout de même un peu le sujet en abordant tout d'abord le déroulement de l'histoire. Nos deux jeunes scientifiques sont donc à un moment charnière de leur métier. Tout leur sourit, les créatures qu'ils ont crées en mélangeant différents ADN animaux représentent une avancée scientifique assez grande. Seulement voila, pourquoi ne pas essayer avec l'Homme ? Si tout fonctionne entre animaux, pourquoi ne pas mélanger notre ADN ? Et ainsi créer...

 

 

Dés lors que nos deux scientifiques décident d'occulter sciemment tout le questionnement moral que peut ou doit poser ce genre d'acte, le film de Natali prend tout son envol...                              A partir de ce moment Natali nous offre un film à mes yeux complètement décomplexé sur l'image parentale, la place de l'enfant, les limites que l'on doit leur imposer voir s'imposer à nous même en tant que parents. Je peux comprendre que lorsque j'utilise le terme "décomplexé" cela puisse choquer mais entendons nous bien là dessus, lorsque j'utilise ce terme, c'est surtout pour montrer que Natali aborde des questions que beaucoup de parents n'oseraient même pas formuler ne serait-ce que dans leur tête...

Alors que je parlais de plusieurs niveaux de lectures pour Season of the Witch, il en va de même pour Splice. Le film peut etre prit comme un simple film fantastique mais ce serait pure perte de temps car le film en tant que tel n'a pas grand chose à proposer ( hormis des effets spéciaux bluffant en ce qui concerne la créature ).

Mais si on décide d'aborder le film comme l'allégorie de l'enfance ou de la tache de parents, tout devient différent. Tout le cheminement du film n'est que l'évolution de l'enfant par rapport à ses parents. L'évolution du père ou de la mère sur le regard qu'ils portent sur leur "enfant". Clive ( l'excellent Adrian Brody) porte en lui tout ce qu'un père peut se poser comme question. A la différence que dans le film la frontière entre le fait de considérer la créature comme sa fille ou comme un monstre reste très floue.

 

 

Le rôle de la mère n'est pas à négliger non plus car elle porte aussi en elle son lot de questionnements.Revenons sur le passé de cette mère ( j'éspère ne pas me gourer...). Elsa est une jeune qui a un lourd passé, jeune fille elle se faisait humilier par sa mère pendant des jours, qui la forçait parfois à rester dans sa chambre ( un matelas avec un sceau comme seules toilettes) sans s'en occuper. De ce constat là nous pouvons comprendre sa réticence dans le film à vouloir faire un enfant. La créature semble donc toute appropriée, ce n'est pas totalement un être humain. Seulement, sentiments humains obligent, Elsa va s'attacher à la créature qu'ils décideront de nommer Dren. La mère soulève aussi bon nombre de questions, à savoir, est-ce que l'on crée le même schéma familial que celui qu'on a subi ? Reproduisons nous les mêmes erreurs que nos parents ? 

 

Pour finir, abordons le cas de Dren. Même si son apparence n'est pas totalement humaine, son comportement l'est complètement, évoluant tout au long du film pour représenter tous les stades de la jeunesse: fille très proche de sa "mère" au début du film, se rapprochant du père pour symboliser le complexe d'Oedipe. Je tiens à aborder cette scène dans la grange car d'une part elle représente parfaitement ce que je viens de dire plus haut sur le complexe d'Oedipe mais aussi pour vous faire part de mon sentiment.    

 

       

 

Durant cette fameuse scène nous pouvons voir Dren se rapprocher de son père jusqu'à l'impensable, l'inceste. Pourquoi parler de cette scène ? Elle incarne le film à mes yeux, elle incarne tout le questionnement du spectateur. Comment prendre la scène ? Elle est d'une sensualité exceptionnelle, l'image est magnifique et tout est fait de manière trés "pure". Mais d'un autre côté elle dérange, qui est Dren ? La fille ? ou juste une créature ? doit-on y voir la beauté de la scène ou alors cette représentation de l'inceste ? A vous de vous faire votre avis.

 

J'arrive bientot à la fin de l'article et un seul moment n'a pas été abordé : "l'adolescence"             L'adolescence est traitée durant la toute fin et est assez courte. On pourrait y voir la volonté de nous montrer que l'adolescence n'est au final qu'une toute petite période de la vie.         

La fin est pour moi la représentation parfaite de ce que vit l'adolescent. Cette période de conflit permanent, conflit parental mais aussi période de changement, expliquant ainsi la "dernière métamorphose de Dren". C'est l'âge de la puberté et des changements physiques, mais aussi moraux...

En espérant avoir pu donner une vision claire de ce que le film est pour moi, je vous invite tous à le regarder ! 

                                                   

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Cinéma

Troisième et dernière partie de notre dossier sur le film d'Horreur français.En rédigeant cette partie cela m'a fait penser à une anecdote sur le film Frontière(s) dont je parle dans la partie précédente. Elle résume grossièrement l'état d'esprit global sur ce type cinéma. Xavier Gens expliquait que lors de la réalisation il a rencontré plusieurs problèmes. Commençons par la réalisation. Impossible de trouver quelqu'un voulant produire le film. La plupart des boites trouvant que son film va trop loin et ne sera pas rentable. Après avoir trouvé la bonne boite, c'est sur le plateau que les problèmes commencent. De gros désaccord plombent toute l'avancée du film et durant toute la réalisation la plupart des personnes "extérieurs" tel que les producteurs n'arrêtent de critiquer le film et n'annoncent qu'un échec pour Gens. Après cela c'est au tour du scénario, remit en question, les producteurs veulent purement et simplement retirer les éléments Nazis du films, jugeant cela "too much". Ce ne sont que de petites anecdotes mais je trouve qu'elle résume bien le malaise de ce cinéma. La prise de risque n'est malheureusement pas autorisée, on trouve rentable les films purement français à savoir les huis-clos ou la bonne comédie franchouillarde. Pour une grande majorité le cinéma d'horreur n'est pas et ne sera jamais Français. Et pourtant...

 

 

Vinyan : Par le très talentueux Fabrice du Welz.

J'ai cru comprendre que le film n'avait pas été réellement apprécié, j'en ait discuté avec certaines personnes et le ressenti général est assez tranché. Le film est mauvais. Il mérite pourtant que l'on s'attarde sur lui car il recèle en lui une certaine profondeur.

Mais quel est donc l'histoire ? C'est intéressant de se poser cette question car un film sans histoire ça sert pas à grand chose. En même temps Michael Bay continue à faire des films sur du vent donc ce que je dis ne tiens pas la route... Bref ! 

Le film nous plonge au lendemain du Tsunami de 2005. Jeanne et Paul ont perdu leur fils durant la tragédie. Incapable d'accepter la mort de leur enfant, Jeanne reste persuadé que son enfant a été kidnappé durant le chaos de l'évènement. Incapable de briser le dernier espoir de sa femme et aussi par amour, Paul acceptera de plonger avec sa femme dans une quête pour retrouver leur fils. Une quête qui les poussera à affronter ce qu'ils n'osent s'avouer.

 

Il est certain que Vinyan n'est pas un film facile. Il est même la représentation parfaite du film très hermétique. Le scénario ne se dévoile que tout doucement et les dialogues sont peu présents. Cela n'empêche pas pour autant le film de délivrer des messages à mon sens assez forts. Ainsi tout au long du film des questionnements tourmenteront tous les personnages, à commencer par Paul, le mari, qui ne saura jamais réellement ce qu'il doit faire pour sa femme. Doit-il l'accompagner au risque de la voir s'enfermer encore plus dans une "maladie" qui ne se guérira jamais ? la mort d'un enfant. Au final ne cherche t-il pas en suivant sa femme à se déculpabiliser de ne pas avoir su l'aider lors du drame ? A t-il lui aussi l'espoir de retrouver son fils ou se voile t-il juste la face ? Beaucoup de questions qui ne trouveront de réponses qu'auprès du spectateur devant faire ses propres théories. Mais c'est autour de Jeanne que se construit réellement le film. De par ce cheminement long et tortueux qu'est le film et leur avancée dans la jungle, Jeanne arrivera à trouver la réponse qu'elle cherche. Je ne dévoilerai pas le film car le but est avant tout de donner envie de voir le film.

Dernier point sur lequel je me devais de revenir. Le film est visuellement magnifique, la jungle est réellement étouffante et nous montre bien l'état psychologique dans lequel évolue nos héros. Les décors sont réellement époustouflant et la mise en scène l'est tout autant.

Il est intéressant avant tout de remarquer que lors de la sortie de son premier film, Calvaire, Fabrice du Welz subit un échec assez fort, il partira dans l'optique pour Vinyan de faire un film "grand public" pour ainsi plaire. Il se passe l'inverse. Fabrice du Welz avec Vinyan met au point un film trop personnel, trop intimiste, ce qui l'empêchera encore une fois d'obtenir le succès escompté.

 


 

 

À l'intérieur : Réalisé par Maury et Bustillo. 

Attention ! à l'intérieur est un film choc. Un film d'une violence assez rare qui peut ne pas plaire à tout le monde. Pourtant ce film est incroyablement bon.

Je ne vais pas pouvoir pour une fois partir dans un délire sur le film et vous expliquer pourquoi son scénario est d'une richesse folle car les réalisateurs ont eux même avoué la vacuité de leur scénar'. Pourtant cela ne m'empêchera pas de tenter de vous donner envie de le voir. 

On suit toujours le même schéma et je vais donc vous parler de...l'histoire ! 

Sarah vit seule depuis la mort de son mari lors d'un accident de voiture. Enceinte et bientôt prête à accoucher, elle devra pourtant attendre le lendemain du réveillon pour entrer en clinique. Réveillon qu'elle devra passer seule chez elle, sa mère n'étant pas présente. Tout se passe bien jusqu'au moment où une femme sonne à la porte pour demander de l'aide...

Le film est l'exemple type du parfait "Slasher" pour résumer grossièrement. Il en suit les codes. Une maison,une menace et une notre protagoniste principale isolée. Tout le film tirera sa force de ce postulat. La mise en scène joue une rôle prépondérant dans le film car elle va servir à créer une impression de cloisonnement assez fort. Tout est fait pour que l'on ne se sente pas du tout à l'abri dans la maison.

 

Je reconnais que je ne parle pas souvent des acteurs durant mes chroniques mais là je ne pouvais faire l'impasse sur la prestation de Béatrice Dalle. Elle est, dans le film, réellement habitée par son rôle. Elle nous joue une femme voulant à tout prix récupérer l'enfant de Vanessa. Elle livre dans ce film une réelle performance et réussit son objectif à savoir : nous faire peur ! Elle a ainsi traumatisé un de mes amis, reconnaissant qu'il n'aimerait pas croire cette femme dans la rue. De par son jeu elle réussit à incarner au delà de la simple femme, une sorte d'entité "démoniaque", sans sentiment, sans peur. Elle fera frissonner beaucoup de personnes durant la scène finale...

Au final, à l'intérieur nous montre que le "Slasher" ( encore une fois je résume le style assez bêtement mais cela permet ainsi de se faire une idée du style ) n'est pas seulement Américain. Le film récupère avec brio tous les codes du genre pour l'adapter dans un huis-clos sanglant et violent. Le film poussera les limites de la violence avec un final qui fait froid dans le dos.

 

Nous arrivons à la fin de notre dossier ! Je sais que certains films n'ont pas été traité mais j'espère que les films de ces dossiers vous permettent de voir que le cinéma d'horreur n'est pas qu'américain ou Italien.

Le but de ce dossier est aussi de vous montrer que le cinéma français ne se résume pas qu'a Godard, Jeunet etc... Nous possédons dans notre pays de nombreux talents ne demandant qu'à être découvert. 

Pour finir je ne saurai que trop vous conseiller de voir tous ces films, ou alors d'en voir quelques un et de revenir pour me donner vos impressions. Cela permettra de voir ce que certains pensent de ces films. 

 

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Cinéma

a l'intérieur

Suite de notre dossier sur la France et son cinéma d'horreur ! 

Il est triste de voir que ce cinéma malgré ses grandes qualités reste aussi peu connu,peu de réalisateurs osent franchir le pas et tourner un bon film d'horreur...Pourquoi ? La faute tout d'abord à un système français très frileux à ce niveau. Hormis "French Frayeur", boite de canal+ si ma mémoire est bonne, très peu de boites se décident à financer un film d'horreur. Encore une fois, pourquoi ? Ce n'est pas dans la tradition française...la france ne fait pas ce genre de film. La france est habitué à la "nouvelle vague", à des Klapisch etc...

On associe vite un style de film à un pays, ce qui sous entend pour beaucoup que d'autres pays ne peuvent pas faire le même type de film. Raisonnement à mon avis un peu bancal. Prenons Amer par exemple, ce film réalisé par deux français si je ne me trompe pas, est un Giallo. Qu'est ce qu'un Giallo ? C'est (en résumant très succinctement) un style de film mélangeant : du fantastique, du policier, de l'horreur et de l'érotisme. Ce style est purement Italien. On doit à ce style des films comme le chat a neuf queues de Argento ou bien les frissons de l'angoisse toujours de Argento. Amer est donc un pur Giallo et pourtant il est français, cela en fait il un mauvais film ? Et bien non, le film est excellent et sait puiser dans tous les codes de ce style pour en faire une oeuvre unique et magnifique.

Je m'égare...Revenons en à notre sujet ! Premier film ! 

 

 

Frontière(s) : Film réalisé par Xavier Gens.

Et la vous allez me dire : Mais c'est en anglais ? Et je vais vous répondre que oui et que c'est voulu car avant de parler du film je brièvement parler du succès des films d'horreur français.

La majorité de ces films ne trouvant pas de public en France se voient vendus en DVD dans des pays étrangers. Les USA etant un des principaux pays consommateur de ces films. Et que se passe t-il la bas ? Les films cartonnent. Le public est présent et en redemande...

Conséquence ? Beaucoup de réalisateur français partent dans ces pays pour pouvoir tourner en paix. Voila pour la digression sur le fait que l'affiche soit en Anglais, le film étant purement français ( il y a Samuel le Bihan dedans...) mais a trouvé plus de reconnaissance aux Etats-Unis.

Revenons sur le film, quel est donc son histoire ? Le film fait suite aux évènements ayant amené Le Pen au second tour des élections. Alors que l'extrême droite monte au pouvoir, un groupe de jeune commet un braquage et décide de fuir en passant la frontière. Ils se séparent avant de partir et décident de se rejoindre avant la frontière dans une petite auberge.

 

Ce film, à défaut d'être un des meilleurs en son genre est vraiment représentatif du malaise de l'époque. Une véritable rage bouillonne et beaucoup de réalisateurs ont besoin d'extérioriser tout cela derrière la caméra. Xavier Gens est de ceux la. Le film par le biais d'un retour du nazisme nous montre bien cette peur que beaucoup de français ont eu, l'arrivée au pouvoir du fascisme. Il est certain que le film à coté de cela reste trés classique, pourtant si on le remet dans son contexte, beaucoup de moment dans le film sont trés symbolique. Nous pouvons prendre l'exemple de la réunion pour manger avec le "Père"(sorte de nazi complètement malade), ce moment voit toute la famille reunie ainsi qu'une des jeunes qui vient de se faire capturer, cette jeune est arabe. Cette scène avec donc la figure du père en tant que chef peut être vu comme une sorte d'allégorie de la France, en ce sens que chaque participant à la table n'est que le représentant de son genre. Cette allégorie nous montre donc cette France se faisant envahir par ce nazisme, ne représentant au final qu'un ignoble xénophobisme.

Je vous amène donc à aller voir ce film en le remettant avant toute chose dans son contexte.

 

 

La Horde : Réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher

La Horde...comment décrire ce film...bonne question. Commençons par l'histoire.

Suite au meurtre d'un des leurs, une bande de flics décident de se venger et d'aller tuer la bande responsable de la mort de leur collègue.C'est en pleine nuit qu'ils se dirigent donc vers l'immeuble des tueurs.

Je previens de suite, ne cherchez pas de discours social ou un quelconque message dans ce film. On est dans le divertissement pur ou comme on aime à le dire on est dans un film BADASS ! 

Je ne peux que vous inviter à la voir ! Et de suite ! Tout est excellent dans ce film. Les dialogues sont savoureux (on est quand même dans le langage de banlieue...) et les acteurs sont vraiment excellent. De plus La horde est un très bel hommage aux jeux vidéos du genre. Les codes sont la, l'immeuble,les zombies qui attaquent, un groupe de survivant et une seule sortie. Le film puise dans énormément de références mais cela ne l'empêche pas d'avoir sa patte, son originalité. Les acteurs incarnant des personnages très marqué voir même cliché, ce qui ne dessert en rien le film ! Au contraire le coté badass du film n'en est que plus renforcé. Mention spécial à...zut j'ai oublié son nom dans le film, bon on va l'appeler Moustache-Man ), qui durant une des dernières scènes du film nous fait vivre un moment culte.

 

Je ne peux que vous conseiller de vous acheter le DVD et de regarder ce film. Un argument ? C'est rare de voir des zombies se faire exploser la tête avec du free-fight ! 
 

 

 

 

Calvaire : Réalisé par Fabrice Du Welz

Chanteur itinérant, Marc Stevens, aprés avoir terminé son spectacle dans une maison de retraite, il décide de reprendre la route. Seulement durant son voyage il tombe en panne au milieu de nulle part. Il se fera aider et trouvera refuge dans l'auberge de Mr. Martel, encore fragile après la perte de sa femme.

Que dire de ce film ? Autant pour La Horde on était dans le divertissement pur autant ici nous sommes surtout dans une démarche de réflexion. Le film nous narre l'histoire de ces deux hommes complètement brisés par la vie. L'un n'a aucune attache, se refuse à en avoir tandis que l'autre au contraire tente par tous les moyens de combler un vide émotionnel assez fort. Le tout accompagné par des visuels magnifiques. Le plan final dans la neige est d'une beauté saisissante.

 

Résumer le film en tant que simple film d'horreur est extrêmement réducteur. Ce n'est même pas un film d'horreur, on est plus dans le drame humain. Chaque personnage dans le film est un être que la vie a cassé. Pourtant on le classe vite dans le cinéma d'horreur et la preuve je le fais en vous le proposant dans ce dossier. Il y a une raison, il en suit tout de même les codes. Les situations sont inscrites dans celles des films d'horreur. La forme est donc similaire mais surtout pas le fond. La force de ce film réside dans cet aspect très Kafkaïen, ce moment ou les lieux n'ont plus de liens entre eux. Ces situations qui en temps normale nous sembleraient totalement folles prennent d'un seul coup une légitimité, un sens. Voila la force du film, nous faire rentrer dans un monde, ou tout nous semble morale, logique alors qu'au fond de nous nous savons que ce n'est pas le cas. Calvaire fait partie de ces films qui dérangent, ces films qui laissent mal à l'aise. Il ne faut pas s'arreter sur cette impression et creuser pour découvrir un film d'une beauté mais aussi d'une tristesse énorme. 

Fabrice du Welz étant à mes yeux un réalisateur à suivre. Il nous prouvera son talent encore une fois avec Vinyan mais ça c'est une autre histoire...

 

Calvaire conclue donc notre deuxième partie ! J'espère vous avoir donné envie de voir ces films. Je vous donne donc rendez-vous pour la troisième et dernière partie de ce dossier !

Portez vous bien !


 

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Cinéma

 

Je vous avoue que rédiger un article sur Suspiria n'est pas chose aisée. En effet le film se veut tellement unique que je ne sais pas si je saurai retranscrire réellement le film et son univers. 

Il y a des oeuvres qui vous changent. Suspiria fait partie de ces oeuvres. Je reconnais que pendant longtemps le cinéma Italien n'était pas vraiment ma tasse de thé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, enfin si je sais, je ne connaissais pas ce cinéma car j'avais énormément d'a priori dessus.

Vous savez c'est un peu comme certains et le ciné asiatique, ça n'intéresse pas car le style de film à l'air trop différent de ce que l'on a l'habitude de voir, on ne connait pas les acteurs et en plus ils sont jaunes ! ( je plaisante hein ! ) 

Alors qu'en fait il suffit juste de se plonger dans une seule oeuvre pour que l'on se rende compte de la richesse de ce cinéma. Pour le cinéma asiatique il suffit de regarder Park Chan Wook pour que l'on prenne conscience de la beauté du cinéma asiatique ainsi que de son intelligence.

Revenons tout de même au cinéma Italien, pour moi il se résumait à "Cannibal Holocaust" de Deodato. Un film qui traite par le cannibalisme de l'horreur des médias. Ce film même si je l'aime beaucoup m'a empêché de voir d'autres films Italiens. Le style peut être un peu trop violent m'a longtemps empêché de voir que ce cinéma avait autre chose à proposer. 

Alors qu'en fait le cinéma Italien est d'une profondeur et d'une richesse énorme. Le cinéma populaire Italien est réellement excellent. Mais le sujet d'aujourd'hui ne concerne pas ce style de cinéma. En effet c'est au Giallo que je m'intéresse avec le film d'aujourd'hui.

Nous allons donc aborder Suspiria d'Argento.

 


 

Je dois reconnaître que si Argento n'avait pas été à l'origine de la version Européenne de Zombie, je ne sais pas si j'aurai fait l'effort de regarder ses films. Je sais que c'est assez stupide comme raisonnement. Pourtant des fois vous ne vous intéressez à un réalisateur que parce qu'il est associé à un autre réal' que vous appréciez énormément. 

Suspiria...avant de vous expliquer ce que je pense de cette oeuvre, abordons son scénario.

C'est à Fribourg que notre héroïne, Suzy Banner, doit aller pour rejoindre une école de danse très prestigieuse. Dés son arrivée, Suzy se rend compte de l'atmosphère très étrange de ces lieux. Il est dit qu'autrefois cette école était la demeure d'une sorcière que l'on nommait la mère des Soupirs où Mater Suspiriorum.

C'est sur un pitch assez classique que va se dérouler un film qui lorsque je l'ai vu m'a hanté durant un bout de temps. Cette oeuvre fait partie de la trilogie des Mères. Suspiria est le premier de la trilogie. Viendra par le suite Inferno ( tout aussi excellent, je vais faire un article dessus dans peu de temps ) et Mother of Tears ( pas encore vu ).

 


 

Comment décrire Suspiria avec des mots alors que le film est avant tout visuel. Argento a crée un film reposant sur le rouge. Tout le film, quelque soit sont décor se rapprochera du rouge. En effet, Argento arrivera par cet effet à créer un monde à part. Cette utilisation du rouge ou même de la couleur en règle générale, par une sorte de surexposition, créera une sorte d'univers, une école. Cette école deviendra grâce à ce jeu de couleurs, une sorte d'entité vivante, le rouge donnant vie à ce lieu. Il est assez difficile décrire concrètement comment le tout transparaît à l'écran. Il suffit de voir le film pour ce rendre compte de l'importance de la couleur au sein du film et de son déroulement. 

Le film baignera dans une sorte de singularité visuelle. On pourrait croire que la surabondance d'une même couleur pourrait gêner, au contraire. L'utilisation de cette couleur chaude qu'est le rouge nous fait ressentir differentes émotions durant le film. On se sentira tout d'abord réchauffé par l'école qui malgré une ambiance pesante, restera un moment un lieu où l'on se sentira en sécurité.

Puis lors de la seconde partie, ce rouge devient le symbole du sang et de la mort. Et d'un seul coup l'école prend des allures de lieu où la mort nous attend à chaque porte. Tout est possiblement mortel dans cette maison.

C'est en cela que je trouve l'oeuvre d'Argento forte car le scénario passe au second plan. Toute l'oeuvre est avant tout quelque chose que l'on voit, que l'on ressent. S'ajoute à cela une manière de filmer très particulière où l'espace n'a plus de lien, les lieux amènent n'importe où. De par cette manière de film ressort une impression où la fuite semble inutile. On a vraiment l'impression qu'il est impossible de ressortir de cette maison. Tout nous ramène à elle.

 

 

Mais le film aussi visuel qu'il puisse être et renforcé par une bande son magnifique. 

Nous devons la bande son à Goblin, groupe de rock progressif qui travaillera avec Argento pour certains de ses films. Il faut avouer que toute l'ambiance du film est renforcé par cette musique très "spécial". Elle est en accord parfait avec les images. L'un ne va pas sans l'autre. Il suffit d'entendre le générique du début lorsque Suzy prend le taxi pour aller à l'école. Dans cette séquence raisonne la musique de Goblin alors que Suzy dans on taxi traverse ce qui semble être une foret. Je ne saurai comment vous décrire cela et je vous invite donc à voir le film pour que vous saisissiez ce que je tente de vous dire.

Voila qui est un assez bon exemple de ce que je vous disais au dessus concernant l'espace. Alors que Suzy sort de l'aéroport, elle appelle un taxi pour aller à son école. Durant ce voyage nous pouvons voir Suzy arriver en ville pour ensuite partir dans une sorte de forêt qui la mènera jusqu'à l'école qui semble pourtant être au centre de la ville. Argento joue avec le spectateur pour lui faire perdre ses repères. Il nous montre clairement dés l'introduction qu'il ne vaut mieux pas penser à chercher une logique dans tout ça. Il est le maître du jeu et il nous le montre...

 


 

Et le scénario ? 

On pourrait penser que Suspiria n'est qu'un film visuel et que le reste ne compte pas. Pourtant cela serait sous-estimer Argento. Suspiria à travers ses héroïnes et son décor parlera de l'enfance et du passage à l'age adulte. L'aspect visuel renforçant cette impression. Il suffit de voir les portes du film qui sont pour la plupart trop hautes pour les élèves de l'école. Tout sera fait pour en quelque sorte infantiliser les pensionnaires. Le choix de l'actrice principal n'est pas anodin, elle a un visage très enfantin. Le comportement de l'héroïne et de son amie durant le film renforcera cette impression. Le film renvoie aux peurs enfantines, les bruits de pas, les lieux dans lesquels l'on ne peut aller, l'autorité supérieure. 

La quête de Suzy pouvant se résumer à battre la sorcière n'est en fait qu'une allégorie du passage à l'age adulte. Nous ne pouvons devenir enfant que lorsque nous avons "coupé le cordon" avec nos parents. En l'occurrence la mort de la sorcière, de la Mater Suspiriorum permettra à Suzy de devenir une femme et de voler de ses propres ailes. 

 

Nous voila à la fin et pourtant j'ai l'impression de ne pas avoir réussi à vous montrer réellement la force de cette oeuvre. Elle dérange, met mal à l'aise et fait peur. Elle fait peur car elle nous renvoie nos peurs d'enfants tout en nous perdant dans un lieu ou l'espace n'a plus de tangibilité propre. Suspiria restera une oeuvre que je ne me lasserai jamais de voir tant sa beauté mais en même temps sa cruauté me fascine.

 

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Cinéma

 

Avant de commencer, petit historique de la filmographie de Mr. Carpenter : 

 

1974 : Dark Star

 1976 : Assaut (Assault on Precinct 13)

 1978 : Halloween, la nuit des masques (Halloween)

 1980 : Fog (The Fog)

 1981 : New York 1997 (Escape from New York)

 1982 : The Thing

 1983 : Christine

 1984 : Starman

 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China)

 1987 : Prince des ténèbres (Prince of Darkness)

 1988 : Invasion Los Angeles (They Live)

 

They Live ou Invasion Los Angeles est donc un film réalisé par John Carpenter en 1989. Ce film est une adaptation de l'oeuvre de Ray Faraday Nelson, "Les Fascinateurs".

 

Le film nous narre l'histoire de John Nada, ouvrier au chômage, partant en ville pour trouver du travail. Échouant à trouver un job, ses pas l'amèneront dans un bidonville où par un concours de circonstance, John entrera en possession d'une paire de lunette noire lui permettant de voir le monde tel qu'il est vraiment à savoir, contrôlé par des êtres venus d'ailleurs...

 

 

En effet, ces lunettes permettent aux porteurs de voir le véritable visage de notre monde. Un monde où la pub nous dirige par le biais de messages cachés, chaque produit permettant de faire passer des messages différents. La population obéissant donc sans le savoir à ces messages subliminaux. Alors que l'on pensait vivre en totale liberté, c'est en fait l'inverse qui se produit, nous vivons dans l'asservissement total et sans en avoir conscience à un seul instant.

Mais qui commande ce monde ? C'est après avoir découvert "l'envers" de notre société que John comprend que les dirigeants sont en fait des extra-terrestres camouflés au sein de la population. Ces extra-terrestres ayant pour la plupart des hauts rangs dans la société, dirigeant alors en toute impunité notre monde.

Seule une partie de la population est au courant de cette situation, une sorte de résistance en somme, qui tentera par le biais des lunettes de faire voir au monde, la véritable apparence de celui-ci. John intégrera cette résistance, refusant de vivre dans un monde où chaque décision prise par le peuple n'est au final qu'un ordre dicté par les dirigeants. 

 


 

Ce film, à l'instar des films de Romero peut être abordé de différentes manières. Deux approches se dégagent lorsque l'on voit le film : 

- Un film très personnel pour Carpenter, un brûlot envers la société du cinéma

- Une critique de notre société, des médias, de la politique et de nous même

Abordons en premier ce qui saute aux yeux lors du visionnage du film, la critique de notre société.

Carpenter, par le biais de son film, va nous dépeindre une société régi par l'ordre et la consommation. Les deux mots revenant le plus souvent dans le film étant "OBEY" et "CONSUME". Nous sommes dirigés par un petit nombre d'individu, lobotomisant la population pour en obtenir ce qu'elle désir. La notion de libre arbitre ou d'individualisme étant alors totalement abolie au profit d'une notion de masse non-pensante. Il faut aussi remettre le film dans son contexte, nous sommes à l'époque dans la période des "yuppies", des "golden boy", ces jeunes obsédés par l'argent et le capitalisme. Cette caste récoltant énormément d'argent au dépend de la société "populaire", dirigeant alors le monde par l'argent sans tenir compte des réels problèmes de notre société.

On note alors tout le cynisme de Carpenter, présentant ces golden boy comme des extra-terrestres, incapable de comprendre le fonctionnement de notre société. Leur état d'esprit égoïste préférant l'argent à l'individu étant alors selon Carpenter un raisonnement que seul des êtres venus d'ailleurs peuvent avoir.

Il est intéressant de noter la place du peuple au sein du film. John Nada est un ouvrier, il vient de la campagne, il est l'opposé de la menace. On peut aussi pousser le raisonnement plus loin en étudiant son nom : Nada ou Rien en français. Il n'est rien dans la société, un simple rouage en plus pour la faire fonctionner. C'est pourtant de ce rien que la société des extra-terrestres tombera. On peut alors y voir un message d'une grande puissance, chaque individu a la force de faire changer les choses, chaque Homme a son importance et joue un rôle capital dans notre société. Au delà du simple message populaire on peut donc voir un véritable hommage rendu à ses gens souvent considérés comme "moins que rien" par la société.

 

 

Mais l'analyse de They Live ne s'arrête pas là ! 

En effet, il est aussi possible de voir en ce film, un véritable brûlot contre la société du cinéma. Comment ? 

Je vais vous montrer. Mais tout d'abord, faisons un petit rappel sur l'histoire des films de Carpenter, enfin surtout du "gros" film qui a précédé They Live. Il s'agit de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. Alors qu'aujourd'hui ce film est considéré comme "culte", il ne faut pas oublier qu'à sa sortie ce fut un véritable bide, un échec commercial cuisant pour Carpenter et ses investisseurs. Forçant alors Carpenter ayant perdu la confiance des producteurs, à réaliser des films à petit budget.

Dés lors le film prend une autre tournure, John Nada étant alors une sorte de représentation du réalisateur cherchant par tous les moyens à faire valoir sa vision des choses sur une société du cinéma gangrené par l'idée de la vente absolue. Ces sociétés cherchant à faire des films rapportant un maximum, privilégiant alors la forme sur le fond.

Nous pouvons y voir ainsi des producteurs refusant de comprendre les idées différentes, singulières, l'argent rentrant de toute manière en premier plan quand il s'agit de faire un film. La prise de risque est donc inexistante et les films deviennent "merdique". 

L'ironie dans ce film étant que Carpenter réussira toujours ses films lorsqu'il a peu de budget, donnant alors un fort investissement personnel dans "petits" films. Ses plus grands succès étant à la base des films "low-budget". Carpenter réalisant des films moyens lorsqu'on lui donne des moyens conséquent, la faute aux producteurs, aux directives liberticides auxquelles Carpenter doit faire face.

 

 

C'est ainsi que s'achève l'article sur They Live ! Vous ne regarderez plus la société de la même manière après avoir vu ce film...

 

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Le Blog de Parker

Par Parker32 Blog créé le 21/07/11 Mis à jour le 07/04/14 à 08h51

Un blog pour réfléchir sur le cinéma, les livres et les jeux vidéos

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Édito

 

Voila un petit moment déjà que je voulais commencer un blog. Ayant pour ambition le journalisme, je me suis dit :

Quoi de mieux qu'un blog pour s'entrainer à écrire des articles ?

Alors que va être ce blog ? Normalement un Blog sur notre culture Geek, je m'explique: je vais tenter de faire des critiques, analyses , sur le ciné, les bouquins ou encore les jeux vidéos. 

Bon, je suis conscient que ma visibilité ne sera peut être pas énorme mais tant que quelques personnes me lisent et soit donnent un avis sur l'article ou sur le style d'écriture, bah ça me va ! 

 

Voila ! Bonne (prochaine) lecture ! 

 

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