Le Blog de Parker

Catégorie : Cinéma

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Cinéma

 

Au vu du succés de la première partie, je lache un peu plus tôt que prévu la suite. Je ferai une maj ce Week-End pour remonter ces trois parties pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lus.

Un lien tout de même pour la première partie :

 http://www.gameblog.fr/blogs/parker32/p_53505_interview-rurik-salle-mad-movies-fugu-dal-bronx-ou-geek-et-b

On conitnue donc, toujours dans l'amour et la joie ! N'hésitez pas à donner votre avis sur les questions, et venez partager vos réfléxions ! 

 

Deuxième partie, le journalisme, l'évolution du média :

- Journaliste depuis un moment, comment vois tu l'évolution des médias de ton côté ? Le métier de journaliste ne doit plus trop être le même qu'avant non ? 

Je te l'ai dit, c'était mieux avant ! Tout est mieux avant. Avant, les morts étaient encore vivant, et les cons n'étaient pas nés. Avant, le net n'existait pas, et la presse radio/papier/télé avait du poids. On ne s'improvisait pas journaliste, et les places étaient chères... Aujourd'hui, tu peux faire ton propre site. Ca démocratise. Ca ne veut pas dire que tous les sites sont bien, et il y en a tellement que c'est sans doute le bordel. Mais en même temps, tu peux avoir une voix, alors que tu n'es pas connu, que ça n'est pas ton travail officiel, que tu n'as pas la tune qu'il faut pour lancer un canard. Aujourd'hui, tout le monde peut être entendu aux quatre coins de la planète, c'est pas mal. Donc en ça, le métier de journaliste a changé. Aujourd'hui, le côté « journaliste » ne suffit plus pour séduire les femmes. Il faut en plus que tu appartiennes à un organe de presse prestigieux, sinon elles s'en foutent. Ou que ton organe à toi soit prestigieux. Mais seul Dieu décide du prestige qu'aura ton organe. Je tiens d'ailleurs à le remercier. 

 

- Comment vois tu Internet ? Une évolution ou ce qui a un peu "tué" le marché ? On voit beaucoup de revues mourir à cause de ça, pas assez de ventes, la gratuité du net brisant l'envie de payer pour ce que l'on trouve sur la toile.

Oui, il ne faut pas se leurrer, le net a tout changé, dans beaucoup de domaines, et pas seulement la presse. La musique, le cinéma aussi. Aujourd'hui, alors que le monde n'a jamais eu autant les moyen de voyager, de s'informer, d'échanger, de communiquer, on s'enferme, devant un ordinateur, un téléphone. Marrant, non ? Regarde tous ces mecs dans la rue, avec leur casque sur les oreilles. Ils sortent, et ils emmènent leur propre environnement. Ils emmènent leur maison chez les autres. Alors que dans la rue, il y a des sons, des discussions, des bruits étranges... C'est enrichissant, mais non, on s'enferme. Ahah !! Comme ça c'est mieux : on peut insulter n'importe qui, il n'entend rien. Voilà qui est bien pratique. 

Et oui, donc, le net a changé les choses. Les grandes revues, celles qui ont une âme, subsistent et résistent, parce que le public n'y cherche pas qu'une source d'info (qu'il aura plus vite, et gratos, sur le net), mais un avis, un ton. Et puis l'objet a encore de la valeur, un peu. Une belle revue, c'est quelque chose qu'une fichier pdf ne remplacera pas de sitôt. Mais d'une manière générale, oui, le net change l'économie, et les générations nouvelles, qui n'ont jamais acheté un cd ni une revue, elles vont sur le net et s'en foutent. C'est pourquoi, pour un objet, la seule manière de subsister est de prendre conscience qu'il n'a plus le monopole absolu, et qu'il faut qu'il séduise le public à nouveau. C'est comme quelqu'un, qu'on appellera Raymond, et qui voudrait séduire une autre personne, qu'on appellera Bleu de Bresse. Raymond est le seul candidat à la séduction, fainéant, et il n'a pas beaucoup de pression. Si Bleu de Bresse veut coucher avec quelqu'un, ça sera forcément avec Raymond. Et puis tout à coup, y'a un car qui débarque, et t'as 56 candidats à la séduction qui débarquent. Là, Raymond, il se dit qu'il va falloir qu'il fasse des efforts pour parvenir à ses fins. Qu'il n'est plus seul, qu'il doit mettre les petits plats dans les grands .

 

-  La presse spécialisée est elle le seul média pour toi à avoir encore de l'avenir ? Se concenter sur un seul domaine pour pouvoir attirer un public bien précis quite à s'enfermer dans un genre pour ne pas la perdre ? 

Oui, la presse spécialisée a encore de l'avenir, parce que la spécialisation demande de la connaissance précise, et ça prend un certain temps d'acquérir ça. Et les passionnés sont des gens qui vont continuer à aller vers la presse spécialisée, parce qu'ils recherchent une presse de référence, exigeante. Mais la presse générale a aussi de l'avenir, si tant est, une fois de plus, qu'elle trouve sa voie et sa voix, qu'elle se donne une raison d'exister. Qu'elle propose un regard qui est le sien. L'info est à portée de main, alors il faut pouvoir donner un point de vue personnalisé, un ton unique, pour sortir du lot. Je pense que l'avenir appartient à l'identité, à l'originalité, à l'imagination. Rien ne peut battre l'imagination, et certainement pas la mondialisation. L'applatissement des différences n'a aucun avenir, et l'inventivité fera toujours la différence. Oui, je pense que Starbucks, c'est le McDo du café, et je n'ai aucune envie de retrouver le même café quand je pars à 12 heures d'avion de chez moi. Je ne vais pas chez le voisin pour retrouver mon salon.

 

- Vois tu l'émergence des podcasts, émissions sur le net comme une alternative ? Un moyen de continuer à informer, parler de ce que l'on aime, autrement que par le mag' spé ? 

Oui, bien sûr, c'est ça. Le souci, c'est qu'on est abreuvé de trucs, partout... T'imagines le délire : avant tu allais chez la vieille en bas, t'achetais ta petite revue, tu lui volais des bombons, tu te masturbais devant les revues de fesses, puis tu partais chez toi manger des frites. Ta vie se résumait à ça, on le sais tous, ne mens pas. Aujourd'hui, tu peux faire la même chose mais la vieille a été remplacée par un jeune avec des cheveux, et en plus tu as tellement de sites internet à visiter que tu sais plus où donner de la tête. C'est fou ce qu'on nous propose. Des centaines de chaînes de télé, des milliers de sites internet... Mais bon, je pense que le but pour chaque podcast n'est pas de conquérir le monde, mais de trouver son public. Aujourd'hui les gens s'échangent les bons plans, les liens, les trouvailles, les choses marchent comme ça, le buzz peut être dans les mains du public, c'est cool. 

 

- Comment imagines tu l'avenir de la presse spécialisé papier dans l'avenir ? Une prochaine disparition ? 

De toutes manières, le monde va disparaître en 2012. Il reste quelques mois pour tout faire. Si vous n'avez jamais essayé la sodomie, c'est maintenant ou jamais ! Pensez-y. La presse papier, elle, a déjà essayé la sodomie, c'est bien. Elle ne disparaîtra pas de sitôt, mais va devenir comme le cd : un objet à petit tirage, pour contenter ceux qui s'attachent encore à l'objet. Je ne la vois pas disparaître, mais devenir une référence un peu « hype » :  

- Aujourd'hui t'as fait quoi ?

- Je suis allée me faire refaire le nez, et toi ?

- Moi, j'ai acheté une revue.

- Ouah, une revue, trop coooool ! Laquelle ?

- Je ne sais pas, mais la couv' était troooop douce.... Hmmm..

S'ensuit une scène de sexe.

 

 

 

 

 

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Cinéma

 

Tout vient à point ! Voici enfin venue cette magnifique interview, promise depuis un petit moment déjà. Une bonne interview pleine d'amour, d'humour et de joie que je vais partager avec vous. 

Mais qui est Rurik Sallé ? Il répondra mieux que moi à cette question mais je vais tout de même vous rafraichir la mémoire ( pour voir les émissions en question, allez faire un tour sur facebook ) : 

Cinémad-Panoramad :

Tout d'abord Cinémad et Panoramad, deux émissions présentés par le sieur Rurik Sallé. Deux émissions pour présenter les films Mad du moment  que ce soit en France ou au States mais aussi parler du box office. Deux excellentes émissions donc. Le tout est traité avec beaucoup d'humour aussi. 

+ ou - Geek :

Emission mensuel traitant de l'actualité Geek. Ciné, Série, manga, Bd et jeux vidéo. Chaque section bénéficiant de son chroniqueur. Notez que la section jeu vidéo est animé par le Joueur du Grenier ! Encore une fois, pour voir les émissions, allez faire un tour sur le facebook de l'émission ! Allez ! 

Fugu Dal Bronx :

On parle musique maintenant ! Je vous renvois à mon ancienne parenthése musicale ainsi qu'à la dernière partie de l'interview pour en savoir plus ! 


L'interview se scindera en trois parties, carrière, journalisme et projets persos ! 

Une première partie sur la carrière du monsieur, ce qui vous permettra d'en apprendre un peu plus sur lui bien sur mais aussi sur le journalisme d'époque ainsi que sa vision du cinéma :  

Commençons ! 

 

- Peux tu nous présenter déjà un petit peu ce que tu fais à l'heure actuelle pour que chacun puisse te situer ?

 


 

A l'heure actuelle, je suis en train de taper sur un clavier d'ordinateur portable. Oui, car aujourd'hui les stylos n'existent plus. Ca fait chier tout le monde, les stylos. Le papier c'est old-school, les ratures c'est ringard... Pourtant, moi j'aime. J'aime les stylos, et surtout le papier. D'abord, parce que ça pollue (enfin je ne sais pas, mais j'éspère), mais surtout parce que ça permet d'abattre les arbres, et je n'aime pas les arbres. Qui aime les arbres ? Les arbres, c'est con. Avez-vous déjà essayé de parler à un arbre ? Il ne répond rien. Certains  diront que c'est parce qu'il est sage, mais non. C'est parce qu'il est con. C'est parce qu'il ne sait rien. Un arbre, c'est comme de l'emmental, c'est vide.

 

Un arbre ne saurait même pas présenter mes activités, non plus. Remarquez, difficile de lui en vouloir, parce que je ne parle pas aux arbres. Comment serait-il au courant, alors ? Je suis acteur, et compositeur. Pour le côté média, je suis journaliste pour la presse papier spécialisée (Mad Movies et Impact, mais aussi des participations à d'autres mags, musicaux et autres), et présentateur (« Cinémad » et « Panoramad » sur Mad-Movies.com, et chroniqueur pour « + ou - Geek » sur Vosges TV et Dailymotion). Sous la torture, et si vous insistez poliment, je mangerais même des choux de bruxelles froids.

 

- Comment as tu été amené à faire du journalisme ?


Je crois bien qu'on m'avait amené en taxi. Hors de question de venir en métro, ça me rappelle mes racines populaires, alors que je fais tout pour me rapprocher de la haute bourgeoisie, ses perruques, ses rires de convenance, ses partouzes à Versailles. Tout petit, d'ailleurs, je portais des chemises à jabot, des boucles de ceinture en or massif, et je faisais des fanzines. Dès l'âge de 7 ou 8 ans. J'ai continué à faire des fanzines au collège, puis au lycée, puis à la fac. J'ai toujours écrit, des critiques, des textes, des histoires.... Vers 16 ans, j'ai fait de la radio sur Radio Beur, une émission hebdomadaire. J'y parlais de cinéma, on recevait des gens comme Michel Field, Smaïn, Alex Metayer, Patrice Drevet... On est même partis au festival de du film américain de Deauville. Il y avait là Sharon Stone, avant Basic Instinct ! Et puis un jour, bien des années plus tard, j'ai proposé à Alain Schlockoff, qui est rédacteur en chef de L'Ecran Fantastique, de participer à Toxic qu'il venait de relancer. Toxic, c'était le penchant « extrême » de L'Ecran. Je lui ai envoyé quelques critiques pour qu'il voie un peu, et je lui ai parlé du temps que j'ai passé en Asie. Il a été enthousiaste, et m'a proposé une rubrique de deux pages dans chaque numéro sur le cinéma asiatique ! J'étais aux anges. J'ai ensuite écrit parallèlement dans L'Ecran Fantastique, et je crois bien que mon premier papier dedans était une preview du Talisman, de Peter Pau avec Michelle Yeoh, que je venais de voir à Shanghai.

Je me souviens de deux anecdotes marrantes à ce propos. Ca va vous faire chier, mais c'est pour votre bien. D'abord, lorsque je me suis retrouvé devant le ciné à Shanghai, les mecs qui étaient là m'ont fait signe de rentrer dans la salle, et j'ai vu qu'il avait commencé. J'étais étonné : la première scène mettait le paquet au niveau des effets spéciaux... Mieux : tout le monde y crevait, ou presque ! Je ne comprenais pas très bien... Sauf que le film s'est terminé 15 minutes plus tard. C'était la fin de la séance d'avant, et ils m'avaient fait rentrer ! Ah les enfoirés... Ahah ! L'autre anecdote, c'est que j'avais remarqué le bras droit principal du méchant du film, un occidental qui se cognait avec grande virtuosité contre Michelle Yeoh. Je me suis dit « C'est qui ce con de blanc ? ». Il m'avait vraiment marqué. C'était Manu Lanzi, futur chorégraphe de A l'Intérieur, Vertiges, Mutants, Captifs, Livide, adversaire de Jet Li dans Danny The Dog... Et aujourd'hui c'est devenu un ami, un mec que j'adore, et qui m'entraîne au combat depuis plus d'un an ! Parfois, je me dis que les coïncidences de la vie sont étranges.

En parallèle à L'Ecran Fantastique, j'ai rejoins les rangs de Hard n' Heavy. Une sorte de Mad Movies de la musique, le meilleur mag de metal en France. Une maquette incroyable, un esprit libre, drôle, et droit, avec une vraie ligne éditoriale... C'était un magazine rare, et pour moi comme une famille. 90% de l'équipe est encore pote aujourd'hui, c'est dingue. Il y avait des mecs brillants dans ce magazine. On a fait tellement de conneries... On avait notre coin backstage au Hellfest, y'avait Anthrax qui venait faire des photos chez nous, Dani Filth qui venait faire une interview croisée avec Biff de Saxon, les mecs de Envy... J'ai vécu des moments fabuleux avec ce mag, comme les autres de la team.

En plus de tout ça, j'ai écrit pour des mags comme Rock One, Rock Sound, L'Echo des Savanes, Asia Pulp. Et puis un jour, j'ai rencontré l'équipe de Mad Movies, et ça a tout de suite collé entre nous, naturellement

Un peu plus tard, je suis devenu rédacteur en chef de Hard n' Heavy. C'était vraiment une période géniale : rédacteur en chef du meilleur mag de metal français, et rédacteur au sein de Mad Movies, je ne pouvais pas souhaiter mieux ! Malheureusement, l'éditeur de Hn'H a arrêté toutes ses publications, alors le mag a disparu et n'est jamais réapparu.

Enfin bref, c'était quoi la question, déjà ? Ah oui, comment je suis arrivé au journalisme... Je ne sais pas. Pour moi les choses sont naturelles, je ne me dis pas « je vais aller là, ou là. », je me contente de suivre simplement mes envies, mes passions. J'ai toujours écrit, et le cinéma et la musique sont mes passions. Je fais les trucs avec sincérité, toujours. Vous voyez, je n'ai rien à renier de ma période journaliste, pas un seul mag auquel je regrette d'avoir participé . Je n'ai jamais vendu mon cul, ou fait quelque chose auquel je ne croyais pas. Le jeu n'en vaut pas la peine. Enfin, vendre son cul, ça peut être sympa, mais je ne l'ai jamais fait. Par contre, parfois je le montre gratos !

 - Et pourquoi Mad ?

Et là, j'aurais pu dire « pourquoi pas » ? Mais ça ne résumerait pas l'histoire. Non. Mad Movies, c'est avant tout un attachement sentimental. C'est un mag à part. On ne lit pas « une revue de ciné » quand on lit Mad, on lit Mad ! J'enfonce des portes ouvertes en disant ça, mais bon... Je lisais Mad Movies et Impact quand j'avais 15 ans. C'était en 1948. Ca fait longtemps, ça vous installe une histoire, ça. Ca vous marque.

- En quoi consiste ton travail dans Mad Movies ?

Il consiste essentiellement à vérifier que Mathieu, notre graphiste (et cadreur/monteur de Cinémad et Panoramad), arrête de fumer. Je n'y arrive pas, il n'a jamais autant fumé. Alors je me rabat sur Julien Sévéon, que j'essaye de dégoûter de l'Asie, mais je n'y arrive pas non plus : au bout de 36 secondes, on parle des Shaw Brothers. Du coup, je rédige parfois des critiques, des dossiers, fais des interviews, et présente Cinémad et Panoramad toutes les semaines. Lorsque je pars dans des festivals à l'étranger, je ramène aussi souvent des images. Je monte alors moi-même des émissions spéciales, comme celles tournées en Corée pour le festival Pifan, à Hong Kong pour le Filmart, ou alors l'interview de Alice Cooper filmée au Hellfest.

-  Je suppose que c'est la passion qui t'a amené à te tourner vers le cinéma de genre, est-elle toujours présente ?

Non, je n'ai plus de passion. Je n'ai plus de vie sexuelle non plus. Je ne mange presque plus, et je vote pour des candidats qui ne se présentent même pas aux élections. En 2007, j'ai voté Pompidou. Je ne sais même pas qui c'est. Je n'aime pas le cinéma, ni la musique, ni toute forme de création. Vous souvenez-vous de ce que dit ce vieux Goebbels, que lorsqu'il entend le mot culture, il sort son revolver ? Je pense pareil. La culture, c'est de la merde. Les livres, comme énoncé plus haut, c'est juste intéressant car ça permet la déforestation, et donc la destruction de certaines espèces animales.

Le cinéma de genre ? Mais qu'est-ce que le cinéma « de genre » ? C'est comme la « musique indé ». C'est quoi ça ? Ca décrit quoi ? Une appartenance à une major, ou non ? C'est nul. En ce qui concerne le cinéma, tout est un genre. La comédie est un genre. Le film à costume, le polar... Et puis a t-on besoin de classer ? Moi j'aime le cinéma, comme j'aime la musique. Je peux regarder un Kim Ji-woon, puis un Godard, puis un Carpenter, puis Argento, puis Dumb and Dumber. Mais bien sûr, je comprend ce qu'on appelle le « cinéma de genre »... Mais je n'ai pas d'affection particulière pour ce cinéma-là, car je l'aime autant que « l'autre ». D'ailleurs, je refuse d'opposer ce qu'on appelle les films de « deux-pièces cuisine » tournés à Paris, et le cinéma « de genre ». Le cinéma, c'est le cinéma. Il n'y a pas d'échelle de valeur entre les « genres », et tous peuvent co-exister. Au contraire, il faut croiser les familles, il faut être cannibale, et se nourrir les uns des autres pour grandir. Ca aère, ça fait vivre, ça offre des perspectives. Regardez Lynch, il plait à tous, il s'en fout d'appartenir à un genre ou un autre. Carpenter fait du fantastique qui ressemble parfois à des westerns. Quentin Dupieux, l'un des réalisateurs français les plus intéressants, aime Massacre à la Tronçonneuse et il fait Rubber.. J'aime les surprises, les prises de risques. Mais j'adore aussi des trucs comme Piranha 3D, par exemple. C'est, pour moi, la quintessence du film drive-in : tout ce qu'il promet, il le donne. Du cul, du sang, des injures, des conneries, du rire. C'est créatif, c'est vivant, c'est fou. Voilà, je pense, un film très honnête.

- Quel regard portes-tu sur le cinéma d'aujourd'hui ? Trop de remake ? C'était mieux avant ?


C'était mieux avant, bien sûr. Avant, c'est toujours mieux. Avant, tu étais encore vierge, tu rêvais aux femmes nues. Tu les imaginais magiques, féériques, et maintenant tu sais qu'elles sont comme toi, sauf qu'elles n'ont pas de bite. Que reste t-il de tes rêves, petit homme ? Monte en haut de la montagne, regarde l'horizon, plonge tes yeux dans les nuages, et tu trouveras la solution. Tu te diras que les remakes, en général on s'en fout. Les gens (tu sais, ces étranges créatures...) disent « mais pourquoi font-ils un remake de ce film.... ?? ». Mais pour faire de l'argent, ma petite dame... Ne le saviez-vous pas ? Il y a des cons qui se disent « On ne va pas se faire chier, on va refaire un vieux film qui a marché, parce que ça veut dire qu'il marchera à nouveau, et en plus on va vraiment pas se faire chier parce qu'il est déjà écrit ». Hitcher, Prom Night ou Fog, c'est vraiment de la merde en barre Leader Price. Meurtre à la Saint Valentin 3D, c'est pas terrible non plus. Maintenant, il y a aussi beaucoup de remakes corrects. The Grudge est meilleur dans sa version US, je trouve, puisqu'il apporte une dimension décalée en amenant cette américaine au Japon. L'original est très mal joué. Et puis parfois, des remakes sont très intéressants car ils ressemblent à des variations sur un même thème, un peu comme les morceaux de Beethoven sont repris par 56790 orchestres de par le monde. L'Armée des Morts est un très bon remake de Zombie, on peut même parler de nouvelle version. Tout comme The Thing de Carpenter, chef d'oeuvre hallucinant, est une nouvelle version du film de Christian Niby des années 50. Dans le genre réussite rare, il y a aussi Body Snatchers : le premier remake, celui de Kaufman, est un chef d'oeuvre absolu. Celui de Ferrara est intéressant. Celui avec Kidman est relou, mais bon... En fait, le seul intérêt d'un remake est de réadapter le film original pour en faire autre chose. Sinon, ça n'a pas beaucoup d'intérêt artistique.

Au niveau du regard que je porte sur le cinéma aujourd'hui, je dirais qu'il n'est pas meilleur ou moins bon qu'il hier, il est juste différent, et reflète son époque. On sait davantage, on a davantage accès à ce qui a été fait. Des mecs qui avaient vu 3000 films, je ne pense pas qu'il y en avait beaucoup dans les années 60. Alors forcément, ça donne parfois un cinéma de la citation, un cinéma de l'hommage, ce qui m'emmerde royalement. Je m'en fous des hommages et des citations. Ce qu'il faut, c'est continuer à avancer, inventer. Que feront les cinéastes dans 30 ans, s'ils s'inspirent de films qui passaient leur temps à citer et à faire des hommages ? Ca fera comme les enfants consanguins, ça fera des films mutants. Des films qu'il faudrait 6 yeux pour les regarder. Des films avec 12 scénarios, mais aucun qui vaille le coup. Halte là ! C'est important d'avoir une culture, quoique finalement, ça ne soit finalement pas si indispensable. L'essentiel, ça n'est pas la technique, ça n'est pas la connaissance. L'essentiel, dans la vie comme dans l'art, c'est la sensibilité. Je l'ai lu dans un carambar.


 - De plus, même les grands noms du cinéma d'horreur/fantastique commencent à perdre en crédibilité, comme Argento ou bien Carpenter et son décevant The Ward, le cinéma de genre est-il en perte de vitesse ou n'est-ce qu'un cruel manque d'imagination ?


Ah, je pense que je t'ai répondu un poil, déjà, avec ces histoires de citations permanentes... Pour ce qui concerne Argento et Carpenter, ce sont des cas particuliers. D'abord, ils sont âgés. Ils ont donné, beaucoup, des films qui font partie des plus belles choses du cinéma. Ca n'est pas rien... Mais Carpenter est à mon avis un peu désabusé, et pense à sa tune. De gauchiste (They Live), il est passé à capitaliste. C'est lui qui le dit. Il parle se sa nouvelle piscine... Un grand nom du fantastique américain que je ne nommerais pas m'a confié que Carpenter passait maintenant son temps devant sa télé géante à regarder du basket. Argento, lui, il est fatigué. Quand il prenait de la drogue, quand il avait 30 ans de moins, il était fou, il faisait des trucs fous. Après, il a commencé à vouloir « faire du Argento », mais sans l'âme, sans l'impulsion. Et puis il n'a, me semble t-il, aucun recul sur ce qu'il fait. Quand c'était incarné, ça donnait des folies incroyables. Aujourd'hui, c'est parfois douloureux.

Pour ce qui est du ciné « de genre » dans son ensemble, je ne pense pas qu'il y ait de perte de vitesse. Quand je vois Enter The Void, Rubber, Vorace ou Machine Girl, je sais que rien n'est perdu ! Je pense, comme je l'ai dit plus haut, que cette mode de la citation est un écueil sans intérêt, mais heureusement il reste des gens qui ne sont pas du tout là-dedans.

Par contre, et là le problème est plus profond, je pense que le public est de plus en plus ramolli. On ne peut pas lui en vouloir non plus : la télévision et les magazines offrent, pour certains, des trucs de plus en plus abrutissants. De plus en plus cons. La connerie a toujours existé, la manipulation, la bêtise, évidemment. Mais on est tombé beaucoup, beaucoup plus bas, en ce qui concerne l'éducation, la culture, la tolérance. Les grands médias, aujourd'hui, n'aident pas le public à être clairvoyant, exigeant. Du coup, le public ne donne pas beaucoup de chances à la nouveauté. Regardez ce que dit Philippe Lefait, qui anime « Les Mots de Minuit », sur France 2. Il parle de son émission, certes assez poussée culturellement, comme l'un des derniers refuges de la culture à la téloche. Il n'a pas tort. Et elle passe à 1h du mat' ! On a une multitude de chaînes, plus que jamais, et pourtant peu d'émissions innovantes. Mais attention, je ne dis pas « c'est foutu... Tiens, je vais reprendre un verre de rouge. » Non ! C'est un passage. Les époques changent, mais elles reviennent aussi. La France s'était droitisée à l'extrême il y a peu. Elle n'est pas encore revenue à gauche (qui s'est aussi droitisée, comme le disait avec justesse Mélenchon), mais elle est quand même revenue de certains excès ultra-capitalistes. Je pense que rien n'est jamais perdu, jamais, ni politiquement, ni culturellement, ni amoureusement, ni rien. Même les cheveux !

- Comment expliques tu ce "dédain" pour le cinéma d'horreur français actuellement ? Alors que beaucoups de ces films sont plutôt bons, à l'intérieur, La horde où même les premiers Aja.

Quand j'étais en CM1, les gens disaient déjà la même chose dans la cour d'école : « c'est un film français, c'est de la merde ». Ahah, mais c'est vraiment con ça ! Je pense que c'est très français, aussi. On est très, très critique sur ce qu'on fait. En même temps, il y a un paradoxe, parce qu'on est aussi très fiers... Mais je n'ai jamais vu, dans un autre pays, un tel rejet, une telle moquerie de sa propre culture. Pourtant, le cinéma français est un cinéma hallucinant. Hallucinant ! Godard, Clouzot, Chabrol, Tavernier, Yves Boisset, Alain Jessua, Verneuil, Jacques Audiard, Kassovitz, Dupieux, Gaspard Noe, Patrice Leconte, Yann Kounen... Regardez leurs films, tous très différents, ces mecs utilisent des codes « de genre », font des films dramatiques, drôles, fous, intelligents... A l'Intérieur est un film intense. Martyrs est un film stupéfiant, droit, et d'une maîtrise technique incroyable. Maléfique est vraiment réussi, Haute Tension fonctionne totalement, et j'aime beaucoup le suspense de Ils. Le dédain, je l'explique par ce côté « français = merde » qu'a le public, mais aussi parce qu'en France, le cinéma est considéré comme un art et pas un business. Ca n'est pas toujours vrai, évidemment, on peut trouver mille exemples du contraire, mais aux USA ils ont ce réflexe de faire des films pour le public, et pas pour satisfaire la vision d'un auteur. Evidemment, ça a ses limites parce que les films deviennent souvent de simples produits, mais en échange le public va au cinéma comme il va à la fête foraine, pour s'amuser. En France, « populaire » et « culturel » sont deux termes qui n'ont jamais bien fonctionné ensemble, dans la tête des gens. Le preuve, c'est que lorsqu'un film devient un triomphe, beaucoup de gens vous diront que c'est de la merde, sans même l'avoir vu. Juste parce que c'est populaire.


Les films que j'ai cités, Martyrs, A l'Intérieur, sont des films qui ne caressent pas le spectateur dans le sens du poil, même celui des couilles. Ce sont des films intègres mais durs, très durs, très violents, très éprouvants. Les Saw aussi, mais les Saw sont aussi très entertainment. Pas A L'Intérieur et Martyrs, qui restent très extrême. On ne peut donc pas s'attendre à ce qu'ils fassent 500.000 entrées. Par contre, le ciné « de genre » français n'ayant pas réussi à créer une lignée, après le triomphe du Pacte des Loups, ou les succès de Promenons-nous dans les bois ou Haute Tension (qui réussissait à être intègre  et  tourné vers le public, d'ailleurs), le public ne fait pas encore confiance aux films « de genre » français. Pour lui, ça va être chiant. Le grand public français veut rêver, il veut de l'Amérique, il veut du dépaysement. Pour une comédie, voir son voisin de palier marcher dans la merde, ça le fait rire. Pour l'horreur, le grand spectacle, le mystère, il préfère l'Amérique.


Mais ça va changer, par exemple si on aligne quelques jolies réussites, quelques réussites flagrantes. Si elles ont un vrai retentissement réel à l'étranger, alors la France commencera à se poser des questions, peut-être, comme le Japon l'a fait pour Kitano, dont les films ont marché à l'étranger (notamment en France !) avant que le Japon ne s'y intéresse. Il nous faut produire des films réussis, des idées intéressantes, et surtout ne pas perdre notre personnalité. Essayer de jouer l'americano, c'est ringard, et ça marche pas. Nous sommes français, nous avons une personnalité et une histoire qu'il faut creuser pour que le public aime le cinéma « de genre » français, qu'il cherche à retrouver cette couleur particulière, et qu'il ne le considère pas comme un cinéma américain raté.


Fin de cette première partie ! On se retrouve demain pour la suite ! 


 



 

 

 
 

 

 

 

 


 



 

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Chronique très en retard mais bon, c'est pas trop grave vu le film. 

J'attendais ce film, chaque image, chaque screen me donnait envie, Jason Momoa semblait reprendre avec sérieux le rôle de ce bon Conan, je tentais d'oublier que derrière la caméra se cachait un ignoble personnage, un faiseur de purge, le fleau des amateurs de bons films, Marcus Nispel. 

Petit déjà, j'aimais Conan, oh bien sur je n'étais pas amoureux de lui mais plus de Sonja la Rousse mais j'adorais ce bon gros barbare de Cimmerie. Toujours prêt à partir à l'aventure, à foutre deux trois mandales aux malandrins, cultistes, créatures démoniaques et autres voleurs de bas étages. Alors bien sur j'ai aimé le film sur Conan avec ce bon Arnold. Un bon gros film de barbare, une musique magnifique ( quoi que à l'époque je m'en moquais de la musique ) et une ambiance géniale. J'ai revu le film récemment et comment dire, la musique est magnifique mais revoir le fim avec un regard de jeune adulte fait prendre conscience qu'Arnold bah heureusement qu'il a des muscles parce que sinon il joue mal. Le film reste toujours sympa et le tout est sauvé par les décors, l'ambiance etc..

Comprenez donc que j'attendais ce reboot de Conan, j'imaginais déjà quelques scènes, des combats et autres situations épiques pour notre Conan.

Et j'ai vu le film.

Et j'ai eu mal.

Synopsis : 

Témoin de la mort de son père par une bande méchants guerriers vraiment très méchant, Conan décide de se venger. Ce qu'il pense n'être qu'une quête de vengeance va se transformer en combat pour sauver un royaume d'une menace encore plus grande ! En fait c'est juste l'histoire de Conan qui cherche le type qui a tué son père, type qui cherche à récupèrer tous les morceaux d'une couronne pour devenir, une fois tous les morceaux en place, l'équivalent d'un dieu. Couronne qui au passage ressembe juste à un vieux poulpe mort posé sur une tête. Et ça, c'est pas classe.

Point positif : 

Oui, plutôt que de faire une chronique habituelle, je vais changer un peu et faire une liste de ce qui est bien et ce qui l'est moint. Donc ! 

Jason Momoa à le mérite de remplir son rôle, il est Conan, il cabotine à certains moments, forçant sur les expressions barbare-style mais dans l'ensemble le tout reste convenable. 

Et.....c'est à peu prés tout...Ah si j'oubliais ! Non en fait non. 

Points négatifs :

Commençons par ce qui fache d'entrée de jeu, la musique. Sans être une torture pour vos oreilles, les musiques restent dans ce qui se fait de plus banal, sans jamais décoller, sans jamais donner ce souffle épique que pouvait vous faire ressentir celle de l'opus d'origine. Estimons nous heureux, on évite le rap/rock/r'n'b de fin de générique. C'est toujours ça. 

La réalisation maintenant. C'est du Nispel. C'est donc filmé n'importe comment, sans logique, les combats sont juste dégueulasses, trop rapide ou alors mal filmé, abusant du ralenti pour donner des effets sans que cela ne marchue une seule fois. La photo est atroce, on à l'impression de voir un vieux filtre couleur devant la caméra, les plans hors ceux en CGI sont ratés, seuls quelques uns réveillent le spéctateur. Chaque décor, chaque objet semble sortir d'une vieille série télé à petit budget. Tout semble en carton pate, même le armes. 

On passera sur les faux raccords, le film doit en posséder tellement que les énumérer seraient trop longs. Cela va du  placement de personnage qui change ou de blessures qui disparaissent. Pendant que j'y suis, les décors sont pour la plupart assez laids. Que ce soit ceux en CGi qui dénote complétement avec les acteurs ou bien les décors studios en papier. Il y a bien quelques scènes sympathiques visuellement mais juste sympathique.

Parlons de l'intrigue ou de ce qui ressemble à un semblant d'intrigue. On suit donc les péripeties de Conan en quête de vengeance. Le film se résume donc à 1h50 d'un type qui en cherche un autre. C'est pas gênant quand c'est bien fait, là le film part dans une sous intrigue avec la quête de la couronne et d'une fille devant être la descendante d'une nécromancienne. Vous aurez en plus de cela, une visite en prison, des pirates aux grands coeurs et un passage rapide dans la cité des voleurs. Sur le papier ça peut donner envie, en pratique c'est juste un joyeux bordel.

Le problème étant que l'on doit subir cliché sur cliché, le pouvoir de l'amitié, la romance habituelle, le sacrifice obligatoire et autres habitudes de ce genres de films. Le film s'achèvera sur un combat de fin tout simplement ridicule, le combat se pliant en à peine 5 minutes. Pas de combat épique, de tension de folie, juste un mec qui tombe dans trou, fin du film, au revoir. 

Conclusion :

Oui, cette chronique est bordélique mais je me devais de rendre hommage à Conan à ma manière. Je me devais de laver son nom et conseiller à tout le monde de ne jamais voir ce film, de le bruler même. Foncez vous acheter un bon vieux Super Conan en Comics ou bien un roman de ses aventures. Ce sera toujours plus agréable que de vous coltiner ce "film".

 

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Cinéma

 

Delivrance...encore un film culte, complexe et peu simple à chroniquer. Un de ces films d'une grande richesse, ne dévoilant ses clés de compréhensions que petit à petit. 

1972. Les Etats Unis s'enlisent dans la guerre du Vietnam depuis une dizaine d'année. Pourquoi vous parler de ça ? Le traumatisme laissé par cette guerre que ce soit pendant ou après, se vit retranscrit de bien des manières. Cinéma  pour certain, livre ou encore musique pour d'autres. Chacun donnant sa vision du conflit, sa conception du rapport à l'autre en temps de conflit. Delivrance est une de ces oeuvres.

Il est bon de rappeller que le film est une adaptation du livre homonyme de James Dickey. Livre que je n'ai pas lu... 

Synopsis : 

C'est en voulant rendre un dernier hommage que Ed, Lewis, Drew et Bobby décident de partir faire une descente en canöe sur sur une rivière du Nord de la Georgie. Rivière qui se verra bientôt coupée par un barrage. C'est en pensant passer un bon moment dans la nature que nos quatres amis partent en forêt...

Un réalisateur, des films et des acteurs, du talent et un peu de controverse  :

John Boorman, réalisateur surtout connu pour ce film et l'excellent Excalibur de 1981. Il est aussi le responsable de la sombre purge L'Exorciste 2 : l'hérétique, faisant un lien direct avec le premier en reprenant la jeune fille et le stress post-traumatique. Un film manquant de rythme, de bons acteurs, d'ambiance et de pleins d'autres choses...Mais là n'est pas le sujet ! C'est à Boorman que l'on doit la forêt d'emeraude ainsi que Rangoon. Delivrance étant au final le chef d'oeuvre de ce réalisateur. 

Au casting, il suffit de voir l'affiche du film pour se rendre compte qu'il y a du beau monde dans Delivrance. Jon Voight que l'on connaitra par la siute dans Mission Impossible le film ou bien Tonerre sous les Tropiques. Burt Reynolds, un vieux de la vieille qui fera des choix de films un peu limite par la suite. Ned Beatty, que l'on a pu  voir dans The Killer Inside me et enfin Ronny Cox, que les amateurs de Dexter ont pu voir dans l'épisode 3 de la saison 6. 

Notons aussi que tous les personnages secondaires, à savoir les villageois, sont joués par des...villageois. La population locale assumant le role par souci d'économie, le budget du film étant un peu serré. 

Petite apparition de l'écrivain dans le film en tant que sherif mais aussi du fils du réalisateur en tant que fils d'Ed joué par John Voight.

Niveau réalisation, le film ( j'ai l'impression de le dire à chaque film que je chronique...faites moi penser à faire un film de merde la prochaine fois) est toujours aussi envoutant visuellement. Profitant de décor naturel, les paysages restent magnifiques, à la fois beau et mortel. Il se dégage une impression de nature accueillante à l'extérieur mais angoissante et sournoise une fois entrée en son sein. Même remarque pour la photo, retranscrivant à merveille l'immensité du paysage. 

Le film fit sensation à sa sortie, véritable choc pour certains à cause d'une seule scène, celle du viol. Filmant un viol en fôret par deux villageois sur un des héros, le réalisateur dérange. Première scène de viol entre deux hommes, humiliante et le tout filmé sans aucun artifice. Le tout en plein jour. 

Il est aujourd'hui culte pour plusieurs raisons mais avant tout pour celle là : 

Magnifique scène musicale mais aussi scène possédant une symbolique assez forte, je reviendrai dessus plus tard.

 

L'Homme et la Nature :

Le rapport à la nature est sans doute la première idée qui vient à l'esprit une fois le film terminé. Le message semble clair, il est question de l'homme et sa confrontation avec ce qu'il croit maitriser, la nature. Mettons de côté tous les personnages secondaires pour se concentrer sur ce point. 

Le postulat de base est simple, des amis, des canöes et de l'eau avec pleins d'arbes à côté. De plus n'oublions pas que c'est la dernière fois que le cours d'eau sera pratiquable avant l'installation du barrage. Tout le film s'articulera de cette manière, les héros découvrant la fôret et le cours d'eau sur lequel ils navigueront et la confrontation entre la nature et les héros pensant pouvoir la maitriser. 

De cette nature chatoyante du début ne restera qu'une fôret remplie de piéges, de faux semblants amenant à la mort. Que ce soit l'eau et son courant incontrolable ou bien la capacité de pouvoir se perdre en l'espace de quelques secondes ou encore faire voir des individus aux héros pour mieux les tromper par la suite. La fôret apparait comme instrument de vengeance de la nature, faisant payer à ces hommes cette volonté de la modifier, la détruire. Comme si elle se vengeait de ce barrage en construction, ultime acte de défense.

L'atitude de nos héros n'aide pas. Au départ, conscient des modifications que subira le cours d'eau par la construction du barrage, il semble s'en révolter. Mais le masque tombe vite, il suffit d'une situation, une perte de chemin ou bien un incident technique pour que le desinterêt de l'homme pour la fôret ressorte. Ces héros étant plus au moins le reflet de ce que l'on est, fasciné par la nature lorsqu'elle devant nous mais aveugle devant sa destruction la plupart du temps, incapable d'agir ou même de la voir en face. 


"C'est pas ma guerre" : 

 

Et là on rentre dans une autre interpretation du film. En effet une fois le film vu et assimilé, il est simple de faire un parallèle avec la guerre du Vietnam. Que ce soit les rapports humains du conflit ou bien le combat à proprement parler, tout fait penser à cette guerre. 

Tout commence dès le début du film, ce groupe d'américain arrivant dans un petit village pour déposer leurs voitures et les faire conduire plus bas pour qu'ils puissent les récuperer une fois leur tour en canöe finit. On observe le comportement du groupe, prenant les villageois de haut, arrivant en vainqueur, n'ayant rien à apprendre de ces paysans. Cela commence par quelques remarques sur le style d'un individu, puis sur leurs têtes jusqu'à faire des blagues sans grande discretion. Le rapprochement se faite vite, le groupe d'ami pouvant se remplacer par des soldats arrivant dans un petit village, arrivant en vainqueur dans un lieu calme et sans problème. 

Cette impression se renforce une fois le duel de banjo. D'un simple duel découle cette idée de l'américain arrivant fort de ses connaissances et de sa maitrise pour apprendre à l'étranger, le paysan. Alors que l'américain pense apprendre quelques notes à ce jeune enfant, il se rend bien compte de la supériorité technique de l'enfant, plus rapide, plus doué. De là à dire que l'on peut y voir l'incapacité de l'armée américaine à voir l'autre ( ici les vietcongs, villageois etc.. ) en égal, il n'y a qu'un pas. 

Au delà de la guerre du Vietnam, il est possible de n'y voir que l'idée que l'on se fait de l'autre, nos préjugés prenant le pas sur la simple découverte d'autrui. Il est donc aussi question de l'eternel affrontement ville/campagne, jeune génération/ancienne génération. 

Le réalisateur centrant sa première partie sur le rapport humain, privilégiant cela pour pouvoir laisser place à un tout autre type d'affrontement dans la deuxième partie. 

"C'est pas ma guerre"- La vengeance :

La deuxième partie centre l'intrigue au sein de la fôret. Ici, le rapprochement à la guerre se fait beaucoup plus clair. 

On commence par l'arrivée du groupe d'américain en fôret, confiant, pensant connaitre les lieux, ne demandant aucune aide. Bien vite ils vont se retrouvés piégés par cette nature qu'ils pensaient si bien connaitre. Le parallèle est clair et renvoit directement à cette armée arrivant en guerre pour mieux se prendre les pattes dans une nature qu'elle ne connait pas, qu'elle n'a jamais vue. Ces hommes perdus dans la fôret, devenant soudainement remplis de pièges  renvoit à ces soldats victimes d'un trop plein de confiance, mourrant sur le terrain qu'il pensant pouvoir apréhender.

Il en est de même pour les autochtones, eux que les américains voyaient comme incapbles et inutiles, deviennent les gardiens de ce lieu, connaissant chaque recoin et chaque raccourci. Ces villageois ne devant par leur mort à cette nature qu'ils connaissent mais à ces hommes qui voient tout ce qui est différent comme une menace. 

Il est aussi possible d'y voir un questionnement entre l'idée que l'on se fait de nous et la nature. Le trop plein d'importabce que l'on peut se donner nous Homme. La Nature rappellant vite où notre se trouve.

 

"C'est pas ma guerre"- Le retour :

Sorte de vision prophétique de la part de l'auteur ou du réalisateur, la dernière partie du film recentre l'intrigue sur le retour des survivants dans le monde civilisé. Alors que la guerre du Vietnam ne se terminera que 3 ans plus tard, la fin du film sonne comme une annonciation de ce que les soldats vivront à leur retour. Que ce soit le retour traumatisant, forçant nos héros à redevenir humble, à accepter ce qu'ils ont vus et à vivre avec. 

Et donc vivre avec les traumatismes, les horreurs vécus dans cette fôret, cette survie de chaque instant en son sein. Ce que devront faire bien des soldats de retour du Vietnam. De retour de chaque guerre.

Sonne comme vision prophétique aussi cette dernière scène, cette parole du sheriff ordonnant à nos héros de ne plus revenir. Le message est clair, "vous êtes venus, vous avec perdus, ne revenez plus". 

Il est donc assez fascinant de voir à quel point cette dernière partie semble être une réponse à ce que s'apprête à vivre les soldats, chaque scène semblant faire écho à un stade de rétablissement, un processus pour faire face à l'aprés guerre, l'aprés conflit. 

Conclusion :

Certains me diront que je vais peut être trop vite en conclusion mais pour ce film je vous laisse seul juge de l'analyse, abordez le film comme vous l'entendez, vous y trouverez des réponses, une vision peut être différente, là est toute la force de Delivrance. Un film exceptionnel. 

 

 

 

 


 

 

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Cinéma

"Rudes sont le ciel et la terre qui traitent en chiens de paille la multitude d'êtres. Rude est le sage qui traite le peuple en chien de paille." - Lao Tseu

Continuons nôtre plongée dans l'univers sombre et violent de Sam Peckinpah avec le désormais culte, Les chiens de paille. Premier film du réalisateur ne prenant pas place dans l'univers des Cow-boy, La Horde sauvage resonnant à l'époque comme une lettre d'adieu au genre, il y reviendra toutefois plus tard avec notamment Pat Garett and Billy the Kid. 

Les chiens de paille marque aussi le premier tournage pour le réalisateur hors des états-unis, en Cornouailles précisemment. Sam ( oui on va l'appeller comme ça maintenant ) n'ayant tourné jusqu'alors qu'en Amérique.

Plutôt que de vous refaire un résumé du réalisateur, je vous renvois à l'article précedent pour plus d'informations. 

Les chiens de paille marque peut être une rupture d'univers pour Peckinpah mais pas dans la thêmatique, on reste dans la violence, la spirale infernale qu'elle engendre, le déroulement et l'unilatéralité de celle-ci faisant un peu penser à ce que sera Funny Games d'Haneke par la suite. Les chiens de paille abordant la violence de manière frontale et non détournée comme le fera Haneke. Ce qu'il est intéressant de remarquer avant de plonger dans le sujet, reste la capacité de ce réalisateur à aborder le même thême d'une manière différente à chaque fois, la violence parmi les violents dans La horde sauvage et la violence pacifique de Les chiens de paille. De la même manière qu'un Park Chan Wook abordant la vengeance de trois manières différentes, chacune servant à montrer sa vacuité. Il en est de même pour Peckinpah. 

Au casting, un Dustin Hoffman de la grande époque, couillu, celui de Marathon Man par la suite ou bien encore Les hommes du président, assumant les rôles difficiles, prêt à salir son image. C'est la jeune ( à l'époque...) Susan George qui tiendra le rôle de sa femme, actrice peu connue si ce n'est Mandingo de Fleisher ( le réalisateur de Soleil Vert ). S'ajoute à cela Peter Vaughan, Jim Norton et autre Len jones et vous obtenez un excellent casting tenant vraiment bien la route.

Pour l'anecdote, un remake est en préparation, quand je vois le massacre The thing ( oui ce film est nul, mauvais remake d'un classique qui n'en avait pas besoin et je ne dis pas ça par pur esprit de contradiction, j'aime les remakes quand c'est bien fait. ) et autres classiques du genre, l'idée me fait peur, surtout quand le rôle du méchant se trouve attribué à Alexander " True Blood' Skarsgârd....bref !  

Mais trêves de bavardages ! 

Synopsis :

David est un jeune mathématicien, lui et sa jeune femme décide de partir des états-unis pour venir s'installer en Cornouailles. Ce qui lui permettra grâce au calme et la quiétude de l'endroit, de se concentrer sur ses recherches. Malheureusement, David se voit confronté dès son arrivée à l'aggresivité des villageois, à commencer par les ouvriers réparant la maison de David et sa femme...

Un métrage controversé :

Peckinpah continue dans la violence et la pousse même un cran plus loin. Il faut rappeller de Les chiens de paille s'est vu censuré à sa sortie. Pourquoi ? Pour une scène de viol. Là ou le réalisateur va loin à l'époque est sa volonté de la représenter de manière frontale. La scène se déroulant en plein jour et durant assez longtemps. La controverse, en plus de se faire sur la représentation du viol et de le montrer de manière aussi direct vient aussi du montage. L'ambiguïté de celle-ci est assez gênante lorsque l'on regarde la version cut, en effet on ne sait pas vraiment lors de cette scène si la victime du viol ne commence pas à inverse le tout pour ressentir du plaisir et faire passer le violeur au statut d'amant. La scène perd toute ambiguïté lorsque l'on regarde la version d'origine, la victime reste victime et subit l'horreur du viol. Il ne faut donc y voir à aucun moment une quelconque idéalisation du viol ou une mysoginie latente, Peckinpah montre l'acte dans toute son horreur et sa gratuité. Le réalisateur cherchant avant tout à choquer en se prenant la scène en plein dans la gueule ( et ça fait mal...). 

Autre point de controverse, la violence. Dès la sortie de l'oeuvre, le film s'est vu taxé d'idéalisation fasciste de la violence. La violence par la violence. L'idée étant que le film par l'approche pacifique du héros vers ses villageois violents, soit contraint lui aussi de répondre par la violence pour s'en sortir. La loi du Talion en gros. Montrer que seul le plus fort survit au plus faible, une représentation de la survie humaine pour certains. Grosse erreur de compréhension pour ces gens-là, prenant le film au premier degrés. Mais je vais revenir sur ce point un peu plus tard.

Une réalisation qui ne vieillit pas :

Là encore, Peckinpah surprend, le film ne prend pas une seule ride, la mise en scène est très angoissante, étouffante à certains moments. Le réalisateur retranscrivant parfaitement la survie du jeune couple dans leur maison, lieux clos, petits espaces et donc peu de moyen de fuite. La photo n'a pas vieillit, chaque plan reste d'une grande beauté, on ressent l'isolement du couple dans ce tout petit village. Il n'y a guère que quelques plans, typique de l'époque, un peu anxiogène sur les bords mais cela n'est rien devant la maitrise du film dans son ensemble. 

Il est drôle de voir que la dernière scène du film, à savoir tout le moment dans la maison, semble poser les codes des films de genre par la suite. La survie dans la maison, les piéges ainsi que les étrangers envahissant la maison. 

Le mal par le mal :

Là ou certains n'ont vus qu'un film à la gloire de la violence et du fort sur le faible, j'ose vous dire que vous vous trompez. C'est bien plus que cela, bien plus...

Le film se découpe en deux gros actes. L'arrivée au village, connaissance avec les villageois et mise en place d'un certaine tension en première partie et l'attaque de la maison en deuxième partie. 

 La première partie nous présente un héros, pacifique, refusant le conflit au plus profond de lui même, préférant le dialogue avant tout. On serait tenté de le voir comme lache, refusant de protéger sa femme à certains moments, pretextant qu'il n'a pas le temps ou bien que cela passera. Tout est fait pour que l'on trouve ce héros un brin pénible. On y voit qu'un individu refusant de régler le problème directement, refusant d'aller coller une grosse mandale à un villageois qui l'a bien mérité, refusant tout conflit quelqu'il soit. On le tient même responsable du viol de sa femme, par son refus de faire bouger les choses.

Puis vient la seconde partie, ce héros que l'on croyait faible, lache, nous surprends, il se réveille et se bat. Faisant preuve d'une grande intelligence, il met en place des piéges pour repousser les assaillants de sa maison, n'hésite plus à frapper voir à tuer. Il parait plus dangereux que les assaillants, on prend même en pitié les méchants, on se dit que le héros va un peu loin. Sans se transformer en machine à tuer bien sur, le héros utilise son intelligence pour défaire ses ennemis et cela sans grande difficulté ( de là à dire que les habitant de Cornouailles sont limités...). 

Vous présenter le film ainsi ne fait que renforcer l'idée d'un métrage pronant l'apologie de la violence ou une idéalisation de la loi du plus fort. Ce n'est pas le cas et c'est là que c'est un poil pervers comme raisonnement. 

 


La représentation d'une violence facilitant les rapports humains :


La volonté du réalisateur n'est pas de prôner une quelconque loi du talion mais plutôt de montrer la gratuité et la facilité de la violence. Mais aussi nous faire prendre conscience de la prédominance de celle-ci dans nos esprits. Là ou nous avons vus un homme lache refusant la violence, pourquoi ne pas y avoir vu un homme de conviction refusant de céder à ce qu'il rejette ? Pourquoi ne pas avoir vu un homme préférant discuter plutôt que d'en venir aux mains ? 

C'est là toute la force du film, réussir à représenter la violence comme ultime solution à un problème, comme si seulement elle, pouvait résoudre le souci. Peckinpah joue avec le spectateur durant la première partie du film, il joue avec nos nerfs, tentant de nous mettre dans le même êtat de tension que le héros. La tension étant à son apogée lors de la traumatisante scène de viol où l'envie du spectateur est de voir le héros débarquer pour mettre fin à cela. 

La perversité du film étant au final de nous présenter le héros comme coupable, coupable sur la fin d'avoir cédé à la violence. Le rendant responsable de tout. Reniant ses convictions, ce en quoi il croit pour tomber au même niveau que ses ennemis. Le faisant ainsi devenir pire que ses assaillants. Peckinpah poussant encore plus loin sa vision pessimiste de l'homme et de sa noirceur. Comme si la haine était ancrée au plus profond de nous, ne demandant que peu pour sortir et rendre les coups. L'homme semblant propice à cela. Notons aussi l'égoïsme de la violence, le héros ne répondant pas pour protéger sa femme ou sa maison, il ne devient violent que par égo. N'hésitant pas à insulter sa femme par la suite, à la frapper si elle ne bouge plus, il devient esclave de ce qu'il combattait au plus profond de son être. Il se moque du viol de sa femme, du délabrement de la maison, il ne veut que rendre les coups pour rendre les coups et c'est tout. 

Peckinpah pointe du doigt autant le spectateur que son héros, montrant ainsi que l'on envisage bien vite la violence comme unique solution à un problème, se cachant même derrière, tentant à tout prix à la justifier. Le film aborde aussi les rapports humains et notre incapacité à s'entendre, notre incapacité à comprendre l'autre, à faire des concessions pour l'accepter. 

Conclusion :

C'est encore un film bien sombre que signe ce bon Sam ( oui, on est ami maintenant...), nous plongeant dans ce qui nous définit, utilisant la médiane de la violence pour parler de notre rapport avec l'autre. Film culte, d'une grande cruauté mais d'un grande intelligence, Les chiens de paille se doit d'être vu par tout amateur de film profond, superbement mis en scène...en gros par tous les amateurs d'excellents films. 

 

 

 

 

 

 






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Cinéma

 

1969 marque la sortie au cinéma d'Il était une fois dans l'Ouest, Aout 1969 pour être précis, véritable chef d'oeuvre du western spaghetti, le film de Sergio Leone. Véritable carton à sa sortie, spécialement en France où le film reste au box-office un bon moment. C'est en Octobre que sort La Horde sauvage ou The Wild Bunch, réponse direct aux Westerns Spaghettis, démystification du genre par la volonté d'en casser tous ses codes. 


Sam Peckinpah :

Qui est Pesckinpah ? Réalisateur né en 1925 en Californie, il décédera en 1984 au Mexique, laissant à sa mort une filmographique conséquente mais surtout de véritables chefs d'oeuvres d'une violence rare et d'un pessimisme profond pour le genre humain. Créateur du ralenti dans les films, visible sur la Horde sauvage. Il est aussi le réalisateur de Chiens de paille, sorte de survival avant l'heure, film noir et choquant, l'histoire d'un homme et sa femme se faisant agresser alors qu'ils sont chez eux par les habitants du village. 

Notons que le cinéma de Peckinpah est un cinéma de la violence, cherchant à trouver les motivations de celle-ci, poussant les héros de ses films à la confronter malgré eux. 

Il brisera les codes du cinéma dit " western spaghetti" avec la horde sauvage, tentant de mettre fin à cette image de duel dans la rue, de méchant au coeur pur et de belles demoiselles à sauver. Dans la Horde sauvage, les méchants sont des fumiers jusqu'au bout, les femmes sont des prostitués et même le "gentil" n'est au final qu'un fumier de plus. 

Synopsis : 

Sud du Texas, alors que Pike Bishop et ses homme s'apprêtent à attaquer, déguisés en soldat de l'armée, une bureau d'une compagnie de chemin de fer, Duke Thornton et quelques chasseurs de primes les attendent, cachés, prêt à les tuer pour obtenir la prime sur ces hommes. 

L'histoire se veut être bien plus qu'une simple embuscade lors d'un braquage, il sera aussi question de bataille pour un pays, d'affrontements entre deux hommes, de rivalités mais aussi de pardon et salut pour son âme.

La Horde sauvage est de ces films fascinant autant par la réalisation que par un scénario beaucoup plus profond qu'on ne le croit.


Une prouesse dans la mise en scène :

Avant de se lancer dans une bribe d'analyse du film, intéressons nous à son enrobage, la mise en scène. Clarifions un point de suite, le film n'a pas prit une seule ride, toujours aussi beau visuellement et toujours aussi bien réalisé. Cela peut se voir sur certains films, les plans font un peu vieux, la mise en scène est molle et la photographie est datée. Ce n'est pas le cas ici, chaque décor est sublime, chaque plan garde son impact d'origine. De plus Peckinpah filme le tout avec talent et virtuosité, on vit le film. 

Mais la Horde sauvage n'est pas qu'une photo toujours aussi belle et incroyablement bien restauré par la magie du DVD mais c'est aussi des procédés cinématographiques apparaissant par le biais de ce film. Souvenez vous, je vous parlais lors de la chronique sur l'étrangleur de Boston du procédé split screen utilisé pour ce film et pour la première fois, la Horde sauvage ou plutôt Peckinpah est celui qui fit apparaitre au cinéma, le ralenti. Ce fameux ralenti que l'on verra dans des milliers de films par la suite, servant à insister sur la mort d'un personnage ou bien pour accentuer un moment dans un métrage, Peckinpah en est le créateur. Et non John Woo qui malgré tout l'amour que je peux avoir pour ces films notamment the Killer, l'utilise d'une manière complétement différente.

Procédé véritablement génial, Peckinpah s'en sert pour marquer chaque mort, permettant une mise en avant de la violence, montrer son absurdité. 

Continuons sur la violence, le film se démarque par une approche plus dur, "réaliste" même. Ici, chaque combat, chaque échanges de coup de feu se traduira par des morts, et donc du sang. Cela peut paraître bête de présenter cela comme ça mais le sang est omniprésent dans le film de Peckinpah, s'accentuant encore plus avec les ralentis du réalisateur. 

Pourquoi parler de sang alors que cela semble logique d'en voir à l'heure actuelle ? Tout simplement parce l'abondance d'hémoglobine dans le film choque à l'époque, et marque encore une fois la volonté de la part du film de rompre l'image que l'on a des Westerns habituels.  Mais je reviendrai là dessus un peu plus tard. 

Le déroulement du film est quant à lui trés bien fait, quelques flashbacks pour comprendre quels liens unissent certains personnages et les dialogues font le reste. Toujours dynamique, le film se permet toute fois quelques moments de pauses, permettant de poser des personnages ou d'en creuser d'autres. Mais ce que tout le monde retiendra dans le film ce sont ses fusillades. Violentes mais superbement organisées et hautement symboliques à certains moments. 

 

Une réponse au Western Spaghetti :

C'est dans le but de briser le mythe que Peckinpah tournera le film, cherchant à mettre fin à l'imagerie fantasmée que l'on voit dans la plupart des Westerns. Le monde est cruel, dur et violent, il n'est pas remplit de justicier blanc, de fantômes revenus d'entre les morts pour accomplir une vengeance sur des bandits ou alors la quête d'un homme pour venger la mort de son frêre par des fumiers. Que l'on me comprenne bien, j'aime le cinéma de Leone et je ne le réduis pas, il est certain que ses films traitent de l'histoire en marche, d'hommes brisés et de rédemption mais il serait faux de de refuser de voir l'aspect "cliché" de tous ces films. 

Si l'on prend Leone, ses films fonctionnent par codes, chaque code étant réutilisé dans d'autres de ses films. 

C'est ce que Peckinpah tente de casser. Je m'explique. 

Prenons la violence, dans le western spaghetti, la violence est présente mais toujours plus ou moins camouflé, un coup de feu et la personne s'éffondre. La mort dans ces films n'étant pas dérangeante dans le sens où elle servait soit pour tuer les méchants ( je caricature à dessein ) ou alors pour mettre une situation en place, la mort du frère ou bien de quelqu'un de proche au héros. Dans la Horde sauvage, cela ne fonctionne pas comme ça. Chaque mort est appuyé par l'apparition de sang, insistant sur la fatalité, elle même accentuée par le ralenti du réalisateur. Le sang est là pour nous rappeller que le tout n'est pas un jeu. On ne fantasme pas la mort d'un individu, on montre la cruauté d'une mise à mort. 

Le tout est amplifié par le choix des protagonistes principaux, la bande de voleur. Tous plus salauds l'un que l'autre, tous prêt à tuer quiconque se met en travers de leurs chemins. Ce qui encore une fois brise ce que l'on voit en temps normal, ici pas d'identification au héros, pas de nobles quêtes pour sauver quelqu'un, juste des hommes cherchant à se faire de l'argent, quite à tuer pour cela. LA première scène du film retranscrit parfaitement mon propos, la sortie du casse se fait dans un énorme bain de sang, chaque passant prend une balle, femmes, enfants, personne n'y échappe.

Mais restons sur les personnages, eux mêmes véritables anti-thèses du Western Spaghetti, fumiers en puissance. Oubliez les Eastwood, Cleef, Bronson et laissez place à William Holden, Ernest Borgnine et Robert Ryan. Chacun étant une représentation de l'homme prêt à se faire de l'argent sur la mort des autres, sans codes ou morale pour les en empêcher.

 

L'image au dessus est représentative de l'état d'esprit de Peckinpah, cette arme étant celle du personnage principal, pourtant il ne s'en servira jamais, prenant toujours une autre arme ( dont je ne connais pas le nom..mais qui ressemble à un pistolet actuel ). Peckinpah semblant vouloir nous dire que cette période est révolué, qu'elle n'a jamais existé, l'image du Colt rangé, comme si l'arme n'avait pas sa place dans le monde actuel. 

Il y aurait encore beaucoup à dire, notamment sur la scène de fin, véritable explosion de violence, carnage humain complet. La scène étant elle aussi d'un grand symbolisme, l'homme prêt à tuer, abandonnant tout espoir de salut mais aussi l'homme se battant pour une cause juste avant de mourir, sorte de sursaut de conscience après une vie parsemé de morts. 

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le contexte du film, en pleine explosion industrielle, pointant encore plus du doigt la fin d'un époque, la mise à mort du Western. 

 

Conclusion :

Véritable bijou du cinéma, oeuvre d'une grande tristesse au final, peignant l'homme dans ce qu'il a de plus sombre et de plus violent. D'une mise en scène géniale et d'un propos fort, la Horde sauvage est un film à voir. Et à revoir encore.

 


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Cinéma

Regarder Enter The Void n'a pas été chose aisée, interrompu plusieurs fois durant le film par de multiples coups de fils ou autres visites inpromptues, j'ai du relancer le film au moins 4 fois avant de le regarder dans de bonnes conditions. 

Et ça partait mal, me retaper l'intro anxiogéne ou l'hallucination du début commençait à me mettre dans une sorte d'état second. J'ai pourtant réussi à me plonger complétement dans le film. Et j'ai pris une claque, une bonne grosse claque qui fait mal et qui laisse une grosse marque rouge. 

Synopsis :

Oscar et sa soeur Linda habitent Tokyo depuis peu. Lui est dealer alors que sa soeur est stripteaseuse dans une boite de nuit. C'est lors d'un deal tournant mal qu'Oscar prendra une balle, sentant la vie quitter son corps, il se raccrochera à une toute petite parcelle de celle-ci pour continuer à "vivre" et veiller sur sa soeur.

Gaspar Noé, réalisateur de l'étrange

Noé est connu, réalisateur du sulfureux, irréverencieux et violent Irreversible. Je dois me confesser avant de continuer. N'ayant pas vu ce métrage, son interêt me semblant encore à prouver, je ne pourrais comparer son style ni voir si l'on retrouve les thêmes abordés dans Enter The Void. 

il est aussi le réalisateur de Seul contre Tous, film de 1999, chronique d'un boucher.

Gaspar Noé est de ces réalisateurs divisant énormément, l'interêt de ces films étant à chaque fois pointés du doigt.  Vide de sens pour certains, moches pour d'autres ou alors beaucoup trop jusqu'au boutiste pour une partie du public. Il suffit de voir à quel point la fameuse scène du "viol" dans Irreversible continue à alimenter les débats. Il est d'ailleurs drole de voir que le film ne se voit résumer la plupart du temps que par cette scène. On entend souvent ce genre de conversations :

- T'as vu Irreversible ? J'en entends beaucoup parler.

- Quoi ? Ce film ? Avec la scène du viol ? C'est un film de malade, faut pas le voir. 

Ce qui va me pousser à tenter de récuperer le DVD pour pouvoir enfin voir ce film et m'en faire mon avis. Mais bref ! Passons. Ce réalisateur semblant à certaines occasions, incarner le vilain petit canard du cinéma Français. 

Un film d'une beauté hypnotisante

S'il est un film que l'on doit saluer, ne serait-ce que par la prouesse technique qu'il sous entend ou bien une mise en scène bluffante, c'est Enter The Void. Prenant le parti prit de situer la caméra soit en vue dite subjective, à savoir les yeux de l'acteur en tant que caméra ou alors en la plaçant juste derrière le protagoniste. Durant une bonne partie du film, on incarne le héros, on vit en lui. 

Saluons aussi la fluidité permanent de la caméra, voltigeant littéralement autour des acteurs, passant entre les décors sans coupure visibles, multipliant les changements de lieux, d'acteurs de manière tout à fait naturel. 

Le tout s'avère déroutant au début, n'étant pas habitué à un film ou la caméra est l'acteur, j'ai du m'habituer doucement, le plus dur fut les clignements de yeux retranscrit par la caméra. 

Vient s'ajouter à cette prouesse filmique, des décors magnifiques. Jouant sur la ville de Tokyo et cet aspect de cité ne dormant jamais, Noé nous plonge dans une mégapole lumineuse, pleines de couleurs, mélangeant le jaune, violet, vert et rouge ensemble. L'imagerie du film faisant penser à un long trip lors d'une prise d'hallucinogénes. Tout est sublimé par les couleurs, chaque décors prenant vie devant nos yeux. Et le tout fonctionne à merveille, on ne tombe jamais dans le kitch ni dans l'abus de couleurs poussant à aller vomir par les yeux. 

Soyez tout de même prévenus, la surabondance de couleurs peut tout de même déranger, certains n'y verront que de l'aggressivité visuelle, de l'acharnement à nous faire perdre la vue par un excés de couleurs, un trip sous acide où vous ne redescenderez jamais. Enfin, vous m'avez compris.

Une grande histoire d'amour

Parce que oui, c'est sympa tout ça, le film est beau et emmène la mise en scène dans d'autres galaxies mais est-ce qu'il y a un propos derrière ? Au moins une petite idée ? 

Et du propos, il y en a dans le film et pas qu'un peu. Même s'il est difficile de le voir au début. On pense voir un film juste beau visuellement, puis, tout doucement le film commence à distiller quelques idées, quelques pistes, que le spectateur doit récupèrer pour réfléchir sur le sens de tout ça.

Partant du postulat de ce jeune frère se faisant abattre au début du film, Enter The Void va nous conter pendant prés de 2h40 une belle histoire d'amour. Enfin, belle, pas vraiment mais une histoire d'amour en tout cas. Oscar refusant de quitter ce monde, refusant de laisser sa soeur venue exprès pour le rejoindre. Il se verra ainsi vaquer en tant qu'âme dans notre monde pour surveiller sa soeur, la soutenir, tout en revivant à intervalles réguliers les moments marquants de sa vie.

Il est ainsi question de ce frère, aimant sa soeur d'un amour bien étrange, d'une soeur tout autant paumée, voyant en son frère l'homme idéal. Oscar jouant ainsi le role de frère protecteur et aimant mais aussi d'amoureux transi et jaloux de ceux s'approchant de sa soeur. Cette vision se retrouvant validée par la scène ou Oscar "possédera" l'homme faisant l'amour à sa soeur pendant quelques secondes. Comme si par cet acte se concretisait une envie au  fond de lui. 

Il est aussi question de jeunesse volée, d'enfants privés par la mort prématurée de leurs parents, d'une enfance heureuse. Devant par la force des choses, grandir plus vite que prévu, sans repéres, sans personne en tant que modèle de vie. Se forçant à devenir adulte dès le plus jeune age, l'un, pour soutenir sa soeur et la protéger quoiqu'il arrive et l'autre pour grandir et quitter ce monde d'enfance. De cette "jeunesse" naitra deux adultes encore enfants, paumés, refusant toute responsabilité, comme s'ils cherchaient tous deux à revenir à l'état d'enfant. 

Noé évoquera avec talent, l'acceptation de la mort, s'autoriser à quitter les autres, à les laisser faire le deuil de la personne, les laisser vivre avec la perte de quelqu'un. Partir ainsi sans regrets. Cela sera retranscrit dans le film par Oscar en tant qu'âme, refusant de quitter ce monde, refusant de laisser sa soeur qu'il voit encore comme une enfant, refusant d'accepter qu'aussi difficile que cela puisse être, elle sera capable de faire le deuil. L'idée de l'âme restant dans ce monde sera représentée de manière intelligente, Oscar étant hypnotisé par chaque lampe ou source de lumière dans le film. Représentant ainsi cette grande lumière que voit les morts avant de partir. 

Des acteurs, de la musique et pleins d'autres trucs !

Le film est ainsi porté par d'excellents acteurs, mention spéciale à la magnifique Paz de la Huerta, sublime en soeur perdue dans la grande Tokyo. Nathaniel Brown est aussi excellent même si peu présent pendant une partie du métrage, seul sa voix résonnant durant le film. Chaque second rôle remplit parfaitement son boulot même si certains semblent toutefois moins bons. 

Rien à redire sur les musiques, oscillant entre techno aggressive et musique classique reposante. 

Un film parfait alors ?

Pas vraiment. Enter The Void souffre d'un gros défaut, sa longueur. Beaucoup trop long à certains moments, trop prétentieux sur certaines scènes, le film se perd en élucubration visuelle et perd ses spectateurs à certains moments. Il aurait été judicieux de raccourcir un tout petit peu le film. Notez que le DVD propose une version courte, raccourciçant le film d'une bonne vingtaine de minutes. 

De plus, certains délires visuelles semblent à certains moments, présents, simplements pour rallonger le film ou appuyer de manière assez lourdes sur une idée. Le problème étant qu'une fois l'idée assimilée, il est désagréable de voir le réalisateur appuyer de nouveau dessus. Bon, au moins il est gentil, il mattraque bien le truc au cas ou certains n'ont pas pigés l'idée. 

Le film est assez long à se mettre en place, on dérive un peu au début et on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre. De plus, le générique d'intro en découragera plus d'un à mon avis. 

En conclusion !

Enter The Void reste un grand film, visuellement bluffant, bourrés de bonnes idées, d'une mise en scène magnifique ainsi que diverses propos très intéressant. Malheureusement, le film est long, trop long diront certains, lourd à certains moments et demande donc d'être pret avant d'être vu. 

Un film à voir. Au moins une fois, ne serait-ce que pour contempler un beau film.

 

 

 

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Cinéma

 

 

C'est fou ça, just avant de commencer à écrire, j'avais tout un tas d'idée en tête, pleins de points à développer et pleins de phrases d'accroches trop classes mais pourtant, une fois devant le pc, impossible d'écrire. Alors autant se mettre à l'aise, le temps que tout chauffe un peu. Et ça m'a permit de faire une sorte d'intro. Donc tout va bien en fait.

Le synopsis :

"The Driver" est casadeur le jour et conducteur pour des truands la nuit. Véritable professionnel il est aussi un as du volant. La vie de cet homme seul changera du tout au tout le jour il fera la rencontre de sa jeune voisine Irene et de son fils. 

Nicolas Winding Refn, génie ou petit malin ?

Drive est donc le dernier film du sieur Refn, réalisateur de l'excellente trilogie Pusher, de Bronson mais aussi de Valhalla Rising. Tous ces films ont eu l'honneur d'être saluées par les critiques mais divisent toujours les spectateurs. Pourquoi ? Une grande violence et un style de film dit "lent". Prenant toujours le temps de poser ses personnages quite à mettre l'intrigue en suspens. 

De la violence ? Présente dans tous ses films, toujours crus, faisant toujours mal. Une violence à la Cronenberg dans History of violence ou alors une violence morale à la Scorcese. La violence servant toujours un propos, accentuer l'absurdité de celle-ci ou pointer du doigt la folie humaine. 

Ce que l'on retrouve aussi dans chacun de ses films, s'avère être son souci de l'esthetisme, toujours beau mais froid. Un souci du visuel atteignant son apogée dans Valhalla Rising, véritable oeuvre poétique, d'une grande tristesse. 

Mais pourquoi divise t-il autant ? Certains l'accusent de remplir du vide avec du vide. Refn ne s'embarassant pas de dialogues superflus ou de Punchline de malade. On est dans la dialogue court mais lourd de sens. Le jeu d'acteur remplaçant beaucoup de mots dans ses films. Il suffit de voir Mads Mikkelsen dans Valhalla Rising pour s'en rendre compte. Son personnage ne parlant jamais mais réussissant sans problème à retranscrire toute la rage animant cette homme.

Drive, le film au casting impeccable

Rares sont les films sur lesquels je n'ai pas regretté un choix d'acteur où alors imaginant très bien quel acteur aurait pu jouer le rôle. Ici ce n'est pas le cas. Chaque acteur incarnant à la perfection son rôle. Commençons par l'excellent Ryan Gosling. Véritable surprise du film, je découvrais cet acteur grâce à Drive. Il incarne avec beaucoup de talent la vie de cet homme seul, cherchant à refaire une vie, tentant de fuir son passé. Carey Mulligan est bluffante en Irene, véritable représentation de la sensibilité manquante du "Driver". Incarnant avec beaucoup de douceur cette jeune femme apportant le peu de joie qu'elle peut au héros. 

Les seconds rôles ne sont pas en manques. Bryan Cranston prouve encore une fois qu'il est un excellent acteur, Albert Brooks est effrayant en mafieux et Ron Perlman nous montre qu'il est capable de faire des bons films. Mention spéciale à la sublime Christina Hendricks qui malgré un court rôle, joue vraiment bien. En plus d'être magnifique. 

Et sinon, le film il est bien ?

Véritable chef d'oeuvre, Drive, magnifique conte noir, narre la tentative d'humanisation d'un homme. Cherchant à fuir ce qu'il est sans y parvenir, cherchant cette lumière qu'il a depuis bien longtemps perdu. Refn jouant sur l'alternance jour/nuit pour nous représenter les deux facettes de la personnalité de cet homme. Humble et discret le jour, Rongé par les tenêbres la nuit. C'est auprès de cette jeune femme que notre héros tentera de trouver un réconfort, un salut.

C'est malheureusement par celle-ci qu'il devra plonger dans un cercle infernal de violence et de haine. Refn réussissant avec brio à nous peindre la folie de cet homme jouant toujours sur deux tableaux. Pour autant, Refn nous parle aussi de la violence humaine et ambiante, de ce qui régit certaines personnes et du cercle infernale qu'elle représente. Une fois entrée, peu de chance de s'en sortir indemne.

Au même titre qu'un Taxi Driver ( sans la ligne musicale ultra-chiante...), Drive fait plonger le spectateur dans la folie. Ce subtil moment où le film sombre sans que le spectateur ne soit choqué par la violence. Le moment où tout parait justifié. Le processus psychologique paraissant tout à fait justifiable. Comme un De Niro sombrant dans sa folie sans que l'on soit choqué mais plutôt en le comprenant.

 

 

De l'action dans ma réfléxion ?

Au delà de la réfléxion que peut susciter le visionnage du film, Drive est aussi un excellent film "d'action". Les courses poursuites sont excellentes, toujours filmés de manière stylisés mais très lisibles. Il en est de même pour les scènes d'actions "purs", l'esthétisme est bluffant, la violence est belle et un brin poétique. Je préviens toutefois pour celles et ceux qui n'auraient jamais vus un film de Refn, préparez vous à voir du sang, beaucoup de sang. Et des têtes qui explosent aussi. 

C'est là que Refn nous prouve son statut de réalisateur de génie, un esthétisme permanent servant toujours un propos fort. Là où un Scorcese frappait fort grâce à son talent de réalisation ou alors Cronenberg et sa violence glaçante d'History of Violence, Refn monte encore le niveau. 

Ce qui n'empêche pas le film de posséder ses moments de poésie pure. La scène de l'ascenseur symbolisant tout le génie de Refn, scène tout simplement envoutante, belle et triste, poétique et macabre. 

Comment ? De la musique dans un film ?

Axant sa musique dans un type très années 80, la BO fait mouche. Elle incarne à la perfection l'ambiance du film, à la fois froide mais chaleureuse par moment. Typé éléctro avec des sonorités rétro, la musique est douce, chargée de souvenir. Elle est indisociable de l'image, elle vit à travers la caméra de Refn. 

Musique que j'écoute en boucle depuis un petit moment, chaque morceau faisant ressurgir un moment du film. 

Conclusion...

Véritable bijou du cinéma, Drive est un film dont on parlera encore dans longtemps. Apogée du réalisateur, réussissant encore une fois à nous prouver tout son talent. Seul petit bémol toutefois, la relative froideur du film empêchera peut être une identification totale aux protagonistes. Le film suintant tellement la perfection, qu'il apparait intouchable à certains moments.

Drive reste un film à voir, à revoir et à écouter par le biais de sa BO. Foncez le voir. D'ailleurs je vous laisse, j'y retourne. 

 


 

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Cinéma

De retour et pour commencer, une petite critique de la sympathique trilogie Cold Prey, slasher/survival de son êtat.

Cold Prey est donc une trilogie de film, sorti dans un gros box en France il y a peu, nous narrant les mésaventures de jeunes dans un chalt abandonné. Chalet pas si abandonné que ça en fait, un sombre et puissant inconnu rodant dans le coin pour punir les jeunes entrant sur son territoire. 

Le premier film pose les bases, le second en est la suite direct tandis que le dernier nous conte les origines du mal.

Cold Prey premier du nom est réalisé par Roar Uthauq, il signera le scénario du deuxième opus. Le second quant à lui est réalisé par Mats Stenberg et le dernier épisode par Mikkel Braenne Sandemose. Trois illustres inconnus pour qui ce film marque leur entrée dans le cinéma. 

Je ne vais pas vous faire la présentation des acteurs, je ne les connais pas, hormis Tomas Alf Larsen vu dans The Troll Hunter par la suite.

La réalisation est assez anonyme et cela quelque soit l'épisode. C'est du vu et du revu en terme de mise en scène, plans, cadrages etc...

Il en va de même pour la musique, souvent à côté de la plaque, insistant sur des soi-disant moment dramatiques qui ne le sont pas. La musique se la joue beaucoup trop instrumental à certains moments ce qui nuit à l'ambiance.

Voila pour la forme, penchons nous sur le fond. 

 

Le problème de la trilogie Cold Prey reste sa date de sortie, si ces films étaient arrivés durant l'age d'or du Slasher, beaucoup aurait vu en cette trilogie, d'excellents films. Malheureusement ils sortent 15 ans trop tard. 

Regardons de plus près le premier épisode. Alors qu'ils partent faire du snowboard, cinq jeunes se voient contraints suite à la chute d'un de leur camarade à se réfugier dans une vieille batisse abandonnée. Alors qu'ils pensent pouvoir se reposer un moment pour ensuite partir chercher des secours, ils ne se doutent à aucun moment de la présence rodant autour d'eux. 

Cela ne vous dit rien ? Le film semble être une sort de spin-off à Massacre à la tronçonneuse. Des jeunes, une vieille maison, un énorme méchant ( enfant difforme abandonné dans la neige par ses parents ) prêt à tuer ceux qui rentre dans son territoire. En fait, ce film peut aussi être vu comme un " Leatherface part à la neige". Dès lors le pitch du film pourrait ressembler à ça : 

Alors qu'il sort d'une série de meurtre, Leatherface décide de quitter son Texas natal pour se reposer dans un pays du Nord. Mais c'était sans compter ces petits jeunes cherchant à faire la fête dans le petit chalet que notre héros à loué avec ses écnomies...

Et là, tout est dit. Aucune originalité que ce soit dans le scénario, tout est vu, on prévoit les enjeux dramatiques, le sous intrigues ainsi que la fin. 

Le film reste toutefois sympathique à regarder si on le prend comme une "Nouvelle aventure de Leatherface". Avec humour donc.

 

Second épisode. Alors que notre ami Leatherface s'est fait poussé dans une crevasse par cette idiote de survivante, des enquêteurs cherchant à voir si la jeune et unique survivante raconte la vérité, décident de récuperer tous les corps de la crevasse et de les amener à l'hopital. Mais vous, jeunes gens, vous savez que votre bon héros ne se fait pas tuer comme ça hein ? 

Encore une fois, le film souffre de ce qui a été fait avant. Cette fois le film ressemble à un sombre remake d'Halloween 2. Celui dans l'hopital.

Encore une fois, rien ne surprend, tout est déjà vu. On sait qu'il ne fallait pas ramener cette grosse brute à l'hopital, ni tenter de la ranimer, car oui, après avoir chuté dans une crevasse très profonde et donc après s'être brisé le dos en je ne sais combien de morceaux, notre méchant est toujours en vie et semble même bénéficier d'un système de guérison assez rapide. Les morts s'enchainent sans surprises, sans originalité aussi. 

Et là on se dit que peut être que le dernier épisode va remonter le niveau ? 

Et bien on se trompe. Sorte de Revenge/Slasher movie basique, le troisième et dernier opus ne réussit pas à relever le niveau de cette saga assez moyenne. Tombant dans l'ersatz "Wolf Creek" de bas étage, le film ne décolle jamais vraiment. 

Peu de choses à dire sur ce film, un poil plus violent que ses grands frères. Le film par son approche " au commencement" casse tout enjeu. On sait déjà quel destin attend nos jeunes héros fougueux et plein de vie, la mort.

 

Cold Prey reste toutefois une trilogie sympathique, se trouvant à pas trop cher dans les bacs. On le regarde avec des potes, on voit les références, on se marre un bon coup et voila. N'en attendez pas plus. Les films sont tout de même réalisés assez proprement et le jeu d'acteur remplit tout à fait son rôle. Ainsi pas de reproches à ce niveau. Cela manque juste d'originalité. Dommage.

 

 

 

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Cinéma

Nouveau film de Kevin Smith, réalisateur de Top Cops ou encore Zack and Micky font un porno ou bien Dogma, Smith signe ici un changement radical de style optant pour le survival/social/gore movie. Un truc un peu spécial en fait. Une sorte de film à la croisée des genres. La rencontre improbable entre un Wolf Creek et American History X pour le propos. Intéressant n'est-ce pas ? 

L'hsitoire se déroule au fin fond d'un sombre état des États Unis. Trois jeunes en quête de sexe vont, par le biais d'un site porno, réussir à trouver une jeune femme acceptant de faire l'amour aux 3 jeunes hommes. C'est en pensant tomber sur un simple plan sexe qu'il se dirige donc vers la maison de la jeune femme...

Le pitch du film est assez particulier je dois l'avouer. On ne sait pas trop où le film se dirige dans son premier quart d'heure. Un Revenge Movie ? Un Slasher ou alors une sorte de Rape and Revenge ? C'est en regardant le film dans son ensemble que les pièces commencent à se former.

Au Casting : 

 

John Goodman : Connu de tous, jouant dans Matinee de Dante ou encore dans Big Lebowski. Toujours aussi bon acteur. Il campe ici un agent des forces spéciales. Sans en faire des tonnes Goodman assure son boulot et joue bien le flic blasé, fatigué.

Kyle Gallner : Acteur peu connu ayant tout de même joué dans le dernier Freddy ( sic ! ) ou encore Jennifer's Body ( re-sic ! ). Bon mais pas exceptionnel.

Le film bénéficiant d'un casting assez sympathique composée d'acteurs ou actrices que l'on connait de tête sans jamais vraiment réussir à les situer. Des seconds rôles de série télé ou autres. Sans jamais être excellent, les acteurs jouent correctement. Ce n'est pas dans Red State que sera découvert le nouveau Heath Ledger ou autres. 

Á la réalisation donc, Kevin Smith, qui, sans être un réalisateur de génie, posséde tout de même un certain talent. Rendant toujours son film lisible tout en lui accordant un certaine identité visuelle. Rendu un peu crade, ambiance suffocante etc..Un film agréable à regarder sur la forme. Je n'aborderai pas les musiques du film, celles-ci ne m'ayant pas marqué un seul instant.

 

Red State est un film qui tentera par le biais du film d'horreur/survival etc.. d'aborder beaucoup de sujets "sérieux". On y parlera de l'homophobie, de l'extrémisme religieux, de la torture mais aussi du gouvernement et sa capacité à étouffer des affaires "dérangeantes". Un film se voulant donc assez intelligent. 

C'est par l'imagerie du village américain "cliché" au possible que Smith articulera les propos de son film. Le bon village américain homophobe, protestant lors de funerailles d'un homosexuel mais aussi un village religieux à l'extrême, adepte des armes et peu enclin à écouter son prochain dès lors qu'il est un peu différent. Du lourd en somme.

Tout cela semble super sympa sur le papier, ça l'est un tout petit peu moins à l'écran. Souffrant de gros problèmes de rythmes, le film possède de bons moments cassant toute tension. Smith brisant par des monologues bons certes mais pénibles au bout d'un moment. Les motivations sont cernés et l'on a bien en tête que ces gens sont fous et dérangés, il n'est pas nécéssaire de nous assomer avec un autre monologue pour nous montrer encore une fois que ces gens sont fous etc...

 

Le film reste toutefois agréable à regarder et l'on pardonne les erreurs de rythmes car le propos est là. Un film amenant gentiment à réfléchir. Sans atteindre un sommet d'excellent en matière de réfléxion quand même. Un film à voir donc. 

 

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Le Blog de Parker

Par Parker32 Blog créé le 21/07/11 Mis à jour le 07/04/14 à 08h51

Un blog pour réfléchir sur le cinéma, les livres et les jeux vidéos

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Édito

 

Voila un petit moment déjà que je voulais commencer un blog. Ayant pour ambition le journalisme, je me suis dit :

Quoi de mieux qu'un blog pour s'entrainer à écrire des articles ?

Alors que va être ce blog ? Normalement un Blog sur notre culture Geek, je m'explique: je vais tenter de faire des critiques, analyses , sur le ciné, les bouquins ou encore les jeux vidéos. 

Bon, je suis conscient que ma visibilité ne sera peut être pas énorme mais tant que quelques personnes me lisent et soit donnent un avis sur l'article ou sur le style d'écriture, bah ça me va ! 

 

Voila ! Bonne (prochaine) lecture ! 

 

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