Le Blog de Parker
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Cinéma

 

Tout vient à point ! Voici enfin venue cette magnifique interview, promise depuis un petit moment déjà. Une bonne interview pleine d'amour, d'humour et de joie que je vais partager avec vous. 

Mais qui est Rurik Sallé ? Il répondra mieux que moi à cette question mais je vais tout de même vous rafraichir la mémoire ( pour voir les émissions en question, allez faire un tour sur facebook ) : 

Cinémad-Panoramad :

Tout d'abord Cinémad et Panoramad, deux émissions présentés par le sieur Rurik Sallé. Deux émissions pour présenter les films Mad du moment  que ce soit en France ou au States mais aussi parler du box office. Deux excellentes émissions donc. Le tout est traité avec beaucoup d'humour aussi. 

+ ou - Geek :

Emission mensuel traitant de l'actualité Geek. Ciné, Série, manga, Bd et jeux vidéo. Chaque section bénéficiant de son chroniqueur. Notez que la section jeu vidéo est animé par le Joueur du Grenier ! Encore une fois, pour voir les émissions, allez faire un tour sur le facebook de l'émission ! Allez ! 

Fugu Dal Bronx :

On parle musique maintenant ! Je vous renvois à mon ancienne parenthése musicale ainsi qu'à la dernière partie de l'interview pour en savoir plus ! 


L'interview se scindera en trois parties, carrière, journalisme et projets persos ! 

Une première partie sur la carrière du monsieur, ce qui vous permettra d'en apprendre un peu plus sur lui bien sur mais aussi sur le journalisme d'époque ainsi que sa vision du cinéma :  

Commençons ! 

 

- Peux tu nous présenter déjà un petit peu ce que tu fais à l'heure actuelle pour que chacun puisse te situer ?

 


 

A l'heure actuelle, je suis en train de taper sur un clavier d'ordinateur portable. Oui, car aujourd'hui les stylos n'existent plus. Ca fait chier tout le monde, les stylos. Le papier c'est old-school, les ratures c'est ringard... Pourtant, moi j'aime. J'aime les stylos, et surtout le papier. D'abord, parce que ça pollue (enfin je ne sais pas, mais j'éspère), mais surtout parce que ça permet d'abattre les arbres, et je n'aime pas les arbres. Qui aime les arbres ? Les arbres, c'est con. Avez-vous déjà essayé de parler à un arbre ? Il ne répond rien. Certains  diront que c'est parce qu'il est sage, mais non. C'est parce qu'il est con. C'est parce qu'il ne sait rien. Un arbre, c'est comme de l'emmental, c'est vide.

 

Un arbre ne saurait même pas présenter mes activités, non plus. Remarquez, difficile de lui en vouloir, parce que je ne parle pas aux arbres. Comment serait-il au courant, alors ? Je suis acteur, et compositeur. Pour le côté média, je suis journaliste pour la presse papier spécialisée (Mad Movies et Impact, mais aussi des participations à d'autres mags, musicaux et autres), et présentateur (« Cinémad » et « Panoramad » sur Mad-Movies.com, et chroniqueur pour « + ou - Geek » sur Vosges TV et Dailymotion). Sous la torture, et si vous insistez poliment, je mangerais même des choux de bruxelles froids.

 

- Comment as tu été amené à faire du journalisme ?


Je crois bien qu'on m'avait amené en taxi. Hors de question de venir en métro, ça me rappelle mes racines populaires, alors que je fais tout pour me rapprocher de la haute bourgeoisie, ses perruques, ses rires de convenance, ses partouzes à Versailles. Tout petit, d'ailleurs, je portais des chemises à jabot, des boucles de ceinture en or massif, et je faisais des fanzines. Dès l'âge de 7 ou 8 ans. J'ai continué à faire des fanzines au collège, puis au lycée, puis à la fac. J'ai toujours écrit, des critiques, des textes, des histoires.... Vers 16 ans, j'ai fait de la radio sur Radio Beur, une émission hebdomadaire. J'y parlais de cinéma, on recevait des gens comme Michel Field, Smaïn, Alex Metayer, Patrice Drevet... On est même partis au festival de du film américain de Deauville. Il y avait là Sharon Stone, avant Basic Instinct ! Et puis un jour, bien des années plus tard, j'ai proposé à Alain Schlockoff, qui est rédacteur en chef de L'Ecran Fantastique, de participer à Toxic qu'il venait de relancer. Toxic, c'était le penchant « extrême » de L'Ecran. Je lui ai envoyé quelques critiques pour qu'il voie un peu, et je lui ai parlé du temps que j'ai passé en Asie. Il a été enthousiaste, et m'a proposé une rubrique de deux pages dans chaque numéro sur le cinéma asiatique ! J'étais aux anges. J'ai ensuite écrit parallèlement dans L'Ecran Fantastique, et je crois bien que mon premier papier dedans était une preview du Talisman, de Peter Pau avec Michelle Yeoh, que je venais de voir à Shanghai.

Je me souviens de deux anecdotes marrantes à ce propos. Ca va vous faire chier, mais c'est pour votre bien. D'abord, lorsque je me suis retrouvé devant le ciné à Shanghai, les mecs qui étaient là m'ont fait signe de rentrer dans la salle, et j'ai vu qu'il avait commencé. J'étais étonné : la première scène mettait le paquet au niveau des effets spéciaux... Mieux : tout le monde y crevait, ou presque ! Je ne comprenais pas très bien... Sauf que le film s'est terminé 15 minutes plus tard. C'était la fin de la séance d'avant, et ils m'avaient fait rentrer ! Ah les enfoirés... Ahah ! L'autre anecdote, c'est que j'avais remarqué le bras droit principal du méchant du film, un occidental qui se cognait avec grande virtuosité contre Michelle Yeoh. Je me suis dit « C'est qui ce con de blanc ? ». Il m'avait vraiment marqué. C'était Manu Lanzi, futur chorégraphe de A l'Intérieur, Vertiges, Mutants, Captifs, Livide, adversaire de Jet Li dans Danny The Dog... Et aujourd'hui c'est devenu un ami, un mec que j'adore, et qui m'entraîne au combat depuis plus d'un an ! Parfois, je me dis que les coïncidences de la vie sont étranges.

En parallèle à L'Ecran Fantastique, j'ai rejoins les rangs de Hard n' Heavy. Une sorte de Mad Movies de la musique, le meilleur mag de metal en France. Une maquette incroyable, un esprit libre, drôle, et droit, avec une vraie ligne éditoriale... C'était un magazine rare, et pour moi comme une famille. 90% de l'équipe est encore pote aujourd'hui, c'est dingue. Il y avait des mecs brillants dans ce magazine. On a fait tellement de conneries... On avait notre coin backstage au Hellfest, y'avait Anthrax qui venait faire des photos chez nous, Dani Filth qui venait faire une interview croisée avec Biff de Saxon, les mecs de Envy... J'ai vécu des moments fabuleux avec ce mag, comme les autres de la team.

En plus de tout ça, j'ai écrit pour des mags comme Rock One, Rock Sound, L'Echo des Savanes, Asia Pulp. Et puis un jour, j'ai rencontré l'équipe de Mad Movies, et ça a tout de suite collé entre nous, naturellement

Un peu plus tard, je suis devenu rédacteur en chef de Hard n' Heavy. C'était vraiment une période géniale : rédacteur en chef du meilleur mag de metal français, et rédacteur au sein de Mad Movies, je ne pouvais pas souhaiter mieux ! Malheureusement, l'éditeur de Hn'H a arrêté toutes ses publications, alors le mag a disparu et n'est jamais réapparu.

Enfin bref, c'était quoi la question, déjà ? Ah oui, comment je suis arrivé au journalisme... Je ne sais pas. Pour moi les choses sont naturelles, je ne me dis pas « je vais aller là, ou là. », je me contente de suivre simplement mes envies, mes passions. J'ai toujours écrit, et le cinéma et la musique sont mes passions. Je fais les trucs avec sincérité, toujours. Vous voyez, je n'ai rien à renier de ma période journaliste, pas un seul mag auquel je regrette d'avoir participé . Je n'ai jamais vendu mon cul, ou fait quelque chose auquel je ne croyais pas. Le jeu n'en vaut pas la peine. Enfin, vendre son cul, ça peut être sympa, mais je ne l'ai jamais fait. Par contre, parfois je le montre gratos !

 - Et pourquoi Mad ?

Et là, j'aurais pu dire « pourquoi pas » ? Mais ça ne résumerait pas l'histoire. Non. Mad Movies, c'est avant tout un attachement sentimental. C'est un mag à part. On ne lit pas « une revue de ciné » quand on lit Mad, on lit Mad ! J'enfonce des portes ouvertes en disant ça, mais bon... Je lisais Mad Movies et Impact quand j'avais 15 ans. C'était en 1948. Ca fait longtemps, ça vous installe une histoire, ça. Ca vous marque.

- En quoi consiste ton travail dans Mad Movies ?

Il consiste essentiellement à vérifier que Mathieu, notre graphiste (et cadreur/monteur de Cinémad et Panoramad), arrête de fumer. Je n'y arrive pas, il n'a jamais autant fumé. Alors je me rabat sur Julien Sévéon, que j'essaye de dégoûter de l'Asie, mais je n'y arrive pas non plus : au bout de 36 secondes, on parle des Shaw Brothers. Du coup, je rédige parfois des critiques, des dossiers, fais des interviews, et présente Cinémad et Panoramad toutes les semaines. Lorsque je pars dans des festivals à l'étranger, je ramène aussi souvent des images. Je monte alors moi-même des émissions spéciales, comme celles tournées en Corée pour le festival Pifan, à Hong Kong pour le Filmart, ou alors l'interview de Alice Cooper filmée au Hellfest.

-  Je suppose que c'est la passion qui t'a amené à te tourner vers le cinéma de genre, est-elle toujours présente ?

Non, je n'ai plus de passion. Je n'ai plus de vie sexuelle non plus. Je ne mange presque plus, et je vote pour des candidats qui ne se présentent même pas aux élections. En 2007, j'ai voté Pompidou. Je ne sais même pas qui c'est. Je n'aime pas le cinéma, ni la musique, ni toute forme de création. Vous souvenez-vous de ce que dit ce vieux Goebbels, que lorsqu'il entend le mot culture, il sort son revolver ? Je pense pareil. La culture, c'est de la merde. Les livres, comme énoncé plus haut, c'est juste intéressant car ça permet la déforestation, et donc la destruction de certaines espèces animales.

Le cinéma de genre ? Mais qu'est-ce que le cinéma « de genre » ? C'est comme la « musique indé ». C'est quoi ça ? Ca décrit quoi ? Une appartenance à une major, ou non ? C'est nul. En ce qui concerne le cinéma, tout est un genre. La comédie est un genre. Le film à costume, le polar... Et puis a t-on besoin de classer ? Moi j'aime le cinéma, comme j'aime la musique. Je peux regarder un Kim Ji-woon, puis un Godard, puis un Carpenter, puis Argento, puis Dumb and Dumber. Mais bien sûr, je comprend ce qu'on appelle le « cinéma de genre »... Mais je n'ai pas d'affection particulière pour ce cinéma-là, car je l'aime autant que « l'autre ». D'ailleurs, je refuse d'opposer ce qu'on appelle les films de « deux-pièces cuisine » tournés à Paris, et le cinéma « de genre ». Le cinéma, c'est le cinéma. Il n'y a pas d'échelle de valeur entre les « genres », et tous peuvent co-exister. Au contraire, il faut croiser les familles, il faut être cannibale, et se nourrir les uns des autres pour grandir. Ca aère, ça fait vivre, ça offre des perspectives. Regardez Lynch, il plait à tous, il s'en fout d'appartenir à un genre ou un autre. Carpenter fait du fantastique qui ressemble parfois à des westerns. Quentin Dupieux, l'un des réalisateurs français les plus intéressants, aime Massacre à la Tronçonneuse et il fait Rubber.. J'aime les surprises, les prises de risques. Mais j'adore aussi des trucs comme Piranha 3D, par exemple. C'est, pour moi, la quintessence du film drive-in : tout ce qu'il promet, il le donne. Du cul, du sang, des injures, des conneries, du rire. C'est créatif, c'est vivant, c'est fou. Voilà, je pense, un film très honnête.

- Quel regard portes-tu sur le cinéma d'aujourd'hui ? Trop de remake ? C'était mieux avant ?


C'était mieux avant, bien sûr. Avant, c'est toujours mieux. Avant, tu étais encore vierge, tu rêvais aux femmes nues. Tu les imaginais magiques, féériques, et maintenant tu sais qu'elles sont comme toi, sauf qu'elles n'ont pas de bite. Que reste t-il de tes rêves, petit homme ? Monte en haut de la montagne, regarde l'horizon, plonge tes yeux dans les nuages, et tu trouveras la solution. Tu te diras que les remakes, en général on s'en fout. Les gens (tu sais, ces étranges créatures...) disent « mais pourquoi font-ils un remake de ce film.... ?? ». Mais pour faire de l'argent, ma petite dame... Ne le saviez-vous pas ? Il y a des cons qui se disent « On ne va pas se faire chier, on va refaire un vieux film qui a marché, parce que ça veut dire qu'il marchera à nouveau, et en plus on va vraiment pas se faire chier parce qu'il est déjà écrit ». Hitcher, Prom Night ou Fog, c'est vraiment de la merde en barre Leader Price. Meurtre à la Saint Valentin 3D, c'est pas terrible non plus. Maintenant, il y a aussi beaucoup de remakes corrects. The Grudge est meilleur dans sa version US, je trouve, puisqu'il apporte une dimension décalée en amenant cette américaine au Japon. L'original est très mal joué. Et puis parfois, des remakes sont très intéressants car ils ressemblent à des variations sur un même thème, un peu comme les morceaux de Beethoven sont repris par 56790 orchestres de par le monde. L'Armée des Morts est un très bon remake de Zombie, on peut même parler de nouvelle version. Tout comme The Thing de Carpenter, chef d'oeuvre hallucinant, est une nouvelle version du film de Christian Niby des années 50. Dans le genre réussite rare, il y a aussi Body Snatchers : le premier remake, celui de Kaufman, est un chef d'oeuvre absolu. Celui de Ferrara est intéressant. Celui avec Kidman est relou, mais bon... En fait, le seul intérêt d'un remake est de réadapter le film original pour en faire autre chose. Sinon, ça n'a pas beaucoup d'intérêt artistique.

Au niveau du regard que je porte sur le cinéma aujourd'hui, je dirais qu'il n'est pas meilleur ou moins bon qu'il hier, il est juste différent, et reflète son époque. On sait davantage, on a davantage accès à ce qui a été fait. Des mecs qui avaient vu 3000 films, je ne pense pas qu'il y en avait beaucoup dans les années 60. Alors forcément, ça donne parfois un cinéma de la citation, un cinéma de l'hommage, ce qui m'emmerde royalement. Je m'en fous des hommages et des citations. Ce qu'il faut, c'est continuer à avancer, inventer. Que feront les cinéastes dans 30 ans, s'ils s'inspirent de films qui passaient leur temps à citer et à faire des hommages ? Ca fera comme les enfants consanguins, ça fera des films mutants. Des films qu'il faudrait 6 yeux pour les regarder. Des films avec 12 scénarios, mais aucun qui vaille le coup. Halte là ! C'est important d'avoir une culture, quoique finalement, ça ne soit finalement pas si indispensable. L'essentiel, ça n'est pas la technique, ça n'est pas la connaissance. L'essentiel, dans la vie comme dans l'art, c'est la sensibilité. Je l'ai lu dans un carambar.


 - De plus, même les grands noms du cinéma d'horreur/fantastique commencent à perdre en crédibilité, comme Argento ou bien Carpenter et son décevant The Ward, le cinéma de genre est-il en perte de vitesse ou n'est-ce qu'un cruel manque d'imagination ?


Ah, je pense que je t'ai répondu un poil, déjà, avec ces histoires de citations permanentes... Pour ce qui concerne Argento et Carpenter, ce sont des cas particuliers. D'abord, ils sont âgés. Ils ont donné, beaucoup, des films qui font partie des plus belles choses du cinéma. Ca n'est pas rien... Mais Carpenter est à mon avis un peu désabusé, et pense à sa tune. De gauchiste (They Live), il est passé à capitaliste. C'est lui qui le dit. Il parle se sa nouvelle piscine... Un grand nom du fantastique américain que je ne nommerais pas m'a confié que Carpenter passait maintenant son temps devant sa télé géante à regarder du basket. Argento, lui, il est fatigué. Quand il prenait de la drogue, quand il avait 30 ans de moins, il était fou, il faisait des trucs fous. Après, il a commencé à vouloir « faire du Argento », mais sans l'âme, sans l'impulsion. Et puis il n'a, me semble t-il, aucun recul sur ce qu'il fait. Quand c'était incarné, ça donnait des folies incroyables. Aujourd'hui, c'est parfois douloureux.

Pour ce qui est du ciné « de genre » dans son ensemble, je ne pense pas qu'il y ait de perte de vitesse. Quand je vois Enter The Void, Rubber, Vorace ou Machine Girl, je sais que rien n'est perdu ! Je pense, comme je l'ai dit plus haut, que cette mode de la citation est un écueil sans intérêt, mais heureusement il reste des gens qui ne sont pas du tout là-dedans.

Par contre, et là le problème est plus profond, je pense que le public est de plus en plus ramolli. On ne peut pas lui en vouloir non plus : la télévision et les magazines offrent, pour certains, des trucs de plus en plus abrutissants. De plus en plus cons. La connerie a toujours existé, la manipulation, la bêtise, évidemment. Mais on est tombé beaucoup, beaucoup plus bas, en ce qui concerne l'éducation, la culture, la tolérance. Les grands médias, aujourd'hui, n'aident pas le public à être clairvoyant, exigeant. Du coup, le public ne donne pas beaucoup de chances à la nouveauté. Regardez ce que dit Philippe Lefait, qui anime « Les Mots de Minuit », sur France 2. Il parle de son émission, certes assez poussée culturellement, comme l'un des derniers refuges de la culture à la téloche. Il n'a pas tort. Et elle passe à 1h du mat' ! On a une multitude de chaînes, plus que jamais, et pourtant peu d'émissions innovantes. Mais attention, je ne dis pas « c'est foutu... Tiens, je vais reprendre un verre de rouge. » Non ! C'est un passage. Les époques changent, mais elles reviennent aussi. La France s'était droitisée à l'extrême il y a peu. Elle n'est pas encore revenue à gauche (qui s'est aussi droitisée, comme le disait avec justesse Mélenchon), mais elle est quand même revenue de certains excès ultra-capitalistes. Je pense que rien n'est jamais perdu, jamais, ni politiquement, ni culturellement, ni amoureusement, ni rien. Même les cheveux !

- Comment expliques tu ce "dédain" pour le cinéma d'horreur français actuellement ? Alors que beaucoups de ces films sont plutôt bons, à l'intérieur, La horde où même les premiers Aja.

Quand j'étais en CM1, les gens disaient déjà la même chose dans la cour d'école : « c'est un film français, c'est de la merde ». Ahah, mais c'est vraiment con ça ! Je pense que c'est très français, aussi. On est très, très critique sur ce qu'on fait. En même temps, il y a un paradoxe, parce qu'on est aussi très fiers... Mais je n'ai jamais vu, dans un autre pays, un tel rejet, une telle moquerie de sa propre culture. Pourtant, le cinéma français est un cinéma hallucinant. Hallucinant ! Godard, Clouzot, Chabrol, Tavernier, Yves Boisset, Alain Jessua, Verneuil, Jacques Audiard, Kassovitz, Dupieux, Gaspard Noe, Patrice Leconte, Yann Kounen... Regardez leurs films, tous très différents, ces mecs utilisent des codes « de genre », font des films dramatiques, drôles, fous, intelligents... A l'Intérieur est un film intense. Martyrs est un film stupéfiant, droit, et d'une maîtrise technique incroyable. Maléfique est vraiment réussi, Haute Tension fonctionne totalement, et j'aime beaucoup le suspense de Ils. Le dédain, je l'explique par ce côté « français = merde » qu'a le public, mais aussi parce qu'en France, le cinéma est considéré comme un art et pas un business. Ca n'est pas toujours vrai, évidemment, on peut trouver mille exemples du contraire, mais aux USA ils ont ce réflexe de faire des films pour le public, et pas pour satisfaire la vision d'un auteur. Evidemment, ça a ses limites parce que les films deviennent souvent de simples produits, mais en échange le public va au cinéma comme il va à la fête foraine, pour s'amuser. En France, « populaire » et « culturel » sont deux termes qui n'ont jamais bien fonctionné ensemble, dans la tête des gens. Le preuve, c'est que lorsqu'un film devient un triomphe, beaucoup de gens vous diront que c'est de la merde, sans même l'avoir vu. Juste parce que c'est populaire.


Les films que j'ai cités, Martyrs, A l'Intérieur, sont des films qui ne caressent pas le spectateur dans le sens du poil, même celui des couilles. Ce sont des films intègres mais durs, très durs, très violents, très éprouvants. Les Saw aussi, mais les Saw sont aussi très entertainment. Pas A L'Intérieur et Martyrs, qui restent très extrême. On ne peut donc pas s'attendre à ce qu'ils fassent 500.000 entrées. Par contre, le ciné « de genre » français n'ayant pas réussi à créer une lignée, après le triomphe du Pacte des Loups, ou les succès de Promenons-nous dans les bois ou Haute Tension (qui réussissait à être intègre  et  tourné vers le public, d'ailleurs), le public ne fait pas encore confiance aux films « de genre » français. Pour lui, ça va être chiant. Le grand public français veut rêver, il veut de l'Amérique, il veut du dépaysement. Pour une comédie, voir son voisin de palier marcher dans la merde, ça le fait rire. Pour l'horreur, le grand spectacle, le mystère, il préfère l'Amérique.


Mais ça va changer, par exemple si on aligne quelques jolies réussites, quelques réussites flagrantes. Si elles ont un vrai retentissement réel à l'étranger, alors la France commencera à se poser des questions, peut-être, comme le Japon l'a fait pour Kitano, dont les films ont marché à l'étranger (notamment en France !) avant que le Japon ne s'y intéresse. Il nous faut produire des films réussis, des idées intéressantes, et surtout ne pas perdre notre personnalité. Essayer de jouer l'americano, c'est ringard, et ça marche pas. Nous sommes français, nous avons une personnalité et une histoire qu'il faut creuser pour que le public aime le cinéma « de genre » français, qu'il cherche à retrouver cette couleur particulière, et qu'il ne le considère pas comme un cinéma américain raté.


Fin de cette première partie ! On se retrouve demain pour la suite ! 


 



 

 

 
 

 

 

 

 


 



 

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Commentaires

Parker32
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Parker32
Je trouve que le tout tient plus ou moins la route. Que ce soit le début sous entendant qu'elle n'est jamais rentré dans la maison ou bien certains éléments n'apparaissant au final que dans sa tête. Aja joue justement sur les différents points de vues. Mais je serai curieux de savoir quels éléments tu n'as pas trouvé crédible ?
Noiraude
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Noiraude
Arf, fallait bien qu'on diverge sur un point à un moment donné. Personnellement, j'ai trouvé que la fin de HT était une grossière erreur, en ce sens qu'elle gommait toute la crédibilité du film, pourtant patiemment construite par Aja. Mais bon, je reste ouvert à la discussion ^^
Parker32
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Parker32
En quoi la fin de Haute Tension est mauvaise ? Mal amenée ? Je trouve pas, l'ensemble peut être vu de différents points de vues je trouve. J'ai bien hâte de voir Livide cette semaine ! J'aime beaucoup les réal' d'A l'intérieur !
Noiraude
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Noiraude
Ne serait-ce la fin, franchement mauvaise, Haute Tension a quand même bien des qualités. Aja a montré qu'on pouvait filer les chocottes bien à la française, et je trouve son film bien plus réussi que Martyrs. Malgré sa fin, je me répète.
Parker32
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Parker32
Ouais mais ça reste un cercle vicieux le truc, pas de budget pour ces films donc aucune chance de pouvoir voir le potentiel de certains scénarios. Les bons films d'horreurs Français possèdent pour la plupart une bonne réflexion. Après je suis très partisan du film qui à défaut d'avoir un excellent scénario, bénéficie tout de même d'une certaine réflexion. Martyrs part d'un postulat simple pour ensuite explorer pleins de pistes de réflexions.
Je suis d'accord en ce qui concerne l'Angleterre et l'Espagne mais là encore je trouve que c'est vicieux comme truc, le succès des films de genre UK et espagnol garantissent la confiance des prods. La France n'a pas encore bénéficié de Gros succès dans ce genre car on refuse de leur donner une chance. Après je ne dis pas qu'il faut dire amen à toutes les sorties horreur-fr car il y a aussi de la belle merde.

Le Melville est un cinoche bidon en fait, se donne un genre, passe des trucs obscurs hype pour marquer sa différence. Je suis pas objectif mais j'aime pas ce ciné...va savoir pourquoi !
Peav'
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Peav'
Bah en fait tu as cité les trois seuls films de genre français que j'ai apprécié (et carrément kiffé en ce qui concerne le Noé) ces dernières années ^^ Je ne les trouve pas spécialement bien écrit par ailleurs, mais j'apprécie leur jusqu'au boutisme, et Noé est un putain de metteur en scène. Ptêt même le meilleur avec Kasso en France.

Mais quand tu compares à l'Angleterre ou l'Espagne pour rester proche de nous, ya pas photo...
Le Tcheque
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Le Tcheque
A ma connaissance il n'y a que le Melville qui passe du films "de genre" (il t'a dit que c'était nul d'employer ce terme!) à Rouen, mais je ne crois pas qu'il pas des films d'horreurs ou poil trop hard niveau violence ,c'est plus du film d'auteur (encore un terme qui regroupe tout et n'importe quoi tiens).

Mais oui, sa manque de couilles pour oser investir dans des films qui ne feront pas forcément beaucoup d'entrée en salle, je ne sais plus qui disait que si tu veux faire une comédie t'as le budget direct, mais sinon c'est un peu mort (hormis les réalisateurs connus ou les films avec des acteurs connus peut être).

En tout cas très bonne interview j'ai hâte de lire la suite :').
Parker32
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Parker32
Juste pour rebondir sur les films, l'autre gros problème reste leurs distributions. Je suis à Rouen, va tenter de mater un film de genre dans cette ville. Soit il est diffusé dans une seule salle ou alors il ne passe pas dans la ville. J'aurai aimé voir les nuits rouges du bourreau de Jade, impossible de le voir ou alors j'ai raté son exploitation en salle. La plupart du temps le film reste à peine une semaine.
En revanche, je ne vois pas pour les scénaristes. Martyrs, à l'intérieur, Enter the void etc sont excellents scénaristiquement je trouve. Dis moi, je suis peut être à côté de la plaque.
Peav'
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Peav'
Yep, c'est typiquement franco-français d'ailleurs : les films de genre produits ici se bananent lamentablement - et systématiquement - en salles alors qu'ils réalisent souvent de très bonnes ventes à l'étranger. Mais encore une fois, et en dehors de considérations économiques, on manque cruellement de bons scénaristes et de bons producteurs en France.
Parker32
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Parker32
Il y avait un excellent reportage là dessus, viande d'origine Française je crois. Le doc pointait bien du doigt la frilosité des boites pour le financement ainsi que le dédain du public pour les films français hors "grand public". Et ça permettait aussi de voir que la plupart de ces films connaissent un bon succès hors frontières.
Peav'
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Peav'
Bah comme... des gens que je connais :P Non mais, sans lister de films (les goûts les couleurs toussa), le métier de scénariste (car oui c'est un métier) est souvent dévalué en France, et globalement, c'est plutôt le système de production qui serait à revoir.
Parker32
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Parker32
Un peu comme la Meute ? Le film perd de sa superbe au fur et à mesure du tournage ?
Mauvais scénaristes ? Comme ?
Peav'
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Peav'
Des bons réalisateurs oui... qui sont souvent des mauvais scénaristes. Et les prods pour économiser de la thune demandent souvent aux réals d'adapter leurs propres scénars.
Parker32
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Parker32
Parce que Martyrs est un excellent film ? Non mais !
Je rejoins Karas sur ce point, la France bénéficie d'une énorme potentiel mais semble assez frileuse. Alors qu'on a des excellents réalisateurs ! Un peu de burnes messieurs !
Noiraude
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Noiraude
Ce mec est complètement Mad, j'adore le lire ^^
Mais bordel, en revanche j'arrive toujours pas à piger ce que tout le monde trouve à cette série Z de Martyrs. Nan mais cette fin ridicule, quoi :lol:
Karas
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Karas
Le frisson/l'horreur sont des denrées qui ne peuvent pas être savourées par tout le monde, aussi bonnes soient-elles quand elles sont produites made in France. Cependant, quand on regarde le vivier d'auteurs en France qu'on a toujours eu en BD, romans, jeux de rôles, il y a franchement de quoi donner matière ! Encore faut-il que les maisons de production n'hésitent pas à mettre les brouzoufs sur la table pour que le spectateur s'en prennent plein les mirettes.

Combien de fois n'ai-je pas rêvé du résultat que pourraient apporter certains jeux de rôles sur grand écran : comme Hurlement/Chimère, In Nomine Satanis/Magna Verita, Ecryme, Nephilim,...

Non, franchement on peut le faire, mais les bonnes volontés ne sont pas là, hélas :(
Parker32
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Parker32
Rurik ? Je trouve aussi.
BaNDiNi
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BaNDiNi
Mais quelle classe ! :)

Le Blog de Parker

Par Parker32 Blog créé le 21/07/11 Mis à jour le 07/04/14 à 08h51

Un blog pour réfléchir sur le cinéma, les livres et les jeux vidéos

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Édito

 

Voila un petit moment déjà que je voulais commencer un blog. Ayant pour ambition le journalisme, je me suis dit :

Quoi de mieux qu'un blog pour s'entrainer à écrire des articles ?

Alors que va être ce blog ? Normalement un Blog sur notre culture Geek, je m'explique: je vais tenter de faire des critiques, analyses , sur le ciné, les bouquins ou encore les jeux vidéos. 

Bon, je suis conscient que ma visibilité ne sera peut être pas énorme mais tant que quelques personnes me lisent et soit donnent un avis sur l'article ou sur le style d'écriture, bah ça me va ! 

 

Voila ! Bonne (prochaine) lecture ! 

 

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