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Je ne suis pas qu'un numero

Par numeroVI | Blog créé le 12/12/09
Dernière modification le 04/11/11 @ 13h23

4 Novembre 2011 @ 13h22 -
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Parce que ça fait longtemps que je n'avais posté sur mon blog. Parce que ce cosplay est tout bonnement incroyable.

 

 

 


22 Août 2011 @ 10h32 -
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On s'amuse de rien. En même temps, RaHaN l'a bien cherché!


20 Août 2011 @ 10h24 -
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GamesCom 2011, l'année de la chute...


 

 

 

 

Special tribute pour le fan de Michael Jackson...

 


18 Août 2011 @ 10h33 -
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Cette passerelle, c'est du passé, mais on s'est bien amusé avec. Ci dessous, mes participations au concours de passerelle qui a eu lieu sur le topic de la Gamecam. 





 

 

 

 

 

 

 

 


18 Août 2011 @ 10h04 -
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Parce qu'il n'y a pas que Moussif et Pyra dans la vie. ça va hein, toujours les mêmes! Donc bon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon, allez, c'est bon, cassez vous maintenant!


 

Parce que Moussif et Pyra sont une source inépuisable d'inspiration. Parce qu'il ne faudrait pas que tout ça se perde dans les lymbes des internets. Et puis parce que merde.

Une petite compil de mes oeuvres. Attention, everything is going to be weird.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bisous les gars.

 

 


 

Difficile de ne pas s'en rendre compte : un certain nombre de personnes pense que la sacro sainte liberté d'expression leur alloue le droit incontestable et sans limite de venir systématiquement cracher sur Gameblog ou sur un rédacteur en particulier, sur tous les topics, quelque soit le sujet.

Ils se disent qu'ils ont le droit de tout dire, parce que merde, on est en démocratie (et accessoirement on est incognito sur internet), et il faudrait que la rédaction finisse par les écouter. Ben oui, ils en ont sûrs : ils ont raison! Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire! Vous allez faire comme on vous dit bortel de merte?

Bah non.

 


Il me semble important à titre liminaire de faire un petit point sur deux choses qui pourront ainsi être évacuées du débat :

1. Non, un forum internet n'est pas la démocratie, et encore moins un domaine public. C'est un espace privé soumis aux règles édictées par son propriétaire. Ici, ça s'appelle la charte d'utilisation. Il n'y a aucun droit par principe sur un forum privé. Plus précisément, il n'y a que les droits donnés par la Charte. Notamment parce Gameblog est responsable de ce qui se dit sur ses forums (j'en ai déjà parlé ici). Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas critiquer Gameblog. Nous avons toujours eu pour directive de laisser les membres participant aux forums (qui ne sont qu'une infime partie du lectorat) s'exprimer le plus librement possible, même négativement à l'égard du site, du moment que la critique restait constructive et courtoise. Il est néanmoins nécessaire de trouver une limite pour que certains n'abusent plus jusqu'à asphyxier chaque discussion avec un débat stérile sur ce que devrait être Gameblog et pourquoi Untel est un gros naze. 

2. Je n'exprime en rien l'avis de la rédaction, ni même celui de la modération. Je donne ici un avis de vieux connard, parfaitement contestable (comme d'hab' quoi).

Ceci étant rappelé, je me demande vraiment pourquoi ceux qui détestent tant Gameblog continuent de passer leur temps et leur énergie à venir dénigrer, critiquer ou moquer à la moindre occasion? Qu'on ne me réponde pas que c'est parce que Gameblog a changé et qu'on a tant aimé le Gameblog d'avant et pas celui d'aujourd'hui. Il y a suffisamment de choix sur internet pour trouver un site à son goût sans revenir sans cesse sur un site qui ne nous plaît plus. J'ai moi même arrêté de consulter nombre de sites que j'ai aimé par le passé.

Pensent-ils réellement que donner leur avis jusqu'à la nausée va changer quelque chose?

Le critiqueur compulsif me fait penser à un gars qui découvrirait un bon petit restaurant. L'endroit est vraiment sympa, il connaît plus ou moins les proprios, qui avaient un autre restaurant qu'il fréquentait par le passé. Et il aime bien leur cuisine. Mais avec le temps, le restaurant change. La cuisine devient moins bonne à son goût. Y'a même des cuistos qui sont partis, et il n'aime plus du tout les plats qu'on lui sert. Alors que fait-il? Il se plaint. On l'écoute bien sûr, mais en même temps, on est obligé de pousser les murs car les gens font la queue dehors pour avoir une table.

Croyez vous qu'il en prend son parti, constatant que l'endroit ne lui convient plus et cherchant un autre restaurant plus à son goût? NON! Il revient TOUS LES SOIRS! Il commande les plats qu'il déteste le plus, il les mange puis il fait appeler le directeur et le chef. Et tous les soirs, il leur dit combien il trouve ça dégueulasse. Il leur explique comment il faudrait cuisiner leur tambouille pour qu'il l'aime. Il va voir les autres clients, et il leur demande s'ils sont sûrs de trouver ça bon. Même s'il n'insulte personne, ne trouverons nous pas légitime qu'au bout d'un moment, on lui montre la sortie?

Je ne vais continuer de filer la métaphore un peu lourde pour ce qui est une évidence : sans tomber dans le réducteur « Gameblog, tu l'aimes ou tu le quittes », je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse continuer de venir sur un site juste pour le critiquer. Avec toute la bonne volonté du monde, je crois que je n'y arriverais jamais.

Et qu'on soit clair : je n'aime pas tout dans Gameblog. Certains de leurs plats ne sont pas à mon goût, et je suis carrément allergiques à d'autres. Mais il y a encore, pour moi, suffisamment de bonnes choses pour que je continue à venir. Et puis comme je suis conscient que je ne suis pas le centre du monde, je conçois que mes voisins de table n'ont pas forcément les mêmes goûts que moi, ni les mêmes allergies. Je choisis ce que j'aime.

Je trouve ici des articles de fond, des blogs VIP, des podcasts et des interviews uniques et passionnants. Il Je n'oublierais pas non plus que c'est grâce aux forums de Gameblog que j'ai rencontré des personnes qui sont devenues de véritables amis, avec lesquelles je pars en vacances. J'avoue que tout le reste me semble un peu futile et j'ai du mal à comprendre qu'on puisse autant s'énerver autour d'un site de jeux vidéo.

Je jure devant l'interoueb que le jour où je trouve qu'il n'y a plus rien d'intéressant sur Gameblog, j'irai chercher ailleurs quelque chose qui me convienne mieux. Je pense sincèrement que la vie est trop courte et trop dense pour focaliser sur le négatif. Je préfère de loin tourner mon temps et mon énergie pour ce qui me plaît. Pour continuer dans la comparaison lourdingue, j'ai longtemps été abonné à Premiere. Le magazine a évolué, dans ce que je considérais être la mauvaise direction. Quand j'ai constaté que les choses n'étaient pas rectifiées, je n'ai pas écrit tous les mois à la rédaction pour leur expliquer comment faire. J'en ai pris mon parti et j'ai trouvé un magazine ciné qui me convenait plus. Pas la peine d'en faire un drame et de s'user les nerfs.

 

"Comment je vous respecte!"


Finalement, le maître mot, c'est le respect. Et comme dit l'adage : "Le respect, pour le recevoir, il faut d'abord le donner". Et cracher sur quelqu'un qui vous permet de vous exprimer, à longueur de journée, même en lui souriant, c'est totalement irrespectueux et inadmissible. Je respecte ceux qui ont émis des critiques courtoises, qui ont vu qu'elles n'étaient pas forcément entendues, et qui ont donc cherché ailleurs ce qu'ils ne trouvaient pas/plus sur Gameblog. Je respecte ceux qui ont critiqué et qui continuent de venir parce qu'ils trouvent encore sur Gameblog suffisamment de choses intéressantes pour y consacrer un peu de temps.

Mais le système doit nécessairement être réciproque : les gens qui critiquent sont respectés, écoutés, mais leur critiques ne sont pas forcément entendues. C'est la règle du jeu. Parce qu'ils ne sont pas les seuls, tout simplement, même s'ils sont plusieurs. Parce qu'on peut être convaincu jusqu'au fond de ses os qu'on a raison sans pour autant que ça change le fait qu'on n'est pas seul au monde! On aura beau hurler sans s'arrêter que ça n'y changera rien. Et je pense que n'importe quelle personne saine d'esprit, constatant qu'elle n'est pas entendue, par respect pour les autres membres, pour la rédaction, doit savoir s'arrêter et en tirer les conséquences. Accessoirement, il existe également une autre façon de s'exprimer : cliquer et lire ce qui vous intéresse vraiment. Pour donner du poids à ce contenu.

La critique respectueuse, c'est celle qui accepte de n'être pas suivie. Celle qui a conscience qu'elle n'est pas forcément la vérité, mais une vérité relative. C'est celle qui sait s'arrêter.

Sur ce, donnons nous la main et faisons une grande ronde de l'amitié, qu'on soit d'ici ou d'ailleurs, qu'on lise tel site ou tel autre!   

 


L'équipe de modération de Gameblog, 26 mai 2011


25 Mai 2011 @ 11h40 -
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Attention, cet article est une analyse du film qui nécessite de l'appréhender dans sa globalité et qui spoile donc totalement le scénario. Bien que la force du film ne repose pas exclusivement sur son histoire, l'expérience qu'est IRREVERSIBLE pourrait s'en trouver amoindrie pour ceux qui lisent ce post avant d'avoir vu le film. J’attire également l’attention sur le fait que le film a été interdit aux moins de 18 ans dans de nombreux pays, et aux moins de 16 ans en France. Il est particulièrement violent et dérangeant, et ne convient véritablement qu’à un public averti.

Vous voilà prévenus.

  



Petit rappel de l'histoire : Un vieil homme (« héros » du précédent film de Gaspar Noé) soliloque dans un appartement sordide et raconte qu'il a fait de la prison car il a couché avec sa fille. Il précise qu'il recommencera. Dans la rue, devant une boîte gay « Le Rectum » (!), Marcus (Vincent Cassel) est amené inconscient sur une civière, alors que Pierre  (Albert Dupontel) est menotté et sort entre deux policiers, visiblement choqués.

Quelques minutes plus tôt : Marcus est dans la boîte gay et cherche un type appelé « Le Ténia ». La caméra est ivre de colère, les basses sont oppressantes, le backroom gay est un enfer peuplé de dégénérés dépravés. Marcus pense trouver Le Ténia, qui lui brise le bras et tente de le violer devant un public hilare. Pierre attrape un extincteur et défonce le crane de l'agresseur jusqu'à le réduire en bouillie.

Quelques minutes plus tôt : une caméra virevoltante suit Marcus dans sa traque du Ténia. Pierre le suit à contre cœur, tente de le calmer, mais la colère est trop forte. La nuit parisienne est hostile et glauque. Son périple agressif lui apprend que le violeur qu'il cherche est surnommé Le Ténia et qu'il se trouve dans une boîte appelée Le Rectum.

Quelques minutes plus tôt : Marcus est un peu ivre mais il rit avec Pierre sur le trottoir, en cherchant un taxi. Un policier l'empêche de passer car on évacue une civière. Il reconnaît Alex (Monica Bellucci), le visage en sang et inconsciente. Il hurle sa douleur. Pierre est sous le choc et a du mal à répondre aux questions du policier qui l'interroge sur la victime du viol. Il retrouve Marcus sur le trottoir, et aucun n'arrive à parler. Deux malfrats les approchent et leur proposent de retrouver celui qui a fait ça contre un peu d'argent. Pierre tente de dissuader Marcus, qui ne veut rien entendre.

Quelques minutes plus tôt : Alex quitte une fête, seule, et s'engage dans un passage souterrain. Elle croise un couple dont l'homme se met à frapper sa compagne au moment où elle arrive à leur niveau. Puis il se retourne vers Alex, l'agresse, la viole et la laisse pour morte. On constate que l'agresseur n'est pas l'homme que Pierre a tué au début du film.

Quelques minutes plus tôt : Marcus et Pierre sont à une fête. Marcus est pénible, il prend un peu de coke et roule quelques pelles à des filles. Pierre lui demande d'arrêter de faire l'ado et de penser à Alex. Ils la rejoignent dans la pièce voisine, mais Marcus l'énerve. Elle veut rentrer, pas lui. Elle décide de partir seule. Pierre lui dit que ce n'est pas prudent.

Quelques heures plus tôt : Alex, Marcus et Pierre sont dans le métro. On comprend que Pierre et Alex ont eu une histoire. Ils rient, parlent de sexe comme des ados et de leur passé.

Quelques heures plus tôt : Marcus et Alex se réveillent nus dans les bras l'un de l'autre. Ils s'étirent, se chatouillent, se chamaillent. Alex va prendre une douche pendant que Marcus part acheter une bouteille pour la fête prévue le soir. Après son départ, Alex fait un test de grossesse. A son sourire, on comprend qu'il est positif.

Quelques jours plus tôt : Alex est baignée de soleil et couchée sur une couverture dans un parc. Des enfants crient en jouant autour d'elle. La caméra s'envole vers le ciel. Un dernier message s'affiche sur un écran noir : « Le temps détruit tout ».

 


  

IRREVERSIBLE est un film choc. Impossible d'en parler juste après l'avoir vu. Je peux comprendre qu'on le rejette, qu'on refuse d'être agressé par ces images, qu'on le déteste. Ce sentiment est d'autant plus fort si on n'arrive pas à passer la première moitié du film, et qu'on rate donc ce qui lui donne tout son sens. Il faut digérer le film, encaisser le coup. On en sort sidéré, en colère et, dans mon cas, dans l'incapacité la plus totale de dire si on a aimé ou non. Et puis le temps fait son office. Pas un jour sans que le film ne trotte dans la tête. Pas seulement les images violentes, mais bien le film en son entier et toutes les couches de réflexion qu'il contient. Au final, ça m'est apparu comme une évidence incontestable : oui, IRREVERSIBLE est un grand film. A plusieurs niveaux. Tentatives d'explication.


La maîtrise absolue de l’art cinéma

Comme l'aime ou qu'on le déteste (et il fait tout pour, le bougre!), il y a bien une chose qu'on ne pourra pas enlever à Gaspar Noé : c'est sa maîtrise incroyable de l'espace, de la caméra, de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Des scènes les plus glauques au plus lumineuses, il fait preuve d'une maestria impressionnante et qui ne peut que laisser admiratif.

IRREVERSIBLE n'est pas une descente aux enfers mais son opposé : une remontée au paradis. Et la forme du film est en parfaite adéquation avec son propos. La caméra agressive et folle du début laisse peu à peu place à une image posée, douce et aérienne dans les derniers plans. Noé utilise au début du film des basses imperceptibles, qui font vibrer la cage thoracique, provoquant une véritable oppression, qui sont une bouillie sans forme et qui laissent place, petit à petit, à l'immortelle 7ème symphonie de Beethoven, musique divine et ciselée.

La direction d'acteurs, qui ont improvisé la totalité des dialogues, est également parfaite. Cassel impressionne en colère aveugle, Dupontel est impérial dans son rôle de raisonnable qui semble voir à l'avance le destin atroce qui les attend et Bellucci incarne à la perfection l'amour d'abord violé et sali, puis lumineux et sans limite.

J'en termine par ce qui finalement m'agaçait le plus avant d'avoir vu le film : le montage ante-chronologique. J’y voyais un truc de cinéaste, un parti pris artificiel, pour donner un peu d'ampleur à une bête histoire de vengeance (ratée qui plus est). D'un point de vue purement technique, c'est là aussi époustouflant. Le film est constitué de 12 plans séquences, qui sont donc montés à l'envers mais qui s'enchaînent sans la moindre coupure dans la narration. En réalité, et j'en arrive au fond du propos, le film ne pourrait pas exister autrement, et n'aurait strictement aucun intérêt. Ce montage à l'envers, c'est le cœur même du film, la colonne vertébrale de son propos. 


Le coup de poing et ses cicatrices

Sous ses aspects de film choc épate bourgeois, et si l'on arrive à aller au delà de la nausée provoquée par sa première moitié, IRREVERSIBLE se révèle être un film profond, loin de l'image agaçante véhiculée par son réalisateur, qui, en interview, semble n'être intéressé que par le fait de provoquer. Je ne sais pas si Noé a été dépassé par son film, qui serait en quelque sorte plus intelligent que lui, mais il est difficile de croire que son œuvre recèle autant de niveaux de lecture à son insu. Ceci dit, c’est une question annexe, l'important étant ce qui reste une fois la lumière rallumée.

Comme je l'ai dit, le film m'a poussé à la réflexion comme rarement. Je ne suis visiblement pas le seul, puisque dans une interview, Monica Bellucci raconte qu'une journaliste lui disait avoir détesté le film à sa sortie de la salle, s'étant sentie agressée par ce qu'elle venait de voir. Mais qu'elle s'est ensuite rendue compte que quatre jours plus tard, elle était encore en train d'en parler. IRREVERSIBLE, c'est exactement ça. Et s'il trotte autant dans la tête, c'est qu'il réveille tout un tas de réflexions, d'abord inconscientes puis qui finissent par prendre forme. Voici quelques unes d’entre elles. Je ne prétends absolument pas à l'exhaustivité et je suis bien conscient du caractère parfaitement subjectif de cette analyse. Elle sera d'ailleurs fortement variable d’un individu à l’autre, en fonction de la sensibilité de chacun et de la façon d'appréhender le coup d'extincteur dans la tronche que constitue IRREVERSIBLE.

 

La vengeance est un plat qui te revient dans la gueule

IRREVERSIBLE, c’est avant tout l’histoire d’un type qui veut se venger. C’est clairement affirmé par Marcus dans une de ses répliques : « la vengeance est un droit de l’homme ». Et pourtant, il faudrait vraiment faire preuve de mauvaise foi pour taxer IRREVERSIBLE d’apologie de la vengeance. En définitive, Marcus et Pierre se trompent de cible et tue un « innocent ». Et lorsque Pierre lui enfonce le crâne, sans déchainement de haine, il n’y a aucun soulagement. Rien n’est arrangé et il n’y a pas de happy end. La seule solution pour trouver un peu de bonheur, c’est de revenir en arrière et de se souvenir des bons moments. Ce que fait le film. Car après la vengeance, il n’y a que le malheur.

 

Ce moment où tout bascule

C’est une banalité de dire qu’IRREVERSIBLE parle de l’irréversibilité de certains actes. Il évoque avec fureur ces embranchements où nos choix marqueront nos vies à tout jamais. C’est parfaitement et terriblement illustré par la scène du meurtre à l’extincteur : Pierre donne un 1er coup qui l’entraîne dans un engrenage impossible à arrêter. Il n’a plus le choix, il doit aller jusqu’au bout et le tuer, maintenant qu’il l’a défiguré. Avant de porter ce 1er coup, tout est encore possible. Après, l’enfer s’ouvre sous ses pieds. Rien ne pourra le faire revenir en arrière, à cet instant où sa vie n’avait pas encore basculé. Le personnage de Pierre est d’ailleurs passionnant car il est à la fois le héros malheureux et l’oracle. Celui qui passe la majeure partie du film à mettre en garde Marcus, qui essaye de le raisonner. Qui le retient, qui lutte pour ne pas le suivre, comme s’il sentait ce qui se profile et le sombre destin qui l’attend. C’est lui qui dira à Marcus en entrant dans la boîte où se jouera le drame : « Arrête, ça va dégénérer »…

On retrouve cette même idée lors de la terrible scène de viol. Cette dernière est particulièrement atroce parce qu’elle s’étire en longueur (c’est un plan séquence de 9 minutes, difficilement soutenable). Et là aussi, il y a un basculement. Il y a cet instant où le violeur pourrait la laisser partir. Ce moment où il la pénètre et bascule à tout jamais dans l’horreur, aux conséquences indélébiles.

Et tout au long du film, il y a tous ces moments où Marcus pourrait abandonner sa quête absurde de vengeance, s’occuper de sa femme, ne pas la laisser partir seule, aller la voir à l’hôpital.

En nous montrant d’abord les conséquences des actes avant les actes eux-mêmes, le film démontre amèrement qu’il était possible, voire facile, d’éviter les drames qui vont se nouer. Mais la vie est une succession de choix, aux conséquences qui ne sont heureusement pas la plupart du temps aussi tragiques, mais qui sont toujours irréversibles. On fait des choix, qui vont conditionner tout le reste, contrairement à ce que déclare Alex à ses deux compagnons, lorsqu’elle leur explique qu’elle lit un livre slon lequel il existerait pour chacun un destin, écrit à l’avance. L’écho avec ce qui va lui arriver quelques heures plus tard est assourdissant. Il l’est d’autant plus qu’au moment où le spectateur entend cette réplique, il a déjà vu (subi) la scène du viol…

 


Regarde ce monstre qui sommeille en nous

C’est un thème fascinant, qui n’a rien de nouveau au cinéma. De M le Maudit à Killer Inside Me, le cinéma explore fréquemment la face sombre des hommes. Ces hommes qui malgré toutes les horreurs qu’ils peuvent commettre n’en reste pas moins des humains. Et là encore, le montage à l’envers d’IRREVERSIBLE permet de mettre douloureusement en lumière cette réalité. A s’en tenir à la première scène, cet homme qui écrabouille le visage d’un de ses semblable ne peut pas faire partie de la race humaine. Le film nous apprendra pourtant que c’est un professeur sans histoire, qui n’a jamais fait de mal à personne. Le seul qui prendra la défense d’un(e) prostitué(e) violemment interrogé(e) par Marcus quelques heures plus tôt. Les scènes de la fin, dans lesquelles Pierre plaisante innocemment avec ses amis, raisonnent d’autant plus fort qu’on sait ce qui l’attend.

Qu’est ce qui peut amener un homme à commettre une horreur pareille ? Peux-tu jurer, toi spectateur, que tu n’en feras jamais autant ? Voilà les questions que Noé nous lance et auxquelles il est évidemment difficile de répondre.

Nous avons organisé notre monde pour canaliser notre fureur et notre agressivité. Mais nos bas instincts peuvent ressurgir à tout moment. Parce que notre morale n’est finalement qu’une règle qu’on s’impose, barrière parfaitement artificielle.

Cette question est d’ailleurs reprise dans un cadre plus large, dépassant l’individu : la plupart d’entre nous vivons à côté de ce monde de la nuit, caché, dans laquelle se perdent des hommes agressifs, violents, obsédés et malades. Ils n’en sont pas moins des hommes. C’est une réalité, deux mondes qui refusent la plupart du temps de se croiser. Une réalité qu’on veut oublier, mais ce monde existe aussi. Il est la part sombre de notre société comme il y a une part sombre en chaque individu.

 

Le bonheur est là, juste au creux de ta main

Ce serait une erreur fondamentale de penser qu’IRREVERSIBLE est un film qui ne parle que de l’horreur et de la monstruosité. En tout cas, pour moi, ce n’est pas son sujet principal. Il est évident qu’en montrant frontalement deux crimes atroces, qui marquent la rétine, il peut donner de prime abord cette impression. Mais en réalité, IRREVERSIBLE est un film qui fonctionne sur le contraste. En montrant l’horreur (et en la montrant en premier), il veut souligner la fragilité et la valeur du bonheur. IRREVERSIBLE ne montre pas l’horreur, il montre la lumière.

Car qu’y a-t-il de plus précieux que ce qui peut être perdu à chaque seconde ? Noé est finalement un grand romantique : son film déclare que l’amour est magnifique, qu’il est le cœur de notre vie, ce qui lui donne du sens. Mais qu’il est aussi incroyablement fragile.

 

Mignonne, allons voir si la rose

IRREVERSIBLE est enfin une extraordinaire métaphore de la vie elle-même. Des joies qu’elle procure, mais aussi de son absurdité.

On comprend alors qu’IRREVERSIBLE n’a de sens que parce qu’il est monté à l’envers. On commence par la mort, terrible, dénuée de sens, injuste et injustifiable. Puis on remonte vers la lumière. On revient au quotidien. Ce quotidien pendant lequel on choisit d’oublier ce qu’on ne sait que trop : tout ça finira par la mort. Chacun finira par décrépir et mourir. Le temps finira par passer, aussi beau et heureux soit-on. Chacun d’entre nous le sait, et la plupart d’entre nous choisit de ne pas y penser. Le montage du film est l’illustration parfaite de cette réalité : on quitte les personnages dans leur quotidien heureux, tout en sachant que leur histoire finit mal. On a simplement envie de l’oublier et de profiter avec eux de ces moments avant la souffrance.

Loin d’un constat désabusé, Noé utilise ce procédé pour nous inviter à profiter des moments de bonheur car, même si on a choisi de l’oublier au quotidien, ils auront une fin. Nous perdrons les êtres qui nous sont chers et nous finirons par disparaitre. Car le temps détruit tout. Car c’est l’absurdité de la vie. Mais étrangement, ce qui reste en sortant d’IRREVERSIBLE, ce sont les images de bonheur, de plénitude entre Alex et Marcus. La lumière qui les baigne et les cris de joie des enfants.

Avec IRREVERSIBLE, Noé nous force à regarder la réalité de notre condition, pour nous aider à mieux apprécier notre réalité quotidienne. Le bonheur est au creux de nos mains, surtout ne pas aller chercher ailleurs si on l’a trouvé sous peine de le perdre, surtout ne pas oublier qu’il ne durera pas toujours.

 



Alors IRREVERSIBLE, comme tout chef d’œuvre, n’est pas exempt de défaut. D’abord, le panneau final avec l’accroche « Le temps détruit tout » a un petit côté adolescent qui découvre la philosophie et assène des banalités affligeantes. Finalement, le propos du film n’a rien d’extraordinaire, et il pourrait en tout état de cause se passer de cette déclaration un rien pompeuse, tant les dernières images du film sont fortes.

Je me suis également longuement interrogé sur la nécessité de la violence graphique. Le message du film serait-il moins fort si on ne voyait pas dans le moindre détail le meurtre à l’extincteur ou le viol ? Peut être. Ayant personnellement beaucoup de mal avec la violence à l’écran, j’aurais préféré ne pas voir ces images insoutenables. Mais après tout, c’est la réalité. Un meurtre, c’est sanglant et insoutenable. Un viol, c’est interminable et insoutenable. Le fait que nous allons disparaître l’est tout autant.

Je laisse cependant à chacun le soin de savoir s’il peut ou non supporter ces images. J’attire l’attention du potentiel spectateur sur le fait qu’IRREVERSIBLE n’est pas un voyage sans secousses. Il peut véritablement choquer de façon profonde et indélébile. Il faut le regarder en connaissance de cause, vouloir être dérangé, subir l’épreuve. Il est tout à fait honorable de ne pas le vouloir (comme certains préfèrent ne jamais penser à la mort). On peut aussi choisir de se plonger dans l’ombre et la crasse, pour être ensuite encore plus ébloui par la lumière.



29 Octobre 2010 @ 08h34 -
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Comme beaucoup de trentenaires, j'ai grandi avec Robocop (50% homme, 50% machine, 100% flic).

Ce cosplay est donc ultime. And so cute!

 


17 Octobre 2010 @ 20h47 -
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ça se passe de commentaire : 

 



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Édito

J'ai longtemps hésité avant de me lancer dans la rédaction d'un blog. Je ne sais pas si j'aurais quoi que ce soit d'intéressant à dire! Finalement, on verra bien.

Il y aura, je pense, toutes mes facettes, l'avocat, le gamer qui n'a jamais eu la PS2, le cinéphile, le vieux connard et toutes mes lacunes et partis pris. Quelques blagues aussi. Enfin, c'est pas garanti non plus.

 

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