Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 01/06/19 à 10h32

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Catégorie : Cinéma

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Trailer VF "red band" (non censuré) d'Evil Dead, de Fede Alvarez. Déconseillé aux moins de 16 ans.

 

Post déconseillé aux moins de 16 ans

 

Hello tous,

Ce film-là, je ne pouvais pas le rater. Parce qu'Evil Dead, l'original j'entends, c'est une histoire d'amour. La mienne, celle de mes premiers grands frissons de cinéma, nés ici, dans cette terrifiante affaire de possession au fond des bois. Sam Raimi, Bruce Campbell. Ash. La tronçonneuse. La main. Oui, la main. Et cette caméra qui court à travers la forêt, présence hostile qui possède, attaque, se défend, se rit et se joue des hommes et des éléments. Si Evil Dead a marqué son époque à sa sortie, c'est parce qu'il est une représentation fidèle de la folie sur grand écran. Il est la carte d'un monde déviant, le roman de ses protagonistes qui le sont tout autant. Evil Dead a construit son mythe sur la frénésie et le goût de l'excès, sur la peur viscérale et un indéniable sens du deuxième degré. Un filon que ses deux suites, chacune dans son genre, ont su magistralement exploiter.

Alors, évidemment, qu'un reboot de la saga soit tenté aujourd'hui est une sacrée gageure. Autres temps, autres moeurs, comme on dit. S'il est plus facile de représenter la violence à l'écran, nous avons perdu, durcissement du classement "R" aux USA oblige, de cette capacité à produire de la pelloche réellement dérangeante, capable d'installer le malaise, puis la terreur en échappant à l'effet "montagnes russes". C'est là tout le paradoxe d'une époque où l'apparence s'est mise à primer sur le fond, et c'est ce qui rendait le pari d'un nouvel Evil Dead si risqué. Et c'est ce qui faisait de la découverte de ce film, validé par Sam Raimi lui-même, un impératif pour le fidèle de la saga que je suis depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années.

Voir le premier long métrage du jeune Fede Alvarez (Ataque de Panico, le court qui l'a fait connaître, est impressionnant, et à voir à l'adresse http://www.allocine.fr/film/court-metrage/news-18618931/) apparaître sur les programmes ciné avec une mention "déconseillé aux moins de 16 ans" avait quelque chose de rassurant. Que Sam Raimi lui-même ait choisi Alvarez pour ressusciter son film, avec la bénédiction et le soutien de l'équipe qui avait réalisé l'original, était également un motif de confiance. Et de fait, cet Evil Dead nouvelle formule a pas mal d'arguments à faire valoir. Extrême, couillu et jamais con, le film d'Alvarez est une vraie pelloche horrifique comme on n'en voit plus. Un signe qui ne trompe pas : pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai sursauté au cinéma. Dans une salle pleine à craquer de jeunes - et moins jeunes - adultes visiblement très absorbés par cette affaire.

[Attention, la suite contient quelques spoilers, mais rien de crucial]

Cet Evil Dead, partant, n'est pas vraiment un reboot de l'opus inaugural de 1981. Autres personnages, autre histoire, autres conséquences, et surtout autre manière de traiter le sujet. David, Eric, Mia, Olivia et Nathalie se retrouvent certes dans une vieille cabane familiale, mais ceci pour aider Mia à échapper à sa toxicomanie. Pas d'enregistrement retrouvé au sous-sol et diffusé par erreur non plus, mais la lecture à haute voix du livre des morts lui-même - dont  l'exemplaire visible dans le film, à la couverture en peau humaine comme il se doit, devrait devenir un "prop" très recherché ces prochaines années, tant il est réussi. Alvarez prend le parti de raconter sa propre histoire, évidemment éternellement rattachée à l'invocation d'un démon qui va posséder et tuer ses hôtes l'un après l'autre, mais ceci sans tomber dans la citation facile de l'original et en cherchant une tonalité qui lui est propre. Les références existent, certes, à l'image de la scène du viol par les bois ou de celle de la main coupée, mais elles sont immuablement l'occasion pour le réalisateur d'apporter, paradoxalement, un point de vue nouveau sur l'histoire. C'est la grande force de ce long métrage relativement court (1h30): le spectateur connaissant la trilogie originale est sans doute encore plus perdu que celui qui s'en vient pour la première fois à découvrir le sel d'un Evil Dead. Toutes les références sont manipulées, transformées, mènent au contre-pied et surprennent sans jamais trahir, pourtant, le matériau originel, infiniment respecté.

Conséquence immédiate et salutaire, on se plonge avec délectation dans cette histoire que je qualifierai d'inédite, sans doute de manière quelque peu abusive. Le fond est au rendez-vous, reprenant de l'original sa volonté de décrire les mécanismes de la folie et de sa contagion. La forme, elle, est remarquable. L'image, qui sait rester assez brute, se met au service d'une représentation lourde de la violence, du mal, sans complaisance aucune mais avec cette capacité à installer ce dont je parlais plus tôt, ce malaise, cette insanité que le cinéma des années 1970, version Carpenter, Boorman ou Wes Craven, savait si bien manier. Enfant de son temps également, le film va très loin pour une pellicule "seulement" restreinte aux moins de 16 ans. Gore, Evil Dead l'est assurément, et Alvarez pousse loin le concept, osant représenter des scènes de violence sur des animaux qui, si elles ne feront pas l'unanimité, rendent paradoxalement hommage à l'humanité du petit groupe que l'on voit se déchirer. C'est vital : un bon film sait créer l'empathie du spectateur avec les personnages qu'il met en scène. Ce qui suppose que ces derniers soient bien caractérisés et, surtout, traités avec respect. 90% des productions des années 2000 ont oublié cette règle toute simple.

Tout ne fonctionne pas, pourtant, au fil de cette descente aux enfers. La prestation de Lou Taylor Pucci (Dave, qui lit le Livre des morts), en particulier, manque clairement de finesse et nuit à l'immersion. La volonté scénaristique de tout justifier, le besoin de trouver une issue satisfaisante à la malédiction, quelques scènes qui sacrifient à la mode des "rollercoaster movies" (Saw en tête) qui font les beaux jours des salles obscures viennent rappeler que plus de trente années et pas mal de millions de dollars de budget séparent ce reboot du film qui l'a inspiré. Mais la photo, les choix de caméra, la résurrection de ces prises de vue filant à travers la forêt, les teintes ocres qui virent au rouge et tripes à mesure que l'enfer débarque sur terre soulignent a contrario la capacité d'Alvarez à conserver son âme dans cette grosse machine. Evil Dead se nourrit d'un esprit et d'une esthétique baroques et borderline qui renouent avec les excès historiques des films de genre d'autrefois - on parle de plus de 25 000 litres de faux sang utilisés pour ce film, et franchement, j'y crois.

Bien qu'agaçant par certains aspects, Evil Dead constitue à mon sens un vrai moment de cinéma. Dont on ne regrettera finalement qu'une chose : que le personnage d'Ash n'y ait pas trouvé sa place. Bruce Campbell, désormais à la place de producteur du film aux côtés de Sam Raimi, aurait gentiment décliné la proposition d'un caméo. Mais pour tout dire, c'est peut-être mieux comme ça : l'on reste ainsi toujours en droit d'espérer un retour de Raimi derrière la caméra, pour rendre à Ash la place qu'il mérite vraiment : en tête d'affiche, à gueuler comme un putois que "Chez Pryba, les prix sont bas"... 

 Le petit clin d'oeil qui tue : l'épave sur laquelle est assise Mia, au début du film d'Alvarez, est en fait une Oldsmobile Delta 88, soit la voiture utilisée par Ash et ses amis dans le premier Evil Dead de Sam Raimi. Raimi a l'habitude mettre en scène cette automobile, qui n'est autre que la sienne, dans ses films.

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Hello tous,

 

Nouveau trailer pour Captain Harlock, et une date de sortie qui se rapproche, puisque l'on parle désormais de l'automne 2013. A voir l'extrait, je sens comme une pointe d'impatience...

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Hello tous,

Un Tarantino au cinéma, c'est une denrée rare. Et précieuse, même si je dois bien avouer que le dernier long métrage du maestro, Inglorious Basterds, m'avait quelque peu laissé sur ma faim. Qu'on se rassure, cependant : Django Unchained n'a rien d'une partition mineure dans la filmographie du plus fou des réalisateurs américains. A mon sens, il constitue même, au contraire, la quintessence de son cinéma. Enfin posé, définitivement construit, aussi intelligent que drôle et un brin poil à gratter. J'en sors tout retourné.

Django, c'est un esclave autant qu'une icône. Django, c'est le "noir" dans toute sa splendeur. Insoumis, ambitieux, dur au mal, il marche debout lorsque son peuple plie sous le poids des chaînes. Héros improbable ? Sans doute. Mais Tarantino a voulu opérer le plus fou des syncrétismes en évoquant la douloureuse question de l'esclavage en pleine Amérique sudiste (deux ans avant la guerre civile) tout en tournant  un western spaghetti comme il les vénère depuis toujours. Un mariage de génie, car le résultat dépasse le cadre du simple hommage. Tarantino, qui voue un culte à La horde sauvage depuis ses plus jeunes années, livre enfin ce que tous ses fans attendaient : sa propre interprétation du mythe made in USA.

Django Unchained est ainsi l'occasion de mettre brillamment fin à un paradoxe historique dans le cinéma du plus cinéphile des réalisateurs. Référence, révérence incessante à Sergio Leone, la caméra de Tarantino se serait en effet magnifiquement prêtée au genre du western dans les années 70. Pourtant, elle ne s'était jamais aventurée sur ces terres alors qu'elle en empruntait tous les codes. Pour le réalisateur, il y va donc d'un aboutissement, presque comme s'il avait senti qu'il fallait attendre toutes ces années pour enfin rendre honneur à un pan du septième art auquel il hésitait, sans doute trop respectueux, à se frotter. 

En faisant parler la poudre, Tarantino démontre sa maîtrise absolue du sujet. Car il est bien le réalisateur le plus doué de sa génération pour jouer du colt sans jamais tomber dans la redite formelle et narrative d'un genre dont on pensait avoir tiré tout le suc depuis des décennies. La recette est redoutable : si les prises de vue sont celles -certes remises au goût du jour- du western italien tel qu'on le tournait à Cinecitta (incroyable caméra qui sait se poser, voler avec les balles, saisir les regards les plus noirs...), Django Unchained s'amuse à brouiller les cartes, à multiplier les fausses pistes. La BO d'Enio Morricone alterne avec des raps mélodieux résolument tournés vers la modernité, la thématique de la vengeance et de l'honneur le dispute sans cesse à celle de l'opportunisme et du cynisme le plus débridé -"Etre payé pour tuer des blancs ? On peut rêver mieux que ça?", lâche Django à qui l'on vient de proposer un job de chasseur de primes.

Tarantino s'amuse également à se jouer du politiquement correct, démultipliant à l'écran les occasions de se rire de toutes les formes de racisme -blancs contre noirs, noirs contre blancs, noirs contre noirs ou blancs contre blancs...), tout en sachant se faire beaucoup plus sérieux et sombre lorsqu'il aborde la douloureuse question des sévices subis par un peuple victime du plus ignoble des asservissements. A l'écran, rien n'est épargné. Il sera difficile, ainsi, de soutenir cette scène montrant un esclave livré aux chiens et déchiqueté. La violence psychologique infligée aux esclaves est également soulignée très régulièrement. Que les plus inquiets - à l'image de Spike Lee, qui aurait refusé de voir le film au motif qu'on ne peut rire de la question de l'esclavage- soient donc rassurés: si Django Unchained est souvent plein d'humour, d'ailleurs servi par des dialogues plus ciselés que jamais, il y a également ici la conscience la plus totale d'une période sombre de l'histoire. Elle est manipulée avec toutes les précautions qui s'imposent.

Cette conscience s'exprime à travers les deux principaux protagonistes. Allemand à la fine gachette, le docteur Schultz (Christoph Waltz, décidément fabuleux) est abolitionniste convaincu, et pose sans doute le regard du réalisateur sur l'esclavage à travers le film. Jamie Fox, lui, interprète le rôle de Django, un esclave dont le sang bouillonne à l'idée d'échapper à sa condition et d'obtenir enfin justice face aux blancs qui ont ruiné sa vie. Lui a vécu, ressenti l'esclavage. Il a été séparé de sa femme à cause de cet asservissement et de son spiration à la liberté. Django symbolise la colère larvée, le refus de la soumission. Il préfigure, avec un siècle d'avance, cette bataille pour l'égalité entre hommes noirs et hommes blancs qui aura démarré pour une simple histoire de place dans un bus, le 1er décembre 1955 à Montgomery, en Alabama. Django est le Rosa Parks de Tarantino. Que sa première victoire d'homme libre consiste à avoir le droit de monter sur un cheval n'a rien d'innocent.

L'on pourrait débattre longtemps des multiples idées traitées, effleurées ou simplement suggérées au fil des 2h45 que dure le long métrage. Car Django Unchained est un foisonnement incessant, riche de sens à chaque plan. mais on en retiendra peut-être, finalement, qu'il est avant tout l'histoire d'un choc entre le monde moderne et les forces de la tradition. Celles-ci sont illustrées, d'ailleurs, par un duo d'acteurs tout aussi excellent que celui de Waltz et Fow : Leonardo Di Caprio excelle dans le rôle de propriétaire sadique et distingué d'une plantation sudiste où l'on aime torturer et tuer les fuyards; Samuel L. Jackson, lui, endosse le rôle du noir devenu plus blanc que blanc, à la solde de son maître quoiqu'il advienne, délicieusement écoeurant. Deux modes de pensée radicalement opposés qui seront appelés à se confronter brutalement lors de la guerre opposant le Nord et le Sud des Etats-Unis quelques années après les événements décrits dans le film. Deux conceptions de la société qui serviront à Tarantino, finalement, de point de départ pour une vengeance froide dont la résolution renverra aux plus grandes fusillades du genre en ses heures de gloire.

A l'arrivée, impossible de passer à côté de l'évidence : plastiquement beau à se damner, droit dans ses bottes, limpide, violent, cynique, franchement très drôle et totalement déjanté, Django Unchained a tout d'un vrai grand film de Quentin Tarantino. Mais il est encore plus. Il a tout ce qu'il faut pour marquer de son empreinte un cinéma US qui ne nous avait plus apporté autant de plaisir, à mon sens, depuis des années.

Un dernier petit conseil : Django Unchained étant un film bavard, je vous conseille très fortement d'aller le découvrir en VOST. S'agissant également d'un film où le sang coule à flots, je vous suggère de penser à votre parapluie...

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(ATTENTION: CECI EST UN POST DECONSEILLE AUX MOINS DE 16 ANS)

 

Bonsoir à tous,

Trois euros. Pas un centime de plus. C'est le prix qu'il m'aura fallu acquitter pour ramener chez moi le dvd dont je vais vous parler aujourd'hui. C'est que les bacs des soldes cachent parfois quelques pépites ignorées. Dont The horseman. Retenez ce titre: si vous avez le coeur bien accroché, ce pourrait être votre bombe ciné de ce début d'année.

Lorsque j'ai pris en main la boîte, rien ne distinguait pourtant cette pelloche du magma de séries B et Z qui sont d'ordinaire indissociables de ce genre d'offres promotionnelles. J'aurais pu passer à côté, aisément. Sauf que voilà, trois euros, c'est un prix qui m'a incité à regarder d'un peu plus près cette affaire de vengeance aveugle, comme l'indiquait la jaquette. Jaquette dont je notais au passage le kitsch peu engageant : on y voit un gaillard au visage tuméfié de face, avec une baraque en flammes à l'arrière-plan. Surtout, le titre est surplombé d'une sentence bêtifiante au possible :

          Il ne peut pas ramener sa fille à la vie. Mais il peut envoyer ses tueurs en enfer".

Une ânerie sans nom, qui aura au moins le mérite de démontrer que les gars qui ont réalisé ce packaging n'ont sans doute pas vu le film ou, pire, rien compris à son propos. Je soupçonne d'ailleurs que c'est cette incompréhension de départ qui a valu au film une diffusion confidentielle dans l'hexagone. 

Toujours est-il qu'un bref examen de cette bébête boiboîte est venu me sussurer à l'oreille qu'il serait malgré tout peut-être judicieux de se laisser tenter : The horseman a en effet remporté le prix du meilleur film et celui du meilleur réalisateur au festival du film underground de Melbourne. Il a aussi glâné les prix du meilleur acteur et de la meilleure actrice à A night of horror festival Australie 2010. Pas nécessairement les rendez-vous cinéphiles les plus connus de ce côté-ci de l'hémisphère, mais sachez qu'il y a là la promesse d'un bon film bien déviant comme je les adore. Pour suivre un peu ce qui se passe du côté du cinéma australien, je sais en effet que la nouvelle génération de réalisateurs qui prend doucement les rènes là-bas aime le travail bien fait et entend proposer du cinéma même dans les productions au budget le plus limité. De fait, vous pourrez ne pas aimer un film australien. Mais il est extrêmement rare qu'une production de ce pays puisse être critiquée au niveau de ses qualités techniques.

The horseman sort visiblement de ce moule. Son réalisateur, Steven Kastrissios, n'a pour l'heure que ce long métrage à son actif, mais il y témoigne déjà de sa filiation avec ce cinéma de l'outback qui a accouché de Wolf Creek, Primal ou The loved ones, trois pelloches que je vous recommande d'ailleurs chaudement. Vous aimez frisonner devant les rednecks, les pourris de la pire espèce, le cradasse et la fange de l'humanité ? The horseman plonge dedans tête la première, et y maintient le spectateur en apnée, scotché, heurté, les poings serrés non pas face aux atrocités qui s'enchaînent à l'écran, mais parce que l'on souffre avec le principal protagoniste de ce qui constitue autant un "revenge movie" qu'un drame social et familial totalement désespéré.

The horseman, c'est l'histoire de Christian, un père qui se retrouve un jour confronté au pire: la mort de sa fille. Le sordide, tout de suite: la police ne lui épargne rien, son enfant est morte étouffée dans son vomi, consécutif à une overdose d'héroïne. Du sperme frais a également retrouvé dans son corps, ce qui laisse supposer que quelqu'un était présent au moment de son décès. Bientôt, ce père en perdition reçoit un courrier: une cassette vidéo dans laquelle il découvre sa fille tournant dans un film porno. Visiblement shootée, visiblement abusée par des porcs qui prennent leur pied. La folie meurtrière peut commencer.

La suite est moins stéréotypée qu'on pourrait le croire. Un savant jeu de flash-backs et une photo presque documentaire viennent donner au long métrage une personnalité pour le moins singulière. Cela, et un choix assumé de tourner sur des teintes presque monochromes. Ces partis-prix viennent intelligemment souligner que c'est le désespoir, plus que la colère, qui meut le père. D'ailleurs, The horseman, tout en plongeant progessivement dans les abîmes du porn - et plus profond encore - interroge incessamment la légitimité de l'action de son principal protagoniste. Il n'élude pas non plus - quoique l'abordant très subtilement - la question de la propre responsabilité familiale qui a poussé la jeune victime entre les mains  de ses bourreaux. Et pose, frontalement, la thématique de la responsabilité de la société dans cette affaire. Sans emploi, sans avenir, la jeunesse d'aujourd'hui en est parfois réduite au pire. 

Malgré des moyens visiblement très réduits, The horseman ne transige pas sur la qualité de sa narration. Ce qui s'avère payant : soutenu par un casting remarquable (Peter Marshall en tête), porté par une caméra au réalisme perturbant - et synonyme d'une violence étourdissante par moments- le film se révèle aussi une belle histoire d'amitié entre un père et une jeune auto-stoppeuse, Alice, qui va peu à peu l'amener à se confier. Un rôle crucial lui est d'ailleurs réservé, puisque c'est cette jeune femme qui, finalement, permettra à Christian de pleurer sa fille, de faire ce deuil qui lui était jusqu'ici refusé.

C'est tout le paradoxe de ce premier film remarquablement maîtrisé : The horseman est aussi beau et poignant qu'il est brutal et ambivalent. Finalement, dans cette histoire qui emprunte son titre à l'Apocalypse - The horseman, c'est Peste -, nous apprenons peut-être que nous sommes tous malades dans un monde qui pourrit sur pied. Déviant, je vous disais...

 

Le site officiel du film: http://www.thehorsemanfilm.com/

L'interview du réalisateur (en anglais): http://www.moviecritic.com.au/the-horseman-film-movie-steven-kastrissios-interview/

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Salut à tous,

 

Parfois, le cinéma, c'est simple comme ça.

Six balles tirées, cinq cadavres à l'arrivée. Les preuves sont accablantes, elles mènent tout droit vers un ancien sniper de l'armée, dont on suppute qu'il a dû déraper. Mais le suspect n'avoue pas, il se mure dans le silence. Jusqu'à prendre un stylo pour écrire une seule et unique phrase devant ses accusateurs: "Get Jack Reacher".

Jack Reacher, c'est un héros de bouquin avant d'être une figure de cinéma. Lee Child, son créateur, en a fait un aventurier à l'esprit vif, enquêteur hors pair, aussi épris de justice que froid, taciturne et peu enclin à respecter les lois pour atteindre ses objectifs. Reacher, c'est un Charles Bronson des temps modernes. Il ne respecte que son code moral. Code moral qui l'enjoint à tenir les promesses faites des années auparavant, à franchir sans vergogne la ligne rouge s'il le faut. Sur 17 volumes, c'est ce gars-là qu'on qualifie de héros. Notre société serait plus encline à le clouer au poteau.

Du coup, porter les histoires de Lee Child sur grand écran, c'est au minimum hasardeux par les temps qui courent. Pourtant, sous l'impulsion de Tom Cruise, la chose est devenue réalité. Et pour quel résultat: l'adaptation atteint, par la grâce d'une liberté de ton qu'on croyait perdue, le niveau de ces films délibérément badass et politiquement incorrects que savaient produire les seventies. Car il y a du Don Siegel dans cette histoire. Sans doute aussi du Sergio Leone, nous l'allons voir plus tard.

Jack Reacher version grand écran a reçu la bénédiction de son créateur, et ce n'est pas pour rien. Car le long métrage, inspiré du roman One shot sorti en 2006, se met au service de la vision de l'auteur avant tout. Et Mc Quarrie, capable du meilleur comme du pire, a bien compris que le sel de cette narration résidait dans la fausse importance attribuée à l'intrigue -laquelle s'offre d'ailleurs quelques facilités qui feront sourire, ici et là-, ceci au profit d'une galerie de personnages hauts en couleur et auxquels l'intrigue laisse toujours le temps de mettre en avant leur personnalité autant que leurs zones d'ombre. Alors oui, il y a bien une sombre histoire de complot à laquelle les principaux protagonistes de l'aventure devront faire face en 2 heures et quinze petites minutes. Mais classique, celle-ci s'efface très largement pour laisser place au jeu de Cruise, pour donner du volume au seul rôle féminin important du film - l'excellente Rosamund Pike-, ou pour s'amuser avec les seconds rôles dont on adore toute l'incongruité. Robert Duvall excelle en ancien marine un rien déjanté. Werner Herzog (Aguirre, la colère de Dieu, c'est lui) s'amuse comme un fou en bad guy rescapé des goulags, aussi glacial qu'impitoyable.

Mais celui qui porte le film, c'est bien le petit Cruise. 1,70m de haut, c'est certes loin de la stature du héros du bouquin (1.90m). Mais Tom, comme toujours, assure le boulot, et plus encore. Jack Reacher est froid, pince-sans-rire, capable d'être furieusement drôle puis totalement flippant l'instant d'après. Cruise embrasse ces traits de caractère avec bonheur, leur ajoute une discrète dose de sex-appeal pour camper à l'arrivée un taciturne insaisissable dont on serait bien inspiré d'écouter chaque phrase. Car Reacher dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. Avec une candeur telle qu 'il s'attire immédiatement les sympathies. Ainsi sans doute peut-on expliquer la scène surréaliste de la foule qui cache Reacher à l'arrêt de bus : une manière pour Mc Quarrie de souligner que malgré ses mauvais penchants, son goût pour la vendetta personnelle, nous sommes tous épris quelque part de cette justice sauvage et primaire que dispense le "vigilante" de Lee Child, aussi contestable soit-elle. Et pan sur le nez des démocraties éclairées. C'est ce qu'avait mis en scène Don Siegel à travers la figure de Dirty Harry. C'est aussi, à y réfléchir un peu, l'une des lignes-force du western spaghetti. Pas étonnant, lors que la manière de filmer les confrontations physiques de Mc Quarrie rende ouvertement hommage aux combats mis en scène par Sergio Leone.

En 2h15, Jack Reacher n'échappe bien évidemment pas à quelques longueurs, fautes de raccords et faiblesses scénaristiques parfois embarassantes. Mais il y a dans ce polar plein d'humour noir une telle envie de  s'affranchir de la dictature des bien-pensants et une énergie si salvatrice que l'on ne peut que se laisser emporter dans cette friandise aux allures de blockbuster que l'on aurait sournoisement détourné de ses objectifs premiers.

Il paraît que ce Jack Reacher ne serait que le premier volet d'une franchise appelée à durer ; si second opus il y a, je serai au ciné pour en profiter...

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Ceci est un post tiré du blog L'ombre d'un chat

Sy-Fy a même lancé une chaîne de Tv temporaire depuis le 21 novembre pour préparer le compte à rebours avant la fin du monde. Si ça, c'est pas un signe!

 

Yop amis futurs rescapés,

Oui, c'est un post de circonstance. Je dirais même plus, c'est un post à emmener avec vous dans le bunker que vous vous êtes bien évidemment construit dans votre cave (n'oubliez pas votre propre groupe électrogène pour mater des DVD, hein). Parce que le 21 décembre, c'est dit, tout va péter. En Alsace, ils ouvrent même un bout de la ligne Maginot ce jour-là, pour les anxieux : le fort de Schoenenbourg accueille les plus convaincus d'entre nous à partir du 20 décembre au soir (http://www.dna.fr/divers/2012/12/17/l-alsace-sauvee-de-l-apocalypse#jimage=AB348669-D4CD-4D88-9C02-DC1AB9CB5B45). Y'a quelque chose qui se trâme dans l'ombre, moi je vous dis. Alors, mieux vaut être préparés à ce qui vous attend.

Et c'est bien connu, rien de tel que le cinéma pour anticiper le pire. Des films sur la fin du monde, il y en a une tripotée. C'est une jungle, une apocalypse version pelloche dans laquelle vous aurez besoin d'un guide pour vous orienter. Histoire de pas être surpris quand vous y serez.

Je me propose. Ce qui tombe bien, vous en conviendrez. Alors vous penserez à moi quand je viendrai vous voir, après, pour vous taxer des clopes et un morceau de poulet. Ca me dit quelque chose, tandis que j'écris cette phrase : avec la crise, y'en a déjà pas mal qui sont en mode survie, vous me direz...

 

I. Les films qui nous racontent la fin du monde et les théories qui y mènent

 

Alors voilà, à quoi pourrait bien ressembler cette fin du monde que les Mayas nous ont annoncée ? Les différentes hypothèses possibles sont exposées par le hors série de Science et Vie de décembre. Il est absolument excellent.

Je passe sur le coup du boson de Higgs, dont j'ai déjà parlé dans un précédent post (http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_78831_boson-de-higgs-et-si-la-fin-du-monde-c-etait-vraiment-le-21-) et qui n'a pas donné lieu pour l'instant à de vrai film. Encore que : une de mes précédentes bafouilles parle justement de ça et de l'initiative de quelques physiciens du CERN bien barrés. Une apocalypse Boson ? Après tout, pourquoi pas... Je vous invite à regarder Decay (c'est gratuit) en vous référant à mon article sur le sujet - http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_79416_decay-un-film-d-horreur-gratuit-et-tourne-au-cern.

Au registre des hypothèses pouvant mener aux festivités du 21/12 (j'écarte délibérément les hypothèses de catastrophe à long terme), voici dont ce que l'on a, et les films qui les mettent en scène :

- La chute d'un astéroïde géant ou d'une planète.- Un gros caillou qui tombe sur terre, et bonjour les tsunamis, le nuage de poussière géant qui cache la lumière du soleil, la glaciation, les éruptions volcaniques, la disparition de la faune et de la flore... Bref, la fin de l'humanité par excellence. Dans le genre, il y a de quoi s'instruire au cinéma, du presque "intimiste" Deep Impact de Mimi Leder au nettement plus pompier Armageddon de Michael Bay avec Bruce "sauveur du monde" Willis. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare, plus récent, surfe sur le même sujet mais en prenant le parti d'une comédie romantique, tandis que le Melancholia de Lars von Trier se fait poème visuel d'une beauté et d'une inspiration sidérantes. Sublime.

Melancholia.


- Une pandémie mondiale.- C'est dans cette catégorie que l'on peut évidemment placer tous les films à tendance zombie (ceux de George A. Romero en tête, mais aussi quelques perles comme Infectés, 28 jours plus tard ou même des navets comme la série Resident Evil). Plus sérieusement, deux films abordent la question d'un virus se propageant à vitesse grand V dans la population. Le premier, Alerte!, de Wolfgang Petersen avec Dustin Hoffman, montre que tout peut aller très vite, d'un petit singe malade à une menace pour l'humanité. Le second, Contagion de Steven Soderbergh, est peut-être moins haletant, mais de vrais spécialistes l'ont jugé crédible. Le SRAS, ça aurait pu donner ça.

- Une catastrophe climatique.- Alors là, c'est un véritable festival.  Qu'elle soit liée à un problème lié au soleil, à la pression de l'homme sur son environnement, la catastrophe climatique fait fantasmer le cinéma. Dans Fusion, de Jon Amiel, le noyau de la terre arrête de tourner et provoque des catastrophes climatiques terribles. Le jour d'après, de Roland Emmerich, évoque de son côté un brusque et totalement changement climatique, un nouvel âge glaciaire. Sunshine de Danny Boyle part de son côté du postulat que le soleil s'apprête à mourir, avec toutes les conséquences que cela implique pour la vie sur terre. 2012, de Roland Emmerich à nouveau, revient sur un problème du noyau de la terre pour expliquer la catastrophe mondiale -le réalisateur s'en donne à coeur joie- et enfin, Predictions d'Alex Proyas postule que la catastrophe climatique survient parce que la planète a une date de péremption. Ah, et matez Take Shelter, si ce n'est pas encore fait. Un petit bijou du genre, tout en retenue.

- Une guerre nucléaire.- Etonnamment, ainsi peu de films traitent frontalement de ce sujet, sans doute parce que l'on a du mal à imaginer - à admettre? - que l'homme puisse être assez idiot pour être la cause directe de sa propre extinction. Néanmoins, dans le genre, on pourra s'arrêter sur le très noir Malevil de Christian de Challonge (avec un excellent Serrault), ou s'intéresser au superbe et très humain Dernier testament de Lynne Littman, qui montre la force de l'Homme face à ce genre d'événements. Le jour d'après, de Nicholas Meyer, n'occulte rien des terribles conséquences de l'hiver nucléaire. C'est un inratable, là encore.

 


Malevil.

- Une invasion extraterrestre.- Le septième art semble convaincu que nous ne sommes pas seuls dans l'univers, et que "les autres" sont tout sauf une espèce amicale. Dans le genre, impossible de passer à côté du remake de La guerre des mondes réalisé par Spielberg. Plus ancien, le remake de l'Invasion des profanateurs de sépultures, intitulé L'invasion des profanateurs et réalisé par Philipp Kaufman (1978), montre de son côté une invasion beaucoup plus insidieuse et finalement infiniment plus terrifiante. Côté guéguerre contre les aliens, on a World Invasion Battle Los Angeles versant réaliste, et Independance Day versant fun. Cloverfield montre l'arrivée de forces cthuluesques sur terre en version caméra au poing et Skyline devient épreuve de survie face à l'ennemi. Enfin, pour les plus courageux, Life Force, l'étoile du mal, de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse, c'est lui), propose pour scénario un virus choppé par des humains sur une météorite et les transformant en vampires de l'espace. Fallait oser.

 


L'invasion des profanateurs.

- L'éruption d'un supervolcan.- Ici encore, assez peu de vrais films sur le sujet (pourtant, il y aurait de quoi faire, un supervolcan comme celui du Yellowstone pouvant voiler le soleil pendant des années s'il entre en éruption), les documentaires étant nettement plus abondants. mais je retiens Supervolcano, de Tony Mitchell, et Le pic de Dante, variante rigolote quoique pas tout-à-fait apocalypsesque du genre.

- La main de Dieu.- Absente de Science et Vie, cette catégorie-là, je l'ajoute moi-même. Pour ceux qui y croient, on ne sait jamais. Dans le genre, il y a La fin des temps de Peter Hyams avec l'illustre Schwarzi, la plus ambitieuse saga Damien The Omen (la trilogie), ou l'amusant Légion, l'armée des anges, qui ressemble fort à un home invasion. Plus ésotérique, le 11.11.11 de Darren Lynn Bouseman vaut mieux que ce qu'on en a dit ici ou là.

La fin des temps.


II. Survivre dans un monde de brutes

Maintenant que vous savez à peu près ce qui risque de nous tomber sur la tête, je m'adresse à ceux qui auront la chance -ou pas-, d'échapper à la catastrophe. Parce que oui, l'apocalypse ne sera qu'un début. Quand vous sortirez du fort de Schoenenbourg (cf plus haut), Il va falloir apprendre à vivre sans électricité, dans un monde ravagé. Chercher à bouffer, de quoi boire. Constituer des stocks de clopes parce qu'il ne sera plus question de tirer une tige à un copain comme à l'université. Et savoir se battre, pour protéger les fesses de sa copine adorée. C'est pas moi qui le dit, mais Hobbes : l'homme n'est devenu un animal social que parce qu'il ne pouvait faire autrement pour prospérer face à une nature qui ne l'avait pas fait partir gagnant d'emblée.

Ici encore, il y a de quoi passer du temps devant la TV. On va juste laisser de côté les séries Walking Dead et Revolution -en les signalant quand même au passage- pour se consacrer au cinéma, notre véritable sujet. Evidemment, impossible de passer à côté de La route, de John Hillcoat, évocation glaçante de l'humanité post-apocalypse. Dans le genre zombie, allez voir du côté de 28 semaines plus tard ou de Automn of the living Dead,  et si vous êtes plutôt dragons, allez voir ce qu'il est possible de faire contre des bestioles comme ça dans le très injustement mésestimé Règne du feu.

 

Le règne du feu


Côté survie, outre le fantastique Livre d'Eli, je vous conseille chaudement Les fils de l'homme, d'Alfonso Cuaron, ainsi que l'excellent L'armée des douze singes, qui mêle, sous la caméra virtuose de Terry Gilliam, apocalypse et voyages dans le temps. Si vous avez un scientifique capable de vous pondre une machine à voyager dans le temps sous la main, vous parviendrez peut-être à  éviter la catastrophe, on ne sait jamais.

Si vous avez envie de voir les bénéfices à maîtriser un art martial ou une bonne technique de combat dans le monde d'après, je vous laisse avec Mel Gibson dans Mad Max II et III, ou avec Jean-Claude Vandamme dans Cyborg. Et si vous voulez profiter de la catastrophe pour vous essayer à la nouvelle cuisine, je vous conseille chaudement Soleil vert.


Soleil vert.

 

Si vous voulez comprendre pourquoi la maîtrise de l'alimentation est vitale, faite un tour du côté de The Divide, de Xavier Gens. Et si vous êtes plutôt du genre à vouloir sauver le monde, partez à la recherche d'un vaccin avec Doomsday ou Je suis une légende (le remake avec Will Smith est très recommandable). Ah, j'oubliais, si les robots prennent le contrôle et que l'humanité est asservie dans un monde virtuel, cherchez le lapin blanc avec Matrix. Si ces mêmes robots mettent le monde réel à feu et à sang, optez plutôt pour Terminator. Enfin, si vous vous réveillez en présence d'une nouvelle espèce dominante, apprenez à faire profil bas en regardant Stake Land (vampires) ou La planète des singes (singes, of course). Et si jamais la planète est inondée, apprenez à nager et regardez Waterworld -même si, suite à ce film, c'est la carrière de Kevin Costner qui a coulé.

 

Voilà. Je tiens à préciser ici que les films évoqués sont une sélection totalement subjective et certainement loin d'être exhaustive. Aussi, inutile de contester mes choix ou de vouloir me brûler en enfer parce que j'aurais oublié votre petit chouchou préféré. De toute façon, c'est inutile. D'abord parce que de toute façon, la fin du monde se chargera de vous venger d'ici quelques jours. Ensuite, parce que du fond de mon bunker, je ne vous entends déjà plus crier...

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Cinéma

 

Hello tous,

Ruairi Robinson. Retenez bien ce nom, car on devrait en entendre parler prochainement dans le monde du cinéma. Originaire de Dublin (Irlande), le p'tit gars est né en 1978 et affiche un goût immodéré pour les films d'horreur et l'humour noir. Surtout, si l'on s'en réfère à son CV très "épicé", c'est un p'tit génie du septième art. On est tenté de le croire : il a d'ailleurs réussi à embobiner tout le monde en recevant en 2001 l'oscar du meilleur court métrage pour Fifty Percent Grey, pelloche sympathique de trois minutes complètement barrée dans laquelle il présente "sa" vision de la vie après la mort. De quoi vous rappeler pourquoi vous êtes heureux d'être vivant.

Je suis pas comme ça, allez. La vidéo du court est juste en-dessous. Regardez-la, mais pensez à continuer la lecture, on va bientôt arriver au coeur du sujet...

 

Avant d'y arriver, je signale au passage que Ruairy est également l'auteur d'un deuxième court, en 2006, initulé The silent city. Des trois vidéos que je présente dans ce post, c'est celle que j'aime le moins. Mais il y a une sacrée idée de cinéma quand même derrière tout ça...




Bon, ne nous attardons pas trop. Le coeur de ce post, c'est le troisième projet du bonhomme, réalisé beaucoup plus récemment. En attendant les deux premiers longs métrages de Ruairi - on parle pour 2013 de The Fallen et surtout de The last days on mars, tourné avec Liev Schreiber et qui racontera l'histoire d'un groupe d'astronautes confronté à une menace biologique sur mars - l'Irlandais s'est en effet fendu voici quelques mois d'une nouvelle pelloche d'une douzaine de minutes, particulièrement remarquable. En s'appropriant les codes de l'anticipation et de la science fiction, Robinson a sorti de nulle part un incroyable Blinky, initialement titré Bad Robot. On y découvre une vision particulièrement noire et acérée des travers de notre société, une famille dysfonctionnelle, un enfant déchiré qui cherche l'affection auprès d'un robot et qui finit par projeter la violence du couple sur la seule victime qu'il a à sa disposition. Un postulat de départ fadasse ? Attendez de savoir pourquoi Robinson voulait titrer son court métrage Bad Robot...

Blinky pose, en douze minutes, les bases d'une caméra virtuose, capable de saisir le malaise en quelques secondes à peine. Aucun plan n'est de trop, tout vient souligner un propos intelligent et lucide sur l'évolution de notre société, sans jamais se départir d'un réalisme qui lorgne clairement  vers les bases mêmes du naturalisme littéraire, tout en interrogeant les conceptions de la robotique posées par Asimov. Blinky, surtout, vire à l'horreur la plus absolue en quelques images à peine, et démontre qu'il est possible de changer un point de vue global sur une oeuvre quasi instantanément. De dérangeant, Blinky devient alors subitement terrifiant.

Eu égard à la qualité de cette oeuvre, je suis de plus en plus impatient de découvrir ce dont est capable Robinson sur grand écran, pendant plus d'une heure et demie. L'année 2013 risque d'être passionnante...

 

BONUS !

 

Pour la bonne bouche, je vous ai gardé pour la fin quelques spots publicitaires réalisés ces dernières années par Ruairi. Vous y découvrirez non seulement son amour pour le cinéma de genre, mais aussi, surtout, un sens de l'image assez hallucinant et une capacité à passer d'un univers à l'autre avec une maestria remarquable. Chapeau !

 

 

Le site de Ruairi (hélas pas à jour): http://www.ruairirobinson.com/info.htm

Vous pouvez également suivre le gaillard sur Viméo: http://vimeo.com/ruairirobinson

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Cinéma

Dans l'accélérateur du CERN, personne ne vous entendra crier...

 

Hello tous,

Avis aux anglophones, depuis quelques jours il est possible de voir sur youtube un véritable film d'horreur complet, intitulé Decay, et ceci totalement gratuitement. Mais ce n'est pas la seule originalité de cette pelloche zombie toute belle toute neuve, réalisée par Luke Thompson : d'une durée d'une heure et seize minutes, Decay a été réalisé dans les murs de CERN ( Centre européen de recherches nucléaires) : pour faire simple, c'est là que se cache le fameux accélérateur de particules qui a permis de prouver l'existence du boson de Higgs.

Le film, dont le tournage a pris deux ans, a été réalisé par une joyeuse équipe de thésards. Au casting et à la réalisation : de vrais physiciens du CERN, pour l'essentiel. Le pitch ? Une erreur technique commise dans la gestion de l'accélérateur a de funestes conséquences et transforme les chercheurs en morts-vivants.

Les auteurs précisent que le CERN n'était pas officiellement informé de ce tournage. Mais le métrage a néanmoins obtenu la bénédiction bienveillante de l'institution pour sa diffusion sur le web.

La bonne nouvelle, c'est que malgré son côté parfois un peu amateur, le film est plutôt bien foutu. Je vous encourage à le regarder à vos heures perdues, du moins si vous êtes anglophones vu que les sous-titres en français ne sont pas pour l'heure disponibles...

 

Et si vous voulez en savoir plus, lisez ce très sympathique article du Monde, qui s'est penché sur le sujet...

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/12/12/des-zombies-dans-le-ventre-du-grand-accelerateur_1805245_1650684.html?google_editors_picks=true

La page officielle du film est à l'adresse http://www.decayfilm.com. Vous pouvez y télécharger une version 780p de l'oeuvre, toujours gratuitement, et en savoir plus sur le projet lui-même.

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Cinéma

Hello tous,

Aujourd'hui, nouveau retour sur le festival européen du film fantastique de Strasbourg, qui s'est offert jeudi soir la projection de l'un des films les plus étonnants de sa programmation. Grabbers, de Jon Wright, mélange film de monstres et comédie irlandaise avec un bonheur rare.

Le pitch est simplissime, mais hilarant : de monstrueux tentacules tombés du ciel s'en prennent à la petite -et fictionnelle- île d'Erin, où navigue à vue le flic local O'Shea (Richard Coyle), un peu perdu dans les vapeurs d'alcool. Flanqué d'une charmante partenaire, la vraiment ravissante Lisa Nolan (Ruth Bradley), ce héros un rien improbable va découvrir que le seul moyen de faire reculer l'envahisseur, voire de l'éradiquer, c'est l'alcool. Ni une, ni deux, Grabbers devient alors la fête aux pochtrons, postulant que pour survivre à cette affaire, mieux vaut avoir deux grammes dans le sang.

Evidemment, toute cette histoire ne serait rien sans le jeu d'acteurs, impeccable, et les dialogues croustillants, taillés sur mesure pour embarquer le spectateur dans une nouba des plus improbables. Mais surtout, c'est la culture irlandaise qui imprègne le film, sans jamais tomber dans le cliché. On y croise l'ambiance des pubs à une heure avancée de la nuit, le vent et les embruns sur la côté, des paysages ouverts et vallonnés sublimes, un vrai sens de la communauté. Grabbers a même trois visages, ici regard plein d'amour et d'humour pour la région de Derry, au Nord de l'Irlande, là bluette charmante entre deux paumés qui trouvent une route à partager, ou encore véritable film de monstres capable de scotcher le spectateur à son fauteuil le temps de quelques séquences particulièrement bien senties. Il y a du talent derrière la caméra.

Les droits de distribution ayant été achetés par Sony, on peut être confiant pour la sortie du film sur les écrans français, très prochainement. Je ne saurais que trop vous conseiller d'y faire un tour, en couple, en famille, avec les grands et les petits. Tout public, cette montagne russe à l'irlandaise est un p... de moment de cinéma.

Jon Wright était présent à Strasbourg, jeudi soir. Il en a profité pour répondre à quelques questions à l'issue de la projection. Je vous ai filmé le tout, enjoy !

 

 

 

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Cinéma

Hello tous,

Difficile de prendre le clavier ces derniers jours pour relater les événements du festival européen du film fantastique : les séances se terminent invariablement après 2h du matin, au mieux, et l'on est invité à reprendre le chemin des salles dès 11h. Autant vous dire que malgré toute ma bonne volonté je fais l'impasse sur pas mal de créneaux horaires, à l'exception des plus tardifs : les midnight movies sont vraiment d'excellente facture, globalement.

Pour les fans d'épouvante, de fantastique et d'horreur, la récolte est en tout cas exceptionnelle. Dans mon précédent post, j'évoquais déjà l'étonnante qualité de Maniac, le remake du film de William Lustig diffusé samedi soir : les choses se confirment, le métrage a très bonne presse auprès des festivaliers, à tel point qu'il s'en trouve de plus en plus pour regretter qu'il ne concourre pas dans la compétition officielle. Pour le reste, le film doit sortir en décembre sur les écrans, et je suis convaincu qu'il connaîtra un véritable succès, vu sa qualité.

La programmation de dimanche

Maniac n'est de loin pas la seule bonne surprise du festival, partant. De la programmation de dimanche, je retiendrai ainsi The Pact, d'abord, histoire assez improbable mêlant fantômes et tueur en série. La pelloche, US, est de Nicholas McCarthy, et a pour elle une très bonne photo ainsi qu'un crescendo dans la tension franchement bien amené. Après, certaines scènes tombent un peu à plat, le final est téléphoné, mais il y a dans ce métrage très respectueux du huis-clos une belle idée de cinéma, tout en retenue et sans esbrouffe. Et qui sait filer les pétoches quand il faut...

Mais mon deuxième vrai coup de coeur vient de la séance "midnight" de dimanche. J'y suis allé, pourtant, un peu à reculons: Aggression Scale partait d'un postulat qui pouvait laisser craindre le pire, en mêlant La dernière maison sur la gauche... et Maman, j'ai raté l'avion. Mais le métrage de Steven C. Miller est tout sauf une expérience ratée. Partant d'un postulat traditionnel du home-invasion movie -une bande de mecs s'introduit dans une maison pour une obscure histoire de dette à recouvrir et en vient à utiliser la violence la plus extrême contre la famille qui est sa cible-, Aggression Scale sort rapidement des rails pour présenter une riposte des plus inattendues : celle des deux ados, qui vont en faire voir des vertes et des pas mûres à leurs agresseurs.

Aggression Scale avait tout du projet casse-gueule par excellence. En refusant de transiger sur la représentation de la violence, en posant un esprit méchamment déviant -ne serait-ce qu'en dévoilant le plaisir pris par un ado à s'adonner aux actes les plus extrêmes- et surtout, en offrant au spectateur la contemplation de l'un des retours de bâton les plus cinglants de l'histoire du cinéma, il parvient au contraire, à mon sens, à s'ériger en incontournable du genre. D'autant qu'il manie avec une aisance certaine un humour noir redoutable, qui fonctionne pour l'essentiel sur le personnage du jeune Owen (l'excellent Ryan Hartwig, dont la carrière sera à suivre de près), dont la propension à la violence est cliniquement mesurée. 99.5/100 selon l'Aggression Scale, l'indicateur psychologique qui donne son titre au film... 

Je signalerai encore, au passage, que j'ai finalement fait l'impasse sur Storage 24, le film de monstres du festival. Apparamment à raison : beaucoup de festivaliers considèrent pour l'instant le métrage comme le plus mauvais de la programmation.

La programmation de lundi

Pas totalement satisfait de mon organisation, hier : j'ai réussi à rater non seulement Doomsday Book, de l'excellent Kim Jee-Won (le papa de I saw the devil), mais aussi Antiviral, le premier métrage du fiston de David Cronenberg, Brandon.

En revanche, bonne séance à 22h avec When the lights went out, pelloche anglaise de Pat Holden sur fond de maison hantée et de possession. Le film tient la route, reposant sur une histoire vraie survenue dans les années 70, est bénéficie d'une distribution de qualité ainsi que d'une reconstitution de l'Angleterre des seventies décoiffante d'authenticité. Le film se laisse regarder sans ennui, notamment pour sa dimension sociale -le milieu ouvrier british- particulièrement bien mis en scène, mais aussi pour la foi que le réalisateur porte à son sujet. La "présence" dans la maison est représentée de manière classique -meubles qui bougent, lampes qui clignotent, aggressions physiques à l'occasion- mais sans jamais se départir d'un certain réalisme. La caractérisation des personnages -dont celui de la mère, qui refuse quoiqu'il en coûte de quitter la maison de ses rêves- est de plus passionnante. Hélas, Pat Holden bute sur la dernière marche avec un final en forme de faute de goût. Un trop-plein d'effets spéciaux qui vient gâcher cette heure et demie  par ailleurs bourrée de qualités.

2h50 de film, pour conclure. A minuit et demi, début de la séance "midnight movies" que beaucoup de fans attendaient. Et pour cause : Mick Garris, président du jury - et réalisateur de Sleepwalker ou Critters, notamment - devait y présenter sa nouvelle adaptation d'un roman de Stephen King, Bag of Bones. Au final, s'il s'est bien acquitté de cette mission (voir la vidéo ci-dessus), on pourra rester dubitatif devant la qualité du travail effectué.

Bag of Bones, certes, n'est pas destiné au grand écran. Déjà diffusé sur la chaîne Sy-Fy, ce téléfilm en deux épisodes a cependant bénéficié d'un budget visiblement confortable, s'offrant la présence au casting de Pierce Brosnan, Annabeth Gish et Melissa George, mais aussi quelques prises de vue aériennes coûteuses. Et de fait, ce marathon de presque trois heures fonctionne assez bien jusqu'à une demi-heure de la fin. Brosnan y campe habilement un romancier détruit par la mort de sa femme, dont la présence surnaturelle lui permet de se reconstruire petit à petit tout en prenant la mesure du mal qui le menace désormais. Les seconds rôles tiennent la route (la ravissante Melissa George ferait fondre n'importe quel homme) et le métrage fonctionne tant qu'il se cantonne à la suggestion du fantastique, parvenant même à générer quelques instants de jolie trouille par moments. En revanche, les choses se gâtent, très sérieusement, lorsqu'il s'agit de représenter les esprits à l'écran. Faute de goût, problèmes de moyens... Tout concourt à faire verser la deuxième partie du téléfilm dans un comique involontaire qui sape tout le travail effectué jusqu'alors. La prestation des acteurs est d'ailleurs au diapason, un peu comme si subitement tout se délitait. Brosnan cabotine, Melissa George minaude. Garris échoue à représenter le surnaturel, et y perd totalement son cinéma. Il sera intéressant de lui demander tout à l'heure -Mick Garris sera présent de 18h à 20h au village fantastique- quelles ont été les conditions du tournage...

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