Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 01/06/19 à 10h32

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Catégorie : Cinéma

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Hello tous,

Pour ce premier véritable post du mois d'octobre, j'ai envie de revenir le temps de quelques lignes sur le festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), qui s'est tenu à la mi-septembre et qui a tout de même attiré cette année, sur une semaine, plus de quinze mille personnes dans les salles et au fil des animations qui ont investi le centre de la capitale européenne. Un moment très particulier, dont j'ai pu profiter à fond, ayant eu l'opportunité de le couvrir de bout en bout pour mon quotidien. J'ai donc pu y découvrir une bonne quinzaine de longs métrages, mais aussi rencontrer des figures du film de genre. Croiser le chemin de Xan Cassavetes, la fille de John Cassavetes et Gena Rowlands en compétition avec son film Kiss of the damned, le temps d'un déjeuner, passer une petite demi-heure en compagnie de Lucky McKee, le président du jury et papa du culte The Woman et du tout nouveau All Cheerleaders die, je vous assure que ça restera pour moi parmi les meilleurs moments de l'année, d'autant que je nourris une passion pour les films de genre (épouvante, horreur, thriller, gore et j'en passe...) depuis que je suis ado, voire plus loin encore : mes parents me récupéraient derrière le canapé, planqué, à mater Amityville la maison du diable ou Poltergeist alors que je n'avais même pas une dizaine d'années.

Le FEFFS, donc, avec tout ce qu'il véhicule de si particulier, cette proximité avec les acteurs et les réalisateurs, que l'on peut croiser dans la ville tout au long de la semaine, ces séances à la saveur si particulière des bons nanars DTV pour une fois honorés du grand écran. Et puis il y a ces films ovnis, ces moments qui vous font aimer encore plus le cinéma. Si Kiss of the damned, élégante histoire de vampires qui rétablit un peu l'honneur du genre après les catastrophiques Twilight, a remporté le grand prix du festival cette année, décision collégiale oblige, c'est un autre long métrage qui avait les préférences du président du jury. Et les miennes : voici donc venu le temps de vous parler de Big Bad Wolves, incroyable pépite venue des terres israéliennes et dont je vous promets qu'on n'a pas fini de parler. Tarantino lui-même vient de le qualifier de "meilleur film de l'année" après l'avoir vu au festival international du film de Busan, en Corée du Sud. Et je peux vous dire que ce n'est pas volé.

Big Bad Wolves, c'est le deuxième film de Navot Papushado et Aharon Keshales, après une première tentative, Rabies (Kalevet, en hébreu) qui avait été remarquée mais dont j'avoue n'avoir pas totalement goûté le style. Rabies, slasher opposant une fois de plus un serial killer à des adolescents en virée, valait surtout pour son changement radical de point de vue en cours de route, mais ses personnages trop caricaturaux, son humour pas toujours bien posé et ses déséquilibres flagrants de rythme réduisaient à néant cette première tentative de film d'horreur sur le sol israélien.

Un premier rendez-vous raté qui aura eu le mérite de permettre au cinéma de ses deux concepteurs de se confronter au genre, et d'en apprendre les arcanes. La chose saute aux yeux lorsque l'on se laisse porter par Big Bad Wolves : l'humour décalé, la noirceur absolue du propos, le sous-texte social mordant... Tous les ingrédients de Rabies sont au rendez-vous, mais la mise en musique change radicalement. Un peu comme si chaque élément trouvait sa place, sa raison d'être, là où ils n'étaient que juxtaposition maladroite auparavant. Big Bad Wolves est un film maîtrisé, de bout en bout, harmonieux, intelligent et diablement prenant.

L'histoire part d'un postulat classique : un tueur d'enfants sévit dans la région de Tel Aviv. L'inspecteur en charge de l'affaire, Miki (Lior Ashkenazi, excellent dans le rôle), ne parvient pas à lui mettre la main dessus, mais il a un suspect, un enseignant qu'il interroge de manière plutôt "musclée" à l'abri des regards. Une démarche qui lui coûtera cher : l'opération hors la loi est découverte, le suspect relâché et, bientôt, le corps d'une petite fille est retrouvé. Miki est relevé de l'enquête, mais persiste à vouloir résoudre l'affaire, jusqu'à croiser le père de la victime, Gidi (Tsahi Grad, aussi drôle qu'inquiétant) un ancien responsable des services secrets bien décidé à rendre sa justice. La descente aux enfers peut commencer.

Big Bad Wolves construit l'essentiel de son intrigue comme un huis-clos impliquant le père, le flic et le suspect. Coupable, innocent ? La question se pose tout au long du film, mais pas seulement. La violence va crescendo, comme pour servir d'exutoire à la frustration de chacun des protagonistes. Et il y a cet humour à froid, qui souligne, toujours plus grinçant, les alliances et les divisions du moment. Big Bad Wolves est un film riche de ses dialogues, ils sont ciselés pour souligner les doutes, les certitudes, la colère sourde ou la froide détermination d'hommes qui font le pire pour tenter de faire le bien. Jusqu'à aboutir à l'irréparable.

Evidemment, il y a un sous-texte virulent à cette histoire. Navot Papushado et Aharon Keshales parlent avant tout de leur pays, de leur peuple, en montrent les faiblesses et les travers du quotidien. On y dénonce, goguenard et tragique, le regard condescendant de la communauté sur les Arabes israéliens (l'apparition à répétition du cavalier arabe est un des temps forts du film, qui invite par ce biais à la réflexion), on dresse un portrait peu reluisant de la mère juive castratrice, on s'interroge sur la propension à la violence des représentants de l'Etat (et pas que), on met en doute la moralité de ceux qui sont du bon côté de la loi - Rabies le faisait déjà. En laissant leurs deux bourreaux s'enfoncer dans la spirale de la vengeance et de la justice personnelle, Papushado et Keshales ouvrent paradoxalement leurs horizons alors qu'ils raréfient toujours plus les espaces de respiration de leur mise en scène, suffocante à force de prendre à la gorge le spectateur.

Car tout est là. A force de sourire, de rire, on finit par grincer des dents, par craindre ce qui nous attend plus loin.  A raison: Big Bad Wolves écrit peu à peu en lettres noires son twist final, qui nous cueille tel un uppercut alors que se rallument les lumières de la salle. C'est un tour de force incroyable de cette comédie noire que de nous laisser là, ébahis, à ne plus savoir s'il fallait rire ou bien pleurer. Une chose est certaine : c'est une expérience qu'il sera impossible d'oublier.

Je me dois de placer ici un avertissement : Big Bad Wolves est un film éprouvant, dont le propos et la mise en images pourront heurter les plus sensibles. Il s'agit aussi, à mon sens, d'un incontournable du septième art, en ce sens qu'il donne à voir l'éclosion de véritables talents cinématographiques de l'autre côté de la Méditerranée. Le long métrage n'a pour l'heure pas encore trouvé de distributeur en France, mais vu l'accueil que lui réservent les différents festivals auquel il est présenté à travers le monde, j'ai du mal à imaginer qu'il ne trouve pas le chemin des salles françaises l'année prochaine. A ce moment-là, repensez à ce post de blog et prenez votre billet : une telle petite merveille de polar noir, ça ne se refuse pas par les temps qui courent.

[MAJ] Les prix commencent à tomber pour Big Bad Wolves. Le long métrage vient d'être couronné du prix du meilleur réalisateur au festival de Sitges. Le premier, je l'espère, d'une longue série...

Et voici une interview des réalisateurs au Frightfest. Instructif:

 

Pour ceux qui n'auraient pas vu Rabies, voici le trailer:



 

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Hello tous,

Chose promise, chose dûe. Après la présentation des éléments réels qui sous-tendent l'histoire de The Conjuring (je vous invite d'ailleurs à retrouver mon post à l'adresse http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_94093_the-conjuring-la-realite-derriere-le-film), il est temps, à présent, de s'intéresser au film lui-même. Car, ne nous y trompons pas, bien que finanacé par un grand studio, le long métrage de James Wan dépasse - et de beaucoup - les traditionnels nanars qu'Hollywood a pris l'habitude de pondre ces dernières années sitôt le thème de l'épouvante abordé. The Conjuring, c'est un retour assumé aux fondamentaux des années 1970, ainsi qu'à une règle d'or en vigueur autrefois dans le genre, et indispensable à l'émergence de la peur : c'est en dévoilant le moins possible le choses  à l'écran que l'on titille l'esprit et l'imagination.

The Conjuring, donc, c'est avant tout une histoire réputée authentique. La famille Perron investit en 1971 une nouvelle demeure, a priori parfaite pour y construire un petit nid douillet d'amour, du côté de Harrisville, dans l'Etat de Rhodes Island. Mais très vite, des événements étranges surviennent. Des portes qui claquent, une terrible sensation d'oppression, des agressions physiques inexpliquées. Terrorisée, la famille fait appel au couple Warren, des spécialistes du paranormal qui acceptent de lui venir en aide. La suite, c'est à découvrir dans ce long métrage de 1h50 qui vous fera dresser pas mal de cheveux sur la tête. Et détester les poupées vintage que l'on trouve dans les magasins d'antiquité.

L'on pourrait se dire que derrière ce pitch se cache une énième histoire de maison hantée, et en rester là parce que oui, le scénario est indéniablement d'un classicisme assumé... et potentiellement assommant. Oui, mais voilà : depuis quelques années maintenant, l'on sait James Wan bon faiseur d'horreur (le premier Saw) et, surtout, intéressant raconteur d'histoires à vous coller les miquettes (Insidious). Or, The Conjuring pourrait bien être le film de sa consécration : non seulement Wan y a trouvé un parfait syncrétisme entre ces deux tropismes majeurs de son cinéma, mais il a profité de ce sujet pour s'intéresser à la nature même du film d'épouvante, faisant de l'authenticité son arme principale. Ici, donc, pas de relecture de l'histoire pour coller au modèle du cinéma à grand spectacle, pas de recontextualisation pour donner à l'oeuvre la patine de la modernité. The Conjuring se déroule au début des années 1970, et assume ce statut jusqu'à inscrire sa mise en scène dans les canons des films de l'époque. Il en résulte une image patinée à l'ancienne, un grain qui n'est pas sans rappeler celui des vieux Wes Craven et des premiers Carpenter. Une image brute, délibérément désaturée, dans laquelle la morne réalité ne se marie que plus mal avec les manifestations du surnaturel, terriblement authentiques.

Loin des codes actuels du genre, également, The Conjuring trace paradoxalement son propre sillon en réinventant un certain nombre de prises de vue. La virtuosité est ici évidente, et Wan de s'amuser avec ces scènes vues et revues dont il offre ici une relecture diablement pertinente. Exemple emblématique : une porte qui s'ouvre inexplicablement, mais avec les personnages principaux dans le champ de la caméra, en arrière-plan, implique bien davantage le spectateur que ces jeux de faux-semblants dans lesquels, trop souvent, l'on attend que le héros referme la porte de son frigo pour voir surgir une manifestation du surnaturel. Surtout, les effets à court terme, s'ils sont présents, ne constituent pas le socle sur lequel The Conjuring construit son ambiance. Non, il y a ici une volonté  de faire baigner l'histoire dans un malaise constant, une oppression croissante qui rend les climax plus intenses encore qu'ils ne le seraient dans un roller coaster traditionnel. Le choix de tourner principalement en espaces clos, au fil de couloirs étroits et de pièces en clair-obscur, est à ce titre une gageure technique que l'équipe de tournage a su parfaitement gérer, avec ceci de bénéfique que la sensation d'étouffement ressentie par les personnages est vite partagée par le spectateur.

Le propre d'un film d'épouvante tient à définir précisément le crescendo de la tension, qui doit aboutir en un climax à répétition, presque en forme de frustration. Le rythme, vous l'aurez compris, y est essentiel, et c'est un paramètre parfaitement intégré dans The Conjuring. Le film, malin, se construit même en deux actes distincts suffisamment différents pour induire deux manières différentes d'amener la peur au sein des scènes - et, surtout, de générer deux climax qui resteront dans les mémoires. La première partie, l'exposition, présente le point de vue de la famille confrontée à l'inexplicable. La seconde, plus intéressante encore, prend le parti de suivre le point de vue des chasseurs de fantômes tout en démontrant, au passage, que le frisson et l'émergence d'une tentative pour lutter contre son origine ne sont pas incompatibles - c'est là un constat qui n'allait pas de soi, nombreux sont les longs métrages qui ont échoué sur ce point.

Ce parti-pris suppose, partant, que le duo d'acteurs amenant une esquisse de solution face à l'indicible fasse preuve d'un talent consommé. Mission parfaitement remplie ici aussi, puisque Vera Farmiga et Patrick Wilson ne surjouent à aucun moment, amenant l'indispensable crédibilité à cette histoire qui se serait mal accomodée d'approximations ou de sourires involontaires. C'est, en fait, emblématique de cette volonté visiblement partagée par tous, sur le plateau de tournage, de croire en cette drôle d'histoire, un premier degré salvateur qui n'est plus en odeur de sainteté dans le cinéma de genre moderne et dont on a enfin une bonne raison de regretter la mise au placard. Ici, pas de concession, encore moins de compromis. L'intrigue ne s'accomode à aucun moment d'un animal à sauver, n'épargne ni les adultes, ni les enfants, ni les coupables, ni les innocents. C'est peut-être cela qui rend d'ailleurs The Conjuring si terrifiant. Lorsque l'on sort, estomaqué, de ce tourbillon de folie qui s'est déversé à l'écran, c'est sur cette idée inconfortable que le Mal est aveugle que l'on tente de trouver le sommeil du juste. Sans y parvenir, tant ces images d'un cinéma puissant et indélébile vous suivent jusque sur - sous ? - l'oreiller... C'est à quelle heure, déjà, que le soleil doit se lever ?



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Cinéma

Hello tous,

Aujourd'hui, je vous cause de Mud, sur les rives du Mississipi. Si vous ne l'avez pas encore vu, c'est un crime. Mais vous pouvez vous rattraper dès le 4 septembre, date du sortie du blu-ray et du dvd. Oui, c'est incontournable. Non, je ne vous parle plus si vous n'allez pas voir cette merveille. Ceci était un préambule nécessaire.

 

A hauteur d'enfant, c'est un immense trésor. Quelque part au fin fond de l'Arkansas, au coeur des bayous du Mississipi, Ellis et Neckbone, 14 ans mais vrais petits gars élevés à la dure, lèvent le nez vers les arbres. Là-haut, il y a la promesse d'une folle aventure. Car, incongru, un navire s'est échoué ici entre les branches, à la faveur des crues de l'indolent fleuve américain. Les deux adolescents rêvent de pouvoir le remettre à l'eau. Mais l'esquif est déjà revendiqué. Un homme étrange y a installé les fragments de sa vie spartiate et dissimulée. Presque un Robinson Crusoé. Pêcheur à ses heures, étrangement fascinant, Mud a les yeux rivés sur le lointain mais les pieds enfouis dans la boue du Mississipi. Et il rêve, oui, il rêve. A sa belle dont il attend des nouvelles, qu'il veut sauver, encore et encore, des autres mais aussi d'elle-même. Pour elle, il se raconte qu'il a déjà tué. Mud est un romantique désespéré. 

Mud, c'est le troisième film de Jeff Nichols après les passionnants Shotgun Stories (2007) et Take Shelter (2011) - deux oeuvres hautement recommandables d'ailleurs. Et à 35 ans, Nichols cotoie déjà les plus grands au firmament du cinéma américain. Attention, pas celui, très hollywoodien, où l'on expose les grands sentiments, où chaque scène un peu rythmée doit se solder par un déluge de feu, de tôle froissée et/ou de sang bien éclaboussé. Non, ici, les grandes histoires flirtent avec la retenue, et l'on explore un scénario bien ficelé sans jamais oublier la complexité de l'âme humaine, sans omettre ce monde réel dans lequel tout un chacun est embourbé. Titrer son film Mud - "la boue" en français -, c'est déjà donner au spectateur un indice de ce fil directeur qu'il faudra suivre deux heures durant. Il y a cette "boue" dans laquelle vivent les adolescents, celle dans laquelle ils doivent se débattre pour trouver leur chemin, construire un avenir hésitant. Il y a cette boue dans laquelle évoluent leurs parents, complexe mécanique des sentiments, du désamour parfois, qui peut en arriver à forcer des hommes et des femmes attachés à leur vie au bord du Mississipi à tout quitter pour un ailleurs aseptisé. Il y a cette boue, enfin, qui force Mud, l'homme, à rester loin de la civilisation, caché des regards. Son crime se dévoile peu à peu, à mesure que le soleil sèche les terres, craquelle l'illusion, le mensonge, pour finalement révéler une vérité plus émouvante encore qu'on l'avait espérée - redoutée ?

La grande force du film de Jeff Nichols, c'est de dévoiler cette histoire passionnée, passionnelle, inquiétante parfois, du haut d'un regard d'enfant. Ellis et Neckbone sont les catalyseurs de l'histoire, ceux qui la font avancer dans les méandres du Mississipi, ceux par qui le dénouement enfin peut arriver. Et leur regard se pose sans concession sur le monde des adultes, celui des illusions perdues, des sentiments fourbus, des hommes qui ont appris à incliner la tête pour survivre, plutôt que de vivre en accord avec ce qu'ils sont. Nichols filme l'intransigeance du regard de l'adolescence, s'émeut de sa capacité innée à choisir entre le bien et le mal, là où les adultes ne verraient que des nuances de gris. Ce faisant, il met en images un monde qui nous apparaît familier, mais dont les codes semblent toujours nous échapper. Le spectateur, finalement, se perd comme Ellis et Neckbone dans cette ville voulue labyrinthique, pour au contraire se retrouver sitôt embarqué dans le petit canot avec lequel les deux adolescents renouent avec le regard de figures littéraires imaginées voici plus d'un siècle par Mark Twain... Tom Sawyer et Huckleberry Finn.

C'est là, au fin fond des bayous, que survient leur passage à l'âge adulte. Récit initiatique douloureux. Les histoires d'amour finissent mal, en général. Celle de Mud n'échappe pas à la règle. La vérité, également, peut blesser, dit Nichols, mais elle permet d'ouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est. Libre à chacun, après, d'en faire son deuil ou de vouloir le changer. Car tout change, dit aussi le réalisateur. Jusqu'à cette nature majestueuse, immuable, jusqu'à ce délicat équilibre qui autorisait la coexistence entre elle et les hommes qui en vivent. Le Mississipi est filmé tel un personnage, se dévoile d'abord dans ce qu'il a de plus sauvage. Puis, petit à petit, se révèle colonisé par l'homme, parfois menacé dans son immémorial tracé. Mais la nature reste fidèle à ce qu'elle est. Immuable, elle regarde avec indulgence le drame qui se joue entre ses lianes. Puis reprend sa route, sans rien changer de sa nature. A l'image de tous ces personnages rencontrés, qui sont, chacun à leur manière, de beaux exemples d'humanité debout sur ses pieds. 

Et puis il y a ce personnage, central, par qui tout arrive. Mud (Matthew McConaughey) est un mystère, l'un de ces hommes empreints de profondeur qui dévoilent autant leur part d'ombre que de lumière. Mud est prêt à tout pour que vive son histoire d'amour, enrôle les deux adolescents dans sa quête insensée, tire le film de la gentille bluette vers des recoins, plus obscurs, où l'on joue de la violence pour se venger, parfois pour tuer. Mud est un film empli de colère, celle ressentie par Mud, celle que ses actes font naître autour de lui. Refus de la simplicité : on parle de trahison, de mensonge, de haine, de douleur. L'on montre aussi la vertu, le courage, la bonté. Mud est à la croisée de tout cela. Capable du pire comme du meilleur. Et le film de s'employer à montrer, sans complaisance, quelle facette de sa nature s'en vient à l'emporter.

Mud a la beauté des récits classiques du grand cinéma américain. Limpide, passionnant, sans jamais verser dans la simplicité, il vient consacrer le talent d'un réalisateur que l'on sait désormais devoir suivre de près. Il met aussi en lumière le talent fou de deux gamins, Tye Sheridan et Jacob Lofland, et vient confirmer tout le bien que l'on pouvait déjà penser de Sam Shepard, Michael Shannon et, surtout, de Matthew McConaughey, qui pourrait bien rejoindre les plus grands au firmament hollywoodien ces prochaines années. Mud avait ce qu'il fallait de bonne terre pour permettre à tous ces talents de se retrouver et de s'épanouir sous le ciel de l'Arkansas, qui n'a jamais été aussi bien filmé. Terre fertile, s'il en est...

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Cinéma

[ATTENTION, CE POST CONTIENT QUELQUES SPOILERS]

Hello tous,

En ces jours de canicule, rien de tel qu'une petite séance de cinéma dans une salle climatisée pour échapper deux heures durant à la moite torpeur qui nous étreint. C'est , en somme, la raison principale qui m'a amené à (re)voir Only God Forgives (dont j'ai déjà parlé ici même), mais aussi Pacific Rim et Wolverine, le combat de l'immortel. Or, si les longs métrages de Refn et de Del Toro suscitent une certaine adhésion des spectateurs, il n'en va pas de même pour la dernière sortie solo du X-Men griffu incarné par Hugh Jackman. Ceci alors même que le réalisateur James Mangold (3h10 pour Yuma, Walk the line...) est aux manettes. Ce qui devrait être un gage de qualité.

Evidemment, c'est un brin circonspect que je m'en suis allé découvrir la chose, échaudé comme il se devait par une critique parfois assassine, mais aussi par des retours spectateurs peu élogieux. Car j'ai dû lire à peu près tout et son contraire - quoique uniformément négatif - concernant le film : ici "mou du genou", là "succession décérébrée de scènes d'action", ou encore mal interprété, mal écrit... Le pompon, c'est un commentaire facebook qui m'a été adressé : "J'ai trouvé le film incroyablement mauvais", a écrit un de mes contacts visiblement furibard de la direction empruntée par le long métrage.

Deux heures et six minutes après le début de la projection, je restais interdit face à déferlement de critiques acerbes. Je venais de prendre mon pied comme jamais devant un film de la franchise Wolverine. Et je pense pouvoir en expliquer les raisons, à présent que je me suis un peu repenché sur le sujet.

 

Un scénario pas si bébête

Wolverine : le combat de l'immortel se veut différent des autres adaptations de l'univers X-Men au cinéma. Plus intimiste, plus réfléchi, il est aussi une transition importante dans la méta-histoire de la saga, comme nous l'allons voir. Il s'agit en effet ici de se concentrer sur le personnage interprété par Hugh Jackman et de lui offrir une aventure en stand alone qui s'inscrit paradoxalement dans la trame scénaristique de la franchise. Pas question de préquelle : Le combat de l'immortel prend place après les événements tragiques narrés dans X-Men 3. Jean Grey est donc morte des mains de Logan, et ce dernier est resté brisé à la suite de cette tragédie. Désormais, il vit en ermite dans le Grand Nord, sans doute au Canada, et ne goûte plus guère la compagnie des humains. A défaut, il leur préfère celle des ours.

C'est son passé qui l'amène à revenir auprès des hommes. En 1945, Logan a en effet sauvé un soldat japonais de l'explosion de la bombe A à Nagasaki (scène incroyable, d'ailleurs). Or, ce dernier, devenu vieux, souhaite à présent rendre hommage à Wolverine, et lui faire une offre très particulière : lui rendre sa mortalité.

Petite pause à cet instant : j'ai pu lire nombre de critiques faisant état d'une erreur de pitch dans le film, en ce sens que Wolverine est censé avoir perdu la mémoire. Je n'en suis pas si sûr. De fait, Logan est bel et bien amnésique, mais il se rappelle tout ce qu'il est advenu suite au programme Weapon X, qui lui a valu son squelette en adamantium. Or, arrêtez-moi si je me trompe, l'on sait du projet expérimental qu'il a été mené dans les années 1940, sans autre précision. A priori, rien n'empêche donc Logan d'avoir rencontré Yashida APRES avoir eu la mémoire effacée. Mais ceci nécessiterait un second visionnage, ou un complément d'info d'un gentil lecteur : je ne souviens plus si les griffes de Logan sont en métal ou en os lors de la scène inaugurale du film. Si les griffes sont en os, alors il faudra peut-être envisager l'hypothèse qu'il y ait eu, hum, une petite imprécision dans la chronologie X-Men (ce qui n'est pas bien méchant), ou alors que Le combat de l'immortel fait partie d'un autre espace-temps que celui dans lequel évoluait jusqu'ici la saga cinématographique, ce qui pourrait être bien plus intéressant. Et la thèse pourrait être justifiée, précisément, par Days of future past, le prochain X-Men qui devrait justement aborder cette thématique de dimensions parallèles et de voyages dans le temps... Et avec lequel Le combat de l'immortel doit justement faire le lien. Tiens, tiens...

Mais revenons à nos moutons. Wolverine finit par accepter, convaincu par la jeune Yukio (celle qui deviendra Wild One), de faire le voyage jusqu'au Japon pour rendre hommage au vieux Yashida et écouter sa proposition. Logan, bien que tenté, décline, et se rend alors bientôt compte que la disparition de son ami laisse un empire économique à l'abandon. La petite-fille de Yashida est menacée, son propre père - qui n'a pas bénéficié de l'héritage - étant décidé à prendre de force ce qu'il pensait lui revenir de droit. Mais les choses semblent complexes, plusieurs factions s'affrontent dans cette bataille dont on ne saisit d'abord guère les tenants et les aboutissants. Et qui se cache derrière la neutralisation des pouvoirs de régénération de Logan, à quelles fins ? C'est alors que ses facultés sont mises en sommeil que le glouton doit se battre pour sauver celle qui, peu à peu, prend la place de Jean dans sa tête et dans son coeur. Plus inquiétant encore : si la belle Mariko Yashida (Tao Okamoto) a trouvé son chevaliser servant, ce dernier pourrait bien être la véritable cible des poursuivants.

Les choses ne sont donc pas si simples qu'on pourrait le croire dans Le combat de l'immortel. En réalité, deux complots distincts s'entrecroisent, et le film met en scène - assez habilement à mon sens - les alliances de circonstance entre les différentes factions en fonction des enjeux de l'instant. Deux lignes directrices sont à suivre dans l'oeuvre, ainsi : une première trame met en scène la question de l'héritage de l'empire Yashida, opposant le père à la fille, tandis qu'un second fil directeur s'intéresse à la raison de la venue de Wolverine et à ce qui a justifié la perte partielle de ses pouvoirs (spoil : il s'agit en réalité de l'affaiblir afin de pouvoir mener à bien le transfert de ses pouvoirs vers Yashida-san, qui a intégré l'armure du Silver Samurai avec la complicité de la mutante Viper. La transmission du patrimoine du clan Yashida à Mariko est d'ailleurs ici justifiée : il s'agissait de laisser les rènes à une personne faible pour préparer le retour de Yashida san au pouvoir). Le personnage de Viper, dans cette perspective, se cantonne à un simple statut d'exécutant, ce qui justifie sa place relativement subalterne dans le film. Quand au Silver Samurai, il apparaît essentiellement vers la fin du long métrage, lorsque les véritables enjeux du complot sont révélés. C'est alors, et alors seulement, que l'action prend une dimension réellement spectaculaire. Le combat de l'immortel, en ce sens, peut dérouter, car il s'agit sans doute de l'adaptation X-Men la plus sereine qu'il nous ait jamais été donné d'apprécier. Les adeptes du "ça pète à tout-va" pourront être déçus.

 

Du Japon et de l'introspection

Et de fait, c'est parce que Le combat de l'immortel veut se concentrer sur les blessures de Wolverine. Important, car il y va de la méta-histoire de la saga X-Men. A la fin d'X-Men 3, Wolverine fait en effet défection. Il est détruit, psychologiquement parlant. Logan, pendant une grande partie du Combat de l'immortel, refuse d'ailleurs de porter son surnom. L'homme renie sa nature, ne peut plus assumer ce qu'il est. Il y a de la tristesse, de la colère, de la culpabilité. Et ce fardeau, Logan le porte depuis trop longtemps désormais. C'est pour cela qu'il est déstabilisé, presque tenté, lorsque Yashida lui propose de le soulager de son pouvoir. La promesse d'une mort douce, d'un suicide à petit feu, que lui sussurre l'image fantasmée de Jean. Le souvenir de Phoenix est devenu vénéneux.

Le combat de l'immortel se préoccupe donc de raconter ce moment de la vie de Logan dans lequel les choses vont enfin changer. Doucement, il découvre que la vie peut continuer, que sa nature, c'est de sauver, de protéger. D'abord par simple réflexe, puis parce que Mariko, avec sa sagesse toute nippone, l'invite à travailler sur lui-même, à formuler le mal qui le ronge de l'intérieur. Il y a une romance, évidemment, dans cette affaire - elle est d'ailleurs présente dans le comics également -, et force est de constater qu'elle fait mouche, aérienne, gracieuse et joliment interprétée. Il y a de la naïveté et de la candeur, c'est vrai, et Mangold n'échappe pas à quelques images d'Epinal en évoquant l'exotisme de la culture nippone, mais la chose est agréable, et surtout cohérente avec le personnage de Wolverine, que le comics dépeint depuis toujours comme un admirateur de l'Asie. Cet aspect de la personnalité de Logan, qui parle japonais, n'avait jamais été porté à l'écran. C'est chose faite, et à mon sens assez habilement.

 

L'autre avantage de ce choix scénaristique, c'est que Mangold peut s'arrêter à des détails dont ne s'embarrassent d'ordinaire guère les blockbusters de ce calibre. Qu'elles s'installent à Tokyo, à Osaka ou à Nagasaki, les différentes scènes du film font du Japon un acteur à part entière. Les rues d'Akiba, le métro d'Ueno, le centre d'Osaka et les superbes points de vue depuis le mémorial de Nagasaki rappelleront immanquablement quelques souvenirs à ceux qui ont déjà la chance de faire le voyage là-bas. Le combat de l'immortel, s'il fait le choix par moments de reconstitutions en studio pas forcément très heureuses, s'offre quelques superbes virées dans le monde réel, et témoigne de la fascination que Mangold porte à ces environnements urbains ultra-modernes et à ceux, plus naturels et riches de culture, qui font du Japon ce qu'il est. Vrai que ces moments signifient des latences dans l'action, des moments de contemplation superflus. Ils n'en restent pas moins, de mon point de vue, les signes que l'oeuvre est moins lisse, moins balisée que ce que les studios hollywoodiens ont l'habitude de produire pour les salles de ciné. On ne peut qu'être reconnaissant à Mangold d'avoir su rendre ainsi hommage au pays dans lequel il tournait.

 

En attendant Days of the future past

Toujours est-il que Le combat de l'immortel termine sur un Logan rasséréné, et prêt à reprendre du service. La boucle est bouclée, et elle permet d'amener la fabuleuse scène post-générique, qui aura le mérite d'éveiller la curiosité de tous les spectateurs, quoiqu'ils aient pensé du film lui-même : alors que Logan s'apprête à franchir un contrôle avant de prendre l'avion, les métaux alentour se mettent à trembler, puis à léviter. Logan se retourne brusquement pour croiser le regard de Magneto, qui engage la discussion et sollicite l'aide de Wolverine pour contrer une arme humaine qui pourrait bien constituer une menace terrible pour les mutants. Alors que Logan demande pourquoi il devrait apporter son soutien à son ennemi, tout se fige en arrière-plan. Et surgit le professeur Xavier, disparu dans des circonstances tragiques (du moins juqu'à la scène post-générique de X-Men 3). C'est évidemment enthousiasmant, et l'on a hâte d'en savoir davantage sur cette menace si terrible qu'elle motive la réunion des deux mutants les plus puissants de la galaxie X-Men. Le voyage dans le temps et les dimensions peut commencer...

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Hello tous,

En bon fan de la saga, je ne peux que baver devant cette nouveau vidéo teasing du prochain Riddick, qui promet d'êre saignant comme on aime. Rendez-vous en septembre pour le verdict...

Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous renvoie vers le post que j'ai consacré récemment à cette franchise cinémtographique pas comme les autres : http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_90460_riddick-les-chroniques-d-un-mal-aime

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Cinéma

Illustration by *guen20

 Attention, ce post contient des spoilers

 

Et soudain, l'obscurité. En plein mois de juillet de l'année 2000, les salles obscures hexagonales accueillent quasiment dans l'indifférence générale un petit film américain qui n'a guère fait parler de lui jusqu'ici. Le réalisateur, David Twohy, y met pourtant en scène un petit pitch SF aux délicieux relents de survival sévèrement burné. C'est que, doté d'un budget de 23 millions de dollars, Pitch Black peut tout se permettre, loin du formatage à l'hollywoodienne que subissent depuis trop longtemps les films qui s'aventurent dans l'espace. Alors Twohy joue la carte de la pelloche jusqu'au boutiste, masque les limites budgétaires en posant les principes d'une action en clair-obscur. C'est dans le noir que se déroule une bonne partie du film, c'est dans le noir que vit et s'épanouit son héros. A l'époque, Riddick est un inconnu, tout comme l'acteur qui l'incarne. Vin Diesel n'a pas encore rencontré le succès avec Fast and Furious et xXx. Il ne tardera pas à passer de l'ombre à la lumière.

Pitch Black est conçu comme un one-shot. Un vaisseau de transport commercial, victime d'une collision avec des météorites, s'écrase sur une planète inconnue. Les quelques survivants sont à la base de la mythologie de la franchise. Au sein du groupe, il y a Riddick, d'abord, le détenu surveillé de près par Johns, son gardien. Il y a l'imam, accompagné de ses trois fils, en route pour la Nouvelle-Mecque. Il y a la petite Jack, aussi, et Paris, Fry, Shazza, Zeke... Il se croient seuls sur ce caillou gigantesque, mais ce n'est pas le cas. Tapies dans l'obscurité vivent des créatures qui n'attendent qu'une éclipse pour réclamer leur dîner. Et face à elles, il n'y aura guère qu'une chance de survivre : rendre à Riddick sa liberté. Mais le remède n'est-il pas pire que le mal ?

Pitch Black rend clairement hommage à Alien, joue de l'absence des créatures avant de déchaîner les enfers sur les pauvres protagonistes condamnés à fuir et à chercher les refuges les plus improbables, avant de se battre pour leur vie. L'urgence est omniprésente, elle sert de moteur à une histoire par ailleurs assez mince. Surtout, Twohi parvient, avec son équipe, à filmer l'obscurité sans y perdre de vue qu'il ne doit pas y égarer le spectateur. L'astuce est remarquable : Riddick est nyctalope, ses yeux deviennent, lorsque nécessaire, ceux de la caméra. Le spectateur est accroché à son fauteuil, la peut l'étreint sitôt la nuit tombée. Il ignore cependant, même à la fin du film, quelques petits détails qui changent tout à la portée de ce long métrage qui se suffit à lui-même. Car Riddick aurait dû mourir dans cette bataille, si les producteurs, séduits par le potentiel du personnage, n'avaient finalement décidé de le préserver pour lui offrir une suite. Quant aux quelques survivants de cette nuit d'horreur, ils sont le ciment avec lequel se bâtira la suite directe de cette épopée. Quatre ans plus tard surgira en effet Les chroniques de Riddick du côté des cinés. L'un des films de SF à mon goût les plus incompris et les plus injustement mésestimés.

 

Vous avez dit Furien ?

Le long métrage Les chroniques de Riddick sort sur les écrans français le 18 août 2004. Les ambitions du film, mues par le succès critique et DVD de Pitch Black mais aussi par la nouvelle notoriété de Vin Diesel, sont nettement revues à la hausse. Doté d'un budget de 110 millions de dollars, le nouveau bébé de David Twohy est caréné comme un blockbuster. Mais il a, surtout, l'âme d'un film de SF osant s'aventurer aux confins de l'ésotérique et du mysticisme, posant dans son scénario le postulat de l'arrivée dans l'univers d'un peuple de guerriers au service d'un fou mystique, les Necromongers, et dont l'objectif n'est autre que supprimer toute forme de vie pour s'ouvrir les portes de l'anteverse. L'anteverse est présenté comme un paradis, mais pour ouvrir ses portes, c'est le chaos et la désolation qui sont semés au fil des mondes. Quant à ceux qui survivent, ils sont "convertis" à la foi Necromonger. Marcher dans leurs pas, ou périr.

Le scénario, rédigé par David Twohy lui-même, est une allégorie, pas toujours très fine certes mais efficace, du nouveau Testament. Face au peuple Necromonger - comprendre les Romains et leur hégémonie méditerranéenne voici 2000 ans -, un seul être peut en effet faire face. Car Riddick est un Furien, le dernier héritier d'une espèce éteinte, détruite par le Haut commandeur, le chef suprême de l'armée Necromonger (Herode dans le texte). Une dimension christique du héros contrebalancée heureusement par sa nature profonde, celle d'un anti-héros total, rebelle jusqu'au bout des ongles. Mais c'est bel et bien la religion, une guerre de religions même, que dépeint Les chroniques de Riddick. C'est l'imam qui force le Furien à sortir de sa retraite en mettant (indirectement) sa tête à prix afin de donner une chance à l'humanité. C'est une conversion que tente le peuple Necromonger sur Riddick, avant de devoir admettre que sa foi en lui et sa nature même sont trop fortes pour être domptées. C'est la religion encore qui amène les Necromongers à déclencher une guerre sainte contre l'humanité, puis à prononcer une fatwa contre celui qui menace leur équilibre et leurs desseins.

Le film offre une esthétique particulièrement léchée, sublimée par une réalisation de première classe, alternant visions inspirées de mondes lointains et aventures spatiales. Il ne perd pas pour autant de vue l'ADN de Pitch Black, ce goût assumé pour l'obscurité. Le personnage de Riddick, plus pince-sans-rire que dans le premier volet, manque parfois un peu de justesse, mais il démontre un sens de l'épique qui fait plaisir à voir. Diesel croit en son personnage, et rend crédible la cause qu'il en vient un peu malgré lui à défendre. La relation entre la jeune Kira  (la petite Jack de Pitch Black) et Riddick est également l'une des forces du film, amenant son héros, plutôt froid, à montrer une autre facette de sa personnalité - et à prendre la décision d'assumer sa destinée. Un petit versant intimiste qui vient agréablement contrebalancer les ambitions visuelles du long métrage, pour le coup techniquement très ambitieux.

On a beaucoup reproché aux Chroniques de Riddick d'ouvrir des pistes scénaristiques sans réellement les exploiter. C'est sans doute ce qui a coûté cher à l'oeuvre, tant sur le plan critique qu'en termes de nombre d'entrées. Avec 115 millions de dollars de recettes mondiales au cinéma, le film fut de fait un échec assez retentissant. Injuste cependant, car l'oeuvre n'était pas à concevoir comme une fin en soi. Twohi et Diesel envisageaient en effet d'en faire une trilogie, la suite devant initialement permettre à Riddick de se confronter à l'anteverse. Il faut également noter que le long métrage existe en deux versions, la première, diffusée au cinéma, étant amputée d'une bonne quinzaine de minutes explicitant, entre autres, la mythologie furienne et la prophétie annonçant la venue de Riddick face aux Necromongers. Moins fluide, cette version étendue gagne en clarté et précise certains aspects obscurs du scénario, à commencer par la personnalité du Purificateur, si radicalement surprenant dans le métrage initial.

 

Riddick revient

L'échec commercial du film aura évidemment durablement mis un terme à l'ambition de constituer la franchise en véritable saga du septième art. Mais pour une fois, la logique comptable a pu être contournée. Les Chroniques de Riddick, qui ont valu à Diesel d'être nominé aux Razzie Awards pour sa prestation, ont peu à peu conquis un public de fidèles au gré des éditions DVD, puis blu-ray. Les adpatations de l'univers Riddick, que ce soit en dessin animé (Dark Fury en 2004) ou en jeux vidéo (Escape from Butcher Bay en 2004 puis Assault on dark Athena en 2009) ont également redoré le blason de la saga tant par leur qualité que par leur succès public. Quant à Vin Diesel, sa récente renaissance dans la franchise Fast and Furious a refait de lui un acteur résolument "bankable".

Au point mort pendant plusieurs années, l'idée d'une suite a donc peu à peu émergé. Ce qui a malgré tout un prix: Riddick (c'est le nom du troisième film de la franchise) revient à une dimension plus modeste, le budget étant revu nettement à la baisse comparé au précédent volet. Mais ceci lui permet de renouer plus radicalement avec le premier opus, tout en s'affranchissant des contraintes d'un blockbuster qui fut en son temps astreint à nombre de coupes pour s'octroyer un PG-13 plutôt qu'un classement R (déconseillé aux moins de 17 ans). Riddick sera donc sec comme un coup de trique, et devrait constituer une expérience visuelle de tout premier ordre pour ceux qui cherchent la tension devant un écran de cinéma.

Riddick se fera à nouveau expérience survival, sans pour autant oublier de faire le lien avec le reste de la franchise : l'on y apprendra comment le Furien a été trahi par les Necromongers, puis déposé sur une planète hostile, peuplée de créatures qui n'ont rien d'amical. David Twohy, à nouveau à la réalisation, a réussi à s'affranchir de la tutelle des studios, en grande partie grâce à Vin Diesel qui a accepté de tourner pour un cachet nettement plus réduit qu'à l'accoutumée. Fan de la franchise, l'acteur a en effet demandé à ses fans ce qu'il devait faire, sachant que son engagement sur le film ne serait pas rentable pour lui. Et 8000 commentaires sur facebook ont suffi à le convaincre qu'il ne pouvait pas s'affranchir de cette tâche. Je vous renvoie, en l'occurrence, à l'excellent dossier paru ce mois-ci dans le magazine Mad Movies et faisant le point sur le sujet.

De ce que les journalistes de Mad Movies ont pu voir, d'ailleurs, le film renoue avec l'esprit primal du personnage, avec la radicalité des plans, la sécheresse des décors et l'ultra-violence des scènes d'action. Riddick veut ressusciter les pelloches sans concession des années 80, proposer à nouveau une expérience SF mue par sa mise en scène et son histoire plus que par l'esbrouffe visuelle - fans de Prometheus, suivez mon regard. C'est évidemment de très bon augure, et c'est une initiative que tous les fans de ce cinéma à l'ancienne, libre et non formaté, se devront de soutenir. Car c'est à ce prix seulement que Riddick pourra peut-être, enfin, accomplir sa destinée...

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Cinéma

Yop tous,

Non, non, je ne suis pas du tout impatient à l'idée de tâter du monstre...

Le trailer final :

 

La scène d'intro du film :

 

Les messages pirates :

 

L'interview de l'excellent Benedict Cumberbatch, qui tient à bout de bras la cultissime série TV anglaise Sherlock et interprète le bad guy du long métrage :

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Cinéma

Hello tous,

Né en 1976, je fais partie de cette génération qui a connu le premier âge d'or des séries TV, avant le temps de la renaissance lancé dans les années 1990 par les X-Files. Si aujourd'hui, tout le monde parle des 24h chrono (qui va avoir droit à une nouvelle saison de 12 épisodes, en passant), Breaking Bad, Mad men et autres Game of Throne, il fut une autre époque, bien plus reculée, durant laquelle le petit écran offrit, de manière assez remarquable, une alternative aux salles obscures. C'est en ces années-là que j'ai grandi, durant lesquelles je fus biberonné, comme toute ma génération, par l'Incroyable Hulk, Les têtes brûlées, L'homme qui valait trois milliards, Wonderwoman, Supercopter...

De cette époque, je conserve précieusement, gravés dans un coin de ma mémoire, les visages des stars de mon enfance. Ce sont eux que je vous propose de découvrir aujourd'hui. Il est  temps de rendre hommage à ceux qui ont prêté leurs traits à ces figures héroïques dont on ne pouvait guère concevoir à l'époque - sauf exception - qu'ils soient autre chose qu'un modèle à suivre pour les enfants et les adolescents. Ca c'était des héros, maman !

 

Lee Majors

En pensant à la TV des années 70-80, impossible d'échapper à la figure, archi-dominante à l'époque, de Lee Majors : de son vrai nom Harvey Lee Yeari, né en 1939 dans le Michigan, l'acteur a très largement régné sur les petits écrans via deux séries majeures : L'homme qui valait trois milliards (The six millions dollars man) de 1973 à 1978, puis L'homme qui tombe à pic (The Fall Guy), de 1981 à 1986. Le colonel Steve Austin, dans la première, se voyait offrir un corps bionique suite à un crash d'avion militaire expérimental, et mettait sa force et sa vitesse surhumaine au service de la nation américaine. Colt Seavers, lui, était un cascadeur de tout premier plan qui menait pas mal d'enquêtes sur son temps libre pour retrouver des fugitifs, avec l'aide de ses deux acolytes, le naïf Howard (Douglas Barr) et la superbe Jody (Heather Thomas). Ambiance country et Amérique profonde à la clé, oh yeah !

Majors fut un pur produit de la télévision. Quelque 25 longs métrages figurent sur sa filmographie, mais aucun d'entre eux n'est marquant, et ne lui permit en tout cas de percer sur le grand écran.  Le septuagénaire -  il a 74 ans - reste en tout cas une véritable légende pour tous les trentenaires d'aujourd'hui. Et ses deux séries principales restent tout-à-fait regardables à l'heure actuelle, ce qui est remarquable.

 

Robert Conrad

Si un acteur peut disputer la suprématie du petit écran à Lee Majors, c'est bien lui : né en 1935 dans l'Illinois, Konrad Robert Falkovski a lui aussi brillé  au fil des séries TV, sa carrière sur grand écran n'ayant jamais réellement décollé. Une dizaine de films, aucun succès notable... Sans doute Robert Conrad a-t-il souffert d'une image trop marquée par les rôles qu'il a tenus dans les  années 1960 et 1970. Car Conrad fut James West dans les Mystères de l'Ouest (Wild Wild West) de 1965 à 1969, mais aussi  Mitch Cantrell dans Mannix (1969) et, surtout, le major Greg "Pappy" Boyington dans Les têtes brûlées (Baa Baa Black Sheep, 1976-1978). Le meneur d'hommes perdu sur une île du Pacifique attaquée sans cesse par les "Zeros" en pleine Deuxième Guerre mondiale est une véritable légende du petit écran, et la série constitue l'une des premières évocations du front extrême-oriental du conflit mondial. Intelligente et foutrement bien réalisée, la série est un pur moment de bonheur.

 

Lynda Carter

Un peu de grâce dans ce monde de mecs. Lynda Carter, née en 1951 en Arizona, fut la femme d'un seul grand rôle, ses autres apparitions à l'écran, grand ou petit, s'étant la plupart du temps soldées par un résultat peu mémorable. Mais celle qui fut la représentante des USA au concours Miss Monde de 1972 reste une véritable icône pour ma génération, puisqu'ayant incarné la sublime Wonderwoman dans la kitchissime série éponyme, de 1975 à 1979. La reine des Amazones y cotoyait le monde des hommes en s'offrant une double identité à l'instar de Superman. Et quand Diana Prince enlevait ses lunettes et son tailleur, c'était pour sauver le monde et rendre les adolescents de l'époque tout chose. Lynda Carter était bonne actrice, qui plus est. Mais, surtout, dieu qu'elle était belle...

 

Patrick Duffy - Larry Hagman

Impossible d'évoquer l'un sans citer l'autre, parce que leur succès est indissociable. Patrick Duffy, c'est Bobby, dans la série culte Dallas (1978-1991!), tandis que Larry Hagman y incarne le redoutable JR Ewing, homme d'affaires prête à tout pour écraser ses rivaux. Né au Texas en 1931, Larry Hagman est décédé en novembre dernier et laisse derrière lui l'image du businessman au chapeau de cowboy le plus culte de l'histoire des séries TV. Patrick Duffy, né en 1949 dans le Montana, a lui connu d'autres succès notables, dont celui de L'homme de l'Atlantide (1977-1978) dans la période qui nous intéresse. Mais il enregistre d'autres classiques dans les années 1990 et 2000. Il a récemment repris son rôle dans la suite de Dallas, en tournage, et dont la diffusion est prévue prochainement en France, sur TF1.

 

Angela Lansbury

Enorme carrière à Broadway et au cinéma, mais surtout rôle culte pour cette actrice anglaise naturalisée américaine : Angela Lansbury restera dans les mémoires pour son interprétation de la romancière et passionnée d'enquêtes policières Jessica Fletscher dans la très élégante série Arabesque, de 1984 à 1996. A bientôt 90 ans, l'actrice a disparu depuis peu de temps des écrans, puisqu'elle figurait encore au casting de Mr Popper et ses pingouins en 1991. Mais sa longévité force le respect, d'autant qu'Angela Lansbury n'a jamais transigé sur la qualité des oeuvres auxquelles elle associait son nom.

 

Jan-Michael Vincent

Son nom est moins connu que celui des acteurs précités, mais son visage est gravé dans mémoires. Jan Michael Vincent, né en 1944 et et à la carrière discrète, est sorti de l'ombre en interprétant de 1984 à 1986 le rôle cultissime de Stringfellow Hawke dans la série Supercopter (Airwolf). Une interprétation assez sombre, un personnage torturé, un série solide et bien racontée. Il n'en fallait pas davantage pour faire passer Airwolf et son acteur principal à la postérité.

 

Tony Curtis - Roger Moore

L'un des plus beaux duos de l'histoire des séries TV est sous nos yeux. Né à New York en 1925 et décédé en 2010, Tony Curtis, immense acteur du grand écran (Vikings, Spartacus, pour ne citer qu'eux), accepte en 1971 de tourner aux côtés d'un autre géant, Roger Moore, pour unr drôle d'histoire associant un richissime chien fou américain à un lord british à la vie dissolue. Le duo formé par Danny Wilde et Brett Sinclair dans Amicalement vôtre (The persuaders) reste aujourd'hui encore l'un des plus grands moments de télévision et se regarde toujours avec bonheur.

Pour la bonne bouche, on notera que Roger Moore, né en 1927 à Londres, a de son côté une autre série à son actif, et pas des moindres : Le Saint (Simon Templar, 1962-1969). Quelques années plus tôt, en 1959-1960, il tournait également Ivanhoé...

 

Bruce Willis - Cybill Sheperd

Qui se souvient que la notoriété de Bruce Willis s'est construite à la télévision ? L'acteur américain qui a tout emporté sur son passage avec Die Hard a en réalité construit son image dans la série Clair de lune (dans le rôle de David Addison), aux côtés de l'excellente Cybill Sheperd qui lui tenait lieu d'alter ego féminin. Le duo d'enquêteurs a oeuvré de 1985 à 1988, laissant un bon souvenir aux téléspectateurs.

 

Patrick Mc Nee - Joanna Lumley

Impossible de faire l'impasse, dans cette sélection, sur Patrick Mc Nee, immortel dans le rôle de John Steed dans la série Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers). Né en 1922 à Londres, Mc Nee a endossé le rôle de cet enquêteur hors pair de 1961 à 1969, puis en 1976-1977. Il est intéressant de noter que le personnage était toujours accompagné d'une charmante et redoutable coéquipière, dont la plus emblématique reste Emma Peel (interprétée par Diana Rigg de 1965 à 1967). Pour ma part - et je sais que les puristes vont crier au scandale - j'ai préféré la deuxième série, The New Avengers (1976-1977), dans laquelle Steed était associée à Purdey (Joanna Lumley) et Gambit (Gareth Hunt). Plus moderne, plus rock aussi.

 

David Hasselhof

Un peu de mal à l'intégrer à la sélection, mais difficile de l'oublier totalement. David Hasselhof, avant Alerte à Malibu, c'était K2000 (1982-1986) Il y incarnait Michael Knight, un aventurier des temps modernes accompagné d'une voiture intelligente et facétieuse, au service de la veuve et de l'orphelin. Classe.

 

Paul Michael Glaser - David Soul

Le petit brun au sang chaud, le blondinet futé comme pas deux, et voilà l'un des plus cultissimes duos de la TV qui s'avance : Starsky et Hutch ont régné sur les écrans français durant toutes les années 1980. Paul Michael Glaser (Starsky), né en 1943 dans le Massachusets, et David Soul (Hutch), né la même année à Chicago, ont rythmé la série aux USA de 1975 à 1979, et les épisodes ont été rediffusés en boucle en France jusque dans les années 1990. Rien de plus à dire, les deux gaillards n'ayant pas de véritable fait d'arme par ailleurs, mais la série reste un incontournable aujourd'hui encore. Pour le plaisir, le générique français ci-dessous...

 

Don Johnson

A 64 ans, Don Johnson est une légende, un acteur qui a marqué de son empreinte aussi bien le cinéma - on l'a encore apprécié dans le Django Unchained de Tarantino tout récemment - que le petit écran (malgré un passage à vide dans les années 1990). Et petit écran pour grand moment de série TV, puisque Don Johnson n'est autre que LE Sonny Crockett de la série culte de Michael Mann Deux flics à Miami, de 1984 à 1990. Son partenaire, Ricardo Tubbs aka Philip Michael Thomas, n'a pas connu une destinée aussi flamboyante, hélas.

 

Michael Landon

Né en 1936 à New York, Michael Landon a fait pleurer l'Amérique - puis le monde, par extension. Parce que Landon, c'est le papa courage de La petite maison dans la prairie, de 1974 à 1983, mais également l'ange Jonathan Smith dans Les routes du paradis, de 1989. Deux séries que l'on qualifie volontiers de cucul aujourd'hui, mais qui ont fait sortir les mouchoirs dans les chaumières durant des années. J'ai versé ma petite larme en apprenant sa mort, d'un terrible cancer, en 1991. Impossible de ne pas rendre hommage à Michael Landon ici. Un mec bien.

 

George Peppard

En voilà un dont on n'oubliera jamais la sentence la plus culte de l'histoire des séries TV : "J'adore quand un plan se déroule sans accroc". George Peppard, c'est le colonel Hannibal Smith, à la tête de la fameuse A-Team de L'agence tout risque (1983-1987). Peppard, né en 1928 dans le Michigan, est décédé en 1994. Il laisse derrière une filmographie conséquente, dont l'excellent Diamants sur canapé avec Audrey Hepburn, mais on gardera de lui l'image du mercenaire adepte du cigare gros comme un baton de chaise.

 

Erik Estrada

Né en 1949 à New York, Erik Estrada a été très actif mais peu visible dans le monde du cinéma. Son coup d'éclat, il le doit à la série CHiPs, de 1975 à 1983, dans laquelle il incarne l'un des deux motards de la police californienne héros de l'aventure, Poncherello, aux côtés de Larry Wilcox (l'officier Jon Baker). Un pur classique, m'sieurs dames !

 

Richard Dean Anderson

Né en 1950 à Minneapolis, Richard Dean Anderson a connu la gloire en incarnant l'illustre Angus Mac Gyver dans la série éponyme (1985-1992), absolument culte et incontournable. Mais pas que, puisque dans les années 2000 il a largement contribué à faire de la série Stargate SG-1 un véritable succès. On ne peut s'empêcher de penser qu'Anderson aurait mérité une carrière au cinéma, qui reste le grand échec de sa vie professionnelle...

 

Johnny Depp et Richard Grieco

Ces deux p'tits gars se sont à peine croisés, mais leur trajectoire est immuablement associée à l'histoire de la série 21 Jump Street (1987-1990). Le premier a laissé la place au second pour connaître la gloire sur grand écran. Richard Grieco, lui, a prolongé l'aventure avec une série monumentale, Booker, qui n'a hélas eu droit qu'à une seule saison (1989-1990). Putain, quelle série ! Et quel générique (Hot in the city, Billy Idol) !

 

Kyle Mac Lachlan

Né en 1959 à Yakima, Kyle Mc Lachlan ne laissera pas derrière lui l'image du pauvre troisième mari de Bree dans Desperate Housewives, mais bel et bien celle de l'enquêteur du FBI Dale Cooper, confronté à l'étrange et à la folie meurtrière dans la série cultissime de David Lynch, Twin Peaks. Sa belle carrière sur grand écran a gravé son visage dans toutes les mémoires, et l'on a hâte de le revoir dans un grand rôle.

 

Bill Bixby - Lou Ferrigno

J'en ai déjà parlé sur ce blog en détails, alors je ne m'attarderai pas : Bill Bixby (David Banner, 1934-1993) et son alter-ego tout vert (Lou Ferrigno, aka Hulk, 1951- ) ont passionné les familles du monde entier avec L'incroyable Hulk (1977 - 1982). Des téléfilms ont par la suite complété l'histoire, et l'on en garde le souvenir d'une tonalité assez sombre, auquel le deuxième long métrage dédié à la créature et réalisé dans les années 2000 - dans lequel Banner était incarné par Edward Norton - a voulu s'approcher, sans hélas aller au bout de ses intentions. Dommage, car la série reste à l'heure actuelle ce que l'on a vu de mieux sur le géant vert de Marvel.

 

Peter Falk

Son imper, son chien et sa femme ont bercé mon enfance et mon adolescence. Columbo, c'est le meilleur souvenir de série policière de ma jeunesse. Peter Falk, immense acteur qui nous a hélas quittés en 2011 à l'âge de 83 ans, y a rencontré le rôle de sa vie. Columbo est un record, puisque la série a existé 35 ans, de 1968 à 2003. Le premier épisode fut réalisé à l'époque par un jeune metteur en scène prometteur, un certain Steven Spielberg. Ne pas avoir vu cette série relève du crime impardonnable.

 

Simon Mac Corkindale

Un illustre inconnu qui s'avance ? Pas vraiment, car vous avez sans doute tous vu son visage au moins une fois. Simon Mac Corkindale n'est autre que le héros de l'excellent mais trop bref Manimal (1983). Né en 1952, cet acteur éminemment sympathique, un temps considéré comme un  James Bond potentiel, nous a quittés en 2010. On se souviendra aussi de lui à travers son rôle marquant dans Mort sur le Nil, adaptation du roman d'Agatha Christie, en 1978.

 

Tom Selleck - John Benedict Hillerman

Attention, place à mes chouchous. Faut-il encore présenter ce duo cultissime, qui a illuminé la série Magnum 161 épisodes durant, de 1981 à 1988 ? Tom Selleck y incarnait l'insouçiant détective Thomas Magnum, ancien du Vietnam aux blessures secrètes profondes, et John Benedict Hillerman donnait vie au redoutable majordome british Higgins, dont on aura hésité jusqu'au bout sur la véritable identité. Etait-il oui ou non le romancier à succès Robin Masters ? La réponse dans les DVD...

Né en 1945, Tom Selleck a récemment renoué avec le succès dans la très bonne série Blue Bloods. John Hillerman, né en 1932,  a disparu des écrans depuis 1993, à mon grand désespoir...

 

Marc Singer - Jane Badler

Des noms moins connus que d'autres, mais deux rôles titre dans un classique des séries TV. Né en 1948 à Vancouver, Marc Singer a incarné le reporter résistant Mike Donovan dans la série V (1983-1985), tandis que Jane Badler, née en 1953 à Brooklin, a immortalisé le rôle de la diabolique extraterrestre Diana. Une série qui n'aura pas réussi à aller jusqu'au bout de son histoire, annulée trop tôt, mais qui a laissé bien des frayeurs aux téléspectateurs de l'époque. On notera que Michael Ironside y a fait une apparition remarquée, également, en tant que mercenaire prêt à tout pour éradiquer la menace alien. Définitivement un must.

 

William Shatner - Leonard Nimoy

De 1966 à 1969, ces deux gars-là ont marqué l'histoire de la télé au fer rouge, à travers la première série consacrée à Star Trek. Né en 1931 à Montreal (Canada), William Shatner y incarne à l'époque le capitaine James T. Kirk, tandis que Leonard Nimoy (né en 1931 à Boston), lui sert de partenaire privilégié en incarnant le Vulcain Spock. Lequel des deux personnages est le plus emblématique de la série ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c'est que les deux acteurs ont connu une carrière bien remplie après leur passage par l'Enterprise. Dont le rôle principal dans Hooker de 1982 à 1986 pour Shatner et pas mal de films tirés de l'univers Star Trek pour Shatner et Nimoy durant les années 1990.

 

Voilà, on arrive au bout de ce post évidemment subjectif et partiel. L'article a néanmoins été pensé, et conçu je l'espère, de telle sorte qu'il puisse vous donner l'envie et les moyens de vous pencher sur le cas de ces séries un peu oubliées. Leur qualité fait qu'elles méritent de faire un tour par vos lecteurs blu-ray ou DVD. Des heures de plaisir en vue pour les nostalgiques...

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Cinéma

Hello tous,

Voici quelques semaines, je vous présentais ici même le premier trailer, très bref, du prochain film d'animation dédié au plus emblématique des héros de Leiji Matsumoto, Captain Harlock. On en sait désormais un peu plus, puisque qu'une nouvelle bande annonce a accompagné la promotion du long métrage, intitulé Space Pirate Captain Harlock, au festival de Cannes. D'une durée de 2:23, celle-ci mixe habilement images impressionnantes et bande son rock bien fichue (quoique contestable eu égard à l'esprit général plus dark de la série). Elle a surtout le mérite de rassurer les fans sur la présence des figures emblématiques de la saga, de Tadashi à la jolie Kei Yuki, en passant par la douce harpiste extraterrestre Mimay. On espère simplement que le meilleur ami de Harlock, Toshiro, sera lui aussi de la partie.

Pour l'heure, aucune indication quant au scénario, écrit par Harutoshi Fukui (Mobile Suit Gundam UC). Ce qui est acquis, c'est que le film, réalisé intégralement en CGI par Shinji Aramaki (Appleseed et Starship Troopers Invasion), sortira au Japon le 7 septembre prochain. La version internationale étant d'ores et déjà en production, on peut imaginer que le film arrivera sur les écrans français avant la fin de l'année. Par ailleurs, je n'ose même pas imaginer que Space Pirate Captain Harlock n'ait pas les honneurs du grand écran, une version 3D étant annoncée. J'ai beau ne pas être adepte de cette technologie, pour une fois la stéréoscopie pourrait constituer une expérience réellement convaincante tant les odyssées spatiales semblent idéalement se prêter à ce type de visualisation.

Le trailer est visible ci-dessous. Difficile de ne pas y être subjugué par l'esthétique proposée, fidèle au trait de Matsumoto tout en marchant dans les pas du remarquable Endless Odyssey réalisé voici quelques années par le génial Rin Taro pour Madhouse. Mimay a désormais une bouche, l'Arcadia poursuit son évolution vers le tout métal et Harlock gagne encore en élégance, ce qui ne sera pas pour déplaire aux fans. Un point crucial de la bande annonce, enfin, tient à ces quelques mots :

        The most powerful force in the universe is hope

C'est là l'occasion pour les créateurs du film d'affirmer que le principal moteur narratif de la série originale - le souffle de la liberté et l'espoir de temps et d'un monde meilleurs - ne sera pas dévoyé. Autant dire que l'on attend impatiemment de pouvoir goûter à cette merveille annoncée...

 

Pour ceux qui auraient raté le précédent trailer :

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Cinéma

Hello tous,

Deuxième post de la journée, pour cette vous parler du prochain film d'Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme, m'voyez?) Intitulé Gravity, le long métrage s'emparera du thème cher à nos coeurs de la science-fiction pour raconter l'histoire de deux spationautes victimes d'une catastrophe spatiale et soudain livrés à eux-même,à la dérive dans l'immensité de l'univers.

La bande-annonce, aboslument saisissante, renvoie à cette peur du vide, du manque de prise de l'homme sur son environnement qui avait en son temps fait des Dents de la mer de Spielberg un film culte. Quelque chose me dit que Gravity, servi par la présence de George Clooney et Sandra Bullock, est bien parti pour prendre le même chemin, tant les premiers retours sont déjà enthousiastes.

Je vous laisse apprécier le premier trailer, en attendant le film sur vos écrans le 23 octobre prochain...

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