Rêves électriques

Rêves électriques

Par Noiraude Blog créé le 17/09/10 Mis à jour le 04/09/17 à 00h15

30 ans de passion pour les jeux vidéo, le Japon et le cinéma, ça laisse forcément des traces. Vous voulez en savoir plus?

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Société

 

 

Hello tous,

Peut-être avez-vous déjà vu quelque part, ou lu, cette abréviation : RLA. Derrière ces trois lettres se cache une inquiétante réalité, dont on commence à peine à mesurer les perspectives. Les RLA, ce sont les robots létaux autonomes, des machines que l'on croyait durablement cantonnées aux salles obscures et aux films de science-fiction désabusés, et dont on sait désormais qu'elles sont l'avenir des conflits militaires. L'avenir, et même déjà le présent dans la mesure où les drônes n'ont fait que préfigurer l'avènement de cette technologie : les "robots tueurs" seraient d'ores et déjà fin prêts pour s'installer au beau milieu des théâtres de conflit.

Bien évidemment, l'on n'en est pas encore au stade du fameux T-800 qui a immortalisé cette figure de la machine de guerre autonome dans la sphère du septième art. A l'heure actuelle, la technologie en est arrivée au niveau de l'assistance au choix, lequel est toujours réservé à l'homme. Ce sont ainsi les machines, de plus en plus, qui sont chargées d'analyser les différents paramètres, d'un tir par exemple, et de proposer la solution la plus optimisée à l'opérateur qui donne son aval. Mais à l'échelle de quelques années apparaîtront des machines de plus en plus sophistiquées, prévient notamment Frank Rieger, directeur technique d'une entreprise de sécurité informatique et, depuis 1990, l'un des porte-paroles du Chaos Computer Club, l'une des organisations de hackers les plus influentes d'Europe. On peut aller encore plus loin : les machines intelligentes, capables en totale liberté de décider de la vie ou de la mort d'hommes, pourraient surgir sur les champs de bataille d'ici 20 à 30 ans, estime l'ONG Human Rights Watch dans un rapport intitulé "Loosing Humanity" particulièrement éloquent sur le sujet (à lire en anglais en cliquant ici). Cela pourrait même aller plus vite, si l'on se fie au reportage ci-dessous, qui évoque l'échéance... 2015 pour l'armée américaine.

L'enjeu, évidemment, est faramineux, car il va d'un intérêt stratégique de premier ordre. Celui qui maîtrisera en premier cette technologie prendra en effet un avantage décisif en cas de conflit. Raison pour laquelle, continue Frank Rieger dans son texte passionnant (à lire ici en français), la question tarauderait nombre d'Etats, inquiets à l'idée que certains gouvernements moins regardants qu'eux sur les droits de l'homme et capables de progresser rapidement sur un plan technologique puissent prendre la tête de cette nouvelle course à l'armement. Car la compétition a bel et bien commencé, et elle fait rage, écrit encore Frank Rieger :

"Nous sommes au début d'une course aux armements dans le domaine des algorithmes pour l'autonomie létale. Le plus rapide et le moins scrupuleux à utiliser de tels systèmes malgré tous les défauts peut selon la logique de cette course aux armements obtenir des avantages stratégiques et financiers considérables. La nouvelle course aux armements marque un tournant aussi pour les chercheurs qui dans le domaine universitaire travaillent sur les robots et l'intelligence artificielle. Pratiquement chaque domaine de recherche est lié à la construction de nouvelles armes intelligentes".

Difficile pour moi de ne pas penser à des règles que je croyais inviolables. Il est en effet inquiétant de noter que les trois lois fondamentales de la robotique (en réalité quatre), posées par Isaac Asimov dès 1942, ont depuis longtemps été évacuées de la réflexion militaire. Les voici ci-dessous, pour rappel :

  • Loi Zéro : Un robot ne peut pas faire de mal à l'humanité, ni, par son inaction, permettre que l'humanité soit blessée.
  • Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger, sauf contradiction avec la Loi Zéro.
  • Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première Loi ou la Loi Zéro.
  • Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième Loi ou la Loi Zéro.

 

Militantisme pour un moratoire

Autant se faire une raison : sans que l'on s'en soit rendu compte, ces principes ont été jetés au rebus. La question, pourtant fondamentale, du droit d'une machine à tuer, aux implications pourtant vertigineuses, n'a plus droit de cité. Aujourd'hui, la question se pose simplement de savoir comment encadrer cette future capacité de destruction. Les problématiques posées sont celles de la préservation des civils, des limites posées par le droit de la guerre, de la capacité de l'unité robotique à distinguer un danger immédiat d'une cible non agressive. C'est un constat de réalisme d'ailleurs dressé dans le rapport de Christophe Heyns, un expert de l'ONU pour ces questions, dans un rapport rendu public le 9 avril dernier (et que l'on peut lire ici).

 

Christof Heyns. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

Christof Heyns, qui pose heureusement avec force la question du droit moral d'une machine à administrer la mort, a bien pris conscience de la révolution sociétale qui est en train de se jouer à l'abri des regards. Car demain, l'arme deviendra le combattant. Alors, son rapport tente de mettre en place des garde-fou, et l'homme de proposer récemment devant le conseil des droits de l'homme un moratoire sur les armes létales automatisées qui resterait en vigueur jusqu'à ce que soient résolues des interrogations philosophiques et légales majeures :

- celle, fondamentale, de l'inhumanité de la machine, certes capable de rester rationnelle en toutes circonstances, mais nécessairement dépourvue d'émotions et donc incapable de faire preuve de pitié. En corollaire, celle de la capacité de la machine à distinguer un combattant d'une personne non engagée.

- celle des responsabilités en cas de mort d'un innocent : à qui faudrait-il faire porter le poids de la culpabilité ? Le constructeur, le programmeur, le militaire ?

- celle de la nature même d'une "guerre" opposant deux parties dont l'une ne souffre pas de pertes humaines. Peut-on alors encore parler de guerre ? Ou faut-il commencer à parler de "chasse" ?

- celle, enfin, de la distanciation physique et psychologique induite par ce type de technologie entre l'utilisateur d'un robot autonome et sa victime.

Christophe Heyns pointe du doigt un dernier aspect non négligeable, à savoir que la généralisation des robots létaux autonomes pourrait avoir pour conséquence l'augmentation des conflits armés, sans pertes humaines. Il y aurait à craindre une nouvelle course à l'armement telle que l'humanité l'a connue dans la deuxième moitié du XXe siècle. Un ensemble de raisons qui ont d'ailleurs poussé Human Rights Watch à fédérer toute une série d'ONG dans le cadre d'une campagne internationale pour l'interdiction préventive des robots capables de cibler et d'ouvrir le feu sans l'intervention d'un opérateur humain (cf: Le Monde).

 

Tueur, ou ange gardien ?

 

Autant dire que c'est un débat majeur qui attend notre société mondialisée, et il nous appartient de nous emparer alors qu'il est déjà, sur le point de nous échapper tant la technologie saute à pas de géant de progrès en progrès. Et à l'heure où cette technologie remplace peu à peu l'homme dans ses activités civiles et professionnelles, il est vrai qu'il peut être tentant de remplacer également le soldat par une machine afin de limiter ces pertes humaines toujours si mal vécues par nos sociétés avancées. Mais que l'on soit sûr d'une chose : cela n'ira pas sans conséquences. En poussant la réflexion dans ses retranchements, il se trouve déjà des experts pour pointer du doigt la faiblesse de cette option de civilisation : un simple algorithme qui donne à la machine le droit de vie ou de mort sur l'homme, c'est bien peu de choses pour nous protéger de nos propres créations. De manière plus réaliste, l'on est en droit de se demander si notre propension à la paix n'est pas justement liée à notre crainte de trouver la mort dans le conflit. En ce sens, le robot n'aurait-il pas davantage sa place à soutenir, soigner, secourir un soldat blessé plutôt qu'à prendre les armes, nous incitant à réveiller ce moi belliqueux que deux guerres mondiales ont à peine suffi à étouffer ?

 

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/24/la-campagne-pour-l-interdiction-des-robots-tueurs-se-trompe-t-elle-de-cible_3435578_3232.html

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/18/le-spectre-des-robots-tueurs_3432237_3210.html

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8e15796-c962-11e2-b77f-99191a1f2183/Un_moratoire_pour_les_robots_tueurs#.UcoV6DvJSqE

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Les-robots-tueurs-dans-le-viseur-des-humanitaires-29947555

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30428&Cr=drones&Cr1=#.UcoYgTvJSqF

http://www.rue89.com/2012/11/23/un-terminator-operationnel-dici-vingt-ans-les-ong-salarment-237239

http://www.alternatives-internationales.fr/l-ethique-du-drone_fr_art_1219_64242.html

http://www.lesauterhin.eu/?p=1804

http://dommagescivils.wordpress.com/2013/04/30/lappel-a-une-pause-dans-le-developpement-des-robots-tueurs-des-nations-unies/

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Commentaires

Sharn
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Sharn
La transition démographique c'est sympa je connais hein. On a tous vu ça au collège/lycée. Maintenant pour arriver à ce stade va falloir que le niveau de vie augmente avec le niveau d'instruction mais d'ici là la planète va pas apprécier que tout le monde consomme comme un américain. C'est bien beau le soft power de l'oncle sam mais ça a mis dans la tête de beaucoup de gens qu'on va vivre avec 3 voitures, une superbe maison et manger comme des fous. C'est pas possible. Alors soit c'est stérilisation automatique, soit c'est augmentation extrêmement rapide du niveau d'instruction dans les pays qui pondent le plus mais vu la gueule des pays concernés c'est pas prêt d'arriver, soit c'est une guerre mondiale qui va faire beaucoup de mort, soit on croise les doigts pour l'équivalent d'une bonne peste noire.
Dans le cas contraire on va pas apprécier. Si la stérilisation te fait si peur va falloir passer à des trucs plus soft comme le contrôle des naissances par les aides de l'Etat comme l'a dit Kelun.

Sinon un statut (même de Rome) ça se change hein.
Blinis
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Blinis

Donc en gros, on pense pas comme vu on a pas le droit à la parole c'est ça ? Même si dernières sont un peu extrêmes voire cruelles ?


Ce n'est pas "un peu extrême", c'est un délit. La stérilisation forcée étant un crime contre l'humanité, tes propos et ceux de Sharn tombent presque sous le coup de la loi sur la liberté de la presse (modifiée en 2004), qui condamne de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende l'apologie de crime contre l'humanité.

Réfléchissez deux secondes (voire quatre) à la pile de bêtises que vous nous avez assené.
Noiraude
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Noiraude
Essaye de sortir ça de face à un interlocuteur, tu verras sa réaction Kelun...
Kelun
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Kelun
Donc en gros, on pense pas comme vu on a pas le droit à la parole c'est ça ? Même si dernières sont un peu extrêmes voire cruelles ?
Blinis
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Blinis

Et heureusement devrais-je dire, tant cette "moyenne" a tendance à se radicaliser ces dernières années. Parfois, la responsabilité du politique est aussi de protéger le citoyen de lui-même.


C'est compliqué, et tu vois bien où tout ça peut nous mener... Mais on dépasse largement le cadre du sujet ;)
Noiraude
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Noiraude
Merci, Blinis. J'étais justement en train de reprendre un par un les éléments qui me choquaient dans les précédents commentaires, et je ne peux qu'approuver ce que tu écris. Les gars, sans rire, c'est pas sain des idées de ce genre. Aussi je vous propose de tout dégager de ce post, parce que franchement, je veux croire que les mots ont dépassé votre pensée.

Blinis: Je suis bien conscient que l'acception du terme "politique" qui sous-tend mes propos n'est pas celle en vigueur dans la réalité. Pourtant, il fut un temps où la philosophie pétrissait la politique de ses idées, et c'est à cela que je faisais référence. Maintenant, peut-être le conseil des droits de l'homme à l'ONU est-il, de fait, le meilleur endroit pour mener cette réflexion aujourd'hui. Mais encore faut-il que les Etats admettent l'idée d'un moratoire. Quand à sonder le peuple pour savoir ce qu'il attend, c'est une fausse bonne idée: nous ne sommes pas la moyenne des valeurs qui ont cours dans notre société. Et heureusement devrais-je dire, tant cette "moyenne" a tendance à se radicaliser ces dernières années. Parfois, la responsabilité du politique est aussi de protéger le citoyen de lui-même.
Blinis
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Blinis
Noiraude : je sais pas si le politique doit penser le bien commun, plus prosaïquement en général il essaie vaguement de faire pourquoi il est élu (vue positive), ou au moins rien qui ne compromette ses intérêts et/ou sa réélection (vue négative). Or, à en croire les sondages, la population est largement favorable à l'usage des drones à l'extérieur du territoire domestique. Ça ne présage pas trop de l'opinion du public sur les robots (on peut espérer que Terminator ait fait son travail de sensibilisation), mais ça donne un indicateur de ce que l'on peut penser de la guerre sans humains, au moins pour un des deux côtés.

Pour le coût des drones : effectivement, un Predator coûte 4 millions de dollars. En réalité, ce n'est pas si élevé que ça, considérant que sa taille et son design en fait un objet quasiment totalement furtif, à peu près jamais repéré, avec un coût de fonctionnement minime, un résultat garanti et un taux de retour de quasi 100%. L'équivalent tactique est l'unité commando d'une quinzaine d'hommes, que tu formes, entraines, héberges et nourris, que tu parachutes parfois dans des territoires interdits en utilisant des hélicoptères, pour un résultat non garanti et un risque de perte. Donc entre les deux coûts matériels, il y a match. Et ceci en oubliant que des drones beaucoup moins chers sont en développement, que les villes et communautés urbaines s'équipent de drones de surveillance à 5,000$ etc.

Pour le délire "population-stérilisation-taxation":

Lisez deux-trois bouquins, essayez de comprendre pourquoi justement "en Afrique ou ils n'ont rien mais ils continuent à faire des enfants", comment ce phénomène a été aussi présent en Europe, pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui, bref comprenez ce qu'est la transition démographique.
Pour la question de la nourriture : on a déjà les moyens de nourrir tout le monde à 2500Kcal/j, mais pas nourrir 10 milliards d'Américains ou de Français qui explosent ce plafond, c'est sûr. Va falloir sacrifier un peu de son petit confort.
Et de même pour la déforestation et tous les problèmes que tu soulèves pèle-mêle, Kelun : ce sont des défis techniques, c'est sûr, et c'est pour ça qu'il faut travailler à les résoudre.

La stérilisation forcée n'est pas une solution acceptable. (J'aurais jamais pensé devoir écrire ça un jour.) Demandez-vous d'ailleurs pourquoi elle est considérée comme un crime contre l'humanité par le Statut de Rome.

Pour l'anecdote, j'ai vécu en Inde, et je suis bien au courant des effets ravageurs que peut avoir une entreprise de contrôle des naissances de n'importe quel type (en Inde, les couples ne veulent pas de fille, pour des raisons culturelles). Mais le débat ne m'intéresse pas une seconde, donc je m'arrête là sur ce point. Sortez un peu de chez vous.
Sharn
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Sharn
Je suis pour une stérilisation égalitaire. Tu ponds un gosse ben la femme et l'homme sont stérilisés. Faut pas chercher plus loin.
Kelun
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Kelun
@Blinis : A titre d'info, en ce moment, il y a des milliards de personnes qui meurent de faim ou ne sont pas assez nourris.

Puis, la surpopulation n'est pas qu'une question de manque de nourriture.

Il y a aussi le logement, plus de personnes dit plus de logements à faire. Plus de logements dit aussi plus de déforestation. Plus de déforestation dit aussi moins de faune et de flore qui sont indispensables au bon fonctionnement de l'éco-système global.
Plus de monde dit aussi, plus de pollution, plus de déchets, plus de sdf, plus de criminalité et moins d'emplois. Dit aussi épuisement des ressources eau/électricité/oxygène/et j'en passe, plus rapidement.

Croire que les gens vont arrêter d'enfanter parce qu'on arrivera à un seuil démographie/géographique utopique c'est se foutre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'orteil.
A titre d'exemple, y'a des pays en Afrique ou ils n'ont rien mais ils continuent à faire des enfants. En Inde ou en Chine c'est surpeuplé à tout les niveaux (démographiquement et géographiquement), mais ils continuent à avoir 5/6/7/8 enfants par famille.

Après, je ne suis pas d'accord avec Sharn concernant une stérilisation à l'échelle mondiale. Parce que pour notre espèce le fait d'enfanter est encoder au plus profond de nous et est là pour perpétrer l'espèce. Si on nous oblige à ne plus faire d'enfants on aura une guerre civile planétaire sur les bras et c'est pas non plus bon, même si ça réduirait drastiquement l'humanité. Et puis comme à chaque fin de guerre il y aurait le phénomène du baby boom, bref, ce serait un cercle vicieux.

Perso, je suis pour une stérilisation dans certains pays (en fonction du nombre d'enfants qu'on déjà les sujets). Et pour les pays "civilisés" une grosse taxe a payé tout les ans (un peu comme les impôts) dès le deuxième enfant. Et ce sans aucune aide de l'état ou tout autre organisme pour le second enfant ni une augmentation de l'aide du premier enfant.

Croyez moi, que quand les gens verront que tout les ans ils doivent payer 1000€ (un exemple) par enfant à partir du deuxième et sans aucune aide. Et bien ils réfléchirons avant d'en faire d'autres, et ils oublierons moins souvent de prendre la pilule ou de mettre le préservatif.

Malheureusement, l'argent est le dernier garde-fou de l'humanité.

En terme de vie de soldat, tu n'as pas faux Blinis, le problème est que tu oublies de prendre en compte les comptables. Pour eux, un gadget qui vaut 1.5 millions €uros (et il n'en faut pas qu'un) est vraiment trop cher comparé à un soldat qui pourrait faire la même chose quitte à y laisser la vie. Un soldat reviens moins cher.

Mine de rien j'ai fais un petit pavé là. :P
Sharn
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Sharn
Blinis=>Je déconne pas. C'est surement ce qu'il y a de mieux à faire. Me dit pas qu'à 1 milliard d'humains on serait pas mieux...
Noiraude
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Noiraude
A mon sens, le politique a avant tout pour mission de penser au bien-être commun. Ce qui suppose une prise en compte minimale des interrogations éthiques qu'induisent le don de la capacité de tuer à une intelligence dépourvue d'humanité. De plus, le danger de telles armes, et c'est très bien relevé par le Chaos Computer Club, c'est le flanc qu'elles peuvent prêter au hacking, qui pourrait induire la possibilité de voir ces machines se retourner contre leur propriétaire. Il y a là une dimension stratégique qui ne devrait pas être tue, et évaluée par des politiques qui ont en charge, je te le rappelle, des portefeuilles comme celui de la Défense, de l'Armée... Et je ne parle même pas du mon voeu pieux, celui qui conçoit le poste du politique comme devant oeuvrer à la paix et à la concorde. Mais là, je suis candide.
Blinis
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Blinis

Je suis pour une systématisation de la stérilisation à l'échelle mondiale.


Image IPB

Raison pour laquelle les démocraties ne laissent pas le pouvoir décisionnel aux soldats, Blinis. Etonnant que le politique mette tant de temps à légiférer, du coup.


J'ai du mal à comprendre sur quoi le politique devrait légiférer : l'interdiction des drones et des robots ? Il a semble-t-il pris le chemin tout inverse, un chemin qui est la suite logique de la transformation de la chose militaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à savoir la séparation claire de l'armée et du peuple. Se faisant, il minimise certainement le coût humain du conflit armé, et ce n'est pas, je crois, par ignorance de la part du politique : c'est une action bien réfléchie. Partant du principe que c'est effectivement le politique qui décide de la guerre, une des questions importantes (et au cœur de toute propagande) est : comment faire avaler la pilule aux populations locales, qui votent ? Quelles raisons leur donner d'accepter d'aller sacrifier les jeunes de la Nation ? Avec les drones et robots, cette conséquente épine dans notre pied n'a plus lieu d'être.

La suspension du service national a professionnalisé l'armée : la guerre a un coût humain, mais un coût de professionnels, non contraints par la conscription. Les robots désengagent l'humain du conflit (c'est déjà le cas avec les drones, écoute le podcast dont je parle plus haut si tu ne l'as pas déjà fait), transformant réellement la guerre, qui avait d'importants coûts politiques lorsqu'elle se traduisait en morts nationaux, en une activité économique standard : dans un conflit ne mobilisant que drones et robots, celui qui gagne est celui qui a la plus grosse. La guerre devient un prolongement tout à fait naturel de la politique, comme les politiques économiques unilatérales, le dumping social etc. Elle devient une question technique, avec le parfait accord des conjoints et enfants des adultes qui, dans les temps anciens, étaient susceptibles de revenir d'un terrain d'opération les pieds devant.

Bien sûr, un conflit ne mobilisant que drones et robots tient du fantasme, mais je répondais à ton objection à propos du politique : une telle conception de la guerre sert son intérêt, il ne va donc pas légiférer contre.
Noiraude
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Noiraude
Raison pour laquelle les démocraties ne laissent pas le pouvoir décisionnel aux soldats, Blinis. Etonnant que le politique mette tant de temps à légiférer, du coup.
Sharn
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Sharn
Parce que le militaire s'en tamponne l'oreille avec une babouche de l'autre en face. Le calcul est simple: de toute façon le type en face va mourir que ça soit à cause d'un humain ou d'un robot. Alors autant éviter les risques à l'humain. Ça va pas chercher plus loin.

Blinis=>Cool pour la population mondiale. On va tous vivre comme des Ougandais. Je crois que personne ne sera d'accord. Donc faut réduire. Je suis pour une systématisation de la stérilisation à l'échelle mondiale.
Blinis
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Blinis
Sans doute y a-t-il pensé, mais elles sont tout à fait contradictoire avec l'objectif d'un militaire : gagner la guerre en tuant des opposants. Non ?
Noiraude
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Noiraude
Sharn, en fait, suffit de lire la partie "applications technologiques à venir" de la page consacrée aux lois d'Asimov pour s'apercevoir qu'elles sont encore d'actualité. Aujourd'hui, on se positionne pour, contre ou en complément des lois, mais encore et toujours en relation avec elles. Une base, donc. La question se pose de savoir pourquoi le militaire s'en affranchit sans même y avoir pensé.
Noiraude
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Noiraude
Critobulle : Je ne sais pas, mais j'aimerais bien voir ça, tiens :lol:
Noiraude
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Noiraude
Sharn, les lois d'Asimov constituent un présupposé philosophique que tout scientifique travaillant sur l'IA doit garder dans un coin de sa tête. C'est aussi bête que ça. Et si tu lis le pos jusqu'au bout, tu verras que les questions posées par le rapporteur de l'ONU renvoient directement aux questions posées par Asimov avec ces lois dès les années 1950. On peut être auteur littéraire et néanmoins visionnaire.
Noiraude
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Noiraude
Rapidement, parce que j'ai peu de temps : elles sont citées comme références de la robotoqie par Courrier International encore en 2010. http://www.courrieri...de-la-robotique
Critobulle
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Critobulle
Bon bah puisque personne ne pose la question : Est-ce que ces robots tueurs seront programmés pour hurler "EXTERMINATE !" quand ils nous tireront dessus ?
Sharn
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Sharn
Je veux bien du lien quand même parce que ça frise plus l'hommage à Asimov qu'autre chose. A moins que ça plus développé. Mais bon j'ai pas encore lu l'article.
Noiraude
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Noiraude
Ben, j'ai un peu deux années d'études d'IA en fac dans les années 90. je date peut-êre un peu, mais à l'époque, moi, on m'a sorti les lois d'Asimov comme base.
Sharn
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Sharn
Euh t'as un lien quelconque? Parce qu'Asimov c'est sympa comme lecture mais faut pas pousser. Ses robots sont bien plus perfectionnés que tout ce qu'on verra de notre vivant (voire celui de nos enfants et encore plus loin).
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Les lois de la robotique s'appliquent-elles à la XBox One, au fait ?
Noiraude
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Noiraude
Franchement ? Elles constituent le présupposé communément admis par toute la communauté scientifique en matière d'intelligence artificielle. Alors oui, j'assume.

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