The Neves Times

The Neves Times

Par Neves Blog créé le 29/03/14 Mis à jour le 14/04/19 à 10h58

Reporter vidéo-ludique.

Hebdomadaire dominical.

Tirage en couleur.

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Catégorie : Tueuses en

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Tueuses en (Séries TV)

Très surprenant. Très, très surprenant … Que ce Bureau des Légendes. Zappé, honni, snobé lors de mon cru des Séries 2015 (déjà bien rempli), l’aube d’une Saison 2 aura eu raison de mon outrecuidance. L’outrecuidance de ne pas avoir donné sa chance après avoir pourtant pris note de la bande annonce à l’époque. Cette salope d’année 2015. Mais bon, dans la vie, il faut faire de choix. Et j’ai fait le choix d’avoir tort. Avec une bonne année de retard, je me lance dans ce Soap Opéra. Non, rien à voir ; je me projette au sein de la DGSE dans une aventure mêlant assimilation, dissimilation et dissimulation. Et un peu d’espionnage quand même. Porté par un duo Jean-Pierre Daroussin-Mathieu Kassovitz complémentaire, la fresque renseignomanèsque prend donc ses quartiers généraux au siège de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure. Ca fait tout de suite moins classe que la CIA, hein !? Allez, dites-le. Mais si les ricains avaient le monopole des acronymes, les français ont celui de la discrétion.

Il faut bien concéder que mis à part ses coups de gueules dérangeants et sa prestation dans Munich – que je n’ai découvert qu’il y a quelques mois pour tout vous dire – je ne suis que très peu au fait du pedigree de l’acteur Kassovitz. Je connais vaguement le dissident Kassovitz ou le frenchie à Hollywood Kassovitz mais pas le protagoniste principal Kassovitz. Crevons l’abcès sans tarder, le rôle lui va comme un gant. Mathieu Kassovitz incarne l’agent Paul Lefèvre – de son vrai nom Guillaume Bailly – plus connu au sein de l’organe étatique de renseignement sous le quolibet Malotru. Sans trahir de grands secrets, celui revient d’une longue mission d’infiltration de la sphère pensive de Damas où il officiait pendant 6 longues années en tant que professeur au Lycée français. Son retour au bercail auprès de son mentor Henri Duflot – incarné à l’écran par un Jean Pierre Daroussin officiant toujours dans son registre de confort – ne se fait pas sans remous puisque le clandestin – nom donné aux ressources en mission à l’étranger – qu’il était et surtout l’identité associée lui colle à la peau ; et la panoplie de mesures dissimulatrices et réflexes d’hyper vigilances qui vont avec. Le PTS des agents de retour de mission en quelque sorte.

Cette étroite frontière entre application stricte du code des clandestins une fois de retour à la maison et abus tacite de ces mêmes règles au point d’altérer le jugement de ses nouvelles fonctions au sein de la DGSE fait d’ailleurs l’objet d’un mano a mano entre Malotru et la doctoresse Balmes – campée par une Léa Drucker à propos – psychologue de son état, nouvelle recrue chargée de profiler l’état mentale/psychologique des sources identifiés par les quelques 8 clandestins actuellement en mission aux 4 coins du monde pour le compte de l’Etat français. Cette dernière doutant de l’aptitude de Malotru à gérer – et ce malgré son expertise et ses qualités inégalées au sein du service – les situations extrêmement ardues que connait actuellement le service : entre disparition et pression de la hiérarchie, le tout sur fond d’incidents diplomatiques avec le Maghreb à ma gauche et le Moyen-Orient à ma droite. Vaste programme …

Outre l’envers du décor certainement bien loin des locaux de la CIA - un décor copie-conforme du réel, notamment la nourricière – mettant en exergue un Paris des moches quartiers (pour changer, je vanne hein, ce n’est pas Haussmann mais ce n’est pas le XXIème non plus), la puissance de ce Bureau des Légendes tient en son scénario. D’apparence simple voire simpliste, le scénario s’étoffe au fur et à mesure des 10 épisodes composant cette nouvelle Création Originale. Outre les problèmes inhérents à la récupération d’une vie, d’une identité délaissée – « même si on est formé pour ça » comme le dirait Paul-Guillaume Lefèvre-Bailly – impliquant comportement précautionneux, relationnel professionnel distant, vie privée décousue, habitude à retrouver et tout le tintouin ; le Bureau des Légendes s’attaque à réaliser l’introspection du spectateur dans son monde … Un monde fait essentiellement de crises à dégonfler. Je n’évoquerais strictement rien relatif au scénario, seulement qu’il mêle habilement attachement personnel à enjeu politique, relation diplomatique à opérations noires (Black Ops °_°), coup de poker à coup de bluff. Je dirais simplement que les démêlés revêtent plusieurs couches. Comme lors d’une fouille archéologique, lorsqu’on gratte d’un côté, on découvre une nouvelle chose à gratter. Les enjeux sont multiples, certains évènements sont liés, d’autres absolument pas et démêler le vrai du faux, le rôle que joue telle partie dans cette grande valse des faux-culs n’est pour sûr, jamais vraiment figée d’avance.

Le Bureau des Légendes puise son inspiration dans le réel et jouit d’une formidable exécution. Porté par un casting de haute volée – notamment la partie sur la préparation de la mission d’infiltration auprès du projet nucléaire Iranien – comme d’un vrai souci de crédibilotenticité (nan mais cette course-poursuite en Renault Clio Williams cuvée 1994 bordel de Dieu !), le Bureau des Légendes délivre sa science comme pas deux. Le Show se payant même le luxe d’inscrire pleinement son fil narratif dans l’actualité puisque Bachar, la Syrie et les tractations parlementaires se révèlent être plus qu’esquissé au sein des bureaux du boulevard Mortier. Un dernier mot tout de même sur l’ambiance intimiste superbement servie bien aidée il faut le dire par un mixage son et une partition musicale qui reste en mémoire pour son indubitable qualité. Ne reste plus qu’à vous, chers lectrices, de sauter sur l’occasion ; ne serait-ce que pour connaitre la signification de Légende – je suppose que tout le monde sait ce qu’est un bureau … – terme absolument pas anodin pour un sous, synthétisant à lui seul la raison d’être du service. Mais finalement, avez-vous seulement, le droit d’en connaitre ?

2014-2016 Time Neves, L'excellence a un nom Reserved

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Tueuses en (Séries TV)

Je n’aime pas Wayward Pines. J’aime Wayward Pines. Je ne sais pas si c’est vraiment ça au fond. Wayward Pines, finalement, ça reste une superbe idée sur le papier  à laquelle il manque ce je ne sais quoi pour vraiment fulfil son potential – comme disent les anglais. Pourtant Wayward Pines démarre bien puisqu’il se pare d’un générique d’introduction à tomber à la renverse. L’arrivée et la découverte de la ville renfermée sur elle-même avec le glaçant (ceux l’ayant vu comprendront le jeu de mot) Shériff Pope happe instamment le spectateur et parvient sans mal à lui faire saisir le potentiel en terme d’intrigue principale, sous-jacente et développement général. Et à mon sens, c’est ici que les choses se gâtent. Mais rappelons rapidement de quoi il est question histoire de mieux situer les choses pour ceux n’ayant jamais entendu parler de la série …

Basé sur la trilogie romanesque de Blake Couch – à savoir : Pines, Wayward et The Last Town – Wayward Pines inscrit son fil narratif à travers les yeux de l’agent du Secret Service Ethan Burke à la recherche de sa comparse Kate Hewson, mystérieusement disparue, alors en route pour l’Idaho. Campé par un Matt Dilon extra – le contrecoup étant qu’il s’agit bien du seul à tenir parfaitement son rôle – Burke subit un violent accident à l’approche de la petite ville perdue pour mieux se réveiller prisonnier d’une bourgade ne figurant pas sur la carte et n’entretenant aucun contact avec l’extérieur. Le vice ne s’arrêtant pas là puisque ses habitants se voient constamment restreint dans leur propre inter-communication, comme dirait je sais plus qui : Big Brother is watching you ! Et en plus, il s’est installé à Wisterya Lane ! Le pompon se matérialisant en la teigneuse Kate complètement absorbée par la spirale de la société Waywardienne. Avouez que vendu, comme ça, ça vend du rêve !!

Pourtant la bourgade comporte tous les ingrédients de la petite ville tranquille bien cadenassée par les autorités. Simplement, plus on avance, plus on en sait, moins on y croit et le monde de papier-crépon se distingue. A l’heure de mon verdict, il est assez compliqué de diagnostiquer les causes du gout amer qui me vient en bouche à la lecture post-mortem de l’ensemble de l’œuvre. J’hésite sur lequel à qui incomber la faute. Serait-ce le doublage ? Franchement, non. Qu’il s’agisse d’Ethan Burke, de Kate, de la vieille peau, du shérif Pope, du psychiatre ou encore de l’enseignante, il n’est pas à blâmer. Serait-ce du côté des décors ? Non, non plus. Qu’il s’agisse de la bourgade ou des alentours plus nature, celle-ci est crédible et semble disposer de ce qu’il faut pour la rendre telle quelle. Mais d’où le blocage peut bien t’il provenir ? Les raisons. Oui, les raisons d’une Town entière plongée dans la suspicion, le contrôle et la rétention.

Il serait dommageable de spoiler l’ensemble de l’audience qui lit en ce moment même ces lignes ainsi je ne vais pas révéler l’enjeu principal de l’œuvre, outre le fait de s’extirper de ce taudis maudit, il s’agit bien de révéler et comprendre pourquoi Wayward Pines est Wayward Pines et franchement, je n’ai pas trouvé tout cela très intéressant. Je ne sais pas si la saga romanesque rend mieux mais soit il y a manquement entre le script et la réalisation, soit dès le départ, ce type de raison ne m’attire guère. Trop bateau, il y avait autre chose à exploiter. A ce moment-là vous vous dites que c’est sûr, Wayward Pines a été créé par la CIA. Même pas. C’est pire, j’ai envie de dire. Maintenant, c’est clair qu’il y a un problème de crédibilité, j’ai beaucoup de mal avec la raison réelle même si à y réfléchir, elle revêt d’un certain sens (discutable ou non, chacun se fera son avis) mais son exécution, sa matérialisation à l’écran est grossière, on y croit tout simplement pas.

Je parle en mon nom, hein, ne prenez pas le « on » pour une usurpation d’autres avis que je rallierais de force sous ma bannière. Problèmes de moyens ? Difficile à dire, Wayward Pines semble quand même être une série disposant des ressources à la hauteur de l’ambition de départ. Non, je pense que la SF marche très bien au cinéma mais qu’en termes de Série, ce n’est pas trop ça. Vous avez dit spoil ? Oops. Par contre, j’adorerais jouer à Wayward Pines, là, je pense qu’il y a moyen de faire un truc. Maintenant, attention, je dis tout ça mais ça ne m’empêchera pas de mater la S2 surtout après cette fin tout simplement phénoménale, si il y a bien un exploit que peu de série réalise mais que WP parvient à faire, c’est bien une fin génialissime. Un peu juste néanmoins. Puis bon, Wayward Pines reste la preuve que parmi la formidable cuvée alléchante de séries dont je me gave depuis 3 ans, il en subsiste certaines un peu en retrait, et ce, malgré une sélection en amont du visionnage des plus prometteuses.

2014-2016 Time Neves, Wisteria Lane X Big Brother Reserved

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Tueuses en (Séries TV)

Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous contais les aventures de Saga Noren et Martin Rohde en Scandinavie aux prises avec le Tueur de la Vérité, eh bien, il est l'heure de juger la version britannico-française portée par Canal, Sky, Clémence Poésy et ce diable de Stephen Dillane. Pour l'anecdote, j'avais eu l'occasion début de 2014 de commencer soit par The Bridge Bron Broen ou soit par Tunnel et j'avais opté pour l'original plutôt que la copie. Question de principe probablement. Ce n'est pas sans appréhension que je jetta mon dévolue 2 années plus tard sur l'adaptation franco-britannique inquiet à l'idée de se retrouver devant une version téléphonée de bout en bout à quelques détails prêt comme peut l'être Malaterra, la version française de Broadchurch. Ce qui n'empêche pas Malaterra d'être une bonne porte d'entrée au concept si d'aventure, vous n'avez pas succombé à son modèle anglais.

En ce qui concerne Tunnel, premier bon point : les langues. A l'instar de la série dont elle se veut la descendante, Tunnel est tourné en franglais. TheBridgeBronBroen était tourné en danosuédois. C'est vraiment sympa car naturellement, entre français au comissariat de Calais, ça parle français et en Angleterre à Douvres, ça cause anglais. Et puis logiquement, comme les anglais sont des billes en langue étrangère doublé de gros flemmard (en même temps, la planète entière est obligé d'apprendre leur langue, il est de mon devoir de le rappeler aux têtes en l'air), ça discutaille en anglais lorsque nos 2 héros sont à l'écran. Tout ce mic-mac est sous-titré ; pour faire les choses bien. Niveau scénario, on repart sur les mêmes bases à l'exception du Channel qui remplace le pont de l'Orelsund. La co-enquête emmnène le spectateur de part et d'autres de la côté Manchienne et le Tueur de la Vérité semble pouvoir naviguer ou manipuler aisément de part et d'autre du rivage. Les meurtres se succédant sur fond de démonstration de thèses sociologiques correspond aux défis sociétaux écartés par les 2 gouvernements européens.

Esthétiquement, c'est propre. Le Nord de la France et le Sud de l'Angleterre semble comme connecté par le même appel du large conférant au paysage un je-ne-sais-quoi d'attendrissant. Une espèce de quiétude parsème les faubourgs de ces 2 stations balnéaires qui n'en sont au diable pas. Du côté du duo à l'affiche, c'est une nouvelle fois la grande force du show. Le choix de Clémence Poésy pour camper le rôle de la prude Elise Wassermann n'est pas dénué de sens même si j'ai pendant longtemps scruté son jeu afin de savoir si elle allait s'extirper ou non du jeu très conséquent (tant dans sa justesse que dans sa frugalité) de sa counterpart Saga Noren (campé par Sofia Helin) de l'original. Et en l'occurrence, même si les 2 partitions sont évidemment assimilables, la psychologie et le background du personnage n'ont pas changé, Clémence Poésy y apporte indéniablement son répertoir jusqu'à s'en détacher sous certaines latitudes.

Karl Roebuck prenant la relève de Martin Rohde change finalement bien plus de l'original à l'adaptation que sa partenaire française. Personnifié par un Stephen Dillane à propos, Karl Roebuck est un cran moins jovial que son alter-égo danois même si il incarne bien un mari, père et beau-père cool et aimant. Disons qu'il se montre plus réfléchi et professionnel que Rohde. Et qu'il est aussi plus difficile à cerner. Là où on lisait assez amplement dans les pensées du personnage originel, son successeur devient plus volatile pour ne pas dire volage. A l'instar de Bron, les relations de famille comme professionnelles sont au coeur de l'intrigue et pour le coup, les libertés prises vis à vis de cette dernière tracent une route sensiblement divergente à-même de brouiller un peu plus les pistes pour le vieux de la vieille qui connait les ficelles embrumées du modèle. Une belle attention.

Tunnel est vraiment une bonne adaptation qui ne singe pas bêtement l'originale. Elle dystille avec parcimonie ses petites touches personnelles jusque former un tout très cohérent et assez différent sans pour autant renier les excellents préceptes mis en place par les Scandinaves, notamment en matière d'écriture qu'il s'agisse de l'intrigue ou de la psychologie des personnages. Le générique d'intro est vraiment bon et la série parvient à conserver ce charme nordique bien que le théâtre des péripéties s'écarte sensiblement de la froide Scandinavie. Le ton gris bleu est globalement conservé même si les plaines verdoyantes anglaises et les fôrets françaises glissent ce tont verdâtres du plus bel effet. J'ai ainsi hâte de lancer saison 2 de ce Tunnel et je ne saurais trop vous conseiller de faire de même. 'fin, matez quand même la Saison 1 avant, ça vaut mieux de faire les choses dans l'ordre ...

 

2014-2016 Time Neves, Sortez les briquets Reserved

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Tueuses en (Séries TV)

Je vais être clair d’entrée de jeu. Gotham n’est pas une série qui tient la comparaison avec les habituelles séries que je mate (si vous commencez à saisir le pedigree comme l’exigence qui m’anime). Pourtant, Gotham reste une série méritante. Et cette saison 1 au départ un peu poussif (faut s’y faire à tous ces personnages) incarne finalement assez bien les bonnes intentions des créateurs de cette tentative osée d’incursion dans l’univers élargie du Batman. Commandée par Netflix, la proposition soumise à notre bon vouloir se découvre un angle inédit dans son traitement du héros masqué. En effet, il s’agit cette fois-ci de s’attaquer à l’avant-Batman. Bruce Wayne, Selina Kyle, Poison Ivy ne sont que des jeunes pousses de 14 ans tandis que Jim Gordon, Harvey Dent et Edward Nigma ne font que commencer leur carrière, eux, dans leur fringante trentaine.

Le personnage principal du show n’est à ce sujet pas Bruce puisque c’est l’inspecteur Gordon qui partage l’affiche ; seul. Les débuts sont poussifs notamment parce que le duo naissant au Gotham City Police Department apparait de prime abord complètement inintéressant tout comme la résolution des crimes qui leur sont mis sur les bras. Question construction, Gotham S1 tient sur 24 épisodes. C’est important de le souligner puisque contrairement au format mini-série qui tend à faire monter en flèche les qualités de ladite série au moyen d’une construction particulière de l’intrigue comme d’un condensé évident des évènements sur une timeline restreinte, Gotham ne peut profiter d’un format raccourci pour sous-tendre plus de punch. A ceci près qu’un épisode ne se suffit pas à lui-même comme nombre de séries de ce format. A l’instar d’un 24 (avec lequel il ne partage rien mais c’est à titre d’exemple que la citation prend sens), Gotham entretient un fil rouge tout au long de la saison. Sur fond de guerre des gangs, guerre des clans, guerre des familles, Gotham s’enfonce inexorablement dans la surenchère meurtrière où chacun souhaite décidemment jouer sa propre partition.

Chaque épisode se propose donc de suivre l’enquête et la résolution (annoncé puisqu’on voit les péripéties aussi côté malfrats) d’un crime généralement hors du commun, Gotham oblige. A titre d’exemple, une série de meurtres par Montgolfière, je vous laisse imaginer le degré de sordide atteint pour le reste. Autant, la résolution de l’affaire de l’épisode ne laisse que peu de place à une issue non heureuse, autant, les cas ont le mérite de sortir de l’ordinaire. Cette partie-là d’un épisode sert à mon sens à décupler et dépeindre le caractère unique de ce personnage à part entière qu’est Gotham. Non, il ne s’agit pas d’une ville réelle - pourtant les plans proviennent de la Big Apple ; ce qui est juste puisque NY fut surnommé Gotham à partir du XIXème siècle - mais bien de la Gotham névrosée que nous connaissons tous. Bien évidemment, les intrigues policières n’incarnent que d’excellents prétextes pour développer l’antagonisme entre les différents protagonistes composant la sphère d’influence de Gotham.

Parce que côté relationnel ambigu pour ne pas dire toxique entre certains, il y a de quoi faire. Jim Gordon incarne rapidement le chevalier blanc de Gotham, celui qui mettra fin au souk ambient de la ville. Son partenaire, Harvey Bullock, est bien plus terre à terre et pas utopique pour un sou, il n’y a rien à tirer de cette ville. Et il faut combiner pour résister au temps. La ville est en proie à un fragile partage du contrôle des quartiers et donc du trafic en tout genre. Don Maroni et Carmine Falcone ont la main mise sur Gotham. Fish Mooney, personnage introduit par la production au sein du Batmanverse, lieutenante aux ambitions maladroitement dissimulées de Falcone mène la fronde silencieuse afin de se tailler l’immense part du gâteau qu’elle s’estime de droit de clamer. Globalement les enquêtes policières sur les crimes sordides n’ont rien à voir avec les manigances qui se trament en haut-lieu, une distinction claire étant en place entre les méthodes et coups d’éclats employés de part et d’autres des 2 types de crime.

Les jeux de faux-semblants sont légions et c’est là qu’intervient mon personnage préféré de toute cette première saison : le Pingouin. Ah mon sens, le personnage le plus dingue et le plus grisant du show. Oswald Cobblepot n’est qu’un porte-parapluie pour Fish Mooney à l’origine. Mais les circonstances vont le voir monté sur l’échelle du crime pour finir par devenir directement l’un des 2 seconds et hommes de confiance de Fish. Toute la malice et l’esprit vif du Pingouin (bien caché par ces faux-airs de type simplet) prenant corps dès les galons âprement engrangés. Oswald est dingue mais pas un dingue roue libre, non, un dingue maîtrisé. Typiquement, Cobblepot est celui qui tire les ficelles sans même bouger les mains, toujours un plan et plusieurs coups d’avance, le Pingouin avance masqué et pourtant, on distingue très clairement son visage ! L’interprète du vilain – Robin Taylor - a autant la tête de l’emploi que le talent très déconcertant – mettant vraiment le sourire aux lèvres - à même de remplir à merveille l’ample rôle du marcheur. Le vice étant poussé jusqu’à introduire chacune des apparitions de l’Icewalker par la même partition sonore qui lui va bien.

Grande force du show, le relationnel entre toutes ces fortes têtes constitue la clé de voute de l’expérience Gotham et détermine in fine votre propension à apprécier l’exploitation de la licence sous les latitudes du format série. Il y aurait effectivement à redire sur certains points, notamment les enquêtes certes loufoques mais aux intérêts légers. Il serait en revanche présomptueux de limiter l’intérêt de la série à son caractère strictement policier. Qu’il s’agisse de visionner les films ou de jouer aux jeux traitant de près comme de loin des aventures du Batman, l’intérêt tient de toute façon clairement à la personnalité et psychologie propre des héros, anti-héros ou vilains plus qu’à une quelconque issue dramatique. Et sur ce point, difficile de mettre en défaut ce Gotham. Tout juste pestera-t-on devant le traitement léger de certains personnages, en espérant que ceux-ci prendront leur envol lors de prochaines saisons. N’est-ce pas Dent.

 

2014-2016 Times Neves, Sacré Pingouin Reserved

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