The Neves Times

The Neves Times

Par Neves Blog créé le 29/03/14 Mis à jour le 15/11/19 à 20h33

Reporter vidéo-ludique.

Hebdomadaire dominical.

Tirage en couleur.

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Catégorie : Tueuses en

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Tueuses en (Séries TV)

Gomarra, une série qui m’a retourné le cerveau tant la maîtrise (et la mandale qui va avec) était gigantesque. Après une S1 qui s’insère sans aucun mal au Panthéon vidéoludique des séries, la S2 me laissait dans l’expectative. Allaient-ils avoir le matéria, les idées, l’inspiration pour nous pondre une nouvelles saison culte ? Et la réponse est limpide comme de la vodka de roche, ils l’ont fait ces fous. Me demander pas comment mais même si la moitié des protagonistes se sont pris une rafale lors de la S1, cette S2 relève sans nul doute possible du génie artistique. Revue de détails. Bon, par contre, une nouvelle fois, vous n’avez pas assez de vos 4 mains pour compter les macchabés encore fumants à la fin du spectacle. Autant vous prévenir de suite.

 

Don Savastano est en cavale. Genna sur un lit d’hôpital et Ciro aux sommets des Montagnes. Le clan Savastano est décimé et l’Alliance règne en maître sur le trafic de drogue de Secondigliano, le quartier populaire de Naples. Celle-ci comprend les principaux barons locaux dont Don Salvatore, le banni de Pietro Savastono revenu d’Espagne au moment opportun. La structure est conservée. Peu ou prou chaque épisode se concentre sur un personnage en particulier, captant l’essentiel du temps d’exposition. Les petites affaires en sous-main sur la rive méditerranéenne de la Botte ne sont plus aussi florissantes que du temps du patriarche Savastano en raison de ses fidèles qui préparent son retour et qui ne font jamais  vraiment oublier, Malammore en tête. Un embarras d’autant plus malvenue que les tensions internes sont monnaie-courante avec le clan des jeunes menés par Le Gitan dont l’insouciance n’a d’égale que l’excès. Ou encore Annalisa, la Hyène, seule femme (mais de poigne) du clan. Seul mon préféré, Le Prince ne fait pas tant de vagues.

 

Clairement mon préféré, n’est-ce pas KanyeEast ! O Principe dont le surnom n’a pas été conféré au hasard par ses paires (½uvre de Machiavel de 1513 qui démontre comment devenir Prince et le rester) jouit d’une personnalité à contre-courant de ces acolytes. Réfléchis quand les autres sont impulsifs, calculateurs quand ces mêmes perdent toute raison, Le Prince ne peut être qu’adulé. Vous n’avez pas le choix comme Kanye et moi ne l’avons pas eu. Pas pour faire mon savant, mais je n’ai pas spécialement attendu son épisode dédié au milieu de la S2 pour commencer à m’intéresser à un acteur se mettant volontairement en retrait lors des grandes réunions de familles mais dont la gestuelle et les mimiques trahissaient une grande faculté d’observation et d’analyse de son environnement. Son épisode à lui est à ce titre aussi bien évocateur de la faculté d’attraction d’un tel personnage que déchirant par son dénouement.

On pensait avoir tout vu, enfin je pensais avoir tout vu lors de mon visionnage de la S1. J’étais loin du compte. Cette S2 allie toujours avec brio aliénation des âmes face à des actes actes qui les rongent, pragmatisme froid à l’heure de choisir entre un avenir florissant et un passé incarné par un ami avec qui on a fait les 400 coups, duperie et utilisation avec parfois un zeste de compromission menant tout droit à la mort, mais aussi courage. Oui, je pense à Patrizia dont le rôle singulier s’élève lui aussi au-dessus de la masse. Bien évidemment, l’intérêt de cette S2 tient principalement dans la suite des affaires personnelles entre le clan Savastano Père & Fils et leur ancien lieutenant aux dents longues Ciro Di Marzio, captivantes certes mais ce serait oublier toutes les sous-intrigues et évolutions palpitantes que nous offre ce fort jolie tableau (ou dégueulasse si vous n’aimez pas le sang sur la tapisserie). Le final est dégueulassement bon et je m’éprends alors à rêver d’une S3 et S4 (d’ores et déjà confirmées) d’un même niveau. Mais jusqu’où iront-ils ? Personnages et scénaristes, tous autant qu’ils sont.

2014-2017 Time Neves Sont fous ces Napolitains Réservé.

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Tueuses en (Séries TV)

Ah, Versailles … Son château, son Chaptal et donc … ses canadiens ! C’est quoi ce casting !? En réalité, je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser la question puisque j’avais déjà entamé mon forfait au moment de douter de la synchronisation labiale – non pas qu’elle soit mauvaise d’ailleurs -  mais ça ne sentait pas le français de France pur souche AOP bande de tarba. Donc une série majoritairement produite par Canal+ sur l’Histoire de France #big-up-Stephane-Bern et même pas en patois local !? Je plaisante, je comprends les enjeux commerciaux ainsi que le casting très anglophone … Reste qu’il y a à redire (et pas qu’en mal !) sur cette reconstitution partielle de la fresque historique du Roi Soleil : Louis XIV. Louis, c’est son nom et XIV son prénom. Serait-ce l’inverse ?

Versailles prend place à Versailles (troll facile) au XIVème siècle alors que le jeune Louis XIV s’évertue à marquer de son empreinte son règne entamé 24 ans plus tôt. Précoce le con. La cour balbutiante acquise à Sa Majesté se voit contrainte de suivre les désirs de leur vassal en prenant la poudre d’escampette pour rallier Versailles depuis Paris soumis à la Frondre des Sans-Strings. Ou des Jacobins, je ne sais jamais. Une cour que l’on sent non encore confirmée, établie et où les places se monnaient chèrement. Quelques sommités se détachent au sein ce qui n’est pour l’instant qu’une esquisse du mirifique palais, constituant dès lors à la fois les sources de soucis, tensions, apaisement et manipulation pour le Monarque. Versailles n’est pas une série politique. Mais elle en use. Sous ses traits déterminés, Louis XIV ne fait néanmoins que découvrir et expérimenter son rôle et sa fonction de Régent. Un exercice d’équilibriste lui révélant un certain talent pour affiner sa stratégie et avancer un à un ses pions sur ce glissant échiquier du jeu de Dame.


Versailles est autant l’occasion d’assister aux mondanités – dont n’est d’ailleurs pas plus friand que cela le Roi même s’il tient pourtant à ce que certaines conventions soient respectées comme pour marquer le formalisme auquel doit s’astreindre les quelques-uns qui le rejettent – que de se pencher sur les tractations politiques entre Sa Sainteté et ses dissidents qu’ils viennent de Hollande, d’Espagne, d’Angleterre ou même de France. La restitution n’observe pas vraiment un découpage 50/50 puisque les drama de la vie si difficile au domaine royal semblent prendre le pas sur les conspirations à peine ou bien dévoilées. Ces dernières constituant cependant un met de choix (choix de met !?) puisque ce sont à travers elles que toute la science de la dissimulation de XIV auprès de ses ennemis mais aussi de ses conseillers (ne faut-il pas cacher ses intentions pour pouvoir être conseiller ?).

De conseiller, il n’en manque pas. A commencer par le commensal Bontemps, sorte d’homme à tout faire – de gouter les plats à avertir son maître en passant par coucher avec lui (au propre, pas au sale) – Bontemps permet au Roi de passer du bon temps comme son nom l’indique. Facile celle-là, aussi. Bontemps, la 60 aine (pré fait office de conseiller non officiel (il ne s’agit pas de sa fonction en théorie), confident à ses heures, celui-ci revêt de temps à autre le costume de conseiller – rôle qu’il conchie arguant que le Roi a toujours raison (même quand il a tort) –  quand le Roi le presse de donner sa vision des évènements. Le ministre Colbert arpente le rôle officiel de conseiller. Dissident. Conseiller dissident.

Colbert et Louvois forment un duo de conseillers « balaie dans le fondement » instiguant une certaine crainte pas tant de la part du Roi que de la part du spectateur qui croit tenir en eux les dissidents avides de renverser le pouvoir central. Le policier/détective Fabien Marchal fait figure de 2ème homme de main sur lequel l’autorité se repose comme se personnifie. C’est aussi mon personnage préféré. Campé par un Tygh Runyan simplement excellent dans son jeu non verbal, Marchal tient le rôle des yeux et des oreilles de la Royauté, capable à lui-seul de tout savoir sur tout le monde, non pas sans enquêter en sous-marin. Bien évidemment, d’autres protagonistes jouent un rôle clé politiquement parlant mais on n’a pas toute la nuit. Le reste constituant de toute façon les personnalités dont les ambiguïtés de comportement font planer le voile du doute sur leurs frêles petites têtes.

Ça c’était pour le côté raison, côté c½ur maintenant. Comment ne pas commencer par ce Duc d’Orléans ? Le frère du Roi, gay notable, entretient une relation aussi passionnelle que conflictuelle avec son frère de Roi. Non pas qu’il soit négligé, son frère, à l’évidence, l’aime mais ne se sentir que le frère du Roi, n’exister et se réaliser qu’à travers lui le pèse considérablement. C’est donc aux hostilités et connivences qu’est abreuvé le spectateur qui assiste aux passes d’armes répétées de l’un à l’autre. Les états d’âmes du Duc restent la face émergée de l’Iceberg, la plus grosse source de problème. Ce qui ne veut pas dire que les femmes ne sont pas en reste.

 

Qu’il s’agisse d’Henriette d’Angleterre - qui ne doit avoir que 17 ans – la « femme » de façade du frère du Roi, d’Athénaïs de Montespan – la vingtseptaine - ou de Béatrice de Lorraine - qui cherche à tout prix à mettre sur le devant de la scène sa jeune fille dans l’espoir de voir le Roi succomber à cette jeune femme de 14 ans – le Roi ne manque pas de courtisanes. L’occasion pour le Roi de gouter à tous les plaisirs à sa guise puisqu’on ne refuse rien au Roi et que le Roi ne se refuse rien. In fine, les histoires de coucherie entremêlent assez bien les considérations historiques, les m½urs de l’époque et le lien entre lapinage et politique. Lien toujours de circonstance en 2016.

 

Les conspirations vont bon trains à Versailles. Alors que le château n’est même pas, les convives sont soit chiantes, soit avides de pouvoir. Reste qu’ils sont tous attachants et que le marquage évident entre c½ur et raison s’effiloche de plus en plus au fur et à mesure du développement de l’intrigue. Versailles ne s’est pas fait sans heurts sur le chantier, il ne l’est pas non plus dans les coursives. Les manipulations qu’elles émanent des conspirateurs ou du Roi sont extrêmement bien enfouies, le choix de réalisation se portant sur le secret jusque le dévoilement en fin d’épisode généralement, une sacrée performance vraiment bien maîtrisée. Tout le monde il est gentil, tout le monde il est suspect, tout le monde il a quelque chose à cacher. Ne reste plus qu’à s’atteler à une suite de cette massive production à 30 millions d’euros les 10 épisodes.


2014-2017 Time Neves, Je signe pour une saison 2 Reservé.

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C’est à l’issu d’un enfantement dans la douleur de la première saison que je lançais cette S2 de la série du moment Mr Robot. Convaincu au fil des épisodes par la teneur de la proposition de Sam Esmail - créateur, scénariste et réalisateur de la série – je l’étais moins à l’orée de la S2. Que raconter de plus ? Sauf qu’au final, j’ai adoré. Adepte de l’illusion récréative et du retournement de cerveau, le scénariste avait pour ma part fait très fort sur la grande usurpation que constituait la S1, emprisonnant l'esprit du quidam.

Je pensais jouir des codes pour désactiver l’esbroufe parfaite dans laquelle me fit tomber la S1 à l'occasion de la S2. J'avais tout faux. Mais, tout compte fait, l’essentiel n’est pas de se compromettre si facilement une nouvelle fois et apprécier la manipulation de l'esprit opéré. Non, ce qui est rassurant, c'est le propos. J'avais quelques craintes quant à l'après cyberattaque, rassuré je fus et heureux je suis. Puisque cette suite ne déroge pas aux sous-intrigues - ramenant irrémédiablement au fil narratif principal - aussi passionnantes qu’emplies de tensions dont les enjeux bousculent peu ou prou chaque personnage gravitant autour du Hack opéré lors de la S1.

 

J’avais tout faux donc. Les tribulations d’Angela Moss pour réhabiliter sa famille, la traque par le FBI des membres de la fSociety, les manigances de la matriarche de Tyrell Wellick, les rêves de grandeurs du PDG d’EvilCorp Phillip Price, les états d’âmes de Darlène, la fuite en avant des autres membres : Romero, Mobley, Trenton, la descente aux enfers du PDG d’Allsafe Guideon Goddard, les mystères temporels de Whiterose - chef de la Dark Army ... Ils sont re-tous là et les perspectives de développement sont excitantes à plus d'un titre. Et cette saison, mention spéciale à l’émergence de l’agent du FBI Dom DiPierro qui prend la tête de l’enquête sur le Hack mondial.

 

Parce que l’actrice – Grace Summer - transmet vraiment quelque chose avec son faciès là où Rami Malek finit par souler à feindre toujours la même tronche de type dans les vap’, comme s’il n’avait que celle-là en stock (j 'exagère mais la réutiliser à ce point, ça en revient à caricaturer son propre personnage). C’est d’ailleurs la double narration traqueur/traqué qui captive pour ma part le plus lors de cette S2 avec d’un côté la « plus maligne que la moyenne de ses collègues » Dom flairant très bien quelle est LA piste à suivre pour remonter jusqu’au et démasquer les hackeurs.

 

Et de l’autre, les membres de la fSociety qui ont beau avoir mis le monde à leur pied se sent d’une vulnérabilité peu recommandable avec la Dark Army qui compte bien effacer quelconque trace de liens entre les 2 organisations qui ferait remonter les autorités jusqu’à eux et donc justement le FBI. Les personnalités de ces membres que l’on avait pu qu’effleurer lors de la S1 se révèle alors totalement qu’il s’agisse de Darlène, Mobley, Romero ou encore Trenton. Un vrai petit délice pour une issue décidément incertaine.

Mais ce qui m’a marqué – en dehors du mindfuck total du scénariste vis-à-vis d’Elliot réussissant à nous faire le coup une seconde fois et toujours à notre insu sans que le moindre doute ne puisse s’élever – c’est la mise en scène d’au moins 2 situations. Toutes deux en rapport avec ma préférée : l’agent DiPierro. Je préfère prévenir, y a pas de spoil particulier. L’attaque de la rencontre américano-chinoise par la Dark Army (un groupe basé en Chine, faut-il le rappeler), délégation dont faisait partie Dom au sein du Service de Sécurité.

Deux éléments sont frappants : la réalisation et le degré d’implication des attaquants. Voir la scène du point de vue de Dom retranché derrière un comptoir et qui ne voit que très partiellement ce qui se passe sur ce qui se révèle être un court instant finalement. J’ai trouvé ce choix brillant. Finalement on ne voit que 15 à 20% de ce que la scène aurait réellement eu à offrir si elle avait été filmé selon une successions de pleins aussi conventionnels qu’Hollywoodien. Et au final, on en retire une essence que j’ai rarement ressentie d’une scène d’action.

 

Changeons de paragraphe pour respirer. Le second point marquant de cette même scène, c’est le caractère profond de l’attaque qui est commandité par un groupe certes révolutionnaires mais qui usuellement se tapi derrière des écrans et des lignes de codes. Là, le fanatisme des bras-armés qui vont jusqu’à se supprimer plutôt que de se rendre interpelle et tranche avec l’idée usuelle qu’on se fait de ces groupuscules activistes. La cause serait donc réellement plus importante que l’individu. Un second angle nouveau donc.

 

La seconde scène que j’ai trouvé d’une cohérence sans commune mesure, c’est en fait la seconde attaque/représaille de la Dark Army envers cette fois-ci le duo Dom/Darlène (FBI/fSociety) sur le sol Américain. A première vue, le choix est simple, un bête America’s Diner au centre de Time’s Square la nuit. Reste que la caméra filmant la scène est distance de l’autre côté du double 4 voies (c’est loin) et qu’elle est fixe comme posée sur le sol ou un muret. C’est ainsi sur un plan unique, sans changement de perspective ou de point d’observation que l’on assiste au mitraillage par 2 individus arrivés à motos du lieux de restauration, à la riposte de Dom, à l’arrivée de la NYPD et de la fin de cette fusillade. Brillant. A l’image de la saison.

2014-2017 Time Neves Euh, ah oui quand même Reservé.

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Tueuses en (Séries TV)

 

Comme chaque série qui m’arrive devant mon palier de porte après être passée par le SAS du hype, je m’en méfie comme de ma femme. En période de soldes. A l’évidence et en dehors de ces considérations un brun fallacieuse, MrRobot intrigue. De l’un par son thème plus si commun que ça si l’on compte les navets comme Person of Interest, de l’autre par son héros et par extension son acteur principal : Rami Malek. Mais avant de parler de tout ça, Mr Robot – en ce qui me concerne – c’est surtout un contact difficile. C’est simple, j’ai au bout du 4ème épisode fait les cents pas avec comme question : « dois-je arrêter les frais et en rester là ? ». Avec comme arbitres le diablotin au trident sur mon épaule gauche et l’ange blanc avec l’oréo sur la tête sur mon épaule droite. Oui, comme dans Tintin. Pourquoi ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. Après une page de réclame.

 

Pourquoi ? Parce que l’ennui, la vacuité, la divergence. Les musiques ne suffisaient pas parce qu’avant de me laisser immerger dans une ambiance, j’ai besoin que le récit me rassure, qu’il me témoigne de la sympathie, qu’il me révèle quelque chose de tangible pour que je lui assène une première onomatopée de satisfaction. Sauf que rien, nada. Certains me reprocheront de ne pas simplement laisser la série effectuer son entrée en matière, poser les bases et ne pas contraindre le spectateur a une situation peu envieuse d’écrasement sous profusion d’informations et codes propre à son lore m’enfin … J’ai juste trouvé tout cela très lent et banal. Lent, à la limite, je m’en fou et vous aussi vous vous en foutez. Mais, le quotidien névrosé de Mr Eliot Alderson, on le comprend aisément à l’issu du 1er épisode. Alors non, il ne se passe pas rien lors de ce début mais tout est nébuleux et peu avare en situations voire perspectives prometteuses.

C’est alors que je retournai prestement ma veste à l’aube du 5ème épisode. La série décolle enfin et laisse entrevoir tout le potentiel qu’elle renferme ; se gardant bien de nous montrer jusque lors. Allsafe, EvilCorp, Colby, Tyrell Wellick, la fSociety, Angela Moss, Darlène, le jeu de dupe s’éclaircit quelque peu et me troue le cul comme dirait l’autre lors de la 1ère scène réellement radicale de cette saison 1 lorsqu’Elliot se rend compte que ses agissements de cybercriminel ont de réelles répercussions dans la réalité. A ce moment, je commence à prendre la mesure des retombées positives post-visionnage et a hâte de voir la chute. Et elle ne déçoit pas. Même si à mon sens, l’avant dernier épisode est le réel dernier épisode et que le dernier tient plutôt de la transition avec la S2.

Je finirais par saluer la VF, vraiment convaincante. Ainsi que le sentiment dérangeant d’oppression (ou de cannibalisation des masses plutôt) qu’on réussit à reproduire les réalisateurs, metteurs en scènes et directeur de la photographie dans ce NY big brotherisé aux mains des géants d’Internet du géant d’internet : E.Corp. Et à ce propos, c’est d’ailleurs son aspirant Directeur Technique Tyrell « Buena Sera » Wellick qui est mon personnage préféré. Statut glané à la régulière, bien aidé par sa sous-intrigue aussi loufoque que tordue se mariant habilement avec le personnage à la fois puissant et soumis qu’il incarne.

Je pensais avoir affaire à une série dont tous les qualités se reposaient sur un marketing savant « à la Netflix », j’avais en partie raison. Et même si je hais de tout mon être (vous me dites si j’en fais trop) 40% de la série, force est de constater que les 60% sont d’un tel brio - et qu’ils vont tellement à contre-sens à la tendance actuelle où il faut juste balancer un pauvre trailer vaguement intriguant pour trop de monde à mes yeux se précipite sans raisons valables dessus – que je lui pardonne sa non unicité et abandonne dans son sens malgré ses défauts criants du début et ainsi que la fermeture une fois le twist de génie révélé.

 

2014-2017 Time Neves Ah oui quand même Reservé.

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Tueuses en (Séries TV)

 

Printemps 2014, je découvre Hostages, série israélienne d’une quelque douzaine d’épisodes centrée sur le développement d’une prise d’otage sordide en pleine banlieue pavillonnaire de Jérusalem. J’ai déjà eu l’occasion d’en évoquer la teneur lors de l’un de mes premiers posts sur ce blog, quand il était encore au stade de brouillon. Las, c’est à l’aube de la saison 2 du show que je mate en ce moment même sous vos yeux ébahis que me prend l’envie de rendre réellement justice à cette excellente série, en  commençant par rendre honneur à sa première saison, bien aidé par le résumé de quelques minutes en préambule de cette saison 2. L’occasion de re-constater – et ce, le doigt solidement pris dans l’engrenage du thriller israélien - à quel point le plot à priori bidesque – toutes les séries policières nous ont fait le coup de la prise d’otages à la con qui saoule et ne fait rien avancer – se voit développé d’une main de maître dans un récit aux complexités bien enfouies de prime abord prêtes à surgir aux moments les plus saugrenus.

La construction du récit se veut complexe et les points de vue multiples. En effet, dans le souci de conserver une tension inhérente au genre thriller, les scénaristes et le réalisateur alternent constamment entre points chauds et points froids, distillant ainsi les effets comme tractations à-même d’imbiber l’audience d’une envie maladive de tout savoir et surtout tout comprendre. Effilochant son fil d’Ariane, l’enchainement des évènements se veut volontairement brouillé, nappé d’un épais voile – sombre de surcroit – mêlant habilement enjeux politiques et quêtes personnelles. Il ne s’agit pas seulement de développer ce qui se passe au c½ur de l’action, mais de mettre aussi en lumière les man½uvres au dehors, parmi les gentilshommes qui n’entretiennent à priori aucune promiscuité avec ce qui se trame en vase clos. A priori …

Evidemment, la séquestration de la famille Danon en son propre domicile n’est pas anodine et il ne s’agit clairement pas d’un quelconque cambriolage ayant mal tourné. Les fauteurs de troubles sont quatre, il en est de même pour les victimes. Huit profils qui vont tant bien que mal devoir cohabiter et se supporter puisque les uns ont besoins des autres. Sommairement, les 4 membres de la famille souhaitent par tous les moyens s’enfuir de leur propre maison. Primitif certes, mais instinctif. Le commando, lui, souhaite bien évidemment les garder non pas pour demander une rançon ou faire un coup d’éclat médiatique – la police n’est même pas au courant de la prise d’otage pendant toute la durée de celle-ci – mais pour profiter des compétences d’un des membres. Elément dont je ne révèlerais bien entendu ni la teneur, ni le pourfendeur. La cohabitation n’est pas aisée ; forcément, quand on a autant de flingue au m², ça irrite.

Et pourtant, la saveur du show s’effiloche tant dans les basculements, retournements et évolution de situations semblant de nombreuses fois bloquées dans une impasse que dans les personnalités et l’effusion de sentiment provoqué par toutes ces interactions entre les 2 groupes mais aussi au sein même du même groupe. Yael, mère et chirurgienne assurant clairement le rôle de chef de famille, a été choisi par le cabinet du Premier Ministre Shmuel Netzer pour effectuer son opération bénigne. La revendication des preneurs d’otages est simple. Le PM doit mourir sur la table d’opération sous peine de voir son mari et ses 2 enfants passés l’arme à gauche. Passé le postulat de départ disons délicat pour tout le monde, tout ce joli petit monde va donc agir à sa manière pour perturber d’une manière ou d’une autre le déroulement à la base millimétré de l’opération. Les états d’âmes de chacun ne facilitant pas l’équilibre vacillant d’une situation prête à s’envenimer à chaque tentative/requête/lavage de linge sale entre les personnages.

Les ramifications sont nombreuses et les faux-semblants parsèment un show qui ne requiert aucune implication forcée de votre part. Chacune des parties prenantes a un intérêt à prendre part à l’opération mais aucun ne partage le même dessein. Qu’il s’agisse de denrées purement pécuniaires, de motivations politiques ou de quête personnelle, ces membres dont la docile entente ne tient qu’à un fil jonglent avec les humeurs des uns et les revendications des laissés pour compte tout en s’afférant à ce que la police ne sache rien de ce qui s’y trame et que leur projet aboutisse. Au fur et à mesure que les révélations occurrent et que les différents points de vue (notamment extérieur à la maison) se succèdent, le spectateur se passionne alors tant pour les différentes évolutions de la situation de crise pour la famille que pour les raisons masquées prenant toujours un peu plus d’ampleur, Premier Ministre dans la balance oblige. Bnei Aruba parvient ainsi sans mal à démontrer que oui, une série dont le titre est Otages peut se targuer de ne jamais faire retomber la tension au moyen d’un cadre aussi exigu que très bien paramétré, un ravissement dont les différentes évolutions et couches ne trahissent jamais les prétentions budgétaires pourtant limités du show. Une totale réussite.

2014-2016 Time Neves, goutte à goutte Reservé.

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J’ai honte. Mais j’ai fait mes choix, j’assume. Pour que vous comprenez, 2015 fut une année compliquée. Avec une quinzaine de mini-séries visionnées (i.e. un format condensé de 6 à 12 épisodes), j’ai dû faire quelques coupes budgétaires. Ainsi j’ai – à l’époque – délibérément choisi de faire l’impasse sur 2 séries canal+ (mon canal de diffusion favori) : Gomorra et Spotless. L’une italienne, l’autre franco-britannique. Et alors, qu’est-ce que j’ai été con puisque l’on tient là 2 nouvelles pépites et je pèse mes mots. Mais il est question de Gomorra pour l’instant. Une série qui m’a retourné le cerveau après m’avoir laissé dubitative à la lecture du concept : suivre la destinée de Mafioso de la Camorra. Et ce, alors que j’avais pris un malin plaisir à accompagner leurs homologues corses, oui je parle de toi Mafiosa. On n’est pas à une contradiction près chez les Neves.

Pour reprendre les bonnes vieilles habitudes, j’ai naturellement opté pour la VOST afin de profiter de ce formidable voice-casting pour jouir plus amplement de toutes les subtilités qu’embarquent les grossièretés lancées à tour de bras dans la langue de Pinocchio. A la base, Gomorra est un roman sorti en 2006 de l’auteur Roberto Saviano. Se rapprochant dans les faits bien plus d’un récit documentaire extrêmement détaillé, celui-ci a rencontré un énorme succès à l’époque. Le revers de la médaille étant que notre bon Roberto est depuis lors sous protection policière puisque les révélations et accusations qui y sont faites n’ont clairement pas été appréciées par les Gepetto de la Camorra. Outre que tout ceci donne furieusement envie de mettre la main sur le bouquin (et vivre la Série vous prémunira d’autant moins), il est important de signaler que Saviano est aussi le scénariste de la série. Paramètre parmi ses paires au combien importants à l’heure d’en juger la teneur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gomorra, c’est pourtant déconcertant au début. Ça se passe logiquement à Naples, la cité calabraise. Une ville réputée pour son hospitalité, son accueil chaleureux, sa station balnéaire, son … Quoi, c’est pas du tout ça !? Vous avez raison, Naples, c’est sale, crade, dégueulasse, crade, gris et ce ne sont pas les barres d’immeubles des premiers épisodes qui viendront contredire les lieux-communs que la ville s’est vu affublée depuis quelques centaines d’années. Effectivement, on suit Ciro - le lieutenant du chef mafieux local Don Pietro - afféré à la basse besogne. Cette dernière se mesurant essentiellement aux taux de fumée dans l’air et au nombre de douilles amassables parterre. La perspective d’assister à 2-3 règlements de compte par ci par là ne réjouit pas outre mesure, bien au contraire. On se demande sur quoi on a cliqué. Puis on croit deviner l’esquisse d’un élan prometteur quand le même Don Pietro, patriarche de la famille respecté se fait coincé et incarcéré très tôt dans cette jolie petite fresque qui démarrait plutôt timidement.

Gomorra est une série très intelligemment construite. Aussi bien en tant que tout uniforme (comprendre d’épisode en épisode) qu’en chacune de ses partitions. Si bien construite qu’il est tout bonnement impossible de détacher un personnage principal, un héros (ou anti-héros) qui éclipse un tant soit peu les autres, même d’un chouia. Tel le déséquilibre de la Justice, la balance du pouvoir penche au gré des forces, pour qui sait saisir l’opportunité (le comment surtout). Qu’il s’agisse de Donna Imma, la femme du Don en théorie écarté des affaires, le lieutenant - loyal à la famille de longue date – Ciro qui ne tient pas à rétrograder dans la hiérarchie ou du fantasque Genny – le fils tout sauf prodigue – désintéressé des affaires du Padre (dont l’évolution du personnage est impressionnante au cours de la saison), chacun de ces 3 éléments aura prise et emprise à tour de rôle sur la fonction suprême au sein du clan faisant main-basse sur le clan napolitain.

Simplement, gouverner - agiter les ficelles de la Marionette pour reprendre la métaphore - ce n’est jamais aussi simple qu’on ne le pense. Entre la sagesse/expérience des plus vieux et l’impétuosité des plus jeunes, coups de feu dans le dos, grande réunion poker face et autres manipulations de bas étages, tous les coups sont permis et l’équilibre que permet de conserver un chef clairement défini n’est jamais garanti. Plusieurs fois, on se demande même si cette lutte des pouvoirs n’amène pas l’organisation vers sa propre perte. C’est d’ailleurs clairement dans ces moments que Gomorra révèle son génie. Cette capacité à tordre le cou aux idées préconçues. A se permettre tout et tout le temps. Rien ne s’anticipe, tout se vit. Tout ce qui semble simple et limpide à comprendre n’apparait de la sorte que pour mieux nous surprendre par la suite ; au gré des plans, combines et évolution de personnalité en fonction de l’adversité rencontré par chacun.


Gomorra se permet tout mais pas seulement. Une réflexion de fond est clairement apposée sur les conséquences morales, psychiques et physiques de ces activités criminelles, et ce, aussi bien sur le compte de leurs propres pourfendeurs comme de leurs victimes que celles-ci soient intéressés ou désintéressés. Qu’elles aient mis le doigt dans l’engrenage de leur propre chef ou qu’on les ait forcées. Gomorra n’est pas brillante. Elle est géniale. Gomorra n’est pas fantastique, elle est fantasmagorique. A classer sans peine aux côtés de True Detective S1, American Crime S12, TheBridge S123, Les Revenants S1, Deutschland83, Le Bureau des Légendes S12 : les séries 5 étoiles.


2014-2016 Time Neves, Mamma Mia Reserved.

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Très étrange ce Spotless. Dans le mauvais sens du terme tout d’abord puis dans le bon sens finalement. Déjà, première chose : je n’avais pas jugé utile de retenir la candidature de ce Sans Tâche à l’orée 2015 quand j’eu l’occasion de me jeter corps et âmes sur la proposition. Bon, bien mal m’en a pris. La bande-annonce ne m’avait pas particulièrement intrigué dans le sens où je ne voyais en celle-ci qu’une vague nommé Dexter sur laquelle elle surfait. Dexter est sans nul doute ma série préférée (ça devient compliqué de dire ça quand on voit 15 séries par an toutes plus époustouflantes dans leur style les unes que les autres), cela n’empêche pas qu’une tentative malheureuse de récupération ne fonctionne pas sur ma personne. Et pour cause, je suis apolitique. Quoi qu’il en soit, un créneau se libérant en ce Printemps 2016 me décida à accorder le bénéfice du doute au coupable sans trace. ‘fin, ça, c’est que dit le titre.

Parce que Spotless risque de laisser une certaine trace indélébile en vous. Ce fut mon cas à minima. Pourtant, ce n’était pas gagné. C’est assez simple à décrire, le premier épisode d’une série qui en compte 10 fut tout simplement une purge. Je vous dis pourquoi dans 2 minutes mais il me semble important de revenir sur le quoi. Spotless se propose de s’attacher à la vie londonienne d’un expatrié français ayant construit sa vie de famille et sa carrière professionnelle over there. La particularité tient au business dans lequel s’est lancé Jean : le nettoyage de scène de crime. Le meurtre, le sang, les larmes. D’où un lien thèmeologique mais aussi graphique évident avec le show du Tueur en Série préféré de toute une génération.

L’épouse de Jean est anglaise et les 2 sont parents d’une collégienne de 13 ans et d’un écolier de 10 ans. La petite famille vit une vie paisible sans excès dans une maison mitoyenne typiquement londonienne. Enfin paisible, si pour vous, le mari qui trompe une femme qu’il aime pourtant avec évidence et qui n’assiste pas aux entretiens préliminaires au changement d’établissement de sa fille intègre la sphère globale de la vie paisible. Spotless a de ça de crédible qu’il ne s’embarrasse ni de dépeindre une famille bien sous toute couture (ça existe) ni de s’attacher à mettre en valeur une famille où absolument tout part en sucette (bon, ça existe aussi). Du côté du cadre, il n’y a rien à redire par contre, c’est quand on en vient à l’intrigue que ça coince.

Toute l’intrigue repose sur le métier de Jean qui tient une agence modeste de nettoyage de scènes de crime. Et sur son frère, Martin. Français de France qui débarque comme une fleur avec un cadavre sur les bras. Sans spoiler, le frère trempe dans de mauvais trafics et la mule s’est un tantinet défraichit pour finalement intégrer son congélateur. Il serait dommage de perdre une si juteuse cargaison. Tout commence donc à partir de ce moment-là. Jean est ainsi entraîné dans la galère de son frère, bien évidemment très réticent à l’idée de lui venir en aide au vu du potentiel foutrarque de la merde dans laquelle il est englué. En soi, se débarrasser du corps une fois la drogue extirpée ne constitue pas un obstacle important, par contre, trouver un acheteur s’annonce comme le point de départ de tous les ennuis.

On peut penser que j’en dis trop mais tout ce qui est compté ne constitue que le premier épisode, ne vous inquiétez pas. Et si je relate tout ceci, c’est pour pouvoir saisir au mieux tout ce qui fait le sel du show finalement : la mise en porte-à-faux de notre héros vis-à-vis du baron du crime londonien. Car tout l’intérêt de la série repose sur la situation ingérable dans laquelle se retrouve rapidement la fraterie, sommée de nettoyer les scènes de crimes de l’équipe de ce dangereux truand. Incarné par un Liam Galligan tout simplement fascinant, Nelson Clay joue de l’accordéon (figuratif) pour mener sa barque comme ses hommes. On ne sait jamais vraiment quand on fait un faux-pas avec lui et l’écart de conduit se paie cher puisque de votre vie. Toute une partie de la tension narrative que véhicule le show se repose sur cette ambivalence de tous les instants d’autant plus que notre Jean Bastières n’est absolument pas le genre de type à tout accepter sans poser ses quelques conditions afin de constituer sa sphère de contrôle.

Mon petit problème, c’est que le premier épisode taille dans le lard la partie sur Nelson Clay (le moment où la Série dévoile vraiment ses qualités et son intérêt) puisqu’il n’y fait aucune apparition. Sachant que la VO est assez difficile à accepter - l'ensemble du casting est britannique tandis que les frérots portent un large accent français – je fus contraint de switcher pour l’épisode 2 sur la VF et c’est fou ce que ça collait vraiment mieux, moi qui aurait cru l’inverse. Je n’étais vraiment pas chaud pour continuer une fois les crédits de fin du premier épisode défilant et je me remercie encore moi-même (je sais, je suis comme ça) d’avoir persévérer car oui, les doubleurs font mieux que les acteurs du point de vue du voice acting.

Côté casting, tout le monde a sa part dans la cohérence globale de l’½uvre comme des évènements. L’acteur québécois Marc-André Grondin incarnant le personnage principal semble de prime abord ne pas tenir réellement le rôle jusqu’à ce que sa personnalité un brin désincarnée et effacée ne masque en fait un désir profond et féroce de se soutirer à une situation dont il est indéniablement le pion. Son frère, Martin tranche avec son frère autant physiquement que dans sa façon de penser. Denis Ménochet, son interprète et seul français du casting parvient à tirer son épingle du jeu en dépit d’une personnalité plus explosive, moins réfléchi mais non dénué de caractère. Les 2 frères ne sont pas seulement intimement liés par le forfait du second et le secours du premier puisqu’ils entretiennent un lourd passif dont je terrais bien entendu et une nouvelle fois la teneur. Le duo forme alors tant bien que mal un trio qu’ils ne souhaitent absolument pas voir s’éterniser.  Faire la boniche pour les crimes sordides de Clay sans espoir de voir la collaboration prendre fin sur une bonne poignée de main n’aidant pas.

Les femmes ne sont pas en reste, des sous-intrigues très intéressantes se mêlant à la grande, notamment concernant Julie, la femme de Jean et Maddy la fille de Jean. Chacune ajoutant un propos pertinent à la proposition globale de la Série. Ce sont en effet l’intégration scolaire, la frivolité adolescente ou encore la place de la femme au sein du foyer comme des responsabilités carriéristes qui seront plus qu’esquissés dans ces histoires dans l’histoire. L’occasion d’ailleurs de découvrir un Londres différent. Le Londres de Spotless a ceci de plaisant qu’il n’est pas sans tâche. C’est pour moi. Le décorum évite soigneusement les décors carte postal pour mieux incorporer un Londres intimiste mais méconnu, resplendissant mais inconnu. Je craignais à titre personnel une avalanche de plan rapproché pour masquer un tournage en dehors de Londres mais obligé de constater que l’authenticité des lieux est totale et fait naturellement plaisir à voir.

Spotless est une série faisant honneur à son nom. En soi, c’est déjà une réussite. S’inspirant des meilleurs – le générique est très Dexterisant – et puisant dans le puit sans fond du relationnel humain (c’est un compliment), Sans Tâche a même le culot de proposer un scénario de 1er ordre puisque bien malin qui anticipera comment les choses finiront. Mal, oui, certainement, mais pour qui ? Là tout est à la question. Reste alors un casting attachant,  des intrigues intéressantes, des thèmes traités sortant un tant soit peu des chemins balisés (et je suis loin de les avoir tous cités, toujours en raison de spoil). Spotless m’a vraiment surpris. Conforté primairement par mon choix d’évincer la proposition en 2015 et estomaqué par  son véritable envol dès le second épisode. Négligent, je fus. On ne m’y reprendra pas 2 fois. Spotless dans le haut du panier.

2014-2016 Time Neves, Grande Série Reserved.

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Difficile de cacher mon enthousiasme au moment de mettre sur papier mon sentiment pour ce qui fut pour moi LA révélation 2015 côté Série. American Crime parait effectivement bien sobre comme choix de nom au jugement de cette dernière une fois la lecture des intentions réalisée. Qu’est-ce qu’un crime américain ? Son auteur, John Ridley, a choisi le crime racial pour étayer sa vision non manichéenne (cela va de soi) des évènements tragiques dont sont finalement constamment en proie les Etats-Unis de la Liberté et des Armes à Feux. Evidemment, le thème traité fait écho puisque depuis 2014, Ferguson, Baltimore, Sanford, Saint-Louis et d’autres font écho au Los Angeles de 92.

Pourtant, le c½ur des débats se déportent sur la ville modeste de Modesto, Californie. L’équilibre chancelant du vivre ensemble local se voit bouleversé par le sordide meurtre apparemment racial de Matt Skokie, blanc dont la fiancée Richelle est laissée pour morte, dans le coma. Elle aussi est blanche. Dis comme ça, ça fait très Kill Bill. Il n’en est rien. Rapidement, le principal suspect est identifié et il est mexicain. Membre d’un gang, il remplit parfaitement le rôle d’accusé même si la police du comté, zelleuse de réputation comme de faits, manque de preuves accablantes confondant pour de bon le présumé innocent. Hector Tontz, c’est son nom, est impliqué mais jusqu’où, est-ce vraiment lui ou n’est-il que complice voire innocent. 

Même s’il ne s’agit pas là que du seul point d’excellence du show, American Crime s’appuie sur une conception de ses personnages comme un casting de très haut standing. Formidable dirait Stromae. Le nombre de personnages principaux est affolant. En principe, c’est plus un défaut qu’une qualité puisqu’il devient difficile de laisser à tout le monde la place pour s’exprimer. Cependant, toute la série s’articule autour des répercussions de ce meurtre racial jaillissant au sein  des différentes communautés que comporte la ville californienne de quelques 200 000 habitants. Blanche tout d’abord puisque la famille respective des victimes appartient à ce qu’on appelle les WASP. Je dis ça, je ne suis pas allé vérifier ce qu’ils portaient autour du cou. Hispanique ensuite, dont l’un de ses représentants est principal suspect, l’intégration de ces derniers étant remis en cause (plus par les membres de cette communauté eux-mêmes que ceux des autres d’ailleurs). Puis Noire, l’enquête révélant les secrets d’implications de bien plus de monde qu’on ne croit au début au fur et à mesure de son avancée.

Côté casting/personnage. Blanc pour commencer. L’excellente Félicity Huffman campet la mère célibataire de la victime dont la personnalité oscille entre mère aimante ayant tenu à bout de bras le semblant de socle familial qu’il pouvait encore subsister pendant 20 ans et ambiguïté communautariste - on ne sait jamais vraiment si elle est vraiment raciste ou comme pas mal de gens, stigmatisent selon les circonstances et l’affect telle groupe de personne portant la même couleur de peau. Le non moins à-propos Thimothy Hutton prend les traits de l’ex-mari célibataire de celle-ci dont la dépendance au jeu et l’échec dans son rôle de père aura forgé le caractère fort de son ex-femme avant qu’elle ne prenne le large, divisant durablement la famille et tentant désormais de se racheter depuis quelques années en étant plus présent (trop tard pour son 1er fils) auprès des siens désormais dispersés aux quatre coins du monde.

Tout le sel du côté de cette première famille touchée (les parents de la rescapée sont présents dans les discussions mais n’éclaboussent pas vraiment de leur talent) tient aux dissensions jalonnant les deux ex-pour la vie au sujet de la dépouille de leur fils (l’enterrer à l’endroit où il a choisi de vivre et s’est fait tuer ou le ramener à la maison, près de Maman), la première prenant en l’apparence l’ascendant sur le second ne serait-ce pour ses fautes à lui qu’elles n’a eu cesse de rattraper/colmater/subir pendant toutes ces années. L’occasion pour l’auteur de s’attacher aux thèmes de la perte d’un enfant, des tensions inhérentes au sort de la dépouille de l’être bien aimé lorsque les parents sont en froid. Et évidemment l’inscription dans cette enquête criminelle sur le sort de leur fils, puisque tous deux souhaitent que justice soit rendu. L’obtiendront-ils est à ce propos une très bonne question.

 

Côté hispanique désormais. En fait, il y a 2 points de vue différents. Celui du principal suspect, le caïd aussi gringalet que teigneux Hector Tontz dont j’ai déjà fait allusion en amont. L’intérêt porté par l’auteur sur les déboires carcéraux et interrogatoiratifs du jeune hispanique se justifie par la nature délicate d’une enquête qui ne manque pas de témoignages accablants mais dont les preuves à charge font défaut (l’arme du crime notamment, donc pas d’empreintes donc pas de confondaison formelle de l’accusé). Une épreuve permettant d’ailleurs de mettre en lumière le passif (pourquoi il en arrive à être suspect finalement), le background social – la crainte d’être renvoyé au Mexique pour une affaire de drogue et de Cartel qui veut sa peau là-bas, puisque Hector a la double nationalité – et sentimental de cet Hector qui derrière le criminel pédant dissimule une vie de famille – femme et fille de 6 ans – à laquelle il tient énormément. Puis bon, autant, ne pas finir au fond d’un ravin du Veracruz.

 

Et puis, il y a un second point de vue. Celui vu à travers la petite vie rangée de la famille d’origine mexicaine Gutiérrez bien intégrée à Modesto. Pour ainsi dire, les enfants s’appellent Tony et Jenny, pas Hector. Signe évident d’une volonté d’intégration totale au pays d’adoption de parents bien installés au c½ur de la Californie paisible depuis une vingtaine d’années. Une famille marquée par la perte de leur mère il y a de ça quelques années. Mais un foyer soudé autour d’un père aux principes et valeurs ancrées, solidement inscrites dans l’idéal américain : travail, famille, église. Un père aimant tentant de donner non pas un cadre stricte mais un cadre juste à ses enfants pour qu’il puisse se constituer comme le voudrait n’importe quel parent en sachant qu’il est difficile de jouer le rôle de 2 lorsqu’on est plus que la seule autorité pour 2 jeunes adolescents de 15 et 16 ans se cherchant.

Le père s’attache donc à impliquer ses rejetons tant dans leurs études que leur perspectives futures, conviant notamment son fils à s’occuper de temps à autres des voitures qu’il retape dans son garage, un business monté de ses propres mains. ; vision définitivement américaine. Normalement, à cet instant, vous vous demandez que ce brave trio puisse bien avoir de près ou de loin avec notre crime. Tout. Puisque comme tout ado, Tony fait des conneries, et si se faire un peu d’argent en prêtant le véhicule retapé qu’il avait à charge de faire rouler à n’importe qui un soir de meurtre n’en est pas une grosse ... C’est donc à travers la lente perdition d’un ado qui n’avait pourtant rien pour se faire aspirer par la faille de la complicité que toute la famille revoit ses fondements et ses croyances remises en question (la police, la justice, l’éducation, la voie).

 

Reste à voir ce qu’il en est côté noir. Singulièrement, c’est une nouvelle fois à travers 2 points de vue que le spectateur doit composer. La vision des péripéties post-tragédie telles qu’elles sont perçues au sein de la communauté afro-américaine prend corps primairement par  l’intermédiaire du couple mixte blanc-noire/noir-blanc Carter Nix et Aubry Taylor. Il est noir. Elle est blanche. Un couple au combien passionnel (presque un euphémisme d’écrire ça …) très porté sur la drogue puisque ce ne sont ni plus ni moins que 2 junkies. Un amour fusionnel sans concession les consumant manifestement à petit feu, le duo s’enfonçant durablement dans leur réalité fantasmé cuite après cuite, pipe après pipe, dope après dope. Jusqu’à ce que la réalité bien réelle elle, ne les rattrape tel un boomerang en pleine poire. Car c’est là que fiction et réalité s’entrecroise pour ne faire plus qu’un, le jeune Carter se voyant mêlé à cette sordide histoire et donc, ce meurtre sauvage. Le développement de la séparation des deux inséparables prenant écho dans le soutien des 2 familles des amoureux. Un soutien à bien des égards divergent ; mais convergent cependant sur un point. Ma fille ne doit plus fréquenter votre frère. Mon frère ne doit plus s’accoquiner de votre fille.

 

Le second point de vue du côté de la communauté noire se personnifie par les traits de la s½ur du second suspect principal Aliyah Shadeed, fraichement converti à l’Islam, elle milite contre l’abus policier et met rapidement en place une manifestation populaire visant à soutenir son frère, accusée à tort et sans preuve selon elle. Convaincue que son frère est entrainé par cette jeune blanche dépravée – effectivement Nix parait plus en contrôle que sa dulcinée – plus qu’autre chose, celle-ci va jouer sur 2 tableaux pour casser l’élan de cet amour visiblement bien trop puissant pour être défait sans consentir un maximum d’effort. De ce point de vue-là, la s½ur du suspect et la famille d’Aubry se rejoigne. Ces derniers composés du père, de la mère et du frère représentent l’archétype type de la famille saine, équilibrée dont la seule faille provient de la tournure qu’a prise la vie de leur fille, émancipée, n’ayant pas suivi les balises semées par son modèle de frère. Les fréquentations … Dans un cas comme dans l’autre, ce sont les thèmes de l’âme en peine, de la sauvegarde de celle-ci ainsi que du soutien familiale qui sont esquissés, prenant à témoin le destin brisé d’un jeune couple sans véritable issue impliqué de près ou de loin

 

Bien entendu, tout ce petit monde qui ne se croise pas vraiment va confluer les existences des uns les autres pour finalement affecter de près ou de loin le sort de tout un chacun. Une belle réussite puisque même si aucune rencontre n’est actée sur la dizaine d’épisode que compose American Crime, le parallèle est constamment d’entremise entre ces destins chiadés - quel que soit leur communauté d’appartenance et couleur de peau - dont chacun gère la teneur selon sa propre personnalité et son propre environnement (social, familial, professionnel). Si la grande force du show se situe indéniablement dans son écriture, son tissu et ses raffermissements, il serait pour le coup criminel de ne pas rendre à l’imagerie ce qui appartient à l’imagerie. La mise en image est vraiment singulière, rarement, je n’ai dénoté de cette façon de filmer une série. Ça commence par le générique qui n’en est limite pas un (pourtant il y en a bien un) tant il va à contre-courant de ce qu’on a l’habitude de voir – c’est simple : pas d’images de synthèse, pas de casting en filigrane, pas de coupure entre celui-ci et le corpus – désarçonné par tant de brio, je fus. Tiens, je me mets à synthaxer comme Yoda.

 

Le ton général est très posé, très tranquille, tant dans la mise en scène que la composition musicale/sonore. Et n’allez pas croire que ce cocktail aboutisse à un résultat mou, effacé voire sans saveur. C’est en réalité tout le contraire. Les sentiments et émotions éprouvées sont décuplés et l’attention ne retombe pour ainsi dire jamais. Ne serait-ce que ne pas mettre de musique en fond sonore quand les dialogues ont lieu, la scène prend instamment sens et puissance. C’est fou ce que ça change par rapport aux autres séries. American Crime est bourré d’intentions comme de détails qui frisent le génie aussi bien dans le fond : les thèmes, les relations, les personnalités, l’intrigue ; que dans la forme : la mise en scène, la composition musicale, la photographie – cette luminosité bordel, la justesse du casting. Des qualités qui lui valent d’être MA série parmi les séries de 2015 (et ce malgré l’excellent True Detective) et de préfigurer la saison 2 - ne s’attachant non plus aux reliquats d’un crime racial mais aux embardées d’une agression sexuelle – comme l’évènement sériesque le plus attendu de l’année par votre honorable prestidigitateur. Formidable.

2016 Time Neves, une seule pour les gouverner toutes Reserved

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Je me rappelle encore de certains posts de blogs à l’époque, ça devait être en 2013 par là où un savoyard de la communauté s’amusait à retracer les différents lieux de la série Les Revenants en nommant nommément la véritable identité des lieux ainsi que leur fonction réelle. Des lieux, vous l’avez compris, renommés et utilisés autrement dans la fiction par rapport à la réalité. Je regardais ça d’un air assez distant, je ne connaissais pas Les Revenants à l’époque, ou bien vaguement, ça ne m’intéressait pas. Mais je trouvais la démarche pas conne du tout. Puis, j’ai succombé à Les Revenants l’année dernière et j’ai compris la hype. Franchement une série sans flingue, sans hôpital, sans complot, si bonne ? Seriously ? Ouiiiiii !!!!

Les Revenants se passe en Savoie, province alpine française. Le coin aussi tranquille que rustique a été frappé d’un tragique accident de bus scolaire il y a de ça 8 années dont les conséquences hantent encore certaines familles endeuillées par la perte de leur enfant. C’est dans ce contexte que l’une d’entre elle, Camille, revient, sans raison rationnelle. Elle a bien sa stèle au cimetière mais elle se tient là debout dans la cuisine devant sa mère avec le même corps que la veille de son décès, comprendre qu’elle ne revient pas grandit de 8 ans, elle revient telle quelle. Ainsi, sa s½ur jumelle n’est plus son double puisqu’elle a subit les lois de la science. Etrange ? Que dire alors quand d’autres Revenants apparaissent ? Et quand ceux sont morts l’année dernière (l’action se passe en 2012) ou il y a 40 ans ? Un phénomène déroutant pour un concept aussi habile qu’innovant.

Dès lors, une ribambelle légitime de questions assène le spectateur. D’où sortent-ils ? Comment est-ce possible ? Sont-ils bien vivants ? Qu’est-ce que cette marque sur leur corps qui grandit jour après jour ? Bref, Les Revenants réussit sans mal à étayer sa palette historique pour vampiriser l’esprit du lecteur obnubilé par sa quête de compréhension. Surtout lorsqu’on sait que ces retours coïncident avec des évènements étranges : coupures inopinés d’électricité quand le canton d’à côté en jouit pleinement, montée des eaux du lac – le patelin comporte un barrage – sans raison ni possibilité de réguler. Des éléments ravivant le souvenir de la population ayant subi il y a une trentaine d’année de ça la rupture du barrage, des inondations et donc, des victimes. Décidément, la Savoie, il vaut mieux y aller en Hiver.

A mon sens, outre un concept très différenciant dans le monde des séries – l’intérêt relevant de la compréhension du pourquoi du comment, pourquoi sont-ils là mais aussi de l’impact d’une telle sidération en série sur les familles et la population en général, les craindre, les choyer ? – c’est par son ambiance, son ton que Les Revenants se démarque et impose son emprunte. En effet, la série est très calme. Pas calme dans le sens, il ne se passe rien, mais calme, dans le sens posé, avec les petites musiques d’ambiances aussi discrètes qu’évocatrices et véritablement de bon gout. Une discrétion à même de laisser la place aux envolées lyriques comme gestuelles lors de scènes poignantes en émotion, la compulsion on appelle ça, je crois. Un plaisir de tous les instants bien aidé par un casting franco-français vraiment bien ficelé et des décors savoyards fortement portés sur le naturel plutôt que la construction humaine sans âme.

C’est véritablement bluffé de tous les instants que j’ai parcouru la dizaine d’épisodes que composent la série, d’une intimité rare, elle s’érige avec brio au Panthéon des plus belles réussites de cette cuvée 2015 avec American Crime et True Detective. Se permettant le luxe de conclure sur une fin ouverte dans le bon sens du terme – comprendre qu’elle suscite des théories plus divergentes et farfelues les unes que les autres – Les Revenants démontre qu’on peut s’attacher au relationnel humain ainsi qu’à l’évolution psychologique sans arme, ni haine, ni violence. Avec juste ce qu'il faut de connivence et de mystique. Et rien que ça, si vous voulez mon avis, cela mérite le succès. Surtout quand c'est fait avec brio.

2014-2016 Times Neves, Le meilleur sinon rien Reserved.

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Série évènement de l’année 2015, True Detective aura fait forte impression auprès de nombre des nantis ayant eu le privilège de poser leurs yeux sur elle. Je vous le dis tout de suite, j’en fais partie ! La réputation précédant le rejeton du scénariste Nic Pizzolato et du réalisateur Cary Fukunaga est à la fois lourde et légère à porter tant les premières minutes sur le pedigree de ce à quoi nous allons probablement avoir droit sur la huitaine d’épisodes qui composent la fresque. True Detective inscrit son intrigue dans les vertes et vierges contrées de Louisiane selon une double timeline. En effet, un meurtre sordide à la mise en scène macabre commis en 2012 jette tout de suite le froid sur une affaire similaire non élucidée s’étant produite en 1995. Les 2 inspecteurs ayant collaboré à l’époque sur la résolution du crime et que tout oppose sont interrogés – de nos jours – pour comprendre ce qui s’est passé pour que l’enquête fasse choux blanc malgré les éléments suspects collectés 17 années auparavant. Une manière comme une autre de résoudre les 2 crimes à la fois. Deux crimes potentiellement signés par la même personne.

Ces deux inspecteurs de police sont bien évidemment campés par les deux têtes d’affiche de la première saison : Woody Harrelson et Matthew McConaughey. La particularité du duo s’attenant aux divergences total de mode de vie, conception de la vie, caractère, personnalité résultant non pas en un affrontement ou snobisme de tous les instants mais une défiance mutuelle aussi bien sur les méthodes d’investigation de l’un que sur le train de vie de l’autre. C’est ainsi un travers le récit séparé de chacun des deux compagnons d’un temps que le spectateur découvre via des flashbacks le couac de l’enquête de 1995, et surtout, ses raisons bien souvent extra-professionnelles. L’intérêt de ces deux interrogatoires prenant sens lorsque celui-ci prend fin au bout de quelques épisodes pour embrayer sur la remise en selle du tandem après toutes ces années dans l’unique but de mettre la main sur le tueur sadique et psychotique qui a très probablement remis ça pour la seconde fois dix-sept ans après son premier forfait.

Bon, si True Detective a tant bonne presse, c’est parce qu’outre l’histoire proposée, son développement ne se laisse pas désirer et capte irrémédiablement l’attention. Il faut dire que les personnalités jonchant cette Louisiane peu accommodante ne sont pas totalement en reste vis-à-vis du rustre qui anime la relation entre Rust et Martin. Qu’il s’agisse d’un groupe de bikers ou de l’orateur d’une convention à tendance sectaire, nos deux acolytes ont fort à faire pour se démener à démêler le vrai du faux tant toutes les rencontres semblent chacune à leur manière indignes de confiance. Une animosité qui tend à souder notre couple goutant pourtant très peu aux commodités amicales même si un semblant de vie associative se dessine entre les 2 comparses par l’intermédiaire de la famille du « en apparence, chef de famille modèle » Martin Hart – Wody Harrelson. D’humeurs plutôt brumeuses, les pistes se font et se défont à la manière de ce qui s’est passé en 1995. Les lieux lugubres, locaux peu coopératifs et péripéties sordides se succédant les unes après les autres.

Bien que de haut vol, il serait erroné de résumer le sel de l’aventure à sa seule écriture puisque les premiers contacts avec cette dernière se font par son imagerie. Une réalisation, mise en scène et photographie là encore hautes perchées qui en ferait pâlir le 7ème Art ou qui n’a en tout cas rien à lui envier. Une certaine convergence des médias s’offusqueront ou s’égosilleront certains. Reste que le cachet conféré par le décorum que procure cette Louisiane naturelle, brute, intimidante – même en plein jour – étale un formidable terrain de jeu pour la caméra dont les plans aussi minutieux qu’étonnants (vue d’oiseau sur une grande route rectiligne frayant son chemin à travers cette nature verte luxuriante et que dévale la voiture de nos deux compères ; par exemple) ravissent même les plus blasés d’entre nous. La mise en scène profite quant à elle du thème borderline de ces crimes (entre mystique et culte dérangeant) comme du travail sur les costumes, objets et autres grigris. Enfin, l’ambiance et l’atmosphère profitent bien évidemment de l’écrin particulier de cet Etat du Sud des Etats-Unis, mis proprement en valeur - sauf de nuit noire peut-être, pourtant la scène en question est l’une des plus marquante de la saison – par le choix retenue question luminosité.

True Dectective, une histoire forte, un scénario impliquant, une narration à timeline double, une réalisation, mise en scène, photographie … Certes. Encore faudrait-il ne pas oublier le jeu d’acteur. Nos deux têtes de gondole en premier lieu tant ils écrasent le show. Les personnages secondaires font le job mais ce ne sont que des personnages secondaires. Soit ce sont des proches de Rust Cohle ou Martin Hart, soit ce sont des témoins ou suspects. Ils jouent tous très bien leur rôle mais difficile de les retenir tant l’omnipotence légitime du duo surclasse toute velléité de dissidences à l’écran. Pour la donner dans le mille, la lecture de l’association des deux bourre-pif s’interprète comme la réunion de la thèse et l’antithèse d’un même sujet. Rust Cohle – porté à l’écran par Matthew McConaughey – incarne un esprit éclairé, posé, un peu ailleurs/lent et pourtant fichtrement perspicace une fois revenu sur Terre menant une vie bien éloignée des sentiers battus que nous enseigne à longueur de journée la société.

Pas de femme fixe, pas d’enfants, pas forcément volatile pour autant, pas de cadre établi et une remise en question perpétuelle des aspirations de l’être. Tout le contraire d’un Martin Hart – prenant les traits de Woody Harrelson – qui lui par contre à cocher une à une les cases de la vie « rangée » - faite gaffe aux guillemets – du foyer familiale à la sociabilisation entre voisins en passant bien évidemment par un petit adultère de temps en temps. Une remise en cause de lui-même par son comparse et le cocktail explosif est prêt à détonner d’autant que lui de son côté ne comprend pas trop le style de vie de celui qu’on lui a mis dans les pattes en 95. Une relation psychologique, vous imaginez bien, amenée à évoluer drastiquement pour le meilleur et pour le pire au fil de la saison. Inutile d’en dire plus.

True Dective donne un gigantesque coup de pied dans la fourmilière tentaculaire des excellentes séries jonchant le cosmos depuis quelques années. C’est grandement de par son style unique qu’elle s’impose dans une jungle farouche où les petites productions comme les grosses rivalisent d’inventivité pour nous asséner leur science si vindicative l’espace d’une huit-dix-douzaine d’épisodes. La lutte est farouche mais il est indéniable que la brillantissime première saison tire son épingle du jeu, sublimant et magnifiant le triptyque histoire, réalisation, performance d’acteurs par rapport à nombre de séries bien plus terre à terre et moins en orbite comme peut l’être True Detective d’un point de vue réalisation (ce qui n’enlève rien à l’extrême qualité de ces dites séries). Définitivement un must. En attendant de pouvoir me mater la seconde fournée. En Californie cette fois, et avec un tout nouveau casting paraitrait-il …

2014-2016 Time Neves, Le 7ème Art dans les cordes Reserved

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Édito

 

Ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour Neves.

 

Faites-le.

 

Neves F. Kennedy, 1964.

 

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'Bienvenue au Neves Club.'

 

La première règle du Neves Club est 'il est interdit de parler du Neves Club'.

 

La seconde règle du Neves Club est 'IL EST INTERDIT DE PARLER DU NEVES CLUB'.

 

Troisième règle du Neves Club : ' lorsqu'un joueur WiiU l'intègre, il doit jurer sur la Dualshock de ne jamais prononcer les termes suivants dans l'enceinte du Club : "fun, gameplay, level-design, game design, multi-local" '

 

Quatrième règle : 'le joueur Sony et affiliés est exempté de combattre'

 

Cinquième règle : 'le joueur Xbox est un mythe qui n'existe pas'

 

Sixième règle : 'seulement deux joueurs par combat messieurs'

 

Septième règle : 'deux joueurs WiiU minimum par combat'

 

Huitième règle : 'quand le joueur WiiU crie stop, ou n'en peut plus, le combat continue jusqu'à ce que j'en décide autrement'

 

Neuvième et dernière règle : 'si c'est son premier jour, le joueur WiiU doit combattre'

 

Tyler Neves, 1997.

 

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Il y a bien longtemps, dans un galaxie lointaine, très lointaine ...

 

 

C'était une époque de guerre civile, à bord du vaisseau opérant à partir d'une PlayStation inconnue, les Rebelles  ont emporté leur première victoire sur l'abominable Empire Nintendo.

 

Au cours de la bataille, les Rebelles ont réussis à dérober les plans secrets d'une machine infernale : le CD-Rom, une technologie spectrale dôtée d'un armement tridimensionnel assez puissant pour ébranler la stabilité bidimensionnelle du cosmos vidéoludique.

 

Poursuivi par les sbires sinistres de l'Empire, le Prince Kutaragi regagne sa base aux commandes de son vaisseau spatial, porteur des plans volés à l'ennemi qui pourrait boulverser le cours de l'histoire et restaurer l'espoir dans la galaxie ...

 

Neves Lucas, 1977.

 

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"That's one small step for Sony ...

 

... but one giant leap for videogame industry"

 

Neil Neves, 1993.

 

( 'landing' his hands on the yet  UNCHARTED Playstation Dualshock soil)

 

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- J'aurais pu vous offrir une babouche.

 

[4 seconds ... 3 ... 2 ... 1 ]

 

- Une babouche ne suffit pas.

 

Le mime Neves, 1998.

 

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Yes, Week-End.

 

Neves Obama, le Vendredi.

 

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My people ... Sons & Daughters of Sony. This much I vow. The history of these days will be written in the Saturn blood, by crashing the N64 of my ennemi, by seizing the CD technology they thought to turn against us. We will be fighting for our very existence. But if are those who denies us peace, refuses our rightfull place in the gaming universe, then we will unleash such a terrible console that the generations yet unborn (Gamecube, Wii, WiiU, WiiThem, etc.) will cry out in anguish.

 

Discours de galvanisation des troupes, Sony Headquarters, Neves Visari, 2 Décembre 1994.

 

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The Wii may shatter our PS3 body. But they cannot break our spirit. Even tough the Miiverse advance on our Playstation Home to seize by force what they cannot claim by right. They cannot imagine what awaits them. WE WILL PLAYSTATION ALL-STARS BATTLE ROYALE (SMASH, in english) THE INVADERS FROM OUR SKIES. [...] While they sweep over our lands like the sand of winter, never again we will bow before them, never again endure their awful casual games, never again endure their Mario Kart tyranny. We will strike without warning and without mercy, fighting as one hand, one heart, one soul. We will shatter their dreams of hegemonia and haunt their nightmares of failure. Drenching our ancestor's grave with their blood. And as our last breath tears as their lungs, as we rise again form the ruins of our Playstation 3. They will know Gamers belongs to SONY.

PLAYSTATION 4.

 

Discours de présentation de la PS4 à la presse, Scolar Neves, 19 Février 2013.

 

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 Never compromise.

[Tearing apart the contract between the two of them.]

Neves "Rorshach" Yamauchi, 1990.

 

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Cette communauté mérite une qualité supérieure de contributeur.

 

Et je compte bien la lui donner.



The Neveser.

 

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Je suis devenu un criminel pour éviter de devenir une victime.

 

 

Le joueur WiiU.

 

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Dans l'Espace, personne ne vous entendra crier.

Renault, division acoustique.

 

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Les hommes naissent libres et égaux en droit.

Il ne fait nul part ici, mention du sort de la femme.

Neves Bonaparte, 1803.

 

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Nul n'est pro-fête en son pays.

 

Pourtant j'en vois plein des français à Saint-Tropez.

 

L'auteur de la citation n'a pas souhaité dévoilé son identité.

 

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Un homme avertit en vaut deux.

 

Une femme ? Quatorze.

 

Comprenne qui pourra.


L'auteur de la citation n'assume pas ses propos et n'a par conséquent pas souhaité faire figurer son nom dans le registre.

 

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L'important, c'est de gagner.

 

Et surement pas de participer.

 

Absurde.

 

Neves de Coubertin, 1896.

 

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- Vous aimez invoquer la Sureté Nationale afin d'allègrement violer la constitution et restreindre les libertés individuelles si durement acquises par ce pays.

- Vous n'êtes qu'une emmerdeuse Karen.

Karen Hayes puis Tom Lennox, 24 - saison 10.

 

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Ce blog ne se prévaut pas d'être le meilleur d'entre tous.


Il l'est.


Et c'est bien là l'essentiel.

 

Neves Bygmelon

 

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L'important, c'est d'imposer son avis.


Et non de le donner.


Absurde ça aussi.


Putain, les gens comprennent vraiment rien.


Neves Underwood.

 

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Un taxi vide s’est arrêté au 10 Downing Street.

 

Clement Attlee en est sorti.

 

Winston Churchill.

 

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Un vrai joueur se réclamant être un sympathisant de la cause ne dit pas "allo" en décrochant le combiné.

 

Il dit Killzone.

 

Neves RyuzAKi47.

 

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A compter de ce jour, vous ne m'appellerez plus Neves.

 

Mais le Grand Neves.

 

Napoléon Neves, 1822.

 

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Les grands esprits discutent des idées.

 

Les moyens esprits discutent des évènements.

 

Les petits esprits discutent des gens.

 

Ils m'arrivent de discuter de moi auprès des autres.

 

Neves Roosevelt.

 

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Un jour, je rentre dans un taxi et j'entends un mec me dire :

"Vous allez où ?"

Comme on se connaissait pas, je lui ai répondu :

"Qu'est ce que ça peut te foutre ?"

Les gens d'aujourd'hui, aucune manière ...

 

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- Qui est le premier homme à avoir marché sur la Lune les enfants ?

 

- Neil Armstrong Mr le Professeur.

 

- Faux. Tintin.

 

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Il n'a rien d'un GOTY, mais surpasse sans souci ceux à qui on a donné ce titre.

 

Blacklabel, 17 Janvier 2012, critique d'inFamous 2.

 

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Contrairement à ce que prétend la vindicte populaire ...

 

... Dieu ne s'est pas reposé le 7ème jour.

 

Non. Dieu créa Sony.

 

Vox Déï.

 

(Citation non datée mais retrouvée sur un parchemin daté du Monolithique.)

 

 

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"En Bretagne, il ne pleut que sur les cons."

 

- Eh bah je dois être un sacré gros CONNARD !!

 

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