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Miscellaneous

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Par Quetzal Blog créé le 13/10/10 Mis à jour le 25/02/16 à 16h07

Miscellaneous adj.(du latin miscellaneus, mot anglais pouvant être traduit en Français par divers) : Qui possède diverses caractéristiques, capacités, voire apparences.

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Les zeux vidéo

Je ne sais pas si cela vous gagne souvent, ami lecteur qui lit le premier article de ce blog, mais est-ce qu'il vous arrive ce moment où vous vous dîtes qu'est-ce que ça signifie ceci, ou à quoi le jeu fait allusion là ou comment je vais résoudre cette énigme ? Bref, une envie irrépressible qui est celle de satisfaire simplement la curiosité ou de relever un défi ? Après plusieurs années de jeu, un constat simple s'impose : de façon générale le jeu vidéo est une invite à la réflexion. Cet appel à lâcher la manette se pratique à quatre niveaux : cérébral, référentiel, instructif et moralisateur.

Le premier point concerne le cérébral, autrement dit, tout ce qui demande de réfléchir directement pour voir la suite du jeu. Que dois-je faire ? Où dois-je aller ? Comment s'y prendre ? Ce sont les questions universelles assurant le déroulement d'un programme vidéoludique. Même dans un beat them all comme Street of Rage ou Final Fight, le principe est de taper et d'avancer. En soi, ce n'est pas de la réflexion pure, mais il existe toujours une demande d'adaptation au type d'adversaire qu'on affronte et à l'environnement rencontré.

La prime du genre revient forcément aux jeux de réflexion, d'aventure et de gestion. De Tetris à Layton en passant par Monkey Island ou Baphomet ou Bust-a-Move, de Zelda à Sim City en lorgnant du côté de Warcraft ou de Civilization, tout n'est que matière à muscler le cerveau, à tel point qu'on arrive à acquérir des réflexes liés au gameplay d'un jeu. Vous avez trouvé les derniers Zelda sur DS trop facile ? Essayez de mettre un de vos proches sur le jeu. Non pas qu'il le trouvera facile, mais il risque de souffrir plus que vous, n'étant pas habitué aux mécanismes de jeu et aux symboles de la série (ce qui facilite l'expérience). Parfois, ces réflexes peuvent être tels qu'ils laissent des opportunités d'emplois intéressantes.

Le second degré est en rapport à la référence. Elle apparaît comme une façon de nourrir culturellement le jeu et de lui apporter une profondeur parfois caustique. La référence peut être simplement faite à un autre jeu. Prenons par exemple Duke qui appelle une certaine Lara dans le jeu Time to Kill ou encore Resident Evil 4 où il existe une référence à Wave Race (quoiqu'un peu tirée par les cheveux). Les références peuvent bien sûr aller dans d'autres univers comme les films ou la mythologie. Même un jeu aussi subtil que God of War permet de s'intéresser à la mythologie grecque et de voir d'où vient les inspirations du jeu. Ainsi, si Kratos est si puissant dans le jeu, c'est simplement qu'il est une personnification du pouvoir. Une simple recherche sur une encyclopédie en ligne permet d'appréhender les origines du mythe. Tales of Symphonia fait lui aussi référence à un mythe, l'Yggrdrasil, l'arbre-monde dans la mythologie nordique. On pourrait s'étendre encore longtemps sur ce genre de référence. Une dernière allusion à ce degré : il s'agit de la référence immersive. Celle-ci est employée dans les jeux tirés de licences, comme les comics ou les films. Elles permettent de donner des repères immédiats à la personne qui joue. Que serait un Golden Eye 64 sans un James Bond figuré par Pierce Brosman et son PP7 silencieux, jouant au tank dans les rues de Moscou ?

Sur le côté instructif apporté par les jeux vidéo, nous avons déjà insisté sur le côté découverte des références. Mais dans l'univers vidéoludique, il existe tout un tas de logiciel éducatif dont le but premier est d'instruire en s'amusant, sans qu'il n'existe forcément un scénario logique derrière, à part celui d'apprendre. Ce type de jeux existe depuis assez longtemps : je m'amusais déjà sur un logiciel de maths sur Videopac. Bien sûr, ce genre de jeu à fortement évolué depuis, entre les Adibou, les jeux culturels crées par Cryo ou encore la série de jeu lancée par Nintendo à partir du Dr. Kawashima. Les jeux vidéo permettent de former aisément les gens sur certaines thématiques et ceux qui travaillent dans le serious game ont parfaitement assimilés cette donne.

Enfin sur l'échelle morale, tout jeu qui possède un scénario se doit d'avoir une conclusion et possède un ou plusieurs messages latents. De façon surprenante, le message colporté a rarement une valeur politique, voire partisane, à l'exception notable de certains jeux de guerre (je pense au premier Metal Gear Solid et sa dénonciation des armes nucléaires) et expérimentaux comme Flower. Le jeu vidéo se complaît dans une certaine facilité, à savoir un manichéisme patent où le gentil (celui qui défend la juste cause) gagne sur le méchant (ce qui pose problème à la juste cause). Même si les jeux qui passent ce cap deviennent de moins en moins rare, ce n'est pas encore la panacée. Un des softs qui me vient à l'esprit est FFVI où le méchant Kefka a gagné, même s'il se fait battre à la fin. A quoi bon sauver un monde déjà détruit ?

De fait, le jeu vidéo peut être quelque chose qui peut aller au-delà d'un simple loisir consistant à agiter une manette ou à bouger son corps dans les cas les plus récents. Il est dommage que cet aspect ne soit pas assez mis en avant par les joueurs, car il nous semble qu'en mettant en avant cet aspect réflexif ; ce n'est pas qu'on rendrait hautement intellectuel notre média fétiche, mais il contribuerait à lui conférer une dimension culturelle autrement plus poussée qu'un homme acculé à son canapé et qui serait en train de se ruiner les yeux devant un jeu de course ou un FPS. Vous aurez deviné, je fais bien entendu parti de cette dernière catégorie.

Ps : petit jeu pour celles et ceux qui s'ennuient : essayer de trouver les noms des jaquettes de la banderolle !

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Commentaires

Quetzal
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Quetzal
+1 BlackLabel
Je dirais qu'en terme de narration, le choix le plus simple c'est de se porter sur du manichéen, c'est plus simple à écrire et le grand public a plus de facilité dans les bonnes personnes.
Et je pense à un autre point : les éditeurs engloutissent plus d'argent dans ce qui paraît beau et simple que dans un truc moche, mais profond. Parce que, ce qui attire l'oeil a plus de facilités à être acheter. J'espère juste que la HD arrêtera la course bête à la technologie et que les éditeurs et développeurs consacreront plus de recherches sur l'écriture.
(Je me souviens d'ailleurs dans un des IG l'interview d'un écrivain dans le jeu vidéo et qui expliquait les difficultés du scénariste)

Et très intéressant l'exemple de Splinter Cell. Il s aurait dû alors aller jusqu'au bout : proposer l'arrêt de la console ou du jeu à ce moment-là !!
upselo
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upselo
Kane & Lynch sont aussi deux bons exemples de personnages qu'on n'essaye pas de faire passer pour des héros. Même quand ils tendent à la rédemption, ils restent "mauvais".
BlackLabel
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BlackLabel
Pour moi le problème de la consistance culturelle vient effectivement du manichéisme constant des personnages. Même dans les dernieres productions Rockstar censées être réalistes, notre personnage, tout criminel (ou ancien criminel) qu'il soit, est du bon côté de la barrière, moralement défendable.

Dans Uncharted, Drake l'archéologue malhonnête tue soixante quinze milles mercenaires et pirates anonymes, mais il ne tuera jamais un méchant identifiable, ceux-ci mourant à cause d'événements extérieurs.

Un des aspects plaisants de God of War est que Kratos suit sa quête en se fichant complètement des autres. Même si les références mythologiques sont très librement utilisées, l'histoire se détache du joueur en proposant un héros dont on peut trouver les actions répréhensibles. C'est un peu la même chose dans Shadow of the Colossus ; nous ne dirigeons pas un valeureux héros qui va débarrasser des terres inconnues de gros colosses patibulaires, ses motivations sont plus personnelles.

Ça me rappelle aussi un passage dans Splinter Cell Double Agent, je crois, où on doit flinguer un pauvre type pour infiltrer un groupe terroriste. On n'a pas le choix, et on aura beau essayer de tirer à côté, ça ne fonctionne pas. Cette absence de choix, cette obligation, pour continuer le jeu, de poser un acte qu'on n'a pas forcément envie de réaliser a quelque chose de beaucoup plus marquant que les choix bon/méchant qu'on recontre dans des softs comme Infamous.
Quetzal
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Quetzal
@ molo : je réglerai ça pour la banderole, mais ça en fait déjà 4 :)) et le but c'est bien sûr que tu finisses aveugle !! (6) Et j'avoue, je suis un vrai salop :)

@upselo : c'est vrai qu'on peut aller dans ton sens. Y a qu'à voir la politique de Nintendo avec la mise en place d'aide automatique pour faire avancer le joueur (New Super Mario Bros. Wii si tu m'entends) On peut aussi dire qu'avec l'apparition de la 3D ultra réaliste, on fait moins appel à l'imagination du joueur.
D'un autre côté, je pense que ça répond à un besoin de rendre les jeux beaucoup plus accessibles : si tu rends un jeu plutôt simple, plus de gens sont susceptibles de pouvoir jouer à ce jeu et donc de pouvoir le vendre. Combien de Wii Sport pour d'Ikaruga vendus? Je caricature, mais la réalité s'approche de ça. On dira qu'il existe toujours des exceptions, comme Myst ou mieux, Riven. Mais beaucoup ont été fâchés par la difficulté de ce dernier...
Et au niveau scénario, je trouve que pas mal de choses sont tentées. Ca veut pas dire que ça fonctionne, l'adéquation entre intéractivité et scénario est difficile. Mais il est vrai qu'il est toujours ardu de trouver les perles dans la masse.
upselo
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upselo
Un article sympa, mais j'irai un peu à contresens. Je trouve que de plus en plus les eux ne cherchent plus à faire réfléchir : tout est explicitement dévoilé au joueur, la direction à prendre, l'action à accomplir, il est guidé tout le temps, avec des indices quasi immédiats s'il ne trouve pas. Les scénario ne sont pas non plus hyper fouillés, même si certains demandent plus d'efforts de la part du joueur (Braid en premier lieu, mais aussi les jeux à narration éclatée comme BioShock). Donc, je trouve qu'on peut faire beaucoup mieux.
Molilol
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Molilol
Pour les jeux de la banderolle, c'est un peu petit quand même, je tue déjà assez mes yeux T_T

(mais y'a Dune !! Et Zelda et Layton et Okami et argh mes yeuuux...)
Molilol
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Molilol
Yeah, bon je teste les comms, tu vois ce que tu me fais faire franchement hein !
Vive le nouveau blog en tout cas :).

Édito

Il est toujours difficile de créer un blog quand on est à son cinquième ou sixième. Parce qu'à chaque fois, faut refaire la peinture, faut trouver l'hébergeur qui vous plaira, et pis faut la motivation et la bonne idée pour faire tout ça et enfin faut lui donner du grain à moudre. Blog sans article périclite !

Donc, autant dire que c'est toujours une galère invraisemblable d'être le démiurge d'un journal intime interactif ! Mais voilà qu'il existe Gameblog, un site où se trouvent des gens qui me ressemblent plus ou moins. Je ne suis pas un vieux routard, d'autres ont plus de bouteilles que moi, mais j'ai débuté avec un videopac y a une vingtaine d'année. Après, je n'ai jamais réussi à décrocher du paddle. Et après, j'ai connu pas mal de choses, jusqu'à ma petite DS crimson que peu de Français doivent posséder (ahaha !)

Bref, je ne suis pas là pour raconter toute ma vie, mais pour le blog, Miscellaneous. Celui-ci aura certes pour vocation de parler de jeux video, mais surtout d'aller au-delà de ce qu'est la vie du joueur. Je veux dire, après tout ce vécu, on se rend compte qu'il existe tout un monde gravitant autour du jeu vidéo, qu'il existe toute une culture autour. Là se trouve le coeur de ce blog, qui a pour but de faire partager des expériences, des connaissances et aussi des choses que j'apprécie, qui ne sont pas forcément proches du jeu vidéo, mais que c'est bon parfois de mettre le nez dehors !

Ainsi se justifie le titre de ce blog : en rassemblant des choses diverses et variées, j'ose défendre une culture du jeu vidéo, comme il peut exister une culture du cinéma ou de la bande dessiné. C'est de cette manière qu'on peut se doter d'une défense face à certaines inepties (ce n'est pas parce qu'on a viré Jack Thompson qu'elles ont disparu !) et dire simplement : on existe !

Alors, en espérant que la lecture des futurs articles vous plaira,

Bienvenue sur Miscellaneous !

Ps : il existe une autre raison pour le titre Miscellaneous. Pour l'instant, elle reste cachée et sera dévoilé en temps et en heure (disons quelques mois...)

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