Des souris et des jeux

Par Mellorine Blog créé le 28/05/12 Mis à jour le 09/06/17 à 22h29

Mon univers PC d'hier et d'aujourd'hui, sans prétention mais avec émotion !

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Édito

Une enfance sans jeu vidéo, cela a existé. Chez moi. Un vieil Amstrad CPC6128+ moisissant dans un coin faute de jeux, deux ou trois Game & Watch éventuellement, mais aucune console.

Puis, un jour, un PC débarque à la maison. Quelque part en 1994 il me semble. Et là, les CD de démos offerts par les magazines de jeux vidéo s'amoncellent, et même parfois des jeux complets ! C'est l'engrenage.

Me voilà en 2017, à bientôt 35 ans, et toujours aussi accro. Bien sûr, depuis, les consoles sont entrées dans ma vie et je prends beaucoup de plaisir à rattraper le temps perdu, mais je reste toujours plus à l'aise avec mon clavier et ma souris...

C'est cette histoire, que certains d'entre vous ont peut-être partagée, que je vais vous raconter.

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Elucubrations (Jeu vidéo)

C'est le moment de l'année où on trépigne un peu, où on consulte Internet en catimini au boulot (ça et les soldes Steam... à l'époque où c'était intéressant). On tire des plans sur la comète, on se prend à espérer des annonces en lesquelles on a en temps normal perdu foi, on a de grandes discussions passionnées sur l'avenir du jeu vidéo, les nouvelles tendances, les futures IP, les choix stratégiques... Bref, c'est l'E3 !

Et chaque année, ça ne loupe pas : je veux y croire, à l'annonce qui va faire briller mes yeux et battre mon coeur ! Il y a deux ans, lors du dernier E3 qui a défrayé la chronique, je ne me suis pas sentie très concernée par les ondes de choc qui se sont abattues sur le monde vidéoludique : je n'ai pas (encore) fait les Shenmue, à l'inverse j'ai déjà fait Final Fantasy VII et n'éprouve pas le besoin ni l'envie de ce remake.

Bon, j'exagère un peu : l'annonce de The Last Guardian m'avait remplie d'une attente fébrile, que je réprimais au fond de moi pour ne pas être déçue. Aussi avais-je évité de m'emballer et étais restée très mesurée dans mes réactions (à un ou deux trolls près sur les forums GB).

Mais je suis comme tout le monde, et j'attends de l'E3 qu'il me parle à moi et rien qu'à moi, qu'il fasse vibrer ma corde sensible, qu'il m'envoie du rêve en barre. Et je ne sais pas vous, mais j'ai envie de croire que cette année, Bethesda va se sortir les doigts du code et nous gratifier d'une annonce tonitruante que nous attendons tous : le prochain TES numéroté.

Vous rappelez-vous à quel point Bethesda nous a surpris en annonçant Skyrim seulement quelques mois avant sa sortie (le 11 novembre 2011) ? Cela m'a fortement marquée, car j'avais été impressionnée par cette réussite critique de confidentialité du projet pendant la plus grande part de son développement. Cela avait permis aux équipes de bosser sereinement, sans la pression et les influences induites par les internets, et d'accoucher d'un jeu assez formidable sur lequel nous avons tous passé au moins 200 heures de plaisir.

(Je continue à préférer Morrowind, mais là n'est pas le sujet.)

Et si Bethesda avait réussi ce tour de force une seconde fois ? Après tout, c'est également plus ou moins ce qui s'est produit pour Fallout 4. Et l'on n'est pas du genre à se contenter d'une retexturation HD inutile car déjà proposée dans mille mods sur le Nexus, qui vise à capitaliser jusqu'à la moelle sur le succès complètement dingue de TES V : on veut une nouvelle map, un nouveau contexte, une nouvelle histoire (moui bon, ça on s'en fout, en vrai on veut juste explorer un immense territoire une épée à la main). Et pas un MMORPG à la DA foireuse, s'il vous plait, qui montre que Zenimax n'a rien compris à l'ambiance de la saga solo. On veut un nouveau TES numéroté.

On mérite un nouveau TES numéroté.

Il ne me semble pas aberrant qu'une annonce soit faite en ce sens cette année. Et là, toutes les conjectures sont permises ! Au fil des épisodes canoniques modernes, on a déjà visité Vvardenfell en Morrowind (terre des Dunmer, mes chouchous), Cyrodiil (terre des "Impériaux") et Bordeciel (terre des Nordiques). Je zappe volontairement Arena et Daggerfall, qui permettaient de se déplacer dans tout Tamriel mais de manière moins graphique. Je zappe également Redguard, auquel personne n'a joué. Bref, on a eu trois jeux sublimes, détaillant des contrées plus ou moins originales peuplées d'humanoïdes.

Pour le prochain opus, j'ai envie de faire un pari fou (auquel je ne crois pas une seconde, je vous rassure) : Elsweyr, la terre désertique peuplée par les Khaajits. Pourquoi donc ? Eh bien tout simplement parce que cela marquerait un tournant assez drastique dans la déclinaison medfan pour l'instant relativement classique de la série. Marre du triptique forêts/rivières/montagnes ! Je veux retrouver le même émerveillement que la première fois que j'ai joué à Morrowind, et découvert des environnements de jeu que je n'avais alors jamais vus (les caldéras, les mangroves, etc.). Des déserts, des oasis, des jungles : voilà qui renouvelerait le catalogue de voyages ludiques proposé par la saga. Et puis cela aurait un petit goût de Gothic 3, que j'avais plutôt bien aimé à l'époque, justement pour ce choix audacieux de paysage rarement employé dans le RPG.

Je me plains de la diversité du landscaping, mais aussi de la diversité des PNJ. On a eu assez de jeux en territoires humains ou mers (elfes, pour les gros noobs de la saga) ; j'aimerais que les races humanoïdes soient davantage mises en lumière. Morrowind parlait beaucoup de racisme et c'était une thématique intéressante, qui mériterait d'être abordée en miroir, dans un jeu se déroulant dans le fief d'une race ailleurs méprisée, développant sa culture, ses rouages, ses failles mais aussi ses grandeurs.

Et puis ce serait l'occasion de retrouver les Lanternes Jumelles, faction complètement sous-exploitée dans Morrowind, se consacrant à la libération des esclaves, principalement Khajiits. Sans compter que ces derniers ont une manière de s'exprimer à la troisième personne assez irrésistible !

En fait, ça y est, le jeu est en train de totalement prendre corps dans mon esprit. Si vous connaissez un RH chez Bethesda, je vous envoie mon CV, je suis prête à bosser bénévolement s'il le faut, mais je le veux, mon The Elder Scrolls VI - Elsweyr !

Evidemment, je suis lucide : il est fort probable que le prochain TES solo se déroulera dans une contrée respectant davantage les canons de la série. Si prochain TES solo il y a. Hein. S'il vous plaît, ne me faites pas ce coup-là. Mais avec la mise en lumière du domaine Aldmeri dans les derniers opus, il n'est pas interdit d'y croire très fort. Après tout, les Khajiits en font partie dans TESO (ce qui ne m'empêchera pas de continuer à snober royalement ce jeu, dont récemment le trailer de l'extension Morrowind a manqué de m'étrangler de rage pour sa laideur et son irrespect du lore graphique).

Et vous, est-ce que ça vous ferait rêver, ce TES Elsweyr que je vous propose d'imaginer ? Ou préféreriez-vous une autre contrée, et laquelle ? Prenez-vous avec moi le pari que nous aurons une annonce relative à la licence au cours de l'E3 ? Je vous défie au jeu des pronostics et des espoirs probablement déçus : qui sera le plus proche de la vérité ? J'ai posé mes balls sur la table, je vous attends.

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Elucubrations (Divers)

Cinq ans que je n'ai pas écrit sur ce blog.

Ca devrait être interdit.

Mais il faut dire que j'ai assez peu joué, en cinq ans. Mon parcours professionnel a décollé, me conduisant aujourd'hui à assumer un poste de jeune cadre dynamique pas suffisamment jeune ni dynamique, mais occupant tout de même la bagatelle de 50 heures par semaine pour un salaire complètement indécent de misère me faisant regretter le temps où je n'étais pas au forfait jours.

Ma vie de couple a perduré, avec un non gamer qui a envie de vomir dès que j'essaie de le faire jouer à un jeu à la première personne (dernière expérience : hier soir avec Talos Principle)... Attention, je ne me plains pas, je suis une femme et j'ai le luxe d'avoir encore aujourd'hui l'embarras du choix (pourvu que ça dure). J'ai bel et bien choisi cette vie, ou plutôt je la choisis tous les jours, mais il est vrai qu'elle n'est pas aussi riche en jeux vidéo qu'elle le pourrait.

Alors ces dernières années, quand j'ai eu quelques minutes devant mois pour profiter de mes machines, j'ai dû prioriser. J'ai dû optimiser. J'ai géré mon temps libre comme la manager que je suis, planifiant mes congés au grés des sorties de licences favorites, profitant des déplacements de mon conjoint pour faire des jeux courts à ambiance, m'évadant chez mon meilleur pote (gamer celui-là) pour platiner des jeux cultes et retrouver un interlocuteur digne de ce nom sur ce sujet qui me passionne.

Et au sein de mon entreprise, j'ai créé un magazine interne dans lequel je parle de jeux vidéo ! Depuis près d'un an, et de manière quasiment suicidaire pour ma carrière dans un grand groupe français de l'économie sociale et solidaire qui salarie plus de 80% de mamans quadra, je rédige des articles de dédiabolisation de notre loisir favori, en m'attachant à présenter des jeux dans lesquels on propose d'autres interactions que "tuer".

Je ne saurais dire quel succès ont ces écrits, ni même s'ils sont lus par qui que ce soit, mais j'ai l'impression d'oeuvrer pour une cause qui me tient à coeur : la reconnaissance d'une passion que j'ai chevillée au corps depuis près de 20 ans maintenant. Ces articles m'ont permis de parler de To the moon, Life is strange ou The last guardian à des collègues pour lesquelles le jeu vidéo s'arrêtait à Pokémon GO et Mario Kart. J'ai envie de croire que tout cela n'est pas vain. Et dans le pire des cas, j'ai pris du plaisir à écrire sur ces sujets, et c'est bien là la finalité de toute action de communication qui se respecte. Pas la quête de clic ni de "célébrité" : je n'ai plus 20 ans, je n'ai pas de twitch, je n'ai rien à offrir d'autre qu'un regard qui en vaut un autre sur le jeu vidéo.

Vais-je attendre encore cinq ans pour écrire ici même ? Si oui, de quoi parlerai-je ? Du prochain The Elder Scrolls numéroté, qui sera sorti je l'espère (je parie sans aucun espoir sur Elsweyr ou le Marais Noir) ? De l'annulation de la licence Mass Effect par Bioware, qui n'aura pas eu les cojones de persévérer après l'échec d'Andromeda ? De Cyberpunk, toujours annoncé par CD Projekt mais pas encore sorti ? Du prochain chantier de Ueda, qui a gagné mon éternelle confiance et mon amour inconditionnel en alignant trois pièces de maître sur le CV le plus parfait de l'histoire du jeu vidéo ?

Notre passion évolue tellement, et si vite ! Il est difficile de suivre le rythme quand on a deux petites heures par jour pour respirer. Vous êtes comme moi, vous savez tout cela. Vous aussi, vous avez pris cinq ans dans les dents depuis mon dernier post ! Essayons de se parler plus souvent, voulez-vous ?

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Tests

Au moment où j'ai précommandé ce jeu, j'étais en plein dans la lecture des tomes fabuleux qui composent la saga encore inachevée du Trône de Fer. Comme tout le monde, d'ailleurs j'en ai honte, j'ai mis le pied dans cet univers grâce à la série de HBO. On m'avait souvent enjoint de lire les bouquins, mais personne n'avait su me vendre correctement le produit. J'avais soupé de l'héroïc fantasy et de toute façon, je considérais Tolkien et son Silmarillion comme le top niveau inaccessible de la discipline ; je n'étais donc plus intéressée par ce genre et mes affections littéraires s'étaient tournées vers d'autres dieux.

Puis la série est arrivée, et l'aubaine était trop bonne de goûter sans effort cette saga tant vantée. Et là, j'ai découvert toute la puissance d'un scénario implacable associé à un monde sombre et sans concession, à mille lieues des contes de fées et autres gestes chevaleresques dont je croyais faite la fantasy dans sa splendeur décadente.

 

J'ai englouti les épisodes de la première saison avec une voracité que j'imagine semblable à la vôtre, puis, dans l'entre-saison, j'ai piqué les intégrales de mon frère afin de poursuivre un récit dont le suspens ne me permettait pas de supporter une année d'attente fébrile. J'ai bien fait à plus d'un titre : non seulement la traduction française est une merveille dont j'ai joui à chaque instant, mais en plus, si la première saison avait su rester fidèle à l'oeuvre originale à quelques exceptions près (notables, mais rares), la seconde souffre de mille changements que mon oeil avisé a au mieux considéré comme des simplifications malséantes, au pire comme des trahisons inexcusables. Je ne rentrerai pas ici dans une critique ou pire, un débat, car mon opinion ne saurait varier quels que soient les arguments employés pour me détromper, mais je ne saurais qu'inciter tout le monde à se faire sa propre idée en dégustant les écrits de M. Martin himself, ou mieux, la délicate et sublime traduction de M. Sola devant lequel je m'incline très, très bas.

C'est pendant cette haletante lecture dont je dévorais sans peine 200 pages par jour que j'ai appris l'annonce d'un RPG développé par les Français de Cyanide en amont de la série télévisée. Je ne pouvais pas passer à côté de la conjugaison de tous mes plaisirs du moment : RPG occidental + Westeros = NEED. Voilà l'équation einsteinienne qui me fit précommander le jeu sur Amazon, réflexe grâce auquel je l'obtins pour un prix complètement dérisoire dont Steam est encore loin : 32€. Ce tarif excessivement bas ne laissa pas de faire naître en moi doutes et inquiétude, d'autant que l'accueil américain du soft, précédant celui de nos contrées, était relativement frileux. Je me lançai pourtant à corps perdu dans l'installation du jeu, car mes pulsions rôlistiques s'ennuyaient ferme depuis Les Royaumes d'Amalur : Reckoning (paix à son âme).

Quelques réglages des graphismes et contrôles plus tard, alors que le générique musical de la série télé accompagnait agréablement l'interface sommaire mais suffisante du titre, je démarrais une Nouvelle Partie...

 

Mors et son chien, Chien.

 

Mors est un frère noir : il appartient à la Garde de Nuit depuis près de 20 ans et a su gagner la confiance du Commandant Mormont, c'est pourquoi il est maintenant chargé de retrouver les déserteurs et de les écourter comme le veut la règle. Alester est un prêtre rouge qui revient de Braavos pour enterrer son père, un noble seigneur dont il est l'héritier légitime bien que son titre soit convoité par un frère bâtard sanguinaire au passé trouble.

Le premier est chargé par la Main du Roi, Jon Arryn, de protéger une mystérieuse jeune fille. Le second plaide sa cause auprès de la reine Cersei, qui ne tarde pas à l'utiliser pour mener à bien de sombres missions.

Ces deux personnages aux honnêtes motivations, qui ne se sont jamais rencontrés et que des milliers de kilomètres séparent, participent en fait à la même grande histoire, chacun d'un côté de la barrière qui sépare, non le Bien et le Mal, mais l'intérêt d'une seule contre celui des Sept Couronnes.

N'en jetez plus, je sais, j'ai un talent inné pour rendre un pitch intéressant... d'autant que celui-ci l'est vraiment ! Le scénario, qui débute juste avant le premier tome du Trône de Fer, s'inscrit parfaitement dans l'univers non manichéen de l'auteur et propose une narration croisée qui permet d'évoluer alternativement dans les bottes de Mors et la cape d'Alester, reprenant ainsi astucieusement de schéma de l'oeuvre originale, dans laquelle chaque chapitre est l'occasion de suivre un pan de l'histoire en empruntant la focalisation d'un personnage. Grâce à cette astuce littéraire, Martin peut maîtriser le rythme de son récit tout en créant des cliffhangers multiples.

L'enterrement de lord Sarwick, le père d'Alester.

 

En articulant son aventure comme l'a fait l'auteur, Cyanide démontre une farouche volonté de proposer une aventure crédible dédiée aux fans de la première heure et à tous les nouveaux nés accouchés par HBO. Et des fans, on voit qu'ils en sont, chez Cyanide ! L'univers est maîtrisé, un Codex permet de trouver des informations sur le background ô combien riche du Trône de Fer, de nombreux PNJ cités ou présents appartiennent aux romans et les références à l'Histoire de Westeros sont fréquentes. Les développeurs français ont été aussi fidèles envers l'oeuvre de Martin que les Polonais de CD Projekt avec celle de Sapkowski, et à caresser les connaisseurs dans le sens du poil, ceux-ci ont une folle envie d'aimer le jeu.

Mais voilà, celui-ci ne nous aide pas, principalement à cause de son game design totalement défaillant. Au début du jeu, on nous donne le choix entre trois styles de combat pour chaque personnage, qui là encore se réfèrent intelligemment au monde du Trône de Fer : il y a de quoi être emballé(e), à l'idée de jouer un Magnar zoman ou un Danseur d'Eau ! Mais les combats, on va les attendre. Longtemps. Ils sont plus que rares au cours de l'aventure, qui consiste le plus souvent en une succession de dialogues interminables et d'aller-retours entre un point A et un point B (l'ironie du sort veut qu'heureusement, les zones ne soient pas bien grandes...).

Les quelques combats, mollassons, s'inscrivent tous dans le cadre du scénario : ne comptez pas farmer pour augmenter votre puissance, les brigands, gardes et autres mercenaires qui vous attaquent ne repoperont pas après que vous leur ayez percé les entrailles. Un script en chasse un autre, il est donc impossible de lambiner gaiement en enchaînant les combats pour débloquer des compétences : vous ne pourrez le faire que lorsque le scénario aura prévu votre gain de niveau. Celui-ci se fait le plus souvent au terme d'un chapitre (comme par hasard), et pourtant la réussite d'un combat ou d'une quête donne des points d'expérience : un système totalement hypocrite qui aurait gagné à dire son nom au lieu de se réfugier derrière les codes du RPG.

La demeure Sarwick, un bien joli décor, théâtre d'un énigmatique complot...

 

Et finalement, c'est de là que viennent tous les problèmes du titre : Cyanide a fait un RPG de ce qui aurait dû être un épisode spin-of de la série. L'aventure que le studio propose est trop linéaire, les dialogues trop écrits, les quêtes secondaires trop inexistantes, les environnements trop limités, les combats trop maladroits. Le soft tient davantage du film interactif que du jeu vidéo. Je me rappelle avoir pesté contre la longueur des phases de dialogues, malgré leur indéniable qualité et les choix moraux dont elles sont parsemées, avant de me résoudre à les zapper tout simplement pour espérer un peu d'interactivité, ce qui est un comble dont je ne suis pas fière, d'une part parce que mon critère de sélection principal a toujours été le scénario, et d'autre part parce que les doublages français sont tout bonnement excellents, notamment pour le personnage d'Alester qui a la classe internationale grâce à son timbre grave ultra charismatique.

Mais si les comédiens vocaux sont irréprochables, il n'en va pas de même des sous-titres, qui sont littéralement constellés de fautes d'orthographe ! Le jeu a presque réussi à détrôner Okami sur PS2 dans mon top des sous-titres les plus dégueulasses de l'Histoire du jeu en VF, c'est dire... L'auteur des dialogues du jeu n'a absolument aucune notion de la conjugaison des verbes du troisième groupe et de l'impératif. Il y a une ineptie toutes les deux répliques ; c'est vraiment la honte du jeu vidéo français et, puisque l'on ne peut ici décemment pas reporter la responsabilité sur une agence de localisation, cette médiocrité donne l'image très négative d'un studio qui ne sait même pas écrire dans sa propre langue. Si Cyanide cherche une correctrice, franchement, je suis leur homme.

Le Lord Commandant Mormont ressemble trait pour trait à l'acteur de la série : un grand point fort du jeu.


Malgré tout, j'ai fait énormément d'efforts pour aimer ce jeu. Et certains aspects étaient d'ailleurs très réussis. J'ai parlé du doublage français, mais je peux aussi évoquer la direction artistique et plus globalement les graphismes du titre. Les visages, notamment, sont très bien modélisés et texturés ; ils manquent certes d'expressivité mais citez-moi donc un jeu où ce n'est pas le cas ? Les décors sont trop petits mais agréables à arpenter, sauf les phases de souterrains qui sont d'un ennui mortel car faussement labyrinthiques : un couloir eût mieux faire l'affaire. Le gameplay contient aussi quelques bonnes idées : le contrôle du chien par Mors permet de faire des assassinats subtils ou de suivre des pistes grâce à l'odorat de l'animal. Les quelques quêtes secondaires (rarissimes) servent une ambiance sombre plutôt bien retranscrite quoi que trop soft par rapport à l'oeuvre originale ; elles permettent de donner des traits de personnalité, qui confèrent des bonus, à nos personnages. Ceux-ci sont d'ailleurs attachants dans leurs histoires et leurs enjeux respectifs, on a envie de savoir s'ils vont finir par se rencontrer ou même se combattre.

Hélas, le jeu est plombé par son système de combat qui, lorsqu'enfin il sert à quelque chose, se révèle balourd en diable. Pour résumer le bousin, on débloque des compétences sur un arbre choisi en début d'aventure parmi trois styles martiaux distincts, et pendant le combat, on peut ralentir le temps pour choisir les prochaines attaques spéciales que le personnage principal, ou son compagnon, va effectuer. L'idée n'est pas mauvaise, mais le résultat est aussi peu sexy visuellement que propice à la tactique. Il est en effet peu pratique de passer d'un personnage à l'autre en plein assaut tout en assurant des combos qui échouent assez souvent par la magie d'un lancer de dé foireux. On est ici beaucoup plus près d'un affrontement old school à la Drakensang que d'une baston dynamique de sorceleur, et ce n'est guère flatteur pour le joueur.

L'interface de combat est vieillote et les animations raides...

 

D'ailleurs la sensation de montée en puissance est inexistante : les armes et pièces d'armures sont terriblement chères dans les boutiques, et le loot ne permet pas de renouveler son équipement très souvent. Il est donc utile de se fournir en potions chez les alchimistes, car certains combats peuvent être difficiles lorsque trop d'ennemis nous encerclent. En cas de mort de l'équipe, le Game Over est immédiat, il ne reste qu'à charger sa dernière sauvegarde, mais attention : le jeu utilise un système de sauvegarde auto ! Parfois toute proche, parfois lointaine, de toute façon vous n'avez pas le choix puisque la sauvegarde rapide ne sert qu'en cas de chargement rapide. Il vous faudra donc sauvegarder "en dur" si vous souhaitez laisser en plan votre partie sans risquer une indésirable perte de temps.

Rhaaah, même encore aujourd'hui, après tout le fiel que je viens de cracher sur Game of Thrones, j'ai envie de l'aimer, du fond du coeur. Pourtant, la dernière fois que j'ai joué (je devais en être au chapitre 8 ou 9), je suis tombée sur une énigme, et là, ça a été la cerise qui a fait déborder le vase. Je n'ai pas eu envie de réfléchir car le jeu ne me stimulait pas suffisament pour que mobilise l'once d'un neurone à cette tâche. J'ai quitté. Et je n'ai jamais relancé le jeu. Parce que ce n'était pas un jeu mais un épisode inédit de la série télé avec moins de boobs. Parce que je voulais avoir l'impression d'agir et pas seulement de regarder, comme le laisse entendre la promesse d'un RPG.

La tentative de Cyanide est honorable et l'univers de Martin y est traité avec beaucoup d'égards, mais le studio n'aurait-il pas mieux fait d'en extraire un jeu d'aventure type point&click ? Il aurait ainsi évité les écueils cités plus haut et pu sortir le jeu sur des plates-formes plus grand public. Après tout, Game of Thrones n'est pas à la mode qu'auprès des geeks qui possèdent un bon PC ou une console HD...

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Souvenirs

 

Deux jours après Japan Expo, le teint est toujours blafard, les paupières boursouflées et les pieds en compote. Mais le moral, depuis mon déménagement à Paris, n'a jamais été aussi haut. Non seulement j'ai eu la chance de rencontrer ou revoir des personnes formidables (en vrac : Aegirsson, Drig, Merlin, Ben Skywalker, Garric, sans parler de RaHaN, et j'en oublie), mais en plus, Japan Expo étant fini, je vais enfin retrouver le temps de jouer, et accessoirement d'écrire sur les jeux vidéo !

Si vous saviez comme cela m'a manqué au cours des dernières semaines, passées le jour à travailler comme une forcenée pour un salaire de misère, et le soir à concevoir les animations et l'expo proposées sur le stand de l'AEUG tout au long de l'événement... Vous savez ce que c'est : jouer, lorsqu'on a du travail, est un plaisir terriblement culpabilisant. Aussi ai-je laissé en plan ma partie de Game of Thrones (j'avais enfin trouvé le prétexte tant attendu pour lâchement abandonner ce non-jeu) afin de m'adonner aux laborieux préparatifs d'un salon qui fut, à mon sens, d'un intérêt plutôt médiocre.

Evidemment, ce constat repose en grande partie sur le fait que mon stand était fort mal situé, entre la scène cosplay où un présentateur beuglait des commentaires sans intérêt, et un groupe de taiko (et je ne parle pas d'une borne Taiko no Tatsujin, non, ce serait trop beau, mais de vrais putain de tambours qui ont fait trembler le sol du hangar sur des dizaines de mètres). Tout mon travail de création d'animations a été purement et simplement réduit à néant par le terrible brouhaha dont l'AEUG fut victime. J'aurais mieux fait de finir Game of Thrones, c'est dire !...

Dans mon malheur, j'ai eu la chance de ne subir que 3 jours sur les 4 : j'avais réservé mon seul et unique RTT au jour où RaHaN serait présent, le vendredi. J'ai donc, d'après les échos qu'on m'en a faits, raté le jeudi le plus actif de l'histoire de Japex, mais qu'à cela ne tienne, puisque le lendemain, j'ai pu passer un moment privilégié avec ce rédacteur tant admiré.

Auparavant, j'avais déjà pillé le stand Pix'n Love qui était, et de très loin, le meilleur de tout le salon. Je ne pouvais guère rater l'opportunité de me procurer la nouvelle bible sur Final Fantasy VII, un jeu qui ne compte pas parmi mes favoris mais garde une place privilégiée dans mon coeur comme mon tout premier RPG japonais. Les auteurs, en dédicace, étaient extrêmement sympathiques (et plutôt beaux gosses, ce qui ne gâche rien^^). Nous avons entre autre papoté du besoin d'images dans les livres (vous n'êtes pas sans savoir que leur précédent ouvrage, sur Zelda, avait été copieusement conspué par les illettrés qui ne connaissent pas la différence entre un essai et un artbook). Papayou m'a gratifiée de deux dessins et de sa conversation intéressante sur le jeu PC : voilà un Gameblogger qui a de l'avenir !

J'ai évidemment fait l'acquisition du dernier mook d'Omake Books, en version collector s'il vous plaît, puisque sa thématique traite de la saga Monkey Island. Il s'agit là, en vérité, de mon premier grand amour vidéoludique (avec Duke Nukem 3D), et je suis impatiente de prendre connaissance des anecdotes et secrets de fabrication dénichés par les historiens de Pix'n Love. Je me lancerai dans cette lecture une fois que je serai incollable à propos de Final Fantasy VII (les quelques pages que j'ai déjà parcourues sont fort intéressantes et j'admets déjà sans peine le caractère incontournable de l'oeuvre, rien que pour son premier chapitre qui synthétise à la perfection le background plus complexe qu'il n'y paraît conçu par Sakaguchi-sama).

Nonobstant le stand des acolytes de Florent Gorges, auquel j'ai pu dire tout le bien que je pense de son travail avec une timidité de vierge effarouchée diamétralement opposée à mon caractère usuel, le salon n'avait rien d'extraordinaire. Le hall de Japan Expo se divisait globalement en 4 parties.

Les stands marchands, ou le supermarché de la contrefaçon. Attention, tous les exposants n'étaient pas des escrocs : Anime Import, Alix Online, Spin Turtle, tout ça c'est de la bonne, à consommer sans modération. Mais quand on voit des figurines au plastique jaunâtre et suintant, manifestement peintes par des aveugles, à 20€ alors que les vraies, vous savez, celles qui ont la pastille d'authentification sur la boîte, sont à 90€, on se dit qu'il y a une tonne de Narutards qui se font violemment enc..tuber tout en pénalisant leurs auteurs de shônen favoris. HK Expo a l'hypocrisie d'informer ses visiteurs sur les méfaits de la contrefaçon, tout en invitant des stands bien connus pour leurs imitations très bas de gamme. En tant qu'organisatrice d'un petit festival de province, j'ai une liste noire d'exposants qui ne foutront jamais les pieds dans mon salon. Cette politique est difficile à tenir pour nous, et pourtant nous nous y attachons par respect pour les ayant-droits et les visiteurs. Japan Expo devrait avoir honte de ne pas réussir ce pari en vendant 100 fois plus d'entrées, à un tarif exorbitant qui plus est...

Une magnifique figurine de Jôtarô Kûjô achetée à mes amis italiens de Anime Import. Je collectionne les figurines non articulées de JoJo's Bizarre Adventure, et j'avais déjà un modèle plus modeste de Jôtarô. Celui-ci fait une trentaine de centimètres et est peint et moulé à la perfection. Maintenant, il faut que je trouve Joseph Joestar et Jean-Pierre Polnareff, mes personnages favoris !

 

Les jeunes créateurs. Une de mes amies y détenait un petit espace, qui a gagné le prix du plus beau stand amateur du salon d'ailleurs. Cela ne l'a pas empêchée de faire des ventes relativement médiocre, elle qui d'habitude rentabilise très facilement tous ses déplacements. De mon côté, j'ai craqué pour les bijoux d'un certain Clément Vauchel, qui utilise des pièces d'horlogerie pour ses créations aussi bien féminines que masculines. Je lui ai commandé des boucles d'oreilles pour l'année prochaine ; eh oui, je prends des cours pour devenir plus féminine, parce qu'entre les jeux vidéo, Magic, l'airsoft, le modélisme et le metal extrême, je n'ai jamais traîné dans les milieux indiqués pour avoir du style.

La bague de Vie...

 

Les Japonais "traditionnels". De la tradition, il y avait, avec notamment des geisha qui ont offert un spectacle de danse de toute beauté. Mais qu'on ne vienne pas me dire que K-ON fait partie de la tradition japonaise, sinon je risque de me fâcher toute rouge. Tous les Japs ont été parqués dans un endroit très peu visité du salon, puisqu'il s'agissait auparavant de l'espace Arts Martiaux, évité comme la peste par la populace majoritaire du salon. Tant pis pour ceux qui ont raté l'opportunité de faire des affaires complètement hallucinantes : à l'AEUG, nous nous sommes littéralement gavés de gashapon magnifiques à des prix défoncés (5 pour 1€ sur la fin). Les Japonais étaient tellement désespérés de ne pouvoir concurrencer les vendeurs de HK super bien placés qu'ils ont sacrifié tous les prix d'une façon à nous mettre la larme à l'oeil. Autant vous dire qu'absolument aucun d'entre eux ne reviendra à Japan Expo l'an prochain : quand on met les vendeurs de contrefaçon en valeur et qu'on cache les fourgueurs d'officiels au fond d'un hangar, on ne se fait pas une très bonne image auprès d'Akihabara.

... et la bague de Mana !

 

Les associations. Nous, quoi ! Eh bien comme de juste, nous étions les plus mal situés, puisque nous ne payons pas notre stand. Les visiteurs avaient un mal fou à nous trouver (j'imagine que cela explique pourquoi si peu d'entre vous m'ont rendu visite... hein ?) et lorsqu'ils y parvenaient, ils étaient souvent trop fatigués pour participer à nos animations... quand nous pouvions les faire, c'est-à-dire quand le vacarme n'était pas totalement assourdissant. Les Arts Martiaux ont vu, comme je le disais plus haut, leur espace considérablement réduit. Pas assez vendeur, pas assez sexy, surtout quand, au Comic-Con, on peut s'amuser avec des épées en mousse à se taper dessus dans la joie et la bonne humeur.

Vous vous doutez bien que je n'avais pas oublié le Comic-Con, c'est là que se concentrait tout ce qu'il y avait de bien dans le festival ! Pix'n Love évidemment, mais aussi les éditeurs et leurs stands complètement fous (big-up à mes amis de Booken Manga), le tournoi Starcraft 2 au stand LDLC (manifestement je n'ai pas gagné la config de la mort qui tue T_T), les potes du Collectif Touindin, les associations de GN et autres fans de Star Wars, j'en passe et des meilleurs.

Nous avons pu acheter une foule de gashapon de qualité hallucinante pour des clopinettes. Ici, des personnages de Cyborg 009, manga culte de Ishinomori et derrière, des mechas mythiques de Sunrise : le Scopedog de Votoms et Zambot 3. Vous connaissez le principe des gashapon : ce sont des boîtes dont on ne connait pas le contenu avant ouverture. Nous avons eu un sacré bol d'avoir tous les persos de Cyborg 009 !

 

Le résultat de cette concentration de stands épiques a été sans appel : le Comic-Con était beaucoup plus peuplé que Japan Expo, d'ailleurs j'y ai passé l'intégralité de mes pauses, à flâner, les pieds endoloris, en me retenant d'acheter trop de conneries puisque mon iPhone est décédé jeudi soir de la plus tragicomique des façons... Quand bien même je n'aurais pas eu à me racheter un smartphone dans les jours à venir, il n'y avait de toute façon pas grand chose pour titiller mes instincts de consommatrice pourtant exacerbés lors des festivals, puisqu'en plus de me faire plaisir, j'adore offrir. Tout au plus ai-je sacrifié le bouquin collector de Mass Effect 3 qu'un charmant vendeur de Pix'n Love m'avait mis de côté... Argh.

Alors oui, mon bilan du salon est plutôt maussade, mais n'oubliez pas que je l'ai vécu en tant qu'exposante ! Impossible pour nous d'obtenir des dédicaces, nous n'avons pas le droit, et lorsque les invités sont passés sur notre stand (Mikimoto et Tanaka ont tout deux participé à la grande saga Gundam, le premier en charadesigner de Gundam 0080 : War in the Pocket entre autre, et le second en compositeur de G Gundam), nous n'avons pas fait les fanboys à deux balles. Nous leur avons offert des bouteilles de vin et une carte de membre honorifique de l'AEUG, ce qui a semblé leur faire extrêmement plaisir.

L'an dernier, c'est Eric Legrand (doubleur français de Seiya et de Végéta) et Brigitte Lecordier (voix des petits Goku, Gohan, etc) qui nous avaient fait l'honneur de passer une journée en notre compagnie. On est comme ça, à l'AEUG, on a toujours des visites qui font plaisir, comme Sébastien Ruchet et Marcus qui ne manquent jamais une occasion de nous saluer lors les salons que nous faisons ensemble. Cette année n'a pas fait exception, et j'ai même réussi à traîner RaHaN jusqu'à notre stand en l'appâtant avec une bouteille de rouge qui s'est révélée fort passable et toutefois descendue avec un enthousiasme partagé : les Polonais que nous sommes n'ont pas failli à leur réputation.

Mon copain est désormais l'homme le plus heureux sur Terre depuis qu'il a acheté une réplique magnifique du casque de Char Aznable, le personnage le plus charismatique de la saga Gundam. Des retouches de peinture seront nécessaires pour le masque gris qui fait un peu trop plastoque, mais vous avez là le goodie ultime de tout fan de Gundam qui se respecte. Et vu que je vis avec le plus fervent d'entre eux...

 

Japan Expo en tant qu'exposants, c'est aussi énormément de travail, de bruit et de piétinements pendant 4 jours. Autant vous dire que nous n'avons même pas la force d'assister aux conférences, master class et autres animations certainement passionnantes qui émaillent le week-end. Alors quand nos chiffres de ventes sont inférieurs à ceux de Japex Sud à Marseille en février dernier, on fait la tronche, et on rentre à la maison sans regret, avec la pensée obsédante d'une douche, d'un énorme plat de pâtes et d'un massage de pieds (que j'attends toujours).

Mais l'heure n'est plus aux chouinements ! Je l'ai dit et je le répète : maintenant je vais à nouveau pouvoir jouer ! Et des tonnes de titres m'attendent sur la PS3 que je viens d'acquérir, sans parler de mon compte Steam bourré à craquer et des vieux jeux cultes que je n'ai jamais faits. Je ne sais pas par quoi commencer... de toute façon, ce soir, c'est repassage ><


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Elucubrations

 

Nous sommes en 2012, le jeu vidéo est un quadragénaire épanoui, et pourtant, on parle toujours des gamers comme des ados boutonneux qui passent leur vie devant un écran, n'ont de sexualité qu'avec des dakimakura, de cosplayent en super-héros et croient que Dark Vador est leur père.

J'imagine qu'aucun d'entre vous ne se reconnaît dans les personnages de geeks et de gamers qu'on voit dans les séries télévisées américaines qui, non sans être drôles (parfois), véhiculent à l'envie ces clichés éculés dont on aimerait bien être définitivement débarrassés, alors qu'on a tous environ 30 ans, qu'on vit en couple pour la plupart, de manière tout à fait équilibrée et les pieds bien sur terre (il faut dire que le prix des jeux vidéo nous rappelle sans cesse à la réalité).

La diversité des gamers d'aujourd'hui n'a dégale que la variété des jeux qui existent, car contrairement à ce que Natacha Polony et ses collègues s'imaginent, il n'y a pas que les FPS dans la vie. Certains aiment les RPG, d'autres les jeux de réflexion, le versus fighting reprend du poil de la bête tandis que le point & click survit grâce aux indépendants... j'en passe et des meilleurs. Les joueurs peuvent être spécialisés dans un jeu particulier (WoW par exemple), un genre de jeux, ou bien butiner à toutes les variétés de fleurs vidéoludiques qui poussent dans le grand jardin de la Culture.

Pour représenter tout ce beau monde, j'ai décidé de présenter, dans cette rubrique, des portraits de gamers de ma connaissance... des gamers à la fois très particuliers, et tout à fait normaux. J'espère qu'ils contribueront à abattre les clichés délétères qui empoisonnent la vision des néophytes sur notre belle passion. Et qui sait, peut-être vous feront-ils réfléchir aussi !

Aujourd'hui, je vous présente BlackFalcon, un Gamer avec un grand G ^^

 


Les quelques illustrations de l'article ont été choisies par BlackFalcon (ou honteusement piquées sur son compte FB). Et ça commence par un beau gosse ^^

 

Salut BlackFalcon, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

BlackFalcon, c'est mon pseudo sur internet depuis ces deux dernières années, Falcon pour les intimes :) J'ai actuellement 19 ans. Je suis étudiante en langues étrangères appliquées (LEA) à l'université de lettres de Montpellier, je vais rentrer en troisième année. Je n'ai jamais été douée avec les chiffres malheureusement x)

Quelles sont tes passions, à part le jeu vidéo ?

J'ai une grande passion pour le dessin, dès que j'ai eu l'âge de tenir un crayon dans la main, je me suis mise à gribouiller les murs de ma chambre. Sinon en ce moment j'écris beaucoup de fan fictions, et j'espère pouvoir améliorer mon écriture avec l'entrainement.

 

LES JEUX VIDEO ET TOI

Quand as-tu découvert les jeux vidéo et à partir de quel moment ce loisir est-il devenu une passion ?

Alors, si je me souviens bien, j'ai découvert les jeux vidéo à l'âge de 11 ans, pas avant car ma mère et moi étions habituées à nous divertir en regardant la télé. Je pense que ma première expérience avec les jeux a un peu été comme une révélation. Moi qui passais des heures à inventer des histoires avec ma meilleure amie pour aller les mettre en scène dans la campagne, le fait de découvrir un univers, et de le contrôler était pour moi quelque chose d'absolument incroyable. Je pense que j'ai su ce jour-là que ça allait devenir une passion, surtout quand on voyait les dizaines de pages de bande dessinées sur lesquelles je griffonnais pendant des heures. Ma pensée de l'époque pourrait se résumer à ça : "A quoi bon se tuer au travail pour créer une histoire alors qu'en insérant un disque dans un ordinateur, on pouvait se lancer tout de suite dans une aventure ?"

Qu'est-ce qui te plaît, dans le jeu vidéo en règle générale ? Que trouves-tu dans ce loisir qui fait que tu lui accordes beaucoup de temps ?

Si on parle de ce qui me plait dans le jeu vidéo maintenant, je dirais d'abord que c'est le fait de pouvoir contrôler une histoire, et de la faire avancer. Se retrouver en tant qu'acteur dans un film, sans la production derrière, être libre d'explorer un univers, de s'habiller de façon extravagante, de tuer des zombies. Tout ce que je fais dans mes rêves, le jeu vidéo me donne la possibilité de le réaliser en quelque sorte, sans devenir un psychopathe qui va tuer la première personne venue parce qu'il a trop joué à Call of. J'ai également toujours adoré regarder des films, ce qui m'a très vite rapprochée des jeux vidéo.

Sur quelles plates-formes joues-tu ? Laquelle a ta préférence ?

Je joue régulièrement sur Xbox 360 (ayant racheté une console en décembre dernier, l'ancienne, tombée en ROD, m'avait laissée pour seule), mais ce qui ne m'empêche pas de jouer sur PC de temps à autre, à mes vieux disques de Tomb Raider ou bien à des MMO en ligne. En ce qui concerne la préférence, je dirais ma Xbox (Katrina<3) parce que pour moi, une console est faite pour jouer, et que je préfère que mon PC ne surchauffe pas trop parce que je fais des tas d'autres trucs avec, j'ai beaucoup de données auxquelles je tiens etc... Et surtout pour le prix. Les PC de nos jours, il faut les changer tous les six mois si tu veux t'adapter aux jeux, et moi j'ai pas vraiment les moyens. Donc Xbox, ma petite xbox à qui je dois tant.

En ce qui concerne les préférences Xbox/PlayStation je n'ai rien à dire, je ne fais pas la guéguerre :) J'ai choisi Xbox étant plus jeune parce que les jeux Dead Or Alive étaient exclu Xbox, et comme j'avais les Tomb Raider sur PC, je n'avais pas vraiment envie de me prendre une Playstation.

Sur quels critères de sélection te bases-tu pour choisir un jeu ? As-tu un genre de prédilection ?

En général quand j'arrive dans une boutique de jeux vidéo, c'est surtout le personnage principal qui doit me plaire. Je suis très jeux de plate-forme, Beat them all, FPS. Pour moi le héros doit être quelqu'un que je veux incarner. Bien sûr, j'ai toujours un meilleur coup de coeur si les graphismes sont beaux au niveau des environnements et j'aurais aussi tendance à craquer pour des jeux comme Prince of Persia ou Devil May Cry : attendez, avec des beaux gosses pareils comme héros, comment ne pas craquer ?

Sinon je n'achète quasiment jamais les jeux à leur sortie (je pense quand même que je ferais une exception en Mars prochain pour Tomb Raider, et peut être pour Assassin's Creed III), si un jeu est trop cher, je me dirais, "tant pis, je vais attendre que le prix baisse, et pour tuer le temps, je vais débloquer tous les succès que j'ai pas encore obtenus".

Mon genre de prédilection : les jeux de plate-forme, sans hésiter. L'exploration d'un univers par soi-même est tout de même une expérience très enrichissante. Je me sens vraiment maître du jeu dans ces moments-là, lorsqu'il faut grimper sur une tour, ou nager dans les profondeurs de l'océan atlantique...

 

Falcon est une chasseuse de succès : une soif de challenge qui n'est pas l'apanage des joueurs masculins.

 

Quel budget accordes-tu aux jeux vidéo ?

J'accorde entre 20 et 40 euros par mois aux jeux vidéo (hors achats de consoles). Pas plus, parce que j'achète beaucoup d'autres choses aussi, comme des vêtements, des chaussures, du maquillage. Oui, parce que c'est possible qu'une fille qui joue aux jeux vidéo se fasse belle. Les stéréotypes de la geek qui ne prend pas soin d'elle, c'est n'importe quoi.

[Note de Mellorine : en effet, Falcon est une très jolie fille, d'ailleurs elle pose régulièrement pour une photographe bien connue à Montpellier.]

Préfères-tu incarner des personnages masculins ou féminins ?

Aaah, c'est une très bonne question. Je dirais des personnages masculins. Comme je l'ai déjà dit précédemment, pouvoir mater Chris Redfield ou Wesker (Resident Evil) en plein combat, je ne peux pas m'en empêcher. J'attends toujours l'arrivée des cinématiques avec impatience pour pouvoir commenter à voix haute : "WHY U NO EXIST ?!". Par contre, j'adore totalement contrôler des personnages féminins, rappelons que mon héroïne préférée reste Lara Croft. Je me mets juste beaucoup plus dans la peau du personnage, c'est tout. Même si c'est difficile de s'imaginer dans le costume de Bayonetta !

 

Falcon avait immortalisé le décès de sa première Xbox, prénommée Gisèle. Espérons que Katrina dure plus longtemps !

 

Passes-tu beaucoup de temps à te renseigner sur les jeux vidéo ?

Pas tellement en fait, j'aime flâner dans les magasins de jeux vidéo en découvrant les jaquettes toute seule. Sauf pour les séries que je suis depuis longtemps et là en général j'attends la sortie des trailers sur youtube. Parfois je vais sur JeuxVideo.com mais j'en ressors assez vite histoire de ne pas tomber sur les commentaires.

Quels sont tes trois jeux vidéo préférés de tous les temps ?

Je sais que je dois me répéter mais :

3°) Summoner : Un vieux jeu sur gamecube dont je suis tombée amoureuse, et pourtant je ne suis pas fan des RPG, mais celui-là vaut le détour. Les maps sont vraiment très grandes, l'intrigue et les pouvoirs que l'on récolte au fur et à mesure du jeu, très intéressants !

2°) Left 4 Dead : rien ne vaut ce jeu quand il s'agit de se défouler ! Une petite partie en coop et hop ! La bonne humeur est revenue =)

1°) L'éternelle série des Tomb Raider. Si je devais donc élire le meilleur de tous, je dirais Tomb Raider 2. D'accord les maps étaient juste des pixels mis les uns sur les autres. Mais elles étaient aussi immenses et on ne pouvait pas quitter un niveau sans avoir oublié d'explorer un tunnel secret. Des années après je suis toujours aussi heureuse de relancer le jeu, même en connaissant la fin par coeur, et je pense que c'est ça qui fait que c'est mon jeu préféré. Je pourrais toujours y jouer sans jamais en avoir marre.

 

 

Et tes 3 hits récents ?

Je mettrais Call of Duty Modern Warfare 3 (juste pour les effets spéciaux dans les maps, les immeubles qui s'effondrent, mais surtout la mission avec les sous-marins dont je ne me lasse pas !), ensuite je dirais Prince of Persia : Les sables oubliés. J'ai adoré les graphismes et les nouveaux décors, le gameplay tout autant. Enfin pour terminer je dirais Saints Row 3 qui m'a vraiment bluffée. La maniabilité des personnages comme les missions étaient vraiment à mourir de rire. J'ai adoré !

Quels sont tes fantasmes ou tes attentes de jeux à venir ?

Une suite pour Bayonetta !!! Sinon à ce niveau-là je suis plutôt servie, je n'ai qu'à attendre l'année prochaine pour avoir toutes les suites dont je rêve :)

Si tu devais participer à la création d'un jeu vidéo, ce serait quel genre ? Et que ferais-tu dans le processus créatif ?

J'adorerais participer à la création d'un jeu de plate-forme, ou d'un RPG pour dessiner les costumes et les décors. Ce serait génial.

D'après toi, quels sont les domaines dans lesquels les jeux vidéo ont des progrès intéressants à faire ?

Je pense que les jeux vidéo ne devraient pas trop améliorer les IA dans les jeux (sinon ça deviendrait de plus en plus difficile de battre les adversaires je pense, et on aurait moins le plaisir du jeu). J'attends quand même quelques efforts au niveau des scénarios, même si ces dernières années on a pu voir des jeux avec des histoires fabuleuses.

 


LES MECS ET TOI

Es-tu célibataire ?

Oui, et dans l'immédiat je préfèrerais trouver quelqu'un qui ne joue pas aux jeux vidéo. J'aime avoir une passion que moi et moi seule puisse comprendre x) Après j'ai déjà rencontré des gameurs très mignons auxquels je ne dirais pas non...

Être une gameuse influe-t-il, positivement ou négativement, sur les garçons ?

Je vais répondre par oui et non. Être une gameuse peut être un inconvénient lorsque l'on se retrouve face à un gamer un peu fier de lui. Il va tout de suite vouloir me défier et prouver qu'il est le mâle alpha. Un peu ironique pour un geek non ? Après, ça a aussi ses avantages chez d'autres garçons qui vont trouver ça formidable et surprenant qu'une fille joue aux jeux vidéo.

Je ne pense pas m'être déjà servi de cette passion pour séduire, en général lorsque je dis que je suis une gameuse, c'est plus pour creuser un fossé qu'autre chose. Je préfère mon opposé. Après, il ne faut pas se mentir, les filles qui jouent, si elles ne sont pas un minimum mignonnes, les garçons ne feront pas la différence avec les filles qui ne jouent pas (enfin ceci est mon opinion).

Comment réagissent les mecs quand ils découvrent que tu es une fille dans le contexte du jeu ?

Je n'ai jamais été confrontée à ce genre de situation, comme j'ai un pseudo masculin. Je n'aime pas aller crier à tout le monde que je suis une fille sur les plates-formes de jeu. Si j'avais envie de m'afficher pour que les mecs me balancent des "go to the kitchen woman !", j'irais sur 9gag.

 

 

LES JEUX VIDEO ET LES FILLES

Que penses-tu de l'image des filles dans le jeu vidéo ?

Je pense que l'image des filles dans les jeux vidéo de nos jours est plutôt contrastée. Cela dépend des boîtes de production je pense. Quand on compare Crystal Dynamics avec leur Lara Croft dominante et sûre d'elle aux filles de Dead or Alive de Team Ninja, c'est sûr qu'il y a un grand fossé. Je trouve que l'image de femme-objet n'est pas récurrente dans les jeux, principalement parce qu'une héroïne a souvent des pouvoirs ou des armes, ce qui donne d'elle une image de femme plutôt forte.

Que penses-tu des jeux dits féminins (Les Sims, Wii Fit, Cooking Mama, etc) ? T'arrive-t-il d'y jouer ?

Je ne pensais même pas qu'il y avait une catégorie "jeux féminins" à vrai dire. Il fut un temps où je jouais aux Sims, mais je quittais la partie après avoir fini de construire la maison et de la décorer. Je ne pense pas que ce genre m'attirerait vraiment. J'aime trop les armes et les zombies x)

As-tu des copines qui jouent ?

La plupart de mes amies jouent aux jeux vidéo. Aucune ne fait du casual, ça j'en suis sûre, une est plutôt du genre hardcore gaming, et les autres jouent très souvent comme moi. Ma meilleure amie est une adepte du rétro-gaming.Pour ce qui est de mes amies qui ne jouent pas, j'essaie de les convertir à chaque fois qu'elles viennent à la maison XD Après je pense aussi que c'est pour le plaisir de les voir galérer à s'habituer à la manette !

Penses-tu que les jeux sont conçus pour les mecs et oublient le public féminin gamer ?

En terme général, dans les jeux vidéo je ne trouve pas que les filles soient oubliées. Le nombre de personnages masculins beaux gosses est plutôt important, et je n'ai jamais vu plus de bimbos que ça sur les jaquettes. Après, si on doit parler des conventions centrées sur les jeux vidéo, là je dois dire quelque chose. Je vois souvent des filles sur les photos, qui font la promo de tel ou tel jeu, toujours une jolie poitrine, très souvent peu habillées. Je dis stop ! Où sont les cosplayeurs masculins ? Je veux aller à l'E3 et voir un Dante me tendre un track pour le prochain DMC, ou encore un Léon Kennedy qui ferait la promo du prochain Resident Evil en faisant rouler ses muscles devant les photographes. J'espère vraiment qu'on pourra évoluer dans ce sens et là, on sera égaux :)


Bienvenue chez Falcon !

 

Voilà, c'était quelques propos sans prétention (toujours !) recueillis par moi-même auprès d'une nana qui joue sans se prendre la tête, sans revendiquer quoi que ce soit. Elle est jeune, jolie, instruite, elle a une foule de passions et d'amis, elle défouraille des zombies tout en cherchant l'amour, mais pas avec un gamer ! Les boules hein ?

Merci Falcon, et à bientôt !

 

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Souvenirs

J'avais demandé des liens vers des images très haute résolution à imprimer sur des toiles 80 x 60 cm, et c'est MisterP, cheveux au vent et cape dans le dos, qui m'a apporté LA solution : ce lien merveilleux dans lequel se trouvent des posters des meilleurs jeux d'aventure du monde. Je n'ai d'abord su où donner de la tête, mais j'ai finalement opté pour Machinarium avec dix mille bonnes raisons de le faire, notamment mon amour pour Amanita Design, la direction artistique complètement folle de ce jeu et le rendu crayonné magnifique (qui a le bénéfice de ne pas faire trop "gros geek qui pue", on sait jamais, si un jour j'invite Polony...).

 

Alors voilà ce que ça donne après accrochage ! Ce n'est pas centré avec l'écran mais c'est normal, il va y avoir des petits ajustements au niveau du bureau, notamment pour cacher tous les fils bien dégueulasses qui vont jusqu'à mon PC d'amûûûr. Mon petit Normandy fait vraiment tarlouze à côté de ce tableau qui est très, très grand. Hihi, il est juste au-dessus de mon écran en ce moment même, je le contemple et je l'aime d'amour et d'eau fraîche, comme j'aime MisterP, mon héros <3

 

C'est pas la première fois qu'on imprime des illustrations sur des toiles. Là, c'est notre premier tableau, que les fans de Gundam reconnaîtraient si la lumière m'avait permis de prendre des photos correctes : le Colony Drop, dessiné et peint par Yoshikazu Yasuhiko. Là c'est carrément du 90 x 60 cm et c'est magnifique, on dirait vraiment que ça a été peint à la main.

Oui on a beaucoup d'ordinateurs dans cet appartement (et un bout de table à repasser qui dépasse à droite, en hommage à Gameblog bien évidemment).

Bref, MisterP, tu m'as fait grimper aux rideaux aujourd'hui, ou en tout cas à un escabeau, et ça, c'est fort. Merci encore ! Tu es invité quand tu veux à venir boire un verre à la maison (et pas qu'un !).

 

 

Prochain tableau envisagé : Grim Fandango ! Vous savez quel cadeau me faire ^^

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Elucubrations

Sur le modèle de ce cher Kaminos qui, il y a deux jours, annonçait sa présence active à Japan Expo, sachez que je serai moi aussi de la partie pour cette grand messe du Free Hugg, du cosplay de mauvais goût et de la contrefaçon. Rhooh, Mellorine, tu n'es pas très sympa quand même ! Il y a plein de trucs géniaux à Japan Expo : des invités très prestigieux (Mikimoto, Tanaka, Shinkai et j'en passe), des vendeurs de cellulos et figurines de collection, des stands complètement fous dans la section Comic-con, et l'AEUG.

 

 

L'AEUG, c'est le point de rendez-vous officiel des Gameblogueurs au cours du salon, voilà, c'est décidé par moi-même à l'instant (preums). Et c'est aussi l'association dont je suis la première dame depuis maintenant 3 ans. En effet, comme vous pouvez vous en douter, l'Association pour l'Essor de l'Univers Gundam compte assez peu de membres féminins (on doit être quatre, sur une grosse cinquantaine au total). Pourtant, elle n'est évidemment pas réservée aux fans de Gundam, la preuve étant que j'en fais partie.

L'AEUG donc (les fans de Gundam comprendront le choix de cet acronyme prédestiné), est une bande de joyeux drilles rassemblés sous la bannière de la science-fiction et plus généralement de l'animation japonaise. La plupart de ses membres sont effectivement des fans de la saga Gundam, qui fête cette année son 33ième anniversaire et totalise plus d'une vingtaine de séries télévisées de toutes les qualités, sans parler de romans, manga, films live, et bien sûr jeux vidéo (dont la plupart sont totalement merdiques). D'autres membres sont juste des otakus qui ont trouvé dans l'AEUG un espace de discussion ouvert, où partage, camaraderie et bons vins vont toujours ensemble.

Pour avoir appartenu à plusieurs associations de passionnés, c'est de loin celle qui a ma préférence. Chaque membre a son domaine d'expertise : Thomas est un lecteur de SF compulsif, Eric connait tout des tokusatsu, Christophe est spécialiste de l'aviation et Mickaël des Petits Poneys...
Lorsqu'on se retrouve, c'est toujours pour apprendre plein de choses les uns des autres autour d'un bon verre de rouge et d'un sauciflard. Sans compter que nous sommes tous des gamers. L'AEUG est certainement la plus grosse communauté de fans de Xenogears et de Zone of the Enders du monde entier ! Bref, cette asso, c'est de l'or. Elle est basée à Montpellier, mais nous allons créer une succursale parisienne. Avis aux amateurs !

 

Repérez notre logo, le reste n'a pas d'importance. Retrouvez ici les photos du stand Japan Expo 2011 (vous allez voir qu'on est des gros branquignoles avec des appareils photos).



Le stand de l'AEUG est situé, pour cette Japex 2012, sur un emplacement relativement merdique, alors je vous invite à bien consulter le plan pour m'y retrouver. Vous nous reconnaîtrez à notre belle bannière et surtout à notre collection de maquettes Gundam intégralement montées et peintes par les membres de l'association. En effet, le modélisme est une activité que nous pratiquons à peu près tous, fans ou non de Gundam, et c'est une véritable drogue : dès qu'on y a tâté, on ne peut plus s'en passer. Je ne pourrai hélas pas vous présenter mes modèles, car ils sont restés chez mes parents. Cela dit, venez vous rincer l'oeil, ça vaut le détour, nous avons un peintre très doué dans l'association (et je ne dis pas ça parce que c'est mon copain^^).

Rendez-vous au stand de l'AEUG à Japan Expo donc ! Vous y serez accueilli(e)s les bras ouverts, on parlera de jeux, de cinéma, de bédés, de séduction dans les festivals et d'un tas d'autres choses. Et on vous fera gagner des lots avec des animations sympathiques autour de notre passion : la science-fiction.

It's a date !

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Elucubrations

Et voilà, encore une nouvelle personnalité publique qui vient se ridiculiser en s'attaquant aux jeux vidéo sans maîtriser le moins du monde son sujet... Rien d'étonnant à cela, certes, puisque notre passion a remplacé le jeu de rôle et le metal au banc des accusés, mais quand même, on s'attend toujours des journalistes qu'ils mènent une enquête avant de parler, qu'ils se reposent sur des études, des faits, des entretiens. On s'attend toujours à ce qu'ils fassent leur boulot. On est naïfs quand même.
Quand je pense que JulienC préfère humblement le statut de ménestrel à celui de journaliste, je ne peux que lui donner raison, même si personnellement, je lui donnerais avec plaisir celui de journaliste et recalerais tous ces prétentieux incompétents au rang de bouffons.

Je n'avais déjà aucun respect pour Natacha Polony, pas plus que pour l'immense majorité des chroniqueurs d'ailleurs, grassement payés pour lire des fiches, après lesquels Marcus s'est formidablement énervé sur Facebook (un grand moment). Mais là, force est de constater qu'elle a creusé elle-même la tombe de son statut de professionnelle de l'information et de la communication auprès de la France entière, en rapprochant un fait divers terrifiant au loisir préféré d'une moitié de ses concitoyens. Cette femme n'a pas plus de légitimité pour parler de jeux vidéo que moi pour disserter de politique... encore que moi, au moins, je vote ! A-t-elle seulement déjà testé un jeu vidéo ? Il vaut mieux pour elle que la question reste en suspens, car quelle qu'en soit la réponse, le ridicule serait le même.

 

Juste, tais-toi. Voilà, c'est mieux.

 

Cette triste histoire m'a rappelée un repas de famille récent, au cours duquel mon frère et moi parlions du système de combat de Fallout 3. Je lui conseillais de miser assez rapidement sur les armes à plasma (mes préférées !) lorsque mon père s'interrogea innocemment : "Mais ces jeux vidéo, là, c'est assez violent, non ? Vous ne croyez pas que ça peut influencer certaines personnes pour commettre des crimes ?". Pour sa défense, il était réellemment interrogatif, ce qui apparaît compréhensible étant donné la fréquence de ce message dans les média généralistes. Mon frère et moi, qui totalisons 30 ans de passion pour les jeux vidéo, arrivés tardivement sous notre toit, nous sommes entreregardés avec lassitude en préparant l'avalanche d'arguments qui allait s'abattre sur mon pauvre paternel.

Mon frère a commencé par dégainer les bases : il a été démontré que seuls les individus psychiatriquement fragiles étaient influencés par les oeuvres de fiction, qu'elles soient cinématographiques (Scream), littéraires (Le Silence des Agneaux) ou vidéoludiques. D'ailleurs, les accusations qui sont aujourd'hui portées à l'encontre du jeu vidéo ne l'ont-elles pas été, par le passé, envers les autres formes d'expression artistiques et médiatiques ? En son temps, Stravinsky a été accusé de toutes les perversions de la jeunesse à cause de ses compositions hérétiques ne respectant aucune des règles du classique. Un phénomène de rejet qui a trouvé un nouveau bouc émissaire à chaque génération musicale : blues, jazz, rock... Qui songerait, aujourd'hui, à considérer le déhancher d'Elvis comme de la pornographie ? Et pourtant, c'est ainsi que le qualifiaient les bien-pensants des années 50.

On peut porter ce regard sur toute l'histoire de la culture et ainsi dégager la conclusion suivante : le plus jeune des genres nés de la créativité et de la technologie d'une époque est toujours le grand satan, le responsable de tous les maux de la société. Et actuellement, le petit dernier, c'est le jeu vidéo. Ce qui semble étonnant tout de même, c'est que cette remise en question est très facile à faire ; il m'a fallu quoi, une dizaine de lignes pour expliquer combien cette répétition générationnelle de jugements hâtifs est toujours invalidée par la génération suivante ? Et pourtant nos intellectuels, qui n'ont jamais été aussi bien renseignés qu'aujourd'hui, sont incapables d'appliquer cette réflexion à leur époque propre. Ne se rappellent-ils pas que, dans leur jeunesse, c'est la télévision en couleurs qui a été accusée d'être trop réaliste, trop immersive, et donc trop dangereuse pour l'esprit malléable des petites têtes blondes qu'ils étaient ?

 

C'est vrai que ça fait peur...

 

Mais là, mon frère et moi ne faisions que citer Captain Obvious, car c'est ainsi que le veut la rhétorique. Les faits véritables, ceux qui ne peuvent être connus que des joueurs eux-mêmes, sont ceux qui ont véritablement rassuré mon père, jusque là plutôt dubitatif quoi que conciliant.

La vérité, et vous allez me dire ce que vous en pensez car je ne prétends pas détenir le savoir universel, c'est que les jeux vidéo ont beau être en vue à la première personne, ils ont beau offrir une certaine forme d'interactivité, avec des choix de dialogues ou d'actions, ils ont beau mettre à mal nos nerfs avec des séquences effrayantes ou stressantes, ils peinent encore à nous émouvoir. Moi qui suis une chialeuse invétérée devant les passages les plus épiques des films et des séries (ne m'invitez jamais à regarder un One Piece si vous êtes en rade de mouchoirs), moi qui lâche toujours une larmichette à la fin des bouquins ou des morceaux classiques les plus sublimes, moi qui m'investis émotionnellement dans toutes les oeuvres que je découvre, enfin, je compte sur les doigts d'une main les passages qui ont su me faire renifler dans un jeu vidéo.

Pourquoi ce médium, qui pourtant possède sur les autres des qualités incomparables en terme d'interactivité, est-il à ce point à la ramasse sur le plan de l'émotion ? Je vois plusieurs pistes à explorer : les graphismes, qui font sans doute de leur mieux avec les configs actuelles mais pédalent encore pour rendre les visages expressifs (j'attends beaucoup du prochain Quantic Dream) ; la mise en scène parfois cheap, qui nous fait sortir d'une histoire dans laquelle on a parfois eu du mal à rentrer ; les dialogues souvent aux fraises, trop longs, trop clichés ou trop niais ; les multiples bugs et malfaçons ternissant l'animation, les collisions, le level design ; les intelligences artificielles hyper scriptées que l'on a tôt fait d'exploiter ; les doublages parfois minables et les sous-titres orthographiés par des CE1, etc.
Aucun jeu n'est irréprochable, et pire, il y en a certains qui cumulent vilainement. Tous ces défauts nuisent fortement à l'immersion et donc à la capacité du joueur à ressentir totalement les enjeux, les peurs, les sentiments des personnages.

[Il vous sera apparu évident que, depuis tout à l'heure, je parle exclusivement des jeux scénarisés. Les sentiments de Mario, on s'en tape pas mal.]

 

Quoi que...

 

Le jeu vidéo est encore loin de l'ultra réalisme dont parlent sans arrêt les média généralistes complètement à côté de la plaque. Nous, joueurs, savons qu'il est très difficile de pleinement s'immerger dans un jeu sans voir tous les petits détails qui clochent, toutes les imperfections mineures et pourtant si visibles qui diminuent notre plaisir et surtout notre implication personnelle dans l'aventure. Cela ne nous empêche pas d'adorer les jeux vidéo, surtout lorsque ceux-ci sont magistralement réalisés, mais nous savons à chaque instant que nous sommes devant une oeuvre de fiction totalement détachée de la réalité. Que nous soyons joueur occasionnel ou depuis 10 heures non stop sur un MMORPG. Et point n'est besoin d'être un hardcore gamer pour faire la part des choses. Mettons n'importe quel profane devant le jeu vidéo le plus réaliste du moment, et il aura tôt fait de dire : "Humm, ce personnage fait toujours la même patrouille" ou "Oui c'est très beau mais les visages sont quand même assez figés, c'est moins bien fait que dans Avatar". Je suis sûre que même Natacha Polony pourrait avoir cette bonne foi.

Oublier la réalité pour plonger tout entier dans un jeu vidéo est de toute façon tout bonnement impossible lorsqu'on galère avec son contrôleur de jeu, qu'on est interrompu pour aller jeter la poubelle, que les enceintes pourries crachotent un son minable et qu'on voit, autour de son écran, le bordel qu'on amoncelle dans son appartement. La réalité se rappelle à nous à chaque instant : dans le jeu mais aussi à l'extérieur. Quand on a faim, un jeu vidéo peut-il nous nourrir ?

 

Je vais surprendre les journalistes télés mais je n'ai pas du tout l'impression de manger quand mon perso de Skyrim mange. En fait ça me donne juste faim, ces conneries.

 

Pourtant, il y a toujours des lents d'esprit pour imaginer que l'on peut devenir un fou sanguinaire à cause d'un jeu vidéo. Qu'on peut trouver la mort tellement fun dans un jeu qu'on a envie de l'infliger dans la réalité. Mais quand on doit tuer, dans un jeu vidéo, c'est le plus souvent des PNJ avec des balais dans le cul et une IA basique. Ils n'ont pas de nom, pas de motivation, ce sont des soldats, des malfrats, des terroristes, des aliens, des zombies. Ils ne parlent pas, ne se débattent pas, n'agonisent pas, ne demandent pas la pitié ; on ne les a jamais vus avant, ou plutôt on les a déjà vus et tués 50 fois plus tôt dans le jeu car ils sont assez souvent modélisés sans détail voire clonés. On ne ressent absolument aucune humanité émaner de ces personnages, comme on n'en ressent pas davantage lorsque le héros d'un film d'action descend des sbires dans une scène de fusillade pourtant photoréaliste. En fait, ce ne sont guère plus que des assiettes de ball-trap sur lesquelles on doit tirer rapidement.
Tuer, dans le jeu vidéo, c'est tout au plus une épreuve de réflexe et de précision, un gameplay comme un autre adapté à un contexte scénaristique sombre où la vie du personnage principal est en danger. Après tout, quel enjeu pourrait être plus facile à comprendre pour le joueur que la survie ? J'ai presque envie de dire qu'un jeu où on tue, c'est juste un Tétris dans lequel on aurait ajouté un scénario.

Alors oui, on peut se demander pourquoi les développeurs ne cherchent pas une autre façon de raconter des histoires, un autre gameplay qui ne demanderait pas de tuer des tas de pixels ambulants. Je me pose cette question sans cesse, parce que j'aimerais voir arriver de nouvelles thématiques dans le jeu vidéo, et non parce que son traitement de la violence me choque : les auteurs, comme je le dis plus haut, ont trouvé une histoire universelle, généralisable à tous les contextes et compréhensible par tous ceux qui ont un jour été enfant et joué à la guerre, aux cowboys et aux indiens, aux gendarmes et aux voleurs, à la balle aux prisonniers. Sois le meilleur tireur et tu gagneras le jeu. C'est un concept avec lequel on a tous grandi, hier et aujourd'hui.


Ouah, trop d'émotions, je sens que je vais chialer...

 

On m'objectera (mais seul un joueur pourrait me rétorquer cela, absolument pas un "journaliste") que certains jeux proposent des scènes où l'on ne tue pas des sbires mais des personnages importants dans l'histoire. Oui, c'est vrai, c'est la marque des grands jeux, notamment lorsqu'un choix moral vient perturber le joueur et l'obliger à prendre une décision non manichéenne qui affecte la suite du scénario. Les jeux qui proposent ce genre d'intensité sont rares et précieux, ils montrent la voie vers un jeu vidéo plus immersif en terme de contenu, plus mature, plus réaliste. Plus dangereux alors ? Allons bon, ce sont ces scènes qui ont réussi à m'émouvoir, parfois. Soyons sérieux : un joueur qui a une "poussière dans l'oeil" peut-il être dangereux ?

La conversation a duré bien plus longtemps et au terme de celle-ci, mon père, que l'argument des sbires dans les films d'action a achevé de convaincre, m'a promis de tester Mass Effect lorsqu'il sera à la retraite. De mon côté, je réfléchis à un scénario où l'on n'aurait pas à tuer mais à sauver. Cet enjeu passionnerait-il davantage les foules ? Je n'en suis pas si sûre, car des policiers ou des pompiers, je ne sais pas qui a le plus la cote auprès des petits garçons...

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Culture

 

Quelle semaine ! Les préparatifs de mon association pour Japan Expo n'avancent pas, et ce n'est pas faute de travailler tous les soirs à la conception du stand, au choix des maquettes, aux finitions des nouveaux modèles, à la création des animations dédiées aux invités prestigieux qui sont légion cette année (pour les fans de SF animée en tout cas). Après 8 heures d'un travail quotidien totalement abrutissant s'en suivent des soirées trop courtes au cours desquelles je peine à trouver quelques minutes à consacrer à mon blog.

Heureusement, quelques touches de fraîcheur constellent mes journées : les commentaires encourageants que je reçois pour mes textes les plus obscurs, la promenade le long du canal de l'Ourcq en rentrant du boulot, les messages d'un chevelu cher à mon coeur, le "poc" d'une bouteille de vin débouchonnée à côté d'un camembert bien coulant.

Et il y a aussi mes coups de coeur de la semaine.


L'OST DE LA SEMAINE

Je pourrais aisément me complaire dans les grands classiques, dont les musiques, adulées des joueurs à juste titre la plupart du temps, mériteraient de rentrer dans la culture générale. Comme il me serait facile, alors, d'écrire une ôde au fabuleux travail de Kô Otani sur Shadow of the Colossus, ou d'encenser Nobuo Uemastu pour l'ensemble de sa carrière. Je pourrais aussi évoquer les compositions mélancoliques du génial Jeremy Soule pour la saga The Elder Scrolls et notamment Morrowind, mon jeu favori de tous les temps. Je marcherais en terrain connu, parfaitement maîtrisé. Parfaitement convenu aussi.

J'aimerais bousculer un peu la monotonie de mon quotidien parisien en évoquant l'OST d'un jeu que je n'ai jamais fini (c'est à peine si je l'avais commencé, d'ailleurs). Une OST à mille lieues des atmosphères sombres et sérieuses dans lesquelles je me plais à évoluer ludiquement, car le jeu qu'elle illuste est le premier d'une saga de RPG comme il n'en existe qu'au Japon, avec des graphismes acidulés remplis de couleurs chatoyantes et des petits personnages mignons en SD.
Typiquement le genre de truc que j'ai du mal à encadrer. Je vous parle d'Atelier Iris : Eternal Mana.

 

Comme je l'ai dit plus haut, je n'ai joué que quelques heures à ce titre, pour la simple et bonne raison que j'ai une viscérale aversion pour le super deformed. Attention, cela ne m'a pas empêchée de prendre un pied monstrueux sur les premiers Final Fantasy en 2D, ChronoTrigger et tant d'autres, mais c'était l'époque et ses limitations techniques qui voulaient ça ! De nos jours, il s'agit d'un choix de design, une direction artistique assumée, à laquelle je n'adhère pas. Je veux qu'on me vende du rêve, tout simplement : j'ai la trentaine, et ce que je souhaite trouver dans un jeu, ce sont des thématiques matures, des gameplay plus évolués que "pan pan boum boum", des personnages complexes autres que des gamins qui sauvent le monde, des bimbos et des amnésiques. Et surtout, je veux des BEAUX GOSSES. Du fantasme, merde ! C'est pas avec des petits bonshommes dont la tête fait la moitié du corps que je vais nourrir mon harem vidéoludique.

 

Mais trêve de badinage et revenons à nos moutons. Je parlais de la musique d'Atelier Iris, que j'écoute au boulot entre deux vieux podcasts (dont la redécouverte montre combien l'Histoire a souvent donné raison à RaHaN), et qui a le don d'ensoleiller quelque peu un quotidien météorologique maussade dont les fluctuations complètement absurdes ne laissent pas de consterner une pure sudiste telle que moi.

Il n'est en vérité pas nécessaire d'avoir joué au titre pour reconnaître les innombrables qualités de l'ensemble. Les mélodies sucrées m'emportent dans leur univers de douceur et de féérie, tandis que les rythmiques enjouées me font gigoter en cadence sur mon fauteuil à roulettes (je dois passer pour une sacrée autiste auprès de mes collègues, maintenant que j'y pense). Le clavecin synthétique, qui revient très souvent dans les ritournelles de Nakagawa, Achiwa et Tsuchiya, offre une sonorité originale se mariant parfaitement avec l'esthétique délicieusement old-school de l'ensemble.

Lorsqu'un déluge totalement impromptu s'abat sur la ville, dont j'ai un panorama impressionnant depuis l'étage de mon bureau, je chausse rapidement mon casque, m'enfuis dans l'univers d'Atelier Iris, et finalement, l'absence de beaux gosses ne me semble plus être un problème ; je suis bien, au chaud, un sourire dans le coeur.

Ma sonnerie de portable depuis de très longues années ! C'est le thème du tout premier village, là où j'ai arrêté mon aventure, mais j'avais gardé un souvenir si mémorable de cette mélopée citadine mêlant clavecin et accordéon que j'ai immédiatement récupéré l'OST qui, aujourd'hui, ne quitte pas mon iPhone.

 

LA BANDE DESSINEE DE LA SEMAINE

Je me mets des bâtons dans les roues à un point qui m'incite à sérieusement songer au masochisme comme idéale qualification de mon goût pour les sujets trop vastes et passionnants. Inconditionnelle de la bédé depuis que mon papa me lisait, sur ses genoux, les classiques franco-belges en incarnant chaque personnage avec une voix et des attitudes différentes, ajoutant des bruitages, de l'action et souvent des blagues à base de "prout" (mais pourquoi les hommes, quel que soit leur âge, sont-ils tous morts de rire à la simple prononciation de cette onomatopée ???), j'ai depuis élargi mes horizons aux bandes dessinées japonaises et américaines.

 

Et c'est de bande dessinée japonaise que je vais vous parler aujourd'hui, parce que le manga que je lis actuellement est plus qu'un excellent titre, c'est avant tout un classique absolu comparable au phénomène Tintin sous nos lattitudes.

Ashita no Joe est en effet l'oeuvre fondatrice du genre le plus populaire de notre génération, le shônen. Pour tous ceux qui s'imaginent que Dragon Ball est le premier effort du genre, je me vois obligée de briser un trivia extrêmement coriace et pourtant fallacieux. Bien avant les shônen à pouvoirs magiques, il y avait les shônen sportifs, et c'est Takamori qui, utilisant le dessin de Chiba, lui donna en 1968 ses lettres de noblesse grâce à l'histoire de Joe.

 

A 15 ans, Joe Yabuki est un orphelin violent et insolent vivant dans la rue. Nouvel arrivant dans des bidonvilles nippons, il se mêle à une bagarre et défait ses adversaires grâce à sa force et son agilité. Il est alors remarqué par un ancien boxeur professionnel devenu clochard alcoolique. Danpei Tange va tenter d'inculquer l'amour de la boxe et de la discipline à ce fougueux poulain qui ne pense qu'à s'amuser et se battre sans honneur. Grâce à sa patience et à ses encouragements, mais aussi au soutien de nouveaux amis et à la ténacité d'adversaires implacables, Joe mettra un pied dans le monde de la boxe professionnelle et gravira ses échelons, un par un.

Tous les éléments du shônen sont là : le jeune garçon qui, au fond de lui, possède les capacités de faire de grandes choses, des liens forts entre les personnages qui évoluent, se complexifient jusqu'à en devenir ambigus (je pense particulièrement à la rivalité entre Joe et Rikishii, les fans sauront de quoi je parle), et bien sûr la montée en puissance d'un personnage qui, malgré les drames qui émaillent son parcours, va transcender son être pour devenir meilleur. Meilleur dans la boxe, meilleur être humain.

Ashita no Joe est un manga dont le style graphique n'est évidemment pas du tout au goût du jour, et c'est tant mieux en ce qui me concerne, j'ai beaucoup de mal avec l'uniformation du style de dessin des mangaka actuels dont, fort heureusement, certains artistes ne subissent pas l'influence néfaste (Oda, Araki, etc). Le style de Chiba est riche, très expressif, les combats de boxe sont très bien rendus et l'on comprend chaque case sans qu'il soit besoin qu'un tiers personnage nous en explique l'action.

Le générique mythique de la série animée adaptée du manga. Une chanson qui me colle des frissons !

 

Et pour ceux qui s'interrogent sur l'intérêt d'un manga de boxe ou qui n'ont aucune connaissance ni passion pour le sport en question, je vous rassure : je ne savais pas que la boxe me plairait à ce point avant d'ouvrir le premier tome des aventures de Joe. Il n'y a pas besoin de connaissances préalables pour aborder ce manga qui a inspiré les plus grands auteurs de shônen. Ashita no Joe est en effet la première référence toujours citée comme source d'inspiration par le créateur de One Piece, celui de JoJo's Bizarre Adventure ou l'inénarrable Toriyama. C'est cette unanimité autour de l'oeuvre qui m'a donné envie de la découvrir, et je comprends aujourd'hui l'engouement général que tous les Japonais éprouvent pour Ashita no Joe.

Que vous aimiez au détestiez les manga, lire Ashita no Joe, c'est se cultiver en passant des moments tantôt drôles, tantôt tristes, tantôt épiques, mais toujours exceptionnels. Les tomes, édités par Glénat, coûtent la peau du cul, mais se dévorent sans interruption. On espère juste que l'édition française amènera l'oeuvre à son terme...

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Tests

Ceci est mon dernier post. Ce matin, au boulot, je suis convoquée par ma responsable qui m'a entretenue pendant une heure d'un sujet tout à fait inintéressant (à vrai dire c'était peut-être passionnant mais je n'ai pas écouté, cette connasse avait osé me déranger pendant que j'écoutais le podcast de la semaine et j'avais sévèrement les boules après elle). Au même moment, mon téléphone sonne, mais bien sûr je l'ignore complètement : c'est JulienC qui m'appelle pour me dire qu'un désistement de dernière minute m'a permis de gagner le droit de rencontrer le grand, l'immense, le vénéré Hironobu Sakaguchi demain matin. J'ai 10 minutes pour le rappeler, dit-il à mon répondeur. Et pendant ce temps là, une vieille bique me parle, me gonfle, me saoule, pour ne rien dire. Quand je reviens à mon bureau, et à mon téléphone, la terrible vérité s'abat sur moi telle le faucon affamé sur l'insignifiante souris : j'ai raté la chance d'une vie de dire à l'une de mes idoles que je l'aime, que je veux lui faire des enfants vidéoludiques, que je ne peux plus vivre sans un nouveau J-RPG de la qualité de Final Fantasy IV ou VI.

Ce désespoir est insoutenable, je ne peux plus tolérer un monde dans lequel je n'ai pas de dédicace de mon scénariste japonais favori. Je compte me défenestrer demain matin en emportant ma chef avec moi (parce que quand même). J'espère que ce suicide rituel rendra hommage à un homme qui a fait les grandes heures du RPG nippon... ou alors, je vais ressortir un vieil article que j'avais écrit sur Lost Odyssey à l'époque de sa sortie, et me contenter de chialer dans mon pyjama. Ouais, je vais faire ça.

____________________________



Je suis consciente d'enfoncer une porte ouverte là, mais y a pas d'justice, m'sieurs dames. Certains jeux sont surmédiatisés malgré une qualité toute relative ou pour des mauvaises raisons, tandis que d'autres passent quasiment à la trappe ou en tout cas, ne rencontrent pas le succès mérité. Un exemple ? Dragon Quest VIII : le moins bon opus de la saga d'Enix, popularisé parce qu'il était le premier à sortir sous nos latitudes et détenteur du record de retour en magasin d'après mon gamedealer d'occasions préféré. A côté de ce succès publicitaire relativement galvaudé, il existe des petits bijoux comme Lost Odyssey qui, faute de médiatisation, n'obtiennent pas la reconnaissance qu'ils méritent et sont vite oubliés par la profession et donc par les joueurs gavés de nouvelles sorties plus fades les unes que les autres. Et moi, ça commence doucement à me gonfler.

*file se changer dans une cabine téléphonique*

Heureusement, Super Mellorine est là pour corriger les injustices vidéoludiques de ce monde !!! Et je m'apprête à commencer par la réhabilitation d'un jeu passé inaperçu ou presque.

 

Lost Odyssey, le jeu qui justifie, en soi, l'achat d'une Xbox 360.



Synopsis

La guerre fait rage entre le royaume magique d'Uhra et le peuple Khent. Un formidable déploiement de technologies et de sortilèges ensanglante le champ de bataille décisif qui semble hésiter à accorder la victoire à l'un ou l'autre camp. Au coeur de cet affrontement sans merci, le soldat d'élite Kaïm Argonar fait à lui seul autant de victimes Khents qu'un bataillon uhrien entier, lorsqu'un météore gigantesque s'écrase sur les belligérants, mettant fin au conflit par l'annihilation totale des deux armées.
Enfin presque totale. Deux survivants parviennent à s'extraire des décombres sans une égratignure : Kaïm, et la redoutable femme pirate Satie Balmore. Ces deux-là ont un extraordinaire point commun : ils sont immortels et, bien qu'ils ont perdu la mémoire de leur millénaire d'errance, ils savent au fond d'eux-mêmes qu'ils se connaissent depuis une éternité.
Mandatés par le grand sorcier uhrien Gongora pour contrôler le site de construction du canalisateur d'énergie magique qu'est le Grand Sceptre, ils vont peu à peu recouvrer leurs souvenirs, retrouver leurs attaches, en créer de nouvelles, et surtout découvrir qu'une force maléfique est à l'origine de la chute du météore, des conflits politiques latents et de nombreuses guerres à venir...



Une première heure de jeu exceptionnelle

Autant vous dire que rares sont les débuts de jeu qui nous plongent dans une immersion aussi immédiate que Lost Odyssey. Une seconde, on voit un Kaïm cinématique virevolter entre les soldats Khents qui tombent comme des mouches sur son passage, et la suivante, on se retrouve à contrôler un Kaïm in-game entouré de gonzes à dessouder armés jusqu'aux crocs. La transition est tellement fluide qu'on a encore des palpitations du fait de la qualité époustouflante de la cinématique d'intro lorsqu'on arpente pour la première fois le menu de combat.

 

Le début du jeu offre des plans vraiment grandioses qui sont gravées dans ma mémoire.

 

C'est ainsi que commence une première heure de jeu exceptionnelle, au cours de laquelle on va tour à tour s'extasier sur les graphismes extrêmement réalistes, les thèmes épiques symphoniques de l'ami Uematsu, la mise en scène digne d'un film hollywoodien, et ce sans même avoir encore découvert le génie du gameplay de l'oeuvre ! Quelques minutes suffisent à déceler l'énorme potentiel du jeu qui exploite à merveille la puissance de sa plateforme. Bien sûr, l'amateur de RPG avisé attendra de débloquer toutes les options du menu de combat pour juger de la qualité du soft, mais il ne sera pas insensible à cet univers original où l'énergie magique omniprésente est l'enjeu majeur des décisions politiques... et des plus viles convoitises.

D'emblée, le titre ne cache pas son ambition et il n'est pas difficile de voir la patte des créateurs de Final Fantasy derrière tout ça. En effet, pour ceux qui l'ignorent encore, Lost Odyssey, ainsi que son frère de console Blue Dragon, sont des RPG réalisés par un tout jeune studio du nom de Mistwalker, qui n'a pour l'instant que cinq jeux à son actif et travaille actuellement sur deux projets plutôt alléchants (surtout Cry oN). Jeune studio donc, mais là où ça devient intéressant, c'est qu'il a été fondé en 2004 par le grand, l'immense Hironobu Sakaguchi, vénéré créateur de la saga Final Fantasy, scénariste bien-aimé de FFVI, présent dans les crédits de tous les RPG japonais les plus emblématiques (Chrono Trigger, Xenogears, Vagrant Story, etc)... le meilleur CV du monde vidéoludique quoi.

 

Trois hommes et un couffin...



Il y a quelques années, Sakaguchi-sama, écarté des projets de SquareEnix suite au flop du film Final Fantasy : The Spirit Within qu'il a réalisé, décide de quitter la boîte qui lui doit tout pour continuer à enchanter les gamers de par le monde avec les chefs-d'oeuvre nés de son imagination. Il embarque avec lui ses amis de toujours, notamment le compositeur Nobuo Uematsu qu'on ne présente plus, et s'entoure des meilleurs collaborateurs (Akira Toriyama, Yoshitaka Amano, Takehito Inoue, j'en passe et des meilleurs). Bientôt sort Blue Dragon qui connait un succès tout à fait honorable malgré le choix toujours controversé de la plateforme de Microsoft. Mistwalker commence à se faire un nom, mais l'originalité peine à suffire face à SquareEnix qui, depuis quelques années, inonde le marché de rééditions sur consoles portables... rééditions de jeux créés par ledit Sakaguchi (quand je vous dis qu'y a pas d'justice) ! C'est dans ce contexte tendu que sort Lost Odyssey, qui ne bénéficiera pas de la couverture médiatique que Blue Dragon avait réussi à obtenir grâce au charadesign pourtant simpliste de Toriyama...

Mais j'arrête mon cours d'histoire et je reprends mon test ! Le jeu débute véritablement lorsque Kaïm, Satie et l'assistant de Gongora, Jansen Friedh, sont envoyés au site de construction du Grand Sceptre. Le joueur découvre alors, avec son équipe de trois personnages composée d'immortels et d'un mortel, un système complexe et passionnant.

 

Un système complexe et passionnant (y a de l'écho ou quoi ?)

Humm, par où commencer ? Il y a tant à dire sur le gameplay de ce jeu que je m'excuse d'avance si je ponds un pavé ou si je manque de clarté (dans ce dernier cas, je répondrai à vos questions avec grand plaisir). Alors je débute par les banalités d'usage : Lost Odyssey est un RPG classique dans la plus pure tradition du genre. Comprenez : il s'agit d'un RPG tour par tour avec rencontres aléatoires. Les joueurs nostalgiques seront ravis d'un tel retour aux sources, quant aux autres, ils découvriront peut-être le plaisir de stratégiser un combat à l'ancienne. Car Lost Odyssey n'est pas le genre de jeu dans lequel sélectionner la commande Attaquer de tous les personnages suffit à terrasser les mobs, au contraire ! Le soft se démarque dès le début par un niveau de difficulté assez honorable imposant la construction de tactiques parfois plusieurs tours à l'avance afin d'éviter le tragique Game Over (ce qui, vous l'avouerez, est de plus en plus rare dans les RPG modernes). Aussi je n'ai pas honte d'avouer que j'ai dû m'y reprendre à trois fois contre le premier boss rencontré devant le Grand Sceptre.

 

Le boss dont je parle est juste après cette séquence... quand vous verrez cet écran, il sera déjà trop tard !



Je vois venir d'ici quelques sourires moqueurs accompagnés de remarques du genre : "Tu sais pas qu'il faut leveler comme un chacal dans les RPG ? T'es bien une gonzesse". A cela, je répondrai que Lost Odyssey est doté d'un système anti-pex qui fait qu'à partir d'un certain niveau, on ne gagne plus d'expérience dans la zone courante ! Ce système permet aussi aux personnages ayant plusieurs niveaux de retard sur leurs compagnons de progresser plus vite afin d'homogénéiser l'équipe. Les créateurs de Lost Odyssey n'ont donc pas cherché à accroître sa durée de vie artificiellement mais à proposer un jeu old-school et intense, où l'on doit faire avancer le scénario pour monter en puissance. Alors oui, cela risque fort de frustrer les acharnés du niveau 99, mais le joueur intelligent saura apprécier le challenge proposé par chaque combat : allergiques à la réflexion s'abstenir.

Entrons à présent dans les détails du gameplay, qui regorge de subtilités et d'idées brillantes. Lors des combats, vous pouvez jouer jusqu'à cinq personnages, répartis sur la ligne avant et la ligne arrière. La ligne avant crée une barrière, la condition de garde, qui protège la ligne arrière, et qui est égale à la somme des HP des joueurs postés en ligne avant au début de l'assaut. Au fil du combat et des blessures infligés à la ligne avant, la ligne arrière est de plus en plus exposée. Cela vaut pour notre équipe, mais aussi pour les ennemis : la gestion de la condition de garde est l'une des clefs de la réussite. Il sera quasiment impossible de tuer un ennemi posté en ligne arrière sans avoir affaibli la ligne avant.

Autre détail : on peut équiper des anneaux sur les armes des personnages. Ces anneaux confèrent à l'arme, lorsqu'on utilise la commande Attaquer, une propriété particulière (dégât élémentaire, altération d'état, dommages multipliés, etc). On peut forger ces anneaux à partir des objets récupérés au terme des combats ou achetés chez les marchands, puis les combiner pour obtenir des anneaux plus puissants. Ce système rappelle fortement celui de FFX, d'ailleurs l'analogie ne s'arrête pas là. Chaque action prend un certain temps à s'effectuer, modélisé dans l'interface par les vignettes des personnages dans l'ordre du tour, exactement comme dans FFX. Certains sorts très puissants peuvent mettre deux ou trois tours à se lancer. On n'est donc pas dans un tour par tour bête et méchant mais dans un jeu qui allie à merveille tradition et modernité.

 



Pour que l'anneau placé sur l'arme agisse de façon optimale, il faut réaliser une épreuve de réflexe qui consiste à relâcher la gâchette de la manette lorsque deux anneaux se confondent.

 

Mais parlons maintenant de la véritable originalité du gameplay : le système d'apprentissage des compétences. Dans Lost Odyssey, on a deux types de personnages : les mortels et les immortels. Les mortels apprennent des compétences en gagnant des niveaux, tout simplement. Il peuvent en outre s'équiper d'accessoires pour obtenir des compétences ou des bonus qui ne sont pas dans leur évolution naturelle. Les immortels, eux, ne peuvent apprendre de nouvelles compétences qu'à partir des mortels ou des accessoires. Chaque combat leur rapporte un certain nombre de points d'apprentissage, nécessaires à l'obtention de nouveaux talents. Ils doivent s'équiper d'un accessoire suffisamment longtemps pour développer la compétence qu'il porte, ou établir un lien de compétence avec un mortel dont ils souhaitent acquérir le savoir. De plus, les mortels peuvent utiliser toutes les compétences qu'ils connaissent tandis que les immortels doivent équiper les compétences qu'ils ont apprises pour s'en servir (même si ce sont des compétences passives telles que HP+4).

Donc au début du jeu, les immortels sont moins intéressants que les mortels car ils ne connaissent aucune compétence : leur seul intérêt est de ressusciter automatiquement deux tours après un KO. Mais au fil de leurs relations avec les personnages et les accessoires, ils développent des talents énormes qui leur permettent de devenir absolument surpuissants. Il ne faut pourtant pas délaisser les mortels puisqu'ils apprennent leurs compétences en gagnant des niveaux, et que ces compétences sont à apprendre aux immortels. Chaque personnage est donc fondamental à l'évolution de l'équipe !

Je vous épargne les autres subtilités du jeu pour aller droit au but : son gameplay est très complexe à appréhender au début et en fait un jeu à définitivement proscrire aux allergiques de la prise de tête. De nombreux paramètres sont à gérer (anneaux, liens de compétence, cases compétence, accessoires, etc), qui obligent le joueur intelligent à se rendre dans le menu quasiment entre chaque combat. Je conçois que cela puisse être gonflant et pourtant je n'hésite pas à qualifier ce système de "plus grand atout du jeu", justement parce qu'il fait la part belle à la stratégie.

 

Seul Kaïm apparaît sur la map dans les villes. A l'ancienne quoi !

 

Une histoire aussi mature que ses personnages

Le scénario du jeu ne fera hélas pas l'unanimité, malgré une maturité et un lyrisme aussi rares que précieux. En effet, l'intrigue repose essentiellement sur les machinations politiques et l'existence des immortels. Si cette deuxième partie est traitée de façon sensible, la première rebutera tous ceux qui n'ont pas aimé FFXII pour son scénario. De plus, bien que Sakaguchi a réussi à créer un univers inédit absolument magnifique (il suffit pour s'en convaincre d'arpenter les rues de Numara ou de visiter le Temple des Lumières), il n'a hélas pas évité le cliché du méchant caricatural.

Bon ok, il ne veut pas détruire le monde pour une fois, il veut juste le conquérir, mais quid de ce rire démoniaque et de ces desseins mégalomanes ? Au fil du jeu, l'ennemi se révèle assez commun alors qu'il apparaît original de prime abord... Il faut dire que cette première impression repose sur le charadesign assez singulier du jeu, qui a été complètement descendu par certaines critiques à cause du travail de Takehito Inoue. En ce qui me concerne, je le trouve plutôt somptueux : visages réalistes loin du dessin manga lisse et inexpressif de la plupart des productions actuelles, personnages en taille réelle (le SD c'était bien avant mais il faut évoluer avec les supports, messieurs les développeurs !), costumes colorés bourrés de détails, armes et accessoires visibles sur le personnage (ce qui peut donner des apparences assez drôles d'ailleurs). On adore ou on déteste : moi j'en redemande.

Il serait cependant dommage, pour ceux qui sont rebutés par le charadesign, de faire l'impasse sur ce jeu qui propose de nombreux personnages jouables (neuf au total) aux personnalités bien trempées (et aux décolletés bien rembourrés pour certains^^). Chacun trouvera son bonheur : en ce qui me concerne je suis évidemment tombée amoureuse de l'élément comique du groupe, Jansen, mais j'aurais tout aussi bien pu m'identifier à Satie l'impétueuse ou à la courageuse Cooke (j'essaie de ne pas spoiler et c'est super chaud).

 

Mon chéri Jansen <3



Là encore, on sent que le créateur de Final Fantasy est de la partie. Les enfants Cooke et Mack font énormément penser à Palom et Porom de FFIV, quant à Sed, c'est un Cid tout craché même pas maquillé par un prénom sans consonance avec l'original. On pourrait crier au plagiat mais après tout, c'est Sakaguchi qui a créé Palom, Porom et Cid ! On comprend qu'il veuille continuer à exploiter ses propres idées.

D'ailleurs je ne peux pas passer au paragraphe suivant sans évoquer la mascotte de Lost Odyssey. La saga FF a le chocobo ou le mog, Lost Odyssey a le kelolon ! Cette créature déclinée en nombreuses races est tellement adorable que j'espère qu'on la reverra dans d'autres productions de Mistwalker et qu'elle finira par connaître la popularité de ses aînés.

 

Une réussite à tout point de vue ?

Vous l'aurez compris, Lost Odyssey a tous les atouts d'un grand RPG : un créateur de génie qui a mis au point un univers original, des graphismes à couper le souffle exploitant au mieux les capacités de la console, des personnages attachants et un système complet porté sur la réflexion. Que pourrais-je ajouter pour vous convaincre d'acquérir ce jeu ?

J'ai parlé de l'OST composée par Uematsu : c'est déjà un argument en soi ! Cette bande originale très éclectique reflète à merveille les différentes facettes des compositions du maître : des thèmes symphoniques chers aux fans des premiers FF aux morceaux electro dignes d'un FFVII en passant par les chansons cucul-la-praline et les guitares métalliques dont se réjouiront les fans de The Black Mages, il y en a pour tous les goûts. Certes, du coup, l'OST est assez inégale, et si certains morceaux sont absolument géniaux (le thème de combat par exemple, et c'est tant mieux puisque c'est la musique qu'on entend le plus souvent dans tout RPG), d'autres sont assez cheaps. Mon morceau favori ? Le thème des kelolons bien sûr^^

 

Le thème de combat de Lost Odyssey.



Il convient en outre de noter que la version européenne du jeu permet de choisir les doublages japonais, et ça, c'est assez rare pour être encensé. La multiplication de versions undub de RPG devrait pourtant indiquer aux éditeurs qu'on souhaite garder les voix originales dans les jeux vidéo...

En vrac encore, on note les souvenirs des immortels narrés sous forme de récits illustrés poétiques écrits par l'auteur japonais Kiyoshi Shigematsu, le système de magie composée qui combine les sorts basiques pour multiplier leur puissance, le bestiaire superbe (bien que peu varié), les animations de combat, la fin riche en émotion... et j'en oublie.

 

Des bestioles qui ont la classe.



Après tant d'éloges, il serait déloyal de ma part de vous faire croire que ce jeu est parfait, sinon mon test se serait résumé à : "ce jeu est culte" et je vous aurais épargné ce pavé. Lost Odyssey n'est en effet pas exempt de défauts qui lui interdisent l'accès au panthéon du RPG mais qui ne l'empêchent pas de s'imposer comme le meilleur RPG de la fournée 2007.

Je n'ai par exemple pas évoqué la linéarité du jeu qui se suit comme un film jusqu'à la phase finale (le fameux dernier DVD au cours duquel le monde est ouvert). En cela encore, le jeu rappelle FFX, mais sort son épingle du jeu par sa quantité assez exceptionnelle de quêtes secondaires. Là où le jeu de Square proposait seulement le Centre d'Entraînement, Lost Odyssey développe la Cour des Grands (un tournoi à réaliser en répondant à des conditions bien précises) et toute une foule de quêtes permettant d'obtenir les meilleurs accessoires et armes du jeu. Cette phase de jeu est certainement la meilleure du titre puisqu'on se sent libre d'évoluer dans le monde à sa convenance, et double facilement la durée de vie du jeu (plus de 120 heures pour le finir à 100%).

 



Le monde n'est pas très vaste mais on dispose de moyens de transport sympas tels que le vaisseau royal de Numara : le White Boa.

 


Un autre défaut que vous avez peut-être senti poindre lorsque j'ai décrit le système : l'équilibre du niveau de difficulté. Comme je l'ai signalé, le début de Lost Odyssey est plutôt difficile, mais une fois que les immortels sont équipés des meilleures armes et compétences, ils deviennent quasi invulnérables. Bien sûr, cela n'advient qu'à la fin du jeu, et à la condition d'avoir fait les quêtes secondaires adéquates, mais le manque de challenge y devient flagrant. La seule véritable difficulté consiste à tuer le boss ultime de la Cour des Grands, tandis que les autres boss sont très faibles face à une équipe d'immortels. Cela décevra les hardcore gamers mais à choisir, je préfère un tel système à un autre qui ne valoriserait pas le temps de jeu du joueur (Oblivion, sors de ma vie ><).

J'ajouterai enfin à cela l'inutilité des anneaux pour les personnages qui n'usent pas de la commande Attaquer, donc les mages, ainsi que le manque d'intérêt de la partie +. En effet, elle n'ajoute aucun donjon ni boss annexe, et permet juste de recommencer le jeu en partant du niveau 50. En gros, elle sert uniquement à refaire le jeu plus vite. Mais un contenu non négligeable est disponible en téléchargement sur le Xbox Live, qui ajoute de nombreux nouveaux items et des quêtes inédites. Il est possible que cela pallie aussi à la carence de réelle partie +.

 

Et pour ceux qui hésitent encore, j'emploie les grands moyens : l'intro du jeu.



Au final, vous aurez compris que Lost Odyssey est un excellent jeu qui vaut bien un Final Fantasy mais qui n'a pas eu la chance de bénéficier de la couverture publicitaire d'un jeu SquareEnix. Si vous possédez une XBox360 et que vous n'avez pas été rebuté par mon test, vous devez impérativement acheter ce jeu qui vous procurera de nombreuses heures de plaisir et aura du mal à vous quitter. J'ai gardé suffisamment de surprises pour que vous preniez le même pied que moi à découvrir ce jeu (sauf que vous allez moins galérer puisque je vous ai expliqué le système^^). Peu avant la sortie de The Last Remnant, dites non à l'hégémonie de SquareEnix et soutenez un studio plein d'avenir qui n'a pas fini de nous surprendre : Mistwalker, avec son Lost Odyssey, montre, sans mauvais jeu de mot, qu'il marche dans la cour des grands !

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Eh bien, relire ce texte bien des années après son écriture me rappelle combien d'espoir je plaçais dans Mistwalker, qui n'a jamais transformé l'essai depuis... D'échecs commerciaux et annulations, les temps sont durs pour ses mythiques dirigeants. Mais le plus ironique dans cette histoire, c'est que Lost Odyssey est le dernier grand RPG nippon auquel j'ai joué. Depuis 2007, je n'ai plus trouvé mon content de rêve et de dépaysement en provenance de l'archipel. Et ça, c'est tellement grave que ça me redonne envie de chialer !

Voir aussi

Jeux : 
Lost Odyssey
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