C’est donc en la personne du papa de Buffy que la Paramount choisit de confier les reines de ce projet hors norme. Mais pourquoi Joss Whedon ?!
Introduction : Premier point, les personnages. On avait effectivement peur que 2h20 ne soit trop juste pour vraiment bien développer nos héros. Il s'avère effectivement que la réputation de Whedon en tant que scénariste est fondée car tous les personnages sont vraiment traités à arme égale. Leurs passés, leurs conflits, les égos qui s'opposent...tout s'articule vraiment de la meilleur des manières avec une vraie fluidité. La première partie du film prend le temps de poser les enjeux et les personnages pour finir ensuite crescendo jusqu'au 3ème acte. Une dernière partie généreuse car on compte bien une séquence d'action de pas moins de 30min. Le temps qu'il faut à nos vengeurs pour s'unir dans la joie, la destruction massive et la bonne humeur. Cela dit, même si l'on reconnait tout le talent de Joss Whedon en tant que scénariste, la réalisation n'est clairement pas le point fort du bonhomme faute d'expérience en la matière.
Réalisation : Second point, la mise en scène. Si Whedon s'en sort plutôt bien dans ses séquences d'actions encore que...(nous y reviendrons un peu plus tard) il n'en ai clairement pas de même en ce qui concerne ses séquences "hors-action". Pour faire simple et directe on dirait parfois que The Avengers est un DTV où même un épisode d'une série TV de luxe à qui l'on aurait filé beaucoup de thune. Non pas que ce soit réalisé avec les pieds mais c'est juste que la mise en scène de Whedon compte tenu de "l’événement épique" manque clairement de richesse et de profondeur à commencer par une photo hideuse dirigé pourtant par Seamus McGarvey à qui l'on doit The Hours et World Trade Center entre autres ! Certains plans sont tous gris et la mise en scène tantôt inspirée, tantôt mollassonne de Whedon n'arrange absolument rien. Un comparatif violent mais nécessaire pourrait justement être fait avec un certain Michael Bay par exemple. A ce moment là et même si l'on peut parfois trouver le Mr Bay exécrable sur certains points qui ne cessent de le suivre encore et encore, nous avons quand même un réalisateur qui sait non seulement comment composer un vrai cadre de cinéma mais qui sait en plus maitriser la mise en scène et « La mise en scène de l'Action » comme personne encore de nos jours. Avengers chlingue parfois le fond bleu à 500km à la ronde. Fondamentalement ce ne serait pas vraiment un problème à partir du moment ou Whedon serait arrivé à le gérer mais encore une fois, il ne possède pas suffisamment d'aisance technique pour nous faire oublier ces SFX parfois incrustés de manière maladroite. La faute non pas à leurs qualités intrinsèques mais tout simplement à une mise en scène qui peut parfois rendre le tout un peu plat. Là ou Michael Bay retranscrit avec une réel technique de mise en scène ce que pourrait être une guérilla urbaine entre des hommes et des robots de plus de 10 mètres de haut. Arrivant par la suite à nous faire ressentir leurs présences physiques aux côtés des acteurs, leurs forces, la puissance de leurs armes où même de leurs poids sur les infrastructures qu'ils détruisent, Whedon lui, ne trouve pas le moyen d'y parvenir. Du coup la dernière séquence tant attendue d'Avengers ressemble quelques fois à une vulgaire séquence de jeu-vidéo en synthèse. En gros on arrive tout simplement pas à ressentir la présence de Hulk aux côtés des figurants ou son impact physique sur un building. On arrive pas à ressentir la détresse ni même la souffrance que peut endurer les habitants de Manhattan là encore une fois ou Bay les auraient martyrisés purement et simplement. On ressent plus en revanche le plateau de cinéma et tous les techniciens derrières ! La disparition du fameux syndrome de la « suspension d’incrédulité. » C'est clairement ici que le créateur de Buffy loupe le coche car aux travers de quelques scènes comme ce petit plan séquence ou la caméra, dans un mouvement fluide et gracieux, passe par chaque Avengers pour finir sur le dos d'une immense créature, on sent enfin une mise en scène rendant (à de trop rares instants) ce vrai souffle épique qui manque cruellement à ce premier grand rendez-vous de super héros.
Conclusion: Cependant, ne nous méprenons pas sur ces points négatifs et même si ils sont de tailles. Ils ne font pas d’Avengers un navet iregardable. Fort heureusement tout de même, le métrage reste assez bien équilibré et généreux. L’humour est parfaitement bien dosé et les personnages sont vraiment attachants (Captain America et Hulk en pôle position). La bande-son d’Alan Silvestri est, elle aussi, vraiment réussie avec un très jolie thème principal. Il est juste dommage que Joss Whedon ce soit attelé à la réalisation tant la qualité et l’écriture de son scénario sont, à côté, de très bonne facture. Au finale c’est juste que le traitement n’est pas entièrement à la hauteur de l'événement. Sans doute la faute à la volonté des producteurs de vouloir sortir ce gros projet beaucoup trop rapidement. Pour le coup, il aurait sans doute mieux fallut offrir la mise en scène à un réalisateur qui possède tout simplement plus de bagages et d’expérience dans ce domaine qu’est la mise en scène de long-métrage « Cinématographique » grand spectacle. Un metteur en scène qui exploite à bonne escient les SFX et les composantes de son cadre. Avengers nous apprends une fois de plus que même avec une masse de pognons considérable, ce n’est jamais si « évident » que ça.
Avant de commencer à lire cet article, sachez que l’auteur de ces lignes n’a pas lu les livres de Stieg Larsson et n’a pas vu les adaptations suédoises qui ont déjà été réalisées auparavant. Je pars donc avec un avis complètement vierge sur l’univers de Millenium. Il n y aura donc aucun jeu de comparaison entre le film réalisé par Fincher, le livre et les adaptations précédemment réalisées.
Introduction : Depuis Zodiac, Fincher tire une tout autre quintessence du savoir faire qu’on lui connait en terme de technique, de mise en scène et de narration. Une faculté unique et encore plus aboutie qu’auparavant pour mettre en place des univers différents mais toujours avec un travail de « fourmi » colossale. Cela dit, Millenium est bien loin d’atteindre les nombreuses qualités d’un Social Network et il est d’ailleurs assez surprenant que le réalisateur ce soit passé des talents d’Aaron Sorkin pour l’adaptation d’un univers comme celui de Millenium.
Feeling Cold : En effet là ou la technique de Millenium est irréprochable, il n’en ai pas toujours de même pour ce qui est de la mince part d’émotion qu’il peut susciter à de trop rares moments chez le spectateur surtout durant la première heure. Sans doute la faute à un scénario qui ne laisse pas aux personnages et aux situations, plus de temps qu'il n'en faut pour réellement ce poser. Les intentions du réalisateur sont pourtant louables et il est vrai que les 2h40 filent vraiment à toute vitesse, jamais nous n’avons vraiment le temps de nous ennuyer dans Millenium, mais en contre-partie, l'implication, le processus d’identification, peinent vraiment à prendre corps dans cet univers ou le débit d’information est considérable. Le rythme en devient alors mécanique, parfois répétitif, les séquences s’enchaînent et s’imbriquent machinalement les unes derrières les autres comme des perles sur un collier. Même les séquences difficiles et viscérales notamment avec Lisbeth ne prennent qu’à moitié puisqu’elles se retrouvent tronquées et alternées par l’enquête menée par le personnage du journaliste (interprété par Daniel Craig) ou Fincher à l’air de considérablement moins prendre son pied. Heureusement, une petite impulsion émotionnelle jaillit une fois que Mikael & Lisbeth sont enfin réunis. Si l’enquête à laquelle ils se rattachent est toujours aussi « sommaire » on ne peut s’empêcher de ressentir quelque chose pour ces personnages. Le tempo de Millenium diffère et s’élève, un souffle nouveau se fait sentir et une forme d’empathie peut enfin naitre.
Il est amusant d'être témoin d'une forme de cohésion entre deux caractères si différents, à travers le partage de leur sentiments communs. C'est bien ici que réside le véritable intérêt de Millenium, que le spectateur peut, au terme d'une bonne heure, apprécier. L’interprétation de Rooney Mara y est forcément pour beaucoup et l’on sent bien que c’est elle qui intéresse principalement le réalisateur. C’est bien Lisbeth qui jouit des plus gros tours de force. A travers cette relation Fincher rend son film humain et le public trouve, grâce à elle, un point d’encrage parfait auquel il peut se rattacher. On finit par accepter l’avalanche d’informations et la complexité de l'œuvre car on peut tout simplement avoir le sentiments de « prendre part » et de « participer ». Dans ce personnage, Fincher retrouve bien la représentation d’une image Féminine obsessionnelle qu’il a en lui. Il est intéressant de voir que dans ses précédents films, ses personnages féminins sont la plupart du temps très masculins. Elles se révèlent bien souvent plus fortes que l’homme incarnant de manière symbolique une liberté qu’elles ont toujours finit par obtenir dans la souffrance. Remake utile ou pas, quoi qu’on en dise, Millenium pour Fincher c’était tout simplement une évidence.
Réalisation : Hormis un générique d’intro certes très bien fichue mais complètement hors de propos, (à croire que David Fincher veut décidément ne pas oublier d’ou il vient) c’est toujours en bon élève qu’il nous livre une copie (très) soignée, pensée et techniquement parfaitement bien travaillée. Chaque plan, chaque teinte, chaque geste est calculé et millimétré. Nous savons tous l’intransigeance de l’auteur et sa méthode de travail très difficile qui contraint les acteurs à donner le meilleurs d’eux mêmes quitte à rejouer la scène plus de 150 fois s'il le faut. L’univers de Millenium est parfait pour ce scientifique à l’impact visuel toujours pus fort, toujours plus explicite et ingénieux. Les scènes entre Lisbeth et Nils, son nouveau tuteur légal sont violentes et il est vrai, d’une terrible brutalité. L’effet « coup de poing » fonctionne toujours lorsque le réalisateur d’Alien 3 s’attaque à ce genre de défi. De même que pour les séquences de jeu toujours au carré. A travers l'œil de Fincher, pratiquement chaque objet ou mouvement que réalisent ses personnages sont logiques, à leurs places et prennent constamment part à sa narration. BREF, de ce côté là il n y aura définitivement rien à ajouter, Fincher n’est plus un réalisateur de cinéma à proprement parlé. Avec Millenium c’est en véritable « Architecte » du cinéma qu’il s’impose, comme s' il s’agissait d’un scientifique commençant tout juste à trouver la formule presque parfaite. Presque oui, car à force de (trop ?) prendre le temps de soigner, complexifier et densifier sa petite vitrine le réalisateur perd parfois effectivement notre implication et accessoirement notre attention (le même syndrome qui planait déjà sur Zodiac). Il n’est pas non plus aidé par le fait que l’enquête de Millenium manque cruellement d’enjeu et semble au finale n’être qu’un prétexte pour réunir Mikael & Lisbeth.
La composition est elle aussi, toujours un élément important dans les films de l’auteur. Et c’est bien Trent Reznor & Atticus Ross qui sont aux manettes, pourtant jamais le duo gagnant de Social Network ne parvient à nous prendre aux tripes. Une fois sortie de la salle aucun thèmes, aucune notes ne viennent nous interpeller. On attendez beaucoup de la bande originale de Millenium et il est étonnant de voir à quel point celle-ci nous parait aussi « transparente » à l’arrivée.
Conclusion : FINALEMENT, que dire si ce n’est que l’on peut être fatalement déçu par la dernière œuvre du réalisateur de Fight Club. Ce premier chapitre ce pose inévitablement comme une rampe de lancement obligatoire visant à utiliser l’enquête pour nous présenter puis poser ce magnifique duo de couple en devenir. C’est justement ici que l’on peut y constater les limites du format cinéma. Peut-être fallait-il à ce premier chapitre une durée plus longue pour que Fincher prenne le temps de rendre son film un tout petit peu moins linéaire et rapide, car on sent parfois qu’il faut allez « vite » pour joindre le point A au point B. Les 40 dernières minutes après la révélation du tueur sont assez représentatives du problème lié à la durée du format cinéma. Espérons que la version longue voulue à la base par le réalisateur voit le jour. Certes, on ne pourra jamais reprocher au réalisateur son manque de sérieux et d’implication dans pratiquement tous les choix qu’il entreprend seulement dans Millenium, ce à quoi se rattache ces deux personnages, à savoir l’enquête, prend une place importante entre les deux ! Et il a beau être « tout Fincher » qu’il est, son savoir faire n’arrive pourtant pas suffisamment à nous donner envie de nous impliquer dans cette sombre histoire familiale. Le spectateur a plus d’une fois l’impression d’être rattrapé en cours de route et d’être tenu fermement par la main. Comme si il s’agit d’une visite mais d’une visite ultra guidé ou les émotions qui nous submergent se font bien trop rares. Fincher nous permet pourtant à ces différents instants d’une part, de voyager un minimum seul sans être sur des rails et d’autre part de prendre le temps de nous attacher encore un peu plus à ses personnages. Le chimiste n’est pas loin de trouver la combinaison parfaite et il pourra sans aucun doute le faire dans le prochain volet qui sera normalement davantage consacré à une enquête menée dès le départ par ce petit couple atypique.
A l'occasion de sa récente sortie en DVD/Bluray, l'équipe Madealone décortique le petit chef d'oeuvre de Gavin O"Connor
Introduction : La boxe a eu son lot de films référentiels (Raging Bull, Rocky, The Fighter...), le catch a lui aussi reçu un véritable honneur en la personne de Darren Aronofsky grâce à The Wrestler et jusqu’ici l’univers du MMA a toujours été mis en avant au travers de nombreuses séries Z ou de simples directo DVDs. WARRIOR a malheureusement la lourde tâche de s’immiscer entre ces différents chefs-d'œuvres cités plus haut, d’un genre déjà pressé par le cinéma hollywoodien jusqu’à la dernière goutte. Et c’est avec une grande humilité que le réalisateur Gavin O’Connor rend à ce sport toujours peu connu en France, ses premières vraies lettres de noblesse.
Rédemption : L’utilisation du tournoi de MMA comme prétexte servant de catharsis au cœur du scénario peut effectivement paraître on ne peut plus simple. Seulement derrière cette apparente simplicité le réalisateur prend le pari de construire sa narration en optant pour un rythme très lent où l’exposition des deux personnages principaux s’étend sur quasiment plus d’une heure ! La séquence d’intro somptueuse entre Tom Hardy et Nick Nolte juste avant l’arrivée du titre donne effectivement le ton. Gavin O’Connor démontre par le biais de cette intro l’étendue de son savoir faire, mettre en place un univers, un contexte ainsi que la psychologie de ses personnages en 4min « montre en main ». Jamais le scénario n’enquille une ligne de dialogue de trop ou de moins, certaines personnes pourront effectivement reprocher à WARRIOR un manque d’originalité flagrant déjà par rapport aux différents enjeux scénaristiques ou par rapport aux traitements des personnages qui composent le film. Et à juste titre car oui, le récit de Warrior sent parfois le réchauffé voire « l’archi déjà-vu », oui la trame est banale et sans surprise, mais quels films de sports jusqu’ici ne pâtissent pas des mêmes défauts ? Quels films de sports depuis Million Dollars Baby a su vraiment prendre le spectateur à contre-pied sans que celui-ci n’en devine déjà la fin au bout de 15min ?
Il est tellement difficile de rester de marbre face à ces personnages aux thématiques pourtant riches et universelles et ce, même si elles restent typiquement racontées a travers un point de vue purement Américain une fois de plus. Rocky et Fighter plaçaient leurs personnages dans un contexte social éprouvant et Warrior se retrouve dans le cas présent au sein même de ces « balises » obligatoires servant à dresser le portrait de l’Amérique actuelle (Irak, crise des subprimes). En réalité Warrior ressemblerait plus d’avantage à Rocky (l’arrivée du titre similaire en gros caractère gras lui rend d’ailleurs un bel hommage) déjà parcequ’avant de filmer un contexte, il raconte avant tout une histoire. Gavin O’Connor n’a pas le talent d’un David O Russel, encore moins celui d’un Clint Eastwood ni même d’un Oliver Stone et il le sait. Sur ce terrain le réalisateur n’a donc pas besoin d’avoir les yeux plus gros que le ventre, il part avec une grande humilité, marchant sur les mêmes pas que John G Avildsen et Sylvester Stallone à l’époque de Rocky. Stallone qui encore aujourd’hui revendique haut et fort qu’il n’est pas (encore ?) un bon réalisateur de cinéma mais bien un simple conteur d’histoire qui fait toujours les choses en fonction de son coeur. La vrai force de Warrior réside bien sûr ici et au delà de tout un tas d’aspects purement techniques. Même si la réalisation de Gavin O’Connor reste soignée, le réalisateur de 39ans prend d’avantage le soin de se concentrer sur ses différentes séquences de dialogues. Les acteurs se retrouvant la majeure partie du temps complètement « seuls », nullement aidé par des artifices visant à souligner une quelconque émotion au marqueur. C’est l’autre tour de force du réalisateur qui réside dans sa manière d’amener pléthore d’informations liées au passé des personnages, ou même d’enjeux sous-jacents sans tomber dans la facilité (aucunes scènes liée au trauma de leurs passés ne nous sont dévoilées explicitement).
La direction d’acteur y est forcément aussi pour beaucoup à commencer par Nick Nolte qui joue le rôle du paternel désespérément en quête de pardon. Quelle magnifique composition, toujours sobre et en retenue. Son personnage d’ancien père alcoolique (qui mieux que lui pouvait jouer le rôle ?) qui ne peut que subir et encaisser comme un vieux sac de frappe déchiré de l’intérieur les coups verbaux de ses enfants portés en premier lieu par un Tom Hardy habité, animé d’une haine incommensurable rendent son personnage puissamment dramatique et limite proche de la folie. Les scènes du casino et de la chambre d’hôtel font surement parties des séquences les plus dures psychologiquement et émotionnellement parlantes que l’on ai vu depuis longtemps. C’est surtout à partir d’ici que WARRIOR révèle tout ce qu’il a dans les tripes, et sur le cœur. On ne devient plus spectateur mais « voyeur » où témoin de ce combat d’une vie que seuls la portées des coups semblent pour ces personnages, la seule issue possible jusqu’à un uppercut salvateur qui nous couche littéralement au tapis. Sur les derniers mots de Brendan à son frère incarné par Joel Edgerton, le rythme imposé par le réalisateur prend ici sa véritable envol et trouve une cohérence parfaite.
Conclusion : A tous ceux qui pensent venir y chercher de la castagne sachez que vous serez obligatoirement déçu. Warrior « boxe » bien dans une autre catégorie et il faut bien au film plus d’une bonne heure avant de voir le premier combat dans la cage. Gavin O’Connor prend le temps et il a raison. Jouant presque constamment des non-dits et des silences qui viennent sans cesse alimenter mais jamais alourdir, la dramaturgie de son récit. Néanmoins, il est bien évident que le métrage divisera sans nul doute son public. Les cinéphiles et spectateurs disons, « habitués » au genre ne prendront surement pas le même plaisir que ceux qui se sentent un peu plus concernés par le sujet et les thématiques que souhaite aborder le réalisateur. Warrior est certes bien loin d’être un film complètement abouti, mais sa sincérité qui suinte de toute sa pélloche suffira justement à masquer ses ficelles cousues de fils blancs pour ainsi retrouver le plaisir d’un cinéma « simple ». Simplement du vrai cinéma.
Responsable de La panthère Rose, de la sympathoche franchise La nuit au musée et de Pour le meilleur et pour le rire (!), c’est bien en Shawn Levy réalisateur assez inégale qu’a choisi de croire Spielberg & Zemeckis pour monter et réaliser ce Real Steel. Un mixe entre Over the top et Transformers dans un univers semi-futuriste seulement, sous ses faux-airs de simple blockbuster familiale bourré de bon sentiments ce cache, contre toutes attentes, quelque chose que l’on espérait retrouver depuis longtemps...Avec un peu de retard à l'allumage, nous vous proposons de venir découvrir pourquoi il était primordial d'aller voir Real Steel au cinéma.
« Un cœur en acier »
Après les rafales des Transformers on aurait pu aisément se dire qu’avec les robots, il était temps de tourner la page et de passer à autre chose. Seulement apparemment, Spielberg & Zemeckis décident d’en rajouter une couche en s’inspirant d’une des œuvres de Richard Matheson pour accoucher de ce nouveau projet. Cela dit, qui aurait pu penser une seule seconde qu’une tel œuvre aussi « sommaire » soit-elle indirectement à cause d’un certain Michael Bay (les robots ne surprennent plus grand monde dorénavant), ne devienne en fin de compte un vrai petit bijoux de cinéma. Car oui, l’utilisation des robots après ce qu’en a fait Bay, il fallait oser et trouver différents moyens de les mettre en scènes. C’est ce qu’a judicieusement fait le réalisateur qui a su trouver un équilibre parfait entre ses différentes idées de mise en scènes, les émotions, les effets spéciaux...et c’est ici que Real Steel s’avère être tout bonnement étonnant.
On imagine assez bien certains plans et quelques idées repris sur Le Géant de Fer de Brad Bird notamment lors de la séquence où Max sort avec Atom en pleine nuit. Alors certes, Levy s’inspire, pique certaines choses ici et là mais il les réutilisent et le fait bien à l’image des SFX qui jalonnent le film. Jamais ces éléments et effets numériques sont de trop dans Real Steel, en vérité le métrage aurait très bien pu ce passer dans les années 80. On sent dans cet univers ce parfum très old-school que le metteur en scène ne trahi jamais, qu’il affectionne et respecte. Avec ces routes et ces nomades américains qui sillonnent les arènes, ces combattants d’un monde semi-futuriste qui dorment sur les étagères de leurs camions, qui puent l’odeur de la ferraille brûlé et de la sueur...bref, Shawn Levy marque clairement un point. Car en plus d’avoir une trame scénaristique pourtant archi-classique, il ne cesse de titiller notre fibre nostalgique en remplaçant simplement les combats de bras de fer d’Over the Top avec Sly Stallone par des combats de robots, tout en y apportant une vraie et étonnante sensibilité.
Côté interprétation, Hugh Jackman reste dans un registre qui lui va bien sans véritable surprise. Seulement, on ne peut parler de son personnage sans celui de Max, magnifiquement bien interprété par Dakota Goyo (déjà partant pour une suite) que l’on avait aperçu dans Thor. L’une des principale réussite de Real Steel réside aussi en ses deux personnages. Un duo attachant où l’alchimie entre Jackman et Goyo opère vraiment à merveille. Avec sa trogne d’ange il n’est certainement pas exclu que la très jeune carrière de l’acteur ce voit booster d’un coup tant sa performance s’avère être juste et très réellement touchante.
Réalisation :
Jamais tape à l’œil et toujours équilibré, la réalisation est propre, très efficace durant les combats et surtout, toujours très bien inspiré. Le réalisateur joue constamment avec sa mise en scène entre les robots incrustés en numériques et ceux dont leurs présences et leurs mouvements sont reproduits en animatroniques. Les duels avec Twin Cities et Zeus sont intenses et vraiment épiques, le tout est supervisé par la société WETA déjà responsable des SFX d’Avatar et de La planète des singes mais aussi par le boxeur Sugar Ray Leonard pour amener un peu plus d’authenticité aux combats. Le rendu visuel et les animations des robots sont vraiment bluffants.
Si depuis un certains temps le compositeur attitré de Tim Burton était cantonné à pratiquement un seul et même registre de films, on sent un Danny Elfman évolué pour ne pas dire changé. Et c’est tant mieux car depuis longtemps, chacune de ses compositions étaient littéralement passé en « pilote automatique » sans saveurs ni valeur ajouté. Après sa composition sur Le Royaume de Peter Berg, Elfman montre une fois de plus qu’il peut tout à fait changer de registre et être tout aussi à l’aise à la gratte. Même si l’instru de Real Steel n’est pas des plus originales, au moins ça change ! Le travail d’Elfman reste très agréable avec un thème principal fidèle à cet univers « eigthies ». Le dernier coup de synthé aux milieux des cris de la foule est juste magique.
Conclusion :
Ici, contrairement aux robots de Michael Bay, ceux de Shawn Levy ne nous font pas seulement retomber en enfance mais au contraire, ils sont présents pour nous faire grandir. Véritable vecteur, catalyseur et reflet des deux personnages principaux, la façon dont le réalisateur utilise et met en scène Atom est très intelligente. Jonglant sur le faite de savoir si oui où non, ce robot possède des sentiments humains (thématiques très Spielbergiene), le réalisateur s'amuse bien souvent à faire planer le doute chez le spectateur comme cette fabuleuse scène du miroir où encore cette hargne qu’a le robot à se relever et ne jamais renoncer sous les encouragements du petit Max...Bref, c’est toutes les accumulations de ces (très bonnes) petites idées qui, en plus de toujours respecter un côté Road Movies très oldies, ne fait que conforter et ranger Real Steel aux côtés de cette listes rare, celui de faire partie des blockbusters honnête sur son sujet et sur ses intentions. Épaulé par les deux plus « vieux grands enfants » d’Hollywood que sont Spielberg & Zemeckis à la production, Real Steel possède bien la petite « touch Amblin Entertainement » qui manquait cruellement à Super 8 et Tintin pour vraiment nous faire rêver à nouveau. En effet, avec toute la meilleur volonté du monde, JJ Abrams ne faisait que mimer nos souvenirs et nos émotion enfantines tandis que Tintin en était complètement démuni la faute à une technologie tellement belle et surement trop sophistiqué qu’elle en a aveuglé Spielberg au point de faire de TINTIN une œuvre numérique complètement indigeste et creuse.
Jamais une seule seconde on aurait pensé que ça aurai été en Real Steel qu’allait résider cet hommage que l’on attendait depuis longtemps. Et c’est tout particulièrement durant la séquence du combat finale ou pendant un instant, le temps se retrouve suspendu, que le petit Max regarde son père ce battre, donner des coups qui portent pourtant dans le vide que Shawn Levy choisit de le symbolisé. Une larme coule alors sur sa joue et ça y est, c’est à cet instant dans ce regard, dans ces yeux, que née ce pur moment d'émotion naïf et innocent que l’on retrouve et redécouvre enfin. Merci Shawn Levy, cela faisait bien trop longtemps déjà.
Introduction : Passé scandaleusement inaperçu lors de sa sortie en salle le 25 Mai dernier, Senna, le documentaire sur la vie de l'un des plus grands pilotes de F1 est sans aucun doute l'un des derniers purs bijoux d'émotion pure de cette fin d'année 2011. L'équipe Madealone revient « en bref » sur ce magnifique documentaire réalisé par Asif Kapadia.
«Puredriving, Real racing. That makes me happy » L'histoire tout le monde la connaît où la plus ou moins connus. Ayrton Senna reste encore un grand objet de fascination dans le monde du sport. Chaque instants, chaque faits d'armes de la vie de ce pilote sur et en dehors du circuit sont tellement pittoresques qu'il en arrive à devenir un vrai personnage de Cinéma. Senna était devenu bien plus que le meilleur pilote de sa génération avec Alain Prost, il était devenu le symbole de tout un peuple et a malheureusement connu une fin tragique a une époque ou la F1 connût au même moment elle aussi sa première fin de cycle avec l'arrivée de l'assistance électronique.
Réalisation : La structure du documentaire choisit par Asif Kapadia reste la plus simple du monde. Le réalisateur londonien opte pour un angle chronologique, de la toute première course en kart d'Ayrton en 1977 jusqu'à la date maudite du 1er Mai 1994. On a beau connaître, avoir vu et vécu pour certains le parcours du pilote et pourtant... La puissance de ces images d'archives choisit par le réalisateur semblent être toujours aussi forte. Comme si le charisme de Senna ne s'était jamais éteint au fil des années. Et là où Kapadia est aussi très astucieux c'est qu'il choisit de ne faire intervenir les différents portrait du monde de la F1 qui ont connût le triple champion du monde qu'en voix-off. Le documentaire prend alors une forme bien plus solennel, limite proche d'un véritable « souvenir vivant » sur pellicule bien loin des interventions « posées » classique de la structure du documentaire tel qu'on la connait. Sublimé par la merveilleuse composition d'Antonio pinto, le spectateur se retrouve constamment pris d'une émotion extrêmement forte comme la séquence ou Senna gagne son premier GP du Brésil au bord de la fatigue physique et psychologique la plus éprouvante, de la relation particulière qu'il entreprit avec le médecin de course Sid Watkins, de ces très rares images le montrant avec sa famille et bien sûr de sa rivalité avec son coéquipier, rival et ami Alain Prost. La dernière partie au circuit de St-Marin fait preuve d'une certaine pudeur, d'une sobriété, d'une rupture de rythme si pesante que l'on se dit « cette fois-ci c'est bien la fin », l'étau ce resserre et Asif Kapadia le sait. On a beau avoir déjà vu où vécu l'accident d'Ayrton Senna mais rien y fait, ce qu'on veut c'est changer l'histoire, changer la fin.
Conclusion : Même si certains reprocheront au réalisateur de manquer de recul sur l'homme en oubliant de citer certains détails, Senna reste à n'en pas douter l'un des plus beaux portrait que le monde du documentaire sportif ai connu jusque ici. Pas besoin d'être spectateur ou fan du monde de l'automobile pour apprécier ce documentaire car il s'agit bien de l'Homme qu'Asif Kapadia décide de mettre en avant. On ne peut rester insensible face à une telle vie, une telle force et un tel charisme. Ceux qui ne comprennent pas comment le sport peut influencer des existences ou celle d'un peuple tout entier, comment un public peut s'identifier à un sportif de haut niveau alors qu'il peut pourtant être bien loin de son pays d'origine, de sa langue, de sa culture, de son milieu social...trouveront sans aucun doute une forme de réponse à travers le portrait d'Ayrton Senna. Le portrait d'un homme véritablement amoureux de la victoire mais surtout de sa passion qu'il en a payé de sa vie. Un vrai héros.
Jouissant d’un fort capital sympathie durant sa présentation lors du Festival de Cannes, Drive, récompensé par le prix de la mise en scène, sort enfin sur nos écrans. Nicolas Winding Refn, réalisateur danois du très remarqué « Bronson » sorti en 2009 avec Tom Hardy (film coup de poing qui faisait le portrait d’un homme brutal sur fond de musique classique) va, avec ce nouvel opus, devenir définitivement quelqu’un sur qui l’industrie du cinéma devra obligatoirement compter.Pour l’anecdote, Drive est né de la rencontre entre Ryan Gosling (magnifique) et de Nicolas Winding, un soir de déprime. Le réalisateur venait de voir son prochain film avec Harrison Ford tomber à l’eau. La suite, banale : un retour en voiture jusqu’à l’hôtel, un silence de mort entre les deux hommes et puis, la radio qui diffuse « I can’t fight this feeling anymore » de Reo Speedwagon.Winding raconte que quelque chose est alors monté en lui, un état proche de l’euphorie en voyant Ryan Gosling conduire seul sur cette autoroute de Los Angeles.La première image qui lui est venue en tête était celle d’un cascadeur écoutant de la musique pop pour exorciser ses émotions…
Love forever :
Les spectateurs venus chercher de la castagne, des carambolages où des courses poursuites à la Fast and Furious seront vite déçus, car Drive raconte avant tout une histoire d’amour. A peu de choses près, le film ne doit compter que deux séquences de bagnoles à tout flinguer. Le cœur du film se situe bien dans cette relation unique entre ce fameux pilote mystère et Irène, représentant la symbolique même de ce qu’il reste encore de bon dans ce monde rempli de barges, où la seule lumière dans la vie de ce super héros n’ayant pour cape que son blouson marqué d’un scorpion dans le dos. Ses moments passés avec elle, sa seule présence, son sourire (ah, le sourire de Carey Mulligan...) suffit à canaliser la partie la plus obscure de sa personnalité, en témoigne cette merveilleuse séquence au bord de la fenêtre de l’appartement, entre le Driver et Irène, où le temps se retrouve considérablement suspendu. L’évolution de cette relation atypique fait vaguement penser au conte de Walt Disney, La Belle et la Bête.
L’une des vraies forces de Drive réside dans la façon dont Winding Refn suscite les émotions les plus vives et les plus radicales chez le spectateur, tantôt dans la violence la plus extrême, tantôt dans la poésie la plus somptueuse, principalement due à une gestion sans failles du cadre, du temps et de l’espace. La réalisation du Danois épouse à merveille le personnage du Driver. On vit, on voit et on ressent les choses uniquement à travers la psychologie de ce personnage, limite proche de l’autisme, où chacun de ses silences vaut mille mots. Hélas, puisque rien n’est parfait dans ce monde de brute, Drive n’arrive pourtant pas à tenir la même cadence jusqu’au bout. Une fois que Winding Refn fait tomber le masque de son « héros » après l’extraordinaire scène de l’ascenseur servant littéralement de bascule, le métrage tombe malheureusement dans des ficelles dramaturgiques imposées par le genre même du film et la faiblesse des personnages secondaires cantonnés à leur rôle de méchant, un peu comme dans les films noirs des années 50. Il en découle que dans cet ultime acte du film, le spectateur se voit dépossédé de ce charme et de cette magie hypnotique où la culture du « non-dit » fût roi durant le premier acte. Cette intensité est heureusement retrouvée lors de la séquence finale faisant indéniablement référence aux films de western. Des références, Drive en déborde et le réalisateur ne s’en cache absolument pas. Cela dit, il a l’intelligence et la manière de bien faire. De bien s’en inspirer. Ainsi, Drive revisite tout un pan du cinéma comme l’avait fait les frères Wachowski pour accoucher d’un certain « Matrix » premier du nom.
Réalisation :
Véritable pain béni pour qui viendra analyser et décortiquer sa mise en scène jusqu’à sa gestion sonore, Drive reste l’un des derniers bijoux en matière de réalisation « simple » grâce à une technique et une structure de montage taillée sur mesure. Ici, pas de « caméra shacker », pas de caméra à l’épaule, pas de fioriture au montage... On reste dans la maitrise même de la sobriété. De cette maitrise née la véritable force d’un cinéma « classique » (la vraie beauté du cinéma) qui, par la suite, vient épouser une structure quasi parfaite de la mise en scène. Chaque séquence indépendamment des autres est travaillée avec minutie. Cela peut-aller d’un plan fixe à un simple traveling, le tout accompagné par une gestion sonore plus vivante que jamais, gestion sonore allant jusqu’à épouser le silence du Driver, l’accompagnant dans des scènes de poursuite courtes mais efficaces, et aussi brutales que la violence de certaines scènes du film. Tous ces différents détails contribuent à pleinement caractériser les personnages, ce qu’ils ressentent, ce qu’ils respirent, ce qu’ils touchent, ce qu’ils entendent, ce qu’ils pensent... Nicolas Winding Refn fait partie de ces réalisateurs rares, comme Tarantino ou Oliver Stone (il fût un temps), qui rendent, au final, une œuvre palpable et organique où chaque expression de la part de Ryan Goseling et Carey Mulligan viennent transpercer ce grand rectangle blanc qui nous sépare d’eux pour nous allez tout droit en plein cœur et où en même temps chaque coup porté (fusil, marteau, couteaux...) font méchamment mal !
La lumière tout aussi travaillée fait partie intégrante de la narration et de la composition du cadre. Plongeant parfois une partie du visage du driver dans une pénombre symbolisant sa part obscure et ne le laissant apparaitre en pleine lumière qu’en présence d’Irene, miroir de ce qu’il y a de meilleur en lui. La bande-son est aussi un point sur lequel Drive mise tout particulièrement puisqu’elle est toujours en adéquation totale avec les personnages et plus précisément celui du Driver. Chaque morceau composé par Cliff Martinez ou repris de groupes comme Kavinsky ne sont jamais présent pour uniquement qu’accompagner les scènes, mais bien pour être constamment au service de la narration. Un peu comme Star-Wars ou plus récemment Tron où la bande-son joue un rôle vraiment à part entière, ce qui conforte encore plus l'œuvre dans son statut de « Film complet ».
Conclusion :
Générique rose bonbon sur fond de musique rétro, Drive, c’est un peu une rencontre incongrue organisée par James Gray (même si celui-ci reste le « Maître » en matière de dramaturgie), entre Le Transporteur et Sofia Coppola. Vrai film de genre à part expérimental, contemplatif, complet et malheureusement trop parfait durant sa première partie pour ensuite perdre un peu de sa superbe lors du deuxième acte, Nicolas Winding Refn rentre (à coup de marteau) malgré tout dans la cour des grands. Il n’y a plus qu’à confirmer.
Introduction : A chaque nouveau projet de J.J Abrams, les cinéphiles un tant soit peu fan du bonhomme y voit mystères et secrets bien gardés, devenant ainsi pour certains une espèce de chasse à celui qui trouvera ou décèlera le maximum d'info. C'est surtout depuis LOST et Cloverfield que le créateur et réalisateur arrive à cultiver comme personne LE mystère. Un gage de qualité proprement unique et surtout pratique, car personne où presque n'arrive à y voir l'ombre de quoi que ce soit avant de s'être installé confortablement dans son siège jusqu'au générique de fin. Cette faculté qu'a J.J Abrams pour cultiver son mystère lui permet aussi de gagner une confiance absolue auprès des producteurs avec lesquels il bosse, mais aussi du public. Là ou les studios mettent la pression sur les monteurs de bandes-annonces : « plus on en montre et plus on ramènera du public », Abrams, lui, prend le chemin inverse et préfère « gagner » son public en l'invitant à prendre totalement part à son Mystère, sans rien lui dévoiler ou presque. Avec SUPER 8, il est clair que l'association Abrams / Spielberg en a fait fantasmer plus d'un. Déjà, parce que les intentions premières de cette nouvelle association visent à rendre hommage aux films de genres (aventures, SF, fantastique) des années 80, mais c'est surtout que ce duo se trouve être parfaitement complémentaire. L'un s'occupe de cultiver le secret tandis que l'autre amène sa magie pour le dévoiler. Arrivé en gare, ça donne quoi ?
Abrams coincé sur l'île : « Il manque quelque chose ». C'est un peu la première chose qui nous vient à l'esprit lorsqu'arrive le générique de fin (assez fun) de Super 8. La comparaison avec le cinéma de M.Night Shyamalan (véritable fils spirituel d'Hitchcock et de Steven Spielberg, LUI) est pour le coup assez évidente, car malgré tout l'amour que j'ai pour le créateur de LOST (étant fan de la série), cela me fait mal de le dire, mais le Monsieur n'est pas un conteur. Du moins pas encore au cinéma et reste pour le moment un excellent technicien jusqu'ici. Shyamalan doit surement être le dernier vrai conteur que le cinéma a connu. Il savait (avant qu'il ne se perde petit à petit) combiner habilement un vrai cinéma de genres (fantastique, SF, horrifique) avec des thématiques qui lui sont propres, mais il arrivait surtout par le biais de plans et de mise en scène simple de prime à bord, mais toute remplie de symboles, car extrêmement bien travaillé à rendre ses personnages et ses histoires uniques et magiques que les spectateurs finissaient par découvrir et « accepter » (ou pas) de manière crescendo. Abrams lui à besoin d'explosions, besoins que ça casse de partout et c'est justement là que la limite du réalisateur se fait ressentir. Là où Shyamalan n'avait besoin que de très peu d'effets spéciaux pour mettre en scène ses histoires, Abrams privilégie les effets graphiques, certes visuellement excellents, mais qui n'apportent rien à l'histoire qu'il veut nous conter. Pire, ces éléments n'apportent finalement aucune magie, laissant l'imaginaire du spectateur complètement bridé à l'image de la révélation du monstre. Même une fois la grosse bébête révélée, rien ne vient nous émerveiller comme si un vague sentiment de déjà-vu cruel se faisait ressentir. Le plus dommageable étant qu'Abrams « règle » la situation avec celle-ci en seulement 2 minutes. Car effectivement, ceux qui pensaient à un quelconque lien d'amitié à la E.T entre la créature et la bande de Joe Lamb resteront sur le carreau. Alors on se dit OK, la « pirouette » ou la clef du mystère n'est pas ici, alors on attend... Jusqu'à cette fin magnifique, mais hélas complètement tronqué. D'une part, parce qu'elle est trop courte et d'autre part parce qu'Abrams la symbolise avec un élément scénaristique qu'il a effectivement pris le soin de mettre en évidence, mais qu'il n'a (à mon sens) pas assez exploité. Pourtant, Dieu sait que cette fin est vraiment somptueuse, mais tout ceci est purement et simplement un problème d'écriture. Pourquoi le personnage du père de Joe interprété par (le génialissime Coach Taylor) Kyle Chandler se voit quasiment oublié en court de route ?
Cela dit, ne nous méprenons pas sur la sincérité de Super 8. La preuve d'amour de J.J Abrams pour Steven Spielberg et le cinéma d'antan est respecté et bien présente. Le film est vraiment loin d'être désagréable, se regarde sans déplaisir et fait même passer un bon moment. Cela dit, il n'apporte pas non plus une « plus value » au genre. L'attente n'est simplement pas à la hauteur du mystère qu'a une fois de plus mis en place Abrams autour et tout au long de son film.
Réalisation : Sur le plan technique, SUPER 8 est irréprochable. Le fait d'avoir placé les aventures de Joe et sa bande dans les années 80 confère au film un vrai cachet. Même la photographie dirigée par Larry Fong (directeur photo attitré de Zack Snyder) nous rappel assez bien les mêmes couleurs et les mêmes teintes assez particulières des œuvres de Richard Donner, Spielberg, Zemeckis ou encore Joe Dante à cette même époque. La composition de Michael Giacchino est quant à elle tantôt sublime, tantôt très générique. En faite, on regrette tout simplement de ne pas entendre plus souvent le thème principal (assez joli) parsemé tout le long du film. Lorsque l'on sait de quoi ce compositeur est capable (surtout pour son travail colossal sur LOST), on ne peut se contenter de si peu.
Conclusion : Le vrai problème de SUPER 8 n'est surement pas qu'Abrams puisse souffrir de la comparaison avec son producteur (même si elle sera inévitable pour certain, quoi qu'il arrive) : au contraire, on sent le réalisateur vraiment sincère et honnête, restant conscient qu'il n'y a « qu'un Steven Spielberg ». Non, le vrai problème de SUPER 8, c'est bien son scénario. Pourquoi le choix d'angle de départ pourtant assez explicite sur le deuil de cette famille n'est pas plus « superposé » sur l'histoire du monstre ? Car c'est bien le thème principal de SUPER 8 et le choix d'Abrams (faire au final passer l'histoire du monstre en second plan) et pourtant, à travers les événements que traverse le petit Joe durant tout le métrage, jamais rien ne vient enrichir et faire écho à cette thématique pourtant assez forte et palpable qu'on n'arrive jamais vraiment à toucher. L'introduction du film et sa fin doivent être les seules séquences les plus fortes émotionnellement, de même que les petites scènes intimistes assez touchantes entre Elle Fanning et Joel Courtney. Le réalisateur manque tout simplement le coche et le plus important, celui d'arriver à totalement nous faire « croire » et nous faire rêver à nouveau. A moins qu'une partie de nous même ne devienne trop vite adulte au fil des années ?
Madealone vous présente une toute nouvelle section qui
vise à réaliser un portrait unique sur les représentants du monde du
cinéma que ce soit des réalisateurs, des producteurs, des monteurs où
même des directeurs de cascades.
PREMIÈRE PARTIE (45min)
Introduction :
D'abord réalisateur de spots publicitaires où il a notamment été
récompensé lors de prestigieuses cérémonies international (la campagne
de publicité pour la Citroën Xsara avec Claudia Schiffer c'était lui),
Louis-Couvelaire passe brièvement par la case cinéma avec SUEUR en 2001
produit par Samuel Hadida et Michel Vaillant en 2003 produit par Luc
Besson.
L'ayant découvert au cinéma à travers la réalisation de son deuxième
long-métrage quand j'avais 16ans, Louis-Pascal Couvelaire était pour moi
non seulement un réalisateur sur qui il fallait obligatoirement compter
dans l'industrie du cinéma français mais il fait aussi parti des
réalisateurs qui m'ont beaucoup influencé autant dans le domaine
technique/visuel que purement artistique. C'est 8ans plus tard, tel un
rêve d'enfant qui se réalise que mon équipe et moi même eu le privilège
de partir à la rencontre du réalisateur à l'occasion de la sortie de son
premier documentaire, "L'oiseau Blanc".
- Présentation de "L'oiseau Blanc" (12min)
- Avant de devenir réalisateur...
- Rétrospective sur la jeune carrière du réalisateur au cinéma.
- Les raisons de son absence au cinéma après SUEUR et Michel Vaillant.
- Sa vision sur le cinéma d'aujourd'hui.
- Son avis sur les dernières technologies.
- Son premier documentaire historique.
- Ses futurs projets cinématographiques.
...
Une interview fleuve d'1h20 env. sans langue de bois d'un homme passionné et passionnant.
Portrait réalisé par Vincent N.Van
Images : Carole Nouchi, Kévin Olivereau et Vincent N.Van
Montage : Madealone
Photographe de plateau et affiche Laurene Berchoteau
Fiche technique Réalisateur : Michael Bay Avec :Shia Labeouf, Rosie Huntington-whiteley, Tyrese Gibson, John Malkovich Transformers: Dark Of The Moon Science Fiction, U.s.a (2011), 153 minutes Sortie le 29/06/2011
SynopsisUn
événement mystérieux lié à notre passé éclate au grand jour. C'est la
guerre qui menace aujourd'hui notre Terre; une guerre d'une telle
ampleur que l'aide des Transformers pourrait, cette fois, ne pas suffire
à nous sauver. Introduction :
Qu’il est difficile de placer Michael Bay au sein d’une conversation
entre cinéphiles. Après avoir entendu des noms comme Spielberg, Jackson
ou Fincher, dire qu’on apprécie le cinéma de Michael Bay viendrait
presque à tenter d’expliquer tant bien que mal nos différentes positions
politiques. Pour certains, il représente la maitrise quasi parfaite du
cinéma de divertissement éstivale et pour d’autre, le mal absolu, gamin
immature à qui les producteurs s’amusent à confier des sommes de pognons
considérables (sachant pertinemment, malgré la qualité des scénarios,
l’excellent retour sur investissement), celui qui n’est bon qu’à être
ranger sur une étagère aux côtés des Stephen Sommers, Roland Emmerich,
j’en passe et des meilleurs. Pourtant, Michael Bay est quoi qu’on en
dise bien plus que cela, pour le pire, mais au final, toujours pour le
meilleur.
Bay Touch :
Il est d’abord l’un des rares réalisateurs à n’avoir essuyé aucun échec
artistique ni même financier depuis maintenant 16 ans (même The island -
qui reste sa moins bonne rentabilité - passe aisément la barre du
million de spectateurs en France), arrivant toujours à mettre en place
le bon projet, au bon moment. L’un des rares réalisateurs à immortaliser
ses acteurs ainsi que chaque plan, les rendant iconiques comme personne
; Nicolas Cage à genoux sur les toits d’Alcatraz, Bruce Willis se
sacrifiant pour sauver le monde, les couchés de soleils, les explosions,
les longs travelings au ralenti après les efforts titanesques et
sur-humain de ses héros... Ces éléments parmi tant d’autres seraient
pour ainsi dire LE cinéma à travers le regard unique d’un petit mioche
surdoué dans son domaine qui s’amuse comme quand il avait 10 ans.
Toujours à inaugurer les derniers SFX et effets pyrotechniques, c’est en
véritable faiseur unique et artificier que Michael Bay se distingue par
rapport aux autres réalisateurs de films de divertissements. A chaque
nouvelle oeuvre, le metteur en scène de 47 ans pousse encore plus loin
les limites de tout ce qui a été fait, vu et vécu dans le domaine des
séquences d’actions à grand spectacle, contraignant ainsi les autres
réalisateurs à se sortir les doigts du cul pour qui voudra / osera allez
encore plus loin que lui. Tisser un portrait du petit Benjamin Bay
n’est pas chose aisée. On le présente chaque fois comme un soldat
investi d’une mission qui sur un tournage ne fait aucun cadeau à son
équipe, ni à ses comédiens : toujours vif, toujours dans l’excès à
l’image de sa filmographie placée sous le signe d’un véritable boucan
sorti tout droit des enfers. En film méprisant, ne respectant
pratiquement rien, Bad Boys 2 pourrait être le film qui résume
parfaitement bien l’image que véhicule le réalisateur dans le monde.
Parfois tendancieux envers la gente féminine, ultra patriotique (mais
honnêtement, ça, on s’y est fait et c’est plutôt drôle, au final),
l’homme pour qui il est tout à fait normale et crédible que Shia Leboeuf
ce tape Megan Fox ou Rosie Huntington-Whiteley, l’homme pour qui le
dollar et la rentabilité sont des choses plus importantes que la
réflexion signe avec Transformers 3 l’apothéose de SON cinéma qui
rassemble toujours autant d’admirateurs, que de profonds détracteurs.
Réalisation :
Avec cette Face cachée de la lune, il nous tardait de savoir si Bay
allait enfin (re)trouver un juste équilibre. Après nous avoir empiffré
avec Transformers 2 à cause d’une mauvaise gestion de rythme (nous y
reviendrons plus tard), c’est justement l’occasion pour le metteur en
scène fou de corriger quelques éléments au risque de faire passer ce
3ème volet pour l’épisode de trop.
Un deuxième volet que Michael Bay ainsi qu’une grande partie de son
équipe admet avoir raté à cause de la grève des scénaristes poussant le
metteur en scène à fignoler lui-même une partie du scénario. Ce
troisième volet tient ses promesses, car bien plus sombre et plus
incisif d’abord, à l’image de l’aspect physique des robots. Les rayures
ainsi que certaines pièces manquantes sur leurs carlingues une fois
transformées représentent les blessures visibles d’une guerre qui dure
depuis trop longtemps. Le « sang » qu’ils crachent lors de leurs
affrontements les rendent encore plus organiques et expressifs que
jamais. Leurs attitudes sont aussi plus violentes, comme cette scène où
Optimus balance un violent « crève ! » en pleine face avant de
déchiqueter un des Decepticons. On sent bien à travers ces détails une
évolution plus mature de l’univers de la franchise, si bien que l’on se
demande encore pourquoi Bay s’entête encore avec certaines scènes de
comédies inutiles qui ne fait qu’alourdir le récit. Heureusement,
Transformers 3 s’avère mieux équilibré que le deuxième volet. Hormis
l’énorme raccourci scénaristique déjà bien connu de Transformers 2, son
autre principal souci était d’avoir adopté un espèce de rythme bâtard.
En effet, au lieu de gérer ses séquences d’actions comme il l’avait fait
dans le premier volet, Bay choisit de plaquer couche par couche. Un
paté d’exposition, un paté d’action. Alors que dans ce troisième opus,
il a l’intéligence de parsemer ici et là durant la première heure et
quart ces séquences d’action pour ainsi finir en apothéose avec pas loin
de 80min d’action non-stop, MAIS entre coupé de minisegments bien
distinct. Ce qui confère à ce volet un rythme beaucoup plus soutenu,
mais moins étouffant, car le tempo est mieux géré et espacé.
Grandement aidé par l’architecture de son Chicago en ruine, la mise en
scène de Michael Bay se révèle être des plus vertigineuses, car
exploitant au maximum les espaces qui lui est possible d’occuper,
préférant les plans larges afin de magnifier les magnifiques SFX d’ILM.
Comme pour la séquence finale du premier volet, ce Transformers 3 marche
bien sur les pas d’un certain Black Hawk Down. Michael Bay n’épargne
rien n’y personne. La séquence de l’immeuble qui reste probablement la
plus impressionnante techniquement mais aussi logistiquement parlant,
transforme le métrage en l’espace de 10min en un vrai film catastrophe
complètement dingue. Les humains se font jeter, désintégrer, les
autobots en chient comme jamais et le tout est magnifié par des
mouvements de caméra en 3D souple, lisible et parfaitement fluide.
Parlons-en de la 3D, car comme vous le savez, pour ceux qui suivent
régulièrement nos critiques, le rédacteur de ses lignes milite encore
pour que les cinémas n’imposent pas aux spectateurs les films en 3D afin
de pouvoir au moins avoir le choix. Or il se trouve que Transformers 3
doit en grande partie sa réussite à la 3D, une 3D qui se révèle
complètement ahurissante, astucieuse et impeccablement bien utilisée.
Certaines séquences comme l’introduction sur Cybertron, le vol plané des
soldats à travers les immeubles, toutes les particules d’explosions, de
cendres, d’éclats de verre ou de gravas nous arrivent bien en pleine
poire. Michael Bay nous fait vivre bien plus qu’une simple expérience de
son cinéma, il nous la fait considérablement partager avec ses héros.
Jamais le procédé ne vient trahir sa mise en scène, au contraire : Bay
se voit être contraint de considérablement l’adapter pour que les effets
puissent être correctement appréciés. Convertir la franchise à la 3D
était en fin de compte assez logique puisque l’univers s’y prête
complètement. Les robots n’ont jamais paru aussi grands, les séquences
d’actions sont encore mieux découpées avec des plans beaucoup plus longs
laissant place à des délires visuels inédits et assez jouissifs, comme
ce bureau et ses tonnes de papiers qui tombent sur la tête de Shockwave.
A partir de là, Bay enterre une fois de plus la concurrence, mettant à
genoux le bébé de Cameron qui, par ailleurs, lui a rendu une visite de
courtoisie lors de la première du film afin de le féliciter (comprenez
derrière, de s’avouer vaincu).
On parle aussi beaucoup des deux plans repris de la séquence de
l’autoroute de The Island, or il s’avère que sur le tournage, il eut un
accident particulièrement grave d’une automobiliste situé près de la
cascade en question. Par respect pour la victime, la Paramount et Bay
ont choisi de ne pas utiliser ces fameux plans.
Même s’il reprend quelques intrus déjà présentent dans les deux premiers
volets, la bande originale de Steve Jablonsky s’avère être une fois de
plus une vraie réussite. « It’s Our fight » dégage une véritable
puissance épique, dramatique, accompagnant les autobots dans ce qui sera
pour certains leur dernière et ultime bataille. « There Is No Plan »
joue sur la fibre nostalgique des fans qui reprend l’un des thèmes
principal de la franchise, sur un rythme beaucoup plus lent, rappelant
bien évidemment la séquence de l’arrivé des autobots sur terre dans le
premier volet. Encore une fois, il faudra remercier Newton et Zimmer
pour avoir composé ensemble la bande originale de The Dark Knight qui
reste une vraie référence en matière de partition musicale. Il est vrai
que Jablonsky s’amuse un peu à pomper les longues notes lourdes et
pesantes du Chevalier noir, mais qu’importe, il le fait très bien.
Conclusion :
Ce 3ème opus est bien le volet le plus équilibré de cette trilogie. La
narration trouve une stabilité presque parfaite entre séquences
d’actions et d’expositions, même si encore une fois, pas mal de scènes
de comédies auraient pu être purement et simplement supprimées. Avec le
recul, c’est un peu tout le problème de cette franchise : si seulement
Michael Bay en avait fini avec ses tics d’enfants mal élevés, le bilan
n’en serait que meilleur pour Transformers. Hélas, les films sont tels
qu’ils sont, mais on ne peut s’empêcher de penser quel autre visage
cette franchise aurait pu avoir. De même que l’absence de Megan Fox. Non
pas que Rosie Huntington joue mal (elle rempli parfaitement bien son
rôle de personnage féminin « Bayien »), mais les ressorts dramatiques
liés au couple Sam/Carly paraissent du coup assez factices.
Si Michael Bay dit en avoir fini avec Transformers, il nous tarde
vraiment de savoir ce qu’il prépare par la suite, mais aussi et surtout
de savoir jusqu’où ce type peut encore aller. Transformers était pour
ainsi dire la quintessence de toute sa maîtrise en matière de création
et d’action pure, prouvant une fois de plus qu’il n’existe tout
bonnement aucune limite, aucune frontière ni aucun obstacle pour ce
réalisateur décidément à part. On l’aime parce que malgré ses mimiques
d’enfant gâté toujours aussi grasses, sans aucune pointe de finesse et
son ultra patriotisme, il est bien le seul à réussir à repousser
toujours plus loin le divertissement estival. Le seul à nous procurer
des sensations fortes nouvelles, toujours plus folles. A une fois de
plus magnifier ses personnages aux travers de séquences extraordinaires,
de morceaux de bravoures unique, voir orgasmique ! En tirant vers le
haut tous les autres réalisateurs qui essaient tant bien que mal de lui
arriver à la cheville sur son terrain, Bay influence toujours plus
considérablement l’industrie du 7ème art (Nolan & Cameron le
reconnaissent eux-mêmes), jusqu’à être encore à l’heure d'aujourd’hui,
LE véritable maitre artificier d’un cinéma d’action bourrin totalement
assumé et décomplexé.
Fiche technique Réalisateur : Matthew Vaughn Avec : James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon X-Men First Class Science fiction , Action U.s.a (2009), 130 minutes Sortie le 01/06/2011
Introduction : toute une époque : A
une époque où internet n’en était encore qu’à ses balbutiements, à une
époque où la plupart d’entre nous trainait encore des pieds une
connexion internet en 56k, le cinéma de divertissement lui, connut un
tournant grâce à deux grosses franchises. En 1999 sortait Matrix, œuvre
tout simplement révolutionnaire qu’on le veuille ou non. Les Wachowski
ont purement et simplement « actualisé » le cinéma de divertissement
moderne et pratiquement au même moment, la franchise X-men voit le jour.
Bryan
Singer, fils prodigue, « Elève doué » d’Hollywood a environ 35ans (même
année de naissance que Larry/Lana Wachowski) et sera lui aussi l’auteur
d’une franchise qui sera à l’origine de pratiquement tout un tas de
petits changements dans le monde estival du 7ème art. J’avais
13ans quand j’ai découvert le teaser d’X-men, c’était dans le fameux CD
fourni avec le mag Ciné-live (à l’époque où c’était un bon magasine de
cinéma aussi). A 13ans quand on est face à ça, après avoir vu et vécu
Matrix et X-men premier du nom dans une salle de cinéma, à la sortie on
se dit qu’émotionnellement jamais rien ne sera aussi fort quoi qu’il
arrive par la suite. 11ans après, Marvel Studios est à l’origine de pas
moins de 20 adaptations (sans compter celles des années 70-90). Toujours
imité, mais jamais égalé, chaque adaptation de comics présentes des
caractères similaires bien visibles à commencer par une structure
narrative toujours sensiblement proche de celle que Singer avait rédigée
en 2000 pour l’adaptation du premier X-men. Les producteurs d’Hollywood
ont désormais trouvé l’un des filons les plus exploitables et juteux
pour l’industrie du cinéma et c’est Matthew Vaughn par ailleurs
producteur de son état qui s’occupe de nous faire le reboot de la
franchise. Après un ultime volet venu clôturer la première trilogie
lancée par Singer, X-men 3 l’affrontement final laissa un goût assez
amer dans la bouche des fans et ce malgré un gros succès au box-office.
Ce qu’il faut savoir c’est que Matthew Vaughn était pressenti au départ
pour réaliser ce troisième volet, car Bryan Singer avait purement et
simplement abandonné ses bébés pour un autre coup de cœur, celui de
réaliser son rêve d’enfant, adapter les nouvelles aventures de Superman
avec la Warner. La suite on la connaît tous, le divorce est fait, Singer
ne supervisera même pas le 3ème volet de sa trilogie (ni en
tant que scénariste, ni en tant que producteur), Vaughn tombera en
désaccord complet avec les producteurs durant la pré-production, je cite
: « Je n’avais pas le temps de faire le film que je voulais, à savoir un film aussi bon qu’X-Men 2.
Et je savais que ce n’était pas possible. Ça a été une décision
terrible à prendre au vu de l’opportunité qui m’était faite, mais je ne
voulais pas devenir le gars qui serait accusé de faire un mauvais X-Men. J’aurais pu faire quelque chose de cent fois mieux que ce qui a été fait. Ça paraît arrogant, mais je le crois vraiment. J’avais tout storyboardé. Mon X-men 3 aurait
duré quarante minutes de plus. Ils n’ont pas laissé de place aux
émotions et à la dramaturgie dans ce film, qui n’est qu’un bruyant
enfilage de séquences ».Fin
de citation. Après un coup de gueule pareil, les fans ainsi que toute
la maison mère de la Fox attendent de voir de pied ferme ce que vaut
réellement le producteur/réalisateur britannique aux commandes du
premier épisode qui annonce donc une toute nouvelle tournure.
X-men Reloaded : Retour
sur les origines de Charles Xavier et Erik Lehnsherr avec s’il vous
plait le come-back du fils prodigue Bryan Singer qui revient filer un
coup de plume à cette nouvelle entreprise. Officiant
à la base comme producteur sur les films de Guy Ritchie depuis
Arnaques, crimes et botanique, Matthew Vaughn commença seulement en tant
que réalisateur en 2004 sur l’excellent polar british Layer Cake. Si
pour sa première réalisation pas mal de personnes ne voyaient en lui
qu’une espèce de « Guy Ritchie’s bis » force est de constater que le
type ne cesse de s’améliorer film après film. Les thèmes sociaux
et politiques sont toujours au cœur de l’histoire, là où Vaughn est
intelligent c’est qu’il arrive parfaitement bien à ancrer et situer ses
personnages au milieu. Par ailleurs, le film à l’intelligence de se
placer et de commencer sur la même séquence d’introduction que celle du
tout premier volet. Une idée extrêmement bien venue scénaristiquement
parlant, car logique dans le cheminement de cette nouvelle trilogie et
il n’est jamais rare qu’à certains moments Vaughn et Singer nous rappel
certaines périodes des anciens volets à travers les origines de cérébro
par ex, de la future école des mutants ou encore au travers d’un caméo
jouissif d’un autre futur X-men assez hilarant.
On pestera sans
doute sur le mince développement et l’utilisation de quelques
personnages comme Azazel, Riptide ou encore Angel mais qu’importe, la
relation entre Charles Xavier et Erik Lehnsherr est tellement intense
qu’elle porte à elle seule toute la puissance dramaturgique du scénario.
Véritable pierre angulaire du récit, ce lien d’amitié qui se créer au
fur et à mesure sonne tellement vraie dans nos cœurs que même en sachant
pertinemment son dénouement final, on ne cesse d’essayer d’imaginer un
meilleur destin pour ces deux magnifiques personnages. Il y a tellement
de séquences poignantes dans ce nouveau volet comme celle de la parabole
ou encore celle du sous-marin qu’Erik fait jaillir de l’eau avec Xavier
juste à ses côtés, canalisant sa colère et son esprit par la pensée…
Bref, ces deux séquences à elles seules portent définitivement ce
nouveau X-men au panthéon des grands films de super héros sans oublier
la déchirante séquence finale dont je terrai purement et simplement les
mots pour ceux qui n’auraient pas encore découvert le film.
Réalisation : Ce
qui est étonnant une fois de plus avec ce nouveau X-men c’est sa
simplicité. Jamais le film n’en fait de trop et ne verse dans une
avalanche de plans inutiles. C’est toujours bien filmé, bien cadré sans
oublier l’atmosphère des années 60 qui fait indéniablement son petit
effet, mais c’est surtout dans l’utilisation des pouvoirs de nos héros
que Vaughn sublime sa réal à l’image de toute la séquence située dans le
château du général russe assiégé par Erik et Xavier. Cette séquence
comme toutes celles ou ces deux personnages sont ensemble atteignent
purement et simplement des sommets épiques grandement servis par un
casting tout juste parfait. Kévin Bacon qui se fait toujours trop rare à
l’écran campe le grand méchant du film tout en retenue, en sobriété
évitant le cabotinage non-stop. Ses hommes de main que sont Riptide et
Azazel (incarné par un Jason Flemyng méconnaissable) sont quant à eux à
peine exploités aux côtés de la ravissante Emma Frost incarnée par
January Jones, étincelante en revanche ! Jennifer Lawrence
(Raven/Mystique) et Nicholas Hoult (Le Fauve) qui a bien grandi depuis
Pour un Garçon incarne un petit couple vraiment attachant. Rose Byrne et
Oliver Platt (lui aussi trop rare) en agents de la CIA, classique mais
très bon dans leurs registres. Les jeunes nouvelles recrues que sont
Havok et Le Hurleur s’avèrent être fun et assez sympathiques. Enfin pour
finir, James McAvoy (Charles Xavier) dont c’est le deuxième film
estival après Narnia et Wanted jouit d’une excellente interprétation en
la présence de Michael Fassbender (Erik Lehnsherr) déjà aperçu dans
l’insupportable Eden Lake. L’un ne va clairement pas sans l’autre, leurs
premières rencontres est juste magistrales et même si la réussite de
First Class est un tout, l’intensité de leurs personnages porte
néanmoins une grande partie de la réussite du film sur leurs épaules.
C’est du côté des SFX en revanche que tout n’est pas particulièrement
au point. Quelques incrustes sur fonds verts font un peu la tronche et
parfois certains maquillages comme celui du Fauve s’avèrent être
étrangement raté. Le film oscille effectivement entre le bon et le moins
bon de ce côté-là, mais qu’importe, au finale puisque paradoxalement
cette fois-ci ce n’est pas forcément durant les séquences à grand
spectacle que se situe le véritable plaisir de ce nouveau X-men mais
beaucoup plus dans les séquences intimistes entre les personnages.
Conclusion : Si
dans le temps certaines personnes trouvaient Singer parfois radin sur
ses scènes d’action, n’espérer clairement pas en trouver davantage dans
First Class. Véritable film de personnages avant tout le reste, l’œuvre
repose avant tout sur la merveilleuse et intense relation entre Xavier
et Erik. A travers cette relation née une vraie preuve d’amour que
Matthew Vaughn choisit de rendre à X-men. Si le producteur/réalisateur
est effectivement épaulé par Bryan Singer à l’écriture, on ne cesse tout
de même de ressentir à travers chaque minute du film l’attention si
particulière qu’il porte pour cet univers de super héros qu’il aime tant
et qu’il a tant voulu faire depuis longtemps.
Madealone est un groupe composé de monteurs, d'auteurs, réalisateurs et photographes passionnés de cinéma. A travers notre blog vous découvrirez nos "avis à chaud" sur les films du moments, nos projets cinématographique...
FONDATEURS du groupe : Kévin Olivereau / Vincent N.Van
Membres de l'équipe : Carole Nouchi / Mickael Vis / Laurene Berchoteau.
Fonctions des membres : Vincent N.Van > auteur/réalisateur/monteur Kévin Olivereau > réalisateur/monteur Carole Nouchi > auteur/réalisatrice/monteuse Mickael Vis > réalisateur/monteur Laurene Berchoteau > photographe