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Avis à chaud (Cinéma)

 

 

 

Hot Fuel composé par Nathan Furst

 

Introduction :

 

A vue de nez « ça sent pas bon » comme dirait l’autre. Puis on ne va pas se mentir (pas entre nous, jamais) mais le choix d’Electronic Arts qui fût celui d’adapter Need For Speed sur grand écran tenait plus de la grosse blague qu’autre chose. Après l’annonce officielle ainsi qu’une date de sortie fixée naît forcément par la suite une curiosité mal placée. Mal placé dans le sens où l’on tenait tous à être là, « témoin de la chose ». Devenant d’un seul coup adepte du sado-masochiste cinéphilique. Un peu comme faire la démarche d’aller voir un Paul W. S. Anderson : « on sait que c’est pourri ou que ça risque de l’être mais on y va quand même ». Au pire on dira être « agréablement surpris » à l’arrivée.

Et si Need for speed pourrait bien être à l’heure d’aujourd’hui la meilleure adaptation de jeu-vidéo au cinéma ?

De base, c'est quand même un bourbier :

Malgré le fait que ce projet soit l’adaptation d’un jeu vidéo mondialement connu de tous (même de votre grand-mère, celle qui vous en a gentiment offert un pour Noël ou votre anniversaire), rien n’aide ou n’a vraiment aidé ce projet. Pour commencer, on parle quand même juste d’un jeu ou le plaisir du joueur réside dans des courses, des poursuites entre concurrents et flics rien de plus. Pas de scénarios exception faite de The Run dont cette adaptation reprend (un peu) l’idée principale. Pas de matières un tant soient peu  consistantes ou originales de prime à bord. NFS ce n'est pas encore Metal Gear ni Last of Us c’est juste un jeu de caisse ! Alors certes la série a toujours possédé sa propre identité mais de là à vouloir en faire un film... Puis le souci c’est que cette identité fait légèrement écho à une autre franchise cinématographique qui n’a jamais autant raflé à chaque nouveaux volets, je veux bien sûr parler de Fast & Furious

On se dit donc : « à quoi bon ? ».

Non seulement le projet risque de se casser la gueule comme presque toutes les licences de jeux vidéo adaptés au cinéma (oui presque, j’ai bien aimé Doom moi), mais en plus ça risque de faire doublure voir même un peu tâche tant la franchise des F&F à l’air d’aller de plus en plus loin, enchaînant qui plus est succès après succès et bonnes idées. Que ce soit au niveau de son casting (la franchise a l’air de s’orienter vers un délire à la Expendables), du choix des producteurs d’avoir embauché James Wan pour le prochain épisode, que des scènes d’action toujours plus hallucinantes. NFS lui, doit donc difficilement faire ses preuves auprès des joueurs en ayant la lourde tâche de balayer leurs appréhensions (toujours frileux de probablement assister à une licence de plus flinguer par le 7ème art), de ceux qui ne voient pas l’intérêt de faire une pâle copie de F&F et le tout avec aucune tête d’affiche un tant soit peu bankable ! Pas étonnant que le film fût un semi-échec aux États-Unis en plus du faite que la version 3D du film soit visiblement imposé par le distributeur (je ne sais pas pour vous mais je n’ai pas eu le choix que de le voir en 3D). Puis on n'a absolument rien contre Aaron Paul bien au contraire, on l’aime bien le type. Mais le balancer au beau milieu de ce bourbier en espérant que la star de Breaking Bad fasse des entrées sans aucunes véritables têtes d'affiche à ses côtés, c’est quand même suicidaire

C’est ainsi que plusieurs suppositions viennent à nous. Soit les producteurs en ont une grosse paire en s’imaginant que s’appuyer uniquement sur la licence NFS suffirait, soit ils eurent suffisamment confiance en eux, voyant en Scott Waugh et son équipe de vrai et véritables intentions de bien faire.

Et pourquoi pas tout ça en même temps ?

NFS World :

Car qui aurait pu imaginer une seule seconde qu’un grand directeur de cascade de son état (pour qui NFS est seulement son deuxième long-métrage) puisse arriver à transcender le peu de substance mise à disposition afin de réaliser un excellent divertissement à l’arrivée ?

Les 15 ou 20 premières minutes font indéniablement penser au premier volet de F&F. Introduction des personnages dans un garage, rodéo de nuit... Cela dit, ici il n'y rap, ni dubstep et encore moins de nanas short « ras la moule » faisant de la drague aux pilotes. Première différence notable, le ton du film. L’univers de Need For Speed dépeint de jeunes et beaux pilotes à la petite gueule d’ange sympa. Quand l’un détient « le petit garage du coin » de papa qui est décédé, l’autre dirige celui de « la grande ville » et est plus confort (du moins c’est ce qu’il prétend). Bref, pas de vannes ou presque. On se respecte, on reste gentleman en toutes circonstances, même avec le mec qui vous a piqué votre ex ! Clairement à partir de là Need For Speed prend le risque de jouer dans sa propre catégorie. Vous n’aurez pas de plans sur des muscles luisant après 3-4 mandales, les mecs ne se baladeront pas torse poils en marcel blanc pour vous montrer qu’ils ont bien taffé à la salle de muscu, la gente féminine du film est toujours belle, quasi innocente et respectée... Eh non, on n'est pourtant pas dans un Disney.

De l’univers de NFS, Scott Waugh et John Gatins (auteur du scénario) récupèrent aussi la trame de The Run.

Need For Speed The Run sorti en 2011

Épisode sorti en 2011, The Run mettait en scène Jack Rourke. Un pilote en fuite qui devait rallier San Francisco – New York, traversant chaque itinéraire tous plus dangereux les uns que les autres aux côtés des flics et autres coureurs. Ce premier volet faisait la part belle aux différents décors que pouvait traverser le joueur. Centres villes, montages, Grands canyons... Les paysages étaient tous somptueux, servi par une ambiance et une immersion très cinématographique notamment aussi grâce à une bande-son cohérente car constamment au service de la mise en scène (les morceaux étaient soigneusement choisis en fonction des décors puis des événements que l’on traversait). Même si à l’arrivée le premier vrai scénario tant promis par les développeurs d’EA BlackBox tenait plus du pétard mouillé qu’autre chose, The Run reste néanmoins le volet qui se rapproche le plus de l’adaptation de ce Need For Speed au cinéma. En effet, Tobbey Marshall incarné ici par Aaron Paul devra lui aussi traverser les États-Unis le plus vite possible pour participer à la mythique « De leon ». Une course illégale organisée par un homme se faisant appeler « Monarch » (incarné par Michael Keaton). Tobey Marshall espère ainsi y retrouver Dino Brewster, l’homme responsable de son incarcération suite à une course qui a mal tourné.

Scott Waugh, l'homme pour qui tout est possible ou presque.

Alors autant on peut se poser quelques questions au début mais on se laisse (étrangement) très facilement emporté au fur et à mesure du temps qui passe. En parlant de temps, j’ai été surpris d’apprendre que le métrage durait 2h10 (!). Là où l’on s’attendait tous à plutôt voir un directo/vidéo d’1h30 « emballé et vite expédié », sachez qu’au contraire Scott Waugh et John Gatins décide clairement de prendre leurs temps afin de poser puis de définir clairement cet univers, l’histoire et les personnages qui le compose. Même si ça reste simple et qu’un sentiment de « déjà-vu » vous traversera sans doute plus d’une fois, bah ça fonctionne. En tout cas ça l’a été pour moi.

On est pris au jeu (hum), attendant patiemment les séquences d’actions qui viendront se greffer au Run de Tobey Marshall pour voir comment toute cette mixture va prendre.

Réalisation :

S'il y a bien un secteur sur lequel cette adaptation fût attendu au tournant (hum) c’est bien sûr sa réalisation. On attendait avec Need For Speed des courses ou des scènes de poursuite au moins tout aussi sympathique que sur F&F. C’est d’ailleurs pour ça qu’on se déplace principalement non ? Rassurées aussi sur ce point, les scènes de courses sont vraiment bien orchestrées et impressionnantes de réalisme. Scott Waugh tenait absolument à réaliser toutes les cascades en live, à l’ancienne sans SFX et ça se voit. Un crédit supplémentaire à apporté à l’ensemble du projet. C’est lisible, pas sur-découpé et monté à la hache, certaines scènes d’action regorgent de petites astuces bien venues comme l’ajout d'une go-pro pour un shoot a priori impossible pour une caméra de plus grande taille. La sensation de vitesse est vraiment très naturelle, ça va vite, très vite ! Il serait aussi intéressant de savoir comment certains accidents ont pu être réalisés tant l'impression de réalisme s'avère être bluffant. Les acteurs ont dû eux aussi passer par une école de pilotage afin de réaliser le maximum de scènes possible jusqu'à ce que Scott Waugh ne décide de passer le relais aux professionnels pour les séquences plus dangereuses.

 

Waugh en profite aussi pour accentuer davantage l’immersion du spectateur en s’inspirant de l’une des idées d’un autre volet de la franchise NFS, la fameuse vue pilote de Shift. Rappelez-vous qu’à l’époque de la sortie du premier volet en 2009, les développeurs de Slightly Studios avaient inauguré une vue cockpit assez inédite. Cette vue à la première personne nous mettait clairement derrière les yeux du pilote où chaque coup de volant puis d’accélérations avait d’un coup une tout autre saveur. Une sensation unique qui était vraiment au rendez-vous. Il est d’ailleurs étrange qu’aucun film du genre ne s’en soit inspiré plus tôt tant cela paraît pourtant évident.

En attendant c’est bien sûr Need For Speed que Waugh décide d’inaugurer puis de repousser un peu plus loin ce procédé. Pas artificiel, les plans de vues intérieurs sont toujours là où il faut et quand il le faut, jamais pour faire (uniquement) du fan service tout comme la présence des flics.

La fameuse vue cockpit

 

Il est vrai qu'ici on est bien loin des délires (certes très fun) d’un F&F comme de voir un tank sur une autoroute écraser de pauvres automobilistes ou encore de voir deux caisses gonflées à mort, trainer un coffre-fort blindé en plein centre-ville. Scott Waugh mise avant tout sur l’apport de ses personnages, gravitant autour d’une histoire simple mais envers laquelle il décide néanmoins de tout miser. C’est sans doute là aussi que le film pourra trouver ses propres limites chez certains spectateurs. Mais pour ma part, je dois vous avouer une fois de plus que j’y ai cru.

Au niveau du casting justement, Ramon Rodriguez (Battle LA, Transformers 2...) et Rami Malek (The Master, Les Amants du Texas...) apportent eux aussi énormément au ton léger et à la bonne humeur qui se dégage de l'ensemble. Grosse mention à Finn interprété par Malek justement qui à lui tout seul offre l'une des scènes les plus jouissives du film. Et ça n'est pas une scène d'action ! Pas de spoiler, c'est un grand moment, je n'en dirais pas plus. Imogen Poots qui tient le rôle féminin principal du film s'avère elle aussi être un gros atout (et une petite révélation pour moi). Impossible de rester insensible face à ce personnage loufoque, légèrement déconnecté de la réalité.

Définitivement amoureux

Certaines séquences n’oublient jamais elles aussi de nous rappeler les mécaniques de gameplay avec lesquels nous sommes habitués à composer en tant que joueur. À l'image de cette scène avec « Benny », incarné par Kid Cudi servant d’ange gardien à Tobey & Julia durant leurs Run. Le pilote pour qui changer d’hélicoptère comme de pompes (le tout en quelques minutes) n’est visiblement pas un souci !

Un son et une composition qui déboîte (hum) :

En plus d’une excellente réalisation, le mixage sonore apporté à l’ensemble est lui aussi particulièrement bien peaufiné. Waugh voulait aussi mettre un point d’honneur sur le réalisme du son sortant de chaque voiture lors des courses. Elles possèdent ainsi leurs propres identités. Les ingénieurs ont apparemment modifié les voitures pour que le son des moteurs puisse être récupérés directement à la prise, nécessitant le moins d’ajouts et de modifications possible en post-prod. Ceux pour qui le son d’une voiture doit impérativement être respecté seront en tout point, satisfait du rendu.

Et en ce qui concerne la bande originale, la plupart d’entre vous (ceux qui me suivent religieusement du moins) commence à savoir que je ne met quasiment jamais une composition originale d’une oeuvre de côté si celle-ci vaut la peine d’être mise en avant. Et il faut bien avouer que celle d'NFS le mérite.

Composé par Nathan Furst, l’instru du film donne, malgré son manque cruel d’originalité, (mais on s’en fout puisque ça marche) un véritable souffle épique durant certaines séquences. Même constat qu’avec le boulot offert par Scott Waugh et son équipe de cascadeurs cité plus haut, on sent ici que les gens veulent bien faire et ça fait toujours plaisir. À partir du moment où une composition s’avère être réfléchi, pensé et orchestré intelligemment et qu’enfin à l’arrivée ça fonctionne, pas besoin d’en faire des caisses (hum). Jamais l’orchestration de Nathan Furst ne fait qu’accompagner les scènes. Il y a ici de vrais choix de composition directement liés au premier degré que dégage parfois le film. « Pete's Death », Crazy Little tart »...chaque morceau s’avère être composés autour d’un thème central très jolie avec une mention spéciale pour « hot Fuel ».

Tendez bien l’oreille, celui-ci se verra divinement propulser pour la toute première fois grâce à un rythme plus rapide, à travers une séquence de bravoure bien sympathique (visiblement sans trucages, ni filet ou presque), mettant en action la splendide Imogen Poots.

Respire un grand coup Imogen

La Gatins’ Touch :

En vérité cela doit être pour ce genre d’attentions que Need for Speed s’avère être un (vrai) bon divertissement et nous met d’emblée de bonne humeur à la vue de son générique de fin. L’envie et la volonté d’aller au bout de ses bonnes idées et de bien faire, tout en évitant simplement de tomber dans l’excès de vitesse (hum). Scott Waugh réalise paradoxalement un film simple pour ne pas dire limite à l’ancienne (même si de nos jours le terme peut parfois être légèrement galvaudé). Certaines personnes pourront toujours pester sur divers points comme l’histoire, les personnages ou certaines situations accusés maladroitement d’être « clichés ». « Maladroitement » oui ! Car s'il y a bien un vent de conneries à bannir en ce moment chez le cinéphile/spectateur c’est bien lorsqu’il commence à parler de « clichés ». Sachez les amis que toute oeuvre de cinéma est composé de « clichés ». C’est comment chacun d’entre vous ira les réceptionner qui fera la différence. Et si vous jugez que Need Fort speed n’est pas suffisamment un bon film pour aller « au-delà » (ce dont vous avez parfaitement le droit), ce serait quand même cruellement dommage pour le coup.

Dommage car Scott Waugh doit bien nous offrir la meilleure adaptation de jeux vidéo au cinéma jamais réalisé jusqu’ici. Toute l’entreprise a été driver (hum, c’est la dernière) par une équipe de personnes qui ont fait le maximum pour rendre un travail bien fait, bien torché, bien ficelé là où ont les attendaient (cascades, scènes d’action, courses-poursuites, univers du jeu) sans jamais se foutre de la gueule du spectateur. À l'inverse d’un Paul W. S. Anderson, Scott Waugh ne se cache pas derrière des artifices outranciers servant uniquement un (faux) plaisir coupable. Pourtant « jeune » réalisateur ( rappelons que NFS est son deuxième film seulement), Waugh ne pallie pas l’absence de tout ce qui compose de près ou de loin une oeuvre de cinéma. Oui le scénario de Need For Speed n’est pas très recherché mais au moins il prend judicieusement le temps pour le poser sans jamais enchaîner maladroitement séquences après séquences.

Ça doit justement être ici que la patte d’un John Gatins se fait sentir. Il règne en effet autour de Need For Speed un « parfum », le même que celui déjà présent sur Real Steel. Le même parfum qui faisait que malgré le faite de voir des robots se foutre sur la gueule, Real Steel était à l’arrivée aux antipodes d’un Transformers, se rapprochant davantage vers les velléités d’un cinéma des années 80’s (voir la critique de Real Steel pour ceux que ça intéresse). Et donc pour les personnes qui se poseraient encore la question, Need For Speed est (à mon sens) effectivement aux antipodes d’un F&F notamment grâce à un ton complètement différent.

John Gatins (Kingpin dans Real Steel) & Aaron Paul

Nommé récemment aux oscars pour Flight, Gatins a d’abord l’intelligence de donner aux scènes d’action de Need For Speed une vraie dramaturgie qui s’inscrit et s’insère parfaitement au sein du récit. Si une scène d’action (ou de courses poursuites) vient pointer le bout de son nez, ce sera toujours pour faire avancer l’histoire, résoudre certains enjeux, développer les personnages etc. Mais il a aussi cette façon de céder naïvement à une sorte d’ultra premier degré, limite à ce que le ton du film soit au bord de la rupture. En gros soit on y croit et on plonge, soit on trouve ça « ringue » et le tout tombe à plat. Là où l’on pensait qu’avec un tel matériel de base les scénaristes de Need For Speed auraient pu céder à un 2nd degré quasi constant, bien conscient que de toute manière « tout ça c’est de la connerie de jeu vidéo adapté sur grand écran », Gatins lui, préfère embrasser son histoire jusqu’au bout pour ainsi pleinement y croire quitte à en assumer les conséquences. D’autres scénaristes à la sensibilité « différente » n’y auraient certainement pas cru une seule seconde !

Dire que le scénario mérite un oscar, faut pas déconner non plus mais preuve à l’appui que Gatins et ses scénaristes ont vraiment tout fait pour rendre le tout un minimum « cohérent » sans jamais prendre le spectateur pour un débile. Ainsi, Scott Waugh ne prend jamais Need for Speed pour ce qu’il n’est pas. À l'inverse d’un Fast & Furious, il n’essai pas d’être à la fois un film policier, puis un film de course puis un film de braquage et un film de baston.

Need For Speed possède bien l’identité du jeu. Une identité propre clairement définie.

Conclusion :

C’est toujours simple mais juste et pour un projet comme celui d’adapter une licence de jeu vidéo comme celle de NFS, c’était foutrement pas gagner d’avance. Les pièges dans lesquels pouvaient tomber le réalisateur et toute son équipe étaient pourtant nombreux et c’était pas si évident de les éviter sans causer des dommages collatéraux. Puis l’humilité avec laquelle cette entreprise a su prendre forme force tout de même le respect.

L’ex-directeur de cascade offre un (vrai) film old-school aux courses-poursuites toutes bien mises en scènes (la caméra embarquée côté conducteur fait vraiment des merveilles). Avec un vrai travail d’orfèvre apporté au réalisme de certaines séquences d'actions ainsi qu'au mixage son, le tout accompagné d'une très bonne composition originale de Nathan Furst.

« Tu sors de la salle, ta passé un bon moment, t’es content ».

Good game Mister Waugh.

N.Van

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News (Cinéma)

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Commençons d'abord par vous souhaitez à tous une bonne et heureuse année 2014. L'équipe Madealone espère être toujours plus actif sur Gameblog.fr en vous proposant toujours plus "d'Avis à chaud" sur les sorties ciné mais pas que ! La section "Avis du jour" pour les films qui mérite d'être ré-évalué où (re)découvert ainsi que des dossiers aussi complet comme ceux qui ont été réalisés pour Dredd et la santé du cinéma de divertissement ou encore sur certains cinéastes le tout, en espérant que cela soit fait de manière juste et avec autant de passion.

 

Mais avant de vous plonger dans notre classement, sachez que les membres de l'équipe Madealone n'ont pas tous vu les mêmes films. Ce ne sont donc uniquement des classements qui ne peuvent être comparés entre eux. Il était aussi important pour nous de faire un classement " top déception" et non un top "daube" de l'année 2013. Certains films auraient été très facile à mettre mais vous constaterez par vous même qu'il est bien plus pertinent de réaliser un "top déception".

 

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         Vincent N.Van

 

---Top 2013---

 

 

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1 - Rush « émotion pure »

Ron Howard m’a probablement fait le plus beau cadeau de 2013 et pourtant, Rush n’aura strictement rien inventé. Sur une année visiblement marquée par l’arrivée de Gravity, accompagné de sa technique « révolutionnaire » de mise en scène enfin ancrée dans la conscience collective des spectateurs (alors qu’elle existe depuis presque 10 ans quand même), c’est dans un « petit film de cinoche » classique que mon coeur a le plus vibré. Vous aurez surement déjà vu son cheminement classique et ultra linéaire ailleurs, ainsi qu’une mise en scène plus inspirée et sophistiquée chez le voisin d’à côté. Une sorte de Jour de Tonnerre version 2000 et pourtant Ron Howard fait de Rush une oeuvre qui va bien au delà de tout ça. Témoin subtil d’une époque ou un sport comme la F1 était considéré comme à risque voir suicidaire, Ron Howard retrouve son petit grain de génie qu’on lui connait (et qu’il avait perdu depuis les adaptations de Dan Brown), faisant de Rush un jeu de miroir savoureux entre deux personnalités complètement opposées et pourtant terriblement attachantes. Peu importe que vous soyez fan ou non de Formule 1, la vraie force de l’oeuvre est sans nul doute sa capacité à faire battre le coeur de n’importe qui jusqu’au plus réfractaire des films du genre.

 

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Quintessence de la passion d’un cinéma humble, classique au même titre qu’un Rocky, Rush restera mon plus grand moment de cinoche cette année. Seul film remercié par une salle entière sous un tonnerre d’applaudissement.

 

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2 - Pain and gain « il faut que je pousse »

2013 aura été marquée par la sortie du premier film low-cost de Michael Bay. Mise en perspective totale de son auteur et du sujet qu’il a choisit de traiter, Bay sacrifie le spectacle auquel nous sommes habitués chaque été pour laisser place à une vraie bonne comédie.

Pain and gain s’impose comme étant le meilleur film de son auteur mais aussi comme étant la comédie noir la plus fun de l’année.

 

Rappel : le dossier est toujours disponible sur gameblog : http://www.gameblog.fr/article-lecteur_2262_avis-a-chaud-dossier-pain-and-gain-de-michael-bay-par-vincen

 

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3 - Dredd « la loi c’est toujours lui »

Sorti en directo DVD chez nous sans passer par la case cinéma alors qu’il fit un flop aux Etats-Unis, le reboot de Judge Dredd montre qu’il est encore possible (avec beaucoup de sacrifices) d’adapter fidèlement un comic-book pour adulte au cinéma. La très mauvaise promo du film (beaucoup de personnes n’étaient même pas au courant de l'existence du projet) ainsi que ses nombreuses dates de sorties repoussées n’ont probablement pas aidé la bande de Danny Boyle afin qu’ils puissent donner à Dredd toute l’attention qu’il aurait pu/dû mériter de la part du public. C’est sombre, noir, violent et sans concession. Dredd est tout bêtement une oeuvre de série B réalisée avec un respect total vis à vis du genre et de son matériel d’origine. Symbole d’un cinéma de divertissement bien torché que personne n’a envie de voir disparaître aux profits d’oeuvres inoffensives comme World War Z.

 

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En attendant la sortie du remake de Robocop pour (au moins) se faire un avis, vous pouvez déjà acheter Dredd dans son magnifique étui métal et le ranger fièrement à côté du Robocop de Verhoeven. Là ou est sa vraie place.

 

Pour rappel, un dossier a été réalisé ici à l'occasion de la sortie du film : http://www.gameblog.fr/article-lecteur_1876_avis-a-chaud-dossier-dredd-de-pete-travis-par-vincent-n-van

 

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4 - Flight « le come back de Robert »

2013 aura aussi été une grande année pour le retour de Robert Zemeckis. Non pas qu’il ai pris sa retraite mais après douze années consacrées aux films d’animations qui lui auront permis d’être le premier réalisateur de cinéma à utiliser la technique de la performance capture, il nous tardait vraiment de le retrouver au « cinéma live ». Et après avoir vu Flight, c’est dit et ce sera gravé dans le marbre, Robert Zemeckis peut vraiment TOUT faire. Probablement le « couteau suisse » le plus doué d’Hollywood et encore l’un des meilleurs entertainers du cinéma américain (juste derrière son ami Steven Spielberg), Flight démontre une fois de plus avec brio tout le talent du réalisateur de Forest Gump. C’est d’abord en vrai film catharsis qu’il se démarque. Son oeuvre la plus personnelle avec Contact ou le sujet (l’addiction à la drogue et à l’alcool) ne peut que faire corps avec lui. Mais sous ses airs de film drama faussement simpliste, Flight démontre aussi à quel point Zemeckis est et restera toujours le cinéaste le plus malin. Toujours maître d’une grammaire cinématographique astucieuse ou moult interprétations et niveaux de lecture s’avèrent être possibles (tout comme Contact à l’époque d’ailleurs), Flight n’aura pas manqué de faire parler et de diviser radicalement le public sur son dénouement final à sa sortie.

 

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Porté par des acteurs tous excellents du premier rôle (Denzel, formidable) jusqu’au dernier, Zemeckis est aussi toujours accompagné par son duo magique en la présence de Don Burgess et d’Alan Silvestri. Quand l’un signe une photo toujours somptueuse l’autre assure un score magnifique et humble afin de ne jamais en faire trop compte tenu du sujet. Flight reste indéniablement l’un de mes plus gros coups de c½ur de 2013 et un come back réussi pour Zemeckis.

 

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5 - Capitaine phillips « Un tom hanks FA-BU-LEUX »

J’avais peur que Capitaine Phillips ne soit qu’un Greengrass en mode « repeat » et j’avais tord. Bon, en réalité il se pourrait bien que ça puisse être le cas, MAIS putain ça fonctionne encore. Si le film souffre d’une toute petite poignée de minutes qui le font baisser en intensité, le troisième acte s’avère être rondement bien mené avec un climax final suffoquant comme Greengrass sait parfaitement le faire. La question est de savoir si le réalisateur des deux derniers volets de la saga Jason Bourne n’atteint pas ici les limites du "cinéma vérité" qu’il nous propose depuis Vol 93.

 

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En attendant son prochain film, le cinéaste British offre à Tom Hanks l'une des meilleurs performance de l'année, montant petit à petit au fil du récit en crescendo. La toute dernière séquence finale me donne encore des frissons 

 

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6 - Prisoners « sonder l’âme humaine »

Le thriller de l’année sans le moindre doute. Sombre, viscéral, parfois cruel et souvent insoutenable. Prisoners offre à Hugh Jackman sa meilleure prestation, épaulé par un Jake Gyllenhaal lui aussi excellent. L’oeuvre est aussi servie par une réalisation sobre mais diablement efficace, aux antipodes du « thriller numérique de l’année 2012 » qu’était Millenium. La comparaison entre les deux oeuvres s’avère logique et pertinente. Sur quasiment la même durée (plus de 2h30), le film de Villeneuve passionne, dérange, rend mal à l’aise quand à côté Fincher s’enferme toujours plus dans sa prison numérique high tech (son prochain film sera tourné en 6K !) qui risque (peut-être) avec le temps de lui faire perdre la chose fondamentale dans la réalisation de toute oeuvre, l’émotion.

 

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2013 marquera l’arrivée en grande pompe d’un probable futur grand réalisateur, le tout au commande d’une petite serie B !

 

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7 - Star trek Into Darkness « l’Amitié »

On peut dire ce qu’on veut de JJ Abrams et de ses qualités de conteur sans cesse remises en question au détriment du spectacle et de ses fameux twists. Peu importe cette suite de Star trek est fun, vraiment bien réalisée et au service d’un rythme qui ne faiblit jamais le tout porté par des personnages toujours plus attachants. Au centre de l’intrigue, cette fabuleuse amitié entre Spok et Kirk qui prend enfin sens et qui donne à ce reboot toute sa légitimité. Parti pour Star wars, Abrams remporte quoi qu’on en dise et haut la main ce pari fou qui était de relancer une franchise de SF prestigieuse à l’arrêt complet.

 

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Même si Star Trek Into Darkness ressemble un peu à une mise à jour du premier volet, il fait parti de ses blockbusters bien torché de cette année 2013, faisant de manière intelligente un subtil parallèle avec les attentats du 11 septembre.

 

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8 - Oblivion « Avec Tom, on fait toujours une bonne équipe »

Première claque visuelle de l’année.

 

 

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9 - Gravity « Sandra perdu dans l’espace »

Deuxième claque visuelle de l’année.

Malgré leurs classements respectif il n y aura pas vraiment d’ordre hiérarchique entre Oblivion et Gravity. Ce sont pour moi mes deux plus grosses claques technique de cette année 2013. Kosinsky invente un univers entier né de sa propre imagination et donc totalement « original ». De la conception du vaisseau de Tom Cruise jusqu'au design de la table basse, Oblivion ne regorge pas seulement de détails sorti tout droit de l’imaginaire de son auteur mais aussi de techniques de mise en scène astucieuse (voir l’excellent making-of du film). Servi par l’une des meilleurs bande-originale composée cette année (made in France !), Oblivion reste une superbe expérience vécue en Imax. Malgré ses petits défauts toujours inhérents chez Kosinsky, il nous tarde toujours de voir ce que « l’architecte » pourra nous proposer par la suite. Cuaron lui repousse encore plus loin les techniques de la performance capture inaugurée par Robert Zemeckis 9 ans plus tôt. Le réalisateur des Fils de l’homme propose un film catastrophe classique en fin de compte mais forcément différent de ce que l’on a déjà pu connaitre au cinéma en terme d’immersion. Rien que ça !

 

Star trek, Oblivion et Gravity pourraient constituer au sein de mon top mes meilleurs film de SF de 2013.

 

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10 - Guns « Qui a la plus grosse ? »

Pour fermer la marche de ce top, rien de mieux que de le faire par « la bonne surprise » de 2013. Adapté d’une BD, 2 Guns est porté par l’un des meilleurs duo de flics vu depuis longtemps sur un scénario terriblement drôle et burné. Wahlberg et Washington s’amusent comme des gosses cherchant constamment à savoir lequel des deux à la plus grosse paire de roubignoles, l’humour fait constamment mouche et Bill Paxton en véritable salopard, bah ça m’éclate. Quand on attendait impatiemment de voir ce qu’allait faire Shane Black avec Iron man 3, on était bien loin de se douter qu’en réalité, c’était 2 Guns qu’il fallait attendre...

 

---Top déception 2013---

 

 

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1 - Riddick « impardonnable »

C’est LA déception de cette année 2013. L’idée de continuer les aventures de Riddick avec exactement la même équipe qui fût à l’origine des deux premiers volets (excellents est très différents l’un de l’autre) était une bonne idée. De faire revenir le personnage emblématique de Vin Diesel par le biais d’un retour aux sources (petit budget, classé R) était une bonne idée. « Riddick » c’était un peu comme avoir enfin une date pour un rendez-vous tant fantasmé, tant espéré ou c’est limite si on s’était déjà fait le film idéal de la soirée dans notre petite tête. Une nuit en (très) bonne compagnie avec une personne qui nous a tant manqué, petit fours, champagne et plus si affinité. Hélas, le constat est dur, amer et il fait mal. Les 20 premières minutes de préliminaires et peut-être les 15 dernières qui sont à sauver.

 

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Ça fait vraiment chier de le dire mais David Twohy et Vin Diesel, pourtant bourrés de bonnes intentions ont sacrément raté le coche. Le manque flagrant de rythme sur 2h de film n’aide pas en plus de certaines scènes de dialogues complètement ratées. Apparemment une version longue du film vient tout juste de sortir ce qui est assez surprenant car c’est bien de quelques minutes que Riddick aurait besoin d’être amputé. Mais à voir, ne serait-ce que pour se rendre compte des éléments qui ont été sacrifiés au montage. Si c’est pour nous refaire « une Chronique de Riddick » alors pourquoi pas. Rappelons que la version director’s cut du deuxième volet changea considérablement le film qui fût ré-évalué par la suite.

Avoir pu rater un tel retour est impardonnable, Riddick prend logiquement la tête de ce « top déception 2013 ».

 

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2 - World war Z « du zombie pour la famille »

Je pensais faire un avis plus complet sur World War Z mais j’attendrais le bon moment pour en parler.

En attendant tout est dans le sous-titre et vu le succès du film, si c’est effectivement l’une des autres facettes du cinéma de divertissement grand public de demain qui nous attends alors les amis on est franchement pas rendus et foutrement mal barrés.

 

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3 - Elysium « se tirer une balle dans le pied »

Propulsé comme étant le jeune et nouveau talent d’Hollywood au sein du système après le succès mérité de District 9, Neil Blomkamp a donc choisi de s’émanciper de Peter Jackson pour se driver solo sur son premier blockbuster. Le réalisateur sud-africain dispose de tout se dont il a besoin en terme de budget et a donc carte blanche pour se faire plaisir. Seulement là ou District 9 regorgeait d’inventivité au service d’un scénario dont on ne pouvait jamais rien anticiper, Blomkamp se perd totalement dans Elysium avec une histoire ultra linéaire et sans aucune surprises. On retrouve bien tout ce qui compose le cinéma du réalisateur de District 9 mais le problème c’est qu’il ne fait que simplement le « cloner » et en moins bien. Moins palpable, moins organique, assénant un propos ultra lourd et sans aucune finesse ni recul, espérons qu’il puisse s’agir d’un léger accident.

 

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« Léger » car on ne passe pas forcément un mauvais moment devant Elysium. Le film est malgré tout ponctué d’SFX bluffant et de quelques bonnes idées par-ci par là que Blomkamp maîtrise toujours autant. Mais au final, il reste néanmoins une sacrée déception surtout lorsque l’on imaginait Blomkamp bien plus malin pour réussir à échapper aux pièges du « premier film à gros budgets ».

Le plus triste dans l’histoire c’est qu’il s’est lui même « auto-fucké ».

Le con !

 

 

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4 - Iron man 3 et le syndrome du « oui mais non »

L’auteur de Last Action hero et de l’Arme fatale, le réalisateur du génial Kiss kiss bang bang qui fait son retour est aux commandes de quoi ? Rien de moins que d’une des adaptations Marvel les plus lucratives, le troisième volet d’Iron man ! Premières photos de tournage, premiers visuels bad-ass, l’ambiance de noël si chère à son auteur, tout y est ? Alors on dit « OUI ! » Et forcément là on se dit que ça y est, le bonhomme va montrer aux autres comment on torche un blockbuster de qualité même destiné au plus large public.

« Mais Non ».

 

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Iron man 3 est lent parfois chiant et interminable parfois très bon et inspiré, parfois tout et parfois rien ou pas grand chose. Le film de la Frustration au même titre qu’un Riddick ou un Wolverine.

Prenons encore le temps d’attendre le retour de Shane Black au scénario ou à la réalisation d’un polar « et puis c’est tout ».

 

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5 - Trance et le « double D »

Trance c’était « sympa ». Et pour un Danny Boyle (et surtout après 127 heures) c’est forcément une déception. Malgré des qualités indéniables comme étant son oeuvre la plus belle et la mieux réalisée, servie par une photo et des décors en intérieur splendides, ça n’est pas en « décorateur d’intérieur » que j’attends bien souvent le réalisateur British mais bien dans un cinéma « coup de poing, uppercut dans ta face » qu’il a pourtant l’habitude de faire.

 

Quand Danny Boyle allie à la perfection l’art et la manière ça donne 28 jours plus tard, Transpotting, Sunshine...Ici, Danny nous sert seulement la manière sans son art et ça donne Trance ou la « demi-molle » de Danny.

Alors ok pour le full frontal de Rosario Dawnson mais pour un Danny Boyle, c’est quand même « lège ».

 

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6 - Wolverine : le combat de l’immortel et le syndrome du « oui mais non mais pas trop »

Wolverine au milieu des yakuzas ? Et réalisé par James Mangold ?! Mais putain c’est génial ! Ça va enfin saigner, charcler, décapiter ! Des écto litre de sang vont repeindre les murs : « OUI ! ».

« Mais non ».

 

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Ça dégueulasse à peine les pompes et les griffes de Wolfie mais pas trop. Ça embroche quelques vilains en costard/lunettes mais pas trop. Bon, c’est quand même « pas trop » mal Wolverine puis globalement c’est quand même réalisé avec sérieux. Quoi que...On se tape encore la dernière séquence d’action finale dans le dark. Les nerf à vifs !

Le capital sympathie pour l’entreprise s’avère malgré tout tenir debout mais cruelle déception tout de même.

 

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7 - Cartel « Ridley taille une bavette »

On attendait un thriller sulfureux et violent avec des acteurs prestigieux balancés au milieu d’un cartel sans aucun scrupule pour qui osera les fucker. Mais Ridley décide à l’arrivée de se la jouer pseudo intello et ça ne lui réussi pas forcément bien. Pour une histoire aussi simple sur le papier, la question qui est de savoir si Cormac McCarthy était indispensable est légitime. Ce qui est dommage c’est que l’idée du scénariste et de son metteur en scène fonctionne mais seulement par intermittence. Au final, le rythme de Cartel se retrouve criblé de balles laissant par la suite de sacrés trous d’air. L’attention du spectateur se perd, les scènes de dialogues ne réussissent donc pas à retenir notre attention jusqu’au bout (n’est pas un Aaron Sorkin qui veut), et le film finit par lasser.

 

Le duo Scott/McCarthy était pourtant très attendu mais à l’arrivée Cartel déçoit beaucoup malgré la bonne interprétation de ses acteurs principaux et une Cameron Diaz en furie.

 

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8 - Lincoln « L’ennui »

Deux films en un an pour Stevie. Certains diront que c’est une prouesse et ils auront probablement raison tant il est hallucinant de voir le metteur en scène jongler aussi facilement entre les genres et les histoires qu’il a envie de nous conter. Mais avec Lincoln, tonton Steven m’a profondément emmerdé durant 2h30 et c’est vraiment peu de le dire. Pour un Spielberg c’est difficile et cruel car pour avoir probablement été très largement influencé par son cinéma ainsi que celui de Zemeckis (comme beaucoup en réalité), je ne peux qu’être intransigeant lorsque ça ne va pas, en tout cas pour moi.

 

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Toujours superbement bien réalisé et interprété, ça n’est pas encore sur sa direction d’acteur ni même sur sa technique que l’on pourra reprocher quoi que ce soit à Spielberg. Le film possède par ailleurs lui aussi les plus belles scènes jouées en intérieur de l’année 2013 avec une dernière partie qui rehausse tardivement le ton mais vraiment c’est tout.

Steven, après ton interminable et insupportable Tintin, c’est la dernière fois que tu me laisse piquer du nez.

 

La dernière fois !

 

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9 - Only god Forgives inaugure le « MRC »

« Manque de respect cinématographique ». Et vu que le film et son metteur en scène n’ont en fin de compte pas grand chose à dire, alors de notre côté aussi.

 

Ce sera tout et c’est déjà trop.

 

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10 - G I Joe 2 "l'espoir fait vivre"

Vous attendiez tous Live Free or Die hard ? C’es raté, trop facile. G.I Joe 2 ferme la marche de mon top déception 2013 tout simplement parce-que j’avais apprécié la bouillasse visuelle du premier volet réalisé par Stephen Sommers un an plus tôt. Et donc ? J’attendais fermement un deuxième volet évidemment ! Bah merde alors si j’avais su. Et même avec tout l’optimisme qui m’anime naturellement au quotidien je me dit que parfois il serait plus judicieux de ne rien espérer à l’arrivée mais lorsque l’on tombe sur ce genre d’anecdote :

 

Jon Chu a fait le choix de ne tourner qu'en pellicule et non en numérique : « On ne voulait pas de visuel en plastique brillant. Je voulais vraiment qu'on sente la crasse plutôt que le plastoc. Stephen F. Windon, le directeur de la photographie, m'a dit alors "pourquoi tu ne tournes pas en pellicule ?" C'est aussi comme ça qu'il a shooté Fast and Furious 5. A l'ancienne. Tourner en pelloche, visionner les rushes sur projecteur, c'était vraiment une version romantique d'un tournage. En fait, je voulais mettre mes jouets dans la boue et dans le sable, les salir, les casser, les démembrer » confie le cinéaste. Source allociné.

 

On se dit qu’après tout "pourquoi pas ?". En plus le mec propose une vraie direction artistique et tout et tout, ça a l’air sérieux...Queu-dal. GI Joe 2 voit le casting du premier volet totalement disparaître, inclut de nouveaux personnages au sein d'une intrigue complètement flinguée et on sert tous les seufs en priant qu'avec The Rock on puisse se sortir de ce merdier. GI-Joe 2 atteint un budget à 130 putain de fucking millions de dollars et reussi la prouesse d'être à l’arrivée plus moche que les SFX les plus ratés du premier volet. En même temps quand un film est mainte et mainte fois repoussé à cause d’une 3D imposée par le studio et d’un premier montage proche de la cata, on se dit qu’il faut vraiment encore croire au père noël pour espérer quoi que ce soit.

Hum.

 

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        Kévin Olivereau

 

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1. Gravity Jamais-vu : nom masculin invariable Situation, pratique, agissements tout à fait exceptionnels et qui font sensation : "C’est du jamais-vu".

 

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2.Inside Llewyn Davis : Les frères Coen s’attaquant à un sujet aussi intime et universel que la peur de l’échec ne pouvait donner qu’un film dont la résonnance s’étend bien au-delà des cents minutes que dure le film.

 

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3. Pacific Rim : Film de petit garçon conçu avec la sincérité de celui qui aurait grandi sans jamais renier ses amours de jeunesses, Pacific Rim, au-delà d’une direction artistique à la richesses exemplaires, peut se targuer de contenir la scène la plus puissante et poignante de l’année.

 

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4. Samsara Bien plus que de la "cinematography porn", Ron Frick prolonge une tradition de cinéma anthropologique amorcé en 1982 en collaboration avec Godfrey Reggio sur  «Koyaanisquatsi » Une des plus belles illustrations de l’effet Koulechov.

 

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5. Cloud Atlas : Réalisé à six mains pour un film comprenant six histoires, il serait dommage de réduire Cloud Atlas uniquement à son rang d’objet atypique, tant l’universalisme qui traverse le film couplé à la limpidité de sa narration font de cette entreprise l’un des plus beau représentant d’un cinéma ambitieux et indépendant.

 

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6. Snowpiercer : Autre exemple de blockbuster indépendant, le projet Snowpiercer réuni en son coeur des visions et sensibilités aux origines culturellement diverses et ce voit donc être la parfaite allégorie de son propos.

 

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7.The Hobbit Film après film, Peter Jackson continue de bâtir une ½uvre à la démesure de son talent, sans cesse renouveler mais toujours cohérente, dont on sous-estime encore très certainement la portée.

 

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8. The Wolf Of Wall Street En replaçant l’humain au centre de son récit pour expliquer la crise financière, Martin Scorsese réussit ce que d’autres ont vainement tenté de faire avant lui.

 

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9. Side Effect/ Behind The Candelabra : Prétendant en avoir désormais fini avec le cinéma, 2013 sera donc l’année du chant du cygne de Steven Soderberg, prenant la forme de deux films au sujet très différent, mais qui illustre à la foi l’aisance d’un homme à pratiquer chaque aspects de son métier, mais également une certaine incapacité à se renouveler.

 

Reste tout de même le sentiment de perdre une des figures les plus intéressante du cinéma américain.

 

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10.Side By Side : La révolution numérique en marche depuis une vingtaine d’années continue d’avoir un impact sans précédents sur l’industrie cinématographique. Side By Side propose d’aller à la rencontre des artisans de l’image pour rendre compte de l’intérieur de l’évolution des métiers de l’audiovisuelle.

 

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Hors Catégorie : Days Of Heaven ressortie: Aucun écran ne sera jamais assez grand pour rendre justice à la vision de son réalisateur.                                

 

TOP DECEPTION :

 

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Riddick : Seul véritable déception d’envergure cette année  tant le retour au cinéma du Furyen incarné par Vin Diesel  était attendu par de nombreux fantasticophiles pour qui l’univers de Riddick représente une alternative de par son originalité et le soin apporté jusqu’alors par ces géniteurs à la franchise, au sein d’un genre souvent vampirisé par les obligations industrielles inhérente à la mise en chantier de tels entreprises. Au final, malgré 30 premières minutes réussi, une interrogation persiste, pourquoi David Twohy, plutôt que d’étendre davantage son univers comme il l’avait fait sur « Les Chroniques de Riddick » en 2004, restreint son récit à un mauvais copier/coller de «Pitch Black ».

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Avis à chaud (Cinéma)

 

"I'm big" - Steve Jablonsky

 


No Pain No Gain - La Scène d'Ouverture [VF... par Lyricis

  

Introduction :

Enfin ça y est ! Le petit Michael décide de se poser. Six ans avec des robots géants ça use un homme. Le réalisateur californien revient avec un projet qu'il porte en lui depuis maintenant plus de 10 ans. Pour sans doute la première fois de toute sa carrière, il part avec une petite équipe et quelques caméras pour sillonner les rues et les spots les plus emblématiques du comté de Dade. Un petit coin de paradis qui servira de décor pour une histoire complètement barge et qui est par ailleurs tout à fait à l'image de son réalisateur. Pain and Gain fut un projet largement attendu par bon nombre de spectateurs. Déjà pour savoir si Michael Bay pourrait enfin se remettre à (re)faire du cinoche (comme s'il avait soudainement arrêté d'en faire depuis Transformers) en plus de voir comment il allait se démerder avec un petit budget. Après visionnage, la chose que l'on peut dorénavant vous assurez c'est que l'on retrouve bien le réalisateur d'Armageddon, dans ses qualités, comme dans ses défauts. Toujours aussi surexcité, où une quelconque pointe de finesse n'aura décidément jamais sa place dans un langage cinématographique qui est le sien. Toujours surchargé, toujours en train de se la péter, toujours, toujours et encore toujours...MAIS, Pain and Gain est assurément son film le plus personnel, où tout son univers visuel prend probablement le plus de sens. Une oeuvre qui lui sera dorénavant indissociable.Grand public, fans et détracteurs du sale mioche sur-blindé d'Hollywood, tout le monde se donne rendez-vous et se réunit pour la sortie du « Mc Burger Bay » estival. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste et ça, ça dure depuis maintenant 18 ans. La seule différence notable est que ce nouveau projet n'est pas vendu comme un blockbuster mais plutôt comme une « petite comédie de l'été ». Il est tout bonnement le premier film lowcost du réalisateur de Bad Boys sur qui il ne compte récupérer aucune cacahuète à l'arrivée. Just for fun, pour l'éclate.

 

Note :

A travers ce dossier, en plus de quelques citations reprisent « ici et là » vous trouverez aussi celles qui ont été directement reprises de l'article « Michael Bay est-il un bon cinéaste » du site Excessif.com rédigé par Rafik Djoumi (il est le rédacteur en chef du magazine BiTS ainsi qu'un des fondateurs du mouvement Free For McT). Une personne que je remercie infiniment pour sa contribution à l'arborescence de ce dossier.

 

De gauche à droite : Don Simpson, Jerry Bruckeimer et Michael Bay

 

18 ans depuis Rock et Bad boys sortis en 1995 (!) Et on se dit « que le temps passe » chers cinéphiles. A 26 ans ce genre de « piqûre de rappel » vous ramène parfois à des souvenirs lointains, je parle bien de ceux qui resteront ancrés en vous pour toujours. Ce genre de souvenirs qui ont pour certains cinéphiles, façonné leur « background » cinématographique. Ce genre de souvenirs qui vous ont donné envie de prendre goût au cinéma de manière générale, d'autres comme moi auront même la volonté (de tenter) d'aller encore plus loin qu'être à la place du simple spectateur. D'en comprendre les mécanismes, de suivre tels ou tels réalisateurs, de bien saisir leurs personnalités, où la sensibilité qui s'en dégage est différente d'un auteur à un autre. C'est par ailleurs cette même sensibilité qui est en fin de compte, l'élément déterminant dans notre façon de « juger » correctement (ou pas) une oeuvre et/ou son auteur.

Pain and Gain est donc pour moi une occasion rêvée pour vous proposer un dossier sur l'un des réalisateurs les plus maladroitement critiqué de l'industrie du 7ème Art.

 

Ce qu'il vous faut impérativement savoir avant de commencer à rentrer dans le vif du sujet c'est que depuis que j'ai commencé cet exercice d'écriture, je me suis tout simplement rendu compte que j'ai toujours donné mon avis à travers mon propre vécu cinématographique. Celui avec lequel j'ai grandi, celui avec lequel j'ai mûri au fil du temps. Tout comme ces  réalisateurs, nous arrivons nous aussi avec notre sensibilité de spectateur qui nous est propre. Avec des attentes malgré tout bien spécifiques, où la réception d'une oeuvre ne peut être dans tous les cas jugée que de façon subjective. La « totale objectivité » ne peut donc plus avoir autant de place au sein de nos différentes analyses, surtout après avoir bouffé 19 ans de pelloches dans mon cas et voir largement plus pour d'autres.

 

Nous avons malgré tout le droit de rester un minimum lucide même si j'en vois déjà quelques uns venir de (très) loin. Ceux qui me suivent depuis mon « avis à chaud » sur Transformers 3, Pacific Rim voir même The Avengers. J'en vois déjà qui trépignent d'impatience à l'idée de savoir après visionnage, si j'ai enfin fini par lui confectionner une statue en or massif à mon chouchou de Michael.

 

Et franchement ? Putain si seulement je pouvais la-lui faire livrer à domicile rien que pour vous emmerder. Oui vous ! Les cinéphiles à la pastèque qui prétendent savoir ce que doit fondamentalement apporter le cinéma. Alors que la question n'est pas de savoir ce que le cinéma doit apporter mais ce que nous spectateurs  pouvons y chercher.

 

L'idée de donner un avis personnel n'est absolument pas remis en question par-contre, venir étaler ses goûts en terme de vérité absolu avec la prétention d'en avoir de meilleurs que le voisin d'à côté est un problème. Vouloir bannir de la planète un réalisateur en le considérant comme le cancer du cinoche, afin de voir uniquement des films qui (selon certains toujours) plaisent, c'est tout bêtement de l'élitisme artistique. Et c'est un problème.

 

En un claquement de doigts nous pouvons tous devenir des cinéphiles « peu exigeants ». Des cinéphiles à qui il faut impérativement « ouvrir les yeux » avant qu'il ne soit trop tard, limite on a de la merde dedans. Sans oublier les bons conseils à la clef : « voit d'autres films, intéresse toi à autre chose... ». Comme si notre vécu en matière de cinoche valait d'un seul coup « peanuts ».  Et n'oublions surtout pas le fameux « de toute façon t'es pas objectif » sinon ce n'est vraiment pas drôle.

 

Mine de rien, c'est très clairement le genre d'arguments qui ressort le plus souvent et face auquel je suis comme beaucoup confronté lorsque je parle pourtant de l'un des meilleurs metteurs en scènes en activité, en me basant uniquement sur des faits et non (uniquement) sur mes goûts personnels. Et manque de bol, lui bah il vient de la pub et du clip. « Il arrive avec ses trucs de publiciste et de clipeur à deux balles et nianianiania... ». Bam ! Encore une étiquette. Pourtant Fincher possèdent exactement la même non ? Pourquoi serait-il un cinéaste plus respectable que Michael Bay ? Peut-être simplement parce-que vous préférez l'ensemble de sa filmographie. Comme le dit Rafik :

 

« L'empathie pour le sujet, pour le ton, ou pour la supposée finesse ne désigne que le goût du spectateur, pas le statut du créateur... » Rafik Djoumi.

 

On a tout à fait le droit de ne pas apprécier le travail d'un peintre pourtant mondialement reconnu mais de là à venir affirmer qu'il n'en ai pas un, c'est déjà manquer de recul dans notre analyse.

 

 

Ma première grosse claque à 10 ans :

C'est la première que j'ai reçu dans une salle de cinéma et c'était sur Armageddon qui reste pour moi un vrai choc cinématographique. Jamais je n'avais vu quelque chose de semblable en termes de spectacle et d'émotions. La VHS achetée quasiment le jour de sa sortie trônait fièrement au-dessus de ma TV. Avec mes potes qui venaient taper l'incruste, le film finissait par tourner je ne sais combien de fois par semaine. Ma petite famille finissait par connaitre les dialogues du discours du président par coeur sans oublier  « I Don't Wanna Miss a Thing » d'Aerosmith, quasi sur le bout des ongles. FACILE.

 

« Tu te rappel de The Rock Raymond ? Et ben là on va faire péter encore plus de truc tu vas voir. »

 

Armageddon c'est un peu mon « Aventuriers de l'arche perdue » à moi. Je m'excuse donc de ne pas avoir eu la même sensibilité auprès des réalisateurs que certains juges plus « estimables » que Michael Bay (des réalisateurs tel que les frères Cohen, James Cameron, Ridley Scott... à ce moment précis de ma vie, lorsque je n'avais pas encore de poils au menton). A l'arrivée je peux néanmoins vous assurer que je porte exactement le même respect envers ces cinéastes et que je les apprécie autant que l'autre excité du bulbe. Mais si la question est de savoir ce qu'un réalisateur comme Bay peut encore apporter à l'industrie du cinéma, qui puisse par ailleurs être autre chose qu'un simple « savoir faire technique qui rapporte du pognon », en ayant en plus la prétention d'affirmer que ce n'est pas un vrai réalisateur de cinéma comparé aux plus grands, alors non ! En vrai passionné je me vois contraint d'y apporter tout de même quelques éléments de réponse qui je l'espère, viendront nuancer certains propos.

 

The Bay identity :

 

 

Pour cerner parfaitement la personnalité d'un auteur il faut savoir faire preuve d'un minimum de curiosité. S'arrêter à ses films et/ou à ce que l'on peut y voir dans des making-of ultra complets ne suffit pas toujours. Mon (très) modeste travail d'investigation m'a appris pas mal de choses sur la personnalité très ambivalente de Michael Benjamin Bay.

 

Il est tout simplement assez représentatif du personnage de Sid dans Toy Story. Vous savez ce petit énergumène qui prenait plaisir à massacrer ses jouets. Et bien lui aussi trouvait ça « cool » de foutre des pétards au cul de son train électrique quand il était môme pour voir comment le tout allait exploser à grande vitesse. Une connerie qu'il a quand même pris le temps d'immortaliser grâce à la camera super 8 de maman. L'anecdote dit qu'il fut à deux doigts de provoquer un incendie dans le quartier. Le con.

 

A quinze ans durant ses jeunes années d'étudiant, il bossa dans une « petite boite » nommé LucasFilm où son rôle était de ranger et de trier des storyboard. C'est à ce moment là qu'il tomba nez à nez sur les planches d'un mystérieux film intitulé « Les Aventuriers de l'arche perdue ». Rentré du boulot il allait voir sa bande de potes pour leur dire texto : « je suis tomber sur les planches d'un film sur lequel ils bossent, ça a l'air vraiment tout naze les mecs ». Après visionnage dans son petit cinoche avec ses parents pour se faire une idée, le petit Michael avoue avoir pris la claque de sa vie.  Les aventuriers de l'arche perdue, son premier vrai souvenir de cinéma, son coup de coeur  l'impulsion qui lui donna envie de devenir réalisateur par la suite.

 

Son amitié avec George Lucas devient de plus en plus forte à tel point qu'il reste encore à l'heure d'aujourd'hui son mentor avisé chez qui il demande régulièrement conseil. Peu de temps après son apprentissage chez LucasFilm il décida d'apprendre le métier de metteur en scène à l'Art Center College of Design de Pasadena où les rumeurs disent qu'il finit par obtenir de justesse son diplôme :

 

« Déjà pendant ses études, les autres élèves se foutaient de sa gueule parce qu'il balançait les chansons de Top Gun sur son court métrage de fin d'année. C'était mal vu, c'était mal noté, ça lui valait la condescendance de ses profs, et pourtant il le faisait. Why ? Mais simplement parce qu'il aimait ça ! » Rafik Djoumi

 

A travers cette anecdote, Rafik Djoumi semble soulever ce qui semble être véritablement l'un des traits de caractère et de personnalité propres à ce cinéaste. Michael Bay trouve ça cool de voir deux flics de Miami rouler dans une Ferrari. Trouve que c'est encore plus glamour d'engager une de ses mannequins shooté sur l'un de ses spots pub tourné pour Victoria's Secret. Se fiche de savoir si c'est crédible de voir Shia Labeouf rouler une galloche à un « missile » comme celui de Megan Fox. Son cinéma n'est pas une question de crédibilité ni même de subtilité et il ne le sera probablement jamais. Il s'autorise justement ce qu'au final peu de metteurs en scène peuvent se permettre puisqu'ils n'auraient probablement pas l'art et la manière pour le faire. C'est ce côté ultra-permissif de la surenchère jusqu'au boutiste dans ce que peut proposer une oeuvre de cinéma à tous les étages. Le fait de ne jamais en connaitre la limite qu'à partir du moment ou le générique de fin fait son apparition. C'est un peu pour tout ça qu'on aime où que l'on déteste profondément son regard ainsi que sa manière bien à lui de s'exprimer par l'image. Rafik semble dépeindre un gamin non pas insolent mais dans sa grosse bulle. Qui ne pense pas à ficeler correctement les choses dans le but de « caresser dans le sens du poil » ses professeurs/spectateurs pour obtenir une mention « très bien » à l'arrivée.

Depuis cette époque, Bay semble ne pas avoir changé d'un iota. Beaucoup d'autres anecdotes à son sujet impose généralement l'image d'un gosse à l'humour « bizarre » faisant mumuse avec ses jouets sur des budgets de cinoche à plus de 200 millions de dollars. Le making-of de Bad-Boys 2 le montre en train de chorégraphier la séquence de la fameuse course poursuite de l'autoroute avec des voitures miniatures Hot-Wheels. Celui de Transformers 2 montre un mec tout excité et complètement fendu à l'idée d'inserer les « Scrotum » sur le design de Devastator.

 

Si Bad-Boys 2 représente pour beaucoup de cinéphiles le summum du cinéma transgressif, celui du portnawak ou tout est permis, alors très franchement prenez la peine de revoir le tout aussi indigeste Transformers 2. Quintessence de tout ce que Bay a porté à l'écran depuis ses nombreuses années en tant que metteur en scène. Absolument tout y est porté jusqu'à l'extrême. Certaines scènes sont tout aussi hallucinantes de mauvais goûts à tel point que le baromètre du seuil de tolérance (déjà complètement dans le rouge sur Bad Boys 2) finit littéralement par exploser. On se demande encore comment cette séquence où John Turturo se retrouve sous les couilles d'un robot géant a pu parvenir à finir en boite...

 

John Turturo sous les couilles de Devastator, Michael a l'air de kiffer

 

Après tout quel autre cinéaste préféra laisser la chance à une mannequin plutôt que de prendre une actrice aux talents qui soient un minimum confirmés ? Quel cinéaste misera sur des acteurs qui pour la plupart, semble n'être que peu connu du grand public pour au final, réussir à en faire de vrais stars internationales ? Tout comme le dit Rafik, Bay est bien un OVNI dans le paysage Hollywoodien. Un réalisateur à qui les producteurs n'ont aucun problème pour confier des millions de dollars en misant non pas sur des scripts originaux mais sur ses nombreux qualités de metteur en scène qui en font le cinéaste le plus rentable mais aussi le plus doué de sa génération.

Que vous puissiez la trouver bonne où mauvaise, après tout chacun ses goûts (comme je l'ai toujours dit) mais la patte de Michael Bay a tout de même largement influencé tout un pan du cinéma d'action contemporain à partir de la fin des années 90. Les journalistes semblent (à ma grande stupéfaction) s'être doucement mis d'accord depuis maintenant deux-trois ans. Admettant qu'il est bel et bien un auteur dans un style tout de suite identifiable et au savoir faire indéniable.

 

Et si Bay fabrique uniquement de simples produits de consommation pour un public soit disant peut exigeant alors force est de constater qu'ils sont toujours plus nombreux au fil du temps. Les chiffres parlent d'eux mêmes et ça fait bientôt plus de 15 ans que ça dure. Enchaîner blockbuster sur blockbuster sans connaître un seul vrai échec financier ni même artistique (même si Transformers 2 reste sa plus douloureuse expérience et The Island sa moins bonne rentabilité) dans une carrière de cinéaste, il faut admettre que ça commence à faire beaucoup. Bon nombre de Len Wiseman, Brett Ratner et autres « petits techniciens » du même genre, quasiment tous interchangeables EUX, aimeraient avoir un tel rendement mais aussi et surtout, un tel talent.

 

"Vous savez en seulement quelques secondes que le film que vous regardez est réalisé par Michael Bay.  Il ne fait aucun doute qu'il a influencé le langage visuel du blockbuster hollywoodien contemporain d'une manière importante. » Scott Foundas du Film Comment.

 

C'est sa patte, son empreinte, son identité. Vous ne demanderez pas à Greengrass de moins agiter sa caméra. Vous ne demanderez pas à Fincher de moins user et abuser de ses effets numérique. Vous ne demanderez pas à Nolan de faire des films moins « coincé du derche ». Vous ne demanderez donc pas à Michael Bay d'arrêter d'être le cinéaste qu'il est aujourd'hui.Projet après projet il continue d'affûter ses méthodes de réalisations. Il invente sans cesse une nouvelle façon de mettre en scène l'Action, re-dynamise toujours un genre que ce soit pour le buddy-movie, le film catastrophe où le film de SF qui met en scène des robots géants. Pacific Rim n'aurait probablement pas la gueule qu'il a aujourd'hui si Bay n'était pas déjà passé par là avec Spielberg six ans auparavant. Tout comme Bad Boys qui à l'époque venait s'intercaler entre les Die Hard où McT, maître du genre, prônait une lisibilité et une gestion de l'espace qui fût un vrai exemple pour beaucoup d'autres cinéastes par la suite. Bay lui, arrive avec Bad-Boys pour évidemment s'en inspirer mais en même temps pour « casser » (décidément chez lui c'est vraiment une habitude), abandonnant toutes ses fameuses notions de lisibilité et de repère pour imposer sa patte. Il n'a jamais caché ses références (Cameron, Spielberg, les Frère Cohen...) et s'en ai toujours inspirer pour mieux s'enrichir.

 

« On dira ce qu'on veut de son découpage incompréhensible (et non pas « sur-découpé » comme on l'affirme toujours à tort, il y autant de plans dans la poursuite de Bad Boys II que dans celle de Matrix Reloaded), on dira ce qu'on veut de ses filtres publicitaires, une chose est sûre : Bay en sait trois millions de fois plus sur la technique cinématographique que tous les poseurs de l'esthétisme clé-en-main (Paul Greengrass, J.J. Abrams, Zack Snyder etc.). Michael Bay sait parfaitement équilibrer ses plans, choisir sa couverture, diriger le regard, créer sa profondeur de champ » Rafik Djoumi

 

 

En effet, Bay s'amuse toujours à multiplier ses coupes quitte à ce que parfois on arrive à en comprendre la moindre logique. Mais par ce procédé unique (pour l'époque c'était du jamais vu) et grâce à sa technique, il parvient à montrer le moindre mouvement, réussit à capter la moindre information, le minuscule petit détail le tout au sein d'une même scène. Par conséquent chacune de ses séquences se voient décuplés, la force qui s'en dégage est doublé et Bay obtient par son montage ultra rapide l'une de ses premières marques de fabrique. Une accumulation frénétique de l'image au détriment d'une narration parfois indistinct. Preuve que ce petit-fils de pub a bien appris de son expérience de publiciste. Réussir à donner/fournir à la rétine le maximum d'information à travers un découpage ultra-rapide mais parfaitement cohérent où une certaine logique viendra naturellement se poser sur le regard du spectateur.

 

« J'étudie ses films et son style de prise de vue. Il aime ce que j'appelle « le grand huit » au cinéma. Ce genre de productions ultra physique et intense comme je le fais. Il est assurément le réalisateur qui relève toujours plus de challenge dans la mise en scène. » James Cameron

 

Tout comme le dit Cameron, le cinéma de Bay s'apparente bien souvent à de vraie montagnes russes. Pour lui aller au cinéma rime avec « parc d'attraction » et donc une fois assis, le spectateur met sa ceinture et se tient fin prêt pour le décollage. Le rythme ? La vitesse ? C'est lui le pilote et c'est lui qui l'impose à travers un découpage certes frénétique mais ultra méthodique. On remplacera donc l'itinéraire habituellement emprunté par les autres commandants de bords puisqu'il les connait et qu'en plus ça l'emmerde. La fameuse grammaire cinématographique imposée par les plus grands ? On casse ! Une fois de plus l'information doit être donnée de façon parfaitement claire mais sous un maximum d'angle pour toujours garder à l'esprit ce fameux tempo. Pour beaucoup de cinéphile, Rock représente l'oeuvre la plus équilibrée de Bay et ils auront raison. Intrinsèquement le film n'est pas différent des autres. La méthode de Bay reste la même mais sur Rock, elle est juste presque parfaitement équilibrée. Presque, car le seul petit excès de sa part pourrait être la séquence de poursuite en Lamborgini dans les rues de San-Fransisco. On peut aisément la couper pour en arriver directement à la scène où Mason retrouve sa fille sans que ça ne puisse avoir de conséquence sur la compréhension de l'histoire. Et pourtant ce n'est même pas une scène de comédie mais bien une scène d'action. Preuve que pour Michael Bay il n y a pas vraiment de différence. Il ne pense pas à équilibrer son film à ce moment là mais juste à se faire plaisir.

 

Oui, Raymond était déjà dans les bras de Michael sur Rock

 

Beaucoup considère Bad Boys 2 comme une oeuvre « testament » où Bay proposait une pelloche tellement grasse et cuite jusqu'à l'os qu'elle en venait à parachever huits années passés chez son ami Bruckeimer avant qu'il s'en émancipe. Par ailleurs, Bruckeimer venait à ce moment là de prendre la décision d'arrêter quasiment de produire des films d'actions pour adultes afin de s'orienter vers de nouveaux cieux (voyant le gros succès du premier volet des aventures de Jack Sparrow), celui des productions plus axés pour enfants/ados. On tourne donc la page aux Ailes de l'enfer, Ennemi d'état, La chute du Faucon noir...Une époque s'achève. Mais les deux comparses auront la bonne idée de mettre tout en oeuvre pour offrir leurs derniers show. Un spectacle jouissif, tellement exacerbé qu'il en arrive même à devenir dérangeant. Comme si Michael Bay et Bruckeimer s'étaient mis d'accord pour ne pas regarder à combien ils allaient être flasher au volant d'un engin de mort. « Engin de mort », c'est bel et bien le mot et d'ailleurs, Bay profite de l'occasion pour inaugurer son nouveau joujou, le « Bay-Buster ». Véhicule blindé et renforcé pour permettre au cameraman de foncer dans les carambolages et autres joyeuseté du même genre.

 

Le Bay Buster

 

On roule sur des cadavres, les fouilles sans aucune considération ni respect, on filme des rats en gros plans qui baisent, l'abattage comique du duo Smith/Lawrence en devient lourd et vulgaire couplé à un humour sacrément ambiguë...Et même avec tout ce bordel c'est bien avec la plus belle de ses techniques que Michael Bay immortalise. On ne perdra pas de temps à revenir en détail sur la séquence de l'autoroute ainsi que sur la déstruction entière d'un bidonville. Bad Boys 2 est le résultat de huit années d'affinage, régurgitant par la même occasion tout ce que le cinéma d'action a fait de mieux depuis son apogée.

 

Fuck yeah America

 

Film testament, Bad boys 2 l'est assurément. Bay et Bruckeimer étaient sans doute conscient à l'époque qu'il était grand temps de finir en beauté, sachant qu'il serait probablement impossible de refaire la même chose aujourd'hui.En vous laissant constater la santé du cinéma d'action (inoffensif) à l'heure ou vous lirez ses lignes.Beaucoup pensaient aussi que Spielberg arriverait à le canaliser. Ça a effectivement marché sur The Island (leur première collaboration) mais pendant une quarantaine de minutes seulement, avant que le petit Michael finisse par craquer. Tourner en rond comme un rat dans un labyrinthe ça l'exaspère. La psychologie ou pseudo-film de SF d'anticipation ? Pareil, c'est pas ça qui le fait kiffer. Sur le plateau il ne tient plus en place et a hâte de sortir retrouver ses belles voitures, le soleil qu'il aime tant mettre en valeur. « Puis merde, j'ai pas la place pour faire mon putain de travelling circulaire préféré les mecs ». Et pourtant Michael, ta première partie de The Island reste un exemple en matière d'idées visuelles et de mise en scène pure ou pour une fois depuis un moment tu prenais enfin le temps de poser. T'arrive tellement bien à faire les choses que t'offre même à Michael Clark Duncan (RIP) l'une de ses plus belles performances. On va doucement rappeler qu'avant d'être nominé aux Oscars pour La ligne verte c'est quand même toi qui nous l'avait fait découvrir le premier sur Armageddon. Tout comme Owen Wilson et un certain Nicolas Cage. Putain même en tant qu'agent tu gère.

M'enfin...tout ça pour dire que ton plan séquence de Bad Boys 2 qui passait de l'hélicoptère pour ensuite traverser le toit du club de Strip-tease en passant par la bouche de ventilation, pour enfin finir par épouser les gambettes de la danseuse...Fin bref, « le petit effet numérique » que tu as gentillement emprunté à ton pote Fincher se retrouve merveilleusement bien ré-utilisé sur The Island et il prend beaucoup plus de sens. Allez viens je te donne un bon point. Tu vois quand tu t'applique.

 

 

Elle prend en effet plus de sens tout simplement parce-que sa technique ainsi que son savoir faire était au service d'une histoire. Pas ou peu d'esbroufe, un nouveau Michael fût né sans doute prématurément pendant une bonne première partie avant que son « Mr Hyde » ne (re)prenne le dessus.Et oui tout comme Tom Lincoln (version original de Six-Echo), son élément naturel c'est la vitesse, l'adrénaline. « Je suis un accro de la vitesse, je carbure au kérosène ». On pourrait tout à fait croire que le personnage de Tom Lincoln puisse s'agir d'une représentation de l'auteur. Pourquoi ne pas imaginer qu'il puisse s'agir de son Mr Hyde après tout ? La seconde partie de The Island effectivement plus « Bay » que « Michael », coïncide avec le faite que Lincoln Six-Echo et Jordan Deux-Delta doivent impérativement retrouver leurs sponsors. Leurs doubles, leurs « version originale »...

 

Merde ! C'est qu'on arriverait presque à « trop penser » pour une fois sur un de tes films Michael.

 

Bref, à l'arrivée The Island est considéré comme une moitié de film mais paradoxalement aussi comme l'un des Bay préférés qui ressort le plus souvent, surtout de la part de ses nombreux détracteurs. Cette double personnalité doit probablement rendre l'oeuvre et l'auteur attachants. Mais il faut néanmoins se rendre à l'évidence, si ce n'est pas Spielberg qui y arrivera alors même Pascal Le grand frère ne pourrait rien faire pour le contenir. En attendant, Transformers premier du nom restera la deuxième tentative de Spielberg après The Island dans ce qui est de réussir à canaliser son jeune et nouveau poulain hyperactif. En effet, même si le film est ponctué de scènes de comédies inutiles ici et là qui viennent plomber le récit, c'est bien le réalisateur d'ET qui suggéra à Bay d'attendre le climax de fin pour balancer la sauce. « Ne pas montrer d'affrontement dès le départ, s'en tenir à quelques séquences avec les militaires pour mieux appuyer sur l'effet de surprise » Et une fois encore c'est grâce à son mentor que Michael Bay rendra en 2007 l'une des séquences d'action les plus monstrueuse du cinéma. Un climax complètement dingue où la brutalité des combats entre les robots et l'armée en milieu urbain rejoindrait presque la frénésie et la violence des scènes de combats présentent dans La Chute du faucon noir. Son goût pour le rendu authentique des cascades et effets pyrotechnique en live fait juste des merveilles.

 

« Parait que Roland sort Godzilla un mois après nous les gars ? On va lui envoyer un asteriode dans la gueule histoire de lui montrer qui est le patron »

 

Son autre arme absolu et celle qu'il maîtrise parfaitement, l'insert. Chaque film de Bay possède un insert « clé » calé et millimétré à la seconde près. Il sait quand et à quel instant le spectateur aura le cul vissé au siège, ne manquant plus que la petite détonation pour l'en faire décoller. Le vrai tour de force est qu'il parvient toujours à le faire sans que le spectateur ne soit forcément conscient de « l'artifice » sur le moment.C'est une évidence, il n'est pas forcément un super directeur d'acteurs et d'ailleurs, il les laisse bien souvent évoluer en « roues libres » mais toujours dans le bon sens du terme. En revanche, lorsqu'il s'agit de les voir puis de les diriger dans l'action, c'est à ce moment là que le cerveau de celui que Shia Lebeouf a surnommé « Le général Paton » se met en route.

 

« Michael Bay est l'un des très rares cinéastes pour qui la société Panavision a créé des objectifs 20mm et 30mm sur mesure, rien que pour lui, limite y a son nom écrit dessus. Michael Bay fut l'un des trois réalisateurs de tête de la société Propaganda (les deux autres étant David Fincher et Alex Proyas) » Rafik Djoumi

 

 

Sa rapidité d'exécution hors-pair lui permet de gérer un facteur humain et logistique toujours plus impressionnant. Michael Bay ne tourne pratiquement qu'en décors naturels et n'a recours aux SFX uniquement lorsqu'il n'a plus le choix. Si on prend en compte certains défauts inhérent à sa technique, il faut avouer qu'il a quand même pris le temps de faire son méa-culpa pour proposer depuis Transformers 2 des plans beaucoup plus long qu'à l'accoutumé. Preuve une fois de plus que quand le gamin veut faire des efforts, il peut. Transformers 4 est aussi beaucoup attendu pour sa « maturité ». Bay a promis d'être moins insistant (et le mot est encore trop faible) sur l'humour et les scènes de comédie qui n'ont toujours fait qu'alourdir son récit pour confectionner quelque chose de plus sérieux et mature. L'intention est louable mais on se rappel tous de ce qui s'est passé lorsque le petit Michael a décidé de prendre plus de responsabilité et c'était avec Pearl Harbor. Le problème est que le « sérieux » et la « maturité » n'ont jamais vraiment fait bon ménage chez lui et il faut aussi admettre que ce n'est pas en conteur de grande histoire qu'il excelle. Là est sa limite. « Chacun son truc » comme dirait l'autre.

 

« J'ai subi tout The Rock en me demandant ce qui se passait à l'écran ; Armageddon m'a collé un mal de crâne épouvantable ; j'ai regardé Pearl Harbor en vitesse fois 4 ; j'ai arrêté Bad Boys II au bout de 40 minutes, et pourtant oui, il m'apparaît tout à fait évident que Michael Bay est un cinéaste. Cte question... » Rafik Djoumi.

 

Michael Bay est en fin de compte toujours ce sale gosse qui s'amuse à casser ses jouets dans son jardin en se racontant de « petites histoires ». Sauf qu'ici ce n'est plus vraiment avec la 8mm de maman qu'il immortalise ses méfaits et ce n'est plus avec les pétards mammouth achetés au supermarché d'en face qu'il fait tout exploser. C'est avec des budgets de cinéma considérable et pour son plus grand plaisir.

 

C'est bien là que réside une autre partie du problème mais c'est aussi là que beaucoup le considère comme un véritable auteur et génie. Bay ne pense visiblement qu'à son propre plaisir personnel ne se rendant pas forcément compte de la portée de ses gestes ni de ce qu'il fait sur le moment. Souvent dépassé par la folie et son envie de repousser toujours plus loin les limites dans « tout » ce qu'il entreprend, il devient totalement inconscient et oubli de prendre juste un peu de recul pour se recentrer. Surtout depuis Transformers.

 

« Putain Shia je suis dans la merde, à cause de cette fucking grève j'ai plus de scénar mec. »

 

L'auteur de ses lignes sait bien de quoi il parle puisqu'il doit être le seul gland à avoir récupéré les trois volets en 1080p afin de les remonter et de les ressortir dans une version REVISITED et dans les meilleurs conditions possible. L'exercice était en effet de voir s'il était possible de retirer le maximum de choses superflues afin d'obtenir un métrage moins long et plus fluide tout en restant cohérent. Finit les robots qui se font pissé dessus, finit la maman qui pète un boulon sous l'emprise de la beu, finit les robots qui se frottent sur la jambe de Megan Fox...Faisons uniquement place à ce qui fait avancer le récit. Transformers passe donc de 2h24 à 2h14, Transformers 2 passe de 2h31 à 2h17 et enfin Transformers 3 de 2h35 à 2h23. Des coupes toujours plus conséquentes où chaque volet dure 10min de trop. Je n'ai même pas osé faire le même exercice avec Bad-Boys 2 !

 

Tout ça pour dire que tes films sont un poil trop long Michael. Arrête de craquer ton slip bordel. MAIS BON...Transformers 3 est le 6ème film le plus lucratif de toute l'histoire du cinéma, gagne le prix de « Meilleurs Effets Animés dans un Film en Prises de Vues Réelles » aux Annie Wards, une cérémonie prestigieuse qui récompense les meilleurs films d'animations (la plupart des grands Pixar y ont gagné un prix). Nommé aux oscars pour le « Le meilleur montage SFX et mixage son » sans oublier quelques Razzy au passage. Sorte de « comique de répétition » pour toi non ? Et après tout ça on arrive encore à dire que tu n'es pas un réalisateur de cinéma.

 

« La critique n'a jamais été tendre avec mes films. Au bout d'un moment j'ai finit par m'en foutre. Vous pouvez dire ce que vous voulez sur Transformers 3, mais le fait est que 120 millions de spectateurs l'ont vu. » Michael Bay

 

Bad boys, bad boys whatcha gonna do whatcha gonna do when they come for you ?

 

The Bay Supremacy :

 

Bon et Pain and Gain dans tout ça ?

 

Et bien le bonhomme livre un putain de moment de cinoche plein d'humour où il tient enfin un sujet et une histoire qu'il veut à tout prix nous raconter.

 

Le cinéma de Michael Bay a toujours été fait d'expériences visuelles et sensorielles étonnantes. Avec Pain and Gain toute son imagerie prend enfin sens. Comme la première partie de The Island, Bay articule enfin toute sa mise en scène au service de son histoire. Son travelling circulaire mis au point sur Bad Boys 2 trouve ici une vraie légitimité dans son utilisation (oui oui, il nous le ressort). Passant d'une pièce à l'autre où d'un côté se joue une scène de comédie tandit que l'autre fait monter une réelle pression dramatique annonçant au loin l'arrivée d'un drame. Bay arrive enfin à transformer l'artifice en vecteur émotionnel où le spectateur passe donc à travers plusieurs degrés d'émotions au sein d'une même scène. Brillant.

 

Avec Pain and Gain, Bay montre qu'il peu tout à fait s'approprier corps et âme une histoire. Et si l'on prend le temps d'y réfléchir, ce n'est pas si étonnant que ce soit avec un tel sujet qu'il arrive enfin à y parvenir sur pratiquement toute la longueur. On s'est effectivement foutu de sa gueule (et probablement à juste titre) lorsqu'il pensait être assez mature pour porter une fresque historique sur ses épaules avec Pearl Harbor. La fin on la connait tous. Ici, Pain and Gain met en scène l'Idiotie et la Bêtise à travers des personnages qui finissent par ne plus être conscient de RIEN. Le même syndrome que celui de Bay en fin de compte. Daniel, Adrien et Paul magnifiquement interprété par Wahlberg, Mackie et Johnson sont ici représentés comme des adultes/enfants et ils sont pour ainsi dire, une représentation parfaite de ce qu'a toujours été la psyché de Michael Bay. Obnubilés par la réussite, par le culte de l'apparence, être le meilleur pour avoir et faire toujours plus...Les personnages de Pain and Gain sont tous victimes de leurs obsessions. Lorsque habituellement on doit prendre le temps de se poser pour réfléchir après avoir commit l'irréparable, Daniel Lugo lui, prend deux altères et pousse comme un couillon pour retrouver force et motivation avant de repartir. Ça ne vous rappel pas quelqu'un ?

 

Impossible de ne pas voir l'ombre de l'auteur ne serait-ce que sur un plan dans Pain and Gain et je ne parlerai même plus de la forme (j'en ai assez dit) mais bien du fond.

 

« Michael Brain »

 

Conclusion :

Michael Bay reste définitivement un type étonnant et fascinant. Passant de l'étiquette de réalisateur au patriotisme outrancier, il revient avec celle d'un critique acerbe et dégueulasse de son propre pays. Celui qui montre que le rêve Américain c'est d'avoir suffisamment de pelouse pour s'acheter une tondeuse à gazon dernier cri. Longtemps on a imaginé son cinéma comme étant aussi une façon bien à lui de mettre en scène son propre pays à travers ses valeurs ; patriotisme exacerbé, humour beauf, admiration pour l'armée etc. Mais là, force et de constater qu'au vu du traitement corrosif qu'il leur inflige, Bay semble prendre son propre travelling circulaire qu'il aime tant à 180°. Son drapeau Ricain ne flotte plus fièrement au gré du vent, il est cette fois-ci filmé et vu à travers les barbelés d'une prison. Bay semble de nouveau réussir à raconter un tas de chose en UN plan. La question est toujours de savoir si l'auteur en a vraiment conscience où si il le fait seulement parce-que ça le fait triper.

 

 

En parlant de détails, il est amusant de voir à quel point le film foisonne d'éléments aussi drôle les uns que les autres. C'est du GTA en live. L'ambiance des années 90's y apporte aussi une vraie plus value. On sent les acteurs se fendre la gueule comme jamais à l'idée de ce voir jouer les apprentis kidnappeur sur un bon vieux Coolio des familles et le tout avec des fringues pas possible. Et que dire de leurs performances. Wahlberg montre qu'il est sans cesse meilleur acteur lorsqu'il joue des personnages un peu simplet (Les rois du désert, Fighter, Ted...). Révélé au grand jour grâce à Spike Lee sur She Hate me, Anthony Mackie est lui aussi excellent. Nul doute qu'il aura un grand avenir lorsque l'on voit les prochains films sur lesquels il sera présent. Bay n'oublie pas non plus ses vieux potes et que ca fait plaisir de revoir Ed Harris qui assure comme d'habitude en vrai patriarche. Et enfin après Richard Kelly, Dwayne Johnson retrouve grâce à un autre réalisateur qui croit en son jeu plus que dans ses muscles, une réelle occasion de montrer qu'il est un putain d'acteur de cinéma. Son interprétation est juste un régal et mérite le déplacement à elle seule tant sa performance est juste fantastique. Un vrai rôle de composition où l'ancien catcheur brille grâce à une riche palette d'émotions.

 

Pour finir, Pain and Gain reste assurément l'oeuvre la plus complète de son auteur, épaulée par une réalisation en parfaite adéquation avec son récit, le tout porté par des personnages tous plus attachants les uns que les autres. N'oublions pas aussi l'excellente bande-son composée par Steve Jablonsky. Le protégé d'Harry Gregson Williams et ancien élève d'Hans Zimmer nous sort une fois de plus quelques belles compositions comme le theme d'ouverture « I'm Big » où encore « Doyle ».Cela dit, il nous tarde quand même de voir si Pain and Gain influencera de près ou de loin ses prochains films. En attendant chaque sortie d'un nouveau Bay arrive toujours autant à déchaîner les passions. Les sites internet spécialisés sortent différents portraits et dossiers rétrospectifs sur sa carrière pour l'occasion. Les différents forums s'emballent, s'enflamment, finissent par exploser. Les pages facebook fan et anti-fan se mobilisent elles aussi...

 

En attendant selon certains, Michael Bay n'est toujours pas un réalisateur de cinéma.

 

Par Vincent N.Van.

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Avis à chaud (Cinéma)





Le thème du film composé par Ramin Djawadi



Introduction :
Véritable fantasme de gosse enfin réalisé sur grand écran, dorénavant Guillermo Del Toro devient pour une bonne partie de cinéphiles et de geeks une sorte de dieu vivant. Un magicien qui finit par exhausser un voeu complètement fou, celui de rendre hommage aux animés Japonais et à ses robots géants à travers la mise en scène incroyable de combats titanesques à (très) grande échelle.
Mais puisqu'il est visiblement impossible de ne pas opposer la dernière oeuvre de Guillermo Del Toro à la franchise de Spielberg, nous allons tout de même tenter de « Pacifier » deux factions qui peuvent justement, au fil du temps parfaitement cohabiter.

The Peacemaker :
Qu'il est amusant de lire des articles aux sous-titres aussi racoleurs comme « Transformers avec un cerveau » ou encore « Pacific Rim renvoie clairement les Transformers de Michael Bay à leur place : c'est à dire au rayon jouets ». Comme pour Shyamalan, il est toujours étonnant de voir la réaction de certains journalistes lorsque la moindre occasion est bonne pour tirer à boulet rouge sur le réalisateur Californien. Pour d'autres personnes ayant longuement attendu la dernière réalisation de Del Toro, il est aussi particulièrement difficile pour eux d'admettre qu'à l'arrivée le film fonctionne exactement sur les mêmes mécanismes de fabrications que n'importe quel autre blockbuster hollywoodien. MAIS VOILA, ce n'est pas Michael Bay derrière Pacific Rim mais Guillermo Del toro. Du coup c'est donc forcément plus facile de lui trouver de bonnes excuses ou encore de lui concéder certains partis pris artistiques ou même scénaristiques douteux.

Mais merde, pourquoi diable cette envie de toujours systématiquement tout opposé lorsque l'on peut au contraire, prendre le temps d'analyser les défauts et les qualités de deux oeuvres qui peuvent au final être parfaitement complémentaires. Pour commencer (n'en déplaise à ces plus grands détracteurs), Michael Bay peut tranquillement dormir sur ses deux oreilles. Il restera encore l'un de ces rares metteurs en scène (tout comme son nouveau papa spirituel qu'il s'est maintenant trouvé en la personne de Spielberg depuis The Island) qui, en décors naturels, savent mieux que personne comment composer une séquence d'action ou chaque éléments du premier au deuxième et troisième plan trouvent sa place. L'immersion chez le spectateur est totale. C'est en grande partie du au procédé et au savoir-faire de ces « Auteurs » de l'Action qui est de toujours shooter tout ce qu'ils peuvent en live pour finir par y inclure leurs SFX lorsqu'ils n'ont réellement plus le choix. Des metteurs en scènes qui ont tout simplement atteint un tel niveau de maitrise technique dans leurs domaines pour réussir à réaliser de tels exploits. Seulement là ou Bay profite d'un cadre « réaliste », il perd forcément en liberté de mouvement et lors de ces essais sur le premier Transformers, on a souvent reproché au réalisateur de Bad Boys de ne pas toujours réussir à filmer correctement ses séquences d'actions. Trop près des robots, trop rapide, trop cut, montage épileptique...Petit à petit Bay a su mettre de l'eau dans son vin pour ainsi ce forcer à « poser » sa réal et à (enfin) prendre le temps de laisser vivre ses scènes. Del Toro lui opte pour le « tout numérique ». Une méthode de travail diamétralement opposé mais tout aussi compliqué dans sa conception. Plus proche d'un Peter Jackson, le Mexicain a pour lui une liberté de mouvement quasi-totale où il peut sans mal revenir sur un plan si il souhaite en corriger les défauts mais aussi et surtout, de pouvoir se permettre des folies visuelles inédites ou sa seule limite reste son imagination.
La question n'est donc pas de savoir si Pacific Rim est plus « intelligent » que la franchise de Tonton Spielberg dans la mesure ou à l'arrivée ils le sont tous les deux. Clairement pas dans leurs scénarios (nous prendrons le temps d'y revenir) mais dans ce qu'ils ont de plus pertinent à offrir, Le spectacle. Ces deux franchises (encore faut-il que Pacific Rim le devienne) sont tout simplement différentes sur pas mal de points. Moins dans la forme car ce sont bien deux blockbusters estivaux mais beaucoup plus dans le fond et l'un des buts de l'article sera entre autres d'en expliquer les raisons.

Réalisation :
Alors attention, il s'agit là d'un avis peut-être encore plus personnel que le reste de cet article mais effectivement, je fais parti de ceux qui préfèrent le choix du cadre de travail où se situe l'Action de Michael Bay (puisqu'il faut obligatoirement jouer au jeu de la comparaison) à celui de Del Toro. Même si le boulot rendu à l'écran est hallucinant, il n'est pas non plus dénué de défauts mais nous y reviendrons aussi. Commençons par les gros points positifs.
Del Toro a parfaitement su jouer avec ce jeu d'échelle permanent où l'on a bien cette sensation unique de ce retrouver « tout petit » face à la grandeur et à la puissance des Jaegers. Les coups portés font mal, le poids du métal nous écrase littéralement sur notre siège et ce mixage son absolument somptueux et très « fin » vient apporter cette petite cerise sur un gâteau déjà bien consistant. Notez tout le travail d'orfèvre autour de la salle de pilotage, du poste de commande. Une vraie claque visuelle qui déborde de détails. Tout simplement magnifique ! Ramin Djawadi qui est à la composition de l'OST du film nous sert un thème très proche de celui du premier Iron Man et tant mieux. C'est « cheap » comme il faut, et donc parfait pour servir cet ultra premier degré assumé de l'univers de Pacific Rim. Quel pied de voir un Shoryuken partir dans la face d'un Kaiju accompagné de ces six petites notes qui composent le thème principal. Jouissif, orgasmique.

Bon alors quel est le souci me direz-vous ? Et bien c'est ce parti pris artistique de vouloir entièrement réaliser les séquences d'actions de Pacific Rim en numérique qui m'a posé problème. Une étrange barrière peut parfois s'immiscer entre le spectateur et la scène qui se déroule sous ses yeux. Du coup l'implication prend un peu du plomb dans l'aile à tel point qu'à un moment donnée on finit par décrocher sans véritablement savoir si l'on assiste toujours à un film ou à une grosse cinématique de jeux-vidéos ou tout bêtement, à une sorte de film d'animation venant taper l'incruste en plein milieu. C'est forcément l'un des plus gros inconvénients lorsque l'on décide de tourner et d'articuler sa mise en scène entièrement sur fond vert. Encore une fois cela dépend de la perception de chacun mais durant les combats, les décors de Pacific Rim m'ont paru complètement dépourvus d'âme. Le cadre pue le studio à plein zen. Le facteur humain est égal ou proche de 0. Aucun pèlerin n'est visible à l'horizon, les villes sont pour ainsi dire, « mortes », sans relief ce qui viens appuyer ce côté « factice » ou la destruction de tout un building ne nous fait ni chaud ni froid. Cette volonté artistique est malgré tout parfaitement en adéquation avec le style de son réalisateur. Mélanger des SFX à la pointe qui se subsistent aux décors à l'effet « carton-pâte » et autres éléments « kitchissime » au possible sans oublier son affection pour ce mélange organique/mécanique très influencé par Cronenberg.

Nous sommes donc d'accord, ce n'est qu'une question de goût et comme dirait l'autre, « les goûts et les couleurs blablabla... ». Ceci dit ce n'est pas non plus la perfection à tous les étages et là je suis prêt à en débattre avec vous. Pour commencer on peut regretter par exemple le peu de plans larges qui semblent parfois nécessaire à la lisibilité de l'action mais lorsque Del Toro nous les sorts, attention les yeux ça fait très mal. C'est beau, c'est coloré, c'est grand. Mais en effet la caméra du Mexicain est parfois beaucoup trop proche des Jaeger ou des Kaiju lors de leurs affrontements. Heureusement rien de bien méchant dans l'ensemble sauf peut-être durant la séquence de fin qui pour ma part a été en grande partie illisible. Autre sentiment très étrange, c'est cette sensation d'enfermement. On sent clairement que le film manque d'air, d'aération. En plus de voir nos héros agir en grande partie dans leurs salle de pilotage, force et de constater qu'ils se retrouvent au final toujours enfermés durant une bonne partie du film. Évoluant dans des endroits cloisonnés, dans des pièces, des couloirs, des labos...On les voit très peu souvent agir avec l'environnement extérieur. Guillermo Del Toro a pour ainsi dire beaucoup de mal à nous faire ressentir une quelconque ampleur de sa catastrophe au niveau mondiale. Le récit où se situe Pacific Rim n'aide clairement pas non plus puisqu'il place ses personnages dans un lieu unique ou est retranché un groupe de résistants. On ne sort pour ainsi dire jamais de cette zone ultra délimité. Les joutes entre Jaeger et Kaiju ce font « dans leurs petits coins d'eau » ou au mieux à côté de la seule petite ville à peine esquisser qui est visiblement Hong-kong. Rendez-vous compte, il y a quand même une bataille qui se livre au beau milieu du pacifique, ou l'avenir de l'humanité est en jeu mais visiblement le monde entier lui, il s'en fou. Je ne suis clairement pas un adepte des incohérences et encore plus dans ce genre de films mais la c'est quand même sacrément étrange. Del Toro inscrit pourtant dès le départ un contexte géographique riche, ou chaque pays bossent visiblement main dans le main pour éradiquer ces grosses bébêtes. Tout ça a quand même de sacré allures de DTV quelque peu fauché malgré ses 180 millions de dollars. Certains diront que ça qui lui confère un certain « charme ».

Autre point qui me turlupine et pas des moindres, pourquoi bordel de dieu nous avons une fois de plus le droit à des séquences d'actions qui se déroule en grande partie du temps en pleine nuit ?! Et que personne ne vienne me dire que ce choix artistique est justifié par le scénario ou même la mise en scène. Hormis le faite d'être uniquement un cache misère pour certains réalisateurs, versant dans une certaine facilité technique, pour des combats aussi « grands » que ceux de Pacific Rim, n'aurait-il pas mieux fallut les mettre en scène de jour ? On ne peut penser une seule seconde qu'il puisse s'agir d'un aveu de faiblesse de la part de Del Toro. Il y a d'ailleurs deux ou trois petites séquences ou l'on peut voir certains Kaiju en mouvement de jour. Et ces scènes sont tout bonnement somptueuses ! Mention spéciale à la séquence du rêve de Mako avec ce couché de soleil magnifique et très poétique (je ne vous en dit pas plus).

Mais quelle frustration tout de même. Moi qui pensait qu'Iron Man 3 avait fini de nous achever mais non. Les trois grosses scènes d'actions du film se déroulent toutes de nuit et celle de fin finit carrément sous la flotte (clairement la moins intéressante visuellement comparé aux restes). Vous êtes maintenant prévenu !

Coeur en métal :
On parle beaucoup de Transformers mais il y a aussi un autre film de robots sorti il y a 2ans. Beaucoup plus intimiste pour le coup lorsqu'on le compare à ces deux mastodontes mais non dénué d'intérêt car ponctué lui aussi par de très bonnes idées visuels mais aussi scénaristique. Je veux bien évidemment parler de Real Steel. Pour ceux qui me suivent depuis un certain temps vous connaissez sans doute mon affection toute particulière pour ce petit bijou réalisé par Shawn Levy. Voilà un blockbuster qui possède un coeur, de l'émotion, de la poésie et des personnages attachants.  C'est bien là l'autre gros souci de Pacific Rim, sa galerie de personnages particulièrement fadasse. Quand on repense à ceux de Transformers (et oui encore, mais il faut dire que vous l'avez tous cherché) on se dit que Michael Bay a quand même un « sacré talent » pour avoir réussi à mettre en scène la silhouette de cette face de rat de Shia Labeouf. On a beau le critiquer dans ses travers mais il a quand même ce vrai savoir-faire de metteur en scène qui lui est propre. Celui de réussir à élever ses personnages au rang de pur héros de Cinéma à travers un thème qui lui est tout aussi cher, celui du sacrifice ultime dans un effort surhumain. Ici le pauvre Charlie Hunnam de Sons of Anarchy semble pourtant avoir un bien meilleur sex appeal que Labeouf mais malgré cela Del Toro n'arrive clairement pas à en faire un vrai Héros. Un comble lorsqu'il s'agit du personnage principal de Pacific Rim. Seul la petite Rinko Kikuchi arrive à tirer son épingle du jeu ainsi qu'Idris Elba. Même si certaines personnes trouvent qu'il en fait des caisses, son personnage (avec celui de Mako) semble au moins déjà plus incarné que tous les autres.

Conclusion :
Ne vous méprenez pas, même avec ses défauts, Guillermo Del Toro livre avec Pacific Rim un bout de pelloche ultra généreux aux effets visuels et sonores renversants. Il convoque par ailleurs tout une génération de geek et autres fans de la culture nippone. Un vrai petit plaisir savoureux qui compose avec un certain savoir-faire, propre et unique de la part de son réalisateur. Malheureusement là où il avait une sérieuse carte à jouer, Pacific Rim déçoit. De (très) bonnes idées scénaristiques se retrouvent trop vite expédiés (la Dérive entres autres) tout comme le background peu épais des personnages. On peine franchement à s'y attacher sans compter sur cette sous-intrigue des deux scientifiques geek incarnés par Charlie Day et Burn Gorma. Elle est certes obligatoire pour l'histoire mais en plus de ne pas vraiment retenir notre attention, les deux comparses échouent bien souvent dans leurs rôles de sidekicks comique et malheureusement ils ne sont pas les seuls. Pacific Rim possède pas mal de « faire valoir » dans son récit. Les pilotes des autres Jaeger, « à peine vu, à peine décimer », les fameux Kaiju ont beau être magnifique visuellement mais ils restent néanmoins totalement désincarnés. Del Toro n'en profite pas plus pour aller au-delà, en leurs conférant une vraie personnalité. Des monstres géants à qui il faut mettre des mandales, rien de plus.

La vraie bonne idée de Pacific Rim c'est sans aucun doute toute cette structure mise en place autour du fonctionnement des Jaeger. Del Toro aurait même pu consacrer tout une trame autour du procédé tant il s'avère particulièrement riche. Mais dans un excès de générosité, le réalisateur préfère nous lancer directement dans le grand bain dès le début, en prenant uniquement 10min en tout et pour tout pour nous exposer l'idée puis la développer brièvement à travers les personnages de Mako et Raileght. Dommage car au-delà de ses affrontements titanesques, c'est bien ici que Pacific Rim rend le spectateur « curieux ».
Mine de rien c'est bon signe car si il y a une suite, Del Toro aura sacrément de quoi faire pour (pourquoi pas) changer de ligne directrice et développer puis articuler sa prochaine histoire autour de la Dérive. Cependant, il faudra compter sur des personnages bien plus incarnés pour que ça fonctionne. Ici leurs développement s'avère être beaucoup trop classiques voir simpliste pour une aussi bonne idée scénaristique.

Bref, le spectateur passe un bon petit moment de cinoche devant Pacific Rim et il serait de mauvaise foi de prétendre le contraire. Néanmoins la vraie claque annoncée attendra et il est quasi impératif de tempérer les ardeurs de certains car NON Del Toro ne révolutionne en rien dans la manière de concevoir un Blockbuster estival. Espérer réussir là où la franchise de Spielberg et Bay a toujours péché ? Tenter d'élever le « Blockbuster aux plaisirs coupables » à celui de « Blockbuster intelligent » ? Proposer un film ou un bon scénario se retrouve sacrifié pour faire place au Spectacle mais peut-être plus ambigu, plus subtil, plus subversif ? Hélas, si certains ont défoncé la franchise de Spielberg pour son manque totale d'intelligence et de maturité hors scènes d'actions alors n'espérer certainement pas que Pacific Rim puisse un tant soit peu proposer quelques chose de plus novateur. L'histoire (de base) tient sur un ticket de métro, les personnages sont aussi épais qu'une feuille de paplar bref, on est bien en face d'un gros Blockbuster friqué ultra formaté jusqu'à l'os. Guillermo Del Toro aura beau y mettre toute la meilleure volonté du monde et sa petite touche perso que Pacific Rim n'ira jamais au-delà de ce qu'il propose. Mais franchement, à partir du moment où le plaisir (celui pour lequel nous nous sommes déplacés) est bien présent et que l'on prend notre pied, on s'en fou un peu non ? Personnages ultra stéréotypés ? Film ultra patriotique ? Publicité géante qui vente les moyens de l'armée américaine ? Et alors ! J'avais déjà beau expliquer à l'époque que tout l'intérêt de la franchise de Spielberg n'était pas dans ces divers points ou même dans son humour graveleux mal venu mais bien dans son unique souhait qui est de proposer un vrai plaisir régressif au sens noble du terme.

Je suis certain qu'à travers cette analyse beaucoup de personnes penseront que mon but était d'uniquement opposer Pacific Rim/Del Toro à Transformers/Bay. Mais bien au contraire, prenez plutôt le temps d'imaginer une « Dérive » entre ces deux oeuvres/cinéastes sans oublier Real Steel. Elles sont tout aussi riche visuellement avec leurs défauts et leurs qualités. Non seulement je pense qu'elles peuvent effectivement ce nourrir les unes des autres à l'avenir et que leurs réalisateurs feront probablement le meilleur film qui soit à l'arrivée. Mais à travers cet exercice d'analyse, Del Toro m'aide surtout à me rappeler qu'il y a effectivement certains Blockbusters qui ne doivent probablement pas tenter d'être plus que ce qu'ils sont. Ou le but n'est pas obligatoirement de faire preuve d'originalité ni de chercher à les sur-interpréter mais d'uniquement les prendre pour un pur spectacle visuel et sensoriel, réalisé avec la meilleure technique, implication et sensibilité qui soit de la part de leurs metteurs en scène.

Finalement lorsque c'est réussi, ne s'agit-il pas tout simplement de l'une des plus belles preuves d'amour et de sincérité qu'un cinéaste puisse offrir à son public ?

Par Vincent N.Van.

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After Earth - Bande annonce par Millenium_TV

 

Introduction :

Dire que la dernière réalisation de M.Night Shyamalan est très attendue serait un euphémisme. A croire qu'After Earth pourrait presque sortir dans l'indifférence générale ou en tout cas, qu'il soit largement moins attendu que lorsque l'auteur de Sixième Sens était au top de sa forme. « Mouais j'attends de voir » diront dorénavant les cinéphiles. En effet, ex-petit génie pour certains ou réalisateur bien trop sur-estimé pour d'autres, Shyamalan traverse une période sacrément difficile et c'est peu de le dire. Un cinéaste qui marche grandement à l'affecte ou chaque critiques négatives (et même positives) à l'encontre de ses oeuvres et surtout de sa propre personne le touchent particulièrement. Arrivé à un tel point qu'il finit par se mettre à dos toute l'industrie d'Hollywood d'abord en n'hésitant pas une seule seconde à s'attaquer à l'une des plus grosses production de cinéma (Disney) pour ensuite finir par se farcir les critiques et cinéphiles les plus cyniques envers ses oeuvres. 

Lorsque l'on voit comment Hollywood peut arriver à se débarrasser des artistes qu'elle a elle-même « créé », atteignant pourtant le fameux « rêve américain » ou « success story », on se dit effectivement que M.Night Shyamalan est un fou à lier. Un jeune réalisateur totalement inconscient qui n'a visiblement pas su à quoi ni à qui il s'attaquait réellement.

 

 "Quand la presse s'emmêle"

 

C'est un fait, After Earth arrive au beau milieu d'une guerre. Celle dont Shyamalan s'est (maladroitement) auto-désigné comme étant le porte étendard d'un mouvement visant à ouvertement critiquer les rouages d'un système Hollywoodien. Système qui peut sans le moindre mal vous faire grimper au plus haut des sommets de la réussite mais qui peut aussi vous faire considérablement chuter quitte à ce que vous finissiez six pieds sous terre (une pensée pour toi McT). Depuis et notamment à cause d'une forme d'inconscience totale ainsi qu'une certaine fierté mal placée, le jeune auteur se perd dans une bataille qui dure depuis maintenant 7ans. Et même si After Earth n'est pas encore la renaissance de l'auteur/réalisateur d'Incassable, il montre quand même une petite lueur d'espoir. Ainsi, pour parfaitement comprendre le contexte dans lequel chaque films de ce réalisateur doit être vu puis interprété, il est impératif de revenir là ou tout à commencé.

 

Il y a 13ans sur le tournage d'Incassable. Au top de sa forme.

 

Shyamalan's Story :

2006, c'est à travers un comte pour enfant que Shyamalan décida d'entamer son premier round contre l'Industrie. L'Histoire, pratiquement tout le monde l'a connait. Suite au semi-échec du Village jugé impardonnable de la part des patrons de Disney, Shy décide de revenir à une forme de cinéma proche d'un ultra premier degré exacerbé qui prenait complètement à contre emploi la mécanique de ses précédentes oeuvres. Mécanique durant laquelle il s'était enfermé depuis Sixième Sens (fin à twist quasi-obligatoire entres autres). Les costards cravate de Disney n'arrivent plus à comprendre la vision de leur jeune prodige, le divorce fût prononcé, particulièrement lourd et difficile à accepter. Shyamalan finit en dépression.

Une narration plus naïve, une réalisation moins « poseur », sophistiquée ou même stylisée ainsi qu'une fin à twist volontairement avortée, La jeune Fille de l'eau finissait par imposer au public de faire un choix. Celui de Croire ou de ne pas Croire à son histoire mais aussi et surtout en son Auteur, balayant d'un revers ses propres codes en tournant même plus d'une fois certaines scènes à l'auto-dérision. Avec le recul, La jeune fille de l'eau se pose comme étant sans le moindre doute l'une des oeuvres les plus sincères qu'un cinéaste puisse léguer au cinéma et aux cinéphiles. Mais elle aussi la plus dangereuse car en même temps, l'auteur donne clairement le bâton pour ce faire battre plus facilement si il le faut. Ainsi, sur ses propres thématiques et sur une certaine vision d'une Industrie qui l'a pourtant amenée à avoir une certaine renommée internationale, Shyamalan se pose (à travers l'un des personnages du film qu'il interprète lui-même) comme étant un artiste en proie aux doutes. Un artiste qui a toujours imaginé et écrit ses histoires selon les diverses choses qui le touchaient émotionnellement à travers son quotidien mais que des producteurs ont voulu, au final, enfermer dans un moule. Le Village symbolise bien une sorte d'appel au secours de la part du cinéaste. Le communication autour du film est mal comprise par Disney. Une récente interview du cinéaste vient coroborer cette imcompréhension :

 

« Je prépare du thé, mais on le vend comme du Coca-Cola. Les spectateurs sont déroutés: ils s'attendaient à du Coca et on leur sert du thé! Forcément, ils pensent que c'est le pire Coca qu'ils ont jamais bu! Le contexte et les attentes créés par le marketing me nuisent souvent. »

 

 

 Fallait-il y voir des premiers « Signes » annonciateur ? Ceux de sa probable chute sans le moindre doute.

 

Et donc pour La jeune fille de l'eau, l'auteur/réalisateur se renferme d'avantage sur lui-même en racontant l'histoire d'un gardien d'immeuble qui décida volontairement de se déconnecter du monde suite à un trauma lié au décès de sa femme. Sa rencontre avec une Nymphe aquatique va le pousser à s'ouvrir (pour ne pas dire s'exposer) puis à s'entourer d'une petite communauté de gens , à comprendre par là ses détracteurs ou ceux en qui il espère arriver à « croire » ET à faire croire de nouveau. Shyamalan situe son histoire uniquement à l'intérieur de « La Crique », ne dévoilant jamais le monde extérieur et tout comme Cleaveland Heep, il n'est pas encore prêt à l'affronter.

 

Shyamalan dans sa crique

 

En plus d'une très belle histoire pour peu que l'on arrive à se sentir émotionnellement, totalement impliqué, La jeune fille de l'eau traite tout simplement d'un sous-texte riche et passionnant. Une mise à nue et une remise en question totale d'un auteur sur son Cinéma, face à son public et aux Critiques. En tant que véritable auteur (puisqu'il a toujours écrit ses scénarios jusqu'à After Earth), Shyamalan a toujours travaillé sur des traumas profonds qui lui sont proprement personnels. La jeune fille de l'eau ne déroge donc pas à la règle, réussissant de manière insidieuse et avec un certain tour de force à (malheureusement pour certains) faire surgir cette forme de cynisme latent présent en chacun de nous. Un cynisme qui ne demande qu'à être réveillé, attendant simplement le film idéal pour le faire. Exactement au même titre qu'un Cheval de Guerre, La jeune fille de l'eau confronte ainsi le spectateur à ses propres doutes, à sa capacité de savoir si il peut toujours arriver à « croire » et à « accepter » de s'impliquer de manière « naïve » dans une histoire où c'est bien une forme d'ultra premier degré qui prime. Deux oeuvres profondément sincères car dénuées de tout artifices de la part de leurs auteurs donc mais littéralement casse-gueule au possible à l'arrivée. Certains diront sans doute « j'ai passé l'âge » d'autres diront « ça aurait marché si j'avais eu 10 ans de moins ». Mais attention ne nous méprenons pas car pour ces oeuvres il ne s'agit pas ici de faire preuve de complaisance, bien au contraire. Ils ont leurs défauts comme n'importe quels autres films et l'interet dans ce dossier n'est pas de les défendre mais de prendre au moins quelques instants pour les « comprendre ». Ce genre de films "anti-cyniques" au sens propre tente néanmoins d'apporter une réelle réflexion sur la façon dont nous percevons les films au fil du temps et des années qui passent. Sommes-nous devenus plus exigeant ? Attendons-nous une forme de cinéma de plus en plus « sophistiquée » pour arriver à « croire » ?

 

La jeune fille de l'eau ne manque pas de se faire assassiner par la critique américaine. Le bouche à oreille ne fait pas son effet, l'oeuvre trimbale avec elle toutes les casseroles possibles. Trainant une réputation de « film d'un auteur malade », Shyamalan connait son premier vrai bide au box-office.

 

Shyamalan's Therapy :

« Vous sentez-vous une place dans le club des réalisateurs confirmés, à Hollywood ? »

« Je ne fais parti de rien. Je suis un solitaire, un vrai. Je n'ai même pas d'amis. Je suis juste content d'être avec moi-même »

 

2008, après que Shyamalan se soit fait conspuer puis lynché, se faisant traiter d'ex-enfant pourri-gâté d'Hollywood traversant une crise existentielle profonde, notre auteur/réalisateur revient avec Phénomène. Et ici ce n'est plus le public ni les critiques en qui il désire lui-même se confronter mais bien la nature et le Monde qui l'entoure. Conscient qu'il ne sera plus l'enfant prodige d'Hollywood, Phénomène est bien une métaphore sur la peur qu'a Shyamalan non plus envers l'Homme mais envers ses propres croyances les plus profondes., Shy fuit une menace invisible, probablement lui-même d'ailleurs, en espérant se retrouver dans un endroit sûr. Son Village et sa Crique n'auront pas suffit à lui redonner une quelconque lueur d''espoir.

 

Phénomène sera le premier film durant lequel il décida de ne faire plus aucune apparition.

 

2010, Le dernier Maitre de l'air ou « le choix de la raison ». Shy a besoin de retrouver la côte. Il ne peut pas rester plus de 3ans sans réaliser un film. Le cinéma est bien plus qu'une passion chez ce réalisateur. C'est pour lui un besoin viscéral et naturel. Probablement la seule manière de pouvoir s'exprimer, pour le pire et pour le meilleur. Le problème avec Le Dernier maitre de l'air est que Shyamalan ne sait pas tenir, faire et construire un blockbuster. Il n'est clairement pas à l'aise avec un tel exercice qui necessite un savoir faire bien particulier. Il n'est pas non plus à l'aise avec « les grands espaces ». Le Dernier Maitre de l'air souffre même techniquement, certains plans en fond vert sont hideux, la conversion en 3D imposée par le studio s'avère être catastrophique... Le film reste pourtant largement bénéficiaire malgré un succès relatif. En revanche, Shyamalan ne manque pas de se faire crucifier une fois de plus.

 

Le choix de la raison

 

2013, quintessence-même de toutes les thématiques liées à son cinéma, dire qu'After Earth ne possède en rien la patte du cinéaste ou même son ombre serait justement faire preuve d'un certain manque de connaissances envers les diverses oeuvres du réalisateur mais aussi et surtout, les différents contextes durant lesquels ils ont pu voir le jour (Durendal1 ce message est pour toi). Comment ne pas reconnaitre cet aigle qui ressemble comme deux gouttes d'eau au grand Eatlon, oiseau mythique de La Jeune fille de l'eau ? Ou encore la manière dont Kitai se débrouille pour faire chuter l'un de ses agresseurs tout comme Ivy dans Le Village durant sa confrontation avec Noah Percy ? Une héroïne qui devait elle aussi, traverser une forêt « à l'aveugle » remplie d'obstacles et de pièges. Le thème de la paternité visible dans Incassable retrouve sa place, sans compter le parallèle qu'il peut y avoir entre la fin de Phénomène ou la nature (re)prenait le dessus sur l'Homme et le début d'After Earth. Deux oeuvres qui peuvent très bien s'inscrire dans une certaine continuité scénaristique.

 

Shy au "commande" d'After Earth

 

Bref à travers After Earth, Shyamalan en profite pour nous dire qu'il prolonge toujours ses rendez-vous quotidiens avec son thérapeute, attendant patiemment de ressentir à nouveau cette petite chose qui lui permettra de retrouver pleinement la possession de ses moyens. En attendant (tout comme le jeune Kitai), Shyamalan se laisse guider, contrôler à distance mais arrive néanmoins à nous transmettre un message, à nous dire qu'il est toujours là en parsèmant son petit film de commande de quelques clin d'oeils bienvenus.

 

Conclusion :

Qu'on soit très clair, After Earth est bien une petite déception car à chaque nouveaux projets de Shyamalan on espère toujours prendre une claque, pour ne pas dire la même qu'en 1999. Il n'est pas encore LE film qui fera renaitre tel un Phoenix le réalisateur de Sixième sens mais c'est quand même un bon petit encas bien plus digeste que ne l'était Le Dernier maitre de l'air. Si pour une fois Shyamalan n'est pas l'auteur de son film, cela lui permet au moins de pouvoir se (re)concentrer davantage sur sa réalisation. Des idées de cadrages et de mises en scènes ponctuent certaines séquences qui retrouvent (enfin) une vraie puissance émotionnelle. La scène de l'envol en témoigne tout comme cette gestion quasi-parfaite du silence, de ces dialogues « chuchotant » et de ce rythme lent dont le réalisateur se sert pour accentuer davantage l'Action quand celle-ci détonne enfin. Une des principales qualités unique et propre à ce cinéaste qui nous avait cruellement manqué.

 

Non, le vrai problème d'After Earth n'est pas son sois-disant sous texte scientologue (encore une fumisterie de la part de certains critiques qui l'ont toujours mauvaise) ou de la mauvaises interprétation des Smith. Le petit Jaden est très bon tout comme le jeu de Will Smith tout en retenu. Non le vrai problème d'After Earth est son scénario. On aurait très bien pu se passer de ses flashbacks incessants sur le trauma du petit Kitai qui ne font que plomber le rythme du film. Au-delà de ça, After Earth nous fait passer un bon moment de cinoche, certes en dessous de ce que nous proposait Shyamalan il y a quelques années.

 

Toujours en convalescence, le jeune indien préfère se laisser guider par ce projet « made in Smith ». Retrouvant peu à peu confiance en sa mise en scène, il en profite pour réinjecter dans l'univers d'After Earth ses petites créatures et thématiques véhiculées dans ses précédentes oeuvres. La toute première rencontre entre le public et l'une des créatures d'After Earth n'est pas anodine. Première petite bébête qui nous ramène à nos peurs enfantines faisant naitre pour certains une phobie bien connue.

 

Shyamalan nous confirme bien que malgré un certain cynisme latent qui est aussi présent en lui et qu'il s'évertue à contrôler, il reste toujours un grand enfant en dépit de la sale période qu'il traverse.

 

Par Vincent N.Van.

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END OF WATCH- Bande annonce VF par metropolitan_filmexport

 

Introduction :

Depuis les années 2000, l'ex officier des Marines David Ayer s'est trouvé une véritable reconversion au sein du 7ème art. A la base scénariste, Ayer s'est beaucoup inspiré de son enfance et des quartiers chauds de South Central dans lesquels il a grandi pour écrire ses scénarios. Un parcours atypique qui lui a valu une véritable renommée dans l'univers des polars musclés. C'est tout de même grâce à lui qu'une franchise comme Fast and furious en est là où elle est aujourd'hui. Sans oublier la carrière d'Antoine Fuqua (Shooters, Un tueur pour cible...) qui a décollé ainsi que celle de Denzel Washington qui au passage raflait son tout premier oscar en tant que meilleur acteur grâce à son rôle de flic ripou qu'il incarne dans Training Day. Passé depuis peu à la réalisation, Ayer confirme une fois de plus avec End of Watch tout le talent qu'on lui connait et peu pourquoi pas prétendre à embrasser une carrière de grand cinéaste à l'avenir. Marchant sur les pas d'un certain Michael Mann pour qui il porte une affection toute particulière, Mann est pour Ayer un véritable père spirituel et est pour lui sa principale source d'inspiration.

In the street :

Malheureusement avant de pouvoir arriver à une tel consécration, David Ayer devra encore patienter un petit peu mais le réalisateur/scénariste est bien sur la bonne voie, nous y reviendrons. Commençons d'abord par le principal problème d'End Of Watch. En réalité c'est qu'Ayer veuille absolument donner une justification à son choix esthétique qui s'est porté vers celui du « found-footage ». Effectivement c'est un petit peu la mode depuis Cloverfield et la franchise Paranomal Activity. Le procédé n'est pas du tout une mauvaise idée en soit, loin de là, car effectivement lors de certaines séquences, le rendu s'avère être suffisamment inédit (dans le contexte) pour accentuer une certaine immersion. Malgré tout, on ne peut s'empêcher de penser que si Ayer avait opté pour un procédé plus « classique », le rendu aurait eu tout autant de punch voir même plus. Le réalisateur/scénariste tombe dans le piège de « l'effet de mode » n'arrivant tout simplement pas à tenir ce concept sur toutes ses séquences, s'obligeant parfois à s'extirper du format pour tout simplement « repasser » derrière une caméra de cinéma. Là ou REC ou encore Le projet blair witch ne trichaient pas et nous faisaient voir uniquement les choses à travers un seul et unique objectif.

« I love you my brother »

Le vrai point fort d'End of Watch reste la qualité de son scénario. Foutrement bien écrit, Ayer signe une petite oeuvre brute qui met en scène le quotidien de deux flics de South Central interprétés par Jake Gyllenal et Michael Peña. Le thème de « l'amitié virile » est bien entendu au centre des débats. Gyllenhaal et Peña s'effacent purement et simplement du cadre pour faire place à de vrais personnages. Non pas des personnages de cinéma mais bien de ceux qui font surement parti de ces différentes brigades qui sillonnent les quartiers chauds de Los-Angeles et parfois au péril de leurs vies. Des personnages forts qui, aux milieux d'interventions musclés, parlent de leurs familles, leurs états d'âmes, leurs rencontres ou pratiques sexuelles...Bref, tout ça aurait pu être très « bateau » et faire office de remplissage mais c'est justement sans compter sur la somptueuse plume de David Ayer que tous ces petits détails liés aux personnages fonctionnent à merveilles et sont parfaitement bien intégrés au récit.

Conclusion :

Avant d'arriver à la hauteur d'un Michael Mann, Ayer prend quand même le temps de signer avec End of watch un vrai (bon) drame humain qui met en scène des héros sans costumes ni masques où un ultime acte final reste un petit chef d'oeuvre à lui tout seul. Dommage que le procédé du found foutage ne prend qu'avec parcimonie par ailleurs, ce n'est qu'à la toute fin que cette fameuse « caméra vérité » nous fous vraiment les boules. Vraiment !

Par Vincent N.Van.

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Iron Man 3 - Bande annonce par Millenium_TV

Le thème du premier Iron man composé par Ramin Djawadi

La 3D :
En plus d'avoir vu le film dans des conditions idéale (IMAX) La 3D s'avère être complètement inutile. Visiblement la studio a du mettre la pression pour que Black s'emmerde avec ce procédé dont il a l'air de se foutre royalement. Pour ceux qui ce poseraient éventuellement la question de savoir si elle vaut le coup, sachez que vous pouvez très bien vous en passer.

« Le Man sans l'Iron »
Selon les dires, Iron Man 3 devait faire de l'ombre à toutes les actuelles et futures adaptations de comics. Et pourtant... Cette deuxième réalisation tant attendue de Shane Black est finalement un peu décevante, et c'est en particulier dû à son rythme.

Black réussi quand même à faire mieux que le 2ème opus d'Iron Man en réalisant un film déjà moins stressant et moins cabotinant, mais ce dernier reste quand même en deçà du premier film. L'utilisation de la voix-off qui prend sens jusqu'à la fin du générique ou encore la période de Noël ainsi que « l'enquête policière » est en partie tout ce qui fait le charme d'un scénar écrit par l'auteur de L'arme fatale. Black était pour ne pas dire, attendu comme le Messie sur la franchise d'Iron Man et il semblait intéressant de voir comment il allait décortiquer une fois de plus le mythe du héros et gérer au passage, sa première grosse production (Joss Whedon en chiait dans son froc). La seconde partie du film est par ailleurs consacré à la mise en place d'un duo mené par Robert Downey Jr et l'excellent gamin d'Insidious ce qui n'est pas sans rappeler Last Action hero. Durant toute cette partie, il s'agira ici de voir Tony Stark évoluer et résoudre une petite enquête policière avec son jeune acolyte pendant près d'une bonne demi-heure. Toute cette partie du film vise à donner au personnage un rôle tout aussi important que celui qu'il se donne avec son armure.

C'est en effet le point névralgique de ce premier retour d'un des comics Mavel qui fait directement suite aux événements qui ce sont déroulés à New-York avec l'arrivée des Avengers. Tony Stark sait dorénavant qu'il n'est pas tout seul et que d'autres personnes sont réellement dotés de pouvoirs qui (probablement) le dépassent. Stark vaut-il quelque chose sans son armure ? Voilà tout l'intérêt de ce 3ème opus et Black de répondre à cette question sur 2h10 de film. Ce n'est pourtant pas les bonnes intentions qui manquent mais voilà le réalisateur de Kiss-Kiss Bang Bang n'arrive clairement pas à faire tenir ces enjeux dramatiques sur plus de 2h. La tension en prend donc forcément un coup et ces divers moments censés être bouleversants n'ont plus une portée suffisamment forte pour nous tenir en haleine. Rappelez-vous de la séquence de la caverne dans le premier volet. Voilà une tension que l'on ne retrouve décidément toujours pas chez Iron Man ! Et là Robert Downey Jr n'était pourtant pas encore Iron Man mais bien Tony Stark dans une boite de conserve. Rah ! Cette toute première armure faite dans l'urgence et avec les moyens du bord en compagnie de l'excellent Shaun Toub (Collision) que Black a l'intelligence d'insérer judicieusement au début du film d'ailleurs.

Bref, Iron man 3 est tout simplement inconstant. Quand on pense que le film décolle enfin c'est pour retomber de nouveau.

Même si elles se font rares et considérablement attendre, le film nous réserve heureusement quelques séquences sympas (celle de l'Air Force One), de très bonnes surprises comme celle du mandarin interprété par l'excellent Ben Kingsley où encore ce petit duo attachant entre Robert Downey Jr et Ty Simpkins. L'humour, lorsque celui-ci est bien amené, fonctionne toujours. Les personnages qui gravitent autour de Stark sont plutôt bons même si à cause de ce « fucking rythme » on en perd parfois en cours de route. Mention spéciale à Jon Favreau réalisateur des deux premiers volets qui continue d'interpréter le chef de la sécurité de Stark. Black lui confère un rôle beaucoup plus important durant la première partie du film, le rendant lui aussi réellement attachant. Petit bémol en revanche concernant la séquence de l'acte finale. Et encore une séquence d'action qui se déroule de nuit ! Visiblement la prod n'avait plus de thunes pour faire chier le directeur des SFX. Cette séquence est certes largement visible mais merde quoi ! Même si X-men First Class avait des effets spéciaux parfois à la limite, les auteurs ont quand même pris le risque de se faire chier à nous faire une magnifique et ultime séquence d'action en plein jour !

Ramin Djawadi nous manque :
A chaque film de super héros, sa bande-originale qui est tout aussi importante que le reste. C'est ici notre compositeur « Mc-Do » qui s'y colle, j'ai nommé Brian Tyler. J'aime bien Brian Tyler, disons qu'il fait « le taf ». Chaque thèmes principal qu'il compose ce ressemblent tous mais sonne suffisamment bien à nos oreilles pour que l'on s'en rappel et que l'on puisse les ré-écouter sans déplaisir. Apparemment le choix de la musique sur la franchise d'Iron man est de proposer un thème différent sur chaque volet. X-men avait fait pareil avec l'excellent Michael Kamen pour le premier, John Ottman et Powell pour le second et troisième volet. Pourquoi pas, même si je ne suis pas du tout fan du procédé. D'avance, il s'agit là d'un avis purement personnel mais effectivement j'aime retrouver un thème principal qui est tout de suite identifiable et qui correspond bien à une franchise afin de la faire évoluer au fil des épisodes. La première bande originale composé par Ramin Djawadi en 2008 étant vraiment excellente, je vous invite à la ré-écouter si vous ne vous en souvenez pas. « Mark II » & « Driving With the Top Down », ça c'est Iron man putain de dieu. Pourquoi diable avoir changé en cours de route si c'est en plus pour faire moins bien. John Debney était clairement « une erreur de casting » sur Iron man 2. Bon, ici Tyler rattrape heureusement le coup mais ses arrangements n'apporte pas non plus grand chose à l'univers d'Iron man. Pour faire simple c'est carrément interchangeable et le thème ne lui correspond pas assez. Il manque tout simplement ce petit zest de folie, de rock'n roll quasi 70's que Djawadi avait réussit à amener. Puis malheureusement, même dans le monde de la composition, depuis que Zimmer a sorti quelques uppercut grâce à son travail sur Inception et Dark Knight, c'est la mode aux très lonnnnnnngs vrombissement des cordes. Pas ludique pour un sous, Tyler n'échappe pas à la tendance du moment en plus de ne pas être aidé par la tournure « dramatique » que souhaite absolument donner Black à Iron man. Chez les compositeurs, seuls Alan Silvestri et Michael Giacchino semblent épargnés en ce moment.

Conclusion :
Soyons clair, on ne passe pas un mauvais moment devant Iron man 3, le film est suffisamment agréable pour que l'on se laisse emporter "gentillement". Les touches d'humours font toujours leurs petits effets et quelques idées de mise en scènes avec l'armure sont bien trouvées, mais ce n'est clairement pas la claque annoncé. Le rythme du film est définitivement le vrai souci. L'effet de surprise en moins aussi peut-être ? Probablement. Jusqu'ici la démarche d'aller voir un Marvel pratiquement tous les ans ne me posait pas de problèmes particuliers mais peut-être es-ce un point sur lequel il faudra méditer au fil du temps...

Par Vincent N.Van

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Avis à chaud (Cinéma)


Oblivion - Bande-Annonce / Trailer #2 [VF|HD720p] par Lyricis

 

« Cruise les bons coups »
Tom cruise a vraiment du flaire. Après « Minority Report », « la Guerre des mondes » et en attendant « All you need is Kill » de Doug Liman, l'acteur ajoute un 3ème film de science-fiction à sa filmographie. Un style cinématographique qui revient peu à peu dans la lumière à l'approche d'Elysium et du prochain Star Trek.

Bref, visiblement Oblivion cartonne et c'est même l'un des plus gros démarrages dans la carrière de Tom Cruise. « L'homme » pour qui le public est toujours autant circonspect sur sa réelle nature nous montre une fois de plus qu'il est toujours au top, tant physiquement que dans son jeu. Certes, l'on pourrait reprocher à Tom Cruise d'être en pilote automatique et de nous ressortir encore et toujours sa même palette d'émotions mais mine de rien, celle-ci fait mouche dans Oblivion. « Ça fonctionne toujours » comme dirait l'autre.

C'est sans doute là que réside la qualité de cette acteur et sans doute grâce au fait qu'il ne bosse jamais avec la concurrence. En dehors de ses récentes collaborations avec Jeremy Reiner, l'étoile montante qu'il a côtoyé dans « Mission Impossible 4 » et de Colin Farell dans Minority Report il faut remonter à 1994 et « Entretien avec un Vampire » pour constater sa dernière collaboration avec une star, qui à l'époque n'en n'était qu'une en devenir : Brad Pitt. Mais voilà Tom, c'est le patron et sur les grosses productions (pour ne pas dire la majorité de ses choix de carrière) le « Monsieur » ne partage pas l'affiche et ne s'entoure que de splendides actrices. Et oui, on ne bosse pas « avec » Tom Cruise, on bosse « aux côtés » de Tom Cruise et c'est une chance à saisir lorsqu'elle est donnée car cela représente, comme pour Reiner Farell ou Pitt, un instant d'une vie dans la carrière d'un acteur de cinéma. Qui, à l'heure actuelle, peut se targuer d'avoir été sous la direction des Kubrick Spielberg, Stone, De Palma, Scott, Pollack, Redford, Mann... ? Personne. Tom Cruise n'est pas une star de cinéma, c'est aujourd'hui encore LA star de cinéma par excellence.

Je ne parlerai pas ici du scénario d'Oblivion, l'important étant vraiment d'en savoir le strict minimum sur l'histoire pour pleinement en profiter. Le second film de Kosinsky n'est pas encore LE film de SF qui sera rangé au côté de Blade Runner, mais il arrive cependant à s'immiscer sans mal au sein de ces bons petits films de science-fiction qu'ont été Sunshine, Source Code ou encore Looper dernièrement. Kosinsky traine malheureusement toujours les mêmes défauts que sur sa première réalisation. A sa décharge, la base scénaristique de Tron à l'époque n'était déjà pas très épaisse. Ce qui a rendu ce film « culte » c'était bien entendu son aspect technique et novateur lorsqu'il est sorti en 1982 et non pas son scénario. Il faut néanmoins reconnaitre que durant toute la séquence finale de Tron Legacy, Kosinsky a su donner un côté épique et tragique au film et a accessoirement donné à la franchise un début « d'âme », ce qui n'était foutrement pas gagné d'avance lorsque l'on y repense mine de rien.

Ce petit quelque chose qui manque et qui aiderait pourtant le spectateur à s'immerger d'avantage émotionnellement dans l'histoire se retrouve dans Oblivion. Mais tout comme sa dernière réalisation, il arrive néanmoins à proposer un univers solide, magnifié par des images sublimes qui parfois arrivent à nous « toucher » avec grâce. Par exemple ce traveling au ralenti du drone qui avance sur Jack, allongé sur le sol (séquence qui me hantera encore pour un moment dans ma vie de cinéphile) est la preuve que lorsque Kosinsky veut, il peut. N'oublions pas non plus l'autre point indéniable de tout film de SF : l'univers sonore. Sur ce point, le travail a dû être colossal et le résultat s'en fait ressentir : c'est irréprochable. Le « langage » sonore des Drones ou encore celui du vaisseau de Jack sont tout simplement ahurissants. Tout ce travail acoustique autour d'Oblivion est léché comme jamais et nous procure une sensation inédite que l'on ne vit que bien trop rarement au cinéma. La bande-son du film, réalisée par le groupe M83, est elle aussi de très bonne facture. Le groupe d'Antibes n'invente rien (encore les bouuuum bouuuuum d'Inception qui ont été repompés) mais son thème principal reste agréable à entendre et quelques morceaux vraiment sympathiques comme Fearful Odds, Supercell, Waking up ou encore StarWaves se laisse écouter sans mal.

Même si le film à ses défauts, ses autres qualités s'approchent suffisamment de l'excellence pour nous faire passer un très bon moment de cinéma. La direction artistique est proprement hallucinante de beauté et le mixage sonore d'une pureté sans commune mesure ! Oblivion est bien LA dernière vitrine technologique et visuel du moment.
Ne reste plus qu'à l'architecte de trouver le juste équilibre pour entrer dans la cours des grands réalisateurs de cinéma. On prend les Paris ?

Par Vincent N.Van

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Dredd (2012) - Official Trailer [VO-HD] par Eklecty-City

Introduction :
Pourquoi ? Pourquoi diable la carrière cinématographique de Dredd fût à ce point sacrifié. Tout était pourtant réuni autour de ce reboot pour que ça fonctionne. Alex Garland en tête, romancier de profession et scénariste quasi-attitré de Danny Boyle. La franchise 28j, Sunshine, La plage et surtout l'arlésienne « Halo », Garland endosse pour la première fois le costume de scénariste ET de producteur au côté d'Andrew MacDonald. John Wagner, créateur de la BD vient lui aussi (re)donner un coup de main à cette entreprise qui y crois dur comme fer et qui sent déjà très bon. Elle sent bon tout simplement parce-que cette équipe a toujours pu bosser comme elle le voulait en se permettant même de réaliser quelques succès au passage (La franchise 28x). A l'heure ou la créativité se retrouve la majeure partie du temps bridé par des producteurs hollywoodiens frileux de ne pas être sûrs d'avoir un bon « retour sur investissement ». L'une des cause première ? La fameuse classification R. Mais la dream team de Danny Boyle elle, s'en bat complètement les roustons, reste fidèle à sa ligne de conduite et donc Dredd de tomber dans de très bonnes mains, les fans de la première heure sont rassurés. Là où l'industrie du divertissement à Hollywood peine à retrouver ce qui faisait sa simplicité mais toujours dans un soucis de rendre une copie de qualité, Dredd comme la franchise Expendables ainsi que ces « papis qui font leurs résistances » font ce qu'ils peuvent avec leurs armes pour faire respirer de nouveau ce cinéma que les temps modernes ont changé et qui est devenu quasi-marginal.

Les temps changent :
Rendons-nous à l'évidence, la conjoncture actuel du cinéma de divertissement a évolué pour laisser place à des produits pourtant pas dénués de mauvaises idées à la base mais tout simplement fagoté à l'arrivé (Hunger Games, Twilight...) par des producteurs/banquiers pour échapper entre autre à une classification R et ainsi faire le plus d'entrées possibles. La créativité de certains nouveaux jeunes cinéastes s'en retrouve bridé et à moins de s'être fait un nom en tant que réalisateur il y a 20ans (voir plus pour les anciens) ou être épaulé par un gros nom qui crois en vous, il est assurément bien plus difficile aujourd'hui qu'un réalisateur puisse faire le film qu'il souhaite ou nous, en tant que spectateur, d'être témoin de la « naissance d'un jeune Paul Verhoeven ». Les années 80-90 ont fait naître des réalisateurs comme Tony scott (RIP), James Cameron, John Carpenter, John McT, Michael Bay...Des hommes qui doivent la carrière qu'ils ont aujourd'hui à une époque et une seule, celle ou le cinéma d'action devient LE genre dominant. Des producteurs tel que Jerry Bruckeimer/Don Simpson, Joel Silver qui pouvaient à l'époque donner leurs chances mais SURTOUT carte blanche même aux petits nouveaux de la classe comme Les frères Wachowski ! Seulement après la réalisation d'une petite merveille que très peu de spectateurs du commun des mortels ont entendu parler (Bound), les frangin(e)s réalise une franchise nommé Matrix, qui deviendra par la suite le Star Wars d'une nouvelle génération, la nôtre, celle du numérique. 2013, bilant, état des lieux. Mark Steven Johnson, Len Wiseman, Jonathan Liebesman...Chez nous on citera les Olivier Megaton, Louis Letterier...Des réalisateurs « techniciens » qui font le boulot qu'on leurs demandent en restant bien dans les clous. La plupart de ces jeunes réalisateurs ont vu le jour en 2000 et il n y a qu'à constater leurs filmographies pour se convaincre de cette triste réalité. Un certain Daredevil pourrait être le digne représentant de ce « changement » tout comme le remake de Rollerball pourtant réalisé par un homme qui a une époque avait le champ libre et qui représente encore aujourd'hui pour le cinéma d'action moderne l'un des pionniers du genre. Bref, retour en 2003, Daredevil. Premier gros film de Mark Steven Johnson. Pour son exploitation en salle la production saccage la version de son réalisateur pour ainsi rendre le film « tous public ». 30min de coupés, des personnages et des enjeux modifiés et donc sacrifiés. Lorsque l'on voit la « vraie version » du film qui n'a absolument rien à voir avec la version salle dans le fond comme dans la forme, on se rend vite compte que les producteurs ont fait de Daredevil l'une des premières plus grandes injustice que le cinéma de divertissement ai connu dans les années 2000. A l'arrivée le film marche moyennement et l'accueil critique à sa sortie fût à la limite de la catastrophe. Bien évidemment le film de Johnson n'est certainement pas dénué de défauts et il est aussi loin d'être parfait mais bon sang heureusement qu'un vrai director's cut a pu voir le jour 1an après sa sortie en DVD pour que Johnson puisse enfin rendre justice au héros qu'il a toujours voulu adapter (il a aussi officié en tant que scénariste sur ce projet). Un film qui, à l'arrivé de sa « vraie version » méritait effectivement bien plus, beaucoup plus. Des journalistes et autres sites spécialisés ont ainsi été dans l'obligation de « revoir leurs copies » pour écrire qu'au final « c'est bien loin d'être si mauvais », certains comme ECRAN-LARGE irons même jusqu'à écrire «..Daredevil Director's Cut reste l'une des meilleures adaptation Marvel qu'on ai pu voir. ».

C'est une réalité, Daredevil « version salle » reste un acte abominable tout comme le Rollerball de John McT en 2002 qui par la suite l'a fait mettre en taule. Des catastrophes qui auraient été tout bonnement impensable à une certaine époque.

Le discours d'Andrew MacDonald et Alex Garland rejoint celui de Sly Stallone et ses vieux potes. Le cinéma d'action et de divertissement en générale a muté et est devenu pour une certaine partie du public trop intellectuel, sophistiqué ou ultra calibré et parfois fait pour répondre à une tendance que suit malencontreusement le très jeune public américain. Le plaisir d'un cinéma simple, bien fait, subversif, bien torché, bien ficelé et surtout honnête peine à retrouver sa digne place qu'était la sienne il y a quelques années. Ces métrages deviennent ce que l'on appel « film de genre ». Expression qui au de-là de sa première définition veut maintenant dire « film avec un copec de budget », « fait pour un public marginal » ou encore « genre de films considéré comme une sous-catégorie mineurs du cinéma ». Triste ! Lorsque l'on pense que Roger Corman maitre du film d'horreur des 50's repère des jeunes réals comme Martin Scorsese, Ron Howard, Francis Ford Coppola...Il y a bien une nouvelle génération de réalisateurs (James Wan, Sly Stallone, Rob Zombie, Pascal Laugier, Aronofsky, Aja...) qui se battent envers ce système injuste pour faire le film qu'ils souhaitent vraiment et n'accepter aucune commande empoisonnés qui empêcheraient leurs créativités de pleinement s'exprimer sauf si ça en vaut vraiment la peine. Il y en a qui ne veulent pas déposer les armes comme ce bon vieux William Friedkin et il y en a aussi d'autres qui tentent même d'y gouter pour voir l'effet que ça fait (Michael Bay et son premier film lowcost avec Pain and Gain).

Il faut maintenant prier pour que cet triste affaire au Connecticut n'influence pas encore plus ce Cinéma qui commence tout juste à renaître. Regardez tout ce bordel autour de Gangster Squad. Parti être remonté et repoussé par la Warner à cause de la fusillade de Denver. Forcément, lorsque les gens ne veulent pas creuser pour chercher les origines de ces problèmes ils préfèrent balancer une punition collective et mettre tout ça sur la faute des jeux-vidéos et des films violents. C'est donc 10ans plus tard que des « films de genres » comme Dredd essaient tant bien que mal de (pouvoir) voir le jour, dans cette triste conjoncture actuel et sous leurs « vraies » formes.
 


« I am the law »
Danny Boyle été initialement prévu pour relancer la franchise mais il été encore occupé sur la post prod de Sunshine. Le producteur Andrew MacDonald et le scénariste Alex Garland décident donc de commencer le projet. Ils décident de partir et d'offrir cette chance à un autre metteur en scène en la personne de Pete Travis, réalisateur du archi-classique Angles d'attaque.
Côté casting beaucoup de rumeurs ont circulé sur le faite de savoir qui reprendra le rôle du Juge Dredd après Sylverster Stallone. Force est de constater que Karl Urban (les Star trek de JJ.Abrams, Lord Vaako dans Les Chroniques de Riddick, Doom...) s'est présenté comme étant un choix idéal. Acteur sous-estimé à qui il manque toujours un vrai rôle titre pour décoller, Urban porte très bien le costume du Juge. Le faite que la production ai porté son regard sur un acteur peu (re)connu est en fin de compte logique puisque cela permet au spectateur de ne pas forcément tout de suite caractériser les traits de l'acteur qui se trouve sous le casque du juge. D'ailleurs, une fois enfilé lors de cet très bonne introduction celui-ci ne le retirera jamais. Un autre élément de la BD qu'Alex Garland ne trahira pas tout au long du film en plus de la fameuse absence total d'une quelconque émotion émanant du juge Dredd. Il est quasi certain qu'une certaine partie du public qui ne connait pas de près ou de loin l'univers de Dredd ne puisse pas vraiment adhérer ni même trouver un certain charme ni plaisir à voir ce personnage ne serai-ce que déambuler, mâchoire et menton constamment contractés dans Mega City One. Pour les autres ce sera bien évidemment du pur bonheur soyez-en certain. En balayant toutes intrigues secondaires et pistes scénaristiques visant à expliquer les origines du personnages, Alex Garland et son équipe profite de ces 1h30 pour au contraire assumer un vrai actionner bourrin et allez droit au but. Dredd est un bout de pélloche explosif, burné, sauvage ou chaque corps qui se retrouve malencontreusement sur le chemin des balles prend cher. Cet scène ou la Rookie et Dredd avance dans les escaliers en abattant de sang froid la pourriture de leurs cités donne le ton et annonce clairement la couleur. C'est expéditif, c'est glacial, c'est crade, ça calme. La rookie interprété par la jolie Olivia Thirlby fait partie aussi des bonnes idées parsemés ici par Alex Garland. Aux côtés de son mentor elle fait contre-poids et apporte une certaine nuance qui n'est pas non plus sur-ligné au marqueur mais qui ajoute il est vrai, un petit zeste de féminité et d'épaisseur à cet univers brute et bien masculin. Elle n'est pas non plus la seule car le rôle de la cruelle Ma-ma est interprété par la jolie Lena Headey (300, Sarah Connor Chronicles...). Un rôle ou la dame s'investit pleinement et s'en donne vraiment à coeur joie.
 


Réalisation :
Gros points fort de cette entreprise, la réalisation. Pete Travis rend ici une très bonne copie. Sa caméra n'en fait jamais plus qu'elle ne devrait. Suivant la majeure partie du temps les pas et le rythme de Karl Urban dans les sombres couloirs. Travis ne manque pas une seule occasion de sublimer Dredd à travers des plans iconiques tous plus jouissifs les uns que les autres. Une réal sobre, storyboardé jusqu'au moindre centimètre et qui n'en fait jamais des caisses là ou elle aurait pu très facilement tomber dans le too-much. Un style graphique traité avec respect et fait à l'ancienne ou chaque impact de balle fait des dégâts considérables, les maquilleurs ont du s'éclater ! Malgré ses 45 petits millions l'équipe technique a quand même fait du bon taf. Même si l'on reste confiné dans le QG de Ma-Ma, Mega-city One est bien présente aux alentours et on la sent. Elle bouillonne, elle vit, elle respire. A l'intérieur de ce huit-clos la chef déco Michelle Day (The American, Slumdog Millionaire) fait de son mieux pour diversifier les couloirs et autres cages d'ascenseurs de l'immeuble. On atteint malheureusement très vite les limites du lieu ainsi, une toute petite baisse de régime viens gâcher ce rythme pourtant bien soutenu dès le départ par Pete Travis. Heureusement c'est pour mieux rebondir par la suite avec un final bien gore où Dredd et la rookie s'amusent comme des petits fous à dézinguer du vilains à tout va. Autre points positif, le mixage son, éléments vitale dans tout film de SF et d'action. Une pureté acoustique à découvrir absolument en VOST pour garder le travail vocal de Karl Urban. Les effets sonores sont eux bien plus réalistes et crédibles qu'on ne le penserait, le bruits des différentes armes à feu par exemple ou des effets qu'elles produisent sur la chair humaine donnent un ton assez "savoureux". Différents effets sonore que la très agréable bande son de Paul Leonard Morgan vient rythmer et sublimer.

N'ayant pas vu Dredd en 3D nous sérions curieux de le redécouvrir par la suite lorsqu'il sera disponible. En 2D il est certain que l'on perd sans doute beaucoup en terme d'immersion pour toutes les scènes en slo-mo par exemple ainsi que les nombreux effets de particules présents dans le film.

Conclusion :
Dredd tombe vraiment à pique. Après Jack Reacher (voir notre critique sur le site) vous pouvez vous assurer que l'auteur de ces lignes est REFAIT. Enchainer deux bon film de divertissement qui porte leurs couilles bordel que ça fait du bien. Et cette cuvé 2012 rend dorénavant justice et un bel hommage au personnage créée par John Wagner et de quel manière ! On sent Pete Travis et toute la clique généreux et honnête dans leurs démarches de A à Z. Ils ont bien voulu nous faire plaisirs et ça se voit, ça se sent. L'hémoglobine gicle comme rarement dans un actionner, les scènes d'Exécutions sont rudes, rustiques et sans aucune concessions le tout au service d'un boulot artistique et technique de très bonnes factures. Un film simple ou une pseudo psychologie de bas étages quasi obligatoire à l'heure d'aujourd'hui dans un film n'a véritablement pas sa place. Dredd continue de porter encore plus haut l'étendard d'un cinéma juste qui ne redemande qu'à retrouver son public. Espérons seulement que le juge puisse retrouver une seconde vie notamment grâce à sa sortie en Bluray/DVD mais aussi à une forte communauté de fans qui pour l'heure sont en majorité ravis. Le (très bon) bouche à oreille n'a plus qu'à faire son effet, à Dredd de faire respecter la loi.

Par Vincent N.Van.
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The Amazing Spider-Man - Bande annonce 2 - VF par SonyPicturesFr



Introduction :
Si ce projet "Amazing" traine une réputation de sale gosse, arrivant le dernier pour tout casser et recommencer, piétinant par la même occasion le travail (bien loin d'être parfaitement accompli pour le rédacteur de ces lignes) du papa d'Evil Dead, Marc Webb et sa bande montrent qu'à un moment donné, il faut quand même être sérieux. Pas seulement dans le rendu de sa copie mais aussi et surtout dans leurs intentions, celles de rendre justice à un Spider-man qui a quand même fini par nous faire un cours de claquettes sur un bar !

Renaissance :
Commençons par le choix des acteurs qui ont une gueule bordel. A partir de là, une grosse partie du chantier semble se dessiner. Andrew Garfield et Emma Stone sont bons, voire même très bon pour le premier. Cet Andrew Gargield est bien LE Spider-man que l'on rêvait de voir animer et interpréter sur un écran de cinéma dans absolument toute sa gestuelle. Autant lorsqu'il incarne un Peter Parker torturé, timide et réellement attachant que lorsqu'il porte son costume qu'il s'est lui-même fabriqué. Ben oui ce mec on sent qu'il est débrouillard, pas neuneu, avec une vraie carrure de super héros qui se dessine minute après minute. Et même si nous sommes dotés de pouvoirs, Marc Webb n'oublie pas que accepter, devenir et être un héros, ben c'est pas facile tous les jours (merci Kick Ass). Fini les blagues et autres jeux ou concours de circonstances qui ont fait passer Tobey Maguire pour un incapable fini dans la vie. Ce Parker là quand il rentre chez lui après avoir « tenté » de faire le ménage dans son quartier ben il a mal. Couvert de sang et de bleus, l'ascension de Parker dans la douleur pour devenir et surtout accepter d'être Spider-man est un délice de tous les instants. On sent ici toute la sensibilité de Marc Webb là où celle de son prédécesseur versait presque dans le grand guignolesque ou encore dans la maltraitance la plus gratuite envers son Tobey « tête à claque » Maguire. N'enlevons tout de même pas tout le mérite de Sam Raimi car avec Singer ils ont quand même été les premiers à poser les nouvelles « bases » pour ce qui est des films de super héros modernes et Amazing Spider-Man en profite (très) bien. Non le vrai problème de Raimi c'est qu'il n'a jamais fait évoluer sa base si magnifique et novatrice soit-elle à l'époque ainsi que son Peter Parker durant 3 volets. Pire, plus les épisodes s'enchaînaient, plus Raimi continuait à mettre Parker/Spider-man dans des situations où gags invraisemblables (la scène du bar dans Spider-man 3 en est le clou du spectacle tout de même) à côté de séquences d'actions toutes simplement somptueuses comme celle du train dans Spider-man 2. Ici, le Parker de Webb semble être déjà plus à même de changer une ampoule, c'est dire ! Au moins c'est clair, cette version 2012 aura pas la malchance de ramasser un fragment de météorite Alien sur son vélo tout pourri tombé d'on ne sait où... Surtout qu'en plus lui, ben il est en skate mec !

Bref, l'identification et l'empathie sont du coup beaucoup plus présentes chez le spectateur envers les personnages de cet Amazing Spider-man, pour une raison toute simple, ils sont tout bonnement attachants. Emma Stone qui incarne le premier amour des aventures de Spidey est juste magnifique. Pas seulement dans sa beauté naturelle mais aussi dans son jeu sobre, tout en finesse. Les quelques défauts qui animent le métrage sont plus des défauts liés à un premier blockbuster à commencer par de légers soucis scénaristique. Certains détails sont plus ou moins laissés puis récupérés en cours de route ou encore « l'après Oncle Ben » un peu sec et brutal. Mais il est vrai que pour le réalisateur de « 500 jours ensembles », film modeste et vraiment touchant au passage, c'est quand même une première, et très honnêtement le reste de la copie est tellement soigné qu'il serait dommage de tergiverser là-dessus. En plus d'avoir un casting qui colle parfaitement aux personnages ainsi qu'à l'univers, la technique est notamment irréprochable avec ces jeux de lumière qui baignent dans l'obscurité bleutée de NY. Un mélange qui donne vraiment un ton presque High-tech à la ville et au film car même si la majeure partie des séquences d'actions se trouvent être de nuit, le directeur photo John Schwartzman qui a déjà officié sur les films de Michael Bay (Rock, Armageddon, Pearl Harbor) fait vraiment des miracles en restituant avec perfection et distinction les mouvements de l'homme araignée même dans les scènes les plus sombres. Cet atout est apparemment en partie dû au matos utilisé par le technicien sur les caméras 3D du tournage :

« les nouveaux appareils sont petits, légers et seront combinés avec des options sans fil afin de donner plus de flexibilité et de mobilité aux caméras. On n'a pas les effets d'ombres indésirables qui sont parfois obtenus lors de l'utilisation d'autres types de caméras 3D, puis, les changements d'objectifs ne prennent que quelques minutes. Nous voulions un appareil qui, non seulement délivrera la meilleure qualité, mais ne retardera pas non plus le tournage. Du coup, nous avons les avantages d'une image 3D tout en tournant sur un horaire de 2D ».

En ce qui concerne la BO, si à l'époque Elfman nous donnait clairement pas envie de réécouter la musique de Spider-man, celle de James Horner suit malheureusement les mêmes traces. Non pas qu'elle soit mauvaise, elle est même plutôt bonne et Horner compose un thème plutôt joli mais il manque un petit quelque chose de vraiment personnel qui soit en parfaite adéquation avec l'univers. Le compositeur aurait dû suivre son propre instinct et proposer quelque chose de vraiment différent pour le coup, plutôt que d'essayer de refaire la même tambouille que son confrère. Seul « Saving New-york » semble sortir du lot. Elle accompagne d'ailleurs magnifiquement bien l'ultime séquence d'Amazing Spider-man située dans le dernier acte avant que celui-ci n'affronte le Lézard pour la dernière fois. En parlant du Lézard, contrairement à ce qui a pu être dit ici et là j'ai pour ma part été très agréablement surpris. En plus de la très bonne interprétation de Rhys Ifans, la technique mise à disposition au service du Lézard est assez bonne avec un combat violent et titanesque à la clef situé dans l'école de Parker qui a vraiment de la gueule et qui est assez impressionnante. En parlant des séquences d'actions, Marc Webb semble être très à l'aise dans un exercice qui reste encore tout nouveau pour lui. Le réalisateur se casse tout de même la tête pour proposer, lorsque techniquement il le peut, de prendre le risque ne pas utiliser les SFX pour certaines cascades de l'homme araignée, préférant une réelle doublure pour renforcer une certaine crédibilité et du coup masquer les mouvements « chewing-gum » des articulations que peuvent parfois laisser les SFX sur les personnages. Nous avons donc la chance d'avoir en face de nous un vrai Spider-man en chair et en os magnifié par les toutes dernières caméras 3D. Une très bonne idée de plus au crédit de l'entreprise.

Conclusion :
The Amazing Spider-man est bel et bien une réussite, quoi qu'en dise les plus réfractaires sur les intentions du projet. Marc Webb livre une base d'un nouvel univers prometteur presque plus réaliste avec un choix de casting quasi fondamental. Webb apporte aussi sa pierre à l'édifice grâce à l'apport de sa sensibilité. On sent un amour bien différent, moins cynique et plus romantique en étant toujours un peu naïf, que le réalisateur porte à ses personnages. Amazing Spider-man, un film de « lover » ? Très certainement et perso, j'achète !

 Par Vincent N.Van.

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N.VAN (pour les passionnés de cinéma, avis à chaud, critiques, dossiers...)

Par Madealone Blog créé le 08/02/11 Mis à jour le 17/04/14 à 21h29

A travers notre blog vous découvrirez nos "avis à chaud" sur les sorties cinés ainsi que différents dossiers toujours plus complets et rédigés avec passion.

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