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Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Chroniques

Avec Modern Warfare premier du nom, Infinity Ward avait trouvé un terrain de jeu idéal pour renouveler la croulante série des Call of Duty. Exit la seconde guerre mondiale exploitée jusqu'à plus soif, welcome les conflits actuels. L'idée était, comme souvent, simple mais brillante. Le premier opus frappait fort, ce second met les bouchées doubles.

Modern Warfare 2

I) Du spectacle et encore du spectacle

On ne le dira jamais assez, la licence Call of Duty sait faire le spectacle. Et c'est bien pour ça qu'on l'aime, malgré des défauts d'IA, malgré le dirigisme de l'aventure. Au final, le joueur est au coeur d'un show grandiloquent et en redemande. Cette suite directe poursuit cette difficile entreprise du grand divertissement. En faire plus sans tomber dans le grotesque, voilà l'objectif.

Les scènes sont spectaculaires mais surtout variées. Résultat, on ne s'ennuie pas. On fonce à toute allure, distribuant au passage quelques bastos, se protégeant ici et là. Durant un niveau type infiltration, qui tournera mal, notre personnage doit s'immiscer au coeur d'une base russe. Brouillard intense, la visibilité est quasi nulle. Armé d'un radar, notre soldat fonctionne à l'aveuglette. A l'aide d'un compagnon, dès lors que les balles se mettent à fuser, vous fuyiez à l'aide de scooters des neiges, évitant de peu les multiples sapins, abattement rapidement vos ennemis et sautant des crevasses de plusieurs mètres. L'adrénaline monte et le plaisir aussi.

Autre moment fort, l'intense fusillade dans les toilettes d'une prison russe. La scène pourrait être banale voire ennuyeuse mais la configuration de la joute produit son effet. On est littéralement à découvert. Quelques murets nous protègent mais bien rien de stable, à moins de se retirer tout au fond de la pièce on ne trouve aucun véritable abris. Il faut faire vite, tirer juste et se planquer à intervalles réguliers derrière un bouclier anti-émeute qui se détruit à vitesse grand V sous nos yeux.

Enfin, dernier moment excitant (liste éminemment restrictive et subjective), la descente des rapides lors du dernier niveau. Alors que vous poursuivez le traître Shepard d'abord à pieds, vous voilà obligé de prendre un zodiaque et foncer pour le rattraper. Course-poursuite sur un lac, slalom entre les ennemis et descente brutale sur une eau mouvementée. Autant de moments forts qui font de ce dernier niveau une clôture grandiose. Modern Warfare 2 joue pleinement la carte du spectaculaire comme on a rarement l'occasion de le voir. La bouche béante ou le sourire aux lèvres, on savoure cet enchaînement d'ingéniosités. Une mise en scène grandiloquente qui arrive à ne jamais s'essoufler.

II) Du mauvais côté de la force

D'habitude, dans les FPS, on incarne les gentils. Disons les militaires du pays des développeurs, les gagnants de l'Histoire, autrement dit les Américains la plupart du temps. Que ce soit Call of Duty, Medal of Honnor ou Brother in Arms, c'est toujours la même chose. On dirige de gentils Yankee comme le messie dirige ses moutons. Une vraie ritournelle.

Les Russes, les Nazis, les Arabes sont les ennemis, les Américains les grands « gendarmes » comme le veut l'expression. Au-delà du problème de la représentation, de cet antagonisme exacerbé, c'est surtout l'impossible d'être du côté des « méchants » qui frustre car on le sait les vilains ont la côte. On aime incarner un salaud et puis, il est toujours jouissif de sortir des rails du politiquement correct ou plutôt de « l'historiquement » correct.

Problème, ce n'est pas souvent qu'on peut assouvir cette vieille démangeaison. Counter Strike nous permet d'être un terroriste, il n'y a qu'à choisir son camp au début de la partie.  Mais pour les FPS solos, sur nos braves consoles, ce n'est pas si simple. Heureusement, ce Modern Warfare 2 nous offre la possibilité, le temps d'une mission, d'aider un vilain russe ultranationaliste : Makarov.

Modern Warfare 2

C'est une véritable boucherie à laquelle le joueur va assister, voire participer. Makarov lance avec quelques hommes une gigantesque fusillade dans un aéroport, et quand je dis « boucherie », je ne rigole pas. Des hommes qui tombent comme des mouches, des murs mouchetés du sol au plafond...du vilain en somme.

Le joueur peut ne pas participer à ce massacre, mais en aucun cas il ne pourra y mettre un terme. Il assistera, forcé, à ce massacre de civils innocents. Comme si par cette séquence qui fit couler beaucoup d'encre lors de la sortie du jeu, les développeurs envoyaient un magnifique doigt d'honneur aux bien-pensants, qu'ils logent dans des organes de presse ou des partis politiques. Le jeu vidéo reste un sale gosse, outrancier quand il le désire, et montre à tous que derrière la respectabilité gagnée petit à petit par notre média, il n'est en aucun cas devenu sage.

III) Des entorses à la narration de base

Un peu à l'image de Dead Space Extraction sur Wii, ce Modern Warfare 2 propose quelques trouvailles au niveau de la narration. Au lieu de filer doux, de poursuivre une ligne droite sans aspérité, avec les ellipses de rigueur, les petits gars de chez Infinity Ward distillent quelques rebondissements bien sentis, quelques pas de côté maîtrisés.

En effet, à plusieurs reprises durant l'aventure, le héros que l'on incarne se retrouvera dans des situations  délicates voire des impasses puisqu'à un moment donné c'est la mort que l'on rencontre. Soldat américain d'élite, vous vous infiltrez dans le gang de Makarov. A la fin de la fameuse mission à l'aéroport, alors que vous pensez que votre filature rapprochée porte ses fruits, que le russkof vous considère enfin comme son frère, le voilà qui vous abat froidement. Retournement inattendu, le fil de la narration se rompt. Rien n'est joué d'avance.

Au cours d'autres missions, la vie de notre soldat ne tiendra là encore qu'à un fil, un fil bien mince. On est loin du militaire surpuissant qui flingue à tout va et se cache dix secondes derrière une caisse pour repartir de plus belle (même si la fameuse régénération de la santé est de mise ici). C'est le cas, par exemple, de la fin de votre mission au coeur des favellas. Après une course sur des toits de tôle, vous glissez et effectuez une chute de plusieurs mètres de haut. Complètement sonné, il vous faudra cavaler, sans arme, à travers les habitations du ghetto pour rejoindre à nouveau les toits et sauter dans l'hélicoptère qui vous attend. Une course contre la mort, pas un pistolet...une situation plutôt inhabituelle pour un FPS. C'est par ces entorses à la narration dite classique du jeu vidéo qu'Infinity Ward se démarque et appose sa marque au genre même du FPS.

Mention

 

Commentaire : On pensait mettre les mains sur une suite bien rodée mais sage, il n'en est rien. Les petits gars de chez Infinity Ward nous prouvent qu'ils ont encore un paquet d'idées et surtout qu'ils savent faire un jeu digne de ce nom. Spectaculaire, innovant par moments, ce second opus des conflits modernes poursuit sa volonté de concurrencer Hollywood en proposant toujours plus. Ce que l'on peut dire, c'est que la formule fonctionne à merveille et que bien des films d'action d'aujourd'hui paraissent maintenant fadasses en comparaison.

L'article d'origine : http://levelfive.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=111:chronique-modern-warfare-2-360&catid=36:360&Itemid=28

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Commentaires

lejournaldepersonne
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lejournaldepersonne
Diablox9

Vous lancez un défi sur Call of duty à tous les abrutis connus ou reconnus pour leur régler leurs comptes à travers une seule et unique partie !
Si vous réussissez à les exploser, vous commenterez votre belle histoire en musique et en images.
Diablox9... A vos manettes !

http://www.lejournal...11/07/diablox9/
BlackLabel
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BlackLabel
J'ai pas réussi à dépasser la moitié du jeu tellement c'est vain et vide.
levelfive.fr
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"provocation de bas étage" et "un doigt d'honneur", l'un n'empêche pas l'autre.
Skel
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Lissage du jeu vidéo ? On peut buter des gens par centaines dans GTA, choisir de sacrifier des enfants dans Bioshock , laisser des gens mourir dans fable 3... les jeux vidéo sont loin d’être lisse, sauf que MW2 rappel des événements douloureux, donc on en parle.
La scene de l’aéroport est juste une scène de provoc', elle n'apporte rien au jeu. L’intérêt de la scène est pour toi un doigt d'honneur aux bien pensant ? Pour moi c'est juste de la provocation de bas étage qui ne se justifie meme pas.
La scène de Bioshock ou l'on tue Ryan est bien mieux a mon sens et pourtant elle laisse bien moins de liberté. On tue quelqu'un pour le compte de quelqu'un d'autre et cela malgré nous. La on est au coeur d'une scene de massacre très manichéenne, qui n'apporte rien a l'histoire. Pour moi cette scène ne fait pas partie des qualités du jeu mais tiens plus d'un coup de pub.
Pour autant je ne pense pas qu'ils ont chercher a faire de la pub. Mais ça reste a mon sens une scène de provoc' maladroite.
levelfive.fr
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Je livre ici une interprétation de la scène de l'aéroport et, à vrai dire, ton commentaire justifie, à mon sens, ce que je développe dans la chronique. Autrement dit, "où est l'intérêt ?" comme tu l'écris, un beau doigt d'honneur à la bien-penseance, au lissage en règle du jeu vidéo que l'on constate depuis quelques années (média respectable, culture etc...). L'intérêt, c'est aussi de se faire de la pub, c'est certain, mais à mon avis la scène a également un côté "sale gosse", du fait de son obligation (on ne peut pas empêcher le massacre, au mieux on assiste à la chose sans rien pouvoir faire, au pire on y participe). Si c'est pas un beau doigt d'honneur ça.
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La scène de l’aéroport est a mon avis loin de valoir ce que tu en dit, on y dirige un gentil américain qui va aider les méchants russes a commettre un massacre. Déjà voila l'agent américain, il laisse dans le meilleurs des cas un massacres se produire sous ses yeux. Mais surtout on n'a quasiment pas de marge de manœuvre, on a le choix entre faire ou laisser faire, ou est l’intérêt ? Je pense que sur le coup cette scène a juste servi a faire un coup de pub au jeu, vu son intérêt dans l'histoire.

Édito

Il est temps que l'on communique. Rédiger des articles c'est bien mais communiquer...c'est nécessaire. Du coup, nous investissons gameblog afin d'avoir un meilleur écho pour nos articles. Surtout que gameblog.fr semble être une bonne plateforme pour nos écrits, plus des analyses que des tests; des réflexions que des actus.

Merci à vous tous de prendre la peine de nous lire. N'hésitez pas également à venir sur le site officiel : www.levelfive.fr

 

 

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