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Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Chroniques

Après un deuxième épisode décevant, la licence Red Faction retourne à ses créateurs - Volition - pour lui laisser une seconde chance. Délaissant le FPS pour le TPS, Guerrilla est plus qu'un rattrapage, c'est l'ébauche des révolutions à venir en terme d'intelligence artificielle des populations, et surtout de l'interaction avec les masses.  C'est aussi, enfin j'oserais dire, la possibilité de détruire intégralement tous les bâtiments, de les faire sauter à la roquette, de les miner, ou encore d'exploser leurs fondations à la masse de mineur. Le Geo-Mod 2.0 incarne lui aussi l'avenir du jeu vidéo : la dématérialisation des univers virtuels à coups d'explosifs.

Chez Guevara

 

La révolution communiste, c'est d'abord des histoires de cul...

 

Les missions de la Red Faction - qu'il serait tentant de relier à la Fraction Armée Rouge - consistent à tendre des embuscades contre des convois militaires, à détruire des infrastructures gouvernementales et à assassiner les membres de l'EDF (l'armée d'occupation).

 

Jetpack !!!

L'action de la Red Faction n'est pas seulement militaire, elle est aussi idéologique. En effet, avoir le soutien de la population facilite les missions et permet de travailler dans de bonnes conditions à la Révolution Martienne. Cet aspect idéologique est d'abord subversif. Il s'agira de saboter les outils de la propagande gouvernementale et ainsi d'annuler son influence sur les habitants de Mars. Par là, j'entends la destruction des postes radiophoniques, des hauts parleurs branchés sur le canal de l'EDF et les panneaux d'affichages LCD. Le combat de la Red Faction est un combat national-planétaire et il a besoin du soutien du prolétariat. A force d'actions de résistance, les Martiens partagent l'idéal révolutionnaire et ils se joignent spontanément aux coups d'éclats.

Audio

La bande son accompagne l'action de manière parallèle. Des thèmes d'urgence redoublent la tension des affrontements et incitent à les abréger, mais ce sont surtout les thèmes d'exploration à véhicule entre les zones qui se caractérisent par une orchestration de qualité. Quelques thèmes sont très agréables, mélancoliques et emplis de solitude, comme pour rappeler au joueur sa condition de révolutionnaire « seul contre tous ». Passons sur les bruitages des véhicules capturés à partir d'aspirateurs et celui des armes sans caractère. Le doublage français est mitigé entre le nanar et le correct, faute à une mise en scène sous-exploitée.

 

Moi et mes potos

Lors des affrontements armés face à des garnisons gouvernementales, le rapport de force commence en notre défaveur (le héros est seul) mais des habitants qui assistent aux échanges de tir peuvent se décider à sortir leur fusil et c'est l'effet boule de neige. De l'autre côté, l'EDF appelle également du renfort, c'est à dire des véhicules blindés lourdement armés, des tanks et avions de combat, rappelant le joueur à sa condition de guérilleros. Il n'est pas question de s'éterniser dans une base ennemie puisque l'avantage matériel profitera toujours à ce dernier. Il vaut mieux décamper et se réfugier dans une planque avant l'arrivée de l'armada. Ces planques fonctionnent d'ailleurs sur le même principe que celles de Grand Theft Auto : l'indice de recherche retombe à zéro une fois à l'intérieur. Ce n'est certes pas réaliste mais c'est vital.

Gameplay

Mars est un terrain de jeu gigantesque, découpé en zones à libérer et à convertir. Les différents types de missions à la GTA ne manquent pas de devenir répétitives et en fait, la grande force du jeu réside avant tout dans son système de destruction des bâtiments. Ce dernier est jouissif et inédit tant on peut enfin se défouler librement et écrouler n'importe quel baraquement. En collectant du métal, de nouvelles armes deviennent disponibles et relancent considérablement l'expérience de guérilla face aux garnisons ennemis. Enfin, la conduite des véhicules est totalement ratée, poussive et malheureusement nécessaire à la plupart des déplacements...


Non au nucléaire !

Même s'ils se battent au corps à corps contre les employés d'EDF, on ne peut pas dire que les résistants soient des écologistes. Les roquettes thermo, par exemple, produisent d'énormes explosions. Pas très bon pour la couche d'ozone...

 

Eh, les gars, ici la LCR, sur Terre. La révolution on kiffe, mais STOP avec les armes de destruction massive !! Pensez à l'éco-système, camarades !

Les Martiens (qui sont des humains, je le rappelle) se promènent à l'air libre, sans masque à oxygène ni chewing-gum ni cigare du même acabit. Le climat est donc vivable et la vie ne semble pas dérangée par des tempêtes de sable. En outre, le sol n'est pas sableux, c'est un des défauts artistiques de Guerrilla. Il fait terreux, tout au plus.

Esthétique

L'aspect général n'est pas très bucolique. Monotone et peu coloré, le décor se maintient majoritairement dans des teintes oranges, avec une minéralogie inexistante et une reconstitution géologique très sommaire et répétitive. On se lasse rapidement des graphismes et il est regrettable qu'un jeu se déroulant sur une autre planète ne soit pas plus dépaysant et sujet à la contemplation. A contrario, le design des bâtiments gouvernementaux, des soldats et des Marauders est soigné et efficace.


Martiens sous influence

 

Cette fois, faudra vous débrouiller tout seul.

La colonie ne veut plus être gérée par la Terre et son régime corrompu et autoritariste. Les colons cherchent alors à s'affranchir pour devenir pleinement des Martiens. Jenkins, un fou du volant, évoque même la future langue martienne, une langue plus libre et originale, adaptée à cette nouvelle planète. Mars symbolise le Nouveau Monde, l'Amérique naissante luttant contre l'impérialisme britannique. Le peuple américain, ne supportant plus la présence de ses maîtres, arrogants et tyranniques, voulu gagner son indépendance politique et créer sa propre culture, partir sur des bases nouvelles. Telle est la foi qui parcourt le peuple martien et qui le pousse à se battre et à rejoindre les rangs de la Faction Rouge. Le pouvoir ne doit plus être entre les mains d'une poignée de militaires mais revenir au peuple et au prolétariat minier de Mars.

Scénario

Symbolique sur le plan historique à de nombreux niveaux (guérilla urbaine marxiste, guerres d'indépendances), Guerrilla profite d'un scénario soigné et cultivé que les développeurs ont intelligemment adaptés à un contexte futuriste. Le résultat de cet univers science-fictionnel aux thématiques historiques est une grande réussite.

 

Il est-y pas mignon...

En fait, deux communautés d'habitants se partagent la colonie. D'un côté les civilisés, et de l'autre les Marauders. Ces derniers sont des parias qui occupent des zones irradiées, habillés à la mode cyberpunk préhistorique genre Ghosts of Mars. Ils vivent de récupération et de bricolages cultuels, avec un goût prononcé pour le morbide et l'esthétique primitive. Leur territoire est défendu contre toutes les intrusions, à mort. Le parallèle avec Star Wars est pertinent et vient compléter les influences cinématographiques des développeurs.

 

Durée de vie

Une fois libéré de l'ingérence terrienne, Mars célèbre son unité par delà les communautés - et les classes ? - et rend honneur à Mason, le personnage incarné durant une quinzaine d'heures et qui a accompli à lui seul les plus grands faits d'armes de la première révolution prolétarienne planétaire. Restent les DLC et le mode online.

 

Ca y est, bébé ! On l'a fait ! Bon ok, c'était qu'un jeu vidéo...

 

Mention


Commentaire :

Parfois répétitif, Red Faction Guerrilla est surtout truffé d'innovations et soutenu par un scénario et un univers cohérents, intelligents et cultivés. Cela s'entend dans le cadre d'un genre, le jeu d'action à la troisième personne, qui ne brille pas souvent sur ces points. Volition opère un retour inattendu en installant des systèmes de destruction de bâtiments et d'influence sur les masses qu'on espère devenir des standards dans le futur. Malgré des faiblesses de level design et de rythme, ce jeu est en avance sur son temps.

L'article d'origine : http://levelfive.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=74:chronique-red-faction-guerilla-xbox-360&catid=36:360&Itemid=28

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Commentaires

rhed308
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rhed308
Le jeu bac à sable de 2009, tout simplement.
Online bon pour la poubelle en revanche, les serveurs n'ont jamais tenus la route et y jouer fut un cauchemar

Édito

Il est temps que l'on communique. Rédiger des articles c'est bien mais communiquer...c'est nécessaire. Du coup, nous investissons gameblog afin d'avoir un meilleur écho pour nos articles. Surtout que gameblog.fr semble être une bonne plateforme pour nos écrits, plus des analyses que des tests; des réflexions que des actus.

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