La narration dans le jeu vidéo

La narration dans le jeu vidéo

Par Leon9000 Blog créé le 15/09/11 Mis à jour le 03/02/15 à 18h43

Bienvenue sur ce blog explorant le vaste monde de l'écriture interactive. Dans mes articles, je me focaliserais principalement sur la narration et l'émotion véhiculées par les œuvres présentées, qu'elles proviennent du cinéma, des jeux vidéos ou d'autres médias. Je vous souhaite une bonne visite!

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Catégorie : Quelques réflexions

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

 

     Si les FPS et TPS militaires font parti du paysage récurrent de cette génération de consoles, il est regrettable que la représentation de la guerre soit restée si longtemps vulgarisée dans le média interactif. Simplification outrancière des conflits, valorisation de l'héroïsme et du sacrifice de soit, patriotisme parfois douteux, autant d'éléments devenus banalisés dans la guerre vidéoludique et trop souvent excusés par des joueurs privilégiant le divertissement et pardonnant au profit de l'excellence du gameplay toutes les idioties narratives qui leur servent de prétexte à l'action. C'est donc presque avec un soulagement sincère que Specs Ops The Line vient proposer une alternative à cette vulgarisation en essayant de retranscrire les conflits armés avec une vision plus ambiguë et sombre, s'attardant davantage sur l'idéologie vacillante de ses soldats et l'injuste cruauté de la guerre au détriment du spectaculaire jouissif des affrontements. L'effort est louable et audacieux mais il est à double tranchant. D'un côté le jeu a l'opportunité de se démarquer clairement de la concurrence par cette ambiance originale mais en contrepartie puisque aucune oeuvre vidéoludique n'a abordé de plein fouet une représentation réaliste de la guerre sur cette génération de consoles, les développeurs de Spec Ops The Line ont quasiment tout à inventer sur la façon d'illustrer la guerre dans le média interactif et ont ainsi le maximum de chance d'échouer dans leur démarche créatrice. C'est en effet à Spec Ops The Line qu'il incombe de répondre à plusieurs interrogations : est t-il possible de retranscrire la violence insoutenable de la guerre dans le jeu vidéo, média qui opère généralement une banalisation de la violence ? Comment l'interactivité du jeu vidéo peut elle être employée pour impliquer émotionnellement le joueur dans le conflit? Le réalisme de la guerre est t-il conciliable avec un gameplay traditionnel ? Autant de questions auxquelles Spec Ops The Line apporte des tentatives de réponse.

 

This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

 

   L'intégralité de Spec Ops The Line prend place à Dubaï, six mois après que la ville ait été dévastée par une immense tempête de sable. Les troupes américaines du 33e régiment d'infanterie, surnommés les damnés, chargées alors de maintenir l'ordre dans la cité ont cessées toute communication avec l'extérieur. Opérant une simple mission de reconnaissance, le Capitaine Martin Walker, le Lieutenant Adams et le Sergent Lugo découvrent que la ville est plongée dans un chaos innommable dans lequel les soldats américains du 33e menées par le charismatique Colonel John Konrad imposent la terreur. Aux commandes de Martin Walker, le joueur entreprend un périple à travers la cité pour retrouver John Konrad et le confronter à ses crimes tandis que le Colonel, communiquant par radio avec les soldats, tentera de justifier ses actes et de confronter le héros le joueur avec la réalité de la guerre.

 

   Spec Ops The Line ne se contente pas de reprendre une démarche narrative similaire à celle du roman Au Coeur des Ténèbres de Joseph Conrad, plus connue pour son adaptation cinématographique Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, il en reproduit également la dimension métaphorique. De la même manière que le Capitaine Williard entamait une descente symbolique sur le fleuve des enfers pour se confronter au Colonel Kurtz et à ses propres désillusions sur l'amertume de la guerre, l'exploration de Dubaï par Martin Walker est une plongée croissante dans les enfers où dans leur quête pour retrouver le Colonel Konrad, les héros se confrontent à leur propre monstruosité. Spec Ops The Line a donc l'ambition de véhiculer une approche plus réaliste et torturée des conflits armés mais le récit s'impose de surcroit une difficulté supplémentaire.

 

   Alors qu'il aurait été plus simple pour un jeu vidéo expérimentant une représentation crédible de la guerre de s'appuyer sur des conflits passés sur lesquels l'humanité a du recul et une compréhension concrète des enjeux, tels que la Guerre du Vietnam ou la Seconde Guerre Mondiale, le récit de Spec Ops The Line choisit d'interpeller directement le joueur sur l'actualité en dépeignant un conflit évoquant les affrontements actuels au Moyen Orient. Si la démarche permet ainsi de rapprocher les thématiques de Spec Ops The Line avec les interrogations suscitées par les récents conflits, elle occasionne le risque que le récit s'éparpille dans son propos étant donné le manque de recul sur les affrontements actuels, sujet que même l'industrie cinématographique et télévisuelle n'arrive pas toujours à interpréter intelligemment. Pourtant les premières minutes de Spec Ops The Line se veulent rassurantes et c'est avec un mélange de fascination et de dégout que le joueur débute son expérience émotionnelle au sein de Dubaï.

 

   La direction artistique du jeu mélange en effet avec brio la richesse démesurée des bâtiments de Dubaï avec la violence incontrôlable qui l'habite, le tout environné d'une nature échappant également à tout contrôle. Le sang, l'or et le sable forment en permanence un contraste déstabilisant, matérialisant aux yeux du joueur le chaos absurde qui s'est banalisé dans la cité. Si le jeu flatte la rétine, appuyée par une technique honorable à défaut d'être extraordinaire, cette beauté macabre a un prix. Dés le début de l'aventure du cauchemar, l'extrême linéarité du jeu freine considérablement l'immersion, empêchant le joueur de découvrir de sa propre initiative l'enfer auquel il est confronté et devant se contenter de suivre le déroulement prévu par les développeurs. Mais une fois cette gêne initiale écartée, Spec Ops The Line a le mérite d'être honnête dans sa démarche et ne pas tergiverser dans son propos. Dés les premières heures, les thématiques véhiculées par le jeu sont explicites et brisent enfin avec une volonté ferme plusieurs tabous récurrents sur la représentation de la guerre dans le jeu vidéo.

 

  Premièrement, l'affrontement de Spec Ops The Line se déroule autant sur le plan psychologique que physique. Confronté à la réalité de la guerre, à savoir un conflit injuste, cruel, absurde et incohérent, la résistance mentale du héros est rapidement mise à rude épreuve. Idéologie mise à mal, convictions malmenées, héroïsme désacralisé, camaraderie bafouée, autant de désillusions successives qui conduisent inéluctablement à l'effondrement moral du personnage principal. Davantage que le conflit qu'il dépeint, le récit de Spec Ops The Line est celui de la déchéance psychologique de son héros, une confusion grandissante qui se traduit ingénieusement à l'image par la détérioration physique du soldat, les blessures sanglantes matérialisant son chaos identitaire croissant.

 

   Mais la guerre ne concerne pas que les soldats et si la plupart des TPS militaires l'oublient volontiers, Spec Ops The Line refuse cette facilité. L'impact concret des conflits auprès de la population locale sera à plusieurs reprises illustré dans le jeu par l'intermédiaire des séquences les plus choquantes de l'intrigue. S'il est agréable de voir ce tabou enfin illustré dans un jeu vidéo, d'autant plus quand il sert véritablement à la progression de l'intrigue et l'évolution mentale des héros, cette question des populations civiles reste toutefois traitée de manière minimaliste et parfois trop expéditive, le potentiel émotionnel n'étant clairement pas exploité à son paroxysme. Les interactions avec les civils (non armés) restent peu nombreuses, l'empathie du joueur n'est pas assez sollicitée en dehors du champ de bataille et il s'agit clairement d'une approche qui pourra largement être enrichie dans les productions de ce type à venir mais elle a au moins le mérite d'exister.

 

  Enfin la sempiternelle glorification de la puissance militaire américaine est rapidement mise de côté puisque le joueur sera amené à affronter majoritairement d'autres soldats américains. Le conflit de Spec Ops The Line ne se réduit pas ainsi à l'opposition entre deux factions délimitées mais se porte sur la moralité vacillante de ses soldats.

 

  Pour ces divers éléments, Spec Ops The Line réussit au moins une partie de son pari, celui d'interpeller le joueur sur la violence surréaliste de la guerre. Pourtant même s'il contient une poignée de scènes choquantes, le jeu n'est pas particulièrement plus sanglant qu'un autre. La véritable différence sur l'impact émotionnel du joueur provient en réalité du ressenti du personnage qu'il incarne, la passerelle entre l'univers du jeu et son destinataire. Contrairement à la plupart des héros de jeux vidéos demeurant insensibles à la violence auxquels ils sont confrontés ou la tournant en dérision, Martin Walkern'atténue pas le chaos dans lequel il est plongé, éprouvant émotionnellement la folie meurtrière qui l'entoure et incitant ainsi le joueur à adopter une démarche similaire face au conflit qu'il traverse.

 

Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
I'll never look into your eyes...again

 

  Toutefois en dépit de ses qualités rafraichissantes, une gêne s'installe rapidement face à Spec Ops The Line et sera malheureusement constante durant l'intégralité du jeu. Cette gêne peut se résumer en une seule interrogation : pourquoi alors que Spec Ops The Line entreprend la démarche de sensibiliser le joueur à l'expérience horrifique de la guerre, le gameplay est t-il celui d'un TPS classique ? Système de couverture, caméra à l'épaule, rythme effréné, petite équipe de soldats affrontant littéralement des centaines d'adversaires, rien ne différencie le gameplay de Spec Ops The Line de ses semblables, Gears Of War en tête. Autrement dit il s'agit d'un gameplay se focalisant sur le dynamisme de ses affrontements et la jouissance des scènes d'action, une approche appropriée dans le cadre d'un Gears Of War et son univers caricatural mais qui devient désagréablement décalé avec l'approche de Spec Ops The Line. Alors que le récit de Spec Ops The Line s'évertue à véhiculer une vision dérangeante et traumatique de la guerre, le joueur va vivre son expérience par l'intermédiaire d'un gameplay jouissif et nerveux, en total contraste avec l'ambiance véhiculée.

 

  Et c'est en cela que réside la principale faiblesse de Spec Ops The Line, celle d'un gameplay incohérent avec la démarche narrative adoptée qui au lieu d'intensifier l'expérience vécue la dénature en lui enlevant son réalisme et sa crédibilité. Et malgré toute l'audace et le courage opérés par le jeu dans son approche scénaristique, ce n'est pas un défaut qui peut être négligé car la manière de raconter une histoire est aussi primordiale que l'histoire elle même. Le jeu vidéo est encore un média jeune, en questionnement identitaire et Spec Ops The Line prouve une nouvelle fois comme tant d'autres jeux avec de grandes ambitions narratives que le gameplay doit savoir s'adopter au récit narré. De la même manière qu'une mise en scène hollywoodienne et grandiloquente ne peut être en adéquation avec une approche réaliste et dérangeante de la guerre, un gameplay traditionnel de TPS ne peut être qu'incohérent avec une vision sombre et torturée de la monstruosité humaine.

 

  L'effet est ici doublement pervers. Non seulement le jeu ne peut jamais produire le sentiment de satisfaction et la frénésie d'un Gears Of War à cause de son ambiance pesante et amère mais le gameplay trop nerveux et spectaculaire du jeu ne peut rendre justice aux sombres thématiques véhiculées par le récit.

 

  Outre le gameplay initial, ce décalage se ressent même sur les ennemis que le joueur doit affronter. Même s'il existe quelques répliques essayant d'humaniser les soldats ennemis que le joueur sera irrémédiablement amené à tuer, les victimes de Spec Ops The Line restent des ennemis de jeu vidéo avant d'être des victimes de guerre. A nouveau, les antagonistes répondent à des schémas classiques de TPS mais dans le cadre réaliste apporté par le récit de Spec Ops The Line, leur comportement devient ainsi ridicule. Ainsi les traditionnels ennemis attaquant au corps à corps pour forcer le joueur à quitter sa position prennent l'allure de kamikazes surréalistes fonçant sur le joueur armé avec leur simple couteau. Dans le même registre, les ennemis heavy, personnages lourdement armés, très résistants et communs à nombre de TPS, paraissent ici aussi crédibles qu'une apparition de Terminator en Afghanistan. Le comble du ridicule est certainement atteint dans la deuxième partie du chapitre 10 à travers une séquence de rail shooting où Martin Walker, équipé d'un lance grenades et accroché à un camion, explose des dizaines de soldats essayant de l'intercepter.

  Enfin comme cela a déjà été mentionné, c'est une véritable armée qui s'oppose à nos trois héros, les morts se comptent ainsi par centaines et le gameplay banalise ainsi les victimes de guerre alors qu'il devrait les dramatiser. Pour un jeu vidéo qui tente de sensibiliser le joueur sur l'atrocité de la guerre, l'immersion est ainsi largement amoindrie par ce gameplay malencontreux et en total décalage avec le propos narratif.

 

  Mais outre les lacunes liés au gameplay, le récit lui même est perfectible dans son déroulement. L'intrigue de Spec Ops The Line fait l'erreur de se dérouler intégralement à Dubai, autrement dit sur le champ de bataille et par ce choix, le récit omet de raconter une composante essentielle des récits de guerre : qui étaient ces hommes avant d'être des soldats ? Aucun flashback sur la vie des trois héros avant leur entrée dans l'armée, aucun attachement à leur famille, leurs proches en dehors des conflits, l'univers du jeu semble être replié sur lui même et de la même manière que Dubai s'est coupée du reste du monde, les protagonistes ne ressentent des émotions qu'à travers la violence de leur mission mais n'éprouvent jamais de ressenti sur leur vie réelle, en dehors du conflit. Ce choix maladroit est également un frein à l'empathie du joueur, encore plus quand c'est principalement à travers les tourments psychologiques du héros que le joueur ressent l'amertume de la guerre puisque le gameplay concret du jeu est trop décalé avec son propos. Le simple fait d'intégrer quelques séquences où le joueur aurait incarner les personnages dans notre cadre quotidien aurait été bénéfique en apportant ainsi un recul sur les évènements de Dubai et faisant ressentir d'autant plus fort en comparaison la folie meurtrière de la guerre. Un oubli regrettable, d'autant plus qu'il s'agit là davantage d'un manque de volonté de la part des développeurs qu'un manque de moyens.

  Évidemment, dés qu'il est question de retranscrire le quotidien de la vie réelle dans le jeu vidéo, les réactions sceptiques se multiplient rapidement. Mais dans le cadre d'un récit interactif avec une vraie ambition émotionnelle, ce genre de blocage créatif est inéluctablement néfaste sur l'effet produit. Un autre défaut similaire mais encore plus épineux freine l'immersion du joueur : le rythme du récit. Beaucoup d'oeuvres narrant le traumatisme de la guerre s'accordent sur un point récurrent : l'attente du combat est presque aussi soutenable que l'affrontement lui même. La retranscription d'une guerre ne se limite pas à celle de ses affrontements directs mais doit également tenir compte des moments de tension qui surviennent entre chaque bataille, là où la pression use sur le long terme la barrière psychologique des soldats. Mais le jeu vidéo étant un média privilégiant avant tout le divertissement, la question du rythme fait encore parti de ses tabous regrettables. Spec Ops The Line ne fait pas exception à la règle et si le jeu force de temps à autre le joueur à marcher, c'est en courant qu'il traverse l'intégralité du jeu enchainant les combats à un rythme effréné sans laisser au récit l'opportunité d'instaurer une vraie tension. A l'image de son gameplay, le récit de Spec Ops The Line témoigne de son principal problème : l'incapacité pour le jeu d'exploiter pleinement le potentiel émotionnel de son sujet avec les nombreuses frontières que le média interactif s'impose encore aujourd'hui en terme d'interactivité et de narration.

 

Can you picture what will be
So limitless and free
Desperately in need...of some...stranger's hand
In a...desperate land

 

  Fort heureusement, la dernière partie du jeu vient adoucir le sentiment sur cette expérience vidéoludique. La folie de Martin Walker s'étant à ce stade banalisée, les développeurs feront preuve de beaucoup plus d'audace dans la manière de retranscrire la démence du héros directement à travers le gameplay. Une nouvelle démonstration convaincante de l'illustration de la folie dans le jeu vidéo où les possibilités de surprendre le joueur en détournant les schémas traditionnels du gameplay sont infinies. Sans atteindre le génie des séquences hallucinatoires des Max Payne (certains effets sont un peu grossiers), plusieurs moments de folie étonnent par leur intense brutalité tandis que d'autres éléments plus subtils viennent renforcer le malaise du joueur, à l'image des écrans de chargement interpellant directement la culpabilité du héros.

 

  Si le déroulement du jeu est largement perfectible dans son gameplay et son écriture, le dénouement est en contrepartie parfaitement maitrisé. Outre l'intelligence de ce final qui apporte un nouveau regard sur l'intégralité du récit et force le joueur à reconsidérer son interprétation de l'expérience, la conclusion de Spec Ops The Line propose également les choix narratifs parmi les plus ingénieux jamais vus dans un jeu vidéo et ce n'est pas une exagération. Toutefois il était difficile de l'anticiper, la plupart des choix narratifs proposés dans Spec Ops The Line ne sont en effet guère convaincants, d'une part parce qu'ils relèvent d'un certain classicisme d'autre part parce que leurs conséquences sont beaucoup trop minimalistes pour que le joueur les prenne au sérieux. Ce qui rend d'autant plus surprenant en comparaison l'habilité du dénouement, non seulement les quatre fins proposées se distinguent vraiment l'une de l'autre, proposent au joueur un véritable dilemme moral mais elles parviennent de surcroit à être toutes cohérentes avec l'amertume et la désillusion véhiculées par le jeu.

 

  Si l'interactivité narrative du jeu vidéo et la capacité du joueur à influencer le déroulement de l'histoire sont des qualités majeures de ce média, il est souvent bien difficile de concilier cette liberté interactive tout en maintenant la cohérence du récit. Même des développeurs, réputés pour la qualité de leur écriture, ont parfois du mal à exploiter correctement les choix narratifs dans leur récit, à l'image de Rockstar Games dont la différence qualitative considérable entre les deux dénouements de GTA IV est un cas d'école en la matière. Dans le cadre de Spec Ops The Line, quelque soit le sort que vous réserverez à Martin Walker, le malaise sera inéluctablement présent lorsque les crédits de fin apparaitront, un exploit suffisamment rare pour être souligné.

 

  Refusant tout manichéisme et édulcoration de son propos, Spec Ops The Line est une oeuvre courageuse qui tente d'apporter un nouveau regard sur un thème trop souvent vulgarisé dans le jeu vidéo. L'audace de sa démarche de part la focalisation du récit sur l'expérience traumatique et émotionnelle de la guerre ainsi que la confusion identitaire de ses soldats permet à Spec Ops The Line d'être le premier véritable jeu de guerre, celui où l'homme n'acquiert pas un statut héroïque dans l'affrontement mais se confronte à sa propre monstruosité. Est ce pour autant un grand jeu de guerre ? Non car outre les lacunes scénaristiques du jeu, les développeurs auront commis l'immense erreur de ne pas associer leur démarche narrative avec une évolution similaire de l'interactivité, faisant ainsi opposer le gameplay simpliste de Spec Ops The Line avec l''ambiguïté de sa narration, les deux éléments s''affaiblissant en se confrontant alors qu'ils auraient dû s'appuyer mutuellement. Spec Ops The Line n'est ainsi pas la matérialisation vidéoludique d'Apocalpyse Now, de Full Metal Jacket et Platoon mais pour autant, le jeu mérite le respect pour avoir oser proposer une expérimentation narrative où la guerre n'est plus un simple prétexte à l'action mais véhicule un propos. Il n'y a plus qu'à espérer que le jeu servira d'exemple pour les générations futures des créateurs interactifs afin qu'ils ne reproduisent pas les mêmes erreurs et parviennent un jour à retranscrire dans tout son chaos émotionnel la folie meurtrière des conflits, ce jour là alors peut être qu'une oeuvre interactive rappellera au joueur avec une évidence glaçante que la guerre est tout...sauf un jeu.

 

Voir aussi

Jeux : 
Spec Ops : The Line
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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

 *Attention cet article contient des spoilers importants sur le final de Mass Effect 3*

 

Je ne peux plus attendre. J'avais pensé en parler traditionnellement dans une vidéo après avoir fait le vidéotest de Mass Effect 3 mais toutes ses pensées qui se cogitent dans ma tête doivent sortir. Quand le générique de Mass Effect 3 a fait son apparition, c'est bien plus qu'un jeu vidéo qui s'est achevé, ma propre saga intergalactique dans lequel j'avais tellement mis de ma personnalité et de mes espoirs a pris fin. Mass Effect demeure mon jeu préféré de la nouvelle génération, cette saga m'a offert la meilleure immersion et les meilleurs souvenirs des consoles HD alors forcément après s'être autant approprier cet univers, la conclusion des aventures de MON Shepard ne pouvait me laisser indifférent. Tel un vieux soldat cynique, je dirais que je ne pensais pas que cela finirait ainsi, et face à ce dénouement si controversé tandis que des fans hurlent à la trahison et d'autres pleurent des larmes en pensant à cet univers qu'ils ont tant aimés, je livre mon ressenti au moment où mes propres aventures trouvent leur conclusion dans le chagrin et la frustration...

 

L'appropriation de l'univers : un cadeau empoisonné ?

 

Cela a déjà été dit en introduction, Mass Effect n'est pas simplement la conclusion d'un jeu mais d'une aventure dans lequel le joueur a été amené à s'immerger progressivement au fil des ans. Si les choix proposés ne sont finalement pas si importants comparer à ce que peuvent proposer d'autres RPG, la puissance de la mise en scène et l'ingéniosité de la narration n'auront cesser de gagner en efficacité pour placer le joueur dans la peau de Shepard. La plupart des jeux vidéos captivent en un seul volet, Mass Effect aura eu de surcroit le luxe et l'audace de dépeindre son univers au fil de trois opus connectés donnant le sentiment de vivre une véritable saga de science fiction. Mass Effect se souvient du joueur, des décisions qu'il a pris durant ses aventures, de sa réputation, des exploits qu'il a accompli. Les suites ont constamment rappelées les joueurs qu'ils avaient un impact sur l'univers du jeu, qu'ils n'étaient pas passifs. Pourtant là aussi, les actions du joueur influencent finalement davantage le background, la toile de fond de l'univers que les évènements du récit à proprement parler mais malgré tout, cette continuité admirable entre les différents volets ne fait qu'accroître l'appropriation du joueur avec son expérience de jeu.

Même si la dimension action n'a fait que s'accroître, que Bioware a dépensé son énergie laborieusement à imiter Gears Of Wars, en parallèle l'interaction du joueur avec les autres protagonistes a également fait l'objet d'un soin particulier. Les développeurs n'ont jamais versés dans la facilité malgré la réussite du système de dialogue instauré dans le premier Mass Effect. Ils ont toujours tentés d'enrichir davantage la mise en scène, de varier les situations, la manière dont Shepard allait interagir avec son équipe. Dans le premier Mass Effect, les dialogues s'effectuaient principalement dans le Normandy et s'intéressaient surtout à la culture des races respectives que Shepard côtoyait. Au fur et à mesure, les échanges se sont décomplexés, ont gagnés en naturel, Shepard (le joueur) n'était plus le commandant qui parlait de manière formelle avec ses équipiers mais un homme qui discutait avec de vieux amis. Conseiller Joker de se lancer dans une romance inattendue, inviter une ancienne camarade à danser dans un bar tandis que celle ci vanne Shepard sur sa danse ridicule, déconner avec Garus en tirant sur des bouteilles au sommet du Présidium, aller réconforter sa copine qui déprime, l'interaction avec les personnages est devenue tellement naturelle que c'est un plaisir immédiat de s'immerger dans cet univers malgré un Shepard devenu beaucoup trop bavard, qui ne laisse pas assez le joueur choisir les réponses. Si Mass Effect 2 avait déjà montré une solide amélioration en la matière, c'est réellement Mass Effect 3 qui aura sublimer la démarche de Bioware, l'interaction des personnages est d'autant plus importante que eux aussi se souviennent du joueur et des choix qu'il a fait auparavant.

 

 

 

 

Deux Shepard, un même fardeau ?

 

Commencer Mass Effect 3, c'est ainsi comme découvrir la troisième saison d'une série télévisée, retrouver un univers familier avec ces personnages qu'on a appris à apprécier avec le luxe d'être le héros de l'histoire et le plaisir de voir que nos actes héroïques sont restés dans les mémoires. Les scénaristes de Bioware sont intelligents, ils savent parfaitement la manière d'impliquer le joueur dans une histoire, de rendre l'univers du jeu plus crédible et naturel. Mais si cette appropriation offerte au joueur est un beau cadeau, elle est peut être aussi la raison de la déception qui entoure actuellement la conclusion de la série.

La comparaison avec une série télévisée n'était pas anodine tant la déception actuelle autour du final de Mass Effect 3 rappelle une déception tout aussi grande autour du final de la série Lost. La force de la série qui s'est finalement retournée contre elle à la fin a été de laisser la liberté d'interprétation au spectateur, de lui laisser imaginer la véritable raison des évènements vécus par les personnages. Par ce biais, la série permettait au spectateur de s'approprier en parti l'univers de l'île et c'est cette gestion des mystères et cette liberté offerte au public qui ont participé à l'engouement de la série, les fans se sont déchainés en défendant leur propre interprétation sur l'intrigue (souvent en se basant sur des éléments concrets du scénario) , sur le rôle des personnages, l'avenir de la série. La conclusion narrative a ainsi été une douche froide, tant par le sort réservé à certains protagonistes que par la véritable explication du mystère. Certes Mass Effect n'a pas développé la même aura de mystère de Lost mais c'est également avec des révélations sur l'univers (et les choix qui en découlent) que la déception va naître. Au delà de ça, c'est surtout cette appropriation de l'univers laissée au joueur qui laissait la porte grande ouverte à des déceptions personnelles, combien de personnes savaient déjà la manière dont ils voulaient que les aventures de leur Shepard s'achèvent bien avant d'insérer le disque dans la console. Même si cela ne peut en aucun cas servir d'excuse à Bioware, c'était néanmoins un risque qui existait dés le début. Étant donné le savoir faire avec lequel les développeurs ont amenés Shepard à son combat final, il était évident pour tous les joueurs que Bioware avait conscience de cette difficulté, de la tâche à accomplir. Mais le doute est finalement permis étant donné le parti pris très radical du final de la série.

 

 

 

Au nom du père, du fils et du Saint Shepard

 

Ce final à toute l'aventure personnelle du joueur, cette conclusion à tout le processus d'appropriation de cet univers qu'en est t-il finalement ? Vous avez déjà été prévenus, ça va spoiler sévère. Alors que Shepard arrive agonisant, le corps tâché de sang, au coeur de la Citadelle pour en finir avec les Moisonneurs, le « catalyseur » vient directement à sa rencontre. Un hologramme prenant la forme de l'enfant que Shepard a vu mourir au début du jeu (et qui revenait fréquemment dans ses cauchemars) lui révèle que l'objectif des Moissonneurs était d'empêcher les conflits entre les synthétiques et organiques en supprimant les races organiques lorsque celles ci atteignent un stade d'évolution trop élevé. Empêcher le chaos par l'extermination et répéter ce cycle inlassablement au fil du temps. L'hologramme propose alors à Shepard trois choix :

 

-détruire la race des Moissonneurs et l'intégralité des synthétiques de manière générale (y compris les Geth et IDA) provoquant ainsi un retour à l'âge de pierre en terme de technologie.

-prendre le contrôle des Moissonneurs afin qu'ils assurent le développement des races organiques. (tels des Dieux mécaniques)

-si le joueur a réussi à réunir une force de frappe suffisante (l'objectif de tout le jeu), un troisième choix s'offre à lui, la synthèse. Shepard peut alors se sacrifier pour permettre la création d'un nouvel ADN, la création d'une nouvelle espèce interrompant ainsi le cycle des Moisonneurs en harmonisant les synthétiques et les organiques. Shepard a en effet été ressuscité dans le second opus grâce à des implants cybernétiques et ayant réussi à maintenir sa conscience en refusant l'influence des Moissonneurs, il est donc devenu une sorte d'hybride, de passerelle symbolique entre les hommes et les machines.

 

Cela ne vous rappelle rien ? La proximité surprenante avec les choix proposés à la fin du premier Deus Ex de Warren Spector (et qui avaient été prolongés dans les derniers choix de Deus Ex Human Revolution) est en effet frappante et témoigne de la nature inattendue et assez décalée de cette conclusion. En effet, cette focalisation sur la frontière entre l'humanité et la technologie, l'importance donnée à l'existence des machines, s'agit t-il vraiment des thèmes associés généralement à Mass Effect, le spare opéra qui nous met dans la peau du sauveur de la galaxie ?

Certes le scénario de ce troisième opus met un peu en avant ces problématiques, notamment à travers le personnage d'IDA largement mis en avant qui sous l'impulsion de Shepard et son contact avec Joker s'émancipe progressivement de son statut de machine, s'humanise en découvrant peu à peu les émotions et développe une personnalité individuelle. Il y a également l'exemple des Geth qui après avoir servi de cible durant les précédents opus assument désormais leur conscience et peuvent même vivre en harmonie avec les Quariens selon les actions du joueur (clairement l'une des scènes les plus réussies de ce troisième opus). La nature de mort vivant de Shepard, n'étant maintenu en vie que grâce à ses implants cybernétiques, aurait également pu alimenter le propos mais elle n'est finalement exploitée que durant les dernières heures de jeu.

Ainsi malgré ces quelques développements narratifs , cette conclusion laisse un désagréable sentiment de décalage en posant sa problématique de manière trop brusque, Bioware a manqué de subtilité dans sa narration pour amener le joueur vers ce dénouement. Pour reprendre l'expression d'un internaute, c'est un peu comme si le spectateur découvrait la fin de 2001 l'Odysée de l'Espace en conclusion de Starwars, cette dimension métaphysique arrive comme un cheveu sur la soupe (ou comme une merde sur une planche pour citer Kaamelott). Plusieurs fans mettent en avant la cause du départ du scénariste principal de la série, Drew Karpyshn, d'abord positionné par Starwars The Old Republic puis ayant quitté l'industrie du jeu vidéo, qui aurait initialement prévu une conclusion différente . C'est une hypothèse à laquelle il est légitime d'apporter du crédit tant la nature de ce dénouement manque de cohésion.

 

 

 

 

Requiescat in pace

 

Mais c'est loin d'être le seul problème de cette conclusion en effet le final de la trilogie aboutit dans 80% des cas sur la mort du commandant Shepard, le héros dans lequel le joueur s'est investi depuis des années. Le seul moyen de le faire survivre est de prendre le premier choix (destruction des races synthétiques) à condition d'avoir obtenu une force militaire assez importante au préalable. Pire que cela, dans tous les cas, la saga s'achève sur la destruction des relais cosmodésiques, le symbole par excellence de la saga jusqu'à en inspirer le titre du jeu, sur lequel reposait l'intégralité de l'univers. Autrement dit, ce n'est pas simplement l'aventure de Shepard qui s'achève mais tout l'univers de Mass Effect tel que le joueur l'a connu depuis le début !

Alors comment dire...C'est là que je suis un peu emmerdé vous voyez parce que ce final m'a quand même interpellé en parti d'une manière positive. En réalité, je réalise que j'ai eu de la chance car la démarche de MON Shepard, sa manière d'interagir avec l'univers correspondait réellement avec l'une des fins du jeu, celle que j'ai finalement choisi après le plus long moment de réflexion que je me sois accordé dans un jeu vidéo. Permettez moi de laisser la parole à MON Shepard et à ses dernières pensées.

 

 

J'ai passé toute ma vie à maintenir la paix dans l'univers, à tenter de réunir les races entre elles, mettre fin à la réputation de petit tyran égoïste que trainait l'humanité. On m'a appelé un héros depuis Elysium, je pense à tous mes camarades morts qui le méritaient bien plus. J'ai sacrifié le conseil pour vaincre Sovereign car je craignais sincèrement que nos forces ne soient pas assez puissantes pour vaincre le Moissonneur. Une décision que je regrette et que j'assume comme mes autres erreurs car j'ai eu des fiertés pour compenser.

Lorsque j'ai vu toute mon équipe survivre à cette mission suicide, lorsque les Krogans se sont enfin unifiés pour rejoindre le combat, lorsque les Quariens et les Geth se sont unis pour bâtir un monde nouveau, la fierté de réaliser l'impossible m'a offert la plus grande émotion de mes voyages, bien plus que tous les cadavres de Moissonneurs que j'ai laissé derrière moi. Et maintenant je suis face à ce choix ultime.

Qu'est ce que je dois faire ? Je n'ai compris qu'à moitié le discours confus de cet hologramme, pourquoi diable est ce qu'il a l'apparence de ce gosse déjà? Je n'ai aucune envie de contrôler les Moissonneurs, l'Homme Trouble s'est fourvoyé, personne n'est assez sage pour être aux commandes d'une telle puissance, j'aurais aimé l'aider mais peut être était t-il perdu depuis le début ... Les Moissonneurs sont dangereux, personne ne regrettera leur destruction mais après ça ? La galaxie est déjà un champ de ruine et sans les relais cosmodésiques, comment les races pourront s'en relever sans l'aide des synthétiques?

IDA et les Geth ont prouvés que les machines pouvaient vivre en harmonie avec les humains, les aider à aller de l'avant. Mais je n'ai pas envie de mourir...Toutes ces personnes que je dois revoir, Liara, Garrus, Tali, Wrex, Ashley, Joker...Même ce con de Vega me manque.

Mais est ce que j'ai vraiment le droit de penser à ma gueule maintenant ? Après tous les sacrifices que j'ai fait pour unifier la galaxie, j'ai la chance d'apporter un nouvel espoir, un nouvel équilibre plutôt que la destruction. Peut être que ça ne servira à rien, que je ferais mieux de détruire cette menace une bonne fois pour toutes. Mais j'ai toujours avancé en pensant que l'union faisait la force, qu'il était possible de surpasser les différences pour s'unir dans un but commun. Si il y a vraiment une chance qu'une galaxie plus paisible voit le jour, je ne peux pas la manquer. Je tente ma chance, je laisse la galaxie faire le reste. Je ne serais plus là pour le voir de toute façon. Désolé Liara, pour une fois je ne tiendrais pas ma promesse...


 

Et tandis que Shepard sautait dans le vide, je me demandais si j'avais fait le bon choix. Très sincèrement il y en a eu des décisions compliquées à prendre dans les jeux vidéos mais celle ci est sans aucun doute la plus difficile que j'ai dû faire. Putain combien de temps je suis resté comme un con devant ces trois couloirs, à faire quelques timides pas dans une direction pour reculer aussitôt. Je n'avais pas envie que mon Shepard meure et à en juger par les réactions des internautes, je n'étais pas le seul. Mais voilà je suis resté fidèle à mon personnage, à ce que j'avais envie qu'il incarne jusqu'à la fin. J'irais jusqu'à avouer avoir verser quelques larmes tandis que Clint Mansell et son piano diabolique faisaient entendre leur mélodie amère. Vous savez combien de fois j'ai pleurer sur cette génération de consoles ? Une fois et c'était à ce moment. Quand toute une saga a réussi à t'immerger à un tel point que tu ressentes une connexion si naturelle avec son univers, tu ne peux pas rester indifférent à la mort de ton héros malgré la mise en scène hollywoodienne et une métaphore biblique pompeuse.

Bioware a tout donner jusqu'à alors au joueur et au dénouement il lui demande brusquement le plus grand sacrifice, pas de décider de la vie d'une civilisation, du sort des personnages, non de sacrifier ton héros, ton Avatar, de rompre définitivement tout lien avec cet univers que le joueur a appris à aimer. Ce n'est pas ce que j'irais reprocher à ce dénouement soyons clair, je sais que beaucoup de joueurs sont frustrés de ne pas avoir eu une fin heureuse avec leur Shepard, d'avoir pu continuer leur romance après le combat...Mais au fond est ce que je voulais un simple happy end où toutes les races de l'univers danseraient main dans la main autour des cadavres des Moissonneurs façon Retour du Jedi ? Non clairement pas, ce n'est pas dans la nature de Mass Effect d'être aussi simple, aussi manichéen. Peut être était ce la meilleure manière que j'aurais voulu que mon Shepard achève son aventure, se sacrifiant une ultime fois pour les autres ?

 

L'important c'est le choix...

 

Mais encore une fois j'ai eu de la chance. Car MON Shepard n'est pas TON Shepard, cher lecteur. Imaginons que j'aurais préférer privilégier ma survie personnelle? Ou que je veuille profiter de la situation pour renforcer la position de l'humanité sur l'échiquier personnel? Et bien dans ce cas, je n'aurais eu qu'à hurler ma rage car le nombre d'alternatives proposées dans ce dénouement est effroyablement réduit. Voilà ce qui frustre autant la communauté des fans, Bioware a misé toute l'expérience de Mass Effect sur le choix, la liberté du joueur et au dernier moment, il ne propose pas au joueur de faire un choix radical, il l'impose !

Mais pire que cela, les choix opérés dans les opus précédents ne font finalement qu'influencer notre force de frappe militaire (pouvant donc débloquer le troisième choix de la synthèse) mais ne modifient en rien les choix disponibles au dénouement de la trilogie. C'est donc avec une certaine amertume que le joueur comprend que Bioware a vendu du rêve, certes il y a une vraie connexion entre les opus mais le studio a loupé l'occasion de transposer les actions du joueur dans l'intrigue même au lieu de se contenter d'influencer la toile de fond générale. Devant le manque d'alternatives différentes à ce dénouement, l'absence de continuité plus concrète entre les actions du joueur et le caractère particulièrement radical du final imposé, c'est un sentiment de trahison qui gagne actuellement les fans.

 

 

 

Pourquoi tant de hâte ?

 

 

Et même en excusant ce procédé par une audace de Bioware d'imposer un dénouement tragique, le pire est réellement à venir car le véritable point noir de cette conclusion n'a pas encore été abordé. L'erreur de Bioware qui trouve écho à l'unanimité des joueurs et qui m'a poussé à écrire cet article : l'aspect complètement expéditif et aberrant du dénouement. Quelque soit le choix final, la dernière cinématique montre le Normandy s'écraser rapidement sur une planète paradisiaque et les survivants du crash sortir du vaisseau. Le générique de fin fait alors son intervention. Mais attendez c'est une blague ? En à peine deux minutes Bioware a conclu une saga de plus d'une centaine d'heures ? Il n'est fait absolument aucune mention de la suite des évènements, de la manière dont les espèces vont réagir après la destruction des relais cosmodésiques et des actions de Shepard. Mais pire que cela, aucun instant n'est accordé pour montrer l'impact du sacrifice de Shepard, que ce soit auprès des forces armées mais surtout de ses anciens compagnons. Alors que Bioware a focalisé la majeure partie de son attention sur l'interaction entre Shepard et ses alliés, la manière d'impliquer le joueur émotionnellement dans un univers, comment est t-il possible de conclure une telle immersion d'une manière aussi abrupte ? Bioware ne pouvait qu'avoir conscience de la frustration qui allait découler, non seulement du sacrifice de Shepard mais également de cette interruption brutale avec l'univers.

Des questions innombrables font alors immersion dans l'esprit du joueur quand il comprend avec stupeur que Mass Effect ne lui offrira plus rien : pourquoi les Moissonneurs avaient t-ils si peur de la fusion entre organiques et synthétiques ? Pourquoi l'hologramme prenait la forme de l'enfant de la démo ? Comment les différentes races de l'univers peuvent continuer à vivre sans pouvoir circuler dans l'univers alors que tous les échanges galactiques se faisaient grâce aux relais cosmodésiques ? Que va t-il advenir de toutes les races qui restent bloquées sur Terre ? Et les Quariens qui venaient juste de retrouver leur monde ? Pourquoi le Normandy a t-il quitté subitement la Terre pendant la bataille ? Pourquoi Liara et Garrus étaient aussi dans le vaisseau alors qu'ils combattaient avec moi sur Terre ? Quelle est la planète où le Normandy a atterri ?

Ce n'était pourtant pas si compliqué, la série a déjà fait preuve de tellement d'ingéniosité et d'efficacité dans sa narration, offrir une conclusion plus complète et digne de l'intrigue n'était vraiment pas si difficile vu les mérites narratifs de la série. Montrer au moins un discours de l'Amiral Hackett raconter les actions de Shepard et la manière dont l'univers va se mettre en marche puis basculer sur une scène plus intimiste avec les anciens camarades de Shepard qui font le deuil de leur leader. Voilà c'est tout. Ce n'est pas comme si Bioware avait mis en place durant toute la trilogie et encore davantage dans ce troisième volet une montée en puissance dans l'émotion véhiculée et la proximité avec les personnages ? Ah si...ben merde alors. Et je n'ai même pas envie de parler de la cinématique supplémentaire après le générique, le coup de grâce ! Ah non c'est vrai que le petit message « le commandant Shepard est devenu une légende mais nous pourrons la prolonger avec les DLC » est pas mal aussi dans le genre.Bon je m'énerve surtout que je n'ai pas envie de cracher hystériquement sur cette conclusion mais bon sang, qu'est ce qui est passé dans la tête des développeurs ? Il ne faut pas tendre le bâton pour se faire battre et jamais je n'aurais cru une narration aussi médiocre dans le dénouement de la série alors que Bioware avait tellement souvent gagné mon respect dans leur manière de raconter une histoire.

 

 

Maladroit, voilà le mot qui résume le mieux ce dénouement. Quelque soient les intentions initiales de Bioware, la manière laborieuse dont ce final a été dépeint est d'autant plus étonnante compte tenu de la rigueur de la narration jusqu'à alors. Et au risque de rappeler une évidence, s'il y a une chose qu'il ne faut pas rater dans une bonne histoire, c'est bien son dénouement. Je ne serais pas ingrat, je ne vais pas vous rechanter le refrain de la mort de Bioware vampirisé par le machiavélique EA. La trilogie Mass Effect m'a procurer les meilleures émotions sur cette génération de consoles et même ce troisième opus demeure une réussite tant il sublime globalement la capacité d'immersion que Bioware n'a cessé de développer dans ses jeux. Et c'est justement pour ça que ce final m'interpelle à ce point, que je n'arrête pas de le ressasser dans ma tête bien après avoir éteint ma console. J'ai eu la chance de ne pas être dérangé en m'étant fait imposer le sacrifice de MON Shepard mais l'enrobage de cette conclusion me peine profondément. Finir une telle saga dans un mélange de chagrin et de frustration, non je ne m'y attendais pas. Le voyage spatial a été beau mais l'arrivée est désagréable comme si le Normandy avait changé de trajectoire au dernier moment.

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

 

Il est 16h42 et le générique de Mass Effect 3 fait son apparition. Trois jours que le disque fait chauffer ma Xbox360 tandis que je parcoure les moindres recoins de cette galaxie devenue bien familière, sans prêter attention à ma conscience qui me ramène à notre Terre réelle. Quelques journées pour achever une aventure qui a débuté il y a bien des années et dont je n'aurais jamais imaginé qu'elle ne me captiverait pendant si longtemps. Oh oui, nous en avons vécus des choses avec mon Shepard. Tous ces cadavres de Geth et de mercenaires laissés dans notre sillage, ces moments de contemplation en observant les planètes mystérieuses de l'univers, ces centaines de soupirs lâchés dans les ascenseurs de la Citadelle et du Normandy...C'est certain, tout ne n'est pas passé comme je l'avais prévu. Je ne m'attendais pas à découvrir un lien de parenté entre mon Shepard et Marcus Phoenix ou me voir confisquer mon cher Mako, dommage j'aimais bien explorer des mondes inconnus avec la sensation de faire un petit pas pour l'humanité.

 

Malgré tout je n'ai cessé d'être captiver encore et encore par cet univers. Il faut dire que celui ci ne m'avait pas oublié, combien de personnes m'ont interpellés en me rappelant mes actions passées, se moquant de ma réputation ou contant les multiples exploits que j'avais accompli au fil des années. Certains univers vidéo ludiques nous marquent durant un seul jeu, Mass Effect aura eu le talent et l'audace de dépeindre le sien sur une trilogie. Je ne garderais qu'un souvenir confus des nombreuses batailles épiques menées aux commandes du Normandy tant les centaines de dialogues savoureux dont je n'aurais perdu aucune miette tiennent une place bien plus importante. Au bout du compte, à force d'avoir senti les battements de mon coeur en me demandant les conséquences désastreuses que pouvaient entrainer mes décisions, en être venu à rigoler et discuter avec les membres de l'équipage aussi naturellement que mes amis réels, s'être tellement amusé de la vie amoureuse compliquée de mon Shepard, Bioware avait bien réussi son objectif, l'appropriation était totale. J'étais Shepard.

 

Et maintenant je lui dis adieu...Toutes les bonnes choses ont une fin, j'ai fait durer cette aventure aussi longtemps que je l'ai pu et il fallait bien qu'elle s'achève un jour...dans la douleur. Oh oui cette conclusion fera débattre, elle sera frustrante pour beaucoup de part son manque de libertés, son côté expéditif. Mais malgré ses déceptions que je partage, c'est avec un pincement au coeur et quelques larmes sincères que j'ai dit adieu à ce personnage, non à cet ami dans lequel j'avais tellement mis de ma personnalité. J'ai souvent lu et regarder des univers de science fiction en m'imaginant être le héros de ces aventures. Grâce à Mass Effect, je n'aurais plus besoin de l'imaginer, je sais ce que c'est à présent d'être aux commandes de sa propre saga. Merci Bioware. Ça a été une belle aventure.

 

 

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

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Le petit écran fait trembler le grand ! Si la rivalité entre la télévision et le cinéma existe depuis la nuit des temps dans l'histoire cinématographique, elle n'a jamais été autant d'actualité tant les séries télévisées ont rivalisé d'ingéniosité et de créativité durant la dernière décennie pour concurrencer le septième art en terme de popularité mais également de qualité. Et le pari a été réussi. Alors que parallèlement le cinéma Hollywoodien se complaisait dans la stagnation, les programmes télévisuels ont trouvés de plus en plus écho auprès du public de telle sorte qu'il est devenu plus courant d'entendre les gens parler des dernières séries à la mode que des derniers films sortis. Il est inutile de faire un inventaire des séries qui ont le plus marquées le paysage du petit écran durant ces dernières années, ces quelques lignes vont davantage s'intéresser aux modifications générales qu'ont connues les séries télévisées et qui continuent à se développer encore aujourd'hui.

 

   

L'abandon des épisodes individuels

 

Durant de nombreuses années, beaucoup de séries ont adoptées un schéma narratif se reposant sur des épisodes individuels. Le concept de base de la série est posé durant les premiers épisodes, par la suite les personnages évolueront dans des intrigues trouvant un début et une conclusion dans l'épisode en entier. Les épisodes n'ont généralement pas de connexion entre eux ni d'intervenants communs hormis les personnages principaux, de ce fait en étant déconnectés ils permettent d'être regarder sans avoir une connaissance totale de la série. L'objectif commercial est bien évidemment de permettre à tous les spectateurs de regarder les épisodes sans qu'ils se sentent perdus pour ne pas avoir suivi la série depuis le début, néanmoins ce procédé limitait clairement la créativité des séries télévisées et l'empêchait même d'exploiter sa principale force : sa longévité. L'exemple le plus évident en la matière est celui des séries policières qui continue à poursuivre encore aujourd'hui le même schéma, néanmoins même une série comme X Files (série emblématique des années 90) était marquée par ce procédé. En effet, sur les 201 épisodes qui composent la série, seuls 75 sont en réalité nécessaires pour la compréhension de la mythologie.

Durant la dernière décennie, les séries américaines auront eu l'audace de briser ces chaines et de prendre le risque d'instaurer des intrigues longues se déroulant sur toute une saison. A ce titre, il convient de saluer l'évolution apportée par la série Lost qui a été l'une des premières séries cultes à trouver un compromis en la matière. Chaque épisode est au départ indépendant des autres car il se consacre sur l'histoire d'un protagoniste en particulier, généralement au centre des évènements de l'épisode. Néanmoins en arrière fond, toute une intrigue se développe au fil des épisodes rendant indispensable le visionnage de l'intégralité de la série pour comprendre le mystère qui l'entoure. La série avait d'ailleurs jouée ingénieusement sur l'étrangeté de son univers pour inviter le spectateur à être régulier afin qu'il ne loupe aucune pièce du puzzle qui lui est présenté.

 

 

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24 H Chrono aura poussé le pari encore plus loin avec sa narration basée sur le temps réel et impliquant qu'il n'y ait aucune interruption de l'action entre les épisodes forçant le spectateur à faire preuve de régularité sous peine d'être vite perdu dans l'accumulation rapide des évènements. Ce changement d'orientation aurait pu être un désastre car le spectateur est rapidement laissé de côté s'il n'a pas suivi la série depuis le début, cela aura au contraire permis la libération et l'épanouissement des séries modernes. Il est désormais courant de voir les séries développer une longue intrigue non seulement sur une saison entière mais sur toute la série au global, il est en effet devenu impossible de comprendre la portée d'un récit télévisuel en commençant par une saison avancée.

Cette évolution a considérablement changée la manière dont les spectateurs perçoivent les séries, plutôt que de regarder simplement un passe temps hebdomadaire c'est tout un univers familier et qui évolue au fil des ans que côtoie le public. Cela a aussi indirectement changé la façon de suivre les séries, avec ce fil conducteur régulier il est désormais beaucoup plus appréciable pour la compréhension de l'intrigue et de la structure globale d'une série de visionner celle ci à la suite et sans interruption plutôt que quelques épisodes par intervalle où le spectateur a le temps de perdre le fil du récit et d'oublier quelques éléments importants. Ce qui explique que malgré l'engouement général des séries américaines, le piratage et le visionnage en streaming sont toujours bien plus vivaces que la programmation hebdomadaire sur les chaines de télévision.

Le changement n'est pas non plus totalement radical, beaucoup de séries continuent encore à perpétrer sur leurs intrigues à long terme des péripéties qui ne durent que le temps d'un épisode. D'autres séries n'ont tout simplement pas franchi le cap à l'image des séries policières, déjà mentionnées, qui se basent toujours sur le même principe (le concept de ses séries s'y prête davantage en même temps). Mais il est par exemple regrettable qu'une série pétrie de qualités commeDr House répète inlassablement un schéma narratif récurrent et se rapproche davantage sur des intrigues épisodiques que celles sur le long terme, ce qui limite sa créativité.

 

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La fin du rêve américain

 

L'évolution narrative des séries américaines ne s'est pas simplement portée sur ce changement de rythme mais également dans le ton adopté. Beaucoup de séries marquantes de ces dernières années se font fait remarquer par leur dimension sociale et critique rapprochant également le spectateur de ses propres questionnements sur la société moderne. L'un des exemples les plus marquants et inattendus en la matière est le cas de Dexter. Alors que la série est supposée raconter le quotidien d'un serial kiler, tout le propos est orienté vers une remise en question de la société superficielle américaine qui se focalise tellement sur les apparences qu'elle en rejette l'humain et ne cherche même pas à cacher sa fascination pour la violence. Malgré les actions de son héros déchiré, la série mise davantage sur le rire que la peur, Dexter analyse constamment avec cynisme et humour noir son entourage et l'obsession pour la réussite américaine.

Dans un contexte plus proche du spectateur ordinaire, la série Breaking Bad porte également sa critique sur le quotidien américain. Le héros, Walter White, est l'archétype du citoyen ordinaire qui a mis de côté ses ambitions et son rêve personnel pour adhérer aux conventions et obligations dictées par la société à tel point qu'il est écrasé par le monde qui l'entoure. L'annonce de son cancer incurable va le sortir de sa torpeur et l'amener de plus en plus à briser les codes moraux et de bonne conduite qui le retenaient jusqu'à alors. Même si le personnage va de désastre en désastre et ne tire finalement que peu de réussite de son entreprise, Walter White semble malgré tout ressentir un plaisir macabre à trahir cette société qui l'a condamné à la discrétion en pouvant enfin s'en émanciper.

 

 

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D'autres séries ont poursuivies cette remise en cause des conventions de la société comme Sons Of Anarchy qui prône la liberté et le désir d'Indépendance, The Shield qui voit un policier privilégier son bonheur individuel au lieu de sa conscience professionnelle. Dans un registre moins excessif, violent mais tout aussi pertinent, la série Dr House a acquis sa personnalité sur le franc parler et le cynisme de son héros. Rompant avec la représentation traditionnelle du médecin compatissant, Dr House assume clairement sa liberté d'expression quitte à en paraître antipathique en disant fréquemment tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Si la série mise énormément sur le côté décalé du personnage, elle n'est pas dénuée d'une certaine gravité dans le portrait pathétique de son héros qui voudrait désespérément parvenir à briser les apparences sans se faire détester dans le même temps. Contrairement à beaucoup de séries au contexte similaire, le propos de Dr House dépasse ainsi largement celui du cadre médical pour se concentrer sur l'attitude quotidienne des individus dans la société et notre tentation d'outrepasser les règles de morale établies.

S'éloignant des personnages souvent très propres et politiquement corrects qui étaient jusqu'ici quotidiens dans les séries américaines, la dernière décennie a été le théâtre de protagonistes enfin dotés d'une véritable liberté d'expression et qui à travers leur remise en cause de la société moderne se rapprochent, malgré leur excentricité apparente, de la réalité du spectateur et de sa confrontation quotidienne avec les règles modernes.

 

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Une créativité exacerbée

 

Se basant sur les évolutions déjà mentionnées, les séries américaines ont commencées à gravir les échelons petit à petit et témoignent aujourd'hui d'une créativité qui a de quoi faire inquiéter Hollywood. En premier lieu, la mise en scène atteint un niveau de qualité général de plus en plus soigné à tel point qu'elle surpasse la réalisation de plusieurs films. Même si néanmoins, des inégalités se creusent et toutes les séries télévisées n'accordent clairement pas la même importance à leur réalisation, à ce sujet ma préférence personnelle va pour celle de Breaking Bad qui est l'une des rares séries à se permettre quelques moments oniriques et symboliques qui ne trouvent une signification concrète que tardivement.

Les acteurs vedettes de ses séries télévisées sont également un sujet révélateur, en effet beaucoup d'entre eux sont des comédiens récurrents du cinéma étant généralement limités à des seconds rôles et qui trouvent dans les séries un rôle de premier plan. L'exemple de Ron Perlman est le plus explicite, le comédien a tout de même une jolie filmographie (Alien 4, la Cité des Enfants Perdus, la Guerre du Feu, Hellboy, Blade 2 etc etc) mais pourtant son rôle dans Sons Of Anarchy est peut être celui qui le fera le plus connaître aux yeux du grand public. Plus récemment, la présence de Sean Bean éternel second rôle (Goldeneye, le Seigneur des Anneaux, Troie, The Island etc etc) en tête d'affiche de Game Of Thrones a été ma principale motivation à regarder cette série.

Avec cette hausse de qualité, les séries américaines ont également été le théâtre d'une multiplication des genres qui élargit ainsi le public potentiel. Si les enquêtes policières sont encore largement omniprésentes, des genres autrefois délaissés sont également revenus sur le devant de la scène avec de plus grandes ambitions comme le Western (Deadwood et bientôt Hell on Wheels), les Zombies (The Walking Dead) ou la fantasy (Game Of Thrones). L'engouement suscité d'ailleurs par cette dernière série qui, malgré ses qualités, est pourtant loin d'être le programme le plus maitrisé et abouti témoigne des attentes des spectateurs d'avoir un spectacle télévisuel de qualité dans le genre qui leur correspond.

 

 

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La longévité : une bénédiction et un fléau

 

Tout n'est néanmoins pas étincelant aux pays des séries télévisées et avec ces évolutions, les programmes télévisuels font également face à de nouveaux obstacles. En premier lieu, plus que n'importe quel autre média, le déroulement des séries est tracé suite à une logique commerciale qui incite à continuer le récit tant que les audiences sont satisfaisantes et même si la série n'a plus grand chose à raconter. Contrairement aux films où le propos doit de toute façon être condensé en quelques heures, il est beaucoup plus difficile pour une série de garantir un niveau de qualité et surtout une cohésion de l'ensemble sur le long terme.

Ce fut par exemple le cas avec Desperate Housewives qui avait pourtant commencé sur d'excellentes bases avec une narration et une mise en scène qui lui étaient spécifiques ainsi qu'un portrait désabusé sur la société aisée américaine. La série est finalement tombée dans son propre piège en devenant caricaturale là où elle était plus subtile tout en présentant des intrigues de plus en plus conventionnelles et invraisemblables. Par pallier à ce problème, certaines séries font preuve d'une certaine lâcheté en ralentissant le rythme des péripéties et l'évolution des protagonistes pour garder matière à exploiter durant les saisons suivantes, c'est notamment le cas de la saison 5 de Dexter qui est indéniablement celle où il se déroule le moins de choses (le héros arrive presque au même point de départ entre le début et la fin de la saison) et où pour la première fois dans la série, le sentiment de redite se fait cruellement sentir.

 

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Au delà de ses difficultés, le principal soucis des séries télévisées tient également à la pertinence de sa conclusion. En effet tout récit qui se respecte se base sur l'efficacité du dénouement de son histoire, or pour une série télévisée il s'agit de conclure des années de narration, de thèmes abordés et de personnages que le public a eu tout le temps de s'approprier. La majeure partie des séries qui ont été évoquées dans cet article n'ont d'ailleurs toujours aucune conclusion à l'heure actuelle et celle ci peut pourtant grandement influencer la vision d'ensemble d'une série. Dans ce contexte, la déception majoritaire du final de la série Lost (malgré les réels défauts de ce dénouement) n'était t-elle pas inévitable et un certain présage d'un problème qui va se généraliser pour les séries ?

Il faut d'ailleurs reconnaître l'honnêteté de certaines séries qui tiennent à garder leur niveau de qualité et à s'arrêter au moment venu comme Breaking Bad qui s'achèvera de toute façon à la saison 5 (même si la production lutte pour que la série se poursuive davantage). Il existe également des phénomènes inverses où une série est stoppée en plein élan sans avoir pu développer son propos à l'image de la série Rome où la saison 2 condense désespérément en quelques épisodes l'intrigue qui aurait du se développer sur deux saisons. Outre l'inégalité des saisons et la difficulté de faire un dénouement cohérent, il existe également ces séries à buzz dont tout le monde parle dés la première saison et dont l'impact retombe à une vitesse vertigineuse tel Prison Break ou Heroes.

 

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Conclusion

 

Ces dernières lignes mettent en évidence la difficulté pour les séries télévisées américaines de contrôler leur créativité, le potentiel narratif étant tellement consistant qu'il peut provoquer la réussite et l'échec d'un programme. Avec l'épanouissement des intrigues, la maturité du ton adopté, la multiplication des genres et le soin apporté à la mise en scène, les séries américaines ont déployés tous les moyens imaginables pour conquérir le public. Si leur importance auprès des spectateurs est désormais acquise, il leur reste maintenant à évoluer pour contrôler totalement leur récit, la difficulté étant toujours la dimension commerciale qui joue plus que jamais dans la balance. Néanmoins rien n'aurait prédit il y a une quinzaine d'années cette montée en puissance qu'allaient connaître les programmes télévisuels, il y a donc toutes les raisons de continuer à être optimiste envers la créativité du petit écran.

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

C'est la crise ! Une crise financière que tout le monde connait et qui est devenu un thème familier de notre quotidien. Mais à Hollywood une deuxième crise demeure, plus ancienne mais de plus en plus vivace et qui est devenue familière pour de nombreux cinéphiles. En témoignent les multiples messages d'exaspération qui surviennent quotidiennement sur les forums, le désintérêt affiché pour certains envers le cinéma actuel et une tendance générale à mettre en valeur les anciens grands noms du cinéma souvent une occasion pour sous entendre qu'ils ne trouvent pas leur équivalent dans le septième art d'aujourd'hui. Un sentiment qu'il était tant d'expliquer et de clarifier dans les quelques lignes qui suivront en revenant sur les causes les plus explicites (mais également les plus importantes) de cette perte de confiance envers le cinéma actuel, à travers l'image d'Hollywood qui demeure encore le principal vecteur du cinéma à travers le monde. Un sentiment qui pourrait se résumer en ces quelques mots

 

La perte d'identité du cinéma Hollywoodien

 


La première décennie cinématographique du troisième millénaire s'est achevée en laissant le sentiment d'une perte de créativité du cinéma Hollywoodien. Dans l'ensemble des blockbusters proposés depuis dix ans, un pourcentage effrayant a été consacré aux adaptations, qu'elles soient de romans littéraires à succès, de jeux vidéos et bien évidemment de bande dessinée. Les adaptations des romans populaires ne sont pas vraiment problématiques en soit à l'image de l'engouement suscité par le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, qui a offert au cinéaste une renommée mondiale et fait de lui l'un des réalisateurs les plus appréciés de la génération actuelle.

Le sort réservé aux jeux vidéos est plus préoccupant compte tenu de la médiocrité incontestable de la plupart des films adaptés de jeux et du désintérêt voir le mépris affiché envers le média originel, les cinéastes n'ayant souvent aucune compréhension véritable du jeu adapté et se contentant d'en exploiter la moelle commerciale. Cet état de faits encourage la communauté des gamers, de plus en plus importante, à se désintéresser de ce média qui se moque ouvertement de leur passion, à tel point que plusieurs joueurs préfèreraient que les adaptations soient directement confiés aux créateurs des jeux qu'à des réalisateurs professionnels.

Le troisième élément, beaucoup plus problématique, concerne les adaptations de comic book, de part leur régularité et la monopolisation qu'elles ont instaurées dans le paysage Hollywoodien. Qu'il s'agisse en terme de budget, de marketing ou tout simplement des talents mobilisés (réalisateurs, acteurs, compositeurs, ingénieurs du son etc etc) les super héros ont mobilisés la plupart des ressources du cinéma Hollywoodien de la dernière décennie entraînant par là même son déclin.

 

 

Les super héros : le fléau du cinéma Hollywoodien ?

 

 

Dans l'immense vague d'adaptations qui déferle à Hollywood, les super héros y tiennent incontestablement la première place. Si bien sûr il ne s'agit pas de la première intervention des hommes en collant au cinéma (difficile d'oublier Christopher Reeves en Superman ou les Batman de Tim Burton) la dernière décennie a été le théâtre d'une véritable invasion des super héros dans les salles obscures, les deux entreprises majeures de bande dessinée DC Comics et Marvel transposant leur guerre de papier sur le grand écran. La qualité générale de ses adaptations est sujette à débat mais n'est pas ce qui nous intéresse aujourd'hui, le plus important étant les multiples problèmes que suscitent forcément cette domination des adaptations de comics books en dépit de leurs qualités.

En premier lieu ses adaptations de comic books limitent de manière inévitable le public ciblé par le film. Même si la plupart des films tentent de s'ouvrir au large public peu familier des comics, la principale cible visée demeure les lecteurs en y adressant fréquemment des clins d'oeils et des références qui échappent régulièrement au spectateur lambda. Actuellement, les dernières productions Marvel se rejoignent tous dans le buzz suscité par les Avengers, le futur film qui verra l'association de plusieurs super héros et qui entraine la joie des lecteurs des comics mais l'indifférence (voir l'incompréhension) des spectateurs ordinaires.

Deuxièmement il n'est pas ici question d'adaptations de bande dessinée à la portée universelle mais de super héros américains qui, quoiqu'on en dise, véhiculent des idéologies et des problématiques propres au territoire américain. A l'heure de la mondialisation et des échanges de culture, les films de super héros interpellent principalement le public américain comme si le cinéma Hollywoodien se refermait sur lui même et n'essayait plus de trouver écho auprès du public mondial. A l'heure où le mythe des USA est ébranlé, il est par exemple assez gênant de voir Iron Man faire la gloire de la puissance militaire américaine.

Troisièmement et sans doute l'aspect le plus important de tous, ces super héros demeurent des personnages de comics et ne sont jamais associés totalement au cinéma. Une dimension particulièrement inquiétante car tout média qui se respecte a besoin de créer des icônes auprès du grand public afin que celui ci l'identifie facilement. Le cinéma Hollywoodien des années 70-80 avait été particulièrement créatif en la matière avec de nombreux personnages cultes qui trouvent encore écho auprès du public des décennies après : les Jedis de Star Wars, Indiana Jones, Doc et Marty de Retour vers le Futur, les Aliens, Terminator, le Predator voir même l'icône de Bruce Willis à travers les Die Hard. La dernière décennie compte pour sa part majoritairement des héros issus de comics et qui ne sont pas reliés directement au cinéma, participant à une perte d'identité du septième art auprès du grand public.

 

Heath Ledger. Warner Bros.

 

En songeant à ces éléments, il n'est pas si étonnant que celui qui aura réussi le mieux à toucher le public à travers une adaptation sera également le cinéaste qui se sera le plus détaché de l'oeuvre originelle : Christopher Nolan avec son Dark Knight. Le film se présente davantage comme une réappropriation de l'univers qu'une simple transposition. Loin du cadre gothique et fantasmagorique associé au sombre Justicier, Nolan privilégie la carte du réalisme et de la crédibilité afin d'insérer Batman dans notre société contemporaine. Il en résulte un film qui ne parle pas du comic à proprement parler mais de l'actualité à travers le comic à l'image de l'icône du Joker remaniée pour l'occasion. Le personnage incarné avec brio par Heath Ledger aura emporté l'adhésion de tous alors qu'il ne correspond finalement que peu à l'image véhiculée par les comics, les séries animées ou le premier film de Burton. Associant la dimension malsaine et dérangeante du personnage à un caractère plus posé et une volonté de vouloir rejaillir la folie qui sommeille en chaque individu, le personnage se veut un réceptacle de l'ambiguïté de la société, dissimulant derrière sa modernité sa fascination pour la violence et le chaos.

Mais ce Dark Knight fait pour le moment figure d'exception et dans l'ensemble des films de super héros se répercutent les problèmes cités entrainant une perte d'identification du cinéma Hollywoodien, se contentant d'être une transposition d'icônes déjà existantes mais qu'elle ne parvient pas à se réapproprier et qui limitent inévitablement le public auquel le cinéma populaire fait écho. Pire que cela, plusieurs cinéastes revendiquent la fidélité à toute épreuve de leur adaptation et mettent davantage en valeur le créateur de la bande dessinée que le créateur cinématographique, à l'image de Sin City de Robert Rodriguez ou 300 et Watchmen de Zack Synder. Un aspect d'autant plus préoccupant que le cinéma Hollywoodien demeure à l'heure actuelle le principal visage du cinéma à travers le monde et le voir se resserrer sur des icônes nationales (les super héros) sans les faire accepter comme des emblèmes cinématographiques ne peut qu'entrainer la perte d'intérêt du public envers celui ci. 

 

 

Les remakes et suites ou comment affaiblir les icônes fortes du cinéma Hollywoodien

 

Et le tableau ne fait que s'obscurcir si on rajoute à cela les remakes et les suites qui réutilisent les anciennes icônes du cinéma Hollywoodien mais souvent avec maladresse et sans la virtuosité d'autrefois. Cela a débuté assez tôt avec la deuxième trilogie Star Wars qui n'a pas trouvé écho auprès du public et est presque devenue un running gag dans le cadre des suites décevantes. Par la suite, même si leur qualité est toujours l'objet de vifs débats, les deux suites de Matrix ont clairement amoindri l'estime que le grand public ressentait envers le premier film. Les licences Terminator et Predator se sont également perdues en cours de route ne parvenant jamais à retrouver la créativité des volets cultes de leurs sagas. Même Indiana Jones 4 ,qui avait à première vue tout pour plaire, a déçu. Des échecs cumulés qui ébranlent déjà ces icônes cultes du cinéma Hollywoodien à l'heure où celui ci ne parvient pas à en imposer de nouvelles qui lui seraient propres.

 

Michael C. Hall. Showtime Networks Inc.

La montée en puissance des médias concurrents

 

Cette perte d'identité du cinéma Hollywoodien est d'autant plus problématique qu'elle intervient au moment où en parallèle les médias concurrents témoignent d'une nouvelle créativité. L'exemple le plus flagrant est bien évidemment celui des séries télévisées qui ont connu une évolution considérable durant la dernière décennie. Un constat bien évidemment fâcheux pour le cinéma car les séries viennent le concurrencer sur son propre territoire, celui de la mise en scène dans lequel les séries ont appris à sacrément se défendre. Rivalisant avec le septième art en terme de réalisation ,de narration et d'interprétation, les séries peuvent de surcroit compter sur leur longévité pour exploiter une intrigue à son paroxysme en retenant constamment l'attention du spectateur. Une opportunité qui peut également devenir une faille avec des séries se retrouvant à user leur potentiel jusqu'à la moelle quitte à en perdre leur qualité et parfois même leur identité.

Cela n'a toutefois pas empêché les séries télévisées de conquérir le coeur du grand public qui parle désormais beaucoup plus fréquemment des dernières séries à la mode que des films à l'affiche. Certaines séries ont même réussies à mettre en avant des icônes devenues facilement identifiables auprès du grand public et y faisant référence comme aux héros de cinéma d'autrefois : Jack Bauer, Docteur House, Dexter, les disparus de Lost etc etc

 

 

En parallèle, la dernière décennie a également été le témoin de la suprématie des jeux vidéos devenu le premier média en terme de ventes et de popularité. Les icônes de hier ( Solid Snake de MGS, les héros des Final Fantasy) rejoignant les nouveaux symboles d'aujourd'hui (les héros d'Assassin's Creed, les personnages de Bioshock etc etc) Cette suprématie intervient également au moment où le jeu vidéo met de plus en plus en évidence sa dimension cinématographique à l'image des Uncharted souvent désignés comme les véritables Indiana Jones de la dernière décennie ou Heavy Rain, oeuvre ô combien sujette à débat et clairement désignée comme un film interactif.

Cette concurrence plus vivace que jamais semble ne pas faire réagir Hollywood qui ,au contraire de tenter de reconquérir le public par de l'innovation, limite la prise de risques à son maximum en poursuivant sa lancée des adaptations, suites et autres remakes, perdant de plus en plus de repères auprès du grand public. Du moins jusqu'à l'arrivée d'un certain Jack Sully et de ses étranges rêves.

 

Sam Worthington. Twentieth Century Fox France

 

Un vent d'espoir venu de Pandora ?

 

Quelque soit la qualité que l'on attribue à cet Avatar, il est indéniable que le film de James Cameron fera davantage de bien que de mal à l'industrie Hollywoodienne et arrivait à point nommé. Après une décennie de stagnation et de lassitude face à l'avalanche d'adaptations, de remakes et de suites qui affaiblirent grandement l'identité du cinéma Hollywoodien, l'annonce du plus grand budget de l'Histoire associée à un univers original et à première vue assez étrange avait de quoi susciter l'intérêt. Et quel projet ! Un film qui allait délaisser en grande partie l'espèce humaine (par ailleurs assez maltraitée dans le récit) pour se concentrer sur une tribu d'hommes bleus de trois mètres de haut, il y avait des chances que le public ne réponde pas présent. Mais c'était sans compter la puissance marketing inébranlable, la promesse de la 3D et l'ingéniosité du récit pour plaire au plus grand nombre.

Se faisant bien évidemment l'écho de la colonisation américaine et du génocide des Indiens comme le spectateur lambda l'aura remarqué, Avatar a surtout le mérite d'être un film ancré dans son actualité et de ce fait d'avoir une portée universelle contrairement aux adaptations de comic books. Sa mise en valeur de l'écologie à l'heure où la modernité prend de plus en plus ses droits, sa vision désabusée et assez cynique de l'humanité, l'ambiguïté du personnage de Jack Sully tiraillé entre son identité réelle et imaginaire traduisant la montée du virtuel et des doubles identités, tous ces divers éléments associés à un spectacle Hollywoodien de grande qualité ont permis à Avatar de s'imposer comme le véritable blockbuster identifiable de la dernière décennie . Même si bien évidemment la curiosité suscitée par la 3D a beaucoup jouée dans l'écrasant succès commercial du film, le contexte de son apparition avec la décennie de stagnation qui l'a précédé a indéniablement eu un impact sur son triomphe mercantile, témoignant des attentes endormies du grand public à l'idée d'avoir un spectacle nouveau, le plaisir de la découverte d'un nouveau monde et la sensation d'avoir un film adressé à tous et non à une branche d'individus en particulier (les amateurs des comics et le public américain). 

 

Leonardo DiCaprio. Warner Bros. France

 

Et tant pis s'il est devenu monnaie courante de cracher sur Avatar depuis sa domination sur le box office, sans doute parce que cela fait chic, ou que le film a également provoqué la vague de la 3D bien peu convaincante jusqu'à présent, le film aura eu le mérite de réveiller les producteurs Hollywoodiens en rappelant qu'avec une prise de risque calculée et une bien plus large portée le cinéma pouvait reprendre ses droits. L'année suivante, cette renaissance de créativité dans les blockbusters aura été poursuivie par l'intervention d'Inception, à nouveau un récit original, assez complexe dans son mélange des genres et sa narration audacieuse, et qui a trouvé écho auprès des cinéphiles et du grand public. On pourrait presque s'enthousiasmer à dire qu'on avait pas vu un blockbuster aussi audacieux dans sa démarche depuis le premier Matrix mais il convient tout de même de relativiser en rappelant que Christopher Nolan n'aurait certainement pas pu engagé un tel projet sans le succès extraordinaire de son précédent Dark Knight. Le comic book et de manière plus globale les adaptations semble être encore un cap difficile à éviter avant la mise en place de projets plus ambitieux. Néanmoins le succès critique et commercial du film arrive au bon moment après le triomphe d'Avatar et pourrait inciter la production générale à faire preuve de davantage d'audace.

Récemment Ridley Scoot a annoncé abandonner le projet de préquelle d'Alien au profit d'un nouveau projet de science fiction annoncé comme plus audacieux et avec la volonté de surpasser l'engouement suscité par Avatar. Une initiative encourageante et plus prometteuse pour l'avenir d'Hollywood même s'il reste maintenant à déterminer si elle sera suivie.

 

 

 

L'année 2011 a battu le record des suites de films, la dernière décennie celle des adaptations de supers héros et les plannings des grandes maisons de productions incluent encore de nombreuses adaptations de comics dans les années à venir (un reboot de Batman est déjà annoncé aprés le dernier opus de Nolan ainsi que la Ligue des Justiciers, équivalent des Avengers). Autant dire que la vague des super héros et autres adaptations n'est pas prêt de prendre fin, le seul espoir que l'on peut se permettre est la création d'une vague parallèle de blockbusters plus audacieux et originaux qui permettraient au cinéma de conserver une identité auprès du grand public. Dans le cas contraire et sans vouloir jouer les discours alarmistes, le désintérêt global envers le septième art pourrait survenir beaucoup plus vite qu'on ne le pense. Et ce serait regrettable tant cette époque regorge de talents cinématographiques qui ne demandent qu'à saisir l'opportunité de se démarquer, mais encore faut t-il qu'on leur accorde cette chance.

J'espère en tout cas avoir pu vous faire comprendre à travers ces quelques lignes les inquiétudes qui me traversent et qui semblent être partagés par de nombreux cinéphiles. N'hésitez pas à réagir à la lecture de ces lignes, même si vous avez une vision plus optimiste de la situation actuelle. Ce genre d'articles davantage porté sur la réflexion globale que la critique sera certainement assez fréquent dans les mois à venir sur ce Blog.

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

...D'une seule rencontre d'acteurs:

Al Pacino et Robert de Niro dans Heat

 

 

Les deux titans du film de gangsters face à face. L'un est l'immortel Tony Montana de Scarface et le Parrain de Coppola, l'autre le grand ami de Scorcese avec ses Affranchis, Casino et autres Taxi Driver. Deux grandes gueules du cinéma qui ont imposés leur charisme, parfois à grands coups de « FUCK! », fusillades et coups de poings. Heat n'aurait pu être que le simple film de leur rencontre, il sera finalement l'une des meilleures oeuvres de leur filmographie respective. Après avoir passé plus d'une heure de film à se jauger mutuellement, à apprécier l'audace et l'ingéniosité de l'autre, les deux adversaires se rencontrent face à face sous l'impulsion d'Al Pacino.

 

Michael Mann ayant parfaitement jugé de l'aura des acteurs et de l'importance capitale de la confrontation, il choisit de ne jamais filmer les deux comédiens en même temps à l'exception du premier plan de leur rencontre. La discussion dans un restaurant, filmé de manière sobre en champ-contre-champ, est l'occasion pour les deux protagonistes d'afficher leurs ressemblances, leur respect mutuel et leur volonté d'aller malgré tout au bout de leurs convictions. Cet unique dialogue entre les personnages est le dernier signe annonciateur de l'affrontement physique qui les opposera peu de temps après dans la célèbre scène de fusillade du film. N'ayons pas peur des mots: c'est une véritable rencontre au sommet.

 

 

...D'un seul fantasme:

Kate Beckinsale. SND

 

Kate Beckinsale dans Underworld

 

Je pense qu'il est inutile de s'étendre trop là dessus mais voilà au moins un aspect de ce film qui ne m'avait pas déçu.

 

 

...D'un seul baiser:

 

Spiderman

 

Une scène qui a dû en donner des idées à plus d'un! Il faut dire que c'était une belle manière de mettre en avant le côté acrobatique du héros. Je vous l'accorde, il y a des baisers bien plus émouvants au cinéma, mais que voulez vous, c'est toujours celui là qui me vient le premier en tête! En honnêteté je vous dis.

 

 

...D'un seul somnifère:

Mark Wahlberg et Mila Kunis. Twentieth Century Fox France

 

Max Payne

 

Certainement pas le plus grand somnifère qui existe mais mon plus grand moment d'ennui au cinéma. Certains films sont tellement ratés qu'ils en deviennent comiques et presque agréables à suivre, on rigole bien en les regardant et le temps passe plus vite. Mais Max Payne ne cherche pas à être ridicule ou grandiloquent, c'est simplement un film incroyablement fade, insipide et ennuyeux. Pour une adaptation d'un des meilleurs jeux vidéos d'action de sa génération, c'est quand même un comble!

 

...D'un seul frisson:

 

La traversée de l'hôpital dans l'Échelle de Jacob

 

Je l'avoue, les films d'horreur n'ont jamais suscité chez moi un très grand intérêt, principalement pour leur tendance à verser dans la violence gratuite et parfois de manière presque sadique. Quelques œuvres font néanmoins exception à la règle dont l'Echelle de Jacob d'Adrian Lyne. Le film se focalise davantage sur la psychologie de son héros et l'étrangeté de l'atmosphère plutôt que des effets gores et spectaculaires. Ainsi le récit ne véhicule pas réellement de grands moments de frissons mais davantage un sentiment de malaise constant devant l'incohérence et l'incompréhension des phénomènes paranormaux dont le personnage est victime, au sommet duquel demeure la séquence de l'hôpital, synonyme de véritable plongée en enfer au sens propre comme au figuré, où comme dans les cauchemars les plus marquants, les évènements s'enchainent sans cohérence ni logique.

 

...D'un seul monstre:

 

L'araignée à tête humaine de The Thing

 

 

Si ce film culte de John Carpenter est avant tout appréciable pour son exploration de la paranoïa humaine, ses effets spéciaux gores et visqueux à souhait ont su rester dans les mémoires. Ici pas d'effets numériques qui seraient déjà vieux cinq ans après, mais des bons vieux trucages à l'ancienne d'une efficacité redoutable pour nous faire croire à ces métamorphoses humaines dérangeantes avec en premier lieu cette araignée à tête humaine qui tente de s'enfuir dans la base. Heureusement le bon vieux Kurt Russell veille aux aguets et ne se prive pas de faire bruler cette belle saloperie.

 

 

...D'un seul torrent de larmes:

Liam Neeson et Ben Kingsley. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

 

La liste de Schindler

 

L'émotion véhiculée constamment par le film réside principalement dans le choix de Spielberg de se focaliser sur l'action la plus héroïque dans le contexte le plus monstrueux de l'humanité. C'est ainsi le contraste entre l'ardeur de Schindler à sauver des vies juives et la folie du génocide perpétré par les Allemands qui suscite cette émotion si vivace et qui trouve son apothéose dans le dénouement du film. Au lieu d'accepter les remerciements des nombreuses vies qu'il a sauvé, Oscar Schindler se confond en excuses et s'exclame tétanisé sur les nombreuses vies supplémentaires qu'il aurait pu encore sauver. Spielberg n'aura pas eu peur de pousser jusqu'au bout l'émotion avec ce film et son impact est toujours aussi vivace après chaque visionnage.

 

...D'une seule nuit d'amour:

Naomi Watts et Laura Harring. Bac Films

 

celle de Naomi Watts et Laura Harring dans Mulholland Drive

 

Les scènes de sexe m'ont rarement paru pertinentes au cinéma, trop souvent l'occasion d'attirer le spectateur, mais celle de Mulholland Drive fait exception à la règle. Malgré sa puissance érotique et la fascination connue de David Lynch pour la sexualité et le désir, la scène trouve son utilité dans sa représentation fantasmée de l'amour qui contraste fortement avec le deuxième scène de sexe du récit, beaucoup plus proche d'un film porno, et qui contribue à creuser les frontières entre le rêve et la réalité qui fait tout l'attrait de l'oeuvre.

 

 

 

...D'un seul plan séquence:

 

Le combat de Old Boy

 

ex aequo avec l'introduction de Breaking News

 

 

 

S'il y a bien un élément qui impressionne dans ce Old Boy, c'est la virtuosité et la créativité sans limites de sa réalisation. Certes, on peut émettre beaucoup de critiques à l'encontre du scénario qui malgré ses richesses emprunte des chemins assez invraisemblables et périlleux mais en tout cas, une mise en scène m'aura rarement autant fait décrocher la mâchoire par sa créativité et son renouvellement constant. Et parmi tous ces grandes trouvailles de réalisateur, ce plan séquence qui dépeint un combat entier dans un couloir d'immeuble mérite d'être mis en avant. Là où d'innombrables cinéastes américains auraient choisis de multiplier le nombre de plans, avec un montage rapide (épileptique depuis ces dernières années) et quelques effets stylisés, Park Chan-Wook choisit de se focaliser sur la solitude de son héros, Oh Dae-Soo, au prise avec une quinzaine d'opposants. Une séquence totalement surréaliste et le seul véritable moment de gloire d'un héros pris au coeur d'une machination titanesque qui vise sans cesse à le rabaisser au rang de bête.

 

 

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager également ma découverte récente de Breaking News, réputé pour disposer d'un des plans séquences les plus longs de l'histoire du cinéma. L'introduction entière du film se réalise sans coupure et présente avec beaucoup d'ingéniosité et peu de dialogues les différents protagonistes, les relations qui les unissent et les tensions qui se déroulent. L'ensemble est d'une fluidité exemplaire et la coordination de l'image avec le déplacement des acteurs est stupéfiante. Quelques erreurs nous rappellent bel et bien qu'il s'agit d'un plan séquence non truqué et que la scène qui se déroule sous nos yeux a été l'objet d'une préparation incroyable. Le film en lui même n'est pas à la hauteur de cet impressionnant exercice de style mais il vaut son prix de DVD pour cette unique séquence.

 

 

...D'un seul plan tout court:


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Le plan final de l'introduction de Ghost in The Shell

 

Après avoir effectué sa mission, le major Kusunagi disparaît dans le vide, seul son visage demeure visible avant qu'elle ne le dissimule derrière une main spectrale. L'héroïne y apparaît tel un fantôme, le « ghost » nom donné dans le récit aux âmes qui résident dans les cyborgs et siègent dans leur cerveau humain. La poésie et la puissance métaphorique de l'image sont restées gravés dans mon propre « ghost », à tel point que le plan figure désormais dans la présentation de mon blog et sur un mur de ma propre chambre.

 

 

...D'un seul choc plastique en couleurs:

 

Jay Chou. SND

La Cité Interdite

 

Si Zhang Yimou m'avait déjà impressionné par son utilisation des couleurs dans Hero, la Cité Interdite a été un véritable choc visuel et artistique qui avait un premier temps éclipsé les quelques faiblesses narratives du film. Pour dépeindre la cruauté des sentiments humains derrière la richesse matérielle, le cinéaste chinois n'hésite pas à jouer dans la surenchère esthétique en mettant en scène des décors impressionnants de grandeur et de luxe. A cela s'ajoute le talent du réalisateur pour dépeindre des combats titanesques, à la fois poétiques et spectaculaires. La bataille finale du film, dans laquelle une centaine de chevaliers vêtus d'armures d'or combattent les forces impériales en faisant couler des litres de sang dans l'impeccable cour du palais, est la conclusion éclatante d'une grande réussite visuelle.

 

 

D'un seul choc en noir et blanc:

Collection Christophe L.

 

Psychose

 

Alfred Hitchchock aura judicieusement choisi l'usage du noir et blanc pour mettre en évidence les facettes obscures de son légendaire schizophrène. D'une silhouette menaçante au visage masqué par l'obscurité et brandissant un couteau pour aboutir à la révélation par une lumière vacillante d'un cadavre directement suivi de l'expression de folie du visage de Norman Bates travesti, l'utilisation du noir et blanc demeure une composante essentielle du film sans laquelle il n'aurait jamais provoqué un tel impact.

 

 

...D'un seul choc tout court:

 

 

http://fouducinema.com/s-f/images/2001_a_space_odyssey.jpg


 

2001, l'Odyssée de l'espace

 

Après avoir suivi l'évolution de l'humanité et la démonstration de la capacité de l'homme à surpasser sa condition tout en renonçant à son humanité, un voyage spatial vers Jupiter où le membre le plus expressif et sympathique de l'équipage reste une I.A nommée Hal 9000 et enfin une traversée des étendues de l'infini où le récit devient une incroyable métaphore biblique, il a été bien difficile de redescendre sur la planète Terre. Incontestablement un chef d'œuvre intemporel de Kubrick.

 

 

...D'un seul artiste sous estimé:

 

Peter Jackson

 

Il m'aurait été difficile d'écrire cet article sans y inclure Peter Jackson, cinéaste pour lequel j'ai toujours eu une grande affection. Le choix de le placer dans cette catégorie d'artiste sous estimé en surprendra certainement plus d'un au regard de la popularité du réalisateur, néanmoins cet individu est à mon sens reconnu pour de mauvaises raisons. Peter Jackson est souvent désigné comme un faiseur de grand spectacle, un gamin qui aurait tous les jouets qu'il voudrait et si cette dimension de divertissement est indéniable dans sa carrière, elle est néanmoins un facteur secondaire par rapport à sa véritable essence: l'émotion.

L'émotion est ce qui définit le mieux ce réalisateur, s'il aurait été difficile de le concevoir durant ses premiers films, oeuvres cultes du cinéma gore et trash, elle aura fait son apparition en prenant tout le monde à contrepied dans Créatures Célestes. C'est cette même émotion qui m'aura fait distinguer le Seigneur des Anneaux et King Kong des autres blockbusters du type, malgré la démesure du budget et des moyens employés, le réalisateur n'oublie pas d'y privilégier le plus important: l'humain. Il se dégage de ce cinéaste un profond sentiment d'humanité, parfois assez proche de celui que j'affectionne tant chez Miyazaki, et qui aura pu s'exprimer en toute sincérité dans son récent Lovely Bones.

Néanmoins dans le cinéma comme dans beaucoup d'autres arts, celui qui emprunte la voie du succès est condamné à subir la méfiance voir le rejet de ses spécialistes. Si de nombreux analystes débattent encore pour savoir si Steven Spielberg est un grand réalisateur ou un simple cinéaste mercantile, j'ai personnellement fait mon choix depuis longtemps et c'est cette même réponse que je donnerais quand cette question se portera sur Peter Jackson.

 

 

...D'un seul artiste surestimé:

 

 

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David Cronenberg

 

Ne croyez pas qu'il s'agit d'un jugement hatif, je ne suis pas des cinéphiles qui se limitent à la première impression et il est toujours possible d'accorder une seconde chance à un cinéaste. Seulement voilà, après avoir visionné l'intégralité de sa filmographie et même plusieurs fois certains de ses films, la fascination exprimée pour le cinéma de David Cronenberg m'échappe quelque peu. Certes il est indéniable que le cinéaste dispose d'une patte esthétique reconnaissable, d'un gout prononcé pour manipuler la chair humaine et la déformer de façon imprévisible. Seulement cette identité visuelle serait plus pertinente si elle n'avait pas pour principal but de dépeindre des tourments sexuels. Perpétuellement le même schéma se répète: celui du désir véçu comme une souffrance, de la jouissance qui se trouve dans le malheur et la distance.

 

Non seulement la réflexion prend une telle excentricité qu'il est difficile d'y trouver une crédibilité mais elle n'est guère suffisante pour baser toute une filmographie autour. Encore plus quand parralèlement, la mise en scène est plus que médiocre et l'esthétique parfois ridicule et de mauvais gout. Le revirement vers un registre plus réaliste et sobre de ses derniers films a certes atténué cette démesure dérangeante mais sans pour autant rendre ces films beaucoup plus pertinents dans le récit (History Of Violence étant à ce titre un film grandement surestimé lui aussi)

 

 

 

...D'un seul traumatisme:

 

Les Dents de la Mer

 

Regarder ce film à six ans était une mauvaise idée...Si depuis j'ai eu l'occasion de le revoir et de l'apprécier en toute sérénité, je n'ai jamais pu me débarrasser de cette phobie des requins qui me colle à la peau depuis. Oh et puis il faut avouer que ça a vraiment une sale gueule comme animal, et s'ils disparaissaient tous du jour au lendemain, qui s'en plaindrait?

 

...D'un seul gâchis:

Warner Bros. FranceKeanu Reeves et Hugo Weaving. Warner Bros. France

 

Matrix Reloaded-Revolutions

 

L'un des plus grands films de science fiction et de sa génération pouvait t-il supporter une attente de quatre ans avant de voir arriver un prolongement qui ne semblait pas indispensable? La réponse ne s'est pas faite attendre et demeure encore à ce jour extrêmement frustrante dans mon esprit, encore davantage au regard de l'extraordinaire potentiel qui résidait dans ces suites. Car c'est bien là que demeure l'incroyable gâchis de ces suites, ce n'étaient pas de simples films mercantiles tournés dans la hâte ou par obligation pour surfer sur la vague de succès du premier film mais bien une volonté sincère et démesurément ambitieuse d'accroitre l'univers de Matrix vers des frontières inimaginables.

Cette ambition dégouline de tous les aspects du film, qu'il s'agisse de la démesure des scènes d'action, de la complexité des dialogues, ou même des thèmes exploités et les choix inattendus opérés dans l'évolution de l'intrigue, les frères Wachowski voulaient élargir leur chef d'oeuvre initial pour en faire une véritable bible de la science fiction cyberpunk dans laquelle les courts métrages Animatrix conçus par les plus grands noms de l'animation Japonaise auraient fait figure de dix commandements.

Keanu Reeves. Warner Bros. France

 

Seulement là où le premier Matrix disposait d'une narration limpide à la limite de la perfection, l'intrigue des suites est racontée de manière tellement confuse et maladroite qu'elle en provoque le dégout. Matrix Reloaded offre une surenchère inutile de scènes d'action qui forment un mélange indigeste avec des dialogues inutilement confus et rébarbatifs malgré leur intérêt intellectuel. Et lorsque Matrix Revolutions arrive, c'est presque comme si les frères Wachowski avaient vidé leur sac trop vite et ne savaient plus quoi dire, le film souffre d'énormes lacunes de rythme, tourne inutilement en rond et apparaît presque ridicule quand il se veut émouvant.

Mais passé outre cette déception, si l'on compare les ambitions et les qualités des films avec celles des blockbusters de cette envergure des dernières années comme les films de super héros ou même la nouvelle trilogie Star Wars, ces deux suites de Matrix écrasent complètement la concurrence à quasiment tout point de vue. Mais pour apprécier ces qualités qui sont bel et bien réelles, il faut savoir passer outre les nombreux défauts de narration des films pour enfin commencer à comprendre leur logique de conception et cela seuls les plus passionnés y parviendront. Voilà en quoi réside l'énorme gâchis des suites de Matrix, là où le premier film était un chef d'oeuvre universel et intemporel, Matrix Reloaded et Revolutions forment une saga qui ne peut être apprécié que par les plus persévérants, les geeks pourront t-on dire.

 

Warner Bros. France

 

Plutôt qu'intensifier la force de leur chef d'oeuvre, ses créateurs en ont au contraire réduit l'impact auprès du grand public, ce qui force presque les cinéphiles à rappeler ce qui était autrement inutile et inimaginable: en quoi malgré ses suites, le premier Matrix reste doté d'une incroyable richesse et profondeur. Et en être arrivé à un tel constat au vue des ambitions initiales des frères Wachowski, et bien pardonnez moi l'expression mais ça me fait vraiment chier.

 

...D'une seule découverte récente:

 

Joseph Gordon-Levitt

 

Il y a chez cet acteur une froideur et un sombre charisme qui me rappellent Christian Bale auquel le comédien parvient à y insuffler plus de légèreté et une certaine dose d'humour. Voilà en tout cas un nouveau nom qui va attirer mon attention sur les affiches des films.

 

Voici pour ce questionnaire, beaucoup plus rapide à relire et à corriger qu'il n'a été à écrire la première fois, je peux vous l'assurer! Un moyen pour vous de comprendre davantage les rouages de mon esprit cinématographique et un moyen pour moi de m'apercevoir que je suis décidément incapable de parler d'un élément qui me passionne en moins de deux lignes. En espérant que vous aurez pris du plaisir à lire cet article et que vous serez vous mêmes intéressés à donner votre propre réponse à ce questionnaire sincère et personnel.

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

Il y a de cela quelques années, un questionnaire assez particulier avait fait le tour de la communauté d'Allociné. Le principe en était simple: chaque question porte sur un aspect particulier du septième art et l'intervenant doit puiser dans sa propre culture cinématographique le représentant le plus important à ses yeux. Ex: « S'il ne fallait parler que d'un film...acteur...plan » , lequel serait ce? Découvert récemment sur le blog de Startouffe dont je ne saurais que vous recommander la visite (cf lien à droite), ce questionnaire m'a paru assez pertinent pour que j'y consacre moi même un article. Après avoir tant communiqué ma passion du cinéma sur ce Blog, voici donc venue l'heure de vous présenter en toute sincérité les composants majeurs de mon propre univers cinématographique

 

« S'il ne fallait parler que d'un seul... »

 

 

...D'un seul film:

 

Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss.

 

Matrix

 

Difficile de définir en quelques mots l'importance que tient Matrix à mes yeux. De nombreux films qui figurent dans mon panthéon cinématographique auraient mérité d'être mis en évidence, néanmoins Matrix est le film qui catalyse le mieux ce que je recherche dans le cinéma. Si le septième art m'a bien appris une chose, c'est que c'est dans l'imaginaire que l'on parle le mieux de la réalité. La science fiction n'est à cet égard pas une simple démonstration de mondes imaginaires mais bien le moyen de parler avec le plus de pertinence et de profondeur de l'humanité au sens collectif comme individuel. En l'occurrence, Matrix demeure un film visionnaire sur la fascination croissante que l'individu aura dans notre société envers les mondes virtuels, les progrès technologiques et interactifs ne cessant d'être surpassés de jour en jour jusqu'à ce que peut être cette quête du cinéma absolu et totalement immersif soit enfin atteinte. C'est également l'histoire d'un homme perdu dans une société où l'économie a le dernier mot et l'individu encouragé à devenir un rouage du système, une machine au profit de la productivité.

 

Mais aux yeux du grand public, Matrix n'est ni plus ni moins qu'un extraordinaire film d'action où des héros super cools se rebellent contre le système. C'est également le tour de force des frères Wachowski, avoir réussi à concilier la richesse narrative et intellectuelle de leur film avec une dimension grand spectacle et demeurant accessible à un public non cinéphile. Matrix reste ainsi un témoignage absolu que la richesse et la créativité d'un film peuvent être en harmonie avec l'importance de son budget, un concept que la dernière décennie de cinéma aura grandement oublié en livrant des blockbusters formatés limitant au maximum la prise de risques, mais que quelques hommes comme Christopher Nolan et son Inception n'ont pas oubliés. Indéniablement, un incroyable chef d'oeuvre.

 

 

 

...D'un seul réalisateur:

 

 

Hayao Miyazaki

 

 

 

Étrangement c'est cette catégorie qui m'a demandée le plus de réflexion. En réalité elle soulève un problème assez récurrent chez moi, même si je suis un grand admirateur de nombreux cinéastes (Stanley Kubrick, David Lynch, Tim Burton, Christopher Nolan, Martin Scorcese, pour ne citer qu'eux), je ressens rarement une passion énorme et sans mesure à toute la filmographie d'un individu, ma passion s'exprime souvent envers les films eux mêmes là où je peux dire en toute honnêteté que je suis réellement fan de telle ou telle oeuvre mais ce serait mentir de dire que les réalisateurs en qui je voue une confiance absolue à chaque découverte de leurs films sont nombreux.

 

S'il avait fallu que je choisisse des films faits de chair et de sang, Stanley Kubrick aurait certainement eu droit à cette place car il s'agit certainement du cinéaste qui m'aura le plus impressionné au fil de ses oeuvres pour la créativité de sa mise en scène, la fascination hypnotique qui se dégage de ces films même si en contrepartie son travail exceptionnel sur l'atmosphère se fait parfois au détriment de l'émotion et des personnages. Mais ce questionnaire est fait sous le signe de l'honnêteté alors tant pis s'il n'obtient pas l'approbation de tous, mais son choix se portera ainsi sur Hayao Miyazaki.

C'est certainement le magicien qui aura crée l'imaginaire le plus passionnant et émouvant qu'il m'ait été donné de voir. L'extraordinaire créativité visuelle de ses films n'a d'égal que le talent de Miyazaki pour le mettre en scène, ce conteur né parvient toujours à faire comprendre au spectateur la cohérence et le fonctionnement de ces univers, aussi fantaisistes et excentriques soient t-ils. Mais avant tout, l'oeuvre entière de Miyazaki véhicule un formidable sentiment d'humanité ,parfois chargé de nostalgie, qui parvient même dans les moments les plus sombres à adoucir notre regard sur le monde et nous redonner foi en l'âme humaine. Un véritable génie qui n'a peut être pas encore obtenu la véritable reconnaissance qu'il mérite. Combien de personnes sont encore repoussés par le cinéma d'animation, coincées dans leurs illusions qu'il est avant tout destiné à la jeunesse? C'est également pour cela que j'ai été motivé à choisir Hayao Miyazaki pour cette catégorie. S'il ne fallait parler que d'un seul réalisateur, ce serait lui et lorsqu'il disparaitra, ce n'est pas simplement le cinéma d'animation qui perdra un géant mais le septième art lui même.

 

 

 

...D'un seul acteur:

 

 

Christian Bale

 

Parce que le cinéma sert également à explorer les facettes sombres de l'âme humaine, Christian Bale m'a toujours intrigué pour le charisme noir et presque effrayant qu'il dégage. Au lieu de jouer avec une belle gueule et un beau sourire, l'acteur aura su séduire par la subtilité de ses émotions, le visage à première vue glacial et austère de l'acteur cachant souvent une âme complexe qui s'efforce de dissimuler sa véritable nature. Bien avant de devenir la meilleure incarnation de Batman au cinéma, l'acteur aura précédemment obtenu son meilleur rôle avec le film de science fiction sous estimé Equilibrium dans laquelle un protecteur d'une société qui a volontairement abandonné les émotions humaines retrouve petit à petit l'usage de ses sentiments.

 

Le plan final du film montre Christian Bale ayant enfin retrouvé sa totale humanité, souriant avec du sang coulant de sa bouche devant sa cité en flammes suite à l'éveil des sentiments humains. Le noble héros, monstrueux de charisme, dévoile dans cette image la monstruosité de l'homme et annonce la suite des évènements, en prenant à contrepied la voie suivie par le film jusqu'ici. Arriver à exprimer autant de choses en un seul plan, c'est indéniablement le travail d'un grand acteur.

 

 

 

...D'une seule actrice

 

 

Naomi Watts

 

 

Une actrice qui aurait pu se reposer sur son visage d'ange pendant toute sa carrière mais qui aura au contraire exploité son talent pour des rôles extrêmement différents. David Lynch lui aura offert son plus grand rôle avec Mulholland Drive dans lequel tout son talent appuie l'ambiguïté et la perte de repères du film. Passant tour à tour de la jeune actrice rêveuse et naïve de la première partie à celle désabusée et cynique du dénouement, l'actrice aura été le relais entre le monde des rêves et du réel exploré par Lynch. Dans un registre totalement différent, elle aura su véhiculer de l'affection envers une créature numérique dans le King Kong de Peter Jackson là où tant d'autres comédiennes auraient échouées en jouant sur la séduction au lieu de la subtilité. Une actrice aux multiples facettes que je souhaiterais tant voir un jour confronter à Christian Bale dans un film qui mériterait de s'appeler Anges et Démons.

 

 

 

...D'un seul sourire:

 

 

Le sourire de Rutger Hauer dans Blade Runner,

 

Certainement le personnage le plus expressif du film contrastant avec la figure blasée et dépressive d'Harrison Ford. Jamais un robot n'aura paru aussi humain et charismatique.

 

 

 

...D'un seul regard:

 

Malcolm McDowell. Warner Bros.

 

...Celui de Malcolm McDowell dans Orange Mécanique

 

C'est ce qui s'appelle regarder dans les yeux du diable.

 

 

 

...D'une seule histoire d'amour:

 

Clint Eastwood et Meryl Streep. Collection Christophe L.

 

Clint Eastwood et Meryl Streep dans Sur la route de Madison

 

 

Si le récit réunit les éléments traditionnels du film romantique (une rencontre entre deux individus que tout oppose et qui trouvent dans l'autre ce qu'ils ont besoin) Clint Eastwood parvient à rendre l'ensemble suffisamment crédible et subtil pour que cette passion aussi vivace que brève apparaisse plausible. Le fait que l'intrigue soit découverte en même temps que le spectateur par des enfants qui découvrent à la mort de leur mère le grand amour caché de son existence contribue fortement à l'émotion du film.

 

 

 

...D'un seul début:

 

Twentieth Century Fox France

 

28 semaines plus tard

 

 

Les séquences d'introduction servent généralement à faire rentrer le spectateur dans l'action du film, elles présentent une scène forte pour attirer l'attention puis c'est seulement après que le film se permet de s'intéresser aux personnages et à l'histoire. L'introduction de 28 semaines plus tard est vivace dans mon esprit car elle fait débuter le film sur une séquence forte mais qui permet par la même occasion d'en apprendre directement beaucoup sur les protagonistes. La scène présente l'intimité d'un couple cuisinant dans une pièce sombre, l'affection entre les deux personnages, Don et Alice, est mise au premier plan, seuls quelques dialogues sous entendent l'infection dont est victime le pays. Puis la scène vire rarement au cauchemar lorsque les infectés pénètrent dans la demeure.

 

Le contraste avec la précédente scène est saisissant, les fenêtres barricadées sautent laissant filtrer la lumière en même que les infectés, le monde extérieur tout entier devient un espace de péril. Alors qu'Alice se précipite pour sauver un enfant tout en implorant son mari à l'aide, celui ci abandonne sa femme et s'échappe vers le monde extérieur en pleine journée. Il entame dés lors une course pour sa survie sur le fond du démoniaque thème musical du film tandis que sa femme l'implore toujours à l'aide depuis la fenêtre. En à peine une séquence d'introduction, le réalisateur Juan Carlos Fresnadillo a synthétisé le principal thème des grands films de zombies et qui servait de conclusion au précédent film de Danny Boyle: l'instinct de survie de l'homme passe avant son humanité et il suffit que son environnement social s'écroule pour qu'il agisse comme une bête.

 

 

 

...D'un seul générique:

 

 

Casino Royale

 

Les génériques des James Bond avaient jusqu'ici provoqué un ennui profond et une certaine lassitude à l'idée de les retrouver systématiquement après une spectaculaire scène d'introduction. Néanmoins, ce générique était à l'image du film, un symbole de changement et d'une nouvelle virtuosité retrouvée pour l'agent 007. Appuyé par un choix esthétique audacieux, suggérant habilement la violence inattendue du film et l'ambiguïté de l'intrigue plutôt que de se reposer sur les traditionnelles images érotiques des Bond et enfin soutenue par la voix endiablée de Chris Cornell, ce générique m'avait d'entrée de jeu mis face à face avec l'évidence: ce n'était pas à un renouveau de la série auquel nous avions affaire mais bel et bien le meilleur des James Bond.

 

 

 

...D'une seule fin:

 

 

Incassable

 

 

 

ATTENTION SPOILERS

 

Si M Night Shyamalan est aujourd'hui réduit à réaliser des blockbusters formatés, sa vantardise effrontée avait de quoi être justifier au regard de ses premières oeuvres dont Incassable demeure la plus aboutie. Certes, le Twist Final, une technique que je n'apprécie d'ailleurs pas forcément au demeurant, est moins spectaculaire que celui de Sixième Sens et j'avais été initialement déçu de ne pas découvrir que Bruce Willis n'avait en réalité aucun super pouvoir. Néanmoins, alors que le parcours initiatique de ce héros de comics semblait enfin terminée, découvrir au dénouement que son guide spirituel n'est en réalité que le grand méchant de comics, son ennemi juré, avait de quoi susciter l'intérêt.

Mais il y a surtout cette réplique finale, l'ultime phrase de conclusion, la plus marquante et la plus percutante qu'il m'ait été donné d'entendre au dénouement d'un film, celle de Samuel L Jackson, prisonnier de son fauteuil roulant et de sa maladie, lançant doucement à un Bruce Willis qui s'est déjà éloigné et ne peut plus l'entendre: « Ils m'appelaient l'homme qui casse ». Absolument brillant.

 

 

 

...D'une seule scène clé:

 

 

 

La fusillade sur la plage dans The Killer

 

 

 

J'ai initialement découvert cette scène lors d'une émission consacrée à Christophe Gans, le réalisateur portant un culte à ce film et ayant supervisé sa réédition DVD que je possède. La séquence m'avait suffi à me convaincre de la qualité du film mais ce n'est qu'en le voyant dans son intégralité que l'impact de la scène m'a réellement frappé. Le tueur du film, Jeff, qui vient d'exécuter son dernier contrat se fait soudain trahir par ses employeurs alors que la police est à ses trousses, un enfant est blessé au cours de la fusillade et Jeff se précipite pour le sauver. La scène constitue un tournant majeur du film. Après avoir été le tueur qui traquait impitoyablement ses victimes, Jeff devient la cible de ses anciens patrons et des forces de l'ordre. Mais elle témoigne surtout du passage de « The Killer » à « The Knight » , le tueur monstrueux de charisme incarné par Chow Yun Fat se transformant en une figure hyperbolique du chevalier protégeant les faibles contre un monde entier rongé par le mal.

John Woo y fait la démonstration de son extraordinaire virtuosité pour dépeindre des scènes d'action mais la séquence témoigne surtout de la caractéristique majeure des affrontements qui l'ont rendus célèbre: ces scènes d'action n'étaient pas inutiles à la narration mais constituaient au contraire les moments clés de l'intrigue où les personnages y révèlent leur véritable force et l'ambiguïté de leurs sentiments.

 

 

...D'une seule révélation:

 

Christoph Waltz. Universal Pictures International France

 

Christoph Waltz

 

Mieux vaut tard que jamais: tel est le diction qui s'applique le mieux à cet acteur. A 53 ans, après avoir plusieurs fois songé à mettre fin à sa carrière au cours d'une filmographie discrète, l'acteur aura explosé aux yeux de tous dans l'Inglorious Bastards de Tarantino. Je ne peux qu'espérer voir cet acteur rattraper son retard en exploitant les nouvelles opportunités qui s'offriront dés à présent à lui tout en priant pour qu'il ne soit pas limité aux rôles de subtil sadique grâce auquel il est devenu célèbre.

 

 

 

...D'une seule bande originale:

 

 

 

Star Wars

 

John Williams pour la bande sonore de Star Wars, un choix extrêmement classique diront certains, mais que voulez vous, cet extraordinaire compositeur a tout simplement su créer le langage musical le plus mémorable et reconnaissable de l'histoire du cinéma. Une bande sonore qui a su donner une vie et une identité à cet empire des rêves.

 

 

...D'un seul gag:

 

 

Indiana Jones qui tue trois allemands d'une balle dans la Dernière Croisade

 

Simple, classe et efficace: du grand Indy comme on n'en fait plus!

 

 

 

...D'un seul fou rire:

 

Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell et Paul Dano. Twentieth Century Fox France

 

 

 

Le concours de danse final de Little Miss Sunshine

 

 

Peut être est ce parce que le film ne contient pas beaucoup de séquences réellement hilarantes et provoque surtout un sourire un peu gêné devant cette grande famille américaine paumée que l'explosion de rire de la séquence finale est resté dans mon esprit. Ce road movie à travers l'Amérique pour atteindre un concours de danse niais et conventionnel au possible s'achève dans un bel esprit de folie général avec toute la famille qui vient danser sur scène devant une foule scandalisée où seul un gros beauf américain applaudit sincèrement à la fin, et il y a pas à dire, c'était une sincère et belle partie de rigolade, du genre qui vous file un grand sourire idiot jusqu'au soir.

 

 

...D'un seul nanar

 

 

Super Mario Bros

 

 

Au risque de perdre définitivement toute crédibilité, j'avouerais que je connais quasiment par coeur les répliques de ce film en VF. Oui en VF, car les nanars partagent cette particularité commune d'être bien plus appréciables avec leur doublage français comme si les doubleurs, conscients de la piètre qualité du film, se lachaient d'autant plus et participaient à renforcer l'aspect ridicule (déjà bien prononcé) du film. Je vous reporte d'ailleurs aux doublages cultes d'Hitman le Cobra (« Philippe! Je sais où tu te caches!!! ») et autres Jaguar Force (« Elles sont mortes à cause de mooooiiiiii!!! ») .

 

Concernant Super Mario Bros, mais quelle idée aussi de faire un film sur un plomber italien qui doit sauver une princesse en allant battre un dinosaure dans un château? Vu le faible background originel, les scénaristes mettent alors en place un monde post apocalytique totalement foireux qui ne reprend que quelques personnages et éléments du jeu original. Mais le film a pour mérite de ne jamais se prendre au sérieux et n'hésite pas à aller loin, très loin dans le ridicule jusqu'à une scène finale jubilatoire de naiveté. Et finalement, compte tenu du faible potentiel de cette adaptation, obtenir un film culte dans l'art du kitch et du nanar ce n'est déjà pas si mal en soit. N'oubliez pas, faites confiance à la mycose!

 

 

 

...D'un seul rêve:

 

Sony/Columbia

 

 

Big Fish

 

 

Le rêve d'une vie magnifiée aux portes de la mort, l'héritage d'un grand conteur à son fils, la plus belle histoire de Tim Burton.

 

 

 

...D'une seule mort:

 

 

 

 

La mort de Don Corleone dans le Parrain III

 

 

Il m'est difficile de comprendre l'animosité qui subsiste encore aujourd'hui envers ce Parrain III tant il me paraît indispensable comme conclusion à la saga de Coppola. Après avoir assisté à la mort de l'être qu'il aimait le plus au monde, Don Corleone semble voué à l'abandon. Le réalisateur choisit d'effectuer un immense saut dans le temps en basculant directement sur la mort du Parrain, visiblement de longues années après. Assis seul sur une chaise, sans aucun autre individu autour de lui, Corleone se remémore les trois femmes les plus importantes de sa vie avant de s'écrouler pathétiquement. Aucun plan rapproché, juste une simple vue d'ensemble de la scène pour retranscrire toute la solitude d'un homme aux portes de la mort après une incroyable vie de meurtres et de trahisons. Simple, triste et percutant, c'est ce qu'on appelle l'art de la sobriété.

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

Rapidement quelques autres films qui méritent le coup d'oeil...

 

 

Invictus

Morgan Freeman et Matt Damon. Warner Bros. France

 

Ce nouveau film du grand Clint ne se donne pas le temps de tergiverser et va droit au but en voulant dépeindre la réconciliation des peuples grâce à l'engouement du sport. Si le propos manque de ce fait d'ambiguïté, il n'en demeure pas moins efficace et tout à fait en harmonie avec la vague d'espoir suscitée par l'élection de Barack Obama aux Etats Unis.

 

Les petits mouchoirs

François Cluzet, Jean Dujardin, Marion Cotillard, Pascale Arbillot et Valérie Bonneton. EuropaCorp Distribution

 

Ce film n'a pas d'autre ambition que de dépeindre le quotidien de quelques personnes à travers lesquelles chacun y retrouvera ou non sa propre expérience ou son vécu. Fort heureusement, la qualité des dialogues et du jeu d'acteur rendent l'ensemble du film crédible et sincère, de ce fait ces Petits mouchoirs gagne son pari initial même si un dénouement inutilement mélodramatique et conventionnel vient ternir le propos.

 

Les chèvres du Pentagone

George Clooney et Ewan McGregor. Sony Pictures Releasing France

 

Une comédie qui doit beaucoup à ses acteurs qui s'investissent tous pleinement dans cette hystérie générale ainsi qu'à l'invraisemblance de son sujet plus qu'une réelle inspiration dans les gags proposés. L'ensemble ne manque pas de piment ni d'humour décalé même si le film n'a pas l'envergure nécessaire pour perdurer à travers le temps.

 

Piranha 3D

Jessica Szohr. Wild Bunch Distribution

 

Encore un remake, encore un réalisateur français qui s'exile aux Etats Unis pour rejoindre la grande soupe stéréotypée Hollywoodienne, à priori le film était mal parti. D'où cette agréable surprise d'avoir affaire non pas à un traditionnel film d'horreur mais une gigantesque et monumentale boucherie parsemée d'humour noir et sadique très clairement inspirée des premiers films gores cultes de l'ami Peter Jackson. Alors clairement, le film n'a aucune ambition grandiose à part celle d'offrir du gore, du sexe et surtout du funnnnn mais il y arrive fichtrement bien, faisant de ce Piranha 3D le film idéal pour les soirées décontractées qui se regarde avec un plaisir coupable.

 

 

 

Pire film de l'année 2010

Jonathan Rhys-Meyers et John Travolta. EuropaCorp Distribution

 

From Paris with love

 

En toute honnêteté, les mots me manquent pour exprimer la médiocrité absolue de ce film. Merci Luc Besson, grâce à toi les français peuvent aussi réaliser des navets américains, il est vrai que ceux qu'on avait déjà ne suffisaient pas.

 

Et c'est sur ces belles paroles que va se conclure ce bilan de cette bien mitigée année cinématographique. D'autres films de 2010 ont eu droit à des articles sur ce blog, pour les autres la plupart d'entre eux que j'ai visionné ne méritent pas qu'on s'attarde sur leur piètre sort et méritent de sombrer dans les ténèbres obscures et profondes du microcosme de l'oubli. En tout cas, je profite de l'occasion pour souhaiter à tous ceux qui liront cet article une excellente année 2011 en espérant qu'elle nous offrira un spectacle cinématographique de meilleure qualité. Dans le cas contraire, fort heureusement il n'y a pas que le cinéma dans la vie (mais s'il était pas là, ce serait quand même dommage).

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Quelques réflexions (Jeu vidéo)

Cette année 2010 s'achève dans la joie et la bonne humeur! Enfin dans la vie de tous les jours, car en ce qui concerne le cinéma, il est difficile de sauter de joie devant le bilan plus que mitigé de cette piètre année cinématographique. Manque de bol pour ma part, cette année aura été la première où j'aurais bénéficié du pouvoir merveilleux de la carte UGC illimité et même si celle ci m'a permis de découvrir plusieurs films à côté desquels je serais certainement passé, elle a surtout été l'occasion de visionner un nombre extraordinaire de navets qui s'accumulent fièrement en bas de mon classement cinématographique de 2010, à tel point que j'ai sérieusement songé à faire un classement des dix pires films de cette année où j'aurais eu largement matière à écrire.

Toutefois, inutile de verser dans l'énervement inutile, cette année a livrée suffisamment d'œuvres intéressantes pour établir un classement pertinent de films, même si en réalité seuls les quatre premiers de la liste auront un souvenir vivace à travers le temps. Mais tout de même, pourquoi un constat aussi mitigé? Au risque d'avoir le sentiment de se répéter à travers les articles, une fois de plus la principale cause vient du manque d'audace et de créativité affligeant du cinéma Hollywoodien qui à force de fournir une overdose insupportable d'adaptations (de comics, de livres, de jeux vidéos, de séries etc etc) le tout combiné avec les suites, les remakes, les reboots, semble avoir depuis longtemps oublier les notions de prise de risques et d'originalité. Et dans la mesure où qu'on le veuille ou non, le cinéma américain demeure le premier visage du septième art à travers le monde de part son omniprésence dans les salles obscures (là où le cinéma asiatique est souvent mis de côté), cette paresse dans la production générale des blockbusters véhicule de plus en plus une image lassante du cinéma, qui au fur et à mesure encourage les spectateurs à s'intéresser à d'autres médias témoignant de davantage de créativité telles que les séries télévisées ou les jeux vidéos.

Néanmoins, tout espoir n'est pas perdu car cette époque ne manque absolument pas de talents cinématographiques mais il lui faut la volonté et l'audace générale de l'exploiter et d'oser s'aventurer dans des terrains inconnus, principalement sur le plan narratif. En effet, la 3D, au delà de ses intéressantes promesses, ne sortira pas le cinéma de sa crise identitaire et créative, la manière dont le procédé est d'ailleurs commercialement exploité démontrant une fois de plus le manque d'audace du cinéma actuel. C'est en cela que la situation actuelle est le plus énervant, le cinéma a totalement les capacités de rivaliser en terme de qualité avec les autres médias mais c'est cette paresse et cette complaisance dans la médiocrité qui l'empêche de convaincre. Et le cinéma mérite mieux qu'un tel traitement car le septième art demeure malgré tout le meilleur moyen de véhiculer une émotion vivace et de s'interroger sur la condition humaine. Pour cette raison, voici donc un classement, totalement subjectif mais néanmoins argumenté est t-il besoin de le préciser, des films qui sont parvenus à susciter l'intérêt durant cette année malheureusement bien mitigée.

 

 

 

       1. Inception

Leonardo DiCaprio. Warner Bros. France

 

Autant être clair d'entrée de jeu, cet Inception trône largement devant ses concurrents et s'impose facilement comme le meilleur film de cette année 2010. Christopher Nolan y signe son œuvre la plus aboutie qui pourrait aisément être assimilée à 2001 l'Odysée de l'espace dans la carrière de Stanley Kubrick. Si le scénario pourrait au premier abord sembler confus en raison du dynamisme de l'action, il demeure extrêmement cohérent et surtout compréhensible malgré sa démesure et sa richesse. Christopher Nolan a réussi à obtenir les moyens nécessaires à l'ampleur de son sujet, dépeindre le monde des rêves et le pouvoir fascinant de la création. Si la mise en abîme du cinéma y est inévitable, le récit possède un grand nombre de facettes qui méritent d'être explorées de part son mélange audacieux des genres et sa focalisation sur la psychologie de son héros, oscillant perpétuellement entre le monde des rêves et la sombre réalité.

Pour le reste, le film fait honneur au gage de qualité instauré par les films de Nolan, que ce soit sur le plan de la mise en scène, la photographie, la justesse du jeu d'acteur sans oublier la musique particulièrement inspirée et ingénieuse du grand Hans Zimmer. Il est néanmoins un peu abusif de qualifier cet Inception de révolution, en effet le film n'apporte pas de grands bouleversements sur le plan visuel et il explore dans son scénario des thèmes déjà brillamment exploités par d'autres films avant lui. Malgré tout, il demeure la preuve inéluctable des propos du début de cet article, l'innovation, l'audace et la prise de risques peuvent se révéler payants qu'il s'agisse en terme de qualité et d'intérêt cinématographique que sur l'aspect commercial. Il faut maintenant espérer que le succès mérité du film, cumulé avec le raz de marée intergalactique d'Avatar (oeuvre moins complexe mais qui a également le mérite d'être originale), incitera l'ensemble de la production Hollywoodien à enfin sortir de leurs mauvaises habitudes bien tenaces et à offrir des films dont on ne connait pas déjà l'univers avant de l'avoir vu et où le plaisir de la découverte se fait enfin ressentir.

 

 

        2. Lovely Bones

Paramount Pictures France

 

Certains ne voient dans la figure de Peter Jackson qu'un maitre du divertissement, d'autres, un peu plus perspicaces, y décèlent un talent pour véhiculer de l'émotion et un profond sentiment d'humanité. Avec ce Lovely Bones, le cinéaste quitte enfin la démesure de ses précédents films pour un propos beaucoup plus intimiste et particulièrement délicat sur la mort et le deuil. Trouver le ton juste sur un thème aussi grave n'était pas un pari aisé mais néanmoins accompli par Peter Jackson qui avec beaucoup de nostalgie et tendresse dépeint ce combat pour surpasser le caractère inéluctable de la mort. C'est en visionnant ce Lovely Bones qu'on ne peut que regretter que ce cinéaste ait accepté la réalisation de Bilbo le Hobbit, presque par dépit et pour arranger tout le monde vu le développement chaotique du projet et son faible intérêt pour le film. Car comme le témoigne ce film, ce cinéaste gagnera beaucoup à explorer d'autres histoires que celles de la Terre du Milieu.

 

       3. The Social Network

 

Jesse Eisenberg. Sony Pictures Releasing France

 

Certainement la meilleure surprise de cette année 2010, ce Social Network qui semblait inévitablement limiter par son sujet et qui finalement atteint des proportions assez inattendues. Il y a dans ce nouveau film de David Fincher un peu du sentiment délectable qui parsemait Fight Club, l'impression de regarder à travers ces personnages excentriques une peinture de notre société et de ses défaillances. En l'occurrence, cette histoire de la création de Facebook est avant tout l'occasion de dépeindre la focalisation sur les apparences et le superficiel de notre époque qui encourage à l'exhibition de la richesse personnelle au détriment des valeurs humaines. C'est ce que « le conard de nerd », qui fait figure de héros pour ce film, aura compris et su retourner à son avantage, prenant ainsi sa revanche sur son entourage mais se retrouvant paradoxalement avec ce film pris à son propre piège.

 

 

         4. Shutter Island

 

Mark Ruffalo et Leonardo DiCaprio. Paramount Pictures France

 

 

Malgré sa filmographie des plus impressionnantes, Martin Scorcese ne semble pas manquer d'inspiration ni d'idées pour se renouveler. De la même manière des films d'horreurs les plus intelligents, le cinéaste limite les effets de gore et d'effroi au profit de l'atmosphère en se focalisant sur les tourments psychologiques qui parsèment le sombre héros du film. La folie est bel et bien le sentiment qui résume le mieux l'atmosphère de ce Shutter Island dont la plus grande qualité réside, au delà de l'efficacité de la mise en scène et de la qualité du jeu d'acteur, dans l'excellence du scénario. Cela n'est guère étonnant au regard du fait que le film est une adaptation d'un roman de Dennis Lahane dont les oeuvres avaient déjà été retranscrites dans Gone baby gone et Mystic River, deux films bénéficiant déjà d'une intrigue de grande qualité.

Quoiqu'il en soit, s'il est peut être abusif de placer ce Shutter Island parmi les plus grandes oeuvres de Scorcese, étant donné la somme considérable de grands films qui parsèment la carrière du réalisateur, il s'agit néanmoins indéniablement du meilleur film né de sa collaboration fructueuse avec le décidément exceptionnel Leonardo Dicaprio.

 

      5. Toy Story 3

 

Walt Disney Studios Motion Pictures France

 

Ce Toy Story 3 aura été attendu avec autant d'impatience que de crainte compte tenu du délai important entre la sortie de cet opus et celle du second volet qui renverra certains d'entre nous à leur tendre jeunesse. Pourtant les talentueux créateurs de Pixar ont une nouvelle fois réussis leur pari et ont même fait le choix plutôt risqué de se focaliser principalement sur l'émotion, même au détriment de l'humour. Il en résulte un film dans la continuité de ses prédécesseurs qui dresse un portrait touchant et sincère de l'abandon de l'enfance et de la crainte de la solitude. Fait remarquable, Toy Story demeure l'une des rares séries qui aura su maintenir un niveau de qualité sur la durée. Ce choix d'humaniser les jouets, les éléments emblématiques de l'enfance, aura été l'une des décisions les plus ingénieuses du parcours impressionnant de Pixar et à présent que cette saga est arrivée à son terme, elle laissera non seulement le souvenir de son humour, sa vivacité mais surtout celui de sa tendresse et sa grande nostalgie sur l'innocence des premiers âges qui doit inévitablement disparaître un jour.

 

 

       6. L'Illusionniste

Pathé Distribution

 

 

A nouveau, un petit bijou de l'animation mérite d'être salué dans ce classement d'autant que cet Illusionniste véhicule autant d'émotion que le film de Pixar cité plus haut. En choisissant d'écarter presque totalement l'usage des dialogues, l'Illusionniste atteint une forme de pureté visuelle dans laquelle les sentiments se transmettent avant tout par l'image et la qualité de la réalisation. Entre humour et tristesse, poésie et réalisme, magie et désillusion, ce film d'animation sort clairement des chemins traditionnels et offre un spectacle dont l'originalité ne fera pas écho auprès de tous mais qui mérite indéniablement d'être félicitée.

 

 

        7. Kick Ass

Aaron Johnson. Metropolitan FilmExport

 

Kick Ass fait parti de la poignée de bons films qui découlent des adaptations de super héros, le tout étant malheureusement englué dans une masse de médiocrité et de conservatisme. Cet anti héros compte pour sa part bien coller une raclée aux habitudes du spectateur en lui offrant une représentation violente, crue et hystérique de la fascination pour les super héros, le tout renforcé par une réalisation décomplexée tout en demeurant de qualité et une bande sonore jubilatoire. Il demeure regrettable que la dernière partie du film atteigne de telles proportions excentriques et invraisemblables ce qui la rend incohérente vis à vis du propos initial de l'intrigue mais ce Kick Ass reste malgré tout un divertissement délicieusement déjanté, violent et sacrément original. Et effectivement ce n'est déjà pas si mal.

 

 

        8. Des hommes et des Dieux

Mars Distribution

 

La sobriété est le terme le mieux approprié pour résumer ce récit de huit moines chrétiens confrontés à la terreur et la folie humaine. Le film a l'intelligence de ne pas limiter son propos à un simple cadre religieux et n'hésite pas à mettre en scène les peurs, doutes, interrogations et craintes de ses hommes qui parviennent à surpasser la tentation de céder à la panique grâce à leur foi envers l'humanité et la volonté de leur engagement et de leur aide envers autrui. Plus qu'un message d'ordre religieux, le film présente avant tout une belle leçon de courage et de volonté remarquablement appuyé par le talent de ses interprètes.

 

       9. Scott Pilgrim vs the world

 

Michael Cera. Universal Pictures International France

 

A nouveau l'originalité du film et son traitement décomplexé et audacieux le démarquent du reste de la production standardisée actuelle. Au delà de sa dimension geek totalement assumée, Scott Pilgrim demeure une excellente comédie, sacrément bien réalisée, certes répétitive mais qui a l'audace de mener son délire jusqu'au bout et d'offrir un flux ininterrompu de gags et d'idées originales. Peut être pas la meilleure comédie du siècle mais l'un des plus grands moments de rigolade offerts par les salles obscures depuis longtemps.

 

         10. Shrek 4

 

Paramount Pictures France

 

Si le troisième volet de la saga de Dreamworks avait déçu, ce Shrek 4 apporte une conclusion réussie à cette série d'animation qui aura eu le mérite de ne pas simplement se limiter à une parodie des contes de fées en créant sa propre mythologie peuplée de personnages attachants et émouvants. De plus, rarement un héros de film d'animation aura été aussi proche du spectateur moderne dans ses craintes vis à vis de l'avenir, la famille et dans le cas présent, la perte de la liberté et la routine du quotidien. Les meilleurs histoires ont toutes une fin et celle ci s'est joliment achevée.

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Édito

Un cinéphile, un gamer qui partage depuis longtemps sa passion à travers le net et arrive maintenant sur Gameblog. Outre mes critiques traditionnelles, vous trouverez dans la rubrique "articles principaux" des écrits de réflexion, ceux m'ayant demandé le plus de temps. Dans le soucis d'accorder plus de lisibilité aux articles (étant l'essence même d'un Blog) j'ai décidé de ne poster que mes vidéotests les plus importants dans ces pages.

Les liens ci dessous vous permettront de retrouver mes autres activités sur Internet, mes vidéotests et mes anciens articles sur mon premier Blog. Je vous souhaite une bonne visite sur ce site!

 

Mes vidéotests focalisés sur la narration dans les jeux vidéos

 

 

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"Tous les films sont des rêves. Mais certains un peu plus que d'autres." David Lynch

 

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