Intrigue

Par Snake_in_a_box Blog créé le 14/12/10 Mis à jour le 03/09/17 à 15h55

Look up at The Sky...
There must be a fantasy.

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Il y a de cela quelques temps, j'ai partagé un lien venant de ce formidable site parodique qu'est Le Gorafi.

Israël et Palestine décideront du vainqueur de leur conflit a Call of Duty Black Ops 2.

Le ton toujours délicieusement sérieux, les références subtiles et crédibles (Pascal Boniface qui réfléchit sur les maps de CoD, c'est assez priceless.) et la réflexion en filigrane sur ce conflit interminable m'ont malgré tout conduit à une interrogation entre vidéoludisme et Histoire.

Rien de bien folichon, c'est pour cela que ça sa a place ici.

Le fait de proposer de résoudre un conflit par un jeu vidéo m'a rappelé combien tout long de notre histoire la guerre pouvait être une chose codifiée pouvant battre en brêche (égratigné un peu du moins) la distinction qu'il y a entre la guerre et le jeu. Si les deux se basent sur la notion de conflit, on a tendance à estimer que la guerre conduit à risquer sa vie alors que le jeu repose sur la préservation des participants par le biais d'un code rigoureux et accepté mutuellement.

Sauf que la chose n'est pas aussi simple voire simpliste (ou voire même simpliste. L'interessé réagira comme il se doit à ce truisme).

Saviez-vous par exemple que le pancrace, sport olympique de nos amis grecs antiques, consiste à se mettre sur la tronche jusqu'au K.O avec pour seule limitation de ne pas crever les yeux de son adversaire? Ou du pugilat, boxe qui commande de ne porter les coups qu'à la tête.
Sport/jeux violents donc, que l'on sera bien inspiré de ne pas juger à l'aune des époques reculés auxquels ils appartiennent. Ainsi, que ce soit la soule ou le calcio florentin, tout deux sont des sports qui consistent à se mettre sur la figure avec le vague pretexte d'une balle et d'un en-but.
Sachez d'ailleurs que c'est aux alentours du début du XXème siècle que les terrains de rugby ont cessé de laisser des morts entre la ligne des 22 et des 40...

Ils s'amusent, faites pas gaffe...

 Le jeu est parfois plus qu'un jeu donc, et les vertus cathartiques que l'on lui prête ont parfois du mal à se mettre en place, même si la pratique et la durée du sport à tendance a assagir les participants. (je n'ai pas l'exemple d'un sport ancien qui va vers plus de violence au fil des décennies).

Un parralèlle est alors possible avec l'activité martiale. Si la guerre a toujours consisté à conquérir ou a défendre en impliquant des violences entre les bélligérants et les tiers à ces derniers, on note suivant les époques et les lieux, des envies, des volontés de codifier la guerre pour en limiter les effets néfastes ou pour défendre certaines valeurs, les rapprochants légèrements du jeu ou du sport

Ainsi les combats d'hoplites de la Grèce Antique étaient très codifé. Outre les rituels religieux influençant les comportements (plusieurs fois Sparte et Athènes ont loupés des occasions. Sparte n'était pas à Marathon pour cause de fête religieuse par exemple), plusieurs lois empêchent de porter atteinte aux ambassadeurs, ou de tuer gratuitement les civils pour faire régner la terreur.

Le combat entre phalanges est lui aussi réglé. Les hoplites étant des propriétaires terriens pouvant se payer l'équipement, ils ont des obligations liées à la terre, car elle ne va pas se moissonner toute seule.

Si bataille il y a, on va donc déterminer de la date et du lieu de la rencontre, rappelant dejà l'organisation d'un match (on retombe un peu sur le délire du Gorafi, non?). Puis sachant que les deux armées respectent la formation hoplitique (combat entre cités sur la péninsule grecque, qui n'était pas, comme on pourrait le croire, unifiée sous l'égide d'Athènes. La Ligue de Délos est plus hégémonie qu'une alliance)  ils se retrouveront face a face avec le même équipement, la même structure mais un "blason" différent. Nouvelle similitude avec un sport ou un jeu.

Les deux armées vont donc se faire face avec la même formation.
J'explique rapidement: un hoplite est armé d'un xiphos (épée courte), d'une lance et d'un bouclier rond de près d'un mètre de diamètre. Ce bouclier sert à protéger son coté gauche tandis que l'on se serre avec son voisin pour avoir le coté droit de couvert.

C'est très efficace mais ça a une conséquence curieuse: à force de pousser vers l'avant au contact, l'hoplite a peur de voir son coté droit découvert et tire dans cette direction, il part donc à droite pour suivre son voisin. Résultat, toute la formation a tendance partir vers la droite et l'avant... Sachant que celui en face fait exactement pareil, les formations tournent. Alors bien sûr certaines modifications existent pour empecher cela, comme mettre ses troupes d'élite à droite. Moins trouillards, ils obligent la formation à resté cohérente.

Mais après le premier contact que se passe-t-il? Un bordel sans nom? La mêlée sanglante? Visiblement non, puisque la formation a le temps de tourner sur elle-même. De plus, les massacres ne semblent pas être l'apanage de nos chers hellènes. En effet, malgré l'absence de sources, on ne noterait pas de vide démographique sur la durée, ce qui serait problématique, au contraire des Guerres du Peloponnèse sur lesquelles nous reviendrons.

Les affrontements sont donc codifiés religieusement et militairement, ce qui semble avoir pour effet non pas d'empêcher les morts bien sûr, mais au moins d'éviter de tomber dans la sauvagerie irréprésible et le massacre, surtout celui de civils.
C'est la domination d'Athéna sur Arès en quelque sorte...

Plus tard, on notera une évolution assez semblable avec la chevalerie du Moyen-Age. Obligé par le système féodal et le code d'honneur des chevaliers de protéger les petites gens, le chevalier se doit de chercher le combat face à un semblable dans un duel. Sur le champ de bataille un chevalier vaincu peut demander grâce qui lui sera souvent accordée. Un chevalier vivant et prisonnier paiera une rançon qui assure les subsides du chevalier vainqueur, un chevalier mort ne sert à rien. Le clergé aussi s'assurera de limiter les combats en imposant plusieurs interdictions de dates et limitant ainsi les occasions de se battre et donc par la même le chaos de ce qu'a pu être les "invasions barbares" tandis que l'Empire Romain était sur le déclin.

Le combat réglementé et non sportif continuera dans les aspects civils de la société féodale avec le duel judiciaire. Dans els cours de justice, plutôt que d'essayer de déterminer une impossible vérité où c'est souvent la parole de l'un contre celle de l'autre, on préfèrera faire appel à des champions professionnels et rémunérés pour se battre pour une cause. Il arrive aussi que l'on se propose spontanément pour défendre l'honneur, d'une dame le plus souvent.

Le duel judiciaire durera jusqu'au rêgne de Saint Louis et revenant sporadiquement sous Philippe le Bel (le dernier duel judiciaire attesté sera en 1386).

Miniature du XVème siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France

Le combat mortel codifié est donc une chose historiquement établie. Pourtant, on note vite la tentation de passer outre ces courtoisies. En effet, quand votre vie est en jeu, avez-vous envie de faire l'impasse sur quelque traitrise qui vous assurerai, plus que la victoire, la sauvegarde de votre vie? N'oubliez pas que jusqu'a preuve du contraire et quoi qu'en dise les monothéistes vous n'en avez qu'une seule.

Au final, aucune de ces valeurs militaires nobles n'a perduré. Ainsi au cours des Guerres du Peloponnèse qui opposaient Athènes à Sparte, les raids sur les civils furent légions, de même que l'abandon progressif de la phalange, lourde au profit de troupes plus légères et plus maniables. Fini le temps où l'on pouvait organiser une bataille, la circonscrire à un lieu et en respecter les conséquences par un traité dans la victoire ou la défaite.

C'est Phillippe II de Macédoine, avec une phalange macédonienne plus souple et flanquée intelligemment d'auxilliaires et d'une cavalerie, qui assurera la conquête de la péninsule égéenne avec la bataille de Chéronée en 338 av JC.

La fin de la chevalerie elle, éclatera avec la bataille d'Azincourt, où les anglais piègeront la cavalerie lourde française sur un terrain boueux. Les longbows, que les anglais ont appris à utiliser après les Guerres d'indépendance d'Ecosse et issus des archers gallois, feront des ravages en achevant une cavalerie clouée sur place.

Il est plus question de vaincre avec honneur  mais de vaincre pour assurer sa survie et la victoire.

Les conflits modernes continueront les ravages. Inconscience de l'état-major pendant la Première Mondiale qui enterrera le conflit dans les tranchées pensant au contraire le précipiter à sa fin, massacres de masses organisé par l'Allemagne Nazie, destruction volontaire de l'environnement avec l'agent orange durant la guerre de Viet-nam et enfin population civile instrumentalisée pour des buts militaires avec Hiroshima et Nagasaki.

Si les massacres aveugles ont toujours été le propre de l'Homme, et continuent même en des temps "civilisés"(Oradour-sur-Glanes par exemple), les derniers conflits perdent de vue une certaine éthique pour mener la guerre.
Si la convention de Genève existe, même si on limite les mines anti-personnels et autres armes NBC (Nucléaire, Bactériologique, Chimique), on en revient toujours a s'en servir. Regarder le conflit Iran-Irak ou la Syrie aujourd'hui. Une nouvelle fois, quand il s'agit de vaincre tout est permis. Quitte à utiliser la torture au passage, les consciences des quelques exécutants de cette basse besogne sauront s'en accomoder, de même que les "questionnés" si ils survivent.

Alors quand je relis l'article du Gorafi, je souris bien sûr, de ce décalage entre la réalité et le rêve de finir ce conflit interminable par un commun accord sur un jeu. Mais que va devenir la guerre de demain à laune des nouvelles technologies qui le sont de moins en moins?

Aujourd'hui la doctrine du conflit asymétrique semble être l'équation impossible à résoudre. Une armée régulière fait face à une troupe disparate, mal équipée mais maitrisant parfaitement la guérilla et qui se mêle à la population civile.

Si l'ONU essaye de donner des mandats pour faire la guerre, et donc la civiliser en la justifiant par une impérieuse nécessitée, les Etats-Unis sont passé outre pour la Seconde Guerre d'Irak sans grande diffuclté. 

La structure de ces conflits obligent aussi les troupes régulières a improviser sur un terrain difficile sans ennemi clairement établi. Ce dernier se dissimulant, on est tenter de soupçonner tout le monde dont les civils et de se montrer coercitifs voire cruel par crainte pour sa vie de soldat. 

Les drônes aujourd'hui essayent de recréer une éthique dans le conflit mais une éthique curieuse, que l'on peut qualifier d'unilatérale.
Le drone met à l'abri SES soldats, SES troupes, il empêche au pays en disposant de mettre l'opinion publique face à l'horreur de la guerre en tuant à très grande distance et sans risque pour le soldat qui appuie sur le bouton et qui rentrera chez lui le soir.
Alors si les États-Unis sont pour l'instant seuls dans ces batailles de drônes, qu'en sera-t-il demain?

Que se passera-t-il quand la Chine, la Russie, l'UE (lol), le Bresil, le Japon ou l'Inde auront accès à cette technologie? Quand aucun pays ne voudra impliquer des troupes qui refuseront de mourir stupidement?

On attaquera les populations civiles de l'autre? Auquel cas il faudra contrer les drones avec des anti-drones (les drones de combat aérien sont a l'étude au fait). Il faudra aussi protéger les gens qui pilotent ces drones, alors on voudra frapper les bases abritant les postes de pilotage, et pour répondre à  cela, on installera un bouclier anti-missiles comme décrit par le projet Star Wars de Reagan... Mais tout ceci nécessite de l'électronique et des réseaux qui peuvent se pirater, il faudra les défendre et attaquer ceux de l'adversaire. Les États-Unis ont déjà réussi avec Israël a détruire des centrifugeuses a uranium en Iran par le biais d'un PC piraté...

Irons-nous au final vers ce futur? Fait de robots pilotés de plus en plus autonomes, fait de batailles de virus electronique et de cryptographie? Eviterons-nous de toucher aux civils pour simplement abattre les infrastructures énergétiques et les réseaux de l'ennemi?

Et si la virtualisation allait devenir la nouvelle règle, la nouvelle éthique de la guerre future?
"─ Je ne tuerais pas volontairement un civil, mais tu vas retourner à l'âge de pierre car pas un avion, pas un seul mail ne pourra transiter..."

Jouer au lieu de faire la guerre? Non sans doute... Mais les guerres de demain faites par des anciens joueurs, par des habitués du pilotage virtuel et des codeurs qui créeront des virus et des pare-feux militaires entre une page 4chan et un achat Amazon, ça, c'est peut-être pas impossible...
Plus crédible peut-être que les batailles de drônes, il est possible que nous allions vers une nouvelle guerre froide, celle des réseaux, où dans le plus grand secret, chaque pays attaquera son voisin pour mettre à mal ses défenses, pour grapiller des informations, menacer Internet. A l'heure où Internet possède une résilience très forte (la résilience dans le cadre militaire est la capacité à survivre et à fonctionner malgré les destructions), il semble peu probable donc de "détruire l'Internet de l'autre", mais chacun en voulant protéger son réseau entretiendra un nouvel Equilibre de la Terreur, où il ne sera plus question de destruction mutuelle de populations mais de destruction mutuelle de réseaux.

Oh, je force le trait sans nul doute... La guerre est loin de devenir un jeu video. Mais il y a cent ans de cela, j'aurai dit a Joffres que dans le futur il aurait pu tuer Guillaume II dans son bain avec un aeroplane piloté depuis Paris, je ne pense pas qu'il m'aurait cru...

Et puis au passage, et pour conclure, à la base de l'enseignement militaire et ce depuis l'Antiquité il y a le jeu.
Ne l'oublions pas.

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Commentaires

KeiranHalcyon
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KeiranHalcyon
Attention, le duel judiciaire n'est pas un simple combat entre deux causes opposées devant un tribunal. C'est un mode de preuve, irrationnel (un héritage des ordalies), et il est extrêmement compliqué de faire jouer cette preuve devant le Parlement (le nom de la cour de justice, à l'époque, qui ne fait pas que du pénal d'ailleurs) qui cherchait à refuser une preuve considérée comme barbare et obsolète. Et le recours à un champion n'est pas systématique, surtout quand la partie au procès appartient à la noblesse d'armes.

Tu parles du dernier duel judiciaire en 1386: tu devrais préciser qu'il s'agit aussi d'un fiasco judiciaire sans nom, digne de l'affaire d'Outreau pour nous: la demande de duel se fait pour une affaire de viol présumée, hors les circonstances du viol sont extrêmement similaires à celui de Lucrèce, dans la Rome antique, ce qui laisse les chroniqueurs de l'époque pour le moins suspicieux. Et si le parti de la femme, représentée par son mari, le seigneur Carrouges, l'emporte malgré tout, le complice de Legris, l'écuyer perdant et tué durant le duel (il est fait chevalier quelques instants avant le duel, pour le mettre à égalité avec l'assaillant, pour l’anecdote^^) n'est pas exécuté comme il aurait dû l'être. En gros, on doutait de la survenance réelle du crime le jour même du duel...
Mac
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Mac
Karas
27/08/2013, 18:44
Je me suis toujours que ça serait la meilleure solution et un moyen civilisé de régler les conflits. Dirigeant contre dirigeant et le perdant subit les conséquences de son échec.

et ben dis donc, avec holl-andouille on serait pas dans la merde si c'était le cas ...
Uchro
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Uchro
My pleasure ! ^^ Et au plaisir de lire des articles aussi bien foutus :o)
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@Uchro: Oui tu as tout à fait raison, j'ai pensé a inclure le tlchlatli (je crois que ca s'écrit comme ça) car c'est bien un sport ultra violent où on a du mal a voir le coté jeu. Et c'est l'idée de sacrifice derrière qui m'a fait renoncé a cet exemple, qui est plus religieux que militaire je pense.
Pour le duel judiciaire, tu as raison aussi, je n'ai pas trop poussé car déjà mes cours d'Histoire du Droit sont loins :D et je ne voulais pas être trop aride, en aprlant de la Loi du Talion, du Droit canon qui va essayer de s'imposer pour réguler ce merdier de vengeance et des droits seigneuriaux locaux qui essayent de nager au milieu de tout ça... SI en plus je rajoute l'autorité du Roi qui va progressivement s'étendre et réguler notamment le duel d'honneur, je préfère à ce compte pfaire un article sur les différences entre duel et versus fighting et réfléchir dessus.

Merci pour les ouvrages que tu proposes et ton intervention qui améliore cet article :)
Uchro
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Uchro
Très très bon article ! On peut également parler de la pratique du foot chez les Aztèques : les vainqueurs avaient l'immense honneur d'être sacrifiés aux Dieux ! ^^. Et vu qu'on en est aux aztèques, n'oublions pas la pratique de la Guerre Fleurie (c'est comme les HLM chez nous, plus le nom est bucolique, plus ça cache quelque chose) ;o) La guerre chez les Aztèques consiste à faire le maximum de prisonniers pour que ceux-ci soit sacrifiés aux Dieux, afin que le Soleil se lève tous les jours. Cela va pas mal choquer les Conquistadors qui utiliseront cette manière "barbare" de faire la guerre pour mieux diaboliser l'adversaire. et puis on leur apportait la civilisation et la vraie foi, même si c'était à coup de bûchers et que le pillage des ressources naturelles du Nouveau Monde a permis de lancer une première mondialisation ;o).

N'oublions pas le noble art de la capture des prisonniers dans les tribus indiennes : ceux-ci étaient torturés pendant pas mal de temps et ne devaient pas sourciller afin de montrer leur bravoure et honorer leur clan... Et généralement on scalpe l'adversaire encore vivant (vous me direz on dépèce bien certains animaux vivants histoire que la peau reste "belle")...

Pour ce qui est du duel judiciaire : attention ! C'est un peu comme les croisades et autres écrits sur le chevalier protecteur des veuves et des orphelins. C'est déjà de la propagande à l'époque, et un vœu pieux de l'église : il s'agissait d'essayer de contrôler des seigneurs qui n'avaient pas forcément de compte à rendre (ou estimaient ne pas avoir à le faire) à une autorité supérieure, de ce fait il y a certainement plus eu de "petites" batailles, des escarmouches, pour aller piller les ressources du voisin, conquérir quelques arpents de terre, etc... De même on a souvent une image idéalisée de l'équipement du chevalier : déjà à l'époque ça coûte un bras de s'équiper complètement, du coup, beaucoup de combattants devaient avoir un équipement hétéroclite et bidouillé... Voire tout simplement une côte de mailles intégrale, qui coûte déjà très cher : il faut éviter qu'elle rouille et changer les maillons défectueux, et c'est autre chose que de repriser un pull ^^.

Les duels judiciaires, les croisades, les guerres justes, ne sont bien souvent, et déjà, que des prétextes, pour canaliser une société violente et profondément inégalitaire, et histoire de trouver une belle justification à ce qui est déjà une guerre économique.

Pour ce qui est des conflits futurs avec drones et autres, Joe Haldeman, après avoir écrit La Guerre Éternelle (préférez la BD au livre, et ne lisez pas forcément la suite, Libre à jamais, qui est plus oubliable) où il mettait en scène son vécu de soldat américain au Vietnam, et le choc du retour au Pays, a écrit un livre, La Paix Éternelle (rien à voir avec le précédent dont je parle), où il met en scène un conflit asymétrique où les USA combattent une guérilla en Amérique du Sud en utilisant des robots de combat contrôlés à distance par des soldats placés dans des capsules de contrôle, à des centaines de km du dit-conflit, le livre date de 1997 en VO, a été traduit en 1999 en VF et est très en avance sur les problèmes actuels des drones.

Brandon Bryant, ancien pilote de drone revient sur son expérience et le récit est à lire et fait froid dans le dos :
http://www.courrieri...ericain-raconte

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire sur le sujet ! ^^

Ta conclusion est brillante et fort bien pensée.

Amitiés
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Snake, faut que tu viennes à la maison. J'ai des concepts à te présenter. Paix et Amour, qu'ils s'appellent. Te fie pas aux noms, ils frappent lourd.

Excellent article. "quand il s’agit de vaincre tout est permis et tant pis si la torture est quelque chose de mal." Eh oui. Je suis complètement d'accord.
Ce qui me pousse à repousser mon cri le plus naïf et le plus vrai : la guerre, peu importe sa forme, ce n'est pas bien.

Celim.
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@Sirtank: C'est vrai, c'est une erreur humaine tout à fait, une berline noire devant mon immeuble vient de me le rappeler :lol:
@Vous autres: Merci.
Je suis un peu pris par le temps ce soir, mais Sharn je pourrai te répondre sur plusieurs points bientôt. L'article sera un peu amélioré, car c'est un brouillon amélioré en fait, donc stay tuned.
Sirtank
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Sirtank
Comme le précise Sharn, le drone est dèjà une pièce vitale de nombre d'arsenaux à travers le monde, il n'y que la vielle Europe qui réalise tout juste maintenant son véritable interêt.

Sur le fond cependant les questions tombent on ne peut plus juste, surtout quand les traumatismes psychologiques des pilotes de drones viennent de rentrer dans les mœurs outre-atlantique.
La guerre est un jeu depuis son origine, seul son ambition à évoluer avec l'homme jusqu'à devenir vitale pour certains, d’où l'éloignement de toute restriction à la "discipline".
Ce qui sera le standard des prochaines guerres dépendra pour beaucoup de la résurgence ou non d'une norme globale tel qu'on la connu avec les accords de Genève. Internet n’a jamais eu de règles nette. La guerre virtuelle et plus loin la cybernétique saura telle en trouver par son passé plus codifié et le poids des enjeux? Souhaitable mais incertain, en tout cas les civils continueront de trinquer, nouvelle technologie ou pas.

Petite erreur sinon: les Etats-Unis et Israël n'ont pas détruit des centrifugeuses par sabotage indirect, c'était une erreur humaine il parait :P
pour le reste :worship: :worship: Une fois pour l'article, l'autre pour le taunt d'un certain gammeblogeur B)
Sharn
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Sharn
Karas=>C'est ce qu'on faisait à une époque en demandant de régler le conflit via un champion.
Sharn
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Sharn

(je n’ai pas l'exemple d’un sport ancien qui va vers plus de violence au fil des décennies).


Chose qu'on voit également dans les Arts Martiaux. Entre l'Aïkido qu'enseignait au départ Morihei Ueshiba et son enseignement vers la fin de sa vie il y a un monde. Au départ c'était pourtant conçu pour briser des bras.

Saviez-vous par exemple que le pancrace, sport olympique de nos amis grecs antiques, consiste à se mettre sur la tronche jusqu’au K.O avec pour seule limitation de ne pas crever les yeux de son adversaire? Ou du pugilat, boxe qui commande de porter les coups à la tête.


KO ou abandon pour le Pancrace. Et on ne faisait pas que se mettre sur la tronche. On frappait, tordait, mordait (pour certaines compétitions), brisait etc, sans limite de temps ni de poids. Pour le Pugilat et bien je comprends l'envie de faire court mais c'est l'ancêtre de la Boxe et il ne me semble pas que les coups se limités à la tête. On peut aussi parler de la Lutte qui est la forme la plus primaire d'affrontement (les animaux s'en servent pour jouer notamment). Mais j'en ai parlé un peu dans cet article.

Obligé par le système féodal et le code d’honneur des chevaliers de protéger les petites gens, le chevalier se doit de chercher le combat face à un semblable dans un duel.


A noter que ce n'était pas le cas au Japon. Il y avait bien des codes d'honneur "clanique" mais pas de code d'honneur général (le Bushido est je pense une pure invention qui s'est bâti sur un code clanique). De ce fait, les petites gens n'étaient pas vraiment protégées.

Il est plus question de vaincre avec honneur mais de vaincre pour assurer sa survie et la victoire.


C'est arriver dans la pratique civile avec des disciplines comme le Krav Maga (qui est à la base une invention militaire israélienne) qui insiste sur les coups de "pute" pour en finir avec un agresseur. Et plus les pseudo réponses nippones qui voulaient que face à un niveau trop élevé l'agresseur finirait par abandonner.

Que se passera-t-il quand la Chine, la Russie, l'UE (lol), le Bresil, le Japon ou l'Inde auront accès à cette technologie?


Les drones on en a, les drones d'attaque pas tout à fait. Enfin on devrait en importer de nos amis américains mais ça pose un certain soucis d'indépendance militaire. Un peu comme le Rafale.

Sinon je trouve ton article très intéressant. On pourrait penser à l'avenir que les "pilotes" de drones se fassent la main sur des simulateurs poussés type jeu vidéo afin de raccourcir le temps de formation (ça doit déjà être le cas). Sans oublier les exemples de campagnes de recrutement se basant sur certains jeux ou inversement les campagnes de pub de certains jeux (Battlefield) qui singent les campagnes de recrutement militaire (Armée de Terre française). Est-ce que ces futurs conflits seront moins meurtriers peut-être entre pays avancé technologiquement mais pour les pays "pauvres" ça restera la bonne guerilla.
Karas
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Karas
Ton article me fait penser à cette fameuse séquence issue de Never Say Never Again.
Image IPB
Les deux joueurs symbolisant les blocs Ouest/Est d'alors s'affrontaient au cours d'une partie de Domination. Je me suis toujours dit que ça serait la meilleure solution et un moyen civilisé de régler les conflits. Dirigeant contre dirigeant et le perdant subit les conséquences de son échec.
Russel Casse
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Russel Casse
Je pense aussi que plus ça va aller plus les combats vont se transformer en drone contre drone, et avec toutes sortes d'armements mobiles autonomes.

D'ailleurs, toi qui est fan de Stargate, tu te souviendras peut être de l'épisode ou O'neill et Teal'C pilotent des drones alors qu'ils sont installés confortablement dans des simulateurs qui ressemblent à ceux dans les salles d'arcade.
Le-Hobbit-Ninja
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Le-Hobbit-Ninja
Clap Clap Clap

Édito

L'actualité trépidante du jeu vidéo oblige à la plus grande prudence.
Le but de ce blog est donc de proposer à tous les joueurs en quête de la vérité des news de qualité, vérifiées et objectives.
Mais la rigueur de ces articles n'empêche pas néanmoins d'exposer des avis affutés et des critiques constructives qui ne manqueront pas d'élargir l'esprit des gameblogueurs ouverts aux thèses les plus audacieuses.

Si ce blog reste un oasis d'où jailli une source intarrissable de savoir, il n'en reste pas moins un havre accueillant où les sens seront nourris d'illustrations de qualité, bien que portés plutôt sur un look en particulier.

Quand l'actualité (toujours trépidante, rappelons-le) me laissera quelque latitude, je parlerai aussi d'animation et de sujets autrement plus graves comme... Euh... Le jeu vidéo, tiens. Ou les mechas.... (c'est important les mechas, vu les  films de merde qui sortent en ce moment...)

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