Intrigue

Par Snake_in_a_box Blog créé le 14/12/10 Mis à jour le 03/09/17 à 15h55

Look up at The Sky...
There must be a fantasy.

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─ Je me suis totalement trompé, l'Homme ne changera jamais. L'Homme nouveau n'existe pas.
On s'est acharné à créer une société nouvelle où personne n'aurait rien à envier au voisin. Mais il y a toujours quelque chose à envier, un sourire, une amitié, quelque chose que l'on n'a pas et que l'on convoite.
Dans notre monde, même s'il était soviétique, il y aura toujours des riches et des pauvres, riches en talent, pauvres en talent, riches en amour, pauvres en amour...

Stalingrad de Jean-Jacques Annaud fait parti des films que je prends toujours plaisir à revoir.
Ces mots, mit dans la bouche du commissaire Danilov, interprété par Joseph Fiennes rappellent l'impossible équation de la vie en société. Si on ne manque jamais de reprendre la citation d'Aristote sur la nature politique de l'Homme, il découle de cette indispensable vie en société une contradiction fatale entre liberté et égalité.

Tels les plateaux d'une balance impossible à équilibrer, toute liberté donnée créée une inégalité, et la recherche d'égalité restreint d'autant la liberté de tout un chacun.
De part notre diversité, de part le caractère unique que revêt chacune de nos vies, les talents innés, les capacités ne sont pas réparties équitablement entre tous. La chance de certains devenant facilement la malédiction de l'autre. Et l'envie naît de ce terreau irréductible.
Alors, la vie en groupe essaye tant bien que mal de rectifier cela. Le fort est mis au service du faible qui le rétribue en conséquence (logique féodale). Le fort est restreint pour qu'il ne puisse pas écraser le faible (logique étatique)...

Malgré tout, et comme le dit Danilov dans le film, il restera, même si on touche à l'égalité parfaite telle que décrite dans le socialisme et le communisme (disparition des classes) par l'existence des talents, des dons, une différence impossible à résoudre entre les Hommes. Les capacités, les forces et faiblesses de tout un chacun sont autant de démonstration de notre liberté, car se sont par ces mêmes talents et au travers d'eux qu'elle s'exerce, qu'elle trouve son application au milieu des interactions avec nos congénères.
Si l'Etat forme une barrière, à la fois protection et prison, il s'efforcera, comme le dit si bien l'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme, de les rendre égaux en droits. Du moins, la déclaration  affirme qu'il s'agit d'un droit naturel.
Mensonge que cela: l'égalité des droits n'est créée que par la fiction de l'Etat. Ce sont ces mots en lesquels nous croyons, lois, coutumes, bienséance, ce que vous voulez... qui tentent de faire de l'égalité en droits une réalité.
La Loi (au sens très large) s'échine, quand elle est juste, à entretenir cette égalité.
Il n'en reste pas moins que, en dépit de tout cela, les élites se reproduisent entre elles (La reproduction. Bourdieu et Passeron). En plus des "capitaux" sociaux, culturels et économiques, les talents et autres facilités qui sont le propre de l'Homme entretiennent les inégalités. Le talent devient donc une chance pour celui qui en bénéficie, il peut grimper dans l'échelle sociale. L'absence de capacité, elle reste une malédiction condamnant celui qui en souffre à ne jamais quitter sa condition.

Il y aura toujours quelque chose à envier au voisin. Il y aura toujours un vide sur lequel pleurer.
La vraie force de l'Homme est alors de savoir avancer en dépit de cette adversité invincible, par delà le bien et le mal.

 

Pfff... Mais qu'est-ce que j'écris moi... Fait chaud ce soir...

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Commentaires

Strife
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Strife
Ah j'ai raté de l'action :D

Alors avant de lire la suite déjà répondre à Celim: Sur l'émergence d'une élite dûe à la formation et au mérite, soit une élite intellectuelle et compétente, je suis d'accord. Les entretenir par le capital et le patrimoine, non. C'est ce dont je parle quand je dis qu'il faut les supprimer; il s'agit de ces dernières.
Il s'agit de s'appliquer, au niveau éducatif, à ce que l'encadrement nécessaire soit mis en place pour les élèves en difficulté afin qu'ils rattrapent les autres au lieu de freiner les autres. Pour celà il faut des fonds, du personnel, et un accès massif à cet encadrement. Pour celà je suis farouchement opposé aux établissements privés qui permettent aux plus fortunés d'en bénéficier au détriment de ceux qui sont déjà freinés par leur ascendance sociale.

@Sharn: Ouille, mon poignet occipital! :P

Maintenant, lire la suite...

@Yeah: C'est pour ça que je précise bien "élite intellectuelle et compétente", un haut degré de compétence manuelle est aussi profitable à la société qu'une grande capacité de réfléxion. Les deux exigent talent et formation et devraient avoir des revenus semblables. D'ailleurs concernant les rémunèrations, je suis pour un salaire unique majoré selon différents critères (niveau de formation, pénibilité du travail, investissement...). De trop grands écarts se sont creusésà force de surenchères, notamment dans les milieux spéculatif comme le sport de haut niveau.
Martinman
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Martinman
J'avais pas encore vu ce film... Ouah, effectivement, c'est impressionnant :o
Sharn
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Sharn
Va te faire érabler. :ph34r:
Blinis
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Blinis

Branlette, branlette everywhere.


Casse-toi alors.
Sharn
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Sharn
Branlette, branlette everywhere.
Vithia
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Vithia

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux EN DROITS.

Les hommes ne sont donc pas égaux. Ce n'est qu'une déclaration bien sûr mais nous avons cette facheuse tendance à prendre des raccourcis.

Comme Liehd, je pense que les inégalités sont liés à nos différences : il y a ce que l'on veut (rêve, ambition), ce que l'on peut (inné/talent + acquis/formation/éducation + niveau/contexte social) et ce que l'on fait. Ces paramètres étant évolutifs dans le temps, même dans un monde utopique je ne vois pas comment 2 personnes pourraient être égaux.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

L'inégalité (sociale) est ici justifiée donc acceptée. La vrai question selon moi n'est pas de savoir si les élites sont justifiées (diplômes, compétences, réseaux) mais si ells sont vraiment utiles à la communauté. Je pense en particulier à nos politiques mais pas seulement. Et en cas de défaillance, revoir les modèles d'ascension, du moins de validation.

Fait frais ce matin... (clim à fond dans l'open space)
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@Celim: Non je ne me rallie pas à toi, car on reste sur une différence de taille, à savoir que pour moi la liberté reste le seul et unique droit de l'Homme, le seul à pouvoir s'affirmer dans son expression la plus pure dans un état de nature (qui lui reste fictif), tandis que toi visiblement trouve cette même liberté conditionnée par nos passions et donc par la même fausse.

Tu as raison sur les élites, on ne peut pas les restreindre car le nivellement par le bas serait catastrophique. Cela reste donc un problème insoluble car si la création de filière d'excellence est une chose plus que souhaitable (donner enfin aux bons élèves la reconnaissance qu'ils méritent d'où qu'ils viennent), il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'entretenir l'inégalité par le talent, qui conduira invariablement et une génération plus tard à entretenir sur l'échelle sociale la descendance de cette nouvelle élite qui sera, si il faut, un crétin complet...

@Yeah: Je suis d'accord avec toi à 8 000% ! :yes: La question de la reconnaissance des métiers qui le mérite vraiment est un vrai problème. Quand tu vois que Dalida à sa statue à Paris, c'est une honte.
Combien d'infirmières, d'artisans mériteraient la reconnaissance du grand public? On préfère être en avant des stars à la con et à valoriser les activités artistiques là où le travail manuel devrait avoir droit à bien plus de respect...
Yeah
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Yeah
Essayer de réformer l'humanité, y'en a qu'on essayé, ils ont eu des problèmes!
Je suis pas trop d'humeur à philosopher, pas parce qu'il fait bon dans mon appartement orienté plein nord, mais parce que j'ai envie de jouer à TLOU encore une fois. Je dirai juste qu'il serait bien avisé, dans certains cas, de considérer certaines activités à un juste niveau de reconnaissance. On est toujours supérieur à l'autre autant qu'il nous surpasse dans d'autres compétences. Tiens, il y a quelques moi j'ai fait un exposé sur "Le travail du Care", un concept un peu foireux et four tout qui avait au moins pour mérite de mettre en évidence le manque de reconnaissance de certaines activités jugées dégradantes, comme changer les couches d'un vieux papy incontinent en phase terminale. La meilleure infirmière du monde, celle qui répondra aux moindres maux de ses patients en leur facilitant la vie dans ces moments difficiles, ne sera jamais en couverture d'un magazine culturel, personne n’enviera son travail et sa position dans la société, alors même que par son travail elle influence peut être plus la vie des gens que n'importe quel écrivain, n'importe quel politique, n'importe quel artiste. Elle est une élite dans son domaine, mais tout le monde s'en branle, car le caca c'est dégelasse. Voila, je voulais juste insister sur la reconnaissance, qui est très importante lorsqu'on s'intéresse aux conditions de travail.
Moi, je suis un champion de Mario kart double dash capable de vous battre en ne jouant qu'avec les pieds. Oui, je suis très agile des orteils. Seulement voilà, la société s'en fou de mon extrême skill à mario kart, je ne gagnerai jamais d'argent grâce à ce talent, je ne serai jamais reconnu, ou seulement après ma mort, alors.
Bref, je suis peut être hors sujet, j'espère que vous aurez compris l'idée générale ^^
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Tiens, tu te rallies à moi, Snake, finalement ? "Les hommes naissent, le droit les rend égaux," disais-je quelque part fut un temps.

@ Strife 1 : l'idée du socle commun de connaissances est une belle idée. Une idée conne, mais une belle idée. Conne, parce que le socle commun nivelle par le bas et non par le haut. Il ne s'agit pas pour les débiles d'atteindre le niveau du meilleur, mais pour le meilleur d'atteindre le niveau du débile. De sorte que le socle commun des compétences, tel qu'il existe aujourd'hui, se contente de préserver, ancrer et augmenter les inégalités de fait.
Par contre, je ne peux que trouver naïve l'idée d'un système sans élite. D'une part car je suis fondamentalement meilleur que vous et que jamais je ne supporterai de craquer sous vos bottes. D'autre part car si des élites de métier existent, ce n'est pas pour la blague. Je m'imagine bien aller envoyer paître un corps de maçon d'élite et prendre leur place, sous prétexte que les élites, c'est le mal. Voulez-vous d'une maison écroulée ?
Questionner la nature des élites serait plus pertinent. Elles sont nécessaires, mais sont elles bonnes, belles, vraies ? Il me semble, du moins dans une perspective politique et actuelle, que non. Mais, vous savez, ces élites, ce sont les nôtres. Elles viennent lors d'un rituel très codifié où vous votez et vous les portez où vous voulez.
Ah, la démocratie. C'est beau, pas vrai ?
La distinction "élite naturelle" et "élite sociale" me fait rire. Sous cet angle, ce que nous obtenons en poussant un peu n'est rien d'autre que "la raison du plus fort est toujours la meilleure". Beau discours pour un utopiste, j'aime bien. Ensuite, et là, le côté pernicieux du discours se dissimule, en quoi le fait qu'une famille X utilise tous les moyens à sa disposition pour offrir ce qu'elle considère être le mieux à ses enfants pose-t-il problème ? À cause de l'inégalité de fait des moyens ? À cause de la prétendue école égalitaire qui est un nid à inégalités (eh ! ne l'ai-je pas dit plus haut, ça ?) ? Soyons sérieux deux secondes, voulez-vous ? Chaque famille cherche le meilleur pour sa descendance, c'est de l'instinct de l'espèce. Que ce meilleur passe par des dépenses incroyables pour une école privée ou par un réseau de connaissances pour trouver des bonnes écoles à l'enfant ou quoique ce soit d'autre, n'a aucune importance. S'attaquer à la discrimination, oui. S'attaquer à réformer l'école pour en faire une filière d'excellence, oui. S'attaquer aux familles pour les empêcher de mettre en oeuvre leurs moyens, non.

@ Liehd : Eh ! Je suis d'accord avec toi. Je crois. Ahah !

@ Strife 2 : Là aussi, je suis d'accord.

Celim, chaud.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Il faudrait une réforme de l'humanité, avant qu'on puisse construire un modèle viable et rationnel. ;)
Strife
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Strife
Hélàs, Liehd, tu n'as pas tout-à-fait tort. Cependant si les lois sont dictées par le peuple, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même ;)
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Strife :

On ne peut pas être utopiste quand on parle d'humanité, vu que le problème est inhérent aux individus, avant d'être le fait d'un modèle social. Donne ça aux gens, ils trouveront encore le moyen de se plaindre, et ils auront d'autant plus de temps libre pour fustiger, railler ou piétiner la différence.

Internet aurait pu être l'espace le plus égalitaire et utopique qui soit. Et regarde ce qu'on en a fait...
Strife
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Strife
Simplement, l'épanouissement individuel n'est possible que dans un terreau d'égalité dans lequel chacun peut faire de sa différence une force, un ajout bénéfique à la société. Ceci passe par une répartition équitable des richesses et du temps de travail, un développement de l'éducation et de la formation, qui permettent à chacun de contribuer à ladite société dans la mesure de ses capacités tout en amménageant le temps nécessaire au développement des talents de chacun, à la cohésion sociale et familliale, et qui permet à chacun de participer à la vie politique de la nation.

...

Snake, que je t'y prenne encore à lancer un sujet politique et tu vas filer un mauvais coton! Ça réveille l'utopiste au plus profond de mon âme damnée :(
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Un bien beau texte, comme d'habitude.
Qu'on pourrait creuser en empruntant la piste de la "différence". La différence est porteuse d'inégalités en soi, qu'on va percevoir comme positives ou négatives, en fonction des freins ou atouts qu'elles peuvent représenter. Cependant nous sommes tous, en théorie, différents : il y a donc un semblant d'égalité dans l'inégalité. Et au-delà, pour reprendre ton exemple du talent, celui-ci peut autant être une chance qu'une malédiction : s'il ne fait pas de concessions, ou s'il ne se rend pas accessible, s'il ne se fait pas charmeur, il peut devenir un poids plus qu'une perche pour qui cherche à grimper de quelques barreaux sur l'échelle sociale. De même que le fait de n'avoir aucun talent particulier peut au contraire constituer un avantage de taille dans une société où la production créative se doit d'être la plus lisse et la moins dérangeante possible pour plaire au plus grand nombre... Réussite n'est pas preuve de talent, et talent n'est pas garantie de réussite.
A la naissance, puis tout au long de l'enfance, on nous distribue des cartes à tous, qui qu'on soit, quel que soit le contexte dans lequel on vit : certaines mains sont heureuses, d'autres carrément désastreuses mais le talent, le seul, le vrai, c'est de savoir jouer celles-ci au mieux et d'en exploiter chaque couleur ou valeur...

Mais bon. Fait chaud aussi ce matin ;)
Strife
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Strife

Il n’en reste pas moins que, en dépit de tout cela, les élites se reproduisent entre elles (La reproduction. Bourdieu et Passeron). En plus des "capitaux" sociaux, culturels et économiques, les talents et autres facilités qui sont le propre de l’Homme entretiennent les inégalités. Le talent devient donc une chance pour celui qui en bénéficie, il peut grimper dans l’échelle sociale. L’absence de capacité, elle reste une malédiction condamnant celui qui en souffre à ne jamais quitter sa condition.


D'où l'importance de l'éducation pour au moins créer un socle commun de connaissances qui te permette de te débrouiller dans la vie, talent ou pas. Et la nécessité d'atteindre un système sans élites.

Attention d'ailleurs à ne pas amalgamer élite naturelle et sociale. Un petit surdoué ne pose pas de problème. Un gamin qui a accès à une éducation plus poussée et mieux encadrée parce que sa famille y met les moyens, ça c'est un problème.
Déjà arréter de subventionner les écoles privées (au moins dans le primaire+secondaire) ce serait un bon pas en avant.
Keynybale
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Keynybale
Le film est vraiment pas mal, je prends aussi beaucoup de plaisir à le revoir. Par contre la scène d'amour fait bien pitié (mais qui a dit qu'on regardait un film de guerre pour ça?...) :)
Sharn
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Sharn
Je connais pas le film. Va falloir y remédier.
Tom_xS4
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Tom_xS4
Je vois que je ne suis pas le seul à l'avoir regarder ce soir. :)

Je connaissais pas du tout et j'ai bien apprécié en tout cas, c'est beaucoup mieux que les experts et compagnie.
seblecaribou
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seblecaribou
"Let me show you where the major is" Tellement énorme cette scène. J'adore vraiment ce film. Et puis Annaud a une patte visuelle bien à lui.

Édito

L'actualité trépidante du jeu vidéo oblige à la plus grande prudence.
Le but de ce blog est donc de proposer à tous les joueurs en quête de la vérité des news de qualité, vérifiées et objectives.
Mais la rigueur de ces articles n'empêche pas néanmoins d'exposer des avis affutés et des critiques constructives qui ne manqueront pas d'élargir l'esprit des gameblogueurs ouverts aux thèses les plus audacieuses.

Si ce blog reste un oasis d'où jailli une source intarrissable de savoir, il n'en reste pas moins un havre accueillant où les sens seront nourris d'illustrations de qualité, bien que portés plutôt sur un look en particulier.

Quand l'actualité (toujours trépidante, rappelons-le) me laissera quelque latitude, je parlerai aussi d'animation et de sujets autrement plus graves comme... Euh... Le jeu vidéo, tiens. Ou les mechas.... (c'est important les mechas, vu les  films de merde qui sortent en ce moment...)

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