Le Blog de David Hecq

Par Gunhed Blog créé le 23/02/14 Mis à jour le 01/12/16 à 22h58

Maire d'Anzin-Saint-Aubin (62), vice-président de la communauté urbaine d'Arras en charge des nouvelles technologies.
Mes passions jeux vidéo nouvelle génération, retrogaming, BD et politique... Bon ben les amis, on va essayer de concilier tout ça dans la joie et la bonne humeur...

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(BD-Manga-Comics)

 

Attention cette série de comics est extrêmement violente, irrespectueuse, grossière,  choquante, impertinente, provocante, subversive, irrévérencieuse, troublante, méchante, cynique et immorale.

On vous aura prévenu, ne venez pas vous plaindre après.

Ceci étant dit, derrière cette quantité d'adjectifs effrayants, un seul l'emporte sur tous les autres, celui d'inoubliable.

Créée par Garth Ennis (scénario) et Steve Dillon (dessin), c'est le titre phare du label « adulte » Vertigo initié par DC Comics, elle relate les aventures de Jesse Custer, un jeune pasteur au passé trouble à la recherche de Dieu.

Le décor est campé, on va forcément parler religion. Mais ici il y a peu place destinée aux culs-bénis et autres grenouilles de bénitiers. Amis de l'église catholique ne vous attendez pas à une bande dessinée chrétienne type Benoit Labre sur les chemins de Compostelle...

D'entrée de jeu, on comprend par la force narrative, la personnalité complètement barrée des protagonistes et la puissance visuelle des dessins, que ça va défourailler sec ! 

Le scénariste, Garth Ennis est irlandais. Dit comme ça, ça n'a pas vraiment de sens mais quand vous saurez que l'un des personnages principaux de la série, Cassidy le vampire dépravé, est lui aussi irlandais, vous vous demanderez s'il n'a pas transposé dans son personnage une partie de son caractère outrancier et décalé.

En effet Garth Ennis est un maître absolu de l'humour noir et dérangeant. Il possède une maîtrise extraordinaire de la narration et vous fera avaler des paquebots entiers là où d'autres gobent des mouches.

On note dans Preacher plusieurs références à la passion de Garth Ennis pour les westerns. Les vastes étendues de l'ouest et ses mystères, John Wayne, Clint Eastwood, sont autant d'exemples que je ne développe pas, histoire de vous laisser les découvrir.  

Comme il l'avait annoncé, Garth Ennis stoppe la série à l'épisode 66. Sans doute parce que 666 ça faisait un peu long.

Néanmoins plusieurs épisodes "bonus" sont sortis et nous avons la chance de les voir intégrer dans la collection Vertigo essentiels d'Urban Comics, reprenant les récits fondateurs du label Vertigo. 

Pour l'instant quatre albums sur six sont disponibles, ils reprennent les 40 premiers épisodes et cinq histoires bonus ont déjà été incorporées.

Les deux derniers sont à paraître en 2017. On peut d'emblée dire que cette adaptation française est superbe et fait honneur à l'½uvre. Même si le papier schlingue un peu, la qualité de la mise en page est indéniable.

Preacher avait déjà été adapté en France, une première  fois par les éditions Le Téméraire puis par Panini. Néanmoins l'intégralité des albums était très difficile à trouver et n'incorporait pas les épisodes bonus. Cette erreur est désormais réparée par Urban Comics. Amen.

Difficile de résumer cette histoire de fous en quelques lignes.  Je vais pas me casser le popotin et reprendre le pitch officiel : Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s'y dilue sans agitation, et avec lui, l'ardeur de sa foi. Jusqu'au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l'ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d'étranges pouvoirs émanant d'une force spirituelle appelée Genesis. En proie au doute et à de multiples interrogations, l'homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais. Un pèlerinage au coeur de l'Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu'un.

Et toute la force de la narration est là, on navigue en permanence entre le bien et le mal. Les héros sont torturés par leurs propres démons. Jesse se voit rattraper par son passé, Tulip, délicieuse comme la fleur éponyme flingue à tout va. Quant à Cassidy, c'est le pendant du capitaine Haddock pour Tintin, mais puissance 100 000 ! Les autres personnages sont du même acabit, que cela soit tête de fion ou Starr, ils sont complètement atypiques dans l'univers des super héros avec cape, masque et collants moulants.

Garth Ennis met le doigt là où ça fait mal, démonte tous les travers de l'Amérique, dans ce qu'elle a de plus vicieux. Mais là où il excelle c'est dans la réécriture de l'histoire de la chrétienté et de ses mythes fondateurs. Celles et ceux qui ont suivi une formation religieuse seront forcément décontenancés par cette libre adaptation des secrets de l'église catholique. Mais bon je doute qu'ils lisent ce genre d'ouvrage.

Publié entre 1995 et 2000, Preacher a laissé une trace inaltérable aux lecteurs qui ont osé s’aventurer dans son univers déglingué. 15 ans après, il n'a pas pris une ride. Bon sauf peut-être celui où l'on voit les Twin Towers... Et il faut dire qu'avec plus de 1600 pages au compteur, il faut s'accrocher aux branches. Avec son habituel humour au 36° degré, Garth Ennis déclare dans la préface du premier tome.

"Décrit de façon mémorable par Dave Gibbons, vieux débris des comics anglais, comme ‘déplacé’, et par Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics, comme ‘une bonne lecture pour un caca’, Preacher a été beaucoup de choses pour beaucoup de gens. Certains ont aimé, d’autres ont détesté. quelques uns s'y sont constamment opposés, réalisant trop tard que leurs hurlements de protestation ne faisaient qu'augmenter directement les ventes de l'objet de leur frustration. La plupart ont compris qu’on irait jusqu’au numéro 66, qu’il vente ou qu’il neige, et que la chose la plus futée était d’aller voir ailleurs ou de participer à la fête.”

Pour bosser avec un tel irlandais, seul deux anglais tout aussi barrés pouvaient le faire : le premier est Steve Dillon qui par son trait nerveux et efficace donne toute sa dimension à l'histoire. Les cadrages façon Quentin Tarentino sont excellents et vous plongent immédiatement au c½ur de l'action sans perdre en compréhension. C'est détaillé sans être fouillis, c'est propre et sans chichis, sans effets de style inutiles. Efficace on vous dit.

Le second c'est Glenn Fabry, dédié uniquement aux couvertures. Chacune de ses peintures est une véritable ½uvre d'art. On bave devant le réalisme dérangeant de certaines de ses toiles et je dois vous avouer que mon rêve inavoué serait d'en avoir une chez moi.
Mince, je l'ai avoué en fait...

Une série télé produite par AMC est sortie récemment et fait honneur aux comics. Validée par Garth Ennis et Steve Dillon, elle emprunte un autre chemin que celui du comics et c'est finalement pas plus mal. Certains passages du comics sont difficilement transposables à l'écran, sauf à vouloir être classés X. Autant repartir sur une autre histoire, qui pour l'instant tient la route. 

Les personnages de papier prennent vie avec des acteurs convaincants et conservent la personnalité que leurs créateurs originaux leur ont donnée.

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Commentaires

Édito

Pourquoi faire un blog ici ?

Déjà parce que Gameblog, comme son nom l'indique, nous permet de le faire et que c'est la moindre des politesses que de répondre favorablement à leur aimable invitation.

Ensuite parce que j'ai vécu dans ma vie de humble homme politique, débutée en 2008 comme maire, une certaine stigmatisation de la part de mes adversaires. Comme si être joueur était un handicap en politique (ado attardé, pas le sens des réalité, on vit dans notre monde, etc.), comme si j'allais gérer ma commune avec Sim City en tâche de fond ou comme si j'allais recruter le personnel communal en fonction de son Gamertag.

Avant de sévir ici, j'ai newsé quelques temps sur Team-aAa, à la belle époque où cette équipe de jeux en réseau régnait sans partage dans l'univers de Counter Strike (la version 1.5 s'il vous plait, pas la version Source qui touche pas ^^). Comme il y avait des brutes épaisses qui étaient incollables sur le jeu en réseau, on m'avait attribué une section délaissée (et peu appréciée par les frénétiques du frag) : celle des consoles (hahaha jouer à un FPS avec un pad, pffff quelle bande de noobs). Faisant fi des quolibets, j'ai écrit pas mal d'articles et du coup j'ai laissé une "empreinte numérique" sur la toile que n'ont pas manqué de remarquer mes adversaires politiques. Mon profil était particulièrement croustillant puisque j'avais mis comme "centre d'intérêt" : femmes à forte poitrine et comme "objectif" : devenir maître du monde.

Des clins d'oeil potaches qui me sont revenus comme un boomerang (mais avec des lames de cutter plantées sur les bords) pendant la campagne des municipales. "Regardez à quel point il est irresponsable ! Son ambition pour la commune, c'est quoi ? Acheter des consoles pour les personnes âgées et leur faire passer des tests de mémoire (note : les jeux de mémoire cartonnaient sur DS à l'époque), faire une de ces lans party dans notre salle des fêtes ?"

Vous me direz que ça ne m'a pas empêché d'être élu mais bon quelque part ça pose question.

Bref beaucoup de prénotions nous entourent.

Qu'on le veuille ou non les jeux vidéo sont souvent décriés dans notre société.
Isolement et violence sont des mots qui reviennent souvent dans les médias et qui ternissent l'image des joueurs.

Je souhaite donc que cela change. Ca va se faire tranquillement, par paliers successifs. Les jeunes joueurs que vous êtes arriveront un jour à l'âge adulte et exerceront des responsabilités dans la vie publique. A nous de montrer que l'on peut concilier une vie sociale respectable et une passion pour les loisirs numériques (les jeux vidéo, quoi).

Bien à vous.

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