La Casa De Gounta

Par Gounta Blog créé le 13/12/09 Mis à jour le 06/05/10 à 11h07

A la découverte Poulpix.

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Catégorie : Cursed Gamer's Life

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Cursed Gamer's Life

"Ah bon ? C'était ton idée ?"

 

Nan, mais attends, bonhomme... Ca fait combien de temps que je bosse ici ? Là, tu vois, c'est le moment exact, où l'euphorie de la découverte cède un peu de terrain aux premiers bugs récurrents. Généralement, la situation recquiert un rythme respiratoire plus lent et plus profond pour oxygèner un maximum le cerveau et permettre que son irrigation soit la plus saine possible pour éviter la formation les petits noeuds douloureux de la colère. Dans la pratique, les mains se crispent sur la manette, les dents se serrent et on essaie de passer la difficulté imposée par une incohérence technique le plus vite possible. Avant que la tempête ne s'abatte. Mais il ne faut pas trop exagérer non plus.

 

 

Je peux dire sans trop m'avancer, après quelques mois passés dans cette rédaction à multiplier les pages dans les magazines (et notamment le tiens), que nous nous connaissons. Je peux même dire que je te trouve carrément sympathique, plutôt cool. Enfin, aujourd'hui, j'emploierai plus l'imparfait, parce qu'à ce que j'ai compris, tu viens de tirer la couverture à toi. Sans remord, sans savoir de quoi il était question, tu viens de t'attribuer les mérites d'un autre. Tu es conscient que tu n'es pas l'auteur de l'interview dont il est question, non ? Tu peux essayer de relativiser en dénigrant la popularité de ton magazine, c'est très noble de la part d'un rédacteur-en-chef qui défend à ce point son oeuvre quelque part. Je ne condamne absolument pas l'intérêt de ce qui me permet de payer mes billets de train pour venir travailler. Je vais t'expliquer pourquoi je retiens le bras vengeur qui aurait tendance à projeter des accessoires à 40 €uros contre les murs très facilement. Je parlais de mes transports. Alors sache qu'en l'état, je gagne juste assez pour les financer. Bordeaux - Paris, ce n'est pas le même tarif que Brétigny-sur-Orge - Montparnasse. Les débuts ont donc été très difficiles, puisqu'étant nouveau, je devais faire mes preuves pour prétendre à davantage de travail. Ma situation géographique ne me permet pas de vivre de mes piges. Par contre, mes articles me permettent d'accéder à ce boulot pour lequel je sais que je suis fait. Alors j'ai pris mes marques. J'y suis allé progressivement jusqu'à me sentir à l'aise avec vos chartes rédactionnelles. Mais mon objectif reste tout de même, à la base, de pouvoir faire de ma passion mon métier, celui qui me permettra à la fois de m'épanouir et de gagner ma vie. Donc, dans cette optique, j'ai pris l'initiative de changer les codes de la présentation du personnage du dernier numéro pour en faire une interview. Initiative tellement appréciée par le patron de la boîte qu'il a décidé que ce deviendrait le standard qui remplacera les présentations habituelles dans les prochains tirages. Jamais, à un moment, tu ne t'ais demandé si tu ne volais pas la vedette à quelqu'un ? Je veux dire... Tu as bien un listing des articles avec les noms des rédacteurs qui s'en sont chargés sur ton ordinateur ?! Donc tu sais pertinament que le travail qui est "récompensé" n'est pas le tiens. Mais tu t'en fais quand même le garant comme si tu avais participé d'un manière ou d'une autre au résultat. Ce n'est absolument pas le cas en plus ! Tu viens tout simplement de ruiner mon investissement. Je t'apporte des idées sur un tapis et tu les reprends à ton compte. A quoi bon m'investir à l'avenir si je n'en retire rien ? Tu peux étouffer l'affaire en relativisant les choses. Juste un article. Pécher par ommission. Ok. Mais ta version des faits oublient encore une fois de me prendre en compte. Finalement, tu prends ce qui t'arrange. Quelque chose ne va pas, c'est la faute du pigiste ou du graphiste. Tout est nickel, c'est grâce à toi. C'est partout pareil. C'est vrai. Tes arguments sont navrants pour couvrir tes arrières. Mais tu restes un voleur. Oui, je me réconforte en me disant que mon idée était bien trouvée, tellement qu'elle intégre un nouveau schéma. Mais je suis surtout déçu de ne pas avoir eu la reconnaissance, ou tout du moins les félicitations de rigueur qui t'ont été attribuées. Finalement, t'es un connard et tu viens de m'enfler avec le sourire.

 

Alors il faudrait que je reste là à t'écouter m'annoncer que le boss était super content de la nouvelle formule, sans broncher et en continuant de te faire mousser avec d'autres trouvailles ? Il faudrait que je m'emploie à redorer ton blason avec mes idées, dans l'ombre, sans jamais en sortir, sans jamais en profiter ? Il faudrait que je reste impassible, laisser échapper un rire niais qui trahit juste la branlée que j'ai envie de te coller ? Il faudrait que je me retienne de t'enfoncer la tête dans l'écran que tu n'as pas daigné vérifier pour assumer une once d'honnêteté ? Il faudrait que je te précise juste que c'est moi qui ait eu l'idée avant de te pardonner de ne pas avoir su ? Et ben ouais... C'est ce que je vais faire parce que je ne veux pas me griller. C'est ce que je vais faire parce que, même si cette boîte traite les pigistes comme des mouchoirs en papier qu'on jette après usage, elle a eu le mérite de me laisser la chance de faire ce que j'aime par-dessus tout. Je vais la fermer et alimenter un bel ulcère de frustration. Putain, tu savais même pas que le format de la fiche avait changé avant d'entrer dans le bureau du grand manitou. Tous pour un et un pour sa pomme. Tout d'un coup, j'ai peur de trop comprendre ce qui se passe ici. J'espère parvenir à mes fins et trouver une meilleure situation dans un climat beaucoup plus honnête.

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"Et si on te kidnappait, ton frère reviendrait bosser pour nous ?"

 

Pour une fois qu'il saisit une perche tendue, pour une fois qu'une aide spontanée provient de sa propre famille, pour une fois qu'il cède à la tentation du piston (quoi de plus normal après tout pour un magazine automobile ?!), à la facilité de la démarche, de l'intégration, de l'intronisation, il reçoit une magistrale claque en guise d'accueil. Tendant automatiquement l'autre joue, il accepte son châtiment, après tout, il l'avait bien mérité, lui qui a voulu jouer cette opportunité malsaine jusqu'au bout. Et puis, en fin de compte, comment prouver sa bonne foi et sa valeur lorsque vous tentez de couper à travers les sentiers battus à la première occasion venue ?

 

Un service rendu, voilà ce qu'il représentait. Il en prenait conscience, là, à ce moment précis, dans ce bureau, assis en face d'un rédacteur-en-chef qui lui expliquait pourquoi ses idées n'étaient pas matériellement réalisables, secondé d'un assistant, accoudé au mur, qui ponctuait chaque fin de phrase d'un hochement de tête, d'un rire sarcastique ou d'un clin d'oeil complice. Désarmé, désemparé, impuissant, il s'apercevait qu'il ne dépasserait jamais l'image "du fère de" ici, quoi qu'il puisse entreprendre. Il prenait alors toute la mesure de sa bêtise. Confronté à l'aumone dont ses interlocuteurs se targuaient de lui accorder, un sentiment de honte l'envahissait et sa position devenait très vite inconfortable. Nul endroit ne serait assez isolé, nul trou ne serait assez profond pour qu'il puisse s'y cacher. Il se sentait stupide comme après s'être applati contre une baie vitrée en public. On lui plongeait le nez dans sa naïveté comme on éduque un chien à la propreté. C'était pourtant tout un plan machiavélique qui se déployait sous ses yeux. Loin de penser qu'il puisse être un objet de convoitise, il se révélait être un intermédiaire, une marchandise troquée à la hauteur de l'estime portée à son frère. La liste de concepts à présenter n'était tout au plus qu'une excuse pour maquiller à peine les enjeux de ce rendez-vous, dont le résultat était fixé avant même les premiers échanges. Littéralement transparent, il n'était question que de son aîné et, à travers lui, de cette faveur dont le but avoué était de le ramener dans les filets de cette rédaction qui appréciait tant son travail. Se faisant explicitement comprendre qu'il ne devait cet entretien qu'à une faveur et que rien, ni qualité de travail, ni mérite, ne viendrait changer l'ordre des choses ou l'estime qu'on pourrait lui porter, il se voyait accorder un article, dont le sujet était déjà déterminé. Son orgueil bouillait, lui hurlait de se lever et de refuser de pactiser dans de telles circonstances. Il lui interdisait d'entrer dans cette manigance amère et lui ordonnait, au contraire, de taper du poing sur la table, montrer qu'il avait aussi du caractère à revendre. C'est une autre solution qui se dessina dans son esprit lorsqu'il prit connaissance du sujet. Etrange coïncidence faisant cohabiter sport mécanique et jeu en ligne, il décidait tout compte fait de mettre à profit cette frustration et cette colère pour donner le meilleur de lui-même, montrer qu'il possédait tout de même quelques capacités rédactionnelles qui lui permettaient de dépasser le cadre du domaine vidéoludique, quelque part toujours synonyme de médiocrité aux yeux des autres "confrères" de la profession journalistique. Il s'accomoderait donc de cette situation déclenchée, buvant le calice jusqu'à la lie, ravalant sa fierté par la plus douloureuse des déglutitions.

 

Abstraction faite des circonstances, plaisir et fierté de figurer dans un magazine d'un tel calibre étaient bien présents. L'amertume, par contre, n'était pas prête de disparaître quand, quelques temps plus tard, il voyait non seulement certaines de ses idées maladroitement exploitées par ces mêmes anciens employeurs, mais que son frère retrouvait, dans les meilleures conditions, les rangs de cette équipe qui le réclamait tant. Voilà comment sa passion avait finalement fait de lui une marionnette, servant des intérêts supérieurs, lui enseignant que, pour lui, les banalités des uns ne seraient certainement pas son lot professionnel. Si tant est qu'il lui en restait encore un peu, il mettrait un point d'honneur à tracer sa propre voie, du moins essayer, par ses propres moyens...

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"Mais mon pauvre petit, tu n'arriveras jamais à rien avec les jeux vidéo !"

 

Si nombre de phrases ont marqué l'histoire de l'humanité, celle-ci a bouleversé la vie d'un petit garçon. Lâchée sous le coup de la colère de sa mère arrivée aux limites de sa patience tandis qu'il s'évertuait à zapper les canards à l'écran, le message n'aura pas manqué de se graver dans son esprit, de s'imprimer au fer rouge dans son inconscient, marquant définitivement une voie de non-retour à l'image de celle qui a accueilli et frapper des générations entières de son "Arbeit marcht Frei".

 

 

Ainsi, à l'aube de ce jour funeste, une passion est devenu un vice. Ce qui était encore la veille un plaisir s'est transformé alors en débauche, objet de honte et de dédain. L'innocence fit place au mépris, s'insinuant en lui comme un poison, frappant sa vie d'une malédiction. Incapable de renier son amour pour une luxure désignée, il s'affarait alors à soulager ce besoin irrépressible en cachette, la nuit venue souvent. Et comme si la souffrance de se voir réprouver un domaine dans lequel il se destinait n'était pas assez abominable, l'objet de son délit passionnel figurait toujours dans sa chambre, comme un paquet de cigarette laissé à l'attention d'une résolution trop jeune, trop fragile. Soumis à la tentation, les regrets succèdaient aux crises et aux faiblesses, alimentant un dénie toujours plus violent d'une partie de lui-même, refoulant au plus profond de son être une part de sa personnalité. Jamais rien, ni loisirs, ni sports, ne sont jamais parvenus à effacer le souvenir de cette âme soeur croisée. Le réflexe du doigt appuyé sur le bouton d'alimentation jamais n'a failli sitôt la porte franchie. Petit à petit, face à tant de rechutes ressenties comme des échecs, la vie finalement perdait toujours un peu plus de son sens. Et puisqu'il devait se refuser l'unique chose pour laquelle il s'était épris, bientôt le chaos déborda s'installa. Ses maigres temps libres réservés à sa dépravation, ses amis s'éparpillèrent. Sans objectifs savoureux, sa scolarité vascilla. Livré à lui-même, sans personne à qui se confier, il se referma sur lui-même. Adoptant le masque qu'on voulait bien lui faire porter, il suivait les directives, les souhaits, les espoirs qu'on lui signalait, souvant les ordres comme un zombie savant. Puisqu'il devait renoncer à la seule chose qui avait de la valeur à ses yeux, le monde ne lui apporterait jamais plus de saveur. Rien ne saura jamais plus égaler  cette intensité ressentie.

  

Alors, aujourd'hui, vois donc les dégâts causés, mère ! Toi qui a coupé les ailes de ton fils avant de le lancer dans le monde, contemple l'étendue de ton erreur ! Là, où cette futilité aurait pu motiver l'apprentissage des langues. Là, où cette addiction aurait permis de développer une sensibilité artistique. Là, où la superficialité aurait pu consacrer l'imagination. Toi, tu m'as préféré ta réalité du monde, celle qui a attisé les reproches, celle qui a effrité la confiance, celle qui a remis en question mon existence, celle qui a transforme mes rêves en cauchemar. Prends désormais toute la mesure de tes convictions et réfléchis aux cîmes qu'aurait pu atteindre ton fils si au lieu de contrainte et d'amour étouffants tu avais préféré la confiance et les encouragements.

 

"Tu n'arriveras jamais à rien avec les jeux vidéo !", vraiment ? Redis-le pour voir...

 

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La Casa De Gounta

Édito

Un blog... Certes, certes. Mais pourquoi ? Sur un site comme Gameblog, les initiatives sur les thèmes fondamentaux que sont les jeux vidéo, le cinéma, la musique ou les mangas vont pleuvoir. Chacun voulant y aller de sa touche personnelle, parfois maladroite. Alors pourquoi ne montrerai-je pas aussi personnel et maladroit ? Et si la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres, c'est ici que prend effet ma juridiction. Il ne reste plus qu'à trouver une idée pour exploiter l'opportunité. Quoiqu'elle est dores et déjà toute trouvée. Voici donc une fenêtre ouverte sur le site que je développe. Je le crois original, détaché de toute concurrence dans sa manière d'approcher le sujet. Et, du coup, je me permets de penser qu'il a sa chance au milieu de tant de sobriété et de classicisme. Je vous présente donc Poulpix, un autre site sur les jeux vidéo (et pas sur la diffusion d'images et de vidéos holé-holé sur la reproduction des céphalopodes comme pourrait le laisser penser son nom). Bah oui, pas le choix, quoi.

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