Le Blog de Gordonlebavard

Par GordonLeMuet Blog créé le 02/02/10 Mis à jour le 13/05/11 à 14h24

Vous trouverez dans ces pages quelques articles, beaucoup de vidéos et d'images sympathiques ainsi que tous mes vidéotests explorant le merveilleux domaine de l'interactivité. J'espère que vous apprécierez votre passage sur ce Blog.

Ajouter aux favoris

Catégorie : Articles

Signaler
Articles

 Le jeu vidéo c'était mieux avant? Difficile de le croire étant donné la quantité astronomique de titres de qualités qui ont débarqués sur nos consoles durant cette année 2010, un flux quasiment constant de jeux plus ou moins audacieux qui ont ruinés le portefeuille de nombreux joueurs tandis que d'autres se résignaient à ne plus pouvoir suivre le rythme et attendaient une période d'accalmie pour poser la main sur les titres mis de côté. Entre déceptions et surprises, entre titres conventionnels et oeuvres ambitieuses, le jeu vidéo a plus que jamais montré sa volonté d'élargir son public afin que chaque individu y trouve son compte. Voici donc pour ma part un classement totalement subjectif des cinq meilleurs jeux de l'année 2010.

 

 

1. Mass Effect 2

mass effect 2 fan art

 Ce second opus de la saga déjà légendaire de Mass Effect aura fait couler beaucoup d'encre pour sa dimension grand public bien plus prononcée que son illustre prédécesseur, se traduisant par une focalisation sur l'action et une grande simplification du système d'évolution et de l'inventaire. Pourtant en dépit de ses défauts et d'une ambiance moins fascinante que celle du premier volet, ce nouveau jeu de Bioware parvient à se hisser au sommet des jeux de l'année 2010 grâce à ses qualités quelques peu occultées: une belle évolution dans le système de dialogues et la mise en scène générale du jeu, des personnages davantage charismatiques et surtout le sentiment de continuité admirable de la quête de Shepard par la reprise de la sauvegarde du premier volet.

Ainsi non seulement l'univers de Mass Effect peut se vanter d'être l'un des plus riches de la science fiction tous supports confondus pouvant s'afficher fièrement à côté de Dune de Frank Herbert ou le Starwars de l'oncle Lucas, mais de surcroit ce n'est pas un univers dans lequel le joueur est simplement plongé, c'est une aventure dans lequel il agit véritablement et se forge sa propre saga. Bioware a ainsi une fois de plus prouvé leur extraordinaire talent pour offrir au joueur l'interaction et l'immersion qu'il souhaite dans un formidable univers.

 

 

  2. Red Dead Redemption

red dead redemption

En son temps, GTA 4 avait prouvé la volonté de Rockstar d'évoluer vers un propos plus mature dans ses oeuvres. Ce qui était considéré comme l'exemple typique du jeu vidéo violent et provocant ayant donné une place inattendue à l'aspect narratif du jeu, privilégiant les personnages et l'intrigue au détriment même d'un certain plaisir de jeu. Red Dead Redemption se situe dans la continuité de cette évolution remarquable et se veut la retranscription fidèle de la naissance de l'Amérique portant un culte à la violence et aux armes. Mais au delà de la reproduction impressionnante du jeu, la qualité de son histoire se concluant d'ailleurs sur un final qui restera dans les mémoires, Red Dead Redemption constitue également l'un des plus grands sentiments de liberté qui ait pu voir le jour dans un jeu vidéo. Rarement une expérience virtuelle aura donné une telle impression de liberté dans un univers cohérent, vivant et crédible. Red Dead Redemption n'est pas qu'un grand jeu de Western mais bien une belle et grande démonstration du potentiel de liberté et d'immersion dans un « bac à sable ».

 

   3. Castlevania Lords Of Shadow

castlevania

Ce Castlevania aura pour sa part fait couler beaucoup d'encre pour déterminer si oui ou non il méritait justement son titre de Castlevania. Quelque soit la réponse à cette question (le débat restant ouvert et compréhensible) ce Lords Of Shadow demeure une grande quête épique pour vaincre le mal, une aventure à la dimension titanesque voir biblique. S'appuyant sur des illustres exemples, de Prince Of Persia à God Of War en passant par Shadow Of The Collossus, le jeu étonne par la richesse de son contenu prouvant une fois de plus que la qualité visuelle des jeux n'est pas incompatible avec une durée de vie conséquente (une excuse trop souvent utilisée pour les jeux actuels) . Mais le titre impose surtout le respect pour la qualité extraordinaire de son esthétique, rarement une oeuvre aura accordé autant de soin à son atmosphère et son ambiance.

 Malheureusement ce soucis du détail visuel ne trouve pas écho dans l'aspect narratif du jeu, quelque peu mis de côté et qui trouve malheureusement sa conclusion dans un dénouement bâclé, ridicule et incohérent, rappelant que pour la majorité des jeux vidéos, un effort dans l'écriture et le scénario est encore à faire pour rivaliser avec les médias concurrents. Malgré ces quelques réprimandes, le jeu n'en demeure pas moins une belle invitation à l'aventure et la magie, le tout agrémenté d'une difficulté sacrément robuste et assez inhabituelle dans cette génération de consoles, ce qui mérite d'être souligné.

 

      4. Assassin's Creed Brotherhood

assassin's creed brotherhood

"Honte à cet Assassin's Creed 2.5! Où est Assassin's Creed 3?"  Tels étaient les mots qui revenaient le plus souvent à l'annonce de ce Brotherhood et ils étaient compréhensibles étant donné que le dénouement d'Assassin's Creed 2 n'appelait guère à une suite. Pourtant en ces temps où Ubisoft vit des heures sombres, il n'est guère dans leur intérêt de bâcler leur licence culte et même si cet opus est indiscutablement un spin off plus qu'un véritable volet, c'est un très bon spin off auquel le joueur a affaire. Les excellents éléments de gameplay mis en place dans Assassin's Creed 2 sont ici poursuivis voir améliorés, le jeu fait toujours preuve d'une variété remarquable et confirme le fait que les quêtes répétitives du premier opus ne seront plus qu'un lointain souvenir dans la série. La gestion commerciale du second opus, intéressante mais sous exploitée à l'époque, prend ici une place bien plus importante en s'appliquant à la ville entière de Rome, de telle sorte que l'argent ne cesse d'être utilisé dans le jeu. Enfin, les quêtes annexes sont incroyablement nombreuses et surtout d'excellente qualité, conférant au titre une grande durée de vie.

 Les quêtes annexes sont d'ailleurs tellement réussies qu'elles ont visiblement été privilégiées à l'aventure principale, malheureusement en retrait dans cet opus. Les missions proposées sont finalement moins intéressantes que les missions secondaires et le recrutement des assassins, grandement mis en avant dans la promotion du jeu, est finalement trop simpliste et assez facultatif. Mais surtout l'aspect narratif du jeu est loin de faire honneur à la série en proposant une histoire assez médiocre et peu mise en avant. Et ce n'est pas le cliffhanger final qui va nous faire croire que le jeu avait véritablement quelque chose de plus à raconter après Assassin's Creed 2, remettant grandement en question l'utilité narrative de ce Brotherhood dans la série. Malgré tout même si Assassin's Creed Brotherhood ne demeure qu'un spin off, c'est à nouveau une belle plongée dans l'Histoire offerte par Ubisoft, une reconstitution historique impressionnante et une mine d'or pour le tourisme Italien. Si vous avez dans votre famille ou votre entourage des personnes étudiant l'Histoire de l'art, je vous suggère de leur faire une visite virtuelle de Rome, c'est l'un des petits plaisirs collectifs inattendus que peut parfois nous offrir le jeu vidéo.

 

    5. Bioshock 2

bioshock 2

Ce Bioshock 2 aura grandement été décrié pour son manque d'innovation et de prise de risques, le tout associé à une durée de vie plus faible que son prédécesseur malheureusement pas compensé par un mode multijoueur sympathique mais assez anecdotique. Pourtant s'il est vrai que ses défauts existent et empêchent le titre d'atteindre l'excellence, il convient de rendre hommage aux qualités de ce second opus qui parvient à maintenir le niveau de qualité instauré par le premier opus, en terme de narration, immersion et qualité d'écriture. Et ce n'est pas une mince prouesse dans la mesure où le premier Bioshock a inscrit son empreinte dans l'histoire des jeux vidéos et que cette suite avait toutes les chances de rester dans son ombre. Bioshock 2 trouve même son identité en se focalisant beaucoup plus sur l'émotion que son prédécesseur livrant un récit plus touchant et sentimental tout en restant fidèle et cohérent avec l'univers.

 Bioshock Infinite semble visiblement vouloir jouer la carte de la révolution et il n'est pas insensé de placer beaucoup d'espoirs dans ce futur volet, néanmoins il ne faut pas pour autant renier ce second opus qui fait honneur à cette série qui a su instaurer un niveau remarquable de maturité et d'intelligence dans l'univers des jeux vidéos.

 

Mais aussi...

 

Limbo

limbo

 Une expérience bien déconcertante que celle de ce Limbo qui prouve que l'art de la sobriété peut également être appliqué à un jeu vidéo. Par son choix de recourir à une grande simplicité sur le plan visuel mais également dans les possibilités d'action du héros, les développeurs offrent une aventure à la fois poétique et troublante où la violence exacerbée de cet univers macabre contraste avec la simplicité apparente du jeu. En dépit de l'absence quasi totale de narration qui pourra dérouter plus d'un joueur notamment à travers un dénouement d'une brutalité consternante, il convient de rendre hommage à la créativité et l'ingéniosité des énigmes qui parviennent à se renouveler au fil du jeu malgré les faibles possibilités d'action du héros. Voilà en tout cas une immersion peu commune dans un monde déroutant, un jeu qui va au bout de son concept et ne pourra de ce fait trouver l'unanimité, mais tout de même quel étrange sentiment.

 

Naruto Shippuden Ultimate Ninja Storm 2

naruto

L'efficacité de son système de combat et la qualité exceptionnelle de sa réalisation sont les deux seuls grands atouts de ce Naruto Shippuden Ultimate Ninja Storm 2 au titre décidément bien long. Pour le reste, le manque d'exploration, des raccourcis contestables dans l'intrigue et surtout un grand manque de variété dans l'aventure atténuent la qualité de ce titre et le réservent à ceux qui ont déjà lu l'excellent manga (ou regarder l'animé mitigé). Les développeurs ont sans doute été un peu trop ambitieux en voulant exploiter une si vaste période du manga et auraient gagner à privilégier la qualité à la quantité. Quoiqu'il en soit, si le jeu reste excellent grâce à ses deux grands atouts, il est à déconseiller aux néophytes du manga et il y a encore beaucoup de choses à améliorer pour le troisième opus avant que la série puisse prétendre au titre d'adaptation ultime.

 

Darksiders

darksiders

 Zelda au pays de l'apocalypse biblique, il fallait le voir pour le croire. Le jeu se montre pourtant à la hauteur de son illustre aîné en proposant des énigmes intelligentes, une grande richesse dans son gameplay tout en demeurant accessible, le tout bénéficiant d'un design inspiré très influencé par les comics books américains. Malheureusement, l'absence quasi totale de quêtes annexes ainsi que l'aspect beat them all mitigé du jeu viennent ternir le tableau mais ces quelques défauts seront peut être corrigés dans la future suite qui nous proposera d'incarner d'autres chevaliers de l'Apocalypse.

 

Les déceptions 2010

 

Alan Wake

alan wake

 Autant être clair, ce n'est pas les défaillances de son gameplay qui ont fait de cet Alan Wake une déception. Je fais en effet parti des joueurs qui attachent plus d'importance au travail effectué sur l'atmosphère et l'immersion du joueur dans un univers qu'au gameplay lui même, pour cette raison des titres tels que Brutal Legend, Prince Of Persia 2008, The Darkness et Bioshock 2 déjà mentionné ont trouvé un meilleur accueil de ma part que pour le reste du public. Malheureusement c'est bien dans son atmosphère et son intrigue qu'Alan Wake fait preuve de lacunes regrettables. Le scénariste du jeu a vraisemblablement compris de ce qui faisait le charme des romans de Stephen King et tel un bon élève a essayé de retranscrire ses éléments mais en oubliant d'y apporter sa propre personnalité.

De plus, j'ai eu le sentiment désagréable que de nombreuses personnes, qu'il s'agisse de testeurs ou des joueurs, parlaient des influences de Stephen King, David Lynch ou Lost sans avoir aucune connaissance concrète de ce dont il s'agissait répétant un peu naïvement ce qu'ils entendaient autour d'eux. En premier lieu, les romans du King se caractérisent souvent par l'impuissance des protagonistes face aux phénomènes paranormaux qu'ils affrontent, de ce fait l'action tient un rôle minoritaire dans ses oeuvres, la fuite de la peur étant souvent le réflexe principal de ses héros. Dans la même logique, c'est quasiment un miracle si un seul coup de feu se fait entendre dans les récits du grand cinéaste David Lynch. De ce fait, la surenchère d'action d'Alan Wake nuit d'ores et déjà à son atmosphère, le jeu aurait grandement gagné à adopter une approche plus intimiste et réaliste, ce qui aurait été davantage cohérent vis à vis de son univers.

De surcroit, les rebondissements de l'intrigue ne méritent même pas le titre de cliffhanger tant ils sont prévisibles, notamment à cause des pages et des émissions de télévision disséminées un peu partout dans les niveaux qui auraient pu être une idée intéressante si elles ne révélaient déjà pas tout de l'intrigue bien avant même que les rebondissements aient lieu. Alan Wake n'est ainsi pas un mauvais jeu mais c'est un titre qui n'arrive pas à la cheville de ses influences et a fait preuve de trop de prétention en mettant son atmosphère et son histoire au premier plan. Même la série des Max Payne de Remedy était bien plus convaincante en terme d'ambiance et de scénario, l'échec commercial de cet Alan Wake n'est ainsi pas réellement injuste et je n'attend l'annonce d'une suite qu'avec un faible intérêt.

 

Final Fantasy XIII

final fantasy XIII

 

Tant de choses ont déjà été dites sur ce troisième volet de la légendaire saga de RPG Japonais qu'il semble difficile de ne pas se répéter. Pourtant le plus grand défaut de FFXIII ne vient pas de son aspect linéaire poussé au paroxysme qu'il aurait été possible de pardonner mais du fait que j'ai enchainé ce jeu après avoir fini Mass Effect 2. Car malgré son univers fortement américanisé qui pourrait en déplaire en certains, le titre de Bioware proposait des dialogues et une narration véritablement matures et autant dire que basculer directement après avec FFXIII revient presque à revenir à la cour de maternelle en contemplant ces personnages tellement stéréotypes, des scènes d'une naïveté et d'un intérêt affligeant qui semblent déjà avoir été vus un millier de fois dans les jeux vidéos Japonais, voir les mangas et animés.

Ainsi de la même manière que Resident Evil 5 avait en son temps symbolisé les difficultés des jeux vidéos Japonais à convaincre sur cette génération de consoles, Final Fantasy XIII est caractéristique des problèmes rencontrés par les RPG Japonais qui au lieu de s'acharner tant à vouloir faire évoluer la forme de leur jeu (de part le gameplay, le système de combat, d'exploration) devraient enfin prendre conscience de la nécessité urgente de faire évoluer le fond et de proposer des univers véritablement matures et adultes. Car pourtant l'univers de ce FFXIII est loin d'être dénué d'intérêt et propose des thématiques intéressantes telle que la question de la destinée, l'intolérance et la divinité mais malheureusement ce potentiel est mal exploité et atténué par les stéréotypes innombrables qui parsèment l'intrigue, de telle sorte que le jeu véhicule peu d'émotion et ne permet pas au joueur de se plonger dans cet univers. L'efficacité de son système de combat et la qualité exceptionnelle de sa réalisation suffisent à amener le joueur jusqu'à la fin du jeu (tiens ça me rappelle un autre jeu?) mais il n'en gardera qu'un faible souvenir. Tant que les RPG Japonais s'acharneront à cibler un jeune public et refuseront de sortir de leurs grands clichés et codes récurrents, alors ils ne pourront plus convaincre face à leurs concurrents qui font indéniablement preuve de davantage d'originalité et de maturité.


deus ex artwork

 

Et c'est sur ces belles paroles que cet article va s'achever, une année 2010 décidément bien remplie qui aura démontré que la passion pour les jeux vidéos demeure plus que jamais vivace. Et je n'ai même pas parlé des nombreux jeux mis de côté durant cette année qu'il me reste encore à essayer: Fable 3, Heavy Rain, Enslaved, Majin and the forbidden kingdom. Et il me suffit de voir la liste des jeux prévus en 2011 pour me résoudre à admettre qu'il est bel et bien difficile de suivre le rythme et que cela va nous inciter plus que jamais à être particulièrement sélectif dans le raz de marée de bons jeux qui nous attend. D'ici là, je vous souhaite à tous une excellente année 2011. A la prochaine les gars.

PS: si vous voulez également connaître mon bilan de l'année 2010 en ce qui concerne le cinéma, c'est par içi que cela se passe:  http://royaumedesreves.blogs.allocine.fr/royaumedesreves-292534-bilan_de_lannee_2010.htm

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Signaler
Articles

 En ces temps où le RPG Japonais est en perte de repères, le nom de Bioware résonne comme une douce mélodie aux amateurs du genre. Le studio s'est en effet imposé comme le leader du RPG moderne focalisant ses efforts sur l'immersion du joueur dans l'univers du jeu grâce à ses possibilités d'interaction sur l'histoire et l'évolution du monde. Baldur's Gate, Neverwinter Nights, Starwars Kotor et plus récemment Dragon Age Origins, autant de jeux nés des génies de Bioware qui ont émerveillés des générations de joueurs. Mais pour le studio, la consécration est véritablement venue avec Mass Effect, présenté dés le départ comme leur projet le plus ambitieux.

Un univers d'une richesse à faire pâlir les plus grandes sagas de science fiction, une dimension cinématographique particulièrement prononcée grâce à un système de dialogue immersif, une immersion du joueur incroyable dans sa possibilité d'influencer l'évolution de la galaxie, un système de combat extrêmement dynamique pour un RPG, les qualités du premier Mass Effect l'ont hissé comme l'un des meilleurs titres de la Xbox 360 en dépit de ses quelques faiblesses (retard de textures désagréable, temps de chargements longs, répétition des quêtes annexes). Sa suite, attendue comme le messie, est enfin arrivée et il n'appartient qu'à vous de poursuivre votre aventure pour décider du sort de la galaxie.

Il est temps de reprendre du service.

 

La plus grande qualité de Mass Effect 2, trop peu soulignée dans les test habituels, est la possibilité de reprendre l'aventure avec le personnage que le joueur avait crée dans le premier opus. Non seulement de pouvoir garder les caractéristiques physiques de votre protagoniste, toutes les décisions que le joueur aura pris dans sa partie de Mass Effect 1 auront une répercussion sur Mass Effect 2. Et il ne s'agit pas simplement des choix opérés durant la quête principale! Toutes les actions effectuées durant les quêtes annexes auront également une influence dans Mass Effect 2 voir même dans les missions principales. C'était certainement la plus grande attente que j'avais en ce deuxième opus et je ne fut pas déçu. J'ai retrouvé avec un plaisir indéniable John Shepard, héros de l'Alliance avec lequel j'avais sauvé la galaxie deux ans auparavant et j'ai constaté avec plaisir que toutes mes actions trouvaient un écho dans cette suite qu'il s'agisse des personnages que j'avais sauvé, de la romance que j'avais choisie ou des mauvais choix que j'avais pu commettre.

Mass Effect 2 propose ainsi une continuité inégalée pour une saga de jeux vidéos, le joueur a véritablement l'impression de vivre sa propre saga et ce sentiment de poursuivre l'aventure après même la fin du premier jeu procure un plaisir rarement ressenti dans un jeu. A noter à ce propos que même si l'absence de la VO est regrettable, tous les excellents doubleurs français du premier opus ont repris leurs rôles pour Mass Effect 2 (même quand les personnages n'ont que trois répliques) ce qui renforce ce sentiment de cohérence et de continuité entre les deux jeux. La véritable force de Mass Effect 2 est ainsi de proposer aux joueurs du premier opus de poursuivre leur aventure, pourtant les choix opérés dans ce second opus risquent bien de dérouter les fans du jeu originel.

 

Les Galariens, grands absents de l'équipe du premier Mass Effect, seront cette fois ci présents.

 

Si les combats de Mass Effect avaient agréablement surpris par leur dynamisme et leur insertion efficace dans l'action du jeu, les affrontements prennent une place beaucoup plus importante dans ce second opus. Des pouvoirs biotiques beaucoup plus puissants, des armes bien plus destructrices, un déferlement perpétuel d'ennemis qui nous aurait fait trembler dans Mass Effect 1, les combats de Mass Effect semblent presque vouloir concurrencer l'intensité épique de Gears Of Wars. Les affrontements y gagnent beaucoup plus en intensité mais inutile de se le cacher, ils deviennent parfois bien plus rébarbatifs. Les combats trainent inutilement en longueur en raison des ennemis qui semblent arriver à l'infini durant les combats, de plus ils offrent moins de challenge qu'auparavant, la difficulté du jeu ayant été revue à la baisse.

 

Mass Effect 2 est le premier jeu que j'ai commencé directement en mode vétéran (difficile) et une sérieuse opposition n'est vraiment apparue que durant la deuxième moitié du jeu. Cette facilité du jeu témoigne de l'ouverture au grand public de la saga, qui se ressent également dans le nombre de classes diminuée et la progression du personnage largement simplifiée. Si cet abandon de la dimension RPG de la saga au profit de l'action pourra en décevoir plus d'un, cette suite dispose néanmoins de sérieuses améliorations pour convaincre les sceptiques.

Shepard serait t-il le descendant de Marcus Fenix? Cela expliquerait sa tendance à vouloir égaler Gears Of Wars.

 

En premier lieu, le système de dialogue, grande force du premier Mass Effect, a été considérablement enrichi. C'est bien simple, l'impression d'être aux commandes d'un film hollywoodien interactif n'a jamais été aussi présente, les angles de caméra sont dynamiques et variés, l'ensemble est d'une fluidité exceptionnelle d'autant que les retards de textures ont quasiment disparus et l'interaction entre les protagonistes est beaucoup mieux mise en valeur. Les personnages occupent d'ailleurs une place primordiale dans Mass Effect 2, beaucoup plus charismatiques que les compagnons du premier volet, leurs interactions avec Shepard sont également plus riches. Il sera primordial de gagner leur loyauté pour l'accomplissement de votre mission, ce qui se traduit par une quête spécifique à chaque personnage. Si ce procédé semble un peu simpliste, il est intéressant de constater que ces quêtes peuvent être échouées provoquant ainsi la perte de la loyauté de vos compagnons pour le reste du jeu, ce qui aura une grande importance pour la mission finale dont je reviendrais plus tard.

 

La quête principale de Mass Effect 2 démontre que Bioware a entendu les critiques vis à vis du premier opus. Beaucoup plus de planètes peuplées sont ainsi de l'aventure, les interactions avec les races aliens sont ainsi plus importantes et la narration des missions principales est plus riche et moins prévisible que dans le premier opus. La variété des missions principales est également une surprise agréable. Enquête, assassinat, interrogatoire, infiltration: Bioware exploite bien des facettes de son sombre univers le tout servi par une mise en scène toujours d'excellente qualité. D'une durée deux fois supérieure à celle du premier Mass Effect, la quête principale de Mass Effect 2 offre beaucoup plus de variété que son aînée mais qu'en est t-il en terme de sensations?

Les nouveaux compagnons de Shepard sont beaucoup plus charismatiques que les anciens. Les amateurs du triangle amoureux de Mass Effect seront ravis des multiples romances proposées dans cette suite.

 

La grande force du premier Mass Effect était de présenter un univers beaucoup moins manichéen qu'il n'y paraît en obligeant le joueur à prendre des décisions difficiles où aucun choix n'était forcément le bon. En présentant un visage plus sombre de cet univers, Mass Effect 2 renforce encore plus cette subtilité de la narration. Les décisions que le joueur devra prendre seront encore plus délicates, l'apparition d'une possibilité d'interrompre le dialogue par une action de conciliation ou de pragmatisme est également bienvenue et incite souvent le joueur à prendre une décision rapide. Même en ayant cherché à demeurer un héros charismatique et conciliant, mon John Shepard a ainsi vu sa jauge de pragmatisme fortement augmenter comparer à Mass Effect 1. Si cette ambiguïté de l'univers est appréciable, il est regrettable qu'elle semble devoir se faire au détriment de la dimension épique du jeu, qui bien que toujours présente, est atténuée comparer à son prédécesseur. Mais c'est principalement l'histoire qui déçoit quelque peu. Beaucoup moins fournie en rebondissements que celle du premier Mass Effect, elle est surtout moins riche en informations, de trop nombreuses questions resteront sans réponse à l'issue de la quête principale et de nombreuses facettes de l'intrigue semblent avoir été sous exploitées, obligeant ainsi le futur Mass Effect 3 à devoir proposer une aventure sacrément fournie pour répondre aux attentes suscitées par ce deuxième opus.

 

En réalité, la construction même de l'intrigue est assez particulière. Il ne faut pas oublier que pour la première fois, Bioware s'occupe lui même de la suite d'un de ses jeux et le studio a visiblement porté sa volonté à offrir quelque chose de différent et inattendu au joueur, d'où d'ailleurs le changement de scénariste pour ce deuxième volet. Toute l'intrigue de Mass Effect 2 est focalisée sur la mission suicide orchestrée dés le début de l'aventure et qui amène Shepard à recruter les plus grandes pointures de la galaxie. Cette mission suicide constitue le dénouement du jeu, l'accomplissement de tous les efforts du joueur effectués depuis l'introduction de l'oeuvre, mais de ce fait il n'y a quasiment aucun grand rebondissement avant cette fameuse mission, véritable débordement d'intensité émotionnelle et de surenchère épique. Ce procédé a le mérite d'être audacieux mais de proposer deux impressions opposées.

Les récolteurs sont les nouveaux adversaires dominants de Mass Effect 2. Moins charismatiques que les Geth, ils ont néanmoins le mérite d'apporter des affrontements différents.

D'une part durant la majeure partie de l'aventure, le joueur a le sentiment de ne pas faire grand chose pour aider la galaxie et de rester dans une intrigue plus personnelle (peut être dans la volonté de Bioware de rapprocher cet épisode de l'Empire contre Attaque de Starwars, épisode plus personnel et intimiste). A ce titre, il est regrettable que les choix véritablement décisifs et qui impliquent des changements de grande envergure soient si peu nombreux comparer au précédent opus.

D'autre part les émotions ressenties durant le combat final atteignent un paroxysme d'intensité inégalé dans la saga Mass Effect voir même dans cette génération de consoles. L'affrontement final est épique, les choix difficiles et surtout la réalisation met l'accent sur le fait que votre héros lui même ainsi que tous les membres de votre équipe peuvent véritablement mourir. Pas de GameOver pour Shepard et son équipe donc, un peu à la manière de ce que l'Heavy Rain de David Cage proposera prochainement. Il en résulte une attention du joueur beaucoup plus forte et un cri de victoire qui résonnera si vous arrivez à survivre avec tous les membres de votre équipage. Rarement une quête aura été aussi immersive dans un jeu vidéo, certains joueurs tricheront sans doute en rechargeant des sauvegardes pour avoir les meilleurs choix possibles mais comme avec le premier Mass Effect, il convient mieux d'être honnête avec l'histoire et d'accepter les décisions prises, mauvaises ou pas, pour ainsi pleinement s'immerger dans le jeu.

 

L'homme trouble est aussi menacant et charismatique que Saren, mais malheureusement sous exploité.

 

Si le jugement sur la quête principale est particulièrement tiraillé, en ce qui concerne les quêtes secondaires, l'avis est déjà beaucoup plus tranché. Les quêtes secondaires au sein des villes peuplées sont beaucoup plus nombreuses que dans le premier Mass Effect et dans l'ensemble assez plaisantes car elles permettent de profiter des dialogues savoureusement écrits et particulièrement crus de ce second opus. Mais dés qu'il s'agit de parler de l'exploration de l'univers, alors là le sourire s'estompe. Si les quêtes annexes avaient subies de nombreuses critiques dans le premier Mass Effect, Bioware a tenté une nouvelle méthode dans cette suite qui ne porte malheureusement pas ses fruits. Saluons tout de même la possibilité de diriger directement le Normandy depuis l'espace ce qui implique de faire attention aux réserves de carburant du vaisseau. Cette bonne idée est alourdie par la découverte des planètes. En résumé, à chaque nouvelle découverte d'un monde, le joueur aura la possibilité de scanner la planète pour retrouver des ressources nécessaires à l'évolution des personnages et du vaisseau. Si ce principe est au départ sympathique, il devient franchement ennuyeux au bout de la millième sonde jetée sur une planète quelconque. Ce système est malheureusement indispensable à la montée en puissance de vos personnages (et donc à la réussite du jeu) et il faudra apprendre à le supporter.

 

A plusieurs reprises, Shepard et son équipe pourront débarquer sur des planètes secondaires comme autrefois. Le Mako, ancien véhicule terrestre de Mass Effect 1, a été supprimé de même que toute l'exploration des planètes. Le joueur arrive directement sur le lieu de l'action, un affrontement s'enclenche et les quelques éléments d'exploration se limitent à chercher des bonus dans les bases. Certes les décors des planètes sont variés et contrairement au premier volet, la mise en scène est différente à chaque atterrissage, mais dans l'ensemble les quêtes annexes manquent encore plus d'intérêt que dans le premier opus. D'autant que Bioware a fait l'inexcusable erreur de supprimer les choix narratifs qui avaient lieu à chaque fin de mission dans Mass Effect 1 et qui constituaient le plus grand intérêt des quêtes secondaires. Si la possibilité de pouvoir continuer à explorer l'univers âpres la fin de la quête appréciable est une bonne chose, elle servira avant tout à optimiser au maximum son personnage pour l'affrontement titanesque annoncé dans Mass Effect 3 davantage que pour le plaisir de la découverte.

-Larguez le Mako!

-On en a plus, Shepard.

-Ah? On fait quoi alors?

-On scanne.

 

 

 

Bénéficiant toujours d'une réalisation technique et artistique impeccable, Mass Effect 2 comporte autant d'éléments supérieurs que d'aspects inférieurs à son aîné. Des personnages davantage charismatiques, une plus grande maturité de l'univers, davantage d'interaction avec les peuples de l'univers, une mise en scène et un système de dialogue considérablement renforcés côtoient une intrigue moins profonde, une exploration de l'univers médiocre et rébarbative, une surenchère d'action et une simplification de l'évolution du personnage. La grande majorité des joueurs attendaient que Bioware reprenne la formule du premier opus en l'améliorant mais le talentueux studio a fait le pari d'offrir quelque chose de véritablement différent. Il est paradoxal que les fans du premier jeu seront les plus déçus de cette suite mais également les plus propices à l'enthousiasme face à la possibilité de poursuivre l'aventure et les choix de Mass Effect 1. Cette dernière particularité est d'ailleurs ce qui fait la différence et implique que malgré toutes ces réprimandes Mass Effect 2 demeure une grande oeuvre de science fiction, inférieure au premier opus certes mais avant toute chose différente.


Malgré l'avalanche de titres aussi riches les uns que les autres, Mass Effect 2 est mon meilleur moment de jeu vidéo depuis...le premier Mass Effect! La saga de Bioware s'est désormais élevée comme la meilleure de cette génération de consoles et si la sortie de Mass Effect 3 va se faire longuement attendre, nul doute que le joueur reprendra plaisir à recommencer la partie pour explorer les différentes facettes de cet incroyable univers. Si l'orientation grand public de Mass Effect 2 devrait se poursuivre dans le dernier volet de la trilogie, espérons que Bioware nous offrira un final d'anthologie pour cette splendide aventure en gommant pour de bon ses défauts regrettables.

Note: 18/20.

 

Voir aussi

Jeux : 
Mass Effect 2 (Xbox 360)
Ajouter à mes favoris Commenter (5)

Archives

Favoris