Vie de Gamer : dossiers, analyses, critiques

Par hopper Blog créé le 05/06/10 Mis à jour le 15/12/12 à 16h56

Les pérégrinations métaphysiques d'un joueur, mélomane et cinéphile à ses heures perdues. Amoureux de jeux vidéo, de films, de musique, de séries télévisées et de charmantes créatures, n'hésitez pas à visiter votre temple de la passion !

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La couverture du numéro de décembre du magazine Game Informer.

Lorsque le magazine américain Game Informer révèle en exclusivité les détails liminaires, concernant Grand Theft Auto V, s'ensuivent une déferlante, un hourvari infernal, un maelström collectif.

Afin de démêler le vrai du faux, je vous propose une traduction complète et fidèle de l'article originel. (Parce qu'entre nous, les retranscriptions approximatives qui circulent sur Internet sucks.)

Bonne lecture !

P.-S. Je vous rappelle que traduire (et bien) relève d'un travail de longue haleine. J'ai consacré 3 semaines à disséquer le texte original et essayer d'en extraire le sens originel : passage par la case dictionnaire, relecture, correction, mise en page. J'espère que vous apprécierez le matériel ci-dessous en sachant que vous ne le trouverez nulle part ailleurs. Enfin, à ce que je sache !

Grand Theft Auto V : ça passe ou ça casse

Michael, l'un des trois personnages jouables de Grand Theft Auto V.

Avec Grand Theft Auto V, Rockstar Games redéfinit en profondeur sa stratégie.

Plateformes : PlayStation 3, Xbox 360.

Genre : Jeu d'action-aventure en solo (un mode multijoueurs, bientôt annoncé).

Éditeur : Rockstar Games.

Développeur : Rockstar North.

Sortie : Printemps 2013.

Il n'est pas facile de rester maître en son domaine. Lorsque certains jeux vidéo deviennent des franchises multimillionnaires, la réaction habituelle d'un éditeur est de conserver la formule originelle afin de tirer au maximum profit de sa poule aux oeufs d'or. Dès lors, les innovations, initiées par l'équipe créative, laissent la place à des décisions mineures, calculées, résultats de longues heures de recherche et d'études marketing. Les ajouts d'une version à une autre deviennent prévisibles. Autoriser l'utilisation simultanée de deux armes ; introduire un mode coopératif. Et puis, après tout, pourquoi ne pas investir dans un mode multijoueurs ?

La sortie en 2001 de Grand Theft Auto III permet aux joueurs de goûter aux joies du monde ouvert et des possibilités en matière de jouabilité qu'il implique. Rockstar Games annonce déjà la couleur : faire des blockbusters sa spécialité. Et vu qu'une bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, la société mère Take-Two Interactive n'intervient pas dans le processus créatif, donnant libre cours à l'imagination de ses équipes (peu importe l'avis des analystes financiers). L'approche a porté généreusement ses fruits. Pour preuve, à ce jour, Grand Theft Auto IV, le dernier-né de la série phare, s'est écoulée à plus de 25 millions d'exemplaires et se hisse en tête du classement Metacritic des meilleurs jeux de tous les temps avec une note de 98 sur 100. Un score honorable, reposant, rappelons-le, sur quelque 80 critiques différentes.

Objet de tous les regards, Rockstar ne semble guère jouer la carte de la prudence à travers les études de marché ou l'organisation de tests consommateurs. Désireux de dépasser les espérances de ses fervents admirateurs, repousser les limites artistiques ainsi que les fondements du game design jusqu'ici connus, le studio saisit une opportunité en or, nonobstant de ce fait les difficultés techniques, les coûts élevés et les procédures dilatoires intrinsèques.

Grand Theft Auto V bafoue les traditions, repart de zéro, en vue de renouveler des mécaniques de jeu vieillissantes et apporter du sang neuf à l'ensemble. Le titre dispose de l'univers le plus immense que la saga ait jamais connu, et d'une technologie inédite, en passe de marquer les esprits. Pourquoi incarner un unique protagoniste quand vous pouvez alterner entre trois, pratiquement à tout instant ?

Vers de nouvelles perspectives

Les différents moyens de transport de Grand Theft Auto V.

Étrangement, les héros des jeux « bac à sable » estampillés Rockstar sont assez représentatifs des avancées vidéoludiques en narration. Se cantonnant d'abord aux sous-titres, les jeux en vue du dessus voient l'arrivée de la 3D. Grand Theft Auto III, la première tentative du studio, introduit Claude, le personnage principal, au demeurant, taciturne et fort peu loquace, alors que le reste de la distribution bénéficie d'un doublage intégral. Vice City et San Andreas, quant à eux, posent les bases de l'antihéros avec Tommy Vercetti et CJ dont la représentation caricaturale, la voix et la personnalité haute en couleur reflètent leur époque historique respective. À l'aube de la haute définition, Rockstar s'oriente vers des protagonistes plus nuancés, plus réalistes, livrés à une lutte morale, psychologique contre eux-mêmes : entre autres, Niko Bellic (Grand Theft Auto IV) et John Marston (Red Dead Redemption).

Mais, à mesure que le terrain de jeu s'est élargi et les activités annexes se sont multipliées, Rockstar s'est heurté au problème de la cohérence interne. Comment épouser les habitudes et les comportements de chaque joueur ? Si dans une cinématique, Niko se retrouve plongé contre son gré dans le crime et, les secondes suivantes, le joueur s'amuse à tirer au lance-roquettes sur des passants au beau milieu de la rue, il y a un conflit entre le désir du joueur et la volonté de lui imposer une intrigue et des personnages. Au moment d'élaborer Grand Theft Auto V, Rockstar a décidé de se pencher sérieusement sur la question.

« Nous apprécions Niko, il correspond à l'idée qu'on se fait d'un bon personnage principal dans un jeu. », raconte Dan Houser, le coprésident de Rockstar Games. « À l'époque, nous craignions toujours qu'un western se solde par un cuisant échec, mais nous pensions pouvoir surprendre avec un acteur, doté d'une nature forte, qui suscite votre empathie. Après ces deux jeux, il nous paraissait donc nécessaire d'adopter une autre approche, d'où le principe des trois personnages jouables. »

Episodes from Liberty City nous a démontré les avantages d'un tel procédé, lequel consiste à varier les points de vue du joueur. Sillonner les rues d'Alderney dans la peau de Johnny Klebitz, membre d'un gang de motards, aux commandes d'un chopper n'est pas la même chose qu'incarner, Luis Lopez dont les festivités sont la principale source de revenus, ni Niko Bellic, un immigrant désireux de se faire un nom aux États-Unis. La ville, personnage à part entière dans n'importe quel Grand Theft Auto, revêt une dimension d'autant plus symbolique, avec l'appui de trois intrigues sur des milliers potentielles.

L'idée des trois personnages jouables, malgré les contraintes techniques, s'est rapidement présentée comme une évidence à Rockstar. Faute de suivre un schéma épisodique au rythme de cinq missions par protagoniste, pourquoi ne pas alterner constamment entre eux ? Bien que la réalisation d'un système de cet acabit s'annonce délicate, le studio a jugé bon d'en tirer parti dans un dessein purement narratif et ludique. Dans le premier cas, cela permet au joueur d'associer à chaque personnage un comportement particulier et de varier les plaisirs. Par la même occasion, étant donné la non-proximité du trio, il s'agit de réduire les temps morts, de même que, les allers et retours entre deux missions, facilitant ainsi l'accès aux différentes zones de jeu.

« Avant, nous nous efforcions de maintenir la tension dramatique dans un unique récit, désormais, nous devons en gérer trois. », affirme Dan Houser. « C'est un pari difficile, mais facilitant l'introduction d'une intrigue complexe. Nous n'avons plus recours aux grosses ficelles et autres artifices pour délivrer une information ou faire vivre au joueur une situation donnée. D'autre part, le procédé lui permet d'incarner à la fois les deux protagonistes et l'antagoniste de l'histoire. Nous espérons que la galerie des personnages secondaires se montrera aussi solide et intéressante, peut-être moins variée que par le passé, dans la mesure où vos opposants seront souvent les autres personnages jouables. »

Une jouabilité refondue

La conduite des véhicules dans GTA V gagne en souplesse.

Avec Grand Theft Auto V, Rockstar Games revoit en profondeur ses mécaniques de jeu. Si Dan Houser laisse le soin à ses équipes de revenir en détail sur les changements à une date ultérieure, le monsieur a bien voulu livrer ses impressions sur la conduite, les fusillades et le combat rapproché.

La conduite

« Dans GTA IV, la conduite ne permet toujours pas de ressentir le réel poids des véhicules, très instables. Par conséquent, nous avons retravaillé leur physique et les collisions. Désormais, les sensations éprouvées correspondent à celles d'un jeu de course. Préparez-vous à une gestion avancée du pilotage, comme peut-être vous n'en avez jamais vu dans la série. »

Les fusillades

« Nous avons parcouru un long chemin, depuis les anciens volets. Non seulement le fonctionnement de la chose, mais aussi l'arsenal disponible et j'en passe. Tout cela aura une forte incidence sur votre façon de jouer. »

Le combat rapproché

« Moins mous, les combats à mains nues bénéficieront de notre expertise. Néanmoins, les fusillades retiennent davantage notre attention ; au moins, nous nous arrangerons pour que le système se montre plaisant et jouissif. Bref, transcendant. »

Trois héros pour le prix d'un

Discussion houleuse entre Michael et Franklin, deux protagonistes de GTA 5.

La démonstration de Grand Theft Auto V à laquelle nous avons assisté s'attarde sur la vie quotidienne de chaque protagoniste. Tout d'abord, Michael (le narrateur de la première bande-annonce). La quarantaine, et ancien braqueur de banque, ce dernier mène une vie paisible dans le quartier aisé de Rockford Hills (l'équivalent de Beverly Hills ?), à la suite d'un accord spécial avec le FBI. Dans cet extrait, le bougre, portant des tongs, profite du soleil au bord d'une piscine. Les plus attentifs peuvent apercevoir un terrain de tennis privé et, à l'arrière-plan, l'imposante silhouette du centre-ville de Los Santos.

Bien qu'il semble baigner dans le luxe, Michael n'apprécie pas cette nouvelle existence, entre une femme dépensière qui brûle la chandelle par les deux bouts (clin d'oeil à The Real Housewives of Orange County) et une communication inexistante avec ses deux enfants. Nous faisons ensuite connaissance avec sa fille Tracy, une adolescente qui se consacre à un jeu de danse. Elle lance à son père :

« C'est ce qu'on appelle de l'exercice. Tu devrais essayer un de ces quatre. »

Sa ressemblance avec Amanda, l'épouse de Michael, saute aux yeux. Les chemins des deux « tourtereaux » se croisent, lorsque madame à bord de sa voiture de sport, une Sentinel XS, s'en va faire du shopping, après lui avoir dit :

« Si tu veux savoir où je suis passé, tu n'as qu'à vérifier ton relevé de carte de crédit. »
« J' sens que c'est mon jour de chance ! J'appellerai plutôt les hôpitaux ! », rétorque Michael.

En comparaison, le couple ferait passer Tony et Carmela Soprano pour la famille Huxtables.

Michael enfourche une bicyclette dans son garage puis traverse la rue : des pelouses vertes bien arrosées, des collines vallonnées et des voitures luxueuses, à faire pâlir de jalousie le concessionnaire automobile de Liberty City, Grotti. De main de maître, Rockstar réussit à retranscrire l'aura de la « Cité des Anges ».

Trevor conduisant le Bodhi, véhicule tout-terrain dans GTA V.

Exit Michael. Passage chez Travor, son ami de longue date. Le contraste est saisissant. La transition à la Google Earth voit la caméra s'éloigner, avant de se poser dans une région désertique, devant une caravane délabrée. Atteint d'une constipation passagère, Trevor hurle dans les toilettes :

« J'réclame une putain de sage-femme pour ça... »

Plus tard, Trevor conduit le Bodhi, véhicule tout-terrain aux allures d'un Jeep Wrangler JK. Blaine County accueille en son foyer aride et inhospitalier des motards, junkies et autres individus en marge de la société. (Une inspiration à voir du côté de Salton Sea ?) D'ailleurs, un groupe de types louches, posté devant un immeuble, attire l'attention de Trevor. Dans ce type de circonstance, Rockstar vous recommande d'analyser les réactions des personnages non joueurs ; par exemple, les habitants d'un bidonville se comporteront différemment en votre présence d'une maman à plein temps. Même chose pour l'environnement, circuler dans un lieu bruyant, bondé n'est pas la même chose que visiter une boutique chic.

La tendance psychotique de Trevor transparaît clairement, lorsque le joueur saisit un bidon d'essence, s'applique à répandre la liqueur autour d'un camion stationné et abandonne son briquet. Le feu se propage progressivement : tout d'abord, les pneus puis le châssis et enfin le réservoir, ce qui provoque une explosion spectaculaire. Voici grosso modo la journée type d'un toxico maniaque.

Franklin brise une vitre.

En ce qui concerne le troisième personnage, Franklin, on le retrouve à Vespucci Beach (aux airs de Venice Beach). Il doit récupérer une voiture pour son patron. Le front de mer accueille moult activités, incluant une salle de musculation. Un personnage non joueur prêche un sermon dans un coin de rue. Finalement, Franklin localise sa cible : un 9F, une voiture de sport inspiré de l'Audi R8. Une fois à l'intérieur, il ouvre le toit décapotable. Dans le centre-ville de Los Santos, nous reconnaissons plusieurs commerces familiers, dont un magasin Ammu Nation. Après son interdiction dans Grand Theft Auto IV, vu la stricte législation en vigueur à Liberty City, la vente d'arme est de retour, de même que votre chaîne d'armureries préférée.

Cette première mise en bouche en bon aperçu nous a permis de découvrir la personnalité de chaque personnage et le potentiel d'une approche narrative inédite.

Michael, Trevor et Franklin ne sont pas là pour meubler ; complémentaires, ils possèdent une psychologie, des motivations et des compétences qui leur sont propres. Lorsque vous ne les contrôlez pas, ils vaquent à leurs occupations et, en basculant de l'un à l'autre, vous seriez parfois surpris par les situations dans lesquelles ils se trouvent. Il est à noter qu'en dehors des missions, vous pouvez alterner à tout moment entre ces trois protagonistes.

« Cette opposition entre trois expériences, paysages et ambiances différentes donne toute sa saveur au jeu. Vous savez ? Ce sentiment unique de s'immiscer dans la vie d'autrui. », annonce Dan Houser. « Parfois, vous disposerez d'informations essentielles sur les personnages que ces derniers ignorent sur le moment, ce qui peut s'apparenter à une forme d'ironie dramatique. »

Les nouvelles têtes de Grand Theft Auto

Michael, discutant au téléphone.

Nom : Michael.

Métier : Retraité.

Âge : La quarantaine.

Adresse : Rockford Hills.

Histoire : Ancien braqueur de banque sous protection judiciaire, Michael baigne dans le luxe, à la suite d'un accord spécial avec le FBI. Bien qu'il semble mener une vie paisible, il n'apprécie pas cette nouvelle existence, entre une femme dépensière et une communication inexistante avec ses deux adolescents (Jimmy et Tracy). Mais, l'argent commence à manquer et cette « nouvelle vie » l'ennuie, il compte replonger sous peu dans le crime...

Apparence : Le bougre semble quelque peu vieux jeu, mais avec son air soigné, ses habits impeccables et son immense propriété, Michael tient une place dans la haute société.

Le mot de Houser : « L'idée derrière Michael était celle d'un vieux type, ayant réussi dans sa vie, qui se retrouve plongé à nouveau dans le crime. Au vu de tous les scénarios imaginables de bandits, braqueurs de banque et tueurs à gages que nous avons racontés par le passé, cette histoire (à l'image de celle de Niko, un immigrant, dans GTA IV) apporte à notre équipe un vent de fraîcheur non négligeable. »

Trevor, tuant une cible.

Nom : Trevor.

Métier : Criminel.

Âge : La quarantaine.

Adresse : Blaine County.

Histoire : Toxicomane violent et impulsif, Trevor est un ancien pilote de l'armée qui n'a pas froid aux yeux. C'est un danger public ! À l'époque, il entreprend quelques holdups et combines avec Michael.

Apparence : Les temps ont été durs pour Trevor. Presque chauve, les cheveux restants en bataille, il porte un t-shirt blanc et un tatouage en pointillés autour du cou, « Coupe ici ».

Le mot de Houser : « Trevor nous apparaissait peu ou prou comme l'incarnation d'un autre visage de la criminalité (libre, sans valeurs). Si Michael représente le criminel mûr qui tente de se tenir droit dans ses bottes, en vain, qu'en est-il de la figure opposée ? Qu'en est-il du criminel opiniâtre qui crie à tout bout de champ "putain de merde", n'arrête pas de se droguer, ni de faire la fête et se complait dans le chaos ? »

Franklin, le plus jeune héros de GTA 5.

Nom : Franklin.

Métier : Garagiste.

Âge : La vingtaine.

Adresse : Sud de Los Santos.

Histoire : Jeune, ambitieux et débrouillard, Franklin travaille pour un concessionnaire arménien de véhicules de luxe... vendus à ceux qui ne peuvent se le permettre. Il est souvent chargé d'aller réclamer les impayés. Franklin croise rapidement la route de Michaël et devient son disciple.

Apparence : Présentable, branché, Franklin est le benjamin du groupe.

Le mot de Houser : « Franklin est un petit escroc moderne qui n'a pas connu les beaux jours de la criminalité, s'ils ont existé. Lorsque l'on ne se fait plus aucune illusion, que nous reste-t-il à faire dans ce monde ? C'est un personnage intéressant, un jeune délinquant qui désire gravir les échelons, mais n'a aucune idée de la marche à suivre, surtout quand le retiennent des amis dangereux et peu fréquentables. »

Je m'attelle à la suite. D'ici là, patience, les loulous...

Photo d'une femme nue en pleine nature.
Je vous ai manqué ?

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Affiche de Grand Theft Auto V, un jeu vidéo d'action-aventure développé par Rockstar Games et édité par Take-Two Interactive.

À l'inverse d'Activision, d'Ubisoft ou d'autres ténors du marché, Rockstar Games ne témoigne pas d'un élan de générosité envers ses fervents admirateurs. Avare en contenu, le studio se terre dans un mutisme obstiné et verse au compte-goutte des informations sur son prochain titre phare. L'attente atteint son comble, à l'annonce d'une date de sortie. Et si la communication autour de « l'univers de jeu le plus grand et le plus riche jamais créé » n'était, en fait, que l'effet escompté d'un dispositif à la mécanique bien huilée ?

L'apparition d'un compte à rebours sur le site officiel de Rockstar Games lance les premières spéculations et élucubrations, touchant la première bande-annonce de GTA 5. Le toutou nourrit les fantasmes des joueurs les plus imaginatifs. De ce ouï-dire, certains arguent les années 60 en guise de cadre à l'aventure, d'autres érigent des idées plus fantasques. L'effervescence, liée à des espoirs fous, fait de nous des martyrs du jeu vidéo. En tout cas, la mission du rouleau compresseur s'avère une réussite : pousser l'impatience du public à son paroxysme. Au risque de le décevoir...

Compte à rebours de la bande-annonce de GTA 5 sur le site officiel de Rockstar.
Tic tac... Tu craques !!!

« Putain ! Je me souviens quand j'étais sur le site de R*... Quelle euphorie quand on l'a tous vu en même temps ! » Joueur anonyme

Là réside le génie du développeur. En fixant un rendez-vous à ses passionnés, mû par une volonté de découverte, il exerce une pression graduelle, atteignant son point culminant les dernières heures. À l'instar des élections américaines, l'évènement semble impossible à manquer, à moins de vivre reclus dans une grotte en Antarctique. Le principe de l'effet boule de neige revisité, en somme ! Si vous n'êtes pas un adepte de Grand Theft Auto, avouez-vous au moins que la curiosité vous a poussé à concerter le résultat final, le jour J. C'est pourquoi le 2 novembre 2011 demeure, à mon humble avis, une date marquante dans l'histoire de la franchise ; aucun épisode n'a suscité autant d'engouement par le passé. Sauf qu'au lieu de clore les diverses interrogations à son adresse, les gars de chez Rockstar les multiplient tous azimuts.

Tellement de choses ont été écrites à propos de la bande-annonce susmentionnée que je ne galvauderais pas mon encre à vous relater les différentes interprétations et rumeurs soulevées par la presse. Autant les premières images, promesses d'une aventure hors du commun, causent une montée d'adrénaline, autant celles-ci transpirent aux premiers abords d'un manque de prise de risque. Los Santos, la ville fictive de Los Angeles, revisitée et remodélisée depuis son passage dans San Andreas, entourée de sa Californie natale ainsi que ses collines et vallées rurales, c'est bien ! Mais, une location inédite (Baltimore, tu m'entends ?), c'est mieux !

Extrait du trailer de Grand Theft Auto V.

Je vous rassure. Une autre partie de moi me souffle à l'oreille que le jeu sera génial et que je me dois de vouer une confiance aveugle aux maîtres du monde ouvert. Mais, dépassé ce stade, qu'apporte concrètement GTA 5 par rapport à son homologue ? Au moins, je repars, l'âme légère, de ce hors-d'oeuvre, sachant que Sam et Dan Houser tiennent toutes les cartes en main pour nous subjuguer, nous faire rêver. Dans un ailleurs où règnent banditisme, luxe et précarité. De même, non content de laisser filtrer dans cet extrait des allusions sibyllines, le titre semble aspirer à un compromis entre agrément (activités, missions annexes, personnalisation, aspect jeu de rôle) et denses possibilités, se conjuguant à une cohérence narrative et poursuivant ipso facto le parti pris entamé par GTA 4, à savoir une maturité dans les thèmes abordés. Comment s'exercera concrètement le mariage de ces trois composants, la manette en main ? Je ne peux éclairer votre esprit embrumé. En tout cas, ce cinquième opus ne s'annonce pas l'épisode du renouveau, mais celui de la réconciliation. Réconciliation entre les aficionados de la démesure et du passe-boule, ainsi que les joueurs, désireux d'une approche narrative assidue et d'une satire subtile de leurs contemporains. Croisons les doigts au vu d'un traitement pertinent, moins caricatural de la crise des subprimes et des fossés entre les populations voire les générations.

Les mauvaises langues ne s'empêcheront guère de pester contre les graphismes plastiques de GTA 5, analogues à ceux d'un Sims 3. Tantôt, in fine, Rockstar Games me déçoit (je m'attendais à ce que la société prenne tout le monde de cour), tantôt elle contente les fans de mon acabit, les caressant dans le sens du poil, et leur offre le jeu de leurs rêves. Un mix détonnant dans lequel je plongerais, volontiers, sous le poids d'un plaisir coupable et avide. Avec du recul, la communication autour du produit le plus convoité de l'année 2012 constitue une prouesse, celle de nous en mettre littéralement plein la bouche.

L'avion, l'un des moyens de transport de GTA 5.

« GTA V en 8 mois = 1 trailer + 2 screenshots Rockstar Style... » Joueur anonyme

Puis, c'est le silence radio...

Au regard du pédigrée de la série, ses géniteurs peuvent se targuer du luxe de susciter une attente insoutenable auprès de ses titres, sans beaucoup de promotions. L'absence de GTA 5 dans les salons internationaux du jeu vidéo à l'image de l'E3 ou la GDC 2012 s'explique, en définitive. Aux antipodes de Rockstar, Naughty Dog, EA et compagnie ne peuvent s'enorgueillir d'une telle indépendance et d'une foi aveugle de la part de la communauté des gamers. Est-ce aussi une manière pour Rockstar de préserver l'expérience ultime ?

Une chose demeure sûre : la coutume du studio consiste à ménager des périodes de repos puis de tempêtes médiatiques. Le schéma employé comporte quatre étapes distinctes :

  • Premières rumeurs ;
  • Silence (ou vice-versa) ;
  • annonce des perturbations à venir ;
  • révélations des informations ;

Attirer tous les regards et faire monter la mayonnaise, de surcroît, afin de mieux surprendre, telle est le principe du carré d'or. Ça ne fait pas tilt ? Une explication s'impose...

Extrait du trailer de GTA5, une homme et une femme à la plage avec un chien.
Il était une fois deux amoureux et... un chien à la plage !

Les mois précédents, souvenez-vous : nous avons eu affaire à quelques rumeurs et autres bruits de couloir. Ensuite, en août, la mise à jour de The Epsilon program, un site dédié à la fausse religion Kifflom de GTA San Andreas, joue le rôle d'un clin d'oeil sournois, porté à notre égard. Plus tard, Rockstar annonce la publication d'une fournée d'images. Et hop, les deux mamelles primordiales d'un GTA réussi se voient consacrer leur série de captures d'écran respectives : en premier lieu, l'inventaire des activités de loisir (parapente, motocross et tennis) puis, ultimo, les différents types de véhicules. Le schéma se répète à plusieurs reprises. Dernièrement, par exemple, le joueur averti se souvient des photographies des pancartes publicitaires et celles des artworks volées, ayant enflammé la toile de même que la phrase lapidaire : « Une tonne d'infos arrivent le mois prochain. Préparez-vous. »

Historique des couvertures du magazine Game Informer sur GTA.
La non-citation des sources ou le journalisme professionnel !

« Les "fuites" sur la date de sortie m'importent peu, car quand on regarde la fenêtre de sortie des jeux Rockstar sur cette génération, on sait qu'on tourne autour du mois de mai, soit un peu près avant fin avril jusqu'à mi-juin.

De plus, le printemps commence le 20 mars, mais se prolonge jusqu'au 21 juin, ça fait une belle plage de date de sortie possible !

Je pense qu'ils vont l'annoncer pour fin mars/mi-avril puis vers la fin de l'hiver, ils déclareront leur classique retard pour peaufiner leur bébé. (Comme ça, on crée le sentiment de manque et de besoin, en donnant l'impression qu'ils préfèrent se mettre les impatients à dos plutôt que de lâcher un produit mal fini.)

Ainsi fonctionne le marketing Rockstar ; il possède une licence qui vaut des millions, ils lâchent plus ou moins des fuites pour que les gens spéculent sur le contenu et le reste, et l'on en parle comme encore aujourd'hui, puis on donne super envie avec des images... puis c'est le silence total ; ensuite, on passe à un ou deux reports, accompagnés de trailers et de screenshots, histoire de se faire pardonner. Et quand tout le monde (les gros fans) n'arrive plus à dormir, car la date est définitivement arrêtée, et bien on vit le plus gros lancement de tous les temps !

Rockstar, ce sont les Milène Farmer du jeu vidéo, très discret, quelques miettes, de temps en temps, pour entretenir le noyau des fans, de la propagande virale reposant sur des fuites, je pense, calculées. Et puis, les bougres pondent un jeu qui ravit les fans qui à peine sortie sont déjà morts de faim de la moindre info sur le prochain jeu ! Bien joué Rockstar ! » Joueur anonyme

Logo de GTA 5, le jeu de Rockstar Games.

Il y a donc fort à parier que la communication autour de Grand Theft Auto V s'intensifie dans les mois suivants, crescendo. Comme à son habitude, Game Informer aura les premières informations exclusives sur la bête. Attendez-vous aussi aux vidéos commentés, compensant la disette, dont le format côtoie Red Dead Redemption et Max Payne 3. D'ailleurs, le procédé trouve preneur ; Square Enix, entre autres, se l'est réapproprié pour ses derniers hits (Hitman Absolution, Sleeping Dogs, etc.). En guise de conclusion, la machine GTA, orchestrée d'une main de fer par Rockstar, semble fonctionner à merveille, depuis des lustres. Mais, ne nous voilons pas la face. Avant d'être un vendeur hors pair, les insolents de l'industrie du divertissement sont producteurs de pépites, de chefs-d'oeuvre, de titres efficaces, qui dépassent les limites du cadre ludique, défiant avec fougue ses concurrents. Bien que je ne puisse assouvir votre soif, laissez-moi vous réconforter à l'idée de vous essayer, après avoir triomphé d'épreuves, mettant à mal votre patience religieuse, à un bac à sable, frisant, à ne pas en douter, la maestria. Un jeu qui fait fi des fondamentaux, jusqu'ici connus. Un jeu, non une expérience baptisée Grand Theft Auto V !

Bien à vous, mes chers frères de sang et d'armes !

Babes américaines durant l'E3.

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Séries télévisées

Photo de Denis Brogniart, animateur de l'émission Koh-Lanta.

La saison numéro 12 de Koh-Lanta démarre sur les chapeaux de roue. Le principe demeure inchangé : vingt naufragés volontaires s'affrontent pour remporter la cagnotte de 100 000 euros, tout en veillant à leur subsistance. Cette nouvelle édition apporte cependant moult nouveautés. On est en droit de se demander, si le résultat final tient ses promesses.

« Les îles de l'archipel de Seribuat, en Malaisie, seront le théâtre de cette 12e saison de Koh-Lanta. Un paysage magnifique et inédit, mais qui peut s'avérer particulièrement hostile pour les aventuriers. Ils ont essuyé de violents orages, et ce, dès la première nuit. La météo était constamment instable pouvant passer, en quelques minutes, d'un ciel bleu azur à des nuages menaçants » , confie Denis Brogniart dans le communiqué de presse officiel de l'émission.

L'emblématique animateur de Koh-Lanta n'a en rien perdu de sa verve ; ses commentaires résolument savants et inspirés insufflent de l'ardeur au programme phare de TF1. Je ne vous cache pas mon admiration pour le monsieur qui a su maintenir l'intérêt des téléspectateurs auprès de son bébé fétiche.

Candidats de Koh Lanta Malaisie en 2012.
Thierry, la force tranquille !

Ce premier épisode s'ouvre sur le saut des candidats dans l'eau depuis un hélicoptère. La scène, accompagnée d'une bande-son toujours efficace dont la pièce maître se tient à la musique du générique, donne quelques frissons. À peine arrivés sur la terre ferme, les Robinson se doivent de disputer une épreuve qui s'annonce décisive pour la suite de l'aventure. Au terme d'une course d'obstacles, liant une femme et un homme, le couple Camille et Namadia s'impose. C'est à eux qu'incombe la lourde tâche de constituer les deux tribus. La jeune femme compose l'équipe jaune (Brice, Catherine, Ugo, Marie, Charles, Vanessa, Javier) tandis que « le colosse », pour reprendre les termes du présentateur, sélectionne les rouges (Marylou, Thierry, Anthony, Sara, Mickaël, Myriam, Mélanie).

Les nouveaux chefs d'équipe jeunes et robustes optent donc pour des compagnons à leur image et c'est là que le bât blesse. La sélection semble plus que discriminatoire, laissant au carreau le papy et la mamy du show. Ainsi, sont confrontés à leurs sorts Bernard, Élodie, Philippe et Nadine sur l'îlot des bannis. À ce sujet, sachez que le Philippe se dit être préparé depuis dix ans. Bien qu'il possède un certain potentiel, le bougre en fait trop. Son harpon se détruit au premier essai, sa chasse à l'indienne se conclut par un cuisant échec et le pire, il construit un piège terrestre sur un îlot minuscule où les grosses bestioles ne semblent pas se bousculer. Le personnage prête à sourire, même si je dois avouer qu'il tient pour l'instant sa place dans le panthéon de mes candidats préférés au côté de Charles et la tendre Camille.

Comparaison entre David Cage et Philippe de Koh Lanta.
David De Gruttola et Philippe, des cousins germains ?

Au final, le reste de l'émission ne change guère d'un iota. La nuit s'est annoncée difficile pour les deux équipes qui ont dû souffrir pour construire le campement. Durant l'épreuve de confort, les rouges remportent la victoire. Thierry, le magnétiseur, a sans doute pesé dans la balance. Un grain de fin stratège ; celui-là ! Sur le long terme, il hypnotisera l'ensemble du campement, lui.

Néanmoins, la victoire s'avère de courte durée. Contre toute attente, l'agilité de Charles, mis sur la sellette dans son équipe, lui doit son triomphe aux jaunes durant l'épreuve d'immunité. Il parvient à lancer sa corde correctement et à allumer la vasque de son équipe pour le plus grand malheur des adversaires. Les rouges éliminent logiquement Mélanie, la candidate la plus faible...

L'épreuve d'immunité du premier épisode de la saison 12 de Koh Lanta.

La semaine prochaine, les chefs d'équipe devront choisir deux des quatre bannis. Les amateurs de Koh-Lanta semblent apprécier cette première. Quoique la distribution me fasse un peu tiquer (le plombier métrosexuel, par exemple), celle-ci est bien partie pour redonner ses lettres de noblesse à la série. Après une saison précédente en demi-teinte, j'espère que l'esprit sportif et le franc-jeu ressortiront davantage que la stratégie pure et dure.

Photo d'une jeune femme dénudée à la plage.
Tu me l'as déchiré, p'tit coquin ! Tu ne perds rien pour attendre !

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Vie du blogue

Photo de Jenna Jameson, une actrice pornographique et une femme d'affaires américaine.
Un autographe, beau gosse ?

Lorsqu'on souhaite lancer un blogue, l'on se voit offrir une lourde tâche, celle d'écrire un premier article. Un article fondateur qui se doit de poser le contexte, tout en servant de hors-d'oeuvre à qui de droit. La mission devient carrément suicidaire au moment où l'auteur s'enorgueillit de vouloir apporter sa pierre à l'édifice. Le résultat, imparfait, mais diablement généreux, apparaît devant vos yeux rougis.

Il est vrai qu'une citation constitue une introduction de choix. Mais, le principal écueil serait versé dans le stéréotype. Pour être sincère, je comptais employer les sacro-saintes paroles de Neil Armstrong.

« C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité. »

Le discours me semble éloquent presque poétique. Si j'étais le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune, je ne penserais même pas pouvoir aligner deux mots. Trêve de bavardage !

Voici le leitmotiv retenu pour ce blogue :

« Poser nu doit être une des choses que je préfère dans le monde » Jenna Jameson

Je plussoie la « reine du porno ». Poser nu. Quelle idée saugrenue ? Ce blogue me mettra à nu ; mon humeur du moment, mes réflexions, mes coups de coeur, mes coups de gueule, mes critiques. S'il existe un point que je mettrais en exergue, sur lequel je base toute ma stratégie, c'est bel et bien celui-ci. L'honnêteté.

À ne pas en déplaire mes chers détracteurs, si vous pressez ces pages, vous en extrairez du Hopper pur jus. Pour rappel, j'officie de façon occasionnelle en tant que contributeur (j'ai publié quelques articles sur le site). Ma démarche à l'heure où j'écris ces lignes se veut plus globale. Rédiger des dossiers de fond, concentrés d'anecdotes tantôt cocasses, tantôt surprenantes, d'analyses et de critiques inspirées. Voilà ce qui me manque à l'ère Internet, j'embrasserais donc la succession.

Et puis, comme je ne cache pas mon amour devant l'humour pipi-caca, tiré des nanars les plus soporifiques, vous aurez droit à quelques tentatives de ma part dans le domaine. Néanmoins, que ce soit clair comme de l'eau de roche, le contenu reste sérieux et professionnel. Ma sphère d'intérêts tourne autour de quatre passions prédominantes : les jeux vidéo (bien sûr), le cinéma, les séries télévisées et la musique.

Donc, naturellement, je m'intéresserais à votre média préféré et tutti quanti. J'espère remplir de mon mieux mon cahier des charges. Pour l'instant, je configure le blogue pour vous fournir le meilleur support possible.

Sinon, un conseil : « Tolle, Lege ! » ; prenez, lisez.

Jenna Jameson, une actrice du X, dans le plus simple appareil.
Pour me voir toute nue, clique sur « J'aime ».

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